domingo, 6 de dezembro de 2009

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1843

13 de Março

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

T.

Pag. 588, 589, 590, 591, 592

CORRESPONDANCE.

PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Sur un nouveau procédé de polissage des plaques destinées à recevoir les images photographiques, procédé qui permet d’obtenir des résultats identiques tant que les circonstances extérieures restent les mêmes. Lettre de M. Daguerre à M. Arago.

 

«  Depuis la publication de mon procédé, je n’ai pu m’en occuper beaucoup. Les recherches auxquelles je me suis livré m’ont entraîné dans une route toute nouvelle, et les expériences qu’elles necessitent n’ont d’analogie avec les précédentes qu’en ce qu’elles ont aussi lieu sur une plaque de métal. Cependant j’ai été tellement frappé dernièrement des résultats inégaux que présentent en général les épreuves, même celles des personnes qui s’en occupent spécialement, que je me suis décidé a chercher le moyen de remédier à ce grave inconvénient, que j’attribue à deux causes principales :

« La première tient à l’opération du polissage, qu’il est physiquement impossible d’effectuer sans laisser à la surface de la plaque des traces du liquide et des autres substances qui servent à cette opération ; le coton seul que l’on emploie, si propre qu’il puisse être, suffit pour laisser un voile de crasse sur l’argent. Cette première cause constitue déjà un obstacle très-grand au succès de l’épreuve, parce qu’elle retarde l’action photogénique, en empêchant l’iode d’être en contact direct avec l’argent.

« La seconde consiste dans les changements de température de l’air avec lequel la plaque se trouve en contact depuis les premières opérations jusqu’à celle du mercure. On sait que toutes les fois qu’un corps froid se trouve environné d’un air plus chaud, il en condense l’humidité. II faut attribuer à cet effet la difficulté que l’on éprouve d’opérer dans un milieu humide, surtout lorsqu’on arrive à l’opération du mercure, qui demande, pour s’élever en vapeur convenable, une chaleur d’au moins 50 degrés centigrades.

« Cette vapeur, qui échauffe d’abord l’air contenu dans l’appareil, produit sur le métal une buée qui affaiblit l’image. Il est bien évident que cette couche humide est très-nuisible, puisque si, par exemple, on fait tomber a plusieurs reprises la vapeur de l’haleine sur la plaque sortant de la chambre noire, la vapeur du mercure n’y peut plus faire paraître l’épreuve.

« L’eau qui se condense, même à la plus légère différence de température entre la surface d’un corps et l’air environnant, contient en dissolution ou en suspension une matière non volatile, qu’on pourrait, appeler limon atmosphérique; et dès que l’équilibre de température s’établit entre l’air et la surface du corps, la vapeur humide qui s’y était condensée se volatilise, et, y déposant le limon qu’elle contient, va se saturer dans l’air, d’une nouvelle quantité de cette substance impure.

«  Pour paralyser le plus possible cet effet, on peut tenir la température de la plaque plus élevée que celle de l’air qui l’environne pendant chacune des opérations. Mais il n’est pas possible de faire que cette chaleur atteigne 50 degrés pour qu’elle soit en rapport avec celle de la vapeur du mercure, puisque si la plaque est exposée a ce degré de chaleur après l’opération de la lumière dans la chambre noire, l’image est altérée.

«  J’avais d’abord essayé d’absorber l’humidité de l’air dans la boîte au mercure par les moyens usités, tels que la chaux, etc.; mais ces moyens sont insuffisants, et ne font que compliquer le procédé sans donner un grand résultat. Un autre moyen qui a été proposé, consiste à vaporiser le mercure sous la machine pneumatique; par ce procédé on évite, il est vrai, la buée sur la plaque, mais on supprime la pression de l’air, qui est indispensable à t’é-preuve. Aussi les résultats ainsi obtenus manquent-ils toujours de pureté.

«  Voici le procédd auquel je me suis arrété parce qu’il est fort simple et qu’il obvie aux deux inconvénients que j’ai signalés plus haut, c’est-à-dire qu’il débarrasse, autant que possible, l’argent de toute crasse ou limon et qu’il neutralise l’humidité produite par l’élévation de la chaleur dans la boite au mercure. Par le premier de ces deux effets, il augmente la promptitude, et par le second, il rend les lumières beaucoup plus blanches (surtout par l’application du chlorure d’or de M. Fizeau), ces deux effets sont toujours certains. La promptitude que donne ce procédé est à celle obtenue jusqu’ici comme 3 est à 8; cette proportion est rigoureuse.

«  Ce procédé consiste à couvrir la plaque, après l’avoir polie, d’une couched’eau très-pure, à la chauffer très-fortement avec une lampe à l’esprit-de-vin, et à verser ensuite cette couche d’eau de manière que sa partie supérieure où surnage le limon qu’elle a soulevé, ne touche pas la plaque.

 

Manière d’opérer.

 

« Il faut avoir un châssis de fil de fer de la grandeur de la plaque, ayant à un de ses angles un manche et au milieu, de deux côtés opposés, deux petits crampons pour retenir la plaque quand on l’incline. Après avoir placé sur un plan horizontal ce châssis, on y pose la plaque que l’on couvre d’une couche d’eau très-pure et en mettant autant d’eau que la surface peut en retenir. On chauffe ensuite très-fortement le dessous de la plaque, à la surface de laquelle il se forme de très-petites bulles. Petit à petit, ces bulles deviennent plus grosses et finissent par disparaître; on continue à chauffer jusqu’à faire bouillir et alors on doit faire écouler l’eau. On commence par porter la lampe sous l’angle du châssis où se trouve le manche; mais, avant de soulever le châssis, il faut chauffer très-vivement cet angle, et alors, en soulevant très-peu à l’aide du manche, l’eau commence immédiatement à se retirer. Il faut faire en sorte que la lampe suive, sous la plaque, la nappe d’eau dans sa marche et n’incliner que peu à peu, et juste assez pour que la couche d’eau, en se retirant  ne perde rien de son épaisseur; car si l’eau venait à se dessécher, il resterait des gouttes isolées qui, ne pouvant pas couler, feraient des taches en. séchant, puisqu’elles laisseraient sur l’argent le limon qu’elles contiennent. Après cela, il ne faut plus frotter la plaque, dont l’eau bien pure ne détruit pas le poli.

« On ne doit faire cette opération qu’au moment d’ioder la plaque. Pendant qu’elle est encore chaude, on la pose de suite dans la boîte à l’iode, et, sans la laisser refroidir, on la soumet à la vapeur des substances accélératrices. On peut conserver les plaques ainsi préparées un ou deux jours (quoique la sensibilité diminue un peu), pourvu qu’on place plusieurs plaques ainsi préparées en regard l’une de l’autre, à une très-petite distance et soigneusement enveloppées pour éviter le renouvellement de l’air entre les plaques.

 

Observations sur le polissage des plaques.

 

« On ne saurait trop recommander de bien polir les plaques; C’est un des  points importants pour obtenir une grande finesse; mais la pureté disparaît souvent lorsqu’on se sert de substances qui adhèrent à la surface de l’argent: tel est le peroxyde de fer (rouge d’Angleterre) dopt on fait assez généralement usage pour donner le dernier poli. Cetté substance semble à la vérité brunir, l’argent et lui donner un poli plus parfait; mais ce poli est factice, puisque réellement il n’existe pas sur l’argent, mais bien sur une couche très-mince d’oxyde de fer. C’est pour cette raison qu’il faut, pour polir, une substance qui n’adhère pas à l’argent; la ponce, que j’ai recommandée dans le principe, laisse moins de résidu.

« Quand au liquide à employer, on peut se servir, pour les premières opérations, de l’acide nitrique à cinq degrés, comme je l’avais indiqué primitivement, mais pour les dernières il faut le réduire à un degré.

«  Le polissage à l’huile et le chauffage peuvent être, supprimés.

« Je profite de cette communication pour faire part à l’Acadèmie des observations suivantes, que je dois à l’expérience.

« La couche produite par les vapeurs descendantes de l’iode et des sbstances accélératrices, forme avec l’argent un composé plus sensible que celui qu’on obtient par les vapeurs ascendantes. Je fais cette observation seulement pour constater un fait, car il serait difficile d’employer les vapeurs descendantes, à cause de la poussière qui pourrait tomber pendant l’opération et former des taches.

« Tout le monde a pu remarquer la résistance qu’éprouve la lumière en passant à travers un vitrage blanc. Cette  résistance est plus grande encore qu’elle ne le paraît, et doit être attribuée non-seulement au limon qu’on laisse sur le vitrage en le nettoyant, mais encore à celui qui s’y dépose ensuite naterellement. L’objectif de la chambre noire est certainement dans le même cas. Pour m’en assurer, j’ai mis l’objectif dans de l’eau froide que j’ai fait bouillir; je savais bien qu’il est impossible de  le retirer sans que la couche de limon qui surnage à la surface de l’eau ne s’y dépose des deux côtés. Cette opération n’avait donc d’autre but que celui de faire monter la température du verre à 100 degrés, et alors j’ai versé immédiatement sur les deux côtés de l’objectif de l’eau bouillante bien pure pour entraîner le limon. En opérant de suite avec l’objectif ainsi décapé, j’ai encore augmenté la promptitude. Ce moyen présente trop de difficultés pour être mis en pratique; seulement il faut avoir soin de nettoyer l’objectif tous les jours.

«  Ce limon atmosphérique, qui est le fléau des images photogéniques, est  au contraire l’âme des images qu’on obtient en contact ou à très-courte distance. Pour s’en convaincre on na qu’à décaper les deux corps qu’on veut mettre en contact avec l’eau bouillante comme je viens de l’indiquer, et à les tenir tous deux à la même température que l’air; on naura alors aucune impression, ce qui prouve évidemment que ces images n’ont aucun rapport avec la radiation qui donne les images photogéniques.

« Du reste, j’avais remarqué depuis fort longtemps la différence qui existe entre ces images, puisque je l’ai signalée dans la Note que j’ai ajoutée au procédé de M. Niépce, page 44 de ma brochure publiée en 1839. « 

Sem comentários:

Enviar um comentário