FOTOHIST

- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)

segunda-feira, 16 de Novembro de 2009

1847
2 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 18
Pag. 639, 640
PHYSIQUE. - Expériences concernant l’action des rayons continuateurs; Lettre adressée à l’occasion d’une Note récente de M. Claudet, par M. GAUDIN
« Dans un Mémoire qu’il a adressé récemment à l’Académie, M. Claudet prétend que les verres colorés agissent tout autrement qu’on ne l’avait pensé jusqu’à présent; il dit que M. Edmond Becquerel s’est trompé en leur attribuant une action continuatrice, et qu’au contraire leur action est destructive de l’effet photogénique. Je suis d’un avis tout opposé à celui de M. Claudet; car les expériences que j’ai faites, il y a six ans, d’aprés les conseils de M. Edmond Becquerel, et que j’ai soumises au jugement de l’Académie,ont de point en point confirmé, pour les plaques d’argent, sa découverte déjà prouvée, pour les papiers, par le Rapport de M. Biot.
« J’ai démontré que les rayons transmis par le verre jaune orangé continuaient si bien les impressions subies par les plaques d’argent iodurées, qu’on obtenait des épreuves complètes sans mercure par leur seul effet de continuation, et j’en ai donné à MM. Becquerel et Pelouze, qui ne le cèdent en rien aux plus beaux produits du mercure. J’ai en même temps montré qu’en faisant succéder à l’action du verre jaune celle du mercure, on obtenait aussi des éprenves complètes; et c’est par ce moyen que j’ai fait les premiers nuages. Avec les plaques iodurées soumises au chlorure d’iode, j’ai obtenu les mêmes résultats, avec cette différence, qu’il faut substituer le verre rouge au verre jaune orangé, car les rayons transmis par celui-ci ne se bornent plus à continuer, mais impressionnent eux-mêmes la couche sensible; ce que j’ai prouvé en produisant des épreuves dans un laps de temps modéré, après avoir placé un verre jaune orangé devant l’objectif, et mis la plaque au mercure, comme à l’ordinaire. Les épreuves que j’ai présentées à l’appui ne laissaient aucun doute sur l’action continuatrice du verre rouge; car, après avoir soumis une plaque faiblement impressionaée par la chambre obscure, aux rayons solaires, sous un verre rouge armé d’un écran, puis au mercure, sous l’écran il n’y avait rien, tandis que, hors de l’écran, les épreuves étaient marquées de la façon la plus énergique, mais sans noirs, à cause de l’action photogénique que les verres rouges possèdent vis-à-vis des couches très-impressionnables. Enfin, avec les plaques iodurées soumises aux composés de brome, j’ai trouvé que l’effet excitateur du verre rouge masquait son effet continuateur.
» Je suis donc porté à croire que M. CLaudet aura pris pour une absence complète d'impressionnement, des noirs de solarisation, et je trouve ses conclusions prématurées. J’espère, du reste, que MM. Foucault et Fizeau, qui ont en portefeuille de belles observations sur le rôle que jouent dans tout ceci les divers rayons du spectre, ne différeront plus de les publier;et qu’elles éclairciront enfin tous ces faits. »
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1847
22 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 21
Pag. 763, 764
PHOTOGRAPHIE. - Extraits d’une Lettre de M. LEREBOURS à M. Arago, sur les rayons destructeurs et les rayons continuateurs.
« . . . Lorsque M. Gaudin a, dans l’une des dernières séances, conteste l’exactitude des expériences faites par M. Claudet, il ignorait quelle substance celui-ci avait employée.
» M. Gaudin, qui a obtenu des résultats continuateurs avec une préparation d’iode, peut-être même de chlorure d’iode , généralise trop en supposant que les résultats doivent être les mêmes avec tous les composés; il est plus exclusif que M. Becquerel lui-même, qui dit « n’avoir jamais donné de théorie générale des rayons continuateurs, » et que « les phénomènes se compliquent lorsqu’on analyse les effets obtenus avec les plaques métalliques recouvertes de diverses vapeurs. «
« M. Claudet se procurant difficilement les Comptes rendus, je lui ai fait part des réclamations auxquelles son Mémoire avait donné lui. Voici un extrait de ce qu’il m’écrit à ce sujet :
« Je dirai un seul mot sur le développement de l’image sans mercure par le verre jaune. Ce phénomène n’est point du domaine du daguerréotype. Je l’explique en disant que la radiation jaune produit une cristallisation de l’iodure d’argent, sur les parties affectées par la lumière blanche, cristallisation semblable, quant à l’apparence, à celle produite par le mercure sur ces mêmes parties et réfléchissant la lumière de la même maniere. «
« Puis, en parlant de l’effet des rayons continuateurs sur les plaques iodées, il ajoute:
« Cette contradiction sur les plaques seulement iodées, et que je m’empresse de reconnaître, avec la plus grande franchise, sans hésiter, est un fait que je suis loin de regretter parce qu’il nous rapproche de la vérité. Dans des questions de ce genre, il ne s’agit pas de chercher à prouver qu’on a trouvé une théorie génerale, quand elle ne s’applique qu’à certains cas. « « Puis, dans une autre Lettre, M. Claudet dit :
« J’ai continué les expériences sur l’iodure et sur le chloro-iodure d’argent; j’ai eu des résultats contradictoires, quelquefois continuation et quelquefois destruction. Il s’agit de se mettre à l’ouvrage pour expliquer ces anomalies. Quant a l’action sur le bromure d’iode, je n’ai jamais pu obtenir la moindre trace de continuation, mais toujours de destruction. «
« M. Claudet, on le voit, ne cherche qu’à arriver a la verité. Si les resultats obtenus différaient, c’était faute de s’entendre, car les uns parlaient de l’iodure d’argent, et les autres du bromo-iodure. Les faits obtenus sont incontestables, ils n’ont rien perdu de leur valeur; mais on peut conclure de ces résultats contradictoires qu’une theorie générale reste à trouver.
« Il résulte même, de quelques expériences que j’ai faites cette semaine, que l’action des rayons jaunes sur le chlorure d’iode est continuatrice ou destructive, suivant que l’iode est en excès ou dans une faible proportion. «
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1847
22 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 21
Pag. 766


M. SEGUIER met sous les yeux de l’Académie diverses images photographiques sur papier, d’une grande perfection, obtenues par M. Martins.
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1847
22 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 22
Pag. 785, 786, 787, 788, 789, 790, 791, 792, 793, 794

RAPPORTS.
CHIMIE. - Rapport sur les recherches de M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR
(Commissaires, MM. Biot, Arago, Thenard, Regnault , Chevreul rapporteur.)
« L’Académie a nommé une Commission composée de MM. Biot, Arago, Thenard, Chevreul et Regnault, pour rendre compte des expériences que M. Niépce de Saint -Victor lui a communiquées dans la séance du 23 octobre dernier; excepté celles qui concernent la photographie, les autres avaient été décrites et consignées dans des paquets cachetés dont elle avait accepté le dépôt le 22 juin 1846 et le 11 janvier 1847. Ces recherches étant connues aujourd’hui des membres de cette Académie et de ceux qui en suivent les travaux, leur caractère purement expérimental les plaçant en dehors de toute discussion de théorie à l’égard de l’auteur, et, par leur nouveauté et leur nature, frappant tous les yeux qui en voient les produits et tous les esprits auxquels on en parle, la tâche de la Commission appelée à les juger est bien simple, puisque, d’après ces considérations, il lui suffira de les considérer dans leurs rapports avec la science. Telle est, en effet, l’opinion unanime de la Commission. Mais qu’il soit permis au rapporteur de dire quelques mots relatifs à un point sur lequel il n’a pu partager la manière de voir de ses honorables collegues. Il lui a semblé qu’apres la communication qu’il avait faite des travaux de M. Niépce de Saint-Victor, les détails dans lesquels il était entré à leur sujet, les inductions qu’il en avait tirées, il devait être le dernier choisi pour servir d’organe à la Commission devant l’Académie; persuadé qu’une autre voix que la sienne aurait eu plus de puissance pour parler de ces travaux, et qu’elle aurait su leur donner un nouvel intérêt du nouveau point de vue où ils auraient été envisagés. Mes honorables collègues ont pensé différemment lorsqu’ils m’ont chargé à l’unanimité du rôle de rapporteur. Il était de mon devoir de l’accepter; mais, en déférant à leur opinion, ma conviction n’a pas changé, et j’ai voulu dire les difficultés que je trouvais à parler au nom de plusieurs, et convenablement sans me répéter, d’un sujet auquel j’avais beaucoup pensé avant de venir en entretenir l’Académie en mon nom particulier.
« Il s’en faut beaucoup que les chimistes et les physiciens aient donné une égale attention aux différentes sortes d’actions moléculaires que la matière présente à l’observation.
« Les actions en vertu desquelles se font les combinaisons définies ont occupé les chimistes, pour ainsi dire, à l’exclasion des physiciens, soit qu’il s’agisse des composés résultant des affinités les plus énergiques, en vertu desquelles des corps, comme l’oxygéne, le chlore, etc., s’unissent au potassium, au sodium, etc., ou des composés résultant de la neutralisation mutuelle des acides et des alcalis; soit qu’il s’agisse des composés ternaires ou quaternaires définis, dans lesquels on expulse un de leurs éléments, l’hyidrogène par exemple, par un autre corps tel que l’oxygène le chlore, etc. Les chimistes n’ont pas borné leur étude aux phénomènes passagers de ces actions, ils l’ont étendue encore aux propriétés de leurs produits
« Les actions moléculaires en vertu desquelles se font les composés indéfinis, tels que la plupart des alliages métalliques, les solutions de corps solides ou de fluides élastiques dans des liquides neutres, et. des composés solides produits d’une cémentation , comme l’acier, ont fixé à la fois l’attention des chimistes et celte de plusieurs physiciens, parce qu’il semble, en effet, que, dans les composés indéfinis, l’affaiblissement de l’action moléculaire rapproche les phénomènes de ceux qui sont du domaine de la physique.
« Les actions moléculaires par lesquelles des corps dissous dans des liquides se fixent à des solides sans que la forme de ceux-ci en paraisse changée, comme cela arrive aux étoffes teintes dans des bains colores, n’ont guère été examinées jusqu’ici que par le petit nombre des chimistes qui sé sont livrés à l’étude de la théorie de la teinture.
« Quant aux actions moléculaires en vertu desquelles l’eau donne aux tissus des animaux les propriétés nécessaires à remplir le rôle que l’organisation leur a imposé dans les phénoménes de la vie, et à divers corps pulvérulents inorganiques, la propriété de constituer des pâtes tenaces et ductiles, elles ont été l’objet d’études plus rares encore que les précédentes.
« Enfin, des chimistes, aussi bien que des physiciens, se sont occupés de l’examen des actions que certains solides, particulièrement ceux qui sont poreux ou réduits eu poudre impalpable, exercent par leur surface sur des fluides élastiques. Leur attention s’est particuliérement fixée sur les phénomènes manifestés pendant l’action plutôt que sur les propriétés permanentes acquises par les corps qui y ont pris part; résultat tout simple, quand on considère qu’aux yeux de beaucoup de chimistes, l’affinité de laquelle on fait dépendre les combinaisons définies n’existe pas dans le cas dont nous parlons.
« En définitive, nous voyons comment, à une certaine limite des actions moléculaires, le chimiste et le physicien interviennent dans l’étude de phénomènes qui, au dire de plusieurs, seraient affranchis de l’affinité proprement dite, et rentreraient, d’après cela, dans la classe des actions purement physiques. Quoi qu’il en soit de cette opinion, les produits de ces actions n’ont point un caractère de permanence dans leurs propriétés, ou une constitution susceptible d’être déterminée d’une maniére tellement précise, qu’on puisse les comparer aux composés chimiques proprement dits, à ceux même dont les proportions des éléments sont indéfinies.
« Nous avons cru devoir rappeler cet état de la science, dans l’espérance de faire comprendre les rapports des recherches de M. Niépce de Saint-Victor avec l’état actuel de nos connaissances chimiques: car, dans les expériences qu’il a décrites, l’influence de l’affinité est incontestable; il se forme des composés définis, des composés analogues à ceux qui sont produits en teinture, lorsque des étoffes se combinent à des acides, à des bases, à des sels, à des principes colorants, sans changement de leur état solide; en outre, des vapeurs se fixent à des solides, en vertu d’une force attractive, suffisante pour vaincre une partie de leur tension seulement, de sorte que, dans le vide on dans un espace qui est au-dessous d’une certaine limite de saturation de cette même vapeur, les solides qu’on y place laissent exhaler la totalité, ou du moins une portion de celle qu’ils avaient fixée d’abord.
« Parlons maintenant de la reproduction sur papier amidonné, ou sur un enduit d’amidon, d’une gravure, d’un imprimé en encre grasse, au moyen de la vapeur d’iode.
« La reprodnction est incontestable, et certes on ne peut voir sans un sentiment d’étonnement la fidélité avec laquelle les traits les plus délicats de l’original se retrouvent dans la copie. Nous en appelons au souvenir de l’Académie, qui a eu naguère tant d’exemples remarquables d’images reproduites par M. Niépce de Saint-Victor.
« Au point de vue scientifique, l’étude de cette reproduction est très-intéressante. En effet, lorsque le modèle se trouve exposé à la vapeur diode, celle-ci se porte sur les noirs de préférence aux blancs; mais cela ne veut pas dire, comme quelques personnes l’ont compris, que ce soit à l’exclusion des blancs: car, en prolongeant l’exposition, ceux-ci se colorent en orangé-jaune-brun, par de la vapeur d’iode qui s’y condense. Qu’est-ce qu’il y a donc de vrai dans les expériences de M. Niépce?
« 1º. C’est que les noirs absorbent la vapeur d’iode plus vite que les blancs, et en proportion plus considérable; dès lors, en n’exposant une gravure à la vapeur diode qu’un temps insuffisant pour que les blancs se colorent, les noirs iodés reproduisent leur image sur le cuivre, et même sur un enduit d’amidon.
« 2º. C’est que si une gravure a été exposée à la vapeur d’iode assez longtemps pour que les blancs se soient iodés, en la tenant ensuite à l’air libre un temps convenable, l’iode abandonne les blancs, tandis qu’il en reste assez dans les noirs pour que ceux-ci reproduisent leur image.
« Tous ces effets se manifestent eu prenant les corps à une même température, en les mettant en présence à la lumière diffuse ou dans l’obscurité, au milieu de l’air ou dans le vide.
« Conclusion. - Il y a une force attractive, dans la matière des noirs, capable de surmonter la force répulsive de la vapeur d’iode. Cette force existe dans la matière blanche du papier, mais à un degré plus faible.
» Elle est identique à celle qui opère la condensation des fluides élastiques à la surface des corps.« Si on la confond avec l’affinité, son action est des plus faibles dans les phénomènes dont nous parlons.
« La force attractive en vertu de laquelle les noirs fixent la vapeur diode se manifeste encore lorsqu’on plonge une gravure dans l’eau diode pendant quatre minutes; celui-ci quitte son dissolvant pour s’unir à la matière des noirs, précisément comme les matières colorantes de la gaude, de la garance, etc., quittent l’eau pour s’unir aux parties mordancées d’une étoffe, de préférence à celles qui ne le sont pas. Mais à l’égard des corps que nous citons, la force attractive en vertu de laquelle les principes colorants se fixent à l’étoffe mordancée, est supérieure à celle qui sollicite l’iode à s’unir avec la matière noire de la gravure, puisque celle-ci, après avoir été lavée, le céde à l’amidon humide d’un papier, pour constituer l’iodure bleu-violet, connu de tous ceux qui s’occupent de chimie. Enfin, si l’on applique une gravure iodée sur un enduit d’amidon humide, adhérent à une plaque de cuivre, l’iode quitte les noirs, passe au travers de l’amidon, se porte sur le métal, s’y unit et y dessine l’image. Le même résultat est obtenu d’une manière plus élégante encore, en prenant une image d’iodure d’amidon bleu-violet sur verre, et l’appliquant, après l’avoir mouillée, sur une plaque de cuivre; l’image colorée s’évanouit peu à peu pour se reproduire sur la plaque de cuivre en iodure de ce métal.
« Certes, au point de vue de la mécanique chimique, il est peu de phénomènes aussi remarquables que cette succession de fixation et de déplacement de l’iode, relativement à une série de corps doués chacun à son égard, d’une force attractive différente. Ainsi, la matière noire d’une gravure, l’attirant plus que ne le fait le papier blanc, rappelle à la fois l’action des corps poreux sur les vapeurs, et celle des étoffes mordancées sur des principes colorants dissous dans l’eau: l’amidon humide, enlevant l’iode à la matière noire des gravures, forme un iodure bleu, dont la composition paraît bien définie; enfin, le cuivre, enlevant à son tour l’iode à l’amidon, constitue sans doute encore avec lui un composé défini, et, fait digue d’attention dans tous ses déplacements, l’iode constitue toujours l’image produite par la matière noire qui l’a absorbé en premier lieu !
« Nous croyons utile, avant de passer outre, d’ajouter quelques faits propres à démontrer qu’une force attractive est bien la cause qui condense la vapeur d’iode sur les noirs d’une gravure ou d’une impression; qu’en conséquence, on ne pourrait admettre que la vapeur d’iode s’y arrêterait comme sur un obturateur, tandis qu’elle filtrerait sans obstacle au travers des blancs.
« Si l’on applique une gravure iodée entre deux plaques de cuivre pendant huit ou dix minutes, l’image apparaît sur chacune des plaques. La plaque que touchait le recto de la gravure présente l’image en sens inverse de celle du modèle, tandis que la plaque qui touchait le verso présente l’image en sens direct. Si les noirs étaient imperméables à la vapeur d’iode; s’ils faisaient fonction d’obturateur à son égard, il n’y aurait pas eu d’image reproduite sur cette dernière plaque. M. Niépce a parfaitement constaté encore que cette reproduction de l’image a lieu au delà du contact, fait très-important pour la théorie des images de Möser.
« Enfin, si l’on enduit une gravure d’un corps gras avant de l’exposer a la vapeur d’iode, les noirs absorbent encore cette vapeur, et la gravure peut reproduire son image, quoique un peu plus faiblement que dans le cas où le papier n’a pas été huilé.
« Une différence de porosité entre des parties noires et des parties blanches ne peut expliquer la condensation de l’iode sur les unes de préférence aux autres. En effet, si une règle d’ébène, juxtaposée à une règle de bois blanc poreux, reproduit son image sur une plaque de métal à l’exclusion de celle-ci, une règle de ce même bois blanc teint en noir de chapelier, juxtaposée a une règle de buis, beaucoup plus dense, exposée à l’iode, reproduit son image à l’exclusion de la seconde.
« D’après cette double expérience, une différence de porosité ne suffit donc pas pour expliquer la différence d’aptitude à se pénétrer de vapeur diode que manifestent deux bois, dont l’un est noir et l’autre est incolore.
« Les propriétés des images produites sur les métaux par l’application d’une gravure ou d’une impression préalablement exposée, non-seulement à la vapeur d’iode, mais encore à celles du soufre, du sulfure d’arsenic, du bisulfure de fer, de l’acide azotique, du phosphore brûlant lentement à l’air, présentent à l’observateur des faits non moins dignes d’attention que ceux dont nous venons de parler.
« L’image produite par l’iode sur le cuivre tend à s’effacer. Si l’altération de l’iodure ne contribue pas à cet effet, l’oxydation du cuivre non iodé y a une part certaine.
« Mais expose-t-on l’image à la vapeur de l’ammoniaque fluor, quelques minutes; une modification profonde s’opère: le cuivre non iodé blanchit, perd son éclat métallique, tandis que le cuivre iodé brunit. L’image devient alors plus apparente qu’elle n’était, par la double raison que l’éclat spéculaire du métal est détruit, et que l’opposition entre les clairs et les ombres devient plus grande qu’elle n’était auparavant. L’observation microscopique rend, ainsi que nous le verrons plus bas, parfaitement raison de ces effets.
« Nous ignorons ce qui se passe entre le cuivre iodé et l’ammoniaque.
« Quant à la modification produite par la vapeur alcaline sur le métal non iodé, elle ne disparaît point par le contact de l’eau froide, de l’eau de prussiate jaune de potasse; mais un flocon de coton humide avec lequel on frotte le cuivre ammoniaqué se colore en bleu verdâtre, et le prussiate acidulé le teint immédiatement en rouge marron: le coton était imprégné d’oxyde de cuivre et d’ammoniaque. Cest ce qui explique pourquoi les acides phosphorique, acétique, etc., versés sur le cuivre ammoniaqué, découvrent une surface métallique et tiennent en solution de l’oxyde de cuivre et de l’ammoniaque, qu’on y démontre par le prussiate de potasse jaune et le chlorure de platine. Il est remarquable que le cuivre ammoniaqué, après avoir été soumis d’abord à l’action des acides, puis à celle du tripoli, a un aspect semblable au cuivre pur; tandis que le cuivre ammoniaqué que les acides n’ont pas touché prend, dans la même circonstance, du brillant, sans doute, mais il conserve toujours quelque chose de mat et de blanc qui le distingue du cuivre non modifié.
« C’est en raison de ce dernier effet qu’une image iodée sur plaque de cuivre, après avoir été exposée à l’ammoniaque, ne s’efface pas lorsqu’on soumet le méta1 au frottement d’un flocon de coton mouillé et imprégné de tripoli dans le sens du poli primitif de la plaque; et il y a plus: elle se conserve des années, et conséquemment bien plus longtemps qu’une image iodée sur cuivre que la vapeur d’ammoniaque n’aurait pas touchée.
« L’observation microscopique fait apercevoir une grande différence entre la surface du cuivre poli et celle de ce métal, qui a été exposée seulement à la vapeur de l’iode ou à celle de l’ammoniaque, ou bien qui l’a été successivement à ces deux vapeurs. Effectivement, la surface du cuivre poli en un même sens présente des sillons rectiliegnes et parallèles avec quelques points irisés, tandis que la surface du métal modifiée par les réactifs précités présente de petits dessins curvilignes irisés, dont les creux sont moins profonds que les sillons du cuivre poli; en un mot, elle a l’aspect de grains fins qui auraient été aplatis par une légère pression.
» Cette différence dans la manière de réfléchir la lumière, qu’on remarque entre le cuivre métallique pur et le cuivre modifié par l’ammoniaque, rend parfaitement raison de la manifestation des images de M. Niépce de Saint-Victor. Elle résulte évidemment de l’opposition existant entre les effets de la lumière réfléchie par une surface agissant comme des cylindres paralléles , et les effets de lumière réfléchie par une surface agissant comme des cylindres cannelés perpendiculairement à leur axe, ou, en d’autres termes, par une surface à points qui la rayonnent en tous sens au lieu de la réfléchir spéculairement. La théorie des effets optiques des étoffes de soie est donc applicable à l’explication de la production physique des images de M. Niépce de Saint-Victor; on peut effectivement considérer le cuivre métallique poli dans un même sens comme agissant à la manière du satin, et le cuivre modifié comme agissant à la manière du taffetas.
» Cette théorie très-simple explique comment, dans la vision de l’image résultant immédiatement de l’application d’une gravure iodée contre une plaque de cuivre, les ombres sont les parties iodées du métal, et les clairs les parties qui, ne l’ayant pas été, ont conservé leur éclat spéculaire; tandis qu’après l’exposition de la plaque à l’ammoniaque et son passage au tripoli, les ombres sont le cuivre métallique, et tes clairs le cuivre ammoniaqué. Il va sans dire que la vision distincte exige que le spectateur soit placé, dans le premier cas, de maniére que la lumière réfléchie spéculairement arrive à ses yeux, tandis que, dans le second cas, la lumière réfléchie spéculairement par le cuivre dont l’iodure a été enlevé par le tripoli ne leur parvienne pas.
« Le cuivre n’est pas le seul métal sur lequel on puisse reproduire des images avec la vapeur d’iode, car M. Niépce a démontré qu’on en fait naître sur le fer, l’étain, le plomb, le laiton et l’argent. Mais au lieu d’exposer ce dernier métal à la vapeur de l’ammoniaque pour fixer l’image, il l’expose à la vapeur du mercure.
« D’un autre caté, beaucoup de fluides élastiques partagent avec la vapeur d’iode la propriété de reproduire sur métal les images des gravuresqui ont été exposées quelques minutes à leur contact. Nous en citerons quelques-unes pour exemples.
« Le chlore se fixe aux noirs à l’instar de l’iode, mais les images qu’il forme sont moins prononcées.
« La vapeur du soufre et celle du sulfure d’arsenic, chauffés au milieu de l’air, donnent à la gravure qu’on y expose la propriété d’imprimer son image à une plaque de cuivre contre laquelle on la presse pendant dix minutes.
« La vapeur du bisulfure de fer produit un effet analogue, quoique plus difficile à obtenir et bien moins prononcé.
« Du moment où l’existence d’une attraction élective est prouvée entre des fluides élastiques et différents corps solides formant un même ensemble, comme les différentes matières noires qui sont distribuées sur un papier blanc de manière a représenter des images quelconques, matières qui ont une propriété attractive pour ces fluides élastiques supérieure à celle du papier blanc, on peut en induire qu’il pourra y avoir d’autres vapeurs qui présenteront la propriété contraire.
« Telle est, en effet, la vapeur exhalée de l’acide azotique d’une densité de 1,34: une gravure qu’on y expose imprime son image sur une plaque de cuivre. Mais la vapeur a été absorbée par les blancs du papier, et, dès lors, les ombres proviennent du cuivre métallique. La preuve qu’il en est ainsi, c’est que si la gravure eût été appliquée contre un papier bleu de tournesol, les parties blanches eussent été reproduites en rouge, et les noirs en bleu. Si cette dernière expérience ne prouve pas absolument que les noirs n’ont pas absorbé la vapeur acide, car les phénomènes se passeraient comme il vient d’être dit, dans le cas où les noirs attirant la vapeur avec plus de force que les blancs la conserveraient, lorsque les blancs l’abandonneraient à d’autres corps, l’existence d’une attraction élective de la vapeur acide, relativement à une série de corps, n’en existerait pas moins.
« Enfin, nous ajouterons que M. Niépce a constaté qu’une plume de la queue d’un vanneau, noire et blanche, exposée à l’iode, imprimait l’image de sa partie noire sur métal; tandis que, plongée dans l’acide azotique, elle y imprimait sa partie blanche.
» A une époque où tant de personnes considérent les choses au point de vue de l’utilité, on ne peut douter des applications plus ou moins importantes auxquelles conduiront les recherches de M. Niépce de Saint-Victor; et l’on peut espérer que la photographie, en particulier, ne tardera point à tirer un bon parti de l’enduit d’amidon, et, mieux encore, de l’enduit d’albumine sur plaque de verre, substitués en beaucoup de cas aux plaques métalliques ou au papier, dans la fixation des images qui se peignent au foyer de la chambre noire. Mais au lieu d’insister sur les applications proprement dites dont ce travail est susceptible, nous avons préféré le considérer au point de vue scientifique, les objets de science pure étant spécialement du ressort de l’Académie. Tel est le motif qui nous a déterminés à rattacher aux principes de nos connaissances actuelles les découvertes où M. Niépce a fait preuve de tant de persévérance et de talent. En résumé, elles nous paraissent devoir fixer l’attention des savants sous les rapports suivants :
« 1º. Sous le rapport de l’attraction élective avec laquelle une même vapeur peut être fixée par différents corps.« Ainsi, l’iode a plus de tendance à se fixer à plusieurs matières noires qu’au papier blanc, soit qu’il agisse à l’état de vapeur, soit qu’il agisse à l’état de solution liquide. Dans le premier cas, les noirs agissent à l’instar des solides poreux condensant des vapeurs; dans le second, comme des mordants fixant des matiéres colorantes sur des tissus. D’un autre côté, les matières noires cèdent leur iode à l’amidon, et celui-ci le cède enfin à des métaux.
« 2º. Sous le rapport de l’attraction élective de certaines vapeurs qui se fixent au papier blanc, de préférence aux parties noires d’une encre grasse, ainsi que cela arrive à la vapeur de l’acide azotique.
« 3º. Sous le rapport de la rapidité avec laquelle peuvent réagir une vapeur et des corps solides aussi compactes que le sont les métaux, comme on l’observe entre la vapeur de l’ammoniaque fluor, et le cuivre par exemple.« 4º . Sous le rapport de la distance à laquelle une vapeur qui se dégage de la matière d’une image est susceptible de reproduire cette image sur un plan où la vapeur vient a se condenser.« 5º . Sous le rapport de l’influence très-diverse que différents solides pourraient exercer sur l’économie animale, après avoir été exposés à une même vapeur.
Conclusions.
« C’est d’après cet ensemble de considérations que nous avons l’honneur de proposer à l’Académie l’insertion des recherches de M. Niépce de Saint-Victor dans le Recueil des Savants étrangers.
« En adoptant cette conclusion, l’Académie donnera à l’auteur un témoignage d’estime qu’il mérite par la persévérance de ses efforts, autant que par les remarquables découvertes qui en ont été les résultats. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
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1847
22 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 22Pag. 812, 813

CORRESPONDANCE.

M. BLANQUART-ÉVRARD adresse de nouvelles épreuves de photographie sur papier, et y joint l’indication du procédé au moyen duquel il les a obtenues; procédé qui diffèrè, à quelques égards, de celui qu’il avait précédemment fait connaître, ainsi qu’on le verra par l’extrait suivant de la Lettre jointe à son envoi :
« . . . Dans les préparations que j’ai précédemment décrites et expérimëntées en présence de la Commission académique, an mois d’avril dernier, une seule opération présentait quelques diffiultés sérieuses: c’était celle de l’emploi de l’acide gallique pour faire venir l’image de la chambre noire. Il arrivait souvent qu’une épreuve prise à une trop douce lumière, ou dans une trop grande dimension (ce qui revient au même), ne pouvait obtenir la vigueur et le modelé nécessaires, avant de disparaître, pour ainsi dire, sous la coloration uniforme produite par le mélange de l’acide gallique avec l’acéto-azotate d’argent dont est empreint le papier. Après avoir reconnu qué l’acide gaillique ne produisait cette coloration uniforme sur l’épreuve que parce qu’il se trouvai combiné en petite quantité avec l’acéto-azotate d’argent fourni par l’épreuve, j’ai paré à toute cause de taches en remplaçant par un bain le moyen précédemment décrit. En conséquence, je plonge l’épreuve, au sortir le son exposition à la chambre noire, dans un vase d’une plus grande dimension, couvert d’une couche de 1 centimètre d’acide galliqne saturé à froid; j’agite le bain pendant l’immersion de l’épreuve, et je puis ainsi prolonger l’action de cet acide jusqu’à ce que mon image soit arrivée à la vigueur nécessaire pour assurer un bon résultat. Je lave alors l’épreuve, et je remplace l’acide gallique par une dissolution de bromure de potassium ou de chlorure de sodium, dans laquelle je la laisse pendant un quart d’heure environ (1). Ce moyen, aussi simple que le précédent présentait de difficultés, assure désormais aux photographistes des résultats complets, en permeltant, en outre, d’obtenir des effets puissants, bien qu’éclairés par une lumière douce, ou des portraits de grande dimension, dont les épreuves que je présente aujourd’hui pourront donner un aperçu. »
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(1) Pour cette épreuve, je choisis de préférence un papier mince.
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1847
20 de Dezembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXV
Nº. 25
Pag. 938,939, 940

PHOTOGRAPHIE. - Lettre de M. CLAUDET

Pour expliquer les résultats opposés que ses expériences lui ont quelque fois fournis, touchant les effets des rayons violets et rouges agissant sucessivement sur l’iodure d’argent, M. Claudet invoque les essais de M. Draper, d’après lesquels ces effets seraient variables suivant les saisons. La Lettre de M. Claudet renferme, en outre, le fait remarquable qui suit. Nous laissons parler l’auteur:« Il existe une couche d’iodure d’argent qui se trouve vingt-cinq fois plus sensible que la couche de Daguerre.
« … Toutes les fois que la plaque est préparée avec cette couche d’iode, les verres rouge et jaune produisent la destruction de l’effet de la lumière, de la même manière que cela a lieu pour la couche qui a reçu, en outre, les vapeurs de brome.
« Il est donc positivement des cas où les verres rouge et jaune ne sont pas doués de la propriété continuatrice sur l’iodure d’argent seul, mais, au contraire, où ils détruisent l’effet de la lumière du jour.
« Voici comment on obtienl cette couche:
« Quand on soumet une plaque d’argent aux vapeurs d’iode, elle prend d’abord une teinte jaune, ensuite elle passe successivement aux teintes rose, rouge, violet, bleu-vert; toutes ces teintes constituent ce que j’appellerai la couche simple: elles sont presque toutes douées du même degré de sensibilité.« Si l’on continue l’iodage, il se forme une seconde série de couches semblables aux premières; la plaque redevient jaune, et elle passe successivement par les teintes rose, rouge, violet, bleu-vert. Cette seconde couche est vingt-cinq fois plus sensible que la première. En continuant l’iodage, on obtient une troisième série des mêmes couches, mais elle est un peu moins sensible que la seconde, et la surface d’argent commence à paraître attaquée. Après le lavage à l’hyposulfite, elle paraît laiteuse; ce qui nuit à la pureté de l’épreuve.
« Si l’on soumet une plaque d’argent aux vapeurs d’iode, de manière à lui donner graduellement par zones horizontales toutes les teintes de la première couche et toutes les teintes de la seconde couche d’iode, et qu’après l’avoir impressionnée en entier à la lumiére du jour, on expose seulement une moitié verticale de la plaque pendant quelques minutes sous un verre rouge, de manière à ce que l’action du verre rouge puisse s’exercer sur la moitié de chacune des zones de diverses teintes des deux couches d’iodage; au sortir de la boite à mercure, on voit que le verre rouge a détruit l’effet de la lumière sur la seconde couche d’iode, et l’a continué sur la première. Le verre rouge a rétabli la moitié de la couche plus sensible, au même point d’effet photogénique que celui de la couche moins sensible qui n’avait pas reçu l’action du verre rouge, et il a continué sur la couche moins sensible l’effet de la lumière du jour au même degré d’intensité que celui obtenu par l’accroissement de sensibilité de la seconde couche. De sorte que chaquemoitié de la plaque a un effet égal et identique dans tous les points à celui de l’autre moitié, seulement à l’inverse l’une de l’autre. Mais il y a cela de remarquable, que la zone horizootale, précisément au milieu de la plaque, présente la même intensité d’effet photogénique dans toute sa longueur. Ainsi, il n’y a eu ni continuation ni destruction sur l’espace où la couche diode a, par son épaisseur, la moyenne de sensibilité« En mettant de coté la question de l’influence des différentes époques de l’année sur la destruction ou la continuation de l’effet de la lumière du jour par les rayons rouge et jaune; jusqu’à ce que nous ayons tous pu vérifier si les faits de M. Draper sont exacts, on ne peut pas toujours dire, en thése générale, que les verre rouges et jaune soient doués de la propriété de continuer l’effet de la lumière sur les plaques d’iodure d’argent. Il est des cas où le contraire a lieu suivant l’épaisseur de la couche. »
1847

ABEL NIÉPCE de St. VICTOR , primo de Nicéphore Niépce, inventa o negativo sobre vidro albuminado, utilizando albumina de ovo para sensibilizar as placas de vidro.
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domingo, 15 de Novembro de 2009

1848
7 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVI
Nº. 6
Pag. 153, 154, 155
CHIMIE . - Nouveau procédé de gravure sur argent, sur cuivre argernté ou doré; par M. POITEVIN, ingénieur civil, ancien élève de l'École centrale des Arts et Manufactures. (Note de M. BECQUEREL.)
« M. Niepce de Saint-Victor, officier dans la garde municipale, a découvert un moyen ingénieux de décalquer des dessins et des gravures sur papier, sur verre ou sur des plaques de métal. M. Poitevin a transfoimé ces décalques en planches gravées en relief ou en creux, a l'aide desquelles on tire des épreuves. Deux on trois heures suffisent pour exécuter ce travail.
« On commence par exposer une gravure a la vapeur de l'iode, qui se dépose sur les noirs seulement. On applique avec une légère pression !a gravure iodée sur une plaque d'argent ou de cuivre argenté, polie a la manière daguerrienne. Les parties noires de la gravure ayant reçu de l'iode le rendent à l'argent, qui se transforme en iodure dans les parties correspondantes seulement. On plonge ensuite pendant quelques instants la plaque, mise en communication avec le pôle négatif d'une pile composée d'un petit nombre d'éléments, dans une solution saturée de sulfate de cuivre en relation, avec le pôle positif, moyen d'une lame de platine. Le cuivre ne se dépose. que sur les parties non recouvertes d'iodure et correspondant aux blancs: on a ainsi une représentation parfaite de la gravure dans laquelle le cuivre représente les blancs et l'argent iodé les noirs; Il est nécessaire que la plaque ne reste que peu de temps dans le bain de sulfate de cuivre; car si l’opération était trop prolongée, la plaque entière se recouvrirait de cuivre.
« La plaque, après avoir reçu le dépôt de cuivre, est lavée avec beaucoup de soin, puis plongée dans une solution d'hyposulfite de soude pour dissoudre l'iodure d'argent qui occupe la place des noirs; on lave à grande eau distillée et on sèche. On chauffe ensuite la planche à une température suffisante pour oxyder la surface du cuivre, qui prend successivement différentes teintes, et on s'arrête à celle brun sombre. On laisse refroidir, puis on amalgame l'argent mis a nu, en chauffant légèrement la planche, afin de faciliter l'opération. Le mercure ne se combinant pas avec l'oxyde de cuivre, on a un dessin dans lequel les parties amalgamées représentent les noirs, et les parties de la plaque recouvertes d'oxyde de cuivre, les blancs; l’amalgamation terminée, on recouvre la planche de deux ou trois feuilles d'or battu et l'on fait évaporer le mercure en chauffant. L'or adhère donc seulement à l'endroit des noirs du dessin. L'or non adhérent est enlevé avec un grattebosse.
Cela fait, on dissout l'oxyde de cuivre avec une dissolution de nitrate d'argent, et l'on attaque l'argent, ainsi que le cuivre qui est au-dessous, avec de l'acide nitrique affaibli. Les traits du dessin qui sont protégés par l'or n'étant pas attaqués, on peut obtenir des creux aussi profonds qu'on le désire, qui correspondent aux blancs de lagravure.
« Cette dernière opération achevée, la planche, que l'on peut comparer à une eau-forte, est propre à tirer des épreuves à la manière des gravures sur bois.
« Pour obtenir avec les mêmes dessins des planches gravées en creux ou en taille-douce, il faut opérer sur une planche de cuivre recouverte d'une couche d'or. Dans le bain de sulfate de cuivre, les parties correspondantes aux blancs se recouvrent encore de cuivre. On enlève, avec l'hyposulfite, l'iode ou le composé d'iode qui s'est formé; on oxyde la couche de cuivre déposée, et l'on amalgame l'or, qui peut être enlevé alors avec l'acide nitrique; on dissout en même temps l'oxyde de cuivre. Dans cette préparation, les blancs sont évidemment préservés, et les creux représentent les noirs, comme dans les planches gravées en taille-douce.
« La question scientifique est résolue; reste la question artistique, qui ne peut l'être que par les personnes connaissant les exigences de l'art du graveur. »L'invention de M. Poitevin sera soumise à l'examen d'une Commission composée de MM. Becquerel, Chevreul, Pelouze, Commission à laquelle l'Académie des Beaux-Arts sera invitée à adjoindre quelques-uns de ses membres.
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1848
7 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVI
Nº. 6
Pag. 181, 182, 183
PHYSIQUE. - De l’image photographique colorée du spectre solaire; par M. EDMOND BECQUEREL (Extrait.)
« L’auteur, dans le cours de ses recherches sur l’action chimique de la lumière, a conduit à ce fait remarquable, que le spectre solaire peut imprimer son image avec des couleurs correspondantes aux siennes sur une plaque d’argent convenablement préparée. Il suffit pour cela de faire attaquer cette plaque par l’action du chlore libre, avec des précautions indiquées dans la Note présentée à l’Académie; la couche sensible qui se forme à la surface de la lame s’impressionne alors en rouge dans le rouge prismatique, en jaune dans le jaune, en vert dans le vert, en bleu dans le bleu, et en violet dans le violet. La teinte rougeâtre tourne au pourpre, à l’extrême rouge, et même s’étend au delà de la raie A de Fraünhofer; quant à la teinte violette, elle continue bien au delà de H, en s’affaiblissant graduellement. En laissant continuer longtemps l’action du spectre, les teintes se foncent, et l’image finit par prendre l’éclat métallique; les couleurs ont alors disparu.
« Suivant la préparation de la plaque et l’épaisseur de la couche sansible, on peut faire prédominer telle on telle teinte du spectre: ainsi, une surface bien préparée, et impressionnée préalablement à la lumière diffuse en pourpre foncé sous un verre rouge foncé, donne une belle image photographique colorée du spectre, dans laquelle l’orangé, le jaune, le vert et le bleu sont marqués avec la plus grande netteté.
« La substance formée à la surface de l’argent n’est pas du chlorure blanc, mais probablement un sous-chlorure, puisqu’elle ne s’impressionne pas vivement au delà du violet visible, comme le chlorure précipité chimiquement, et que le maximum d’action se trouve dans le jaune là où est le maximum d’intensité lumineuse, ou bien remonte vers le rouge suivant la préparation de la plaque. Pour avoir un effet assez rapide, il faut agir à l’aide d’un spectre fortement concentré.
« Ces effets expliquent la coloration rouge du chlorure d’argent et du papier sensitif formé avec ce composé dans les rayons rouges, coloration qui a déjà été observée par MM. Seebeck et Herschel.« L’auteur est parvenu à préparer, à l’aide du chlore libre, et aussi en faisant usage de bichlorure de cuivre, une couche sensible de chlorure d’argent qui s’impressionne de telle manière, que non-seulement certaines parties du spectre sont représentées avec leur couleur, mais encore que la lumière blanche produit une impression blanche.
« Le composé formé à la surface des lames d’argent, par suite de l’action du chlore, est le seul qui ait jusqu’ici manifesté les propriétés dont il vient d’être question.
« Jusqu’à présent, l’impression prismatique colorée semble devoir se conserver à l’obscurité, et l’auteur n’a pu trouver le moyen de lui donner de la fixité sous l’influence des rayons lumineux. Si l’on pouvait réaliser cette fixation, et que l’impressionnabilité de la matière fût plus grande, non-seulement on dessinerait, mais encore on peindrait à l’aide de la lumière; néanmoins, les résultats dont il vient d’être question montrent que la solution du problème est possible.
« Ce fait vraiment étonnant de l’impression photographique du spectre solaire avec des couleurs correspondantes aux siennes, fait qui est en dehors de tout ce que l’on sait sur l’optique, a paru à l’auteur assez digne d’attirer l’attention des physiciens pour qu’il n’ait pas voulu en différer la publication. »
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1848
12 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVI
Nº. 24
Pag. 637, 638, 639
CORRESPONDANCE
CHIMIE. - Note sur la photographie sur verre; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
« Dans le Mémoire qne j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie au mois d’octobre dernier, j’ai publié ce que j’avais fait alors sur ce sujet. Aujourd’hui je viens ajouter les nouveaux résultats que j’ai obtenus.
« Les épreuves que j’ai l’honneur de présenter ne sont encore que des reproductions de gravures et de monuments d’après nature, la longueur de l’opération ne m’ayant pas permis de faire le portrait en employant l’albumine seule; cependant, j’ai obtenu des épreuves de paysages en 80 à 90 secondes à l’ombre, et si l’on mélange du tapioka avec l’albumine, on accélére l’opération, mais l’on perd en pureté de traits ce que l’on gagne en vitesse.« J’ai indiqué dans mon Mémoire deux substances propres à la photographie sur verre: l’amidon et l’albumine. J’ai donné les moyens de préparer l’amidon; mais comme l’albumine lui est bien préférable, je ne parlerai que de celle-ci.
« Voici la maniére de procéder: On prend deux ou trois blancs d’œufs (selon le nombre de plaques à préparer), dans lesquels on verse de douze à quinze gouttes d’eau saturée d’iodure de potassium, selon la grosseur des œufs; on bat ensuite les blancs en neige, jusqu’à ce qu’ils aient assez de consistance pour tenir sur le bord d’une assiette creuse. On nettoie parfaitement la partie de l’assiette restée libre, afin d’y laisser couler l’albumine liquide qui s’échappe de la mousse en plaçant l’assiette sur un plan incliné. Après une heure ou deux, le liquide est versé dans un flacon de verre pour s’en servir au besoin.
« On peut conserver l’albumine pendant quarante-huit heures au moins en la tenant au frais.
« Une grande difficulté existe pour étendre l’albumine également sur la plaque de verre; le procédé qui m’a le mieux réussi est celui-ci:
« Je mets l’albumine dans une capsule de porcelaine plate carrée, de manière que le fond en soit recouvert d’une couche de 2 à 3 millimètres d’épaisseur; je place la feuille de verre verticalement contre une des parois de la bassine, je l’incline ensuite en la soutenant avec un crochet, de facon à lui faire prendre tout doucement la position horizontale; je la relève avec précaution au moyen du crochet, et je la place sur un plan parfaitement horizontal.
» Tel est le moyen qui m’a donné les meilleurs résultats, el avec lequel on peut obtenir une couche d’égale épaisseur; chose essentielle, car s’il y a excès d’albumine dans certaines parties de la plaque, elles s’écailleront sur le cliché.« Lorsque l’albumine aura été appliquée comme je viens de le dire, on la fera sécher à une température qui ne doit pas dépasser 15 à 20degrés; sans cette précaution, la couche se fendillerait et ne donnerait plus que de mauvais résultats. C’est pour cela que, dans le cas où la température dépasserait 20 degrés, il conviendrait de ne préparer les plaques que le soir et de les placer sur un marbre recouvert d’un linge mouillé; elles séchent alors lentement la nuit, et le lendemain matin on les place dans un lieu frais jusqu’à ce que l’on veuille s’en servir. Sans cette précaution, la couche, quoique sèche, se fendillerait aussitôt qu’elle serait exposée à une température un peu élevée; mais pour obvier à cet inconvénient, on passe les plaques, dès qu’elles sont sèches, dans l’acéto-azotate d’argent, et on les conserve à l’abri de la lumière.
« L’expérience m’a appris que l’image venait tout aussi bien, la couche étant sèche que si elle était mouillée; seulement l’opération est un peu plus longue dans le premier cas; mais cet inconvénient est bien compensé par la facilité que l’on a de transporter les plaques pour opérer au loin.
« La feuille de verre étant enduite d’une couche d’albumine qui contient de l’iodure de potassium, on la passe dans la composition d’acéto-azotate d’argent en employant les mêmes moyens que j’ai indiqués pour l’application de l’albumine, et on la lave avec de l’eau distillée, puis on l’expose dans la chambre obscure. On se sert d’acide gallique pour faire paraître l’image, et du bromure de potassium pour la fixer.
« Quant à la supériorité du cliché sur verre à celui du papier, je crois qu’elle est (sauf la vitesse) incontestable sous tous les rapports.
« Pour les épreuves positives, il est reconnu que le papier est plus avantageux que le verre; mais pour obtenir une grande pureté de traits et de plus beaux tons, il faut fortement l’encoller avec de l’amidon.
« Je crois devoir appeler l’attention de l’Académie sur l’avantage que ce nouvel art peut avoir pour l’histoire naturelle et la botanique; je veux parler d’une foule de sujets qu’il est difficile aux dessinateurs et aux peintres de retracer fidèlement: par exemple, les insectes, et particulièrement les lépidoptéres, les quadrupèdes et les oiseaux empaillés seront très-faciles à reproduire.
« La botanique pourra également acquérir ainsi des figures de fleurs et de plantes d’une fidélité parfaite, qu’un cliché sur verre permettra de reproduire à l’infini, et que l’on pourra ensuite colorier.« Tel est le résultat où mes nombreuses recherches m’ont amené, et que je m’empresse de livrer à la publicité.
« J’annoncerai que j’ai l’espoir de trouver bientôt une substance accélératrice qui me permettra d’opérer sur papier aussi promptement que sur le plaqué d’argent; déjà j’ai obtenu des résultats qui me font espérer de pouvoir présenter avant peu des épreuves de portraits d’après nature. »
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1848
3 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 1
Pag. 13

PHOTOGRAPHIE. - Procédé de M. POITEVIN (Communication faite par M. BECQUEREL.)

« M. Poitevin m’a chargé de faire connaître à l’Académie un procédé nouveau, à l’aide duquel on transporte facilement sur du papier photographique des images daguerriennes , des dessins on des gravures. Voici en quoi consiste ce procédé: On reçoit une image, dans la chambre noire, sur une plaque argentée fortement iodée; la plaque est exposée eusuite à la vapeur de mercure et n’est point lavée à l’hyposulfite de soude. On la plonge dans une dissolution de sulfate de cuivre, en la mettant en communication pendant quelques instants avec le pôle négatif d’une pile et fermant le circuit avec un fil de platine. Le cuivre se dépose seulement sur les parties recouvertes de mercurce, attendu que l’iodure d’argent n’est point conducteur de l’électricité. On lave à l’eau distillée, puis à l’hyposulfite pour enlever l’iodure, et l’on séche promptement à la lampe à alcool.
« L’image, dans laquelle le cuivre représente les clairs, et l’argent les ombres, est transportée, du moins le cuivre, sur des plaques très-minces de gélatine. On à ainsi une image inverse, puisque le cuivre, qui est opaque, représente les clairs. Le transport se fait en coulant sur la plaque une dissolution claire de gélatine et laissant sécher; aprés quoi on détache la feuille gélatineuse sur laquelle adhère le cuivre.
« L’épreuve négative obtenue, pour reproduire une image positive on prend une feuille de papier photographique sur laquelle on applique avec soin l’épreuve en gélatine, la face sur laquelle est le cuivre eu dessous; on expose le tout a la lumiére diffuse pendant un quart d’heure; ce papier est ensuite plongé dans l’eau ordinaire pour être lavé, puis dans une dissolution d’hyposulfite pour enlever le sel d’argent; on lave à grande eau et l’on sèche: on a ainsi une reproduction parfaite et positive de l’image daguerrienne.
« Si l’on veut reproduire un dessin ou une gravure, on en prend une épreuve négative sur une plaque préparée à l’iode, en appliquant dessus ce dessin ou cette gravure, et exposant le tout à la lumière. On passe au mercure et l’on exécute la série des opérations précédemment décrites. «
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1848
11 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 11
Pag. 298

M. AD. FORT adresse deux Lettres concernant les résultats qu’on pourrait obtenir, suivant lui, de l’application du microscope aux images photographiques des corps planétaires.
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1848
9 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 15
Pag. 370, 371

PHYSIQUE. - Description dun photographométre, instrument pour mesurer l’intensité de l’action chimique des rayons de la lumiére sur toutes les préparations photographiques, et pour comparer la sensibilité de ces diverses préparations; par M. CLAUDET. (Extrait.)

« … Il s’agissait d’abord d’avoir un mouvement uniforme, sans mécanisme compliqué et peu dispendieux; je l’obtiens au moyen du principe de la chute des corps sur un plan incliné. La surface sensible est exposée à la lumière par le passage rapide et uniforme d’une plaque ayant des ouvertures de différentes longueurs en progression géométrique. Il est évident qu’à chaque expérience on aura la même durée d’exposition, parce que la plaque munie d’ouvertures proportionnelles tombera toujours avec la même rapidité, la hauteur de la chute étant constante et l’angle du plan incliné étant le même. Chaque ouverture de cette plaque mobile laissera passer la lumière pendant le même espace de temps, et l’effet sur la surface sensible indiquera exactement l’intensité des rayons chimiques. La rapidité de la chute peut être augmentée ou diminuée en modifiant l’inclinaison du plan au moyen d’un quart de cercle muni d’une vis de rappel, sur lequel il peut être fixé à tous les angles possibles; on peut obtenir le même résultat en modifiant la hauteur de la chute.
« La surface photographique, soit plaque de daguerréotype, soit papier, soit toute autre préparation sensible à la lumière, est fixée presqu‘au bas du plan incliné. Elle est recouverte d’une plaque mince de métal percée de trous ronds qui correspondent aux ouvertures de la plaque mobile au rnoment du passage de cette dernière. On conçoit que, pendant la course, la surface sensible sera frappée par la lumière sur tous les espaces que les trous ronds laissent à découvert. Un rideau d’étoffe noire imperméable à la lumiére, attaché aux deux côtés de la plaque mobile, enveloppant tout l’appareil et roulant librement sur deux rouleaux, placés l’un à la partie supérieure, et l’autre à la partie inférieure du plan incliné, empêche la lumière de frapper la surface sensible avant et après le passage de la plaque mobile.
« Les ouvertures de la plaque mobile sont parallèles les unes aux autres et à la direction du plan incliné; elles sont au nombre de sept. La première est de 1 millimètre, la deuxième de 2, la troisiéme de 4, la quatrième de 8, la cinquième de 16, la sixième de 32 et la septiètne de 64 millimètres. Chacune est donc la moitié de la suivante et le double de la précédente. On a ainsi, après l’opération, sept images séparées, dont les différentes intensités représentent l’action de la lumière pendant des intervalles de temps dans la progression géométrique : : 1 : 2 : 4 : 8 : 16 : 32 : 64. Ce nombre suffit entièrement aux observations, et l’on peut multiplier tous ces effetsen faisant tomber la plaque deux fois, trois fois, et ainsi de suite. J’ai adopté cette progression parce que j’ai trouvé qu’une progression arithmétique n’indiquait pas de différence appréciable; c’est tout au plus si, en doublant l’action, on obtient une différence tranchée.
« Si l’on voulait comparer l’intensité photogénique des rayons du soleil avec celle des rayons de la lune, ou aurait à faire tomber la plaque mobile un nombre de fois suffisant pour que l’action des rayons de la lune soit apparente: quelques essais suffiront pour obtenir un effet, et le calcul indiquera la proportion des deux intensités.
« Un appareil simple, ainsi construit, sera un photographomètre certain pour une préparation quelconque; il sera un indice et un guide infaillible pour l’opérateur. Il indiquera l’intensité de la lumière photogénique en même temps que la sensibilité de la préparation … »
Un modèle de l’appareil est joint au Mémoire dont nous venons de donner l’extrait.
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1848
23 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 17
Pag. 427

M. BRACHET adresse une Note sur un procédé d’impression photographique dont il pense qu’on pourrait faire d’utiles applications, mais qu’il ne fait pas suffisamment connaître.
(M. Chevreul est prié d’examiner cette communication, et de faire savoir à l’Académie si elle est de nature à devenir l’objet d’un Rapport.)
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1848
30 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 18
Pag. 436
M. IS. GEOFFROY SAINT-HILAIRE met sous les yeux de l’Académie deux daguerréotypes du Chimpanzé, présentement, vivant à la Ménagerie du Muséum d’Histoire naturelle. Il rappelle que, parmi les épreuves photographiques présentées à diverses époques par M. Arago, se trouvaient quelques figures d’animaux vivants, entre autres celle d’un Chien de chasse, faisant partie de la belle série exécutée par M. Thiesson; mais ces animaux avaient été habitués, par leurs maîtres, à se tenir quelque temps immobiles, et on avait pu les faire poser. Les progrès de l’art photographique ayant permis d’obtenir des images satisfaisantes en un espace de temps très-court, il est devenu possible de saisir, pour ainsi dire, à la volée, la pose et la physionomie d’un animal vivant, et d’obtenir ainsi, pour l’histoire naturelle, des figures qui, sans jamais pouvoir tenir lieu de dessins, auront sans doute leur genre d’utilité. Deux essais ont été faits sur le Chimpanzé, et les résultats, sans être parfaitement satisfaisants, ont été tels qu’il ne peut rester de doutes sur les avantages de cette nouvelle application de la photographie.
Les deux daguerréotypes ont été faits par M. Malacrida, avec le concours de M. le docteur Jacquart.
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1848
30 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 18
Pag. 451

PHYSIQUE- Recherches sur un procédé pour obtenir, par des moyens photogéniques, la reproduction en nombre illimité des caractères typographiques faits à la main, sur un carreau de vitre enfumé ; par M. ACH. BRACHET.
(Commissaires, MM. Becquerel, Chevreul, Regnault)
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1848
6 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 19
Pag. 483

MÉMOIRES PRÉSENTÉS.

M. BIOT présente, de la part de M. EDMOND BECQUEREL, un Mémoire intitulé : De l’image photochromatique du spectre solaire, et des images colorées obtenues dans la chambre obscure.
« Ce travail, dit M. Biot, tire un intérêt extrême des résultats effectifs que l’auteur a obtenus. Ils me semblent devoir offrir des indications très-précieuses pour étendre les idées que nous avons pu nous former jusqu’ici, sur la nature de la chaleur et de la lumière. »

(Commissaires, MM. Biot, Chevreul, Regnault)
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1849

GUSTAVO LE GRAY
, utiliza o colódio.
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1849
12 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVIII
Nº. 7
Pag. 230

M. MOGINO soumet au jugement de l’Académie un travail ayant pour titre : Recherches théoriques sur les phénomènes optiques du daguerréotype, et détermination rigoureuse des dimensions nécessaires aux pièces dont il se compose.
(Commissaires, MM. Becquerel, Regnault)
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1849
4 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVIII
Nº. 23
Pag. 698, 699

PHYSIQUE. - Appareil photo-électrique; par M. LEON FOUCAUT.

(Renvoi à la Commission précédemment nommée.)

« L’appareil que j’ai l’honneur de mettre sous les yeux de l’Académie est spéialement destiné aux applications scientifiques de la lumière électrique; il est conforme à celui dont j’ai donné, dans une Note communiquée le 15 janvier dernier, la description succincte, et qu’une Commission est venue voir fonctionner dans mon laboratoire au sortir de la séance: il n’en diffère que par une construction plus soignée et par un ajustement plus précis des organes qui le composent. J’ai la confiance qu’un appareil tel que celui-ci, alimenté par une pile de Bunsen de 50 couples de grandeur moyenne et modérément chargés, donne un foyer de lumière assez fixe et assez immobile pour satisfair à tous les besoins de l’optique expérimentale. Pour m’en assurer et en fournir la preuve, j’ai moi-même disposé une longue série d’expériences choisis parmi les plus belles et les plus délicates, et je serais heureux d’être admis à les répéter devant une Commission qui, après en avoir été témoin, consentirait a porter un jugement sur mon appareil et à l’exprimer dans un Rapport.
« Si la Commission m’accordait celte faveur, j’attirerais en même temps son attention sur la disposition que j’ai donnée à la pile de Bunsen, disposition qui permet de la charger et de la décharger en quelques minutes. Sur, ce point, les Commissaires pourraient encore prononcer avec certitude, ils n’auraient rien à réclamer du temps et de l’expérience, car la pile dont il s’agit est établie depuis plus de deus ans et fonctionne à tout moment, sans qu’il soit besoin de la démonter.
« Sans prétendre à figurer parmi les instruments de haute précision, l’appareil photo-électrique demande à être construit avec intelligence. Les différentes pièces qui entrent dans sa composition touchent à l’optique, à l’horlogerie, à l’électromagnétisme. J’ai dû m’adresser à une personne qui ne fût étrangère à aucune de ces spécialités. En acceptant la tâche que je lui proposais, M. Froment m’a puissamment aidé de son talent et m’a rendu un service éminent dont je me plais à reconnaître et it signaler l’importance. »

quinta-feira, 12 de Novembro de 2009

1849
20 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXIX
Nº. 8
Pag. 215, 216, 217

PHYSIQUE.- Recherches photographiques; par M. BLANQUART-EVRARD, de Lille.

« J’ai l’honneur de soumettre à l’Académie des Sciences, des épreuves de photographies sur papier, obtenues au moyen de matrice sur albumine. L’idée d’employer l’albumine rendue sensible à l’action de la lumière par son mélange avec de l’acéto-nitrate d’argent et étendue en couche légère sur une plaque de verre, appartient à M. Niepce de Saint-Victor; elle est la confirmation la plus complète du principe de l’imprégnation profonde des papiers par la substance photographique, principe que j’avais posé antérieurement dans une communication à l’Académie. « L’imprégnation profonde des éléments chimiques dans la pâte du papier, disais-je alors, de manière que cette pâte devienne le milieu où doivent s’accomplir les réactions chimiques, qui finalement constituent l’image photographique, est la condition la plus essentielle au succès de l’opération. » (Comtes rendus de l’Académie, tome XXIV, page 117.)
« En proposant de substituer à la pâte du papier un corps complétement, transparent et solide qui pût contenir les éléments chimiques, M. Niepce de Saint-Victor ouvrait une nouvelle voie à la photographie sur papier. Répondant à l’appel qu’il a fait aux expérimentateurs pour arriver à des résultats pratiques, je viens soumettre à l’Académie une méthode qui réunit toutes les conditions nécessaires à l’application de la photographie à l’industrie; car les matrices obtenues sur verre par les préparations que je vais décrire sont inaltérables à la lumière, ne perdent aucune de leurs qualités après un nombre indéfini de tirages, sont susceptibles d’être reconstituées, si par accident on venait à les perdre, pourvu que l’on ait une seule épreuve de la matrice perdue, et enfin elles peuvent dans tous les temps, sous toutes les températures et conditions de lumière, donner des résultats satisfaisants.
« Quant aux qualités des épreuves, je me propose d’envoyer successivement à l’Académie des résultats pour asseoir son opinion; je me borne aujourd’hui à celles qui me paraissent nécessaires pour établir que la photographie est arrivée à la reproduction des modèles dans les caractères mêmes de ces modèles: ainsi je présente aujourd’hui l’épreuve d’un portrait en miniature, rendu même grandeur que le modèle, et dans les conditions légèresres et transparentes de cette sorte de peinture; une éreuve d’aprés un portrait à l’huile dans des caractères opposés, ombres vigoureuses et lumières brillantes; une vue d’après nature avec figures (des chevaux blancs) en même temps qu’une statue en bronze d’un modèle et d’un fini remarquable; enfin une reproduction d’après une gravure de même dimension réunissant, malgré cette double difficulté, la finesse, le modèle et la vigueur.
« Voici les préparations: recueillir dans un vase profond un certain nombre de blancs d’oeufs; en extraire toute partie solide ou non transparente, éviter aussi toute poussière qui serait par la suite une cause de taches. Ajouter 15 gouttes d’une dissolution saturée diodure de potassium. Battre les oeufs en neige et laisser reposer jusqu’à ce que cette neige revienne à l’état liquide: Nettoyer la glace dont on veut se servir avec de l’alcool, la déposer sur un support quelle débordera, et verser dessus une quantité suffisante d’albumine. Étendre cette albumine sur toute la surface de la glace en se servant pour cela d’un fragment de glace, de manière que sa tranche reste en contact avec la surface de la glace. Faire parcourir par ce fragment, poussant devant lui l’albumine, toute l’étendue de la glace et à plusieurs reprises. Cette opération, qui paraît puérile, a pour effet de mettre l’albumine en contact parfait avec la surface de la glace, de manière qu’elle en reste encore bien couverte lorsque, par un de ses angles, on fait écouler tout excès. Après cette dernière opération, on dépose la glace bien à plat et on laisse sécher.
« L’albumine étant bien séchée sur la glace, on devra la soumettre à une température très-élevée (ou un très-grand refroidissement, ce qui revient au même) jusqu’à ce que la couche d’albumine présente un aspect totalement fendillé (ne pas pousser jusqu’à l’écartement complet). Ainsi prête, la glace peut être soumise à l’acéto-nitrate (proportion indiquée dans ma communication du 25 janvier 1847). Il faut que le contact de l’acétonitrate avec l’albumine se fasse en un seul temps; car l’albumine se contractant lors de sa combinaison à l’acéto-nitrate, il y aurait autant de séparations dans la couche qu’il y aurait eu de reprises dans l’immersion. Voici le moyen le plus facile: On verse dans une cuvette plus grande que la glace albuminée une couche d’un demi-centimètre d’acéto-nitrate, on donne ensuite à la cuvette une inclinaison de 45 degrés. Tout le liquide ainsi réuni dans la partie inférieure, on place le bord de la glace, le côté albuminé, en regard avec le fond de la cuvette; puis, par un seul et même mouvement, on laisse tomber la glace dans la cuvette, et la cuvette sur la table dans la position horizontale. Ceci fait, on retire à l’instant la glace de la cuvette et on la plonge dans une autre contenant de l’eau; on agite fortement pendant quelques secondes, puis, la retirant, on la fera égoutter en la tenant par un de ses angles et en frappant fortement l’autre sur la table.
« Les glaces ainsi préparées sont photogéniques, elles peuvent être employées indifféremment à l’état humide ou à l’état sec, si l’on doit opérer au loin ou en voyage. De même on peut faire venir l’épreuve après l’exposition à la chambre noire, soit immédiatement, soit au retour d’un voyage.
« Cette opération se pratique comme je l’ai indiqué pour le papier dans ma communication du mois de novembre 1847, en plongeant la glace dans un bain d’acide gallique saturé; toutefois, pour donner à l’épreuve toute sa valeur, il convient d’ajouter au bain d’acide gallique quelque peu d’acéto-nitrate d’argent. Il sera prudent de retirer l’épreuve du bain d’acide gallique avant que ses diverses parties aient acquis le ton désirable; car si l’on poussait l’action trop loin, on ne pourrait pas atténuer les tons trop foncés qu’elle présenterait alors; tandis que si ses nuances étaient trop faibles, on pourrait, sans inconvénient, la soumettre de nouveau à l’action de l’acide gallique, la matrice eût-elle déjà servi à produire un très-grand nombre d’épreuves.
« Après cette opération on doit laver la glace à grande eau, et la passer enfin dans une dissolution de bromure de potassium (30 grammes par 100 grammes d’eau), puis la laver encore à grande eau, et enfin la faire sécher en la maintenant étendue horizontalement dans la chambre noire, si la couche d’albumine a formé quelques cloches et s’est soulevée par places, par suite des diverses immersions qu’elle aura subies.
« Ainsi traitée, l’albumine acquiert sur la glace une dureté et une solidité extrêmes, à tel point que lorsqu’une épreuve incomplète doit être détruite pour faire servir de nouveau la glace, il faut avoir recours à un agent chimique très-énergique, comme le cyanure de potassium, par exemple, pour l’enlever complétement de celle-ci.
« Les épreuves positives s’obtiennent de la mème manière qu’avec les clichés sur papier. (Communications de janvier et avril 1847.) «

quinta-feira, 5 de Novembro de 2009

1849
20 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXIX
Nº. 8
Pag. 215, 216, 217
PHYSIQUE.- Recherches photographiques; par M. BLANQUART-EVRARD, de Lille.
« J’ai l’honneur de soumettre à l’Académie des Sciences, des épreuves de photographies sur papier, obtenues au moyen de matrice sur albumine. L’idée d’employer l’albumine rendue sensible à l’action de la lumière par son mélange avec de l’acéto-nitrate d’argent et étendue en couche légère sur une plaque de verre, appartient à M. Niepce de Saint-Victor; elle est la confirmation la plus complète du principe de l’imprégnation profonde des papiers par la substance photographique, principe que j’avais posé antérieurement dans une communication à l’Académie.
« L’imprégnation profonde des éléments chimiques dans la pâte du papier, disais-je alors, de manière que cette pâte devienne le milieu où doivent s’accomplir les réactions chimiques, qui finalement constituent l’image photographique, est la condition la plus essentielle au succès de l’opération. »
(Comtes rendus de l’Académie, tome XXIV, page 117.)
« En proposant de substituer à la pâte du papier un corps complétement, transparent et solide qui pût contenir les éléments chimiques, M. Niepce de Saint-Victor ouvrait une nouvelle voie à la photographie sur papier. Répondant à l’appel qu’il a fait aux expérimentateurs pour arriver à des résultats pratiques, je viens soumettre à l’Académie une méthode qui réunit toutes les conditions nécessaires à l’application de la photographie à l’industrie; car les matrices obtenues sur verre par les préparations que je vais décrire sont inaltérables à la lumière, ne perdent aucune de leurs qualités après un nombre indéfini de tirages, sont susceptibles d’être reconstituées, si par accident on venait à les perdre, pourvu que l’on ait une seule épreuve de la matrice perdue, et enfin elles peuvent dans tous les temps, sous toutes les températures et conditions de lumière, donner des résultats satisfaisants.
« Quant aux qualités des épreuves, je me propose d’envoyer successivement à l’Académie des résultats pour asseoir son opinion; je me borne aujourd’hui à celles qui me paraissent nécessaires pour établir que la photographie est arrivée à la reproduction des modèles dans les caractères mêmes de ces modèles: ainsi je présente aujourd’hui l’épreuve d’un portrait en miniature, rendu même grandeur que le modèle, et dans les conditions légèresres et transparentes de cette sorte de peinture; une éreuve d’aprés un portrait à l’huile dans des caractères opposés, ombres vigoureuses et lumières brillantes; une vue d’après nature avec figures (des chevaux blancs) en même temps qu’une statue en bronze d’un modèle et d’un fini remarquable; enfin une reproduction d’après une gravure de même dimension réunissant, malgré cette double difficulté, la finesse, le modèle et la vigueur.
« Voici les préparations: recueillir dans un vase profond un certain nombre de blancs d’oeufs; en extraire toute partie solide ou non transparente, éviter aussi toute poussière qui serait par la suite une cause de taches. Ajouter 15 gouttes d’une dissolution saturée diodure de potassium. Battre les oeufs en neige et laisser reposer jusqu’à ce que cette neige revienne à l’état liquide: Nettoyer la glace dont on veut se servir avec de l’alcool, la déposer sur un support quelle débordera, et verser dessus une quantité suffisante d’albumine. Étendre cette albumine sur toute la surface de la glace en se servant pour cela d’un fragment de glace, de manière que sa tranche reste en contact avec la surface de la glace. Faire parcourir par ce fragment, poussant devant lui l’albumine, toute l’étendue de la glace et à plusieurs reprises. Cette opération, qui paraît puérile, a pour effet de mettre l’albumine en contact parfait avec la surface de la glace, de manière qu’elle en reste encore bien couverte lorsque, par un de ses angles, on fait écouler tout excès. Après cette dernière opération, on dépose la glace bien à plat et on laisse sécher.
« L’albumine étant bien séchée sur la glace, on devra la soumettre à une température très-élevée (ou un très-grand refroidissement, ce qui revient au même) jusqu’à ce que la couche d’albumine présente un aspect totalement fendillé (ne pas pousser jusqu’à l’écartement complet). Ainsi prête, la glace peut être soumise à l’acéto-nitrate (proportion indiquée dans ma communication du 25 janvier 1847). Il faut que le contact de l’acétonitrate avec l’albumine se fasse en un seul temps; car l’albumine se contractant lors de sa combinaison à l’acéto-nitrate, il y aurait autant de séparations dans la couche qu’il y aurait eu de reprises dans l’immersion. Voici le moyen le plus facile: On verse dans une cuvette plus grande que la glace albuminée une couche d’un demi-centimètre d’acéto-nitrate, on donne ensuite à la cuvette une inclinaison de 45 degrés. Tout le liquide ainsi réuni dans la partie inférieure, on place le bord de la glace, le côté albuminé, en regard avec le fond de la cuvette; puis, par un seul et même mouvement, on laisse tomber la glace dans la cuvette, et la cuvette sur la table dans la position horizontale. Ceci fait, on retire à l’instant la glace de la cuvette et on la plonge dans une autre contenant de l’eau; on agite fortement pendant quelques secondes, puis, la retirant, on la fera égoutter en la tenant par un de ses angles et en frappant fortement l’autre sur la table.
« Les glaces ainsi préparées sont photogéniques, elles peuvent être employées indifféremment à l’état humide ou à l’état sec, si l’on doit opérer au loin ou en voyage. De même on peut faire venir l’épreuve après l’exposition à la chambre noire, soit immédiatement, soit au retour d’un voyage.
« Cette opération se pratique comme je l’ai indiqué pour le papier dans ma communication du mois de novembre 1847, en plongeant la glace dans un bain d’acide gallique saturé; toutefois, pour donner à l’épreuve toute sa valeur, il convient d’ajouter au bain d’acide gallique quelque peu d’acéto-nitrate d’argent. Il sera prudent de retirer l’épreuve du bain d’acide gallique avant que ses diverses parties aient acquis le ton désirable; car si l’on poussait l’action trop loin, on ne pourrait pas atténuer les tons trop foncés qu’elle présenterait alors; tandis que si ses nuances étaient trop faibles, on pourrait, sans inconvénient, la soumettre de nouveau à l’action de l’acide gallique, la matrice eût-elle déjà servi à produire un très-grand nombre d’épreuves.
« Après cette opération on doit laver la glace à grande eau, et la passer enfin dans une dissolution de bromure de potassium (30 grammes par 100 grammes d’eau), puis la laver encore à grande eau, et enfin la faire sécher en la maintenant étendue horizontalement dans la chambre noire, si la couche d’albumine a formé quelques cloches et s’est soulevée par places, par suite des diverses immersions qu’elle aura subies.
« Ainsi traitée, l’albumine acquiert sur la glace une dureté et une solidité extrêmes, à tel point que lorsqu’une épreuve incomplète doit être détruite pour faire servir de nouveau la glace, il faut avoir recours à un agent chimique très-énergique, comme le cyanure de potassium, par exemple, pour l’enlever complétement de celle-ci.
« Les épreuves positives s’obtiennent de la mème manière qu’avec les clichés sur papier. (Communications de janvier et avril 1847.) «
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1849

EXPOSITION NATIONALE, PARIS, 1849
RAPPORT DU JURY CENTRAL SUR LES PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE EXPOSÉS EN 1849
TOME III
Paris,
IMPRIMERIE NATIONALE
MDECCL

Pags : 529, 530, 531, 532, 533, 534, 535, 536, 537, 538, 539, 540, 541, 542.



SEPTIEME SECTION
HELIOGRAPHIE.
M. Léon de Laborde, rapporteur.
CONSIDERATIONS GENERALES.





L’action des rayons du soleil sur certaines substances était depuis longtemps un fait acquis à la science, et l’on avait déjà obtenu, sur du papier imprégné de chlorure d’argent, des effets significatifs, lorsque deux hommes ingénieux, MM. Niepce et Daguerre, combinant ensemble les données de la chimie et le goût des arts, amenèrent ce principe encore vague à un degré de perfection si extraordinaire et à une manipulation déjà si simple, que l’admiration pour les pour les résultats obtenus se confondit avec le désir de voir passer dans le domaine public ce qui était encore la propriété des inventeurs.
Le dernier gouvernement, accessible à toutes les propositions qui ont pour but, en signalant les grands progrès de la science, de relever la gloire de la France, en même temps qu’elles permettent de récompenser dignement des savants dont les efforts ne sont que trop désintéressés, le dernier gouvernement s’empressa de satisfaire le vœu généralement exprimé ; les Chambres répondirent à son appel, et l’un des inventeurs, celui qui, à juste titre, réclamait la principale part de l’ingénieuse combinaison de l’iode et du mercure sur le métal, M. Daguerre donna son nom à l’invention.
M. Niepce était mort (5 juillet 1833) ; M. Daguerre, en recevant des Chambres une récompense nationale, s’était engagé à rendre publiques toutes ses nouvelles conquêtes ; mais il arriva une chose singulière : tandis que l’inventeur, après avoir déclaré qu’il serait impossible de rendre la nature vivante, n’inventait plus rien, le public, mis en possession du procédé, le rendait simple, facile, et tellement prompt, qu’on l’appliqua presque exclusivement au portrait.
L’espace nous manquerait, et ce n’est, d’ailleurs, pas le lieu pour détailler toutes les ressources de l’héliographie, si si nous voulions faire ressortie son influence sur les arts et sa portée industrielle ; il suffira de dire que toutes les sciences l’ont mis à contribution, que tous les arts sesont ressentis de sa perfection, ne puisant dans ses qualités merveilleuses des enseignements précieux, que l’industrie enfin, et sur ce point il nous serait facile de nous étendre, que l’industrie a trouvé de larges débouchés dans la vente en France et l’exportation jusqu’en Amérique des substances chimiques, les usines et les planeurs dans la fabrication des plaques, les opticiens et les menuisiers dans la disposition des appareils, les faiseurs de cartonnages et de cadres dans une foule e combinaisons que rendent nécessaires les 100,000 portraits et vues qui se conservent chaque année, sans compter un chiffre bien autrement considérable d’opérations infructueuses.Il nous a paru juste de citer ici les artistes et les amateurs qui, après MM. Niepce et Daguerre, ont fait faire à cette invention les plus importants progrés, au moins ceux dont les épreuves ont été placées dans les galeries de l’exposition par nos principaux opticiens ; la commisson des instruments dee précision rendra compte des perfectionnements apportés dans la construction des appareils, dans la fabrication des verres ; ici nous ne devons prendre en considération que les résultats obtenus et les services rendus par quelques hommes habiles.En premier lieu, M. Blanquart-Éverard, de Lille, l’héliographe le plus zélé, le plus heureux dans ses ingénieuses combinaisons, et, j’ajouterai à tous ces mérites, le plus libéral dans ses communications. – M. Martens, graveur distingué, qui à l’habileté de l’opérateur, dont il a donné des preuves en tout genres, réuni le titre d’inventeur de l’appareil panoramique, disposition neuve et féconde qui permet de promener une imege d’une grande étendue sous le foyer de l’objecif, de manière à obtenir sur chaque point d’une longue surface une même action de lumière combinée avec une égale précision. – M. Thévenin, graveur aussi, qui a cherché dans l’héliographie de nouvelles ressources pour son art. – M. Chevalier, opticien, a exposé sa suite de vues des monuments de l’Italie, exécutées avec un de ses objectifs, et qui nous ont semblé ajouter de nouvelles qualités d’effet et d’harmonie aux qualités déjá conquises par d’autres opérateurs. – Enfin, M. Lewiski, un amateur qui est devenu un maître, tant ses épreuves sur plaques ont ajouté un charme d’harmonie générale á cette vivacité de précision, à cette netteté de contours qui est le propre de l’invention de M. Daguerre. Nous devons au concours de tant d’efforts intelligents et dévoués une habileté d’exécution et une certitude dans les opérations qui ont amené l’héliographie sur plaque de métal à la derniére limite du progrès.Quant à des perfectionnements essenciels, à des méthodes nouvelles, aucun des exposants n’en a le mérite ; M. Thompson lui-même n’est qu’importateur des procédés américains. Cette manière d’opérer, qui rend les manipulations faciles et simples, les résultats à peu près certains et plus satisfaisants, a eté adopté par tous ceux qui s’occupent d’héliographie. Il y aurait bien à mentionner la grandeur des plaques, et par suite la grandeur des proportions et l’étendue des vues ; mais le principal mérite en revient aux opticiens auteurs des objectifs : il y a aussi l’habileté du coloriage, il y aurait enfin la conquête immense de la reproduction de la couleur, si M. Becquerel avait poussé plus loin sa découverte ; mais il s’est arrêté comme satisfait d’avoir fait le premier pas qui ouvre la carrière et qui établit la possibilité de donner à l’héliographie son dernier développement.
C’est après avoir obtenu tous ces perfectionnements, c’est après avoir mis dans la circulation des millions de plaques, qu’on remarqua les défauts de ces images miroitentes, les inconvénients de ces dessins qu s’effacent, de ces glaces destinées à le préserver qui se brisent. On comprit dès lors que le progrès devait être dans l’emploi du papier, et on remonta aux essais des Wegwood, Davy, Charles, abandonnés par Niepce et perfectionnés par Talbot. Nous n’avons pas à écrire l’histoire de l’héliographie ni à en suivre tous les développements ; mais nous avons dû rechercher les avantages des nouveaux procédés sur papier en les comparant aux procédés déjà anciens d l’héliographie sur plaque ; ces avantages nousont paru évidents : ils transforment en art pratique ce qui était réservé à certaines conditions de fortune ; ils mettent ainsi à la portée de tous les artistes une ressource merveilleuse, en rendant l’attirail nécessaire d’une acquisition peu coûteuse, d’un transport commode et d’une conservation facile, tanis qu’il était cher, embarrassant et fragile.
Le bon marché est incontestable, aussitôt qu’on a calmé la fièvre des premiers essais, et que de sang-froid on procéde régulièrement au dosage et à la préparation des papiers. Une épreuve sur papier revient, tout compris, à trois sous ; elle coûte sur plaque, dans les mêmes dimensions, 6 francs.
La facilité du transport peut s’établir ainsi : l’approvisionnement de deux cents grandes plaques avec leurs verres coûterait 1,200 francs ; il exigerait une caisse volumineuse, et pèserait 100 kilogrammes, c’est-à-dire quil serait d’un transport difficile et coûteux, tandis qu’on enferme deux cents feuilles de papier dans un portefeuille qui n’a ni lépaisseur, ni le poids d’un mince volume in-4º, et tous ces feuillets, convertis en épreuves, n’ont pas même besoin des précautions u’exigent les dessins ; ils se placent les uns sur les autres, ils se roulent, ils se pressent sans éprouver la moindre altération, car l’image n’est pas seulement apparente á la surface du papier, elle a pénétré dans son épaisseur, elle fait corps avec lui, c’est le papier même.
Les résultats obtenus jusqu’à présent, les progrès immenses faits en peu d’années permettent d’espérer un succès plus complet. Les épreuves présentées au jury sont défectueuses sous quelques rapports : tantôt, la netteté est satisfaisante, mais l’effet manque ; si l’effet au contraire séduit à première vue, on s’aperçoit bientôt que tous les détail nagent dans un vague qui, pour être harmonieux, n’en est pas moins confus. Les portraits de celui-ci sont vivement éclairés, mais durement accentués ; les portraits de celui-là sont pleins d’harmonie, mais ils sont restés sombres, ils ont pourainsi dire poussé au noir. L’héliographie rencontre, il est vrai, plus d’un obstacle : le plus réel semble résider dans la nature même du papier, dans la composition de sa pâte, dans la disposition de sa trame ; cet obstacle doit tomber devant l’intelligence de nos fabricants de papier, qui ont résolu déjà de bien autres difficultés. Afin de venir en aidde aux efforts que nous attendons de leur industrie, nous avons adressé une série de questions à nos différents opérateurs, nous avons fait et fait faire de nombreux essais sur les papiers sortis de nos fabriques, enfin nous offrons à leur sagacité des instructions détaillées 1.
Quel que soit le succès de nos papeteries, d’autres ressources sont ouvertes à l’avenir. M. Niepce de Saint-Victor, chez qui l’esprit inventif est devenu un heritage de famille et l’étude de l’action de la lumière comme une carrière obligée, M. Niepce de Saint-Victor remplace heureusement le papier par l’albumine mélangée d’iode et étendue sur glace. MM. Bayard, Blanquart-Évrard et Martens ont obtenu des résutats qui montrent les ressources de ce nouveau procédé.Telle est donc la situation où le jury a trouvé, où il laisse cet art : l’héliographie sur plaque arrivée à une grande perfection dans ses résultats, parvenue à une facilité extrême dans les procédés, l’héliographie sur papier ayant fait des pas immenses, et à la veille d’à désirer, si le suffle de vie, cett inspirtion du génie que Dieu n’a mis quedans l’homme, pouvait entrer dans une machine ; mais l’industrie pas plus que l’art ne verra un instument remplacer le génie de l’te. La machine ne supplantera jamais la main guidée par l’intelligence, elle ne peut que lui devenir en aide ; et elle lui devient d’un véritable secours si, en faisant tout ce qui lui est donné de faire, elle permet à l’homme de réserve son habileté pour créer et d’employer toute son attention à la direction intelligente. Dans la fabrique, l’artiste multipliera encore à l’infini ces riches bouquets, ces souples guirlandes, ces ornements pris judicieusement dans tous les styles ; il continuera á être l’auteur de toutes ces inventions marquées au coin du bon goût, et qui depuis tant d’années enchaînent la mode au milieu de nous. Mais ces inventions, l’artiste les puisse ailleurs que dans son cerveau : il lui faut, de temps á autre, renouveler en face de la nature la matière premiére de ses idées ; et si cette observation est longue, si ces études demandent beaucoup, qui payera ce chômage forcé ? L’industrie. Si, au contraire, l’artiste peut, en plaçant une chambre noire devant les objets de ses études, les reproduire en dix secondes au lieu de semaines entières, qu’exigerait un dessin à la main ; s’il peut rendre avec une grande exactitude et un charme inappréciable tous les détails des habiles combinaisons de ses dessins, ici le feuilles des arbres, dans la netteté de leurs contours, avec la délicatesse de leursfibres ; lá, les fleurs et les fruits ; un jour, les monuments, les sculptures et les tableaux de nos artistes ; un autre jour, les premiers plans de ses vues et les horizons de ses paysages ; s’il peut faire tout cela dans ses moments perdus, presque instantanément, qui en profitera ? L’industrie la première, puis l’artiste aussi, car ces études mécaniques formeront son musée. Pour tout autre que pour lui, cette reproduction dela nature, prise sur le fait, semble morte malgré sa perfection : il lui manque la couleur, le mouvement, il lui manque un souffle de vie ; mais, comme au temps des fables, cesera encore le génie de l’artiste qui fera sortir deces matérieux inertes les mille compositions animées par la puissance de son talent.
Le jury a donné une attention toute particuli-ére à cette invention, dont l’influence sur les arts et l’industrie est déjà très sensible et sera immense dans l’avenir.
______________
§ Ier. HÉLIOGRAPHIE SUR PLAQUES DE MÉTAL.
Médailles de bronze
  • M. WARREN THOMPSON, boulevard Poissonniére, nº 14 bis, à Paris
La dimension des portraits exposés par M. Warren Thompson, surtout son propre portrait en pied et la scènedes buveurs composée par lui, offre les résultats heureux d’une difficulté vaincue. On désirerait, sans doute, trouverdans les traits moins de déformation, et dans la manière d’éclairer le modèle une lumière plus franche, un effet mieux accusé ; mais, tels qu’ils sont, ils surpassent de beaucoup, en grandeur, en clarté et en réussite générale, ce qu’on avait produit jusqu’à ce jour. Ajoutons que M. Thompson, dans ses portraits de dimensions ordinaires, procède avec une sûreté et une rapidité rares, qu’il dessert une clientèle nombreuse et répond en un mot aux conditions les plus appréciées par le jury. Il a perfectionné les procédés, il les a rendus plus faciles, plus sûrs ; il a atteint enfin un chiffre d’affaires qu’on peut appeler considérable dans cette industrie.
Le jury lui décerne une médaille de bronze.
  • M. VAILLAT, Palais-National, nº 43, à Paris.

Maintenir sa réputation dans un publique nombeux, accroître sa clientèle et produire avec certitude des épreuves toujours constantes sous le rapport de la vigueur du ton et de la netteté des détails, tel est lecaractère de l’atelier de M. Vaillat, qui ne produit pas moins de 2,000 portraits par année au prix moyen de 10 fr. Ajoutons que cet opticien a été un des premiers à se consacrer à cette art, qu’il en a suivi etsouvent devancé les progrès avec persévérance ; enfin, et c’est aussi un mérite, qu’il s’est prêté aux communications les plus libérales en formant un grand nombre d’élèves parmi les artistes et les amateurs.Le jury lui décerne une médaille de bronze.
Rappel de mention honorable
  • M. SABATIER-BLOT, Palais-National, nº 129, à Paris.

Le jury de 1844 mentionait honoralement les travaux de M. Sabatier-Blot, qui n’a pas cessé depuis cette époque d’exercer son art avec succès. Seulement, il nous a semblé qu’il entré dans une fausse voie, conséquence d’un engouement exagéré pour la vivacité de la lumière. La personne qui pose dans son atelier n’est pas seulement éclairée par la lumière vive du dehors, elle reçoit aussi de droite, de gauche, de face et de côté des reflets renvoyés soit par des écrans blancs et bleus, soit par des glaces. Ainsi illuminée, la nature perd son modelé et l’œil ne retrouve plus les effets d’ombre qu’il est habitué à voir dans le jeu de la physionomie. Les plaques déjà miroitantes le deviennent davantage ; la précision des contours par l’ondulation est remplacée par l’ondulation d’un mirage, et la netteté des détails par un flou lumineux qui rappelle un effet d’incendie. Il est regrettable que M. Sabatier-Blot perde ainsi le mérite de la parfaite préparation de ses plaques, depuis les plus petites, préparées aux polissoirs long, jusquaux plus grandes, polies au moyen d’unemachine ingénieuse dont il est l’inventeur.Le jury rappelle en sa faveur la mention honorable qu’il a obtenue en 1844.

Mentions honorables

  • M. ANDRIEUX, place du Carrousel, nº 2, à Paris

Le sentiment des arts, une grande précision dans toutes les manipulations, une recherche attentive des procédés les plus perfectionnés, distinguent l’atelier de M. Andrieux et l’ont recommandéà l’attention du jury, qui a remarqué les poses heureuses, les effets bien calculés qu’il donne á ses modéles, la réussite presque toujours égale de ses opérations et les beaux résultats qu’il obtient.Le jury lui accorde une mention honorable.

  • MM. BISSON fréres, boulevard des Italiens, nº 11, à Paris

MM. Bisson père et fils ont été longtemps à la tête des héliographes qui les premiers s’emparcèrent des procédés de M. Daguerre. Le jury n’a oublié ni les beux portaits, ni les planches d’histoire naturelle qui leur valurent, en 1844, une citation favorable. Cette année, MM. Bisson frères continuent d’exercer cet art ; mais d’autres poursuites, d’autres préoccupations les ont distraits de ces recherches, et ils se sont laissé devancer. Toutefois, ils comptent encore aprmi nos opérateurs habiles, et on a pu s’en convaincre en regardant la collection compléte des portraits de nos deux Assemblées, qui a été litographiée d’après leurs héliographies. Quand ils voudront s’appliquer exclusivement à cet art, ils reprendront leur rang et ils rendront de nouveaux services.

Dans cette espérance, le jury leur accorde une mention honorable.

  • M. J. THIERRY, à Lyon (Rhône).

M. Thierry de Lyon avait deux titres différents à l’attention du jury : il a présenté des épreuves de paysage très-remarquables et il a cherché à faciliter les opérations de l’héliographie en composant et en mettant dans le commerc une liqueur qu’il appelle invariable. Au point de perfection où en est arrivé cet art, nous ne pouvons compter pour un progrès une préparation immuable qui n’est tout au plus qu’un guide-âne à l’usage des commençants ou des opérateurs dépourvus de ce sens observateur qui, seul, dirige au milieu des circonstancs très-diverses où l’on se trouve. La couche d’iode et de bromure de chaux est si facile à suivre, au moyen des nouvelles boîtes, dans les divers degrés de sensibilité que l’atmosphère exige, qu’il n’est pas nécessaire, qu’il peut être fâcheux d’en immobiliser la puissance.

En ne considérant que les épreuves exposées par M. Thierry, on acquiert la conviction qu’il est maître de son art. Jamais on n’a rendu des vues générales avec des premiers plans aussi bien accusés et une dégradation aussi complète de teintes pour tous les plans successifs que forment dans l’éloignement les mouvements du terrain.

Le jury décerne à cet habile opérateur une mention honorable.

Citations favorables

  • M. PLUMIER, rue Vivienne, nº 36, á Paris

Nous avons dit que tous les héliographes procédaient aujourd’hui d’une manière uniforme ; les opérations, en effet, sont les mêmes, les substances et le matériel identiquement les mêmes. Ce qui diffère, c’est, comme dans toute autre industrie, l’intelligence, le goût, et une sorte d’instinct qui constituent la vocation. M. Plumier possède toutes ces qualités à un degré remarquable ; il leur doit la régularité de ses préparations, qui donnent á toutes ses épreuves un ton argentin et vigoureux qu’on reconnaît de prime-abord, et le constant succèes de ses opérations, qui lui ont conquis sa clientèle et qui l’étendent.

Le jury accorde une citation favorable.

  • M. DERUSSY, rue des Prouvaires, nº3, à Paris

M. Ph. Derussy a obtenu en 1844 une citation favorable ; il a, depuis cette époque, considérablement étendu le cercle de ses affaires. Aujourd’hui il produit près de 3,000 portraits parannée, et ces portraits sont bien exécutés.

Le jury lui accorde la citation favorable.

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§ 2. HÉLIOGRAPHIE SUR PAPIER.

Médailles d’argent

  • M. BAYARD, rue de la Paix, nº 91, aux Batignolles (Seine).

M. Bayard a suivi de bien près MM. Niepce et Daguerre dans l’emploi de l’iode, il a rivalisé avec M. Talbot pour l’application de l’héliographie sur papier, enfin il présente des épreuves exécutées sur verre par un procédé qu’il nous avoue être analogue à celui qu’a publié M. Niepce de Saint-Victor, mais qu’il prétend avoir mis à exécution avant la communication qui en a été faite à l’Académie des sciences. Le jury n’avait à examiner ni ces titres honorables, ni ces prétentions, sans doute bien fondées ; il aurait désiré trouver dans les communications que M. Bayard lui a faites plus d’ouverture, plus de franchise, plus de libéralité ; il croit que la que la science et que M. Bayard lui-même y auraient gagné l’une en progrès réels, l’autre en titres à la reconnaissnce des savants et à la munificence du Gouvernement ; mais, ne considérant que les cadres exposés par cet habile opérateur, il s’est convaincu que les résultats obtenus par lui, après douze années de persévérentes recherches, étaient les plus satisfaisants dans les conditions essencielles de cet art : la netteté, la précision, l’effet. Jamais aucun opérateur, en aucun pays, n’a produit sur papier des vues aussi détaillées, aussi pures de contours, aussi fraîches et vigoureuses d’effet. Si l’on ajoute à la beauté des résultats, les avantages du procédé, qui permet de préparer les glaces plusieures jours à l’avance, de les transporter au loin, de les soumettre à l’action de la lumière et de revenir chez soi, plusieurs jours après, pour les fixer à son aise, on reconnaîtra que M. Bayard a fait un véritable progrès, et, s’il n’est pas l’inventeur du procédé, qu’il a été au moins le premier à obtenir des épreuves de cette dimension et decette beauté.

En considération de ces efforts persévétents, de ces résultats remarquables, le jury décerne à M. Bayard une médaille d’argent.

Médailles de bronze

  • M. Gustave LEGRAY, rue de Richelieu, nº 110, à Paris

Ce jeune peintre s’est appliqué aux sujets qui rentraient dans ses pemières études, au portrait et à la reproduction des peintures et des objects d’art. Il est parvenu à donner au portrait une netteté qui semblait réservée à la plaque, et une harmonie qui ve quelquefois (c’est la son tort) jusqu’à la monotonie. Les artistes trouveront une grande ressource dans cette facilité de reproduction de tous les matériaux qui leurs sontnécessaires, et qui forment comme les outils de leur travail.

M. Legray n’est pas inventeur, il n’a pas de procédé qui lui soit prticulier ; mais, doué d’une intelligence rare et d’une persévérance précieuse, il combine heureusement tout ce qui peut faire progresser son art, il faitmieux encore, il communique avec la plus grande libéralité les méthodes qui lui réussissent, et il acquiert ainsi des titres à l’estime des artistes et à la faveur du jury, qui lui accorde une médaille de bronze.

  • MM. GUILLOT – SAGNEZ, rue Vivienne, nº 36, à Paris

Le soleil est l’ouvrier prompt, fidèle, habile que l’héliographe appelle à son aide ; mais, de même qu’il y a ouvrier et ouvier, il y a soleil et soleil, et M. Guillot-Sagnez a eu le bon esprit de s’associer l’astre qui inonde de lumière l’Italie et l’Orient. On sent que ses vues sont éclairées par des rayons vifs, limpides, éclatants, qui vont, par reflets, donne de la clarté aux ombres elles-mêmes. Parmi ses portraits on remarque celui du pape Pie IX et un berger de la campagne de Rome ; l’effet général s’unit à la finesse des détails. Le Moїse de Michel-Ange est d’autant mieux réussi, que, dans l’impossibilité de le déplacer, cette héliographie a été exécutée dans les plus mauvaises conditions d’éclairage. M. Guillot-Sagnez a détaillé libéralement, dans une brochure très bienfaite, tous ses procédés ; si des circonstances particulières ont suspendu ses recherches, il y a lieu d’espérer qu’il s’y consacrera de nouveau, nous avons beaucoup à attendre de sa sagacité.

Le jury lui décerne une médaille de bronze.

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§ 3. HÉLIOGRAPHIE COLORIÉE.


Médailles de bronze

  • M. V. MAUCOMBLE, rue de Grammont, nº 26, à Paris

Un vœu général a suivi les premières communications de M. Daguerre et les succès obtenus après lui. On s’est dit : « Quand touvera-t-on le moyen de transmettre, avec les noirs et les clairs de l’image, les couleurs propres à chaque objet ? » M. Becquerel a répondu : « Je reproduis le prisme. » Et on a cru que la découverte était faite. Mais il fallait fixer ce prisme, il fallait que les couleurs des objets vissent à leur place se fondre avec leurs nuances et avec les dégradations dela lumière qui forment l’effet et la prespective. Nous en sommes encore loin, s’il est vrai que ce savant renonce à poursuivre ses recherches ; nous en sommes peut-être bien prés, tant il y a d’inconnu et de hasard dans cette mystérieuse action de la lumière.

Les épreuves daguerriennes placées dans les galleries de l’exposition ne nous obligent pas à traiter cette intéressante question scientifique, les opérateurs ont tourné la difficulté. Ils se sont contentés de colorier la plaque au pinceau et à l’estompr. Nous dirons notre avis sur ce dévéloppement donné à l’héliographie.

Au point de vue industriel, c’est, sans aucun doute, un perfectionnement ; car beaucoup de personnes, que rebutait l’aspect noir et métallique des portraits sur plaque, en ont rempli leurs maisons quand la couleur leur a donné quelque apparence de vie. Le portrait est devenu véritablement populaire, à partir de ce moment.

Au point de vue de l’art ce mérite est contestable. Une épreuve sortie de la chambre noire est une merveille par elle même et dans ses conditions propres. Tout ce qu’on y ajoute á la main peut avoir quelque charme ; mais, en fait, ces additions sont autant de pris sr les qualités qui sont l’essence et le mérite de l’héliographie. Le jury devait donc reconnaître l’utilité du coloriage sous le rapport industriel, et signaler l’habileté des exposants qui exploitent cette manière avec le plus grand succès.

M. Maucomble est sans rival en ce genre ; peintre en miniature assez habile, il est devenu excellent opérateur, et il a su employer son goût dans les arts por poser ses modèles, son talent d’héliographe à roduire des plaques au ton le plus convenable, enfin l’habileté de son pinceau et de ses estompesà fixer une couleur brillante sur la plaque au moyen d’un travail ingénieux de frottis, de pointillé et de hachures. Cette addition manuelle élève beaucoup le prix d’un portrait, mais elle en reléve aussi le mérite aux yeux du public. M. Maucomble exécute chaque année un grand nombre de portraits, qui semblent, au premier aspect, de brillantes miniatures.Le jury lui décerne une médaille de bronze.

  • MM. MAYER frères, passage Verdeau, nº 13 bis ; á Paris.

La rapidité d’exécution, la réussite des épreuves, le brillant du coloriage sont réunis dans l’atelier de MM. Mayer frères qui, en outre, vendent des chambres noires habilement modifiées par eux et fabriquées pour leur compte, des substances mélangées d’après leur formule et des boîtes de couleur préparées exprès pour le coloriage de leur invention. Le portrait est leur spécialité, ils le réussissent et le colorient à merveille, aussi en produisent-ils chaque année un très grand nombre. Ils ont exposé aussi quelques vues d’un fini précieux, où le mouvement des eaux dans une rivière, leur calme dans un lac sont rendus merveilleusement. Un poste qu’on relève dans une ville hollandaise est saisi au moment où les deux officiers se donnent à l’oreille le mot d’ordre, et le sujet à lui seul sert à prouver la rapidité de l’exécution. MM. Mayer ne sont étrancers à aucune partie de leur art, et le jury leur décerne une médaille de bronze.

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§ 4. MENUISERIE APPLIQUÉE A L’HÉLIOGRAPHIE.

Médaille d’argent

  • M. G. SCHIERTZ, rue de la Huchette, nº 29, á Paris


L'ébénisterie appliquée exclusivement aux appareils d'héliographie devait former une spécialité, M. Shiertz s'en et emparé avec un succès qui fut signalé en 1844 par le jury: il obtint alors une médaille de bronze. Depuis cinq ans cet habile ouvrier n'a pas cessé de suivre les progrès de cet art, de s'associer à tous ses perfectionnements, de les hâter même en saisissant dans les plaintes des opérateurs, comme dans leurs tentatives, les modifications qu'il était nécessaire d'apporter dans les instruments dont ils se servent, et dans le bagage qu'ils sont obligés de traîner avec eux. Chambre noire, châssis de toutes sortes, pieds et supports de toutes dimensions, boîte de voyage, etc, ont été exécutés pat M. Schiertz avec une intéligence rare et une conscience qui, depuis onze années, ne se sont pas démenties. Son atelier est lui-même un titre à l'attention du jury; car toutes les opérations s'exécutent mécaniquement par des moyens ingénieux de son invention qui assurent à sa fabrication toute la précision réclamé par la science.

La commission des beaux-arts, réunie è calle des instruments de précision, lui accorde une médaille d'argent.

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1 Voir ci-joint une notice
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1850
6 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 18
Pag. 570

M. BREWSTER présente plusieurs images photographiques sur papier, faites en Écosse par un procédé modifié conformément à la découverte de M. Niepce de Saint-Victor.
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1850
27 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 21
Pag. 647, 648, 649, 650


CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur gélatine, moyen d’obtenir des épreuves negatives très-nettes et très-transparentes, pouvant être reporteés un grand nombre de fois sur le papier photographique ordinaire. (Extrait d’un Mémoire de M. A. POITEVIN)
(Commissaires, MM. Ballard, Séguier.)
« Pour préparer la couche de gélatine sur laquelle je fais mes épreuves négatives, je dissous dans 100 grammes d’eau 6 grammes de gélatine de bonne qualité (celle que l’on rencontre dans le commerce et qui sert à préparer les gelées alimentaires m’a le mieux réussi). Cette colle ne doit pas contenir de sels solubles dans l’eau; elle doit aussi être, le plus possible, privée de matiéres grasses. Pour faire la dissolution, je mets tremper la gélatine dans de l’eau distillée pendant dix à quinze minutes; je chauffe lentement à la lampe à alcool, et j’agite continuellement jusqu’à ce que la dissolution soit compléte. Si s’est formé de l’écume; je l’enlève avec soin au moyen de morceaux de papier joseph, que je promène à la surface; je passe à travers un linge bien serré, mouillé a l’avance, et j’écume de nouveau la surface où il s’est formé quelques stries provenant, sans doute, de matières grasses qui ont échappé au premier écumage.
« La gélatine ainsi préparée, j’en prends, avec une pipette graduée, une quantité déterminée, et je la coule sur une plaque de verre bien plane et placée horizontalement; une couche de 1mm,50 est suffisante; cette quantité équivaut à peu près à 20 centimètres de dissolution pour une surface de demi-plaque ayant 13c,5 sur 17c,5. Une épaisseur plus grande ne serait pas nuisible, mais une plus faible pourrait avoir quelques inconvénients.
« Avant de couler la gélatine sur la plaque de verre, on applique à la surface de celle-ci une première couche au moyen d’un linge imprégné d’une dissolution de gélatine, un peu plus étendue que la précédente; ensuite, on chauffe légèrement la plaque de verre au moyen d’une lampe à alcool, puis on coule la dissolution de gélatine, qui s’étend alors uniformément sur la plaque, On chauffe de nouveau, mais avec modération, le dessous de la plaque de verre pour rendre de la fluidité à la gélatine, et on l’abandonne au refroidissement.« La plaque ainsi préparée, je la plonge dans une dissolution d’acétate d’argent, en tenant la surface recouverte de gélatine en dessous et l’inclinant dans la dissolution jusqu’à ce que celle-ci l’ait mouillée complétement; je retourne alors la plaque de verre et je l’immerge complétement dans la dissolution; alors je passe à plusieurs reprises et en différents sens nn pinceau très-doux sur toute la surface gélatinée pour chasser les bulles d’air qui pourraient y rester adhérentes, et, avant de la retirer, je souffle sur la surface pour reconnaitre si la dissolution l’a mouillée partout. Je retire alors la plaque et, en la tenant un peu inclinée, je passe le pinceau qui m’a servi précédemment sur toute la surface, en ayant soin de recouvrir le bord du passage précédent par le bord du passage suivant. J’essuie eusuite le dessous de la plaque et je la place horizontalement jusqu’à ce que la surface se soit ressuyée, ce qui exige cinq à six heures.« Je prépare ordinairement les plaques le soir lorsque je veux m’en servir le lendemain matin, et le matin lorsque je veux m’en servir le soir. Il est important qu’il n’y ait plus de liquide libre à la surface de la plaque lorsqu’on veut l’employer, car la préparation s’enlèverait aux endroits où il en existerait encore. On doit faire cette préparation à l’abri de la lumière solaire. La plaque recouverte de dissolution d’acétate d’argent ne doit pas non plus voir le jour.
« La dissolution d’acétate d’argent se prépare en faisant une dissolution saturée d’acétate d’argent, à laquelle on ajoute la moitié de son volume d’eau. En admettant que 100 parties d’eau dissolvent, à la température ordinaire, 0gr,5 d’acétate d’argent, pour préparer 0lit,750 de la dissolution dont je me sers, je dissous 2gr,5 d’acétate de soude dans 15 grammes d’eau; je dissous également 3gr,03 d’azotate d’argent dans 10 grammes d’eau, j’ajoute la dissolution d’azotate d’argent à la dissolution d’acétate de soude, et je reçois l’acétate d’argent qui s’est précipité sur un filtre. Je lave ce précipité à cours d’eau, puis je fais passer à plusieurs reprises sur le filtre 0lit,50 d’eau; la presque totalité de l’acétate devra être dissoute: j’ajoute ensuite 0lit,25, au demi-litre de dissolution saturée.« Dans cette opération il s’est formé 3 grammes d’acétate d’argent; les 0lit,75 ne devraient en contenir que 2gr,50, mais j’en mets un peu plus pour tenir compte de ce qui s’en va dans l’eau des dissolutions et celle de lavage. L’acétate d’argent étant facilement altéré par la lumière solaire, je fais, autant que possible, cette dissolution dans un endroit peu éclairé. Je la conserve dans un flacon recouvert de papier noir, et je la filtre chaque fois que je m’en suis servi.« J’expose à la vapeur d’iode la plaque préparée comme ci-dessus, de la même manière qu’une plaque de plaqué; seulement, pour cette exposition, on doit tenir compte du temps, car on ne peut juger la teinte de la surface, seulement le temps d’exposition est plus court que pour les plaques d’argent. La plaque iodée est placée dans le châssis de la chambre noire, et alors je recouvre le côté non gélatiné d’un carton recouvert de drap noir. Il est bon de mettre quelque temps d’intervalle entre le passage à l’iode et l’exposition au foyer de la chambre noire; la plaque gagne par là de la sensibilité. J’ai plusieurs fois employé des plaques cinq ou six heures après le passage a l’iode; elles n’avaient rien perdu de leur propriété impressionnable.« La sensibilité de ces plaques est environ quatre fois moindre que celle de plaques préparées à l’iode et au brome. Pour un paysage bien éclairé et avec objectif à petit diaphragme, l’exposition à la chambre noire peut exiger quatre-vingts à cent secondes. Les portraits à l’ombre bien éclairée peuvent ne se faire en deux minutes avec l’objectif à portraits. J’ai essayé l’effet de la vapeur de brome sur ces plaques, et j’ai reconnu qu’elle les rendait plus impressionnables. Je n’ai pas assez fait d’expériences pour avoir, à ce sujet, des données certaines.« Pour faire apparaître l’image, je plonge la plaque dans une dissolution d’acide gallique contenant 0gr,1 d’acide gallique pour 100 grammes d’eau; je laisse venir l’épreuve jusqu’à ce que les noirs me semblent assez intenses. Cette immersion peut durer une heure ou une heure et demie. Avec une dissolution plus concentrée d’acide gallique elle durerait moins, mais il serait plus difficile de régler son action. Dans les premiers moments d’immersion, il se forme une image positive à la surface de la gélatine. Cette image devient de plus en plus sombre; mais, vue par transparence, les parties correspondantes aux noirs de la nature restent très-claires.« Pour fixer l’épreuve, on la lave à l’eau ordinaire, on la laisse ensuite immergée pendant quinze minutes environ dans une dissolution de 1 gramme d’hyposulfite de soude dissous dans 100 grammes d’eau; on la lave de nouveau à l’eau ordinaire, et on la plonge pendant le même temps dans une dissolution de bromure de potassium, 1 gramme de bromure de potassium pour 100 grammes d’eau.
« Je lave l’épreuve à l’eau ordinaire, et je l’y laisse séjourner quinze ou vingt minutes; puis je lave à l’eau distillée, et je laisse sécher la couche de gélatine à l’air libre. On a alors une épreuve négative très-nette, qui peut donner des épreuves positives, avec le papier photographique ordinaire, au soleil en deux ou dix minutes, suivant la vigueur de l’épreuve négative; à l’ombre, elle vient aussi très-bien.« El est bon de renouveler, à chaque operation, les dissolutions d’acide gallique, d’hyposulfite de soude et de bromure de potassium.« Dans cette opération, si l’on remplace la dissolution d’acide gallique par une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, on obtient de très-belles épreuves positives.”
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1850
27 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 21
Pag. 663, 664, 665

CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur papier. Moyen d’obtenir l’image à la chambre noire sur papier sec; par M. BLANQUART-ÉVRARD.

« C’est à rendre l’exécution de la photographie sur papier, simple, sûre et facile pour les personnes les moins expérimentées dans les manipulations chimiques, que doivent tendre les efforts des hommes qui veulent faire arriver cet art à sa plus utile application dans l’économie industrielle. La première condition pour entrer dans ce nouvel ordre de choses, c’est de dégager l’opération des soins qu’elle exige lors de l’exposition; nous ouvrons la voie en donnant ici:
« 1°. Le moyen d’opérer sur papier sec, au lien de papier mouillé, débarrassant l’opérateur des préparations difficiles qu’il avait à faire sur les lieux de l’exposition;
« 2º. Une préparation tellement simple de ce papier photogénique, que le commerce puisse le fabriquer et le livrer tout prêt à l’amateur qui ne veut pas prendre le soin de le préparer lui-même.
» Les papiers préparés par les moyeils décrits jusqu’ici ne pouvaient pas être amenés à l’état sec sans prendre ensuite, sous l’action de l’acide gallique, une coloration uniforme qui ensevelissait l’image photogénique en la faisant disparaître complétement. Le sérum a la propriété de parer à cet inconvénient; on procédera donc de la manière suivante à la préparation.
» On recueillera, en la faisant filtrer, la partie claire du lait qu’on aura fait tourner, on battra dans ce sérum un blanc d’œf par demi-litre, puis on fera bouillir afin d’entraîner toutes les matières solides, et on filtrera de nouveau, après quoi on fera dissoudre à froid 5 pour 100 en poids d’iodure de potassium. Le papier qu’on voudra préparer sera choisi très-épais et plongé entièrement dans cette substance pendant deux minutes, ensuite séché en le pendant, au moyen de deux épingles, par les deux coins à uncordon tendu horizontalement.
« Cette préparation se fait a la lumière du jour sans aucune précaution particulière; le papier est bon à l’instant même, comme six mois après, et très-certainement beaucoup plus tard encore. Lorsque l’on est pour s’en servir, on le soumet à une seconde préparation qui se fait alors à la lumière d’une bougie, et dans le temps le plus proche possible de l’exposition; il est encore cependant propre à donner de bons résultats plusieurs jours après, en évitant alors, autant que possible de de le laisser à une haute température.
« On procéde donc pour cette préparation comme nous l’avons décrit dans notre communication du mois de janvier 1847, en couvrant une glace d’acétonitrate d’argent composé de 1 partie de nitrate d’argent, 2 parties d’acide acétique cristallisable et 10 parties d’eau distillée. On dépose sur cette substance une des faces du papier qu’on laisse s’imbiber jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement transparent, ce dont on s’assure en le soulevant et le regardant à travers la bougie, après quoi on sèche entre plusieurs feuilles de papier buvard bien blanc (le papier des imprimeurs est très-convenable), et on le laisse dans ce cahier jusqu’au moment où on le place dans le châssis, derrière une feuille de papier bien propre et sèche et entre deux glaces, comme dans l’opération mouillée précédemment décrite.
» L’exposition à laquelle on procède plus tard, ou le lendemain, varie, en raison de la lumière et de la puissance des objectifs, d’une à cinq minutes.
« De retour chez soi, on dépose la partie du papier, qui a été présentée a la lumière, sur une couche d’acide gallique saturée, en ayant soin de garantir l’envers de toute trace d’acide gallique qui viendrait le tacher. L’image se forme peu à peu et finit par acquerir des tons aussi puissants qu’on puisse les désirer : elle est alors lavée à grande eau, puis passée dans une solution composée de 1 partie de bromure de potassium et 20 Parties d’eau, afin de dissoudre les sels d’argent non réduits, puis lavée de nouveau pour enlever toute trace de ce bromure, dont l’action se continuant détruirait l’image, et enfin séchée entre plusieurs feuilles de papier buvard.
« Préparation du papier sec à l’albumine. - Le papier préparé par l’albumine. a des propriétés analogues à celles du sérum, mais à un degré inférieur; comme lui il se conserve bon indéfiniment aprés la préparation à l’iodure, mais, après avoir été soumis à l’acétonitrate d’argent, il ne va guère au delà du lendemain. Les épreuves que donne la préparation que nous allons décrire sont admirables; moins fines que celles sur verre, elles ont plus de charmes, parce que les oppositions sont moins tranchées et qu’on y trouve plus d’harmonie et de suavité. Nous pensons que c’est une véritable conquête pour ceux qui cherchent les effets de l’art dans les résultats de la photographie.
« On bat en neige des blancs d’œufs dans lesquels on a versé trente gouttes d’une dissolutiou saturée d’iodure de potassium et deux gouttes d’une dissolution saturée de bromure de potassium par chaque blanc d’œuf. On laisse reposer jusqu’à ce que la neige rende l’albumine à l’état liquide, on filtre alors à travers un papier de soie ou de la mousseline claire, en recueillant l’albumine dans un grand vase bien plat. On dépose sur la couche le papier qu’on veut préparer, et on l’y laisse quelques minutes. Lorsqu’il est empreint d’albumine, on le soulève par un des coins, et on laisse égoutter et sécher en le pendant par un ou deux angles à un cordon tendu.
« La préparation sur l’acétonitrate est, en tout point, conforme à celle décrite plus haut pour le papier préparé au sérum ; on aura soin de ne sécher entre deux papiers buvard que lorsque le papier aura acquis une transparence complète. La mise dans le châssis pour l’exposition se fait de la même manière, de même que la venue de l’image à l’acide gallique et le reste de l’opération ; mais l’exposition exige plus de temps, quatre à cinq minutes généralement.
« Préparation du papier positif à l’albumine. - Le papier positif préparé à l’albumine donne des épreuves quelque peu luisantes, mais d’un ton plus riche, et d’une finesse et d’une transparence beaucoup plus agréables; on le prépare de la manière suivante :
« On verse dans des glaires d’œufs 25 pour 100 (en poids) d’eau saturée de chlorure de sodium (sel de cuisine bien blanc). On traite les œufs en neige et on filtre comme dans la préparation précédente, seulement ici on ne laisse le papier sur l’albumine qu’une demi-minute. On le pend alors; pour le sécher, ce qui a lieu en six ou huit minutes; on le dépose ensuite sur un vase contenant 25 parties de nitrate d’argent et 100parties d’eau distillée. Le papier est laissé sur le bain au moins six minutes, ensuite séché à plat, comme nous l’avons décrit dans notre communication précitée du mois de janvier 1847. »
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1850
3 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 22
Pag. 709, 710, 711

PHYSIQUE. - Note sur des images du Soleil et de la Lune obtenues pas la photographie sur verre; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR

(Commissaires, MM. Chevreul, Regnault, Babinet.)

« Ayant entendu dire à M Arago, dernièrement à l’Académie, que des épreuves du Soleil avaient été faites sur plaque d’argent, j’ai voulu voir l’effet que l’on obtiendrait sur une feuille de verre enduite d’une couche d’albumine coagulée, qui donne, comme l’on sait, une épreuve inverse ou négative.
« Voici comment j’ai opéré: après avoir préparé ma plaque de verre, sans employer de moyens d’accélération, je l’ai exposée dans la chambre obscure dont l’objectif (j’ai opéré avec un objectif pour quart de plaque) était dans la direction du Soleil, et dont ,j’avais placé l’image au foyer visuel, qui, dans cet objectif, correspond exactement au foyer photogénique.
« Mes premières expériences ont été faites le plus rapidement possible, c’est-à-dire le temps de découvrir et couvrir l’objectif, en opérant avec un diaphragme de 5 millimètres de diamètre. Maigré cela, l’image venait trop vite; lorsqu’on sommettait la plaque àl’action de l’acide gallique, elle passait complétement au noir. J’ai eu alors l’idée d’enlever le diaphragme et de découvrir l’objectif assez longtemps pour que l'image apparût sans le secours de l’acide gallique, et cela m’a réussi.« La première plaque a été exposée cinq secondes, et la deuxième dix secondes,
« Voici les résultats que j’ai obtenus: la première plaque offrait une image trés-visible et très-nette, d’une couleur rouge sanguin, et dont le centre avait une intensité de couleur beaucoup plus forte que les bords, comme l’on peut s’en convaincre en examinant la plaque.
« La seconde plaque offrait la même différence du centre à la circonférence, mais avec plus d’intensité; et, en outre, il y avait un cercle autour de l’image, eu forme d’auréole.
« La différence d’intensité du centre au bord est d’autant plus grande que, malgré l’effet du contraste, elle est encore trés-sensible, surtout en l’examinant à la loupe. Et, par le même effet du contraste, si l’on fait noircir l’image par l’acide gallique, l’effet inverse a lieu.
« J’ai fait plus de vingt épreuves, et presque toutes m’ont donné les mêmes résultats.
« II résulte donc de ces expériences qui les résultats obtenus sont tout à fait conformes à l’opinion émise par M. Arago, c’est-à-dire que les rayons photogéniques émanant du centre du Soleil ont plus d’action que ceux des bords ou de la circonférence.
« J’ai essayé et je suis parvenu à prendre l’image de la Lune en vingt secondes, la Lune étant dans son plein et parfaitement au foyer de mon objectif; et, sans m’être servi d’héliostat, j’ai obtenu une image trés-ronde. Mais la rapidité avec laquelle j’ai opéré fait que la Lune n’a pas eu le temps de marcher d’une manière sensible; car je dirai que si l’on pose trente secondes, on a déjà une image un peu ovale.
« Il m’a fallu, pour avoir l’image de la Lune, employer mes plus grands moyens d’accélération : ceux qui me permettent de prendre une épreuved’un paysage éclairé par la lumière diffuse en une seconde ou deux au plus.
« J’ai obtenu cette grande rapidité avec les nouveaux moyens que j’ai consignés dernièrement à l’Académie dans un dépôt cacheté. Ce dépôt renferme aussi un moyen analogue à celui que M. Blanquart vient de publier pour opérer à sec sur papier; de même que j’indique la manière de glacer un papier avec l’albumine pour les épreuves positives.
« Je me propose de faire connaître ces moyens lorsque j’aurai terminé les travaux qui m’occupent dans ce moment. «
1850
10 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 23
Pag. 747, 748


M. AUBREE présente une Note sur un procédé qu’il a imaginé pour la photographie sur papier, et auquel il attribue, entre autres avantages, celui de permettre d’obtenir des épreuves du ton qu’on juge le plus favorable au sujet, depuis les tons roux jusqu’aux noirs de la gravure ordinaire. « Aprés les opérations nécessaires pour obtenir sur le papier une épreuve positive, on plonge cette épreuve dans ün bain d’hyposulfite de soude, préparé d’après la formule donnée dans les instructions pour la photographie sur papier. Après l’y avoir laissée un quart d’heure, on l’enlève encore tout imprégnée de cette solution, et on la dépose sur-le-champ dans une cuvette de porcelaine remplie d’une eau acidulée avec l’acide azotique (4 grammes d’acide pour 250 grammes d’eau distillée). On voit aussitbt l’épreuve changer de couleur et prendre des teintes de plus en plus foncées; aussitôt qu’elle a atteint la teinte que l’on veut obtenir, on doit la retirer et la laver a plusieurs reprises à l’eau commune.
»M. Aubrée fait remarquer que, parmi les personnes qui se sont occupées de la photographie sur papier, quelques-unes, pour dissimuler l’imperfection des produits obtenus, retouchent au bistre les épreuves qu’elles présentent, et empêchent, par cet artifice, qu’on ne reconnaisse ce qu’il y a d’incomplet dans leur procédé opératoire.
« Pour découvrir la fraude, il suffit de plonger l’épreuve suspecte dans un bain formé par la dissolution de 16 grammes de cyanure de potassium dans 250 grammes d’eau distillée; si l’épreuve est pure de toute retouche, elle s’effacera complétement au bout d’un certain temps. Dans le cas contraire, il restera des taches dans tous les points où du bistre avait été placé au pinceau. »
(Commissaires, MM. Regnault, Chevreul, Babinet.)
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1850
17 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 24
Pag. 779

CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur papier. Formation instantanée de l’image à la chambre noire; par M. BLANQUART-ÉVRARD, de Lille.

« Le fluorure de potassium, en addition à l’iodure, dans la préparation de l’épreuve négative, donne des images instantanées à l’exposition de la chambre noire.
« Pour m’assurer de l’extrême sensibilité du fluorure, je l’ai expérimenté sur la préparation la plus lente de la photographie, celle des plaques de verre albuminées et simplement iodurées, exigeant une exposition au moins soixante fois plus longue que celles sur papier.
« En ajoutant du fluorure dans l’albumine iodurée, et en remplaçant le lavage à l’eau distillée de la feuille de verre au sortir de l’acétonitrate par un lavage dans une dissolution de fluorure de potassium, j’ai obtenu instantanément l’image à l’exposition de la chambre noire.
« J’ai même obtenu ce résultat, mais dans des conditions d’action moins puissante, sans l’addition du fluorure dans l’albumine, et par la seule immersion de la feuille de verre dans le bain de fluorure après son passage à l’acétonitrate d’argent.
« Cette propriété du fluorure, si remarquable déjà dans une préparation si résistante aux effets photogéniques, est appelée à donner des ritsultats inappréciables dans les préparations des papiers, et apportera dans cette nouvelle branche de photographie une transformation aussi radicale que celle que le brome a produite sur les plaques d’argent iodurées de M. Daguerre.
1850
1 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 1
Pag. 5
M. LE GRAY adresse, à l’occasion d’une communication récente d e M. Blanquart-Évrard, une réclamation de priorité pour l’emploi fluorure d’argent dans les opérations photographiques, et indique, comme pièce à l’appui, un opuscule imprimé dont il a précédemment adressé un exemplairc à l’Académie. Des recherches postérieures à cette publication l’ayant conduit à modifier en quelques points son procédé, il le décrit complétement, et adresse, en même temps quelques spécimens des produits qu’il en a obtenus.
(Renvoi à la Commission nommée pour le Mémoire de M. Blanquart-Évrard.)
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 64

M. BRACHET envoi deux nouvelles Notes ayant pour titre: l’une, Application de l’héliostat à la photographie ; l’autre, Application de la télégraphie Chappe à la phonégraphie.
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 64

M. AUBREE présente une Note sur un procédé qu’il a imaginé pour la photographie sur papier. L’auteur exprimant le désir que le procédé dont il envoie la description ne soit pas divulgué, sa Note sera considérée comme un simple dépôt, et conservée sous pli cacheté.
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 71

M. BOUSIGUES adresse des spécimens de photographie sur papier, obtenus au moyen d’un procédé nouveau qui permet d’obtenir directement des épreuves positives. Il adresse, sous pli cacheté, la descrption de ce procédé qu’il croit être en mesure de porter promptement à un plus haut degré de perfection.Le dépôt de ce paquet cachatée est accepté.
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quarta-feira, 4 de Novembro de 2009

1850
12 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 7
Pag. 208, 209, 210
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Images photographiques sur papier obtenues au moyen de la plaque albuminée et dans un temps très-court, grâce à l’emploi d’une substance accélératrice. (Extrait dune Note de M. A. HUMBERT DE MOLARD.)
(Commissaires , MM. Chevreul, Regnault, Seguier.)
« L’emploi de la plaque de verre albuminée a marqué un grand progrès dans l’art de la photographie, et cependant, pour que, grâce au nouveau procédé, la photographie sur papier pût, sur tous les points, et notamment dans les reproductions de la nature animée, lutter avec avantage avec la photographie sur plaqué, il fallait découvrir pour l’albumine une substance accélératrice; c’est à quoi je suis arrivé. Ce moyen est très-simple. L’albumine est un corps tenace, se coagulant fortement par l’action des acides, et, par suite, peu favorable aux opérations photogéniques; mais elle peut être parfaitement ramenée à ces conditions par le mélange d’une substance quelconque qui la divise sans la troubler, qui modifie sa ténacité naturelle en lui donnant l’onctueux, la souplesse et la porosité d’une feuille de papier.
« Tous les sucres, les sirops de cassonade, de miel brut et de mélasses, le sel de lait, le sérum du lait, les mucilages de pepins de coings, de graines de lin, de guimauve, etc., etc., sont on ne peut plus aptes à remplir ce but. L‘acide saccharique des uns, le mucilage et la gomme des autres, le gluten ou la fécule amylacée de la plupart, celle surtout que contient le miel brut du commerce, presque toujours frelaté par l’amidon, agissent on ne peut mieux sur l’albumine pour la disposer aux opérations photographiques... 15 à 20 pour 100 de mélasse, de sirop de cassonade, de miel brut ou de sérum du lait mélangés à l’albumine donnent de beaux et rapides résultats. Si l’on veut opérer par les mucilages épais de coings, ou autres semences, on renverse les proportions; c’est-à-dire que 20 à 25 grammes pour 100 d’albumine suffisent pour favoriser l’adhérence à la glace du mucilage dont le peu de ténacié lâcherait dans le lavage. Dans toutes les préparations, 1 pour 100 d’iodure de potasse suffit grandement.
« Voici maintenant un autre procédé pour la photographie sur verre, tout différent dans ses préparations de ceux connus et employés jusqu’à ce jour. Les beaux résultats qu’il me donne depuis longtemps sur papier m’ont tout dernièrement fait essayer de l’appliquer au verre, et j’y ai réussi au delà de mes espérances.
« J’enduis les glaces d’une couche d’albumine pure, et les laisse sécher à plat. Je les coagule par une immersion rapide dans un bain d’acide nitrique chimiquement pur, de la force de 7 à 8 degrés, et les passe immédiatement dans un autre bain ammoniacal pour neutraliser l’acide. Ces deux immersions doivent etre rapides, exécutées dans l’espace de quelques secondes et sans le moindre temps d’arrêt. En cet état, les feuilles de verre coagulées présentent un aspect légèrement laiteux et d’une teinte uniforme; on les passe à l’eau pure, et on les laisse de nouveau sécher debout et sur un angle, afin de faciliter et activer l’égouttement. Bien sèches, on les pose sur un support à chlorurer, et, à l’aide d’un pinceau doux, on les enduit d’une couche d’iodure d’argent liquide (solution de précipité jaune d’oxydem d’argent par l’iodure de potassium dissous à saturation complète dans l’eau distillée). Au bout d’une minute, la feuille de verre est plongée dans l’eau, où elle prend de suite un ton jaune-or par l’effet de l’iodure d’argent qui se précipite instantanément de son oxyde. On lave encore la plaque à grande eau jusqu’à ce qu’il ne reste à sa surface aucune parcelle de précipité non adhérente, et on laisse sécher. (Toutes ces opérations peuvent être faites au grand jour.) En cet état, la plaque est prête, et l’on peut estimer la certitude d’une réussite par l’intensité de sa couleur qui doit être d’un beau jaune-or. Elle peut ainsi se conserver des mois entiers sans altération.« Au moment d’opérer à la chambre noire, on la rend sensible, comme à l’ordinaire, par l’acéto-azotate d’argent, mais qui peut alors, sans inconvénient, être versé dessus goutte à goutte, ou étendu soit au pinceau, soit à l’aide d’un papier, sans crainte d’aucune fissure ni gerçures. L’albumine étant coaguléee d’avance, l’acide acétique n’a plus sur elle aucune action, et ne joue d’autre rôle dans l’opération que celui de désunir la potasse d’avec l’iode, qui vient alors se combiner avec l’argent, etc., etc.
« Les limites restreintes d’une communication par lettre ne me permettent pas d’entrer dans de plus amples détails sur ce procédé; mais à sa simple inspection, les amateurs expérimentés apercevront, je l’espére, quelle certitude de réussite doit procurer à l’opération un iodure d’argent composé, appliqué d’un seul coup et toujours invariable dans ses proportions.
« A cette Note sont jointes de fort belles épreuves sur papier, obtenues par les deux procédés indiqués. Toutes ces épreuves, remarque l’auteur, ont été obtenues à l’ombre en 30, 40 ou 50 secondes, avec un objectif de 33 centimètres de foyer.
M. REGNAUT, à l’occasion de cette communication, annonce qu’it est à sa connaissance que M. Niepce de Saint-Victor a employé également, et depuis assez longtemps, de semblables substances comme accéleratrices dans les opérations photogéniques au moyen du verre albuminé; l’indication de cet emploi doit même se trouver dans une Note adressée, depuis quelque temps, sons pli cacheté, par M. Niepce de Saint-Victor.
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1850
19 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 8
Pag. 245, 246, 247, 248


PHYSIQUE APLIQUÉE- Note sur la photographie sur serre et sur quelques faits nouveaux; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR
« J’ai entendu lundi annoncer à l’Académie un procédé d’accélération qui est le même que celui que j’ai consigné dans un paquet cacheté, le 20 mai dernier. Je l’aurais publié plus tôt si je n’avais pas tenu à montrer des épreuves des portraits sur grande plaque. Celles que j’ai l’honneur de présenter, quoique imparfaites, suffiront pour constater la rapidité avec laquelle on a opéré.
« Le procédé consiste à mélanger avec l’albumine 2 ou 3 grammes de miel par chaque blanc d’œuf, selon leur grosseur, de même qu’il faut mettre de 30 à 40 centigrammes d’iodure de potassium cristallisé; avant de battre les œufs, il est essentiel que l’albumine soit complétement à l’état de mousse, afin de l’avoir très-pure.
« C’est toujours, jusqu’a présent, une opération assez difficile que d’é-tendre également la couche d’albumine sur la plaque de verre; peu de per-sonnes l’appliquent convenablement. On se sert ordinairement d’une baguette de verre ou d’une pipette; on bien on l’étend par un mouvement de la main : mais tout cela demande une très-grande habitude; tandis que si l’on parvient à l’appliquer par un moyen mécanique, on rendra la chose constante et facile: c’est ce que j’espère pouvoir démontrer bientôt.
« La couche d’albumine étant sèche, on passe la plaque dans la composition d’acéto-azotate d’argent qui doit être composée ainsi:

« On ne doit laisser immerger la plaque dans cette composition que pendant dix secondes au plus, et la laver ensuite dans de l’eau distillée.

« Après cette opération, on laisse sécher les plaques dans la plus grande obscurité, pour opérer ensuite par la voie sèche; mais, comme les plaques s’impressionnent facilement , il faut autant que possible les conserver simplement albuminées.
« Il est utile, en exposant dans la chambre obscure, de placer une planchette avec un fond blanc derrière la plaque de verre, et, pour faire paraître l’image, il est nécessaire aussi de faire chauffer un peu l’acide gallique, afin d’en activer l’action sans cependant trop presser cette opération; car il arrive souvent que les plus belles épreuves négatives sont celles qui sont restées plusieurs heures sous l’influence de l’acide gallique, et sur lesquelles on croyait qu’il n’y avait pas d’image.
« On fixe les épreuves négatives soit avec du bromure de potassium, soit avec de l’hyposulfite de soude, et, afin d’empêcher le cliché de s’écailler (ce qui arrive avec une couche d’albumine trop épaisse ou avec de l’albumine de vieux oeufs), on l’enduit d’une légère couche de gélatine ou d’un vernis à tableau, ce qui lui donne encore plus de solidité.
« De toutes les substances accélératrices que j’ai employées, je n’en ai pas trouvé de meilleures que le miel (celui de Narbonne m’a paru préférable), parce qu’il donne plus d’accélération sans avoir les inconvénients de toutes les autres substances, telles que les fluorures , par exemple, dans lesquels j’ai reconnu, depuis longtemps, une propriété accélératrice; mais leur action corrosive (qui se manifeste par un très-fort fendillement dans la dessiccation de l’albumine) m’y avait fait renoncer pour l’albumine. Cependant on peut les employer sans inconvénient en les mélangeant avec du miel, entre autres le fluorure d’ammoniaque; et si l’on se sert avec cela d’alburmine de vieux œufs, on aura, par la réunion de ces moyens, une plus grande accélération. Mais je préviens que la vieille albumine est sujette à s’écailler plus que la fraîche; il faut, pour éviter cet inconvénient, laisser sécher complétement le cliché avant de l’exposer au soleil ponr tirer l’epreuve positive, et, pour plus de sureté, le couvrir d’un vernis.
« Le mélange du miel à l’albumine donne à l’epreuve négative une trés-grande douceur dans les traits, ce qui prévient, par conséquent, la dureté que l’on reproche à ce procédé. On aura donc, par ce moyen, des demi-teintes et des tons parfaitement fondus, et l’on obtiendra, par la dessiccation de ce mélange, une couche parfaitement homogène, très-lisse, ne se fendillant plus, lors même qu’on l’expose à la chaleur, et donnant l’image d’un objet éclairé par la lumière diffuse, dans l’espace de deux à trois secondes au plus pour un paysage, et de cinq à huit pour un portrait, en opérant avec un objectif double (français) pour quart de plaque; pour la grande plaque normale il faut de quarante à cinquante secondes, et de vingt-cinq à trente avec un objectif allemand.
« Tels sont les résnltats obtenus par MM. Vigier et Mestral, qui ont fait les épreuves que j’ai l’honneur de présenter.
« On peut encore opérer plus promptement que cela si I’on réunit tous les moyens naturels d’accélération que l’expérience m’a fait reconnaître.
» 1º. Plus la couche d’albumine est épaisse, plus il y a d’accélération.
« 2º. Plus les oeufs sont vieux, plus il y a d’accelération.
« 3º. Plus la composition d’acéto-azotate d’argent a servi, plus il y a d’accélération.« Enfin il existe aussi une très-grande diffdrence dans les différentes natures d’albumine, qui varie, d’après moi, selon la nourriture de la poule. Je dirai que l’albumine d’œuf de cane se fendille moins que celle d’ œuf de poule. Quant à l’albumine du sang, elle est très-accélératrice, mais on ne peut pas l’employer seule parce qu’elle ne se coagule pas assez avec l’acéto-azotate d’argent pour adhérer au verre; il faudrait préalablement la coaguler avec l’acide azotique.
« Du lavage de la plaque dépend aussi une partie de l’accélération; car si l’on ne lave pas assez, il se forme une couche couleur de rouille lorsqu’on verse l’acide gallique; si on lave trop, on enlève une grande partie de l’accélération.
« J’ai consigné également, dans le paquet que j’ai déposé, les moyens de glacer le papier avec de l’albumine, ainsi que pour préparer un papier négatif pour opérer par la voie séche, Mais divers procédés analogues ayant été publiés par différentes personnes, je n’en parlerai que pour constater la priorité, ainsi que l’on peut s’en assurer en ouvrant le paquet cacheté que j’ai déposé, et qui renferme, en outre, quelques faits nouveaux que je crois devoir publier, comme pouvant offrir quelque intérêt, et que je vais rapporter ici.« J’ai constaté que, si l’on chauffait l’albumine au bain-marie à une température de 45 degrés, pendant cinq à six heures, on obtenait une très-grande accélération comparativement à celle qui ne l’a pas été. Ce fait paraît avoir beaucoup d’analogie avec les modifications obtenues par M. Chevreul dans l’huile de lin.
« Je parlerai aussi de quelques faits qui m’ont paru assez curieux pour être mentionnés. Si l’on mêle une solution d’azotate d’argent avec une solution de sel marin ou avec de l’hydrochlorate d’ammoniaque, il se produit du chlorure d’argent. Ce précipité, resté dans la liqueur où il s’est formé se colore par une exposition à la lumière; si, alors, on l’expose à la chaleur, le chlorure redevient blanc.
« Tout le monde sait que l’alcool coagule l’albumine; eh bien, si l’on met de l’iode dans le même alcool pour en former une teinture d’iode, elle ne se coagule plus.
« Si l’on met du brome dans l’albumine ; le brome se trouve tout de suite enveloppé par l’albumine sans qu’elle se coagule, et il n’y a plus d’exhalations de vapeurs de brome.
« J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de l’Academie quelques épreuves de paysage faites par M. Martens, d’après mon procédé. «
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 491, 492

PHYSIQUE. - Note sur un nouveau procédé pour obtenir des images photographiques sur plaqué d’argent; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
(Communiquée par M. CHEVREUL)
« En m’occupant des belles expériences de M. Edmond Becquerel, et cherchant à fixer les couleurs si fugaces qu’elles font naître, j’ai reconnu qu’on peut obtenir des images identiques à l’épreuve daguerrienne, sans employer ni l’iode ni le mercure.
« Il suffit de plonger une plaque d’argent dans un bain composé de chlorure de sodium, de sulfate de cuivre, de fer et de zinc (les deux derniers ne sont pas indispensables pour l’effet), de l’y laisser quelques secondes, de laver à l’eau distillée et de sécher la plaque sur une lampe à alcool.
« On applique contre cette plaque le recto d’une gravure, on recouvre celle-ci d’un verre, et l’on expose une demi-heure au soleil ou deux heures à la lumiére diffuse, puis on enlève la gravure. L’image n’est pas toujours visible; mais, en plongeant la plaque dans l’ammoniaque liquide faiblement étendue d’eau, l’image apparaît toujours d’une manière distincte (le cyanure de potassium et l’hyposulfite de soude produisent le même effet). L’ammoniaque, enlevant toutes les parties du chlorure d’argent qui ont été préservées de l’action de la lumière, laisse intactes toutes celles qui y ont été exposées; on lave ensuite à grande eau. Afin de réussir parfaitement, il faut que le contact de l’ammoniaque ne soit pas prolongé au delà du temps nécessaire pour enlever le chlorure d’argent qui n’a pas été modifié par la lumière.
« L’épreuve, après cette opération, présente le même aspect que l’image daguerrienne, regardée, dans la position où elle est vue, d’une maniére distincte, c’est-à-dire que les ombres sont données par le métal à nu, et les clairs par les parties qui, ayant été modifiées par la lumière, sont devenues mates.
« On peut employer, comme pour l’épreuve daguerienne, le chlorure d’or, si l’on veut fixer l’image, en lui donnant plus de vigueur qu’elle n’en aurait sans cela.« Je me suis assuré que l’on peut obtenir l’image daguerrienne, en exposant la plaque d’argent chlorurée dans la chambre noire, en une heure au soleil, ou deux ou trois heures à la lumière diffuse, puis plongeant la plaque dans l’eau ammoniacale; conséquemment, l’image apparaît sans qu’on soit obligé de recourir à la vapeur mercurielle, laquelle, dans ce cas, ne produirait aucun effet.
« Avant peu, j’espère pouvoir opérer plus promptement et montrer des épreuves faites dans la chambre obscure, qui seraient aussi belles que celles que l’on obtient avec l’iode et le mercure. Je publierai en même temps tous les détails nécessaires à assurer le sucès de ce procédé, et je montrerai aussi la possibilité de fixer l’image sur une plaque d’argent iodée, au moyen de l’ammoniaqne, c’est-à-dire sans recourir pour cela aux vapeurs mercurielies et à l’hyposulfite de soude.
« P. S. J’ai reconnu que la plaque chlorurée chaude est plus sensible A l’action de la lumière que la plaque chlorurée froide. «
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 497

M. GATEL fait connaître quelques modifications qu’il a apportées au procédé de photographie sur papier ; elles auraient, suivant lui, pour avantage de rendre le papier plus sensible et l’opération plus rapide.
(Renvoyé à la Commission nommée pour examiner le travail de M. Blanquart-Evrard, de Lille.)
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 497

M. FLEURY demande s’il ne serait pas possible de se servir de la photographie pour déterminer la distance des étoiles, en rendant sensibles les dimensions apparentes de ces astres et la variation de ces dimensions avec celle du pouvoir amplifiant des lunettes.
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1850
28 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 18
Pag. 630, 631

PHYSIQUE. – Nouveau procédé de photographie sur papier, qui permet d’obtenir directement des épreuves positives ; par M. F. BOUSIGUES. (Extrait par l’auteur)

(Renvoi à la Commission déjà nommée.)

« Tout papier bien uni, légèrement glacé, exempt de souillures et de taches métalliques, pourra être parfaitement appliqué à ce nouveau procédé. Les papiers Canson et Lacroix, d’Angoulême, m’ont donné les leilleures résultats.
« On en prendra trois feuilles qui seront sucessivement plongées dans l’eau distillée, et étendues sur la glace du châssis, en ayant soin de les y faire adhérer sur tous les points au moyen d’un linge bien fin. On mettra sur les autres celle qui paraîtra le plus propre à recevoir l’empreinte lumineuse ; ces dernières ne servant qu’à entretenir l’adhérence et l’humidité.
« Quand cette humidité aura disparu, on laissera tomber sur la surface du papier trois ou quatre gouttes d’une dissolution d’azotate d’argent neutre qu’il faudra étendre rapidement au moyen d’un pinceau. Les traces de cette dissolution disparaîtront quelques instants après, ne présentant plus sur le papier que l’aspect d’une légère vapeur. En cet état, le papier sera traité de la même manière que la plaque métallique. Les vapeurs de l’iode et du brome de chaux lui donneront une grande sensibilité, mais il sera nécessaire de l’exposer plus longtemps aux vapeurs de cette dernière substance. Voici les chiffres que je pourrais donner :
Premier iodage, 15 secondes ; bromure, 35 secondes ; deuxième iodage, 10 secondes.
« La glace est ensuite placée dans le châssis et exposée à la lumière, qui opére sur le papier presque avec la même rapidité que sur la plaque d’argent. Le mercure fait apparaître l’image.
« Si l’opération est bien faite, l’exposition à la lumière convenablement réglée, on obtient une image positive d’une beauté comparable à celle que donne le plaqué, et du moins bien supérieure, par la douceur de ses teintes, à celles du procédé ordinaire par l’acide gallique. »
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1850
28 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 18
Pag. 631

L’Académie accepte le dépôt de quatre paquets cachetés envoyés par MM……., BLANQUART-EVRARD,
……….
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1850
18 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 21
Pag. 726, 727

PHYSIQUE. – Nouveaux renseignements sur le procédé de photographie sur papier (épreuve positive) ; par M. F. BOUSIGUES.

(Renvoi à la Commission précédemment nommée.)

« 1º. Papier. – Il est essentiel de rejeter tous les papiers qui n’auraient pas assez de consistance, ou qui, étant trop glacés, laisseraient voir le jour comme à travers une multitude de pores. Au reste, la première préparation fera distinguer aisément la qualité du papier. Il faut qu’étant plongé dans l’eau, il conserve une couleur blanche très-uniforme et ne laisse pas apercevoir sa trame. Les papiers français, contenant de l’amidon, sont en général très-rapides.
« 2º. Dissolution d’argent. – On sait que les sels d’argent sont sensibles à la lumière ; il convient donc de les préparer et de les conserver dans un endroit obscur. Il ne faudrait pas croire que plus cette dissolution serait concentrée, plus elle donnerait de sensibilité au papier. Les nombreuses expériences que j’ai faites m’ont au contraire donné la certitude, que la sensibilité augmente à mesure qu’on étend la dissolution. Néanmoins, il est une limite qu’il convient de ne pas dépasser. On pourra prendre comme terme moyen : 5 grammes d’azotate neutre d’argent pour 30 grammes d’eau distillée.
« 3º. Iodage. – Le papier soumis aux vapeurs d’iode se couvre quelquefois de taches violettes ou d’une couche d’un blanc métallique.Ces deux effets ont lieu, lorsque l’azotate d’argent n’a pas été également étendu sur le papier, ou qu’il produit à sa surface une trop grande humidité.
« 4º. Objectifs. – Comme il arrive ordinairement que l’image est plus éclairée au centre qu’aux extrémités, il est bon de se servir de lentilles capables de produire des images plus grandes que celles qu’on veut obtenir, par exemple d’un objectif demi-plaque pour un châssis un quart. Les parties éloignées du centre seront alors éclairées, et l’on obviera par ce moyen à un grave inconvénient, celui de n’avoir trop souvent que des résultats partiels.
« 5º. Exposition à la lumière. – Si l’on voulait se contenter d’une épreuve négative, le temps de l’exposition importerait assez peu ; car si vingt secondes suffisent pour l’obtenir, on pourrait en mettre quarante, cinquante, cent et même plus sans s’exposer à manquer son expérience. L’image redue visible par le mercure serait toujours fort belle ; mais le temps qui convient pour avoir un résultat positif est moins facile à saisir. Si la feuille de papier soumise aux vapeurs mercurielles prend un ton noir général, c’est une preuve certaine que la pose n’a pas été assez prolongée ; si au contraire le papier conserve partout sa blancheur, elle a été trop longue. Entre ces deux points extrêmes il y en a deux intermédiaires qu’il est essentiel de rencontrer, selon qu’on désire une épreuve positive ou négative.
« On pourrait avec une très-grande facilité obtenir par ce procédé des épreuves sur verre, en employant soit la gélatine, soit l’albumine ou les substances amylacées, d’après les méthodes publiées récemment par MM. Blanquart-Evrard, Niepce de Saint-Victor, etc. ; mais les résultats, quoique ordinairement très-beaux, ne dédommagent pas toujours de la longueur des préparations. »
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1850
25 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 22
Pag. 752

M. CH. CHEVALLIER adresse une réclamation de priorité au sujet de la Note présenté, dans la dernière séance, par M. Bouzigues sur la photographie sur papier.
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1850
Novembro
DAGUERREIAN JOURNAL
LUNAR DAGUERREOTYPES
S. D. Humphrey

About one year since our attention was called to Lunar Daguerreotypes. Our first experiment was performed by taking a Daguerreotype of the Moon, which was done on the first of September, at half past ten, P.M., 1849. We prepared two plates as nearly alike as possible, and in the same manner as for taking a portrait; one of these was put in the Camera and exposed to the moon for two minutes and five seconds, then turning the regulating screw of the camera stand once around in order to allow space for another impression and exposing the plate one minute and one second; then regulating the camera as before. We obtained nine distinct impressions on the same plate, two as above, and seven as follows: the third exposure, fifteen seconds; the fourth, five; the fifth, four; sixth, three; the seventh, two; the eighth, one, and the ninth or last, instantaneous. Both plates were subject to the same operation, and like result produced: the impression given at the three second exposure was the most strongly marked and possessed a free development in light and shadow.
Any number of impressions may be had upon the same plate, as the sensitiveness is not in the least destroyed.
Our experiment was performed with a half-sized camera. It will readily be seen that the shorter time allowed the plate in the camera, the more distinct and strongly marked will be the impression. We find it necessary in experimenting for Lunar or Stellar Daguerreotypes that the plate should possess as great degree of sensitiveness as possible, by this means we obviate the evil which is occasioned by the motion of the Earth on its axis.
The result of our experiment in producing a Daguerreotype of the Moon, we forwarded to the President of Harvard University, and in answer, received the following kind and highly complimentary letter:-Harvard University, Cambridge, Oct. 31, 1849
Dear Sir,
-I have received your letter, accompanied by the Daguerreotype impressions of the Moon. I beg you will accept my thanks for this very curious and ingenious specimen of art.
The result is striking and remarkable.-We here perceive the apparent motion of the Moon, or rather the actual motion of the Earth on its axis, distinctly measure for half a minute's time, within the space of one-tenths of an inch. I have shown the impressions to several of our scientific gentlemen, who are much pleased with them, and applaud the skill with which they have been executed. Perhaps the art may at some future day be carried to such a degree of perfection, as to bring out the face of the moon sufficiently large for a map. This would be a most desirable attainment; since a map of the moon's surface can now be made only by the detached images presented to the eye through a telescope, and then transcribed by the hand. Such a map must necessarily be imperfect, and no two will precisely agree in all the parts. A Daguerreotype map would exhibit every feature with perfect exactness.
With best wishes for your success in this very ingenious art, I am, Sir, Jared Sparks.-S. D. Humphrey, Esq., Canandaigua.
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1850
Novembro
DAGUERREIAN JOURNAL

DAGUERREOTYPING IN NEW YORKT
here is probably no city in the United States, where the Daguerrian Art is more highly appreciated, and successfully practiced than in New York. We are not in the least surprised, that the public looked upon the first number of our Journal with a curious sensation. That an art, yet in its infancy, can sustain a regular publication, devoted to its interests, is a matter of no mean magnitude. Few indeed, there are, who are aware of the extent, in a pecuniary point of view, that the Photographic Art is carried on in our city. We have endeavored to give as correctly as possible, full statistics of that branch partaining only to the art of taking Daguerreotype likenesses.
It will be in place here to tender out thanks to the Artists generally, who were so kind in favoring our project, by freely and confidently aiding us to gain the following facts.
We find 71 rooms in this city, devoted solely to this art; independent of the many stores and manufactories engaged in making and selling the materials. In these rooms there are in all 127 operators, including the proprietors and persons engaged in the Galleries, also 11 ladies and 46 boys. We find that the amount of rent paid by these artists to be $25,550 per year. Let us allow $10 per week for the 127 operators; this certainly is a very low estimate, we find the amount $1,270 per week, or calculating 52 weeks per year, the result is $66,040. For the 11 ladies engaged, we estimate $5 per week, making $2,860 per year. The boys 46, at $1 per week, $2,392. Thus we find the total amount necessary to defray the above expenses to be $96,842, per annum. It is seen by the above, that we make no estimate of the materials used (such as plates, cases, and chemicals,) by these artists in taking likenesses, and we forbear to make any estimate of this last, as many artists are now taking pictures at such reduced rates.
Were it not for the enterprising few engaged, our art would sink into deep insignificance. Thanks to the noble and generous who are striving to promote the interest of the Daguerreian Art, by keeping pictures up to such prices as will demand respect. We may almost look in vain to see our art elevated to its deservedly high eminence, until the public shall be enabled to discriminate between a fifty cent and a three dollar Daguerreotype. We look upon a person visiting a Daguerreian Artist's Room for the purpose of obtaining a cheap picture, as one who thinks little of the art, and less of his friends. Often it is the case, that a gentleman calls upon an artist, and wants a likeness, - from his appearance the artist is led to suppose him a member of the first society; and this may really be the case. Weil, the artist steps forward, shows his many specimens and asks, what size will you have? The person thus addressed, looks in the glass, surveys himself, and with all the dignity imaginable, exclaims, -Ah! Oh! a small size, common, - it's only for a friend. The artist turns about to his business, thinking to himself,-Only for a friend,-What a compliment for a friend, - Ha! I wonder who your friends are.
1850
23 de Dezembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 26
Pag. 864, 865, 866

PHYSIQUE. – Note sur la photographie; par M. BLANQUART-ÉVRARD, de Lille.
Moyens accélérateurs

« Ayant appris par un amateur, qui venait de visiter l’Allemagne, qu’un habile photographiste de Munich, M. Laucherer, blanchissait les parois de sa chambre noire pour obtenir plus de sensibilité à l’exposition, j’ai pensé qu’on pourait bien s’être trompé jusqu’ici sur le rôle des réfractions de la lumière dans la chambre noire. Les expériences que j’ai faites viennent de me prouver, en effet, que plus on réussissait dans les soins que l’on prenait pour empêcher les réflexions de la lumière produite par l’objectif dans l’intérieur de la boîte, plus on amoindrissait l’action photogénique sur la couche sensible.
« Ainsi, j'ai non-senlement tapissé la chambre noire en papier blanc, mais, de plus, j'ai blanchi l'intérieur du tube, aux extrémités duquel sont vissés les deux objectifs, et que les opticicns garnissent en noir. Dans ces conditions, j'ai dégagé, soit sur plaque d'argent, sur verre albumiiné ou sur papier, les quatre résultats suivants :
« 1º Formation de l'image en moitié moins de temps qu'a l'exposition àla chambre noircie;
« 2º Formation de l'image à une lumière d'exposition insuffisante pour obtenir cette image dans la chambre noire ;
« 3º. Uniformité dans l'imprégnation; les blancs ne se perdent pas avant la bonne venue des parties du tableau placées dans le clair obscur;
« 4º Résistance infiniment moins grande des couleurs qui se refusent à l'action photographique, telles que le rouge, le jaune et le vert.
« Ainsi, non-seulement les résultats sont meilleurs, au point de vue de l'art, mais encore la puissance photogénique des objectifs est doublée en transformant la chambre noire en chambre blanche.
« Il serait puéril de déduire ici les conséquences qui résultent des expériences dont je viens rendre compte à l'Académie; l'accélération par la lumière est bien certainement le résultat le plus précieux qui pouvait être désiré dans l'état de progrès où se trouve arrivée la photographie sur plaque d'argent, sur verre et sur papier.Préparation des glaces albuminées pour l’emploi du fluorure.
« Le fluorure, qui donne une extrême sensibilité aux préparations des glaces albuminées, est d'un emploi très-difficile lorsque les glaces sont préparées par les moyens précédemment décrits, ce corps soulevant l'albumine de la glace, et compromettant souvent le résultat.
« La préparation suivante n'offre pas cet inconvénient.
« On emploie l'albumine sans mélange de substance chimique.
« On place la glace qu'on veut albuminer sur un support à claire-voie, bien calé (un pied à chlorurer par exemple), et l'on chauffe à la lampe a l'alcool jusqu'à ce que la main puisse encore supporter la chaleur de la glace; ceci fait, converse de l'albumine en excès, et l'on chauffe de nouveau, mais pas assez pour coaguler l'albumine. On enlève la glace du support, on fait écouler tout l'excès d'albumine, et on la place. La face albuminéc, audessus d'une cuvette contenant de l'acide acétique. On chauffe doucement le fond de cette cuvette; les vapeurs d'acide acétique coagulent l'albuminc, qui prend alors un aspect laiteux.
« Lorsque l'effet est complet, un chauffe de nouveau, mais à une très douce chaleur, pour faire sécher, ou l'on abandonne la glace sur un meuble pour laisser sécher à l'air.
« Pour ioder l'albumine, on plonge la glace dans un bain contenantt 1 partie de nitrate d'argent, 25 parties d'cau distillée; on laisse sécher la glace verticalement sur un angle. Ensuite on plonge dans un autre bain, contenant 1 partie d'iodure de potassiumm, 25 parties d'eau distillée, et on laisse encore sécher verticalement. Les glaces ainsi iodurées se conservent peut-être indéfiniment.
« Lorsqu'on les prépare pour l'exposition, il suffit de passer à l'acéto-nitrate; elles sont déjà fort sensibles: mais si, dans le bain où elles sont lavées au sortir de l'acéto nitrate, on ajoute de 1 à 20 gouttes de fluorure, on développe la sensibilité en raison de l'action du fluorure. L’expérience scule peut donc donner la mesure en raison des besoins de l'opération. »
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1850
TRAITE PRATIQUE DE PHOTOGRAPHIE SUR PAPIER ET SUR VERRE
GUSTAVE LE GRAY
BAILLIERE
PARIS
1850


L'application large que j'ai été à même de faire depuis plusieurs années des procédés photographiques comme moyen de reproduction scrupuleuse de la nature sous tous ses aspects: paysages, monuments, portraits, et reproductions de tableaux et dessins, a fait ressortir à mes yeux leur immense importance pour l'art, et la nécessité d'une méthode sûre et sans restriction, qui en facilite l'emploi à l'artiste et à l'amateur. Je désire être utile à l'un et à l'autre en publiant les procédés que mes recherches et mon expérience m'ont fait reconnaître comme les plus certains et les plus pratiques. L'avenir de la photographie est tout entier dans le papier. Je ne saurais trop engager l'amateur à y diriger toute son attention et ses études. L'épreuve négative sur verre est plus fine, il est vrai ; mais je crois que c'est là une fausse route, et que le but est d'arriver au même résultat avec le négatif sur papier. Le verre est difficile à préparer, fragile, embarrassant en voyage, et moins rapide à recevoir l'image lumineuse.
Aussi, quoique ses résultats soient d'une finesse extrême, j'exprime le voeu que l'on s'efforce de perfectionner la fabrication du papier, de manière à arriver à la même finesse; ce qui n' est pas impossible, puisque j'en ai de certaines qualités qui me donnent des résultats parfaits. D'ailleurs, avec l'application d'une couche d'albumine sur le papier, on obtient des résultats qui peuvent rivaliser en netteté avec ceux que donne le verre. Il n' est personne qui ne convienne qu'il sera toujours plus agréable, plus commode pour le voyage de n'avoir à emporter avec soi que du papier au lieu de verre, qui est si pesant et si fragile. Aussi est-ce pour ce motif que je ne voudrais pas que l'on se laissât éblouir par les résultats magnifiques que l'on obtient sur verre, et que l'on se décourageât pour les épreuves sur papier. Cela doit être au contraire un sujet d'émulation et nous faire voir le but où nous devons nous efforcer d'atteindre. Les procédés que je vais décrire sont ceux à l'aide desquels j'ai fait les épreuves que l’on a pu voir à l'exposition de l'industrie dernière et à mon ancien domicile, rue Richelieu, lio. Je les donne complets, avec les perfectionnements que j'y ai apportés depuis peu. Je ne m'étendrai sur chaque article que ce qu' il sera nécessaire pour être bien compris sans surcharger la mémoire. Choix du papier négatif. Comme finesse de grain et solidité, je préfère à tous, le papier anglais Whatman légèrement glacé, dans les poids intermédiaires entre 6 et 2 kilogr la rame, format coquille. Pour le portrait le mince vut mieux et l'épais pour le paysage et les monuments. Son encollage à la gélatine plus corsé le rend un peu moins rapide que nos papiers français; mais par cela même il supporte bien plus longtemps sans se piquer l'action de l'acide gallique, et regagne ainsi ce retard apparent. Parmi nos papiers français, je me sers avec préférence de ceux des frères Canson D' Annonay, rue du mail, nº 27; et de M Lacroix d' Angoulême, rue Mazarine, nº 60. Celui de M Lacroix est le plus rapide de tous; mais il est très difficile d'arriver à en obtenir de bonne qualité sous le rapport du collage, qui n' est généralement pas assez fort. Il faut le choisir le plus serré de pâte possible. Cette rapidité provient de la présence plus abodante d'amidon. Je choisis le papier par transparence, rejetant toutes les feuilles qui sont piquées d' àjours, d' impuretés et surtout de taches de fer. On reconnaît ces taches à une teinte jaune-de-rouille ou à leur brillantmétallique. Un papier portant l' empreinte d' une trame doit être rejeté ; ainsi que celui qui serait trop glacé, de manière à êtrecomme criblé de petites piqûres. Ces piqûres deviendraient autantde petits tubes capillaires dans l'intérieur desquels lesliquides pénètreraient plus abondamment, et, formant une réactiontrop grande, donneraient lieu à un dépôt cristallin de gallate d'argent noir. Toutes les feuilles présentant un aspect bien égal,-comme celui d' un verre dépoli, -étant rassemblées, je lesébarbe, les tenant plus grandes que l'épreuve que je veuxobtenir, d' un centimètre dans tous les sens. Je leur fais alorssubir la première préparation. Première préparation du papiernégatif. Faites fondre au bain-marie dans un litre d' eau filtrée, ou mieux encore distillée, 20 grammes de colle de poisson ducommerce. Prenez de cet encollage encore chaud 365 gr ajoutez-y: iodure de potassium 13 gr bromure Id 4 gr chlorure desodium 2 gr. Laissez bien fondre le mélange, puis filtrez dansun linge fin. Mettez cette dissolution encore chaude dans ungrand plat et plongez-y complétement votre papier feuille à feuille, l' une sur l' autre, ayant bien soin dechasser les bulles d' air qui pourraient se former. Mettez ainsienviron 2 o feuilles à la fois. Retournez ensuite toute lamasse, de manière à commencer par la première feuille immergée,et pendez-les pour les sécher en les piquant par un angle avecune épingle recourbée en S que vous accrochez à un fil tendu enl' air. Approchez ensuite de l' angle où s' égoutte le liquideune bandelette de papier buvard, qui y adhère et facilite lachute des gouttes. Il faut avoir soin de ne jamais mêler ensembledu papier anglais et du français dans une même cuvette ; maisbien les préparer séparément. Le papier anglais contient un acidelibre qui fait alors immédiatement précipiter un iodure d' amidondans le papier français, et le teinte complétement en violet-foncé. Le papier étant bien sec, rognez-le à la grandeur de votrechambre noire, et le conservez en portefeuille. Ce papier étantpresque complétement insensible à la lumière, on peut faire cettepréparation au jour. Il est aussi bon après un an qu' au momentde sa préparation. Le bromure ne joue pas ici le même rôleaccélérateur que pour la plaque d' argent ; car, au lieu d'accélérer, il retarde un peu l' opération lumineuse.
Son action est de préserver, sur l' acide gallique, les blancs dupapier qui noirciraient plus rapidement si on n' employait que l'iodure seul. La proportion assez forte de bromure que j' indique,et qui pourrait encore être augmentée, permet de laisser l' imagese développer sur l' acide gallique un temps beaucoup plusconsidérable sans se tacher, et d' acquérir ainsi une épreuvetrès-puissante de modelé. Le chlorure de sodium donne plus d'intensité à l' image. Le liquide qui reste se recueille dans unflacon bouché, et sert à de nouvelles préparations, jusqu' àépuisement, en le filtrant et le faisant tiédir de nouveau. Pourabréger, j' appellerai ce papier simplement papier ioduré. J'obtiens aussi un très-bon papier en remplaçant l' eau par de l'esprit-de-vin rectifié dans la même proportion en poids ; et, enle saturant de collodion en place de colle de poisson, les selss' y dissolvent parfaitement et le papier prend beaucoup de corps. Ce dernier procédé est plus rapide d' un tiers du temps etdonne une grande finesse supérieure, je crois, à celle obtenue arl' albumine. Deuxième opération. manière de donner lasensibilité au papier ioduré. faites à l' obscurité et à lalumière d' une bougie seulement, la dissolution suivante, dans un flacon bouché à l'émeri : eau distillée I 4 ogr nitrate d' argent cristallisé I 6gr. Quand le nitrate d' argent est dissous, ajoutez : acideacétique cristallisable 35 gr. Il faut avoir soin de tenir ceflacon à l' abri de la lumière en l' entourant d' un étui depapier noir. Cette solution sert aussi jusqu' à épuisement. Aumoment de faire une épreuve, versez de cet acéto-nitrate d'argent sur un plateau en porcelaine ou une glace rebordée bienhorizontale, environ un millimètre d' épaisseur. Je me sers à ceteffet d' une pipette ou tube effilé pour puiser le liquide, afind' éviter la pellicule qui se forme à sa surface et tache l'épreuve sans qu' on puisse y remédier ensuite. Saisissez unefeuille de papier ioduré par deux angles diagonaux, et la déposez, d' un côté seulement, sur le plateau en tenant les deux anglesrapprochés l' un de l' autre, et étendant le milieu d' abord surl' acéto-nitrate d' argent; abaissez les deux anglesperpendiculairement et répétez ce mouvement deux ou trois fois,de manière à exercer une pression qui chasse les bulles d' airqui pourraient se former. Afin d' éviter de me tacher les doigts,je me sers d' un couteau à palette en corne, que je passe sous l'angle de la feuille pour la saisir entre lui et le pouce. évitezavec le plus grand soin que l' acéto-nitrate d' argent ne passe sur le dos du papier, ça produirait desinégalités de sensibilité et par conséquent des taches. Laissezle papier subir ainsi l' action de l' acéto-nitrate d' argentjusqu' à ce que la formation de la couche sensible de chloro-bromo-iodure d' argent soit bien complète. Je m'en aperçois lorsque la teinte violacée du papier qui apparaît d' abord a biendisparu au dos - il ne faudrait pas le laisser plus longtemps, parce qu' alors il perdrait de sa sensibilité. Il faut pour celad' une à cinq minutes, selon la température ou la qualité dupapier; le papier anglais demande plus de temps que le français. Appliquez alors le papier ainsi préparé tout humide sur une ardoise, sur laquelle vous avez préalablement étendu, pour y recevoir celui-ci, une feuille de papier ordinaire ou sans colle,bien imbibé d' eau d' avance. Bien entendu, le côté qui a été sur l'acéto-nitrate d' argent en dessus, de manière à recevoir laradiation lumineuse. Le papier que l' on met dessous doit êtreaussi exempt de taches de fer. Il faut avoir soin de marquer lecôté de l' ardoise qui doit se trouver en bas, dans la chambrenoire, et de toujours la tenir inclinée dans ce sens lorsqu' on yapplique les papiers. Si on négligeait cette précaution, leliquide amassé en bas, en retombant sur le papier préparé, ne manquerait pas deproduire des taches. Le papier, ainsi appliqué sur l' ardoise,peut y rester environ une heure sans s' en détacher, et se mettre, dans cet espace de temps, à la chambre noire. Lorsque je vaisau loin prendre une épreuve, je trempe la feuille de doubluredans un mucilage épais de gomme arabique; je conserve ainsi pluslongtemps l' humidité et l' adhérence. On peut aussi se servir, - dans ce cas seulement, - de deux glaces entre lesquelles on déposele papier, comme l' a indiqué M Blanquart-Évrard ; mais ilfaut prendre de grandes précautions pour que les glaces soientbien propres, et les faire repolir lorsqu' elles sont rayées. J'emploie à cet effet le papier joseph pour les nettoyer, ainsi quemes plateaux ; c' est de beaucoup supérieur au linge et çaabsorbe beaucoup mieux les liquides et les impuretés qui yadhèrent. Je ne l' épargne jamais et j'aime mieux en user unefeuille de trop que d' être incertain sur la propreté d' unplateau. Quand vous devez faire plusieurs épreuves de suite,laissez toujours le même acéto-nitrate d' argent dans le plateau; ayez seulement soin de promener à sa surface une bande depapier blanc, avant d' y préparer une nouvelle feuille, afin d'enlever la pellicule noire qui se forme presque toujours. Quand la feuille de doublure est bien adhérente, il est bon aussi de nepas la changer, mais seulement de verser de nouveau un peu d' eau dessus avant d' appliquer lafeuille de la nouvelle épreuve. Vos opérations finies, reversezl' acéto-nitrate d' argent dans le flacon pour vous en resservirune autre fois. Troisième opération. exposition à la chambrenoire. mettez scrupuleusement au point l' image sur le verredépoli, cherchant la plus grande netteté à la partieintermédiaire entre le premier et le dernier plan. Il y a unpoint où l' image paraît nette dans tout son ensemble, c' est làqu' il faut s' arrêter en tenant compte de l' épaisseur despapiers. Je ne puis préciser le temps de l' exposition à lalumière, l' expérience seule pouvant bien le démontrer. De cetemps d' exposition dépend toute la beauté de l' image : je nesaurais donc trop engager à bien s' y attacher. Pour un portraità l' ombre, avec un objectif de plaque entière, double, verres de 8 centimètres de diamètre, je fais poser entre 2 o secondes et2 minutes ; et au soleil, de 2 à 2 secondes. Pour le paysage,avec un objectif normal simple et un diaphragme de I 5 à 2 omillimètres de diamètre, l' exposition devra être de 4 osecondes à 5 minutes au soleil suivant son intensité. Lachaleur est aussi une grande cause d' accélération : ainsi, enchauffant légèrement l' ardoise qui porte le papier préparé, on opère beaucoup plus vite, mais ilfaut qu' alors l' objectif soit aussi chauffé à la mêmetempérature, sinon il se couvrirait de vapeurs qui empêcheraientla formation de l' image. Lorsque l' on opère au soleil, cettecouche de vapeur se forme très-souvent, il faut donc toujourslaisser d' abord un peu s' échauffer l' objectif et avoir soin del' inspecter pour l' essuyer au besoin. L' exposition à laradiation lumineuse terminée, l' image est peu apparente et estdéveloppée par l' opération suivante, qui peut être faite unedemi-heure ou une heure après. Quatrième opération. développement de l' image. faites d' abord un grand flacon d'eau distillée, saturée d' acide gallique, avec excès d' acide.Décantez ensuite de cette eau saturée dans un autre flacon pluspetit dont vous vous servez journellement : vous avez ainsi ladissolution limpide. Versez-en sur un plateau bien horizontalenviron I millimètre d' épaisseur. Vous étendez le liquide à l'aide d' une bandelette de papier blanc. Appliquez alors l' imagedessus comme sur l' acétonitrate d' argent, évitant toujours quele liquide ne passe au dos de l' épreuve. Suivez sondéveloppement, qui s' aperçoit facilement à travers l' épaisseurdu papier. Il faut la laisser ainsi tant que le dos de l' image ne commence pas à se tacher. Quandelle est bien vigoureuse, retirez-la promptement et mettez-la surun autre plateau pour la laver à plusieurs eaux, en frottantlégèrement le dos avec un doigt pour enlever les dépôtscristallins qui peuvent le tacher. Le ton que l' image prend surl' acide gallique vous fera juger si le temps de l' exposition àla lumière a été convenable. Si elle devient immédiatement noir-gris partout, elle a été exposée trop longtemps à la lumière. Siles grandes lumières, qui doivent être les plus grands noirs dunégatif, ne deviennent pas plus foncées que les demi-teintes, l'exposition a encore été trop longue. Si le temps d' exposition aété trop court au contraire, les lumières seules se marquentfaiblement en noir et l' image finit par ne plus se modifier ets' égalise partout. Si ce temps a été convenable, on obtient uneépreuve superbe, qui doit présenter des contrastes du noir aublanc bien arrêtés et bien transparents. Une première épreuvepeut donc servir à régler le temps de l' exposition à la chambrenoire. Une bonne épreuve doit, en général, pouvoir supporter l'action de l' acide gallique de 10 minutes à (..). J'accélère singulièrement cette opération en chauffant l'acide gallique. J' ai pour cela un petit appareil bien simple: il se compose d' une bassine en cuivre carrée, pleine d' eau,qu' une lampe à esprit-de-vin tient entre 60 à 70 degrés detempérature ; dessus repose mon plateau à acide gallique. J'obtiens ainsi une température bien égale partout. L' image ainsiobtenue ne serait pas permanente, il faut la fixer promptementpar l'opération suivante. Cinquième opération. fixage de l'épreuve. faites dans un flacon la solution suivante : eau filtrée 800gr hyposulfite de soude 100gr. Mettez-en un demi-centimètre d' épaisseur dans une bassine et y plongezcomplétement votre épreuve négative, en faisant bien attentionqu' il n'y ait pas de bulles d' air. L'hyposulfite s' empare dubromo-chloro-iodure d' argent de l' épreuve resté libre et n'attaque pas au contraire le gallate d' argent qui forme les noirs. Ne mettez jamais qu' une épreuve à la fois dans ce bain ; vouspouvez vous en servir pour plusieurs épreuves l' une après l'autre. On recueille dans un second flacon l' hyposulfite qui adéjà servi et on le laisse reposer quelque temps ; il s'y forme des flocons de gallate et de sulfure d' argent : on le filtre alors, et il devient excellent pour fixer lesépreuves faibles. Si on examine l' épreuve par transparencequelque temps après son séjour dans le bain d' hyposulfite, onpourrait être tenté de croire qu' elle est perdue, parce que l'iodure d' argent, étant enlevé complétement par places et restantà d' autres, forme des taches qui annihilent en apparence l'image. Mais si on attend que tout l' iodure d' argent soitcomplétement enlevé, -ce que l' on reconnaît lorsque la teintejaune de l' épreuve est tout à fait disparue, -on est étonné dela blancheur et de la transparence du papier, ainsi que de labeauté des noirs de l' image. Il faut à peu près pour cela unedemi-heure à trois quarts d' heure. On la lave alors à plusieurseaux et on la laisse se dégorger de son hyposulfite dans unegrande bassine d' eau pendant une demi-heure environ. On lalaisse alors sécher en la suspendant par un angle. L' épreuveainsi fixée est complétement inaltérable à la lumière, puisqu' ilne reste plus dans le papier que le gallate d' argent noir. J' aides négatifs ainsi préparés qui m' ont déjà fourni 2 ooà 3 ooépreuves et qui sont aussi beaux qu' à la première. Le fixage aubromure n' a pas au contraire cette permanence, parce qu' il n'enlève aucunement les préparations du papier, et puisque lui-mêmeseul avec le nitrate d' argent donne une épreuve très-bonne à la chambrenoire ; il est seulement moins sensible. Il peut être cependantd' une grande utilité dans le voyage et lorsque l' on doit faireplusieurs épreuves les unes après les autres, parce qu' il évitede toucher à l' hyposulfite en même temps qu' on prépare lepapier négatif, qui est taché à son moindre contact partiel. Onpeut donc déposer d' abord toutes ses épreuves ensemble dans lebain de bromure suivant, et les fixer ensuite immédiatement à l'hyposulfite quand on a fini toutes ses épreuves ; ou bien lesfaire sécher et les fixer seulement au retour du voyage, ce quiréussit parfaitement. Il faut seulement ne pas les cirer pour entirer des contre-épreuves avant le dernier fixage à l'hyposulfite de soude. Eau I litre bromure de potassium 24grammes. Au sortir de ce bain, on lave l' image à plusieurs eauxet on sèche. Il faut laisser dans ce bain au moins un quart d'heure ; mais on les y laisserait deux ou trois heures, que celane nuirait en rien. Sixième opération. cirage de l' épreuvenégative. lorsque l' épreuve négative est faible et le papierbien transparent, faites-en ainsi des contre-épreuves sans la cirer.
J' ai soin de mettre, dans ce cas, une feuille de papier bientransparent et cirée, ou une feuille de papier glacé entre l'épreuve négative et la feuille de papier positif, cela ne nuit enrien à la netteté de l' épreuve et préserve le négatif du contactdu nitrate d' argent qui le tacherait. Lorsque le négatif, que j'appellerai maintenant cliché, est vigoureux et beau, il faut l'imbiber de cire vierge, qui double la transparence et la force dupapier, le préservant en même temps de l' influence du nitrate d'argent qui peut rester libre à la surface du papier positif.Voici comment il faut s' y prendre pour cette opération : ayezune grande plaque de doublé d' argent comme pour une épreuvedaguerrienne, placez-la sur un trépied horizontalement ; puischauffez-la en promenant dessous une lampe à esprit-de-vin et enmême temps avec l' autre main frottez dessus un morceau de cirevierge qui se fond. Quand vous avez une belle couche de cirefondue, déposez l' envers de votre cliché dessus et facilitez-enl' adhérence parfaite à l' aide d' une carte. Lorsqu' il est bienégalement imbibé, retirez-le et le placez entre plusieursfeuilles de papier blanc ordinaire sur lesquelles vous passez unfer modérément chaud pour enlever l' excès de cire. Le degré dechaleur du fer est suffisant lorsqu' une bulle de salive envoyéedessus frémit sans s' en détacher. Plus chaud il piquerait l'épreuve de points que l' on aurait beaucoup de peine à enlever même en cirant denouveau. Septième opération. préparation du papier positif. faites d' abord un flacon d' eau saturée de chlorure de sodium ousel commun. Prenez 3 parties en volume de cette solution, 3 petits verres, par exemple, et ajoutez-y 1o parties d' eaufiltrée. Mettez 4 à 5 millimètres d' épaisseur de cettesolution dans un plateau. Faites ensuite un autre flaconcontenant : eau distillée Ioogram nitrate d' argent cristallisé25 gram. Vous en versez dans un autre plateau la même épaisseur.Ayez du papier un peu épais, I 5 kilogr la rame, que vous avezpréalablement coupé de grandeur convenable et choisi exempt detaches de fer et d' impuretés. Choisissez-en l' envers et lemarquez d' une croix. On le reconnaît facilement ; c' est le côtéqui porte sur la toile métallique servant à sa fabrication etdont la trame reste imprimée dessus. Cette trame se voit enregardant le papier à un jour frisant. Le meilleur papier pourcette opération est celui des frères Canson. -le papier anglaisest moins bon et ne doit être employé que lorsqu' on veut obtenir des tonsrouges. Placez d' abord le papier sur le bain de chlorure desodium avec la même méthode que j' ai enseignée à la deuxièmeopération et l' y laissez 2 à 4 minutes. Puis vous l' asséchezentre plusieurs feuilles de papier buvard rose en frictionnantavec la main. Préparez ainsi trois feuilles avant de commencer àles mettre sur le bain de nitrate d' argent, afin que toute traced' humidité soit bien enlevée. Vous prenez alors la premièrefeuille préparée et, avec un gros blaireau un peu dur, vousfrottez le côté salé pour enlever toutes les impuretés quipourraient y adhérer. Je préfère le papier buvard rose au blanc,parce qu' il me permet de voir les parties qui s' en sontdétachées et de les enlever. Mettez alors cette feuille sur lenitrate du côté salé seulement, et l' y laissez le temps depréparer une autre feuille sur le sel. En laissant peu de tempssur le nitrate d' argent, on obtient des tons rouges ; enprolongeant, au contraire, son action, on a des tons plus noirs.On égoutte ensuite le papier et on le fait sécher en le pendantpar un angle. Cette préparation doit être faite dans l' obscurité, à la lumière d' une bougie seulement. Il faut avoir soin que lepapier positif soit bien sec avant de mettre un cliché dessus, ce qui le perdrait en letachant de nitrate d' argent. Il vaut donc mieux préparer cepapier le soir pour s' en servir le lendemain ; si on le prépareau moment, il faut le bien sécher avec une lampe à esprit-de-vin.Il ne faut pas non plus en préparer pour plus de huit jours à l'avance, le temps le faisant noircir même dans l' obscurité. Huitième opération. tirage de l' épreuve positive. prenezvotre cliché négatif et mettez-le sur une des glaces du châssis àreproduction, posez dessus une feuille du papier positif préparépar l' opération précédente, le côté de la préparation sur l'endroit du cliché ; puis placez par-dessus une feuille de papiernoir et la seconde glace du châssis. Vous fermez ensuite lecouvercle du châssis, qui exerce une légère pression sur lesglaces pour bien assurer le contact. J' ai toujours soin de laisser déborder à côté du cliché un des côtés du papier positifpour pouvoir juger de l' action de la lumière. Exposez le châssisà la lumière solaire ou diffuse de manière que les rayonslumineux tombent perpendiculairement sur l' épreuve.
Suivez la marche de l' épreuve avec le ton que prend le côté dupapier qui déborde. Voici les différentes teintes successives qu'il prend : gris-bleu, -teinte neutre, -violet-bleu, -noir-bleu, -noir, -noir-bistré, -bistre, -sépia-colorée, -sépia-jaunâtre, -jaune feuille-morte, -gris-verdâtre, -toujours de plus en pluseffacé. Il faut s' arrêter à un de ces tons selon la plus oumoins grande vigueur du cliché et l' intensité de l' épreuve quel' on veut avoir. Une fois une épreuve obtenue avec un cliché, onpeut être sûr, en s' arrêtant à la même teinte de la partie quidéborde, d' obtenir le même résultat. Pour avoir une épreuve deteinte noire, par exemple, après le fixage à l' hyposulfite, ilfaut que les parties foncées soient au ton sépia et les partiesqui doivent former les blancs au gris-bleu en les retirant dedessous le châssis, afin de réparer la perte de ton que donne l'hyposulfite. On voit par cela que je ne puis pas fixer le tempsprécis de l' exposition à la lumière, parce qu' elle estsubordonnée à l' intensité et du cliché et de l' épreuve que l'on veut obtenir.
Neuvième et dernière opération. fixage de l' épreuve positive.l' épreuve positive ainsi obtenue ne serait pas permanente, ilfaut la fixer promptement par l' opération suivante : vous faitesdissoudre dans un flacon : hyposulfite de soude Ioogr eaufiltrée 8 oogr. Dans un autre flacon, vous faites aussidissoudre 5 grammes de nitrate d' argent dans un verre ou deuxd' eau ; quand il est bien fondu, vous ajoutez une solutionsaturée de chlorure de sodium jusqu' à ce qu' il ne se forme plusde précipité blanc. Vous laissez reposer un instant pour que leprécipité tombe au fond du vase, puis vous décantez le liquide etrecueillez le précipité de chlorure d' argent qui s' est formé,pour le mettre dans la solution d' hyposulfite qui précède, où ilse dissout. Par ce moyen, vous obtenez de suite les tons noirsavec l' hyposulfite neuf. Plus cet hyposulfite est vieux,meilleur il est. Quand il commence à se troubler, il fautseulement ajouter une solution fraîche sans remettre de chlorured' argent, le vieux en contenant un excès qu' il a enlevé auxépreuves qui y ont dégorgé. Il faut bien se garder aussi de lefiltrer pour enlever le dépôt noir qui se forme ; mais seulementle laisser reposer dans un grand flacon et décanter la liqueurclaire pour s' en servir, afin de ne pas perdre le dépôt noir etde le redissoudre par de l' hyposulfite neuf. à l' aide d' unséjour plus ou moins prolongé dans ce bain, on peut obtenirpresque tous les tons, depuis le rouge jusqu' au noir et au jaune-clair. Avec un peu d' habitude, on peut être certain d' avoir lateinte que l' on désire. On ne peut pas laisser une épreuve moinsd' une heure dans le bain pour qu' elle soit suffisamment fixée,et elle peut y demeurer jusqu' à trois ou quatre jours pour avoirdes tons sépia et jaunes. En chauffant l' hyposulfite, j'accélère la marche de l' opération ; mais il ne faut pasabandonner l' épreuve un instant à elle-même, parce que larapidité d' action est grande et qu' elle pourrait êtrecomplétement effacée. En ajoutant à la solution précédente d'hyposulfite 25 grammes d' ammoniaque, j' obtiens de très-jolistons bistrés avec des blancs très-purs. Le papier anglais convient très-bien pour ces sortes de tons. J' obtiens aussi defort jolis tons veloutés en mettant, au sortir de l' hyposulfite,l' épreuve sur un bain de sel d' or Igr sel d' or dans unlitre d' eau. J' ai des tons jaunes très-fins en mettant uneépreuve trop vigoureuse d' abord dans l' hyposulfite, puis dansun bain composé d' un litre d' eau et de 5 o grammes d' acide chlorydrique, et en faisant ensuite parfaitementdégorger dans l' eau. L' ammoniaque liquide employé à la mêmedose donne aussi des tons remarquables. Quand l' épreuve est auton que vous désirez, lavez-la à plusieurs eaux et l' y laissez2 ou 3 heures dans une bassine, ne l' en retirant que quand l'épreuve n' a plus sur la langue aucun goût sucré qui caractérisel' hyposulfite d' argent. Vous la faites ensuite sécher en lapendant par un angle, et elle est terminée. Le bain d'hyposulfite peut contenir à la fois autant d' épreuves que l' onveut. Des préparations à l' albumine. épreuves négatives surverre. Ces préparations sont basées sur la propriété qu' a l'albumine de devenir complétement insoluble par la chaleur. C' està M Niepce De Saint-Victor neveu qu' est due la découvertede l' application de ce corps à la photographie sur verre. C'est lui qui le premier, continuant dans une autre voie les essais surverre faits par son oncle, est arrivé à des résultatssatisfaisants ; c' est grâce à ses efforts incessants et à lafranchise avec laquelle il a publié ses découvertes que nous devons les belles épreuvesobtenues aujourd' hui. L'épreuve négative sur verre donne unefinesse qui approche de celle obtenue sur les plaques métalliques. Pour les reproductions de gravures, de tableaux, de sculptureet de paysage, le résultat est complet. Il laisse à désirer pourle portrait, la célérité n' étant pas assez grande. Il estcependant à espérer qu' avec le concours réuni des savants et desamateurs qui s' en occupent actuellement, on parviendra àdiminuer de beaucoup le temps de l' exposition à la lumière. Ilserait à désirer que chacun publiât franchement le fruit de sesdécouvertes, il en résulterait évidemment un progrès et uneimpulsion immense. Préparation du verre à l' albumine. Prenez desblancs d' oeufs bien frais et en pesez I 83 gr. Vous y faitesdissoudre : iodure de potassium 7 gr bromure de potassium 2gr chlorure de sodium Igr. Battez ce mélange dans un grand plat,avec une fourchette de buis, jusqu' à ce qu' il soit réduit en mousseblanche bien épaisse. Laissez-le alors reposer une nuit, lelendemain décantez le liquide visqueux qui s' est déposé, et vousen servez pour préparer vos verres. à cet effet, prenez de laglace mince ou mieux encore de la glace dépolie, sur laquelle l'adhérence est plus complète. Vous la faites couper à la grandeurde vos châssis et roder sur les bords. La réussite de l' épreuveest due, en grande partie, à l' égalité de la couche d' albumine. Pour l' obtenir, posez une de vos glaces bien horizontalement, le côté dépoli en dessus si vous adoptez cette espèce, préférableje crois, et vous versez dessus une quantité d' albuminesurabondante. Puis, avec une règle en cristal bien droite, quevous entourez au deux bouts de deux bandelettes de papier passéesà la cire vierge et que l' on retient avec les doigts de manièrequ' elles arrivent appuyer sur une largeur d' un demi-centimètreaux bords de la glace, vous raclez cette couche d' un seul coup,de manière à enlever l' excédant d' albumine. En mettant lesbandelettes plus ou moins épaisses, vous variez ainsi l'épaisseur de la couche sensible. On peut aussi arriver au mêmerésultat en collant deux bandes de papier très-étroites des deuxcôtés de la glace à préparer, et passer simplement la règle decristal en appuyant dessus. Je préfère le premier moyen, parcequ' avec le second on salit presque toujours sa glace en collant les bandes dessus.Il ne faut jamais revenir une seconde fois avec la règle, ondonnerait ainsi lieu à la formtion de bulles mousseuses. On laisse ensuite sécher les glaces d'elles-mêmes dans la positionhorizontale, en les tenant à l' abri de la poussière. Quand lacouche est bien sèche, vous soumettez vos glaces à unetempérature de 7 oà 9 o degrés ; ce que vous faites soit devantun feu très-ardent, soit en les renfermant dans une bassine decuivre étamée, munie d' un couvercle, que vous mettez au-dessusde la bassine d' eau bouillante que j' ai décrite à la quatrièmeopération du papier négatif. L' action de la chaleur faitfendiller la couche d' albumine, et elle est devenue alorsparfaitement insoluble et prête à recevoir l' action de l' acéto-nitrate. Les glaces ainsi préparées peuvent se conserverindéfiniment. Je prépare aussi cette première couche en saturantle mélange précédent d' acide gallique, ce qui donne plus decorps à l' épreuve et plus de sensibilité. Au moment de faire uneépreuve, si on opère par la voie humide, vous plongez la glaceainsi préparée dans le bain d' acéto-nitrate d' argent, décrit àla deuxième opération du papier négatif. Cette opération est très-délicate, parce que le moindre temps d' arrêt occasionne dessolutions de continuité dans la couche sensible, et des fils, que rien ne peut plusréparer. Pour obtenir cette immersion instantanée et régulière,je me sers du petit appareil suivant : il est composé de deuxglaces entre les bords desquelles sont collées à la gomme laquedeux bandes de glaces de deux centimètres de largeur et une,entre ces deux, d' un centimètre et demi disposées de manière àménager au milieu une rainure, dans laquelle viennent glisseraisément les glaces à préparer. Cet appareil a absolument laforme d' une boîte à plaque daguerrienne qui n' aurait qu' unerainure. Vous versez dans cette boîte les deux tiers d'acétonitrate d' argent et vous laissez tomber d' un seul coup laglace albuminée dans la rainure, en ayant bien soin qu' il n' yait pas de temps d' arrêt. Après avoir laissé la glace tremperquatre à cinq minutes dans le bain, vous la retirez et la lavezparfaitement à l' eau distillée. Vous l' exposez ensuite à lachambre noire, tout humide, un temps qui varie entre deux ettrente minutes, et le double environ si la glace est sèche.Lorsque l' on doit opérer à sec, il est bon que la préparationcontienne déjà l' acide gallique dans l' iodure ou, ce qui estmieux encore, en lui faisant subir un bain d' acide gallique d'un quart d' heure après celui d' acéto-nitrate d' argent, puis enlavant à l' eau distillée et faisant sécher. Vous faitesdévelopper l' image au sortir de la chambre noire, comme les négatifs sur papier, en la mettant dansun bain chaud d' acide gallique saturé. Quand elle est bienressortie, vous la fixez par les mêmes procédés indiquésprécédemment pour le papier. Pour en obtenir une épreuve positive, il suffit d' appliquer sur l' épreuve une feuille de papierpositif ordinaire ou mieux encore une feuille positive albuminéecomme je l' indique plus loin. On introduit le tout dans unchâssis à feuillure où reposent les bords de l' épreuve ; on metpar-dessus un drap noir très-fin qui est collé sur un des côtésd' une glace épaisse, puis on ferme le couvercle du châssis, quiexerce une pression très-légère, pour ne pas s' exposer à briserl' épreuve. On expose ensuite à la lumière ; pour pouvoir suivreson action, ayez soin d' enlever la préparation à l' un des coinsde la glace, afin de pouvoir juger des tons que prend l' image.Quand vous la jugez bonne, vous l' enlevez du châssis et la fixezcomme les autres.
Des papiers à l' albumine. épreuve négative. Cette mêmepréparation d' albumine au même dosage s' applique aussiparfaitement sur le papier ; mais elle demande de grandesprécutions pour l' avoir égale. L' épreuve qu' elle fournit ainsiest remarquable par la vigueur de ses noirs et la transparencedes clairs. Presque tous les papiers, quand ils ne sont pas troptachés de points noirs, peuvent servir par cette méthode etdonnent des résultats supérieurs. J' obtiens ainsi une finesse d'exécution qui est presque aussi arrêtée que sur l' épreuve surverre, et qui est incontestablement plus artistique. Vous versezla solution albumineuse dans un plateau bien horizontal, ayantsoin qu' il n' y ait pas de mousse. Vous prenez le papier choisiet commencez à le baigner-d' un côté seulement, -commençant l'immersion par le bord de la cuvette qui est vers vous et du côtéle plus large de la feuille, la posant à angle droit sur leliquide et la recourbant vers vous, vous chassez en avant demanière à exercer une forte pression qui repousse les bulles d'air. Vous avez placé devant vous une lumière, afin de suivre àtravers le papier la marche des bulles et de les chasser si elless' arrêtaient dessous.
Laissez la feuille s' imbiber une minute au plus sans la toucher; puis enlevez-la d' un seul coup et doucement par un mouvementbien régulier et la mettez sécher en pendant par un angle. Vouspréparez ainsi autant de feuilles que vous désirez dans le mêmebain, en ayant soin qu' il y en ait toujours environ un demi-centimètre d' épaisseur. Placez ensuite toutes vos feuillessèches et préparées les unes sur les autres, entre deux feuillesde papier blanc et passez dessus, à plusieurs reprises, un fertrès-chaud en retirant une feuille à chaque fois ; vous rendezainsi l' albumine insoluble. Le fer doit être aussi chaud qu' ilpeut l' être sans roussir le papier. Je me sers ensuite de cepapier négatif absolument comme du premier indiqué ; seulement ilfaut faire bien attention que l' immersion sur l' acéto-nitratesoit instantanée et que les bulles d' air soient immédiatementchassées, chaque temps d' arrêt faisant des taches comme sur l'épreuve sur verre. Il est aussi nécessaire de chauffer modérémentl' acide gallique. Papier positif albuminé. Un des meilleursservices que rende l' albumine à la photographie est sanscontredit son application à la préparation du papier positif,auquel elle donne un éclat et une vigueur que l' on peutdifficilement obtenir autrement. Prenez des blancs d' oeufs etvous y ajoutez un cinquième en volume d' eau salée saturée / chlorure de sodium /.Vous les battez en mousse comme précédemment, et décantez leliquide après une nuit de repos. Vous versez ce liquide dans unebassine et y préparez, d' un côté seulement, le papier positifavec la même méthode que pour le précédent papier négatif albuminé. Vous le faites sécher et y passez le fer chaud de lamême manière. Il peut se conserver ainsi quelque temps avant d'être terminé sur le nitrate d' argent. Ensuite vous mettez cecôté albuminé sur un bain de nitrate d' argent, -une partie denitrate en poids contre quatre parties d' eau distillée, -et l' y laissez s' imbiber environ quatre à cinq minutes. Vous le faitessécher en le suspendant par un angle, et vous vous en servezcomme du premier papier positif précédemment décrit. Ce papierdonne beaucoup de profondeur aux noirs et un grand éclat auxblancs. En le laissant peu de temps sur le nitrate, -une minuteenviron-et se servant de papier Whatman anglais, on obtient destons rouge-pourpré très-harmonieux. Le papier Canson et engénéral tous ceux qui contiennent beaucoup d' amidon donnent destons noirs.
Quelques observations relatives à la prise des points de vue. Lorsque l' on veut prendre une vue, il faut avoir bien soin de nepas vouloir faire l' image trop grande, de manière à sortir d'aplomb les lignes qui doivent être perpendiculaires. La distancede l' objet à copier doit être de quatre fois son plus grand côté, pour n' obtenir aucune déformation . Lorsque le recul nécessaire manque avec un objectif normal pour avoir l' ensembled' un site, il vaut mieux alors employer celui de demi-plaque. Ilfaut aussi bien se pénétrer que plus on est près de l' objet àcopier, plus il faut de temps pour l' exposition à la chambrenoire. La végétation et tous les objets verts en généraldemandent aussi un temps plus considérable. Il faut aussi faireattention que le soleil ne frappe pas sur la lentille de votreobjectif lorsque vous prenez une vue, cela nuirait à la nettetéde l' image. Lorsque l' on va en campagne il vaut mieux n'emporter avec soi que ce qui est absolument nécessaire pourpouvoir opérer dans tous les endroits où l' on se trouve. Voicide quoi se compose mon bagage dans cette occasion: une chambre noire avec objectif normal pouvant servir aussi pourobjectif de demi. Dans l' intérieur de la chambre noire estrenfermée une petite pharmacie composée de cinq flacons carrésqui tiennent moins de place : un flacon d' acéto-nitrate d'argent ; un flacon d' acide gallique saturé ; un flacon d' eaudistillée ; un flacon de solution de bromure de potassium pourfixer provisoirement les épreuves ; un flacon d' hyposulfite desoude, une pipette ; trois entonnoirs entrant les uns dans lesautres. J' ai ensuite trois cuvettes en porcelaine très-basses,renfermées dans des boîtes en noyer dont le fond est garni deplusieurs ressorts qui chassent les cuvettes sur le couvercle dela boîte, lequel est recouvert à l' intérieur d' une glacedépolie rodée sur les cuvettes, de manière à les fermerhermétiquement. Une de ces cuvettes me sert à tenir du papier dedoublure toujours humide pour le besoin. Dans l' autre je metstoutes mes épreuves négatives dans la solution de bromure. Dans la troisième j' ai de l' eau pour déposer mes épreuves, quand jeles juge assez fixées, et je les y laisse jusqu' à mon retour aulogis, où je finis de les fixer à l' hyposulfite de soude. Ilfaut avoir soin de ne mettre dans les cuvettes que la quantité deliquide nécessaire pour que les feuilles de papier adhèrent aufond, et pas plus, parce qu' il pourrait alors s' échapper dans le ballottement dela marche. J' ai encore deux plateaux, un pour l' acéto-nitrated' argent, l' autre pour l' acide gallique. On trouve dans lecommerce des palettes à aquarelle carrées et rebordées, en demi-porcelaine de Creil, qui sont très-légères et très-commodes pourcela. Un trépied pour mettre les cuvettes de niveau. Unportefeuille contenant du papier préparé. Deux ou trois mains depapier de soie pour nettoyer les plateaux. Un pied brisé poursoutenir la chambre noire, dont la hauteur doit être assez grandepour que l' objectif arrive à peu près à la hauteur de l' oeil.Un drap noir en grosse cotonnade assez grand pour pouvoirrecouvrir complétement le pied et la machine montée dessus, demanière à former une petite tente sous laquelle je fais toutesmes préparations. J' ai ménagé dans un des côtés du drap uneouverture d' un pied carré où j' ai fait coudre un morceau d'étoffe jaune-orange ; le jour qui pénètre ainsi ne nuit en rien àl' opération, qui m' a toujours bien réussi. Le tour du drap noirest muni d' anneaux qui servent à le fixer au sol avec despiquets en cas de vent. La boîte qui contient tout l' appareil mesert de table. Pour les voyages de long cours, j' ai une secondecaisse, qui renferme 2 o flacons carrés de 25 ogr chacun, où je mets les produits chimiques nécessaires. Une boîteen chêne bien assemblée contenant 8 ouiokilogr d' hyposulfitede soude. Trois ou quatre cuvettes de dimension assez grande pourfaire les bains d' hyposulfite. Une petite balance et ses poids.Une éprouvette graduée pour peser les liquides. Et un châssis àfaire les reproductions : ce châssis se compose de deux glacesépaisses maintenues par un châssis à feuillure recouvert d' uncouvercle à charnière en bois, à l' aide duquel on exerce unelégère pression sur les glaces au moyen d' un carré de papierplié que l' on met entre lui et les glaces. Liste des produitschimiques nécessaires. Iodure de potassium 1000gr, bromure depotassium 4 oogr, chlorure de sodium 5 oogr, nitrate d'argent cristallisé Ioogr, acide acétique cristallisable 2 oogr, acide gallique cristallisé 25 gr, hyposulfite de soudeIkilogr, ammoniaque liquide Ioogr, acide chlorydrique Ioogr,collodion Ioogr, esprit-de-vin 5 oogr, eau distillée I litre,cyanure de potassium 2 ogr.
Nota. Le cyanure est un poison très-actif, il faut l' employeravec la plus grande précaution ; il sert à enlever les tachesformées sur les mains par le nitrate d' argent. -on en met environ 1 gramme sur 10 d' eau. -si on avait des coupures ougerçures, il faudrait bien se garder de s' en servir. Je prendstous mes produits chimiques chez Mm Véron et Fontaine,chimistes, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, N 8. De l'objectif. Le choix de l'objectif est des plus importants pour laréussite de belles épreuves. Pour les monuments, le paysage etles reproductions, l' objectif simple, normal, est ce qu' il y ade supérieur. Je trouve indispensable qu' il ait un long foyer.Pour les portraits, un objectif à doubles verres combinés estnécessaire. Les lentilles, doubles, allemandes plaque normaledonnent de très-bons résultats, mais centralisent un peu trop lalumière ; elles opèrent plus vite que les nôtres par cette raison. Dans le choix de ce genre d' objectif, il faut rechercher ceuxqui donnent l' image nette sur la plus grande étendue possible,et ne pas s' attacher trop à la grande rapidité. Une image estbien plus belle lorsqu' elle présente un aspect bien net dans tout son ensemble que lorsqu' elle estcentralisée. Il faut aussi bien s' assurer que le foyer chimiquede l' objectif coïncide parfaitement avec le foyer apparent,remarque très-importante qui est due à M Claudet. Je me trouve parfaitement bien de nos objectifs français, système allemand ouà double verres, et je ne me sers pas d' autres pour mesportraits. Le foyer en est un peu plus long que dans ceux deVoiglander et l' image plus également nette. La maisonLerebours et Secretan et M Queslin m' en ont fourni d'excellents. Ceux de demi-plaque de M Lerebours sontremarquables aussi par leur grande netteté et leur rapidité, etje les recommande à l' amateur qui ne veut pas faire la dépensed' un grand objectif de 8 centimètres de diamètre. Ils m' ontdonné des portraits très-remarquables. Avec un objectif simple, normal, pour les monuments et paysages et un demi, double, pourle portrait, l' amateur a tout ce qui lui est nécessaire. On peut cependant, à la rigueur, faire aussi le paysage avec la demi-plaque double, en y mettant un diaphragme. Voici maintenant unecombinaison dont je me sers tous les jours avec le plus grand succès.
J'ai un objectif double, français, pour plaque normale, composéde deux objectifs de 8 centimètres, qui me sert pour les grandsportraits ; puis un normal simple pour les monuments. En ajoutantà la suite du premier l' objectif normal simple, la partie convexe en regard de la lentille qui se trouve dans l' intérieurde la chambre noire, j' obtiens une image de demi à tiers deplaque excessivement lumineuse et à très-court foyer qui me donneune rapidité extraordinaire. J' obtiens ainsi un portrait en dixsecondes à l' ombre. Il faut pour cela un tube de douzecentimètres de longueur qui glisse à frottement sur l' objectifdouble, et à l' extrémité duquel il y a un pas de vis pouradapter l' objectif simple. -on choisit la distance suivant ladimension que l' on veut obtenir. Avec ces deux objectifs on atout ce qu' il faut pour opérer dans toutes les conditionsvoulues. Observations pour la bonne exécution des portraits et lareproduction des plaques daguerriennes et des tableaux à l' huile. L' effet est une des conditions absolues pour qu' un portraitsoit agréable. On ne doit donc rien négliger pour y arriver. Lemodèle doit toujours être à l' ombre et un côté de la figure unpeu plus éclairé que l' autre. Il ne faut jamais que la tête soitdans la même direction que les épaules, cela manque d' élégance : si la tête est de face, il faut mettre le corps de trois quarts et réciproquement. Lalumière que l' on obtient près d' une grande fenêtre est très-bonne pour l' exécution du portrait, mais il faut avoir soin demettre en face de la fenêtre une tenture blanche qui vienne projeter des reflets dans la partie qui est dans l' ombre. On obtiendrait sans cela un passage trop brusque du clair au noir,qui ne serait pas harmonieux. Une glace disposée de manière àrenvoyer les rayons lumineux sur la partie de la figure dans l'ombre donne aussi de très-beaux effets. On pose le modèle entreles rayons direct de la fenêtre et ceux réfléchis par la tentureblanche ou la glace. La lumière diffuse extérieure est très-bonneaussi et agit bien plus rapidement ; mais dans ce cas il faut aucontraire mettre près d' un des côtés de son modèle une tenturetrès-foncée afin de ménager des ombres. Sans ces précautions, onmanquerait presque toujours d' effet. Il faut avoir soin que latête soit l' objet le plus saillant et le plus net de l' image ets' attacher à mettre par conséquent plus scrupuleusement au pointsur elle. Lorsque je fais un portrait assis, les genoux et lesmains arrivent toujours beaucoup trop en avant pour pouvoir lesavoir bien nets. J' y arrive cependant en me servant d' uneardoise courbée en sifflet vers le haut seulement de la chambre noire.Pour obtenir cette courbe, je fais placer une personne sur unechaise, les mains sur les genoux dans la position la plushabituelle. Je calcule sur le verre dépoli la différence qu' il ya entre la longueur du foyer sur le visage et celui sur les mains; cette différence établie me sert à faire la courbure de l'ardoise à la place correspondante de l'image. La place qu'occupe la tête doit être scrupuleusement au même point que leverre dépoli de la chambre noire ; on met exactement au pointdessus sans s' inquiéter des mains, qui se trouvent dans l'épreuve venir parfaitement nettes par l' effet du rallongement defoyer produit par la courbe de l' ardoise. Je ménage aussi devantmon modèle une draperie obscure où il puisse reposer les yeuxsans les fatiguer. Je mets un pain à cacheter à l' endroit qu' ildoit regarder, et lui recommande de battre la paupière comme d'habitude. Il faut bien se garder de recommander une fixité deregard complète, au bout d' un instant l' oeil se remplirait delarmes et tout le portrait grimacerait par l'effet de lacontraction nerveuse et gênante que ça produirait. Je fais avecbeaucoup de succès la copie des plaques sur papier ; pour cela,je me sers de l' objectif simple normal que j' adapte à unechambre noire de 5 o centimètres à 1 mètre de foyer.
Je recouvre tout le devant de la chambre noire et l' objectif d'un linge noir, où est seulement ménagée une ouverture de lagrandeur du diaphragme. Par ce moyen j' obtiens une intensitéremarquable dans les noirs de l' épreuve, et j'évite les refletsdans la plaque. Le jour doit arriver sur la plaque par rayonsobliques, de manière qu' il n' y ait jamais de rayons réfléchis àangle droit dans l'objectif. J' obtiens ainsi une image depuisla grandeur égale jusqu' au double et au triple. Les mêmesprécautions doivent être prises pour la copie des tableaux à l'huile. Il faut généralement prolonger l' exposition à la chambrenoire pour une copie de plaque à grandeur égale pendant un quartd' heure ou une demi-heure, et plus si l' on fait plus grand. Je me suis efforcé dans ce petit traité de donner tous lesrenseignements que je crois utiles à l' amateur pour bien réussir. Je l' engage à ne pas se laisser rebuter par un premierinsuccès ; en suivant exactement ces indications, il ne peutmanquer de réussir. Tous les jours je mets ces procédés enpratique dans mon grand atelier de photographie, chemin de rondede la barrière Clichy,7; j' engage donc les personnes quipourraient être arrêtées par quelques difficultés à m' y venirvisiter, je me ferai un plaisir de leur donner les renseignementsqui pourraient leur manquer, et de leur faire voir mes collections d' épreuvesfaites par ces procédés. Appendice. Je travaille dans ce momentun procédé sur verre par l'éther méthylfluorhydrique, lefluorure de potassium et de soude, dissous dans l'alcool à (..) mêlé à l' éther sulfurique et saturé ensuite de collodion. Je fais ensuite réagir l' acéto-nitrate d' argent, et j' obtiens uneépeuve à la chambre noire en vingt secondes à l' ombre. Je développe l' image par une dissolution très-étendue de sulfate defer et fixe par l'hyposulfite. J'espère arriver par ce procédéà une très-grande rapidité. L' ammoniaque, le bromure depotassium me donnent de grandes variations de promptitude.Aussitôt que mes expériences seront complétées j'en publierai lerésultat par un appendice. L'application sur le verre en est très-facile. Les mêmes réactifs employés avec l'albumine et la dextrine donnent aussi un excellent résultat très-prompt. J'expérimente aussi sur un mucilage produit par un fucus, sorte devarech, qui me paraît devoir être d' un grand avenir. J'ai l'espoir d' arriver à faire ainsi un portrait en 3 ou 4 secondes.
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1850

Fundação em Nova York do DAGUERREIAN JOURNAL (1850/1870)
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1850/1851

DAVID BREWSTER, torna popular a imagem em relevo com a introdução do seu estereoscópico lenticular.
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terça-feira, 3 de Novembro de 2009

1851
A TREATISE ON HELIOCHROMY

L. L. Hill
"The Hillotype"

This name -- "The Hillotype" -- was first given to my process by S. D. Humphrey, Esq., editor of the Daguerrean Journal. He did so on his own responsibility. I called it, from the first, "The Heliochrome." Mr. Humphrey's godfather-ship has, however, been universally adopted by the public. I am now to detail the process known by Mr. Humphrey's cognomen, and will do so. As a Formula.
. Thoroughly clean a good daguerreotype plate, by means of rotten stone and alcohol. Polish with buckskin and calcined lampblack. Rouge is detrimental. For ordinary experimenting, you may omit the polishing.
. Electrotype the plate till its surface assumes a deep blue. The ordinary cyanide of silver solution is far inferior to the following:-Mix solutions of the cyanides of silver, copper, and zinc, in the proportion of 8 parts of silver, 2 of copper, and 1 of zinc. Use two pair of Daniels batteries, and proceed in every other respect as for electrotyping an ordinary daguerreotype plate.
. Rinse and dry the plate. If you use artificial heat to dry the plate, let the latter get cold before the next operation.
. Place the plate on a level support, and cover it with a well filtered solution of nitrate of mercury 1 grain of the salt to 20 oz. of water. Let this remain on about half a minute. Pour it off and thoroughly rinse the plate, then cover it with a solution of sel d'or (hyposulphite of gold), 20 grains to one quart water, and let this remain on the plate about one minute. Rinse and dry, and again place the plate in the silver solution until it is slightly changed-say from one to five minutes-according to the strength of the solution. Rinse and dry, and buff to a polish, using calcined lampblack instead of rouge.
. Now coat the plate over a jar of chloride of iodine-1 oz. chloride to 8 oz. water, until it assumes a bright pink color. Expose the plate a moment to diffuse light, or place it in a camera directed to a white screen as long as you would for a portrait, and then place the plate over mercury, heat to 170°ree; Fah., for about three minutes. Wash with hyposulphite of soda-or, what is better, cyanide of potash, as you would for a Daguerreotype picture; rinse with water, and gild in the usual way with chloride of gold, or sel d'or. Rinse and dry. If you have exposed long enough to light, your plate will now have a bluish light cast, or solarization, similar to overdone linen in a Daguerreotype.The whole of the above process will occupy but little more time than is required for producing and finishing an ordinary daguerreotype picture.
. Expose the plate, prepared as above, in a jar of chlorine gas, until it takes on a faint yellow the second time. Keep the plate in this state in total darkness, until wanted for use. It greatly improves by keeping. The chlorine for the above coating I conveniently procure as follows, viz.:-I wet several folds of cotton cloth with dilute sulphuric acid, and place them in the bottom of a deep jar. On these I spread one thickness of cotton flannel, dry, and over that I sprinkle about a teaspoonful of dry chloride of lime, and immediately close the jar. In a few minutes a sufficiency of chlorine gas will be evolved to coat the plate. The action will be mild and uniform.
. Prepare the following "singular compound:"-In a quart bottle place 4 oz. of common salt, 4 oz. of blue vitriol, each well pulverized, and add 16 oz. of water heated to 122°ree; to 140°ree; Fah. Shake well for five minutes, with the bottle well stopped. Set it aside to cool. When perfectly cold there should be a deposit of sulphate of soda. If there is not, place the mixture in an evaporating dish, and by means of a water bath, slowly evaporate, until, on cooling, a deposit of sulphate of soda takes place. Then decant the clear liquid into a clean bottle with a wide mouth. Fit into the mouth of the bottle the beak of a lead retort. In the retort place 2 oz. of fluoride of calcium, and 4 oz. of sulphuric acid, and apply a very gentle heat. The beak of the lead retort must dip into the liquid in the bottle, and the stem passed tightly through a well fitted cork. In a few minutes the liquid in the bottle will become saturated with the fluo-hydric acid. The fumes of this acid are intensely poisonous, and the operation should be conducted with extreme caution. When the operation is over, let the retort cool, and immediately wash it with abundance of water. To preserve the liquid, it should be transferred to a gutta percha bottle. After the transfer, add to the liquid 4 oz. of pure muriatic acid, and 1/2 oz. black oxyde of copper. Cork tight, and let it stand at least 48 hours, with occasional shaking. Now mix, in an evaporating dish, 1 oz. of peroxyde of iron (common rouge), 5 oz. of pure muriatic acid, and 1/2 oz. of yellow ochre, and apply heat until a deep yellow liquid is formed. Filter into a glass bottle, and add 1/4 oz. of boracic acid, 60 grains of phosphate of soda, 30 grains of per-manganate of potash, 1/>2 oz. of the fuming liquid of Libavius (made by saturating nitro-muriatic acid with tin by the aid of heat), 5 drops of pure bromine, and 3 grains of iodine. Agitate the mixture for about ten minutes, and add it to the other bottle. Shake well and filter. Place the clear liquid in a large earthen glass, or gutta percha platter, and keep it in sunlight until the watery portion is evaporated. The bottom of the dish will be covered with clusters of brilliant, green, needleform crystals. Collect, and keep these in a well stopped bottle. When you wish to form a bath for coating plates, dissolve 2 oz. of these crystals in 4 oz. of water, and add 1 oz. of pure muriatic acid, 1 grain of bi-chromate of potash, 3 grains of sel d'or, and 1/2 oz. of hydrofluoric acid. Shake well, and filter. Place this in an earthen glass, or gutta percha platter-tilt the platter so as to gather the liquid in one end of the dish-lay the plate prepared as in sec. 6, on the bottom of the platter, and lower the latter in such a way as to secure an even flow of the chemical over the plate. Suffer the plate to remain from 3 to 10 minutes, or until it appears nearly black. This should be done by the light of a candle only. Now rinse the plate freely with water, and dry it off with a spirit lamp, as you would finish a daguerreotype. In this state the plate will reproduce the colors, by a prolonged exposure to light, as you will see by pressing upon it a colored engraving by means of a plate of glass, and placing it in sunlight. Many of my experiments were performed in this stage of the process.
. To render a plate, prepared as above, exquisitely sensitive, you have only to immerse it a few seconds in the following preparation, rinse, and dry. In 1 oz. of aqua ammonia dissolve 6 grains of gallic acid, add to this 1 drachm hydrosulphuret of ammonia, 1/2 oz. commom salt, 1 drachm each of strong essence of lavender, cassia, and cloves, 2 drachms of grape sugar, 50 grains of fluoride of potash, 10 grains hyposulphite of copper, and a quart of water. This preparation may be used in a platter like the preceding. When not in use, it should be kept well corked. Its use gave me a great step in advance. It not only quickens the process, but adds greatly to the strength and truthfulness of the coloration.
. A further great improvement in the strength and brilliancy of the pictures results from modifying the coating of the plate, as above prepared, by the applications of heat, or by the action of the orange rays of light, or by both combined. If the plate is heated until it assumes a red, it gives the color more brilliantly, and the whites are always good. A plate which would not give yellow and green, will give both after being exposed under a deep orange glass, in the sun, for a few seconds.
. In forming a colored image on these plates direct, without a developer, a prolonged exposure is required-from five minutes to half and hour, in sunlight. Your true way will be to use the process thus, by means of superimposing colored engravings, or other transparent objects, until you have thoroughly tested your chemicals, and mastered the process of coating. Then you may proceed to the work of developing the latent colored images, which you will soon be convinced, are formed almost instantaneously. Phosphuretted and sulphuretted hydrogen, and especially a mixture of carburetted hydrogen, phosphuretted ether, and ammoniacal gas, have the property of developing these images. So, also, with hot aqua ammonia, nearly saturated with hyposulphite of silver, and the combined vapors of burning copper, zinc, lead, and antimony. I make an alloy of these metals, and vaporize this alloy in a mercury bath, heat over a small charcoal furnace having a blast. The plate should be raised about 18 inches from the bottom of the bath. My apparatus for heating is an upright furnace, 10 inches in diameter. Attached to one side is a two foot balance wheel over which passes a band which turns a small shaft, and gives a rapid motion to a fan wheel 8 inches in diameter. The wheel is in a hollow disc having an opening in its sides to let in air. This disc discharges the blast through a tube entering the furnace. A common bellows, of good size, will answer.The ammonio-hyposulphite of silver, named above, I use in a platter, placed over heat. It must be used at the temperature of 150°ree; to 160°ree; Fahr. The plate should be immersed in the liquid for a few minutes only. In this way I have produced some very fine results.I use the mixed gases, above named, as follows. In a deep jar I place a few sticks of phosphorus, and cover them with sulphuric ether. The fume arising from it is phosphuretted ether. In the same jar I place a small bottle of aqua ammonia, and into the lower part of the jar I inject a small stream of carburetted hydrogen, made by mixing in a retort 4 parts of oil of vitriol with one part of alcohol, and applying a gentle heat. The plate should be held over this mixture for a period ranging from five minutes to half an hour. You may observe the progress by the light of a candle, screened by yellow glass or paper.Phosphuretted and sulphuretted hydrogen (for the process of making which see chapter on chemicals), I employ in a similar manner, only the exposure need not be so long.
. The final fixing and finish is given to these pictures as follows:Dissolve in 1 quart water,30 grs. hyposulphite of gold,15 grs. chloride of zinc,20 grs. sulphate of soda,1 oz. sulphuric acid-pure.Immerse the picture for a few minutes, or until a slight change is apparent. Then rinse the picture, dry, and rub it with a buckskin buff. A little sweet oil will heighten the polish. If you wish a dead surface, you have only to observe extreme cleanliness in the whole process, and omit the final polish.
The Formula Explained
. The first preparation of the plate has for its object the production of a peculiar molecular arrangement in the particles composing the surface. On this one thing-molecular arrangement-the whole phenomenon of coloration depends. Those who work the process, are urged to keep in view the fact that this preliminary method greatly conduces to the final grand result.
. The "Singular Compound," described above I will not attempt to explain chemically. I will simply urge the absolute necessity of a strict adherence to the formula, both as regards manipulating, and the character of the chemicals. Lengthy as the process may seem, it is very simple.
. The action of heat and of red light, in modifying the surface, is, I think, to disintegrate the coating, and to give it a different molecular structure. The result is an increase of sensitiveness; and this alone would seem to account for the superiority of the results, as to strength and brilliancy, and for the more certain re-production of yellow and green.
. The quickening agents I have named may be greatly varied. The object of their use is to aid in reducing the silver compound formed to that condition at which colors are formed. It is difficult to tell what the compound on the plate is, but it is a peculiar compound of silver. Anything that will tend to reduce this salt to the state, or to the point where color forms, will quicken the process. Aldehide is one of the substances which deserve a thorough trial.
. The fixing agent acts by way of deoxydizing the chemical surface. It also effects a partial decomposition of the surface, and those combined chemical agents, such as Chlorine, Fluorine, &c., which would otherwise re-act upon the picture, and destroy. All the pictures which I have treated thoroughly have remained fadeless. Those of which have been carelessly done, have faded very much, and some of them have deteriorated in darkness.
My Method of Working the Formula.
. In the choice of chemicals I am scrupulously nice. I set it down as a rule not to use a single chemical unless I am sure of its good quality.
. I am very particular as to the clearness of bottles, dishes &c., used in making and mixing chemicals. A little neglect here will defeat every other precaution. This is a hint of the utmost importance. It cannot be neglected with impunity.
. I am equally particular in cleaning the plates. The polish is not of so much consequence; but an absolutely clean surface is indispensable. What I mean by a clean plate, is one free from such impurities as will injure the chemical effect. I have found no materials better than pure alcohol, good rotten stone, and clean cotton wool. If at any time you find a plate which has become stained in such a way, as that scouring will not clean it, heat it over a spirit lamp, until it whitens, and then scour it.
. The chemicals I make in quantity-exactly in accordance with the formula, as I have given for them.
. I avoid haphazard experiments. I make up my mind at night what experiment to try next day, and stick to it till I have found the bottom of the idea, or till I am obliged to abandon it. No progress can be made in any other way.
. I adopt, as a thing of no small importance, the principle-"creep before you walk." Hence I begin to work in the direct way-viz.-by superimposing a colored print, and exposing until I get a picture without a developer. In this way I learn whether my chemical coating will give colors. This ascertained, I can pass to the developer, the quickening process, &c.
. Perseverance, I have found, is a cardinal virtue in an experimenter. The moment we get discouraged, all progress is at an end. I have persevered for about nine years in the face of difficulties sufficient to appal stouter minds than mine, and all my success has depended upon my fixed purpose not to be foiled.
The foregoing statement of my formula, its explanation, and my method of working the formula, I have given in such a way as to avoid confusion, and at the same time to impart all necessary instruction. I have the fullest confidence in the success of all who bring to the process the aid of skill, industry, and perseverance.
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1851
Janeiro
PHOTOGRAPHIC ART-JOURNAL


"PHOTOGRAPHY, THE HANDMAID OF ART"
J. K. FISHER


The first notion of an uninstructed person, when he sees a work of art, is, that the chief merit and difficulty of it lies in the close resemblance to the object represented. He is astonished, after long acquaintance, to learn that there is far more difficulty in the mere arrangement of the whole, than in the execution of the parts. Such persons, when the Daguerreotype appeared, at once supposed that the perfection of representation would be attained by scientific and mechanical means, and the artists' skill would be dispensed with.
But when they got into the chairs of Daguerreotypists, and found themselves pictured with long, important faces, and awkward attitudes, looking like debating politicians attempting to start first speeches, or unpractised lovers struggling to pop the question, or youths sitting for the first time in barbers' chairs to undergo the momentous and man-developing process of shaving; then those over-sanguine persons wondered why they did not get strong likenesses, natural expression, easy attitudes, and other good qualities, which they had always supposed to be easily gotten. The reason is twofold; they could not themselves look like themselves, under the circumstances; and the operators had not the judgement to manage and catch them. So, in most cases, pictures are awkward and affected, and often difficult to recognize.
All this trouble will begin to grow less when operators find out that no one can be a successful Daguerreotypist unless he is an artist as well as a manipulator. As a mere rhymer is not a good poet, a mere talker not an orator, so a mere manipulator is not capable of producing agreeable pictures, however good his subjects may be. A real artist, with the most unpromising subjects, will surpass him. And it will be found, more and more, as Photography advances, that among those who are equal in chemical skill, some will get ten dollars, and others fifty cents, for pictures of the same size, for no reason but because their taste and artistic skill are superior.
But it is not often enough that artists will apply closely enough to the chemical department to become masters of it. Nor is it absolutely necessary that they should do so; for the requisite skill may be hired for ten or fifteen dollars per week; and the artist may confine his attention to the part which pertains to him, and leave the rest to others who are superior to himself in their way, as much as he is superior to them in his way. Or, if good operators would see their own deficiencies, perhaps they might join in co-partnership with those who would supply them. The union of artistic taste and science with chemical science and skill would rapidly advance Photography, and make it an invaluable means to cull the beauties from nature, for the use of art, as well as for the gratification of friends.
In some cases, practical artists have turned their attention to daguerreotyping, and their pictures have been superior, in their general effect, to others, although in the chemical effect they might have been far less successful. Among the early experimenters, were some artists and many practical chemists, each excelling in his way, as might have been expected; and a comparison of their productions show that the excellences of the two are required for complete success. But succeeding operators, in most cases, have caught but a smattering of each-a little artistic taste, and a little chemical science and expertness of manipulation; and so we have a multitude of picture makers, of different degrees of skill and taste,-some of them highly respectable, but few indeed who produce such effects as might reasonably be expected from the combination of talent which we have suggested.
But if art is thus required to direct the labors of the Photographer, art itself may receive most useful service in return. We are informed that English artists now go about in the fields with the portable camera and calotype paper, instead of the sketchbook formerly carried; and that such objects as they meet with suitable for materials for their pictures, they seize by this easy and quick process. And it is found to be of great use. The effect of the moment is secured in all its parts; there is no chance for the shadows and lights to change so that the parts may become discordant or out of keeping, as often unavoidably happens in making drawings from landscape. And so in regard to draperies. The stiff artificial log figure, on which drapery never looks natural, is now less used; but the living model sits with the costume required, and all the folds are taken at the same moment, in perfect congruity with each other. From such materials the artist obtains true outlines, true masses of shade and light, and upon this basis the finish is easily given direct from the natural objects.
But artists, as we have said, cannot spare the time necessary to acquire expertness in preparing successfully the delicate and difficult operations of the Photographer. They want the work to be done for them. In London they buy their paper ready prepared, which they take into the fields, and having there exposed it in the camera, they leave the development of the picture to skillful assistants; and the facility for doing this is an advantage which will probably induce artists to prefer the calotype to the daguerreotype. The photographic paper may be kept for some time without injury; but the daguerreotype plate must be prepared for use, and the developing process performed, nearly at the time of the process in the camera.* With proper Photography, there may be a distinct business, consisting of the preparation of the paper for the camera, and the developing and finishing processes, carried on by good chemical manipulators; while artists, in their own studios, or in the woods and fields, perform the part which pertains to themselves,-the camera operations,-at such times as may suit their convenience.
As to the patent right which restricts the use of the paper processes, we think it applies only to Talbot's. Other preparations, by Hunt, Hemkel, and others, are free; and though they may be somewhat less sensitive, yet, for most uses, they are sufficiently sensitive, and the pictures produced by them are as good as Talbot's. Here, then, is a fair opening for those who can acquire the skill to prepare photographic paper, and perform the other processes of the art. With a small stock of good paper and chemicals, and with a few cameras to let, we think they could easily induce artists to try what advantages they might derive from such an aid.
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* This is a slight mistake. We have known plates that have been coated three months to take the impression of an image as perfect as if just coated, and in a much shorter time than usual with the same sensitive. Mr. Claudet, of London, has remarked the same circumstance.-ED.
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1851

WESTERN JOURNAL AND CIVILIAN




"DAGUERREOTYPING"


H. FITZGIBBON




Proud indeed must that man be, who, while yet an inhabitant of earth, finds his fame encircling the habitable globe. With what exquisite feelings of pleasure must be the consciousness that the civilized world are now practicing that beautiful art of which he was the happy discoverer, and to know that every time the sun rises the name of Daguerre is written:
"With a pencil of light"

on countless myriads of tablets in both hemispheres. And, proud may we be who find the enchanter's wand placed within our own grasp, that we too, can command the sun to stand still, and find him obeying our slightest wish, ministering to our fondest loves, and holiest affections, with an alacrity almost beyond the power of comprehension. Onward as has been the march of this wonderful art,--if we may give such a term to the skilful management of science,-since its first discovery by the great Frenchman and more especially since its introduction to this progressive country, until we may now say it is perfect,* where each operator tries to surpass his brother in producing the finest effect on the polished surface of the silver plate, yet there are many,-it is to be regretted,-who seem to care but little what kind of a picture they produce, so long as they gratify their mercenary desire to accumulate the almighty dollar. That such professors of the art exist at all is more owing to the fault of the community in which they live, than any other cause. Most persons like to have cheap pictures (not likenesses) and when it is too late, they find to their cost, they have paid too dear for them, for one half of those so taken have to be taken over again by more competent and skilful operators. Few persons in the present day are aware how their resemblances are transferred to the surface of the metallic plate. And few, very few, of the travelling operators are sufficiently educated in the science of their art to explain the why and the wherefore of the appearance of the picture, or even the nature or effect of the chemical agents they employ. The cause of all this ignorance on such subjects arises from the fact that many young men suddenly captivated with a love for the Fine Arts, take it into their heads that they are destined to make a figure, or figures in the world, consequently their genius must no longer be hidden under a bushel, but expand its wings in a higher intellectual atmospheric region. Or, what is still more likely, they are lured into this pursuit by a prospect of an easy and rapid accumulation of money. Instantly they repair to some cheap Daguerrean establishment or perhaps apply to an itinerant professor, and for ten, twenty, or thirty dollars are regularly manufactured in the short space of from three to six days, into full-bred professors of the photographic art. Is it then to be wondered at that we find so many awful, ghost-like looking shadows poured out upon the world by a host of ignorant pretenders? Not at all!If a person wishes to become acquainted with the Daguerrean art, instead of going to a mere tyro, he ought to place himself under the tuition of an operator of established reputation, one who is permanently located in some city and well known to his neighbors as a man of skill and experience in his profession. Such a man must be well paid for the knowledge he imparts, and the pupil ought to spend at least three months with him, if he is desirous to become familiar with the whole process of Daguerreotyping in all its present perfection....Nature, copying nature by nature's hand, is so wonderful in its simplicity, that through that very simplicity it becomes difficult of comprehension to some operators, for they will so veil and mystify it to those who know nothing of the operations of science, as to make them believe that they produce pictures by the powers of parafarageraramus, as McAllister does his tricks of legerdemain. As this interesting art is not generally known in the great West, it may not be uninteresting to the readers of the Western Journal to hear a few remarks upon the subject and of the materials through whose agency the Daguerreotypes are produced....To succeed in this as in any other business, you must pay strict attention to it and never trust to chance but be ready at all times to operate, have every thing in order and when a sitter comes to have his likeness taken, go to work regardless of the weather, be prepared for all kinds of weather, and let me tell you some of the best pictures are frequently taken in wet and cloudy weather. Be very particular how you pose your sitters, as the painters term the position they give to the subject; let them always assume the easiest and most natural position possible, for on this, in a great measure, depends the beauty of the daguerreotype, and, never for one moment think of letting a picture leave your gallery that has no shadow or out-line to the features, as such productions, although they may please some sitters because copied from themselves, yet they will reflect no credit on either the art or the artist.
* Mr. L. L. Hill of the State of New York, has announced to the world that he has discovered a method of taking pictures in natural colors, with all the perfection of nature herself.
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domingo, 25 de Outubro de 2009

1851
3 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
N. 5
Pag. 130


M. CLAUDET adresse, de Londres, un Mémoire ayant pour titre : Description du dynactinomètre, instrument pour mesurer l’intensité des rayons photogéniques, et pour comparer la puissance des objectifs. – Diverses recherches sur la différence entre les foyers visuels et photogéniques, et sur leur constante variation. – Hypothèse sur les causes de cette variation.
Ce Mémoire a été lu, par l’auteur, le 7 août 1850, à l’Association britannique, réunie à Edimbourg. Dans un précédent Mémoire, présenté à l’Académie des Sciences, séance du 20 mai 1844 (Comptes rendus, tome XVIII, page 954), M. Claudet avait établi que le foyer photogénique ne coïncide pas, en général, avec le foyer visuel, et que l’éloignement de ces deux foyers varie, d’une part, suivant les distances des objets, de l’autre, suivant l’intensité de la lumière. Dans deux autres Mémoires, également présentés à l’Académie les 18 octobre et 20 décembre 1847, l’auteur considérait les actions que les diverses radiations solaires exercent sur les couches sensibles des plaques daguerriennes. Ses nouvelles recherches, qui sont, comme on le voit, la suite d’un travail dont les premières parties ont été soumises au jugement de l’Axadémie, travail ayant pour but de donner aux opérations photographiques toute la précision désirable, sont renvoyées à l’examen de la Commission nommée à l’occasion de la présentation du 18 octobre 1847.
1851
9 de Fevereiro

É publicado o Nº. 1 do jornal LA LUMIÈRE, journal non politique. Beaux Arts, héliographie, sciences. Fundado pelo coronel Montfort e l'abbé Moigno.

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1851
LA LUMIÈRE
9 de Fevereiro
Nº 1
Pag. 2, 3


FRANCIS WEY
DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS,DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS
Il y a deux mois, l'un des plus habiles praticiens du procédé nouveau de la photographie, M. Le Gray, envoyait au jury de l'exposition de 1850 neuf dessins sur papier représentant des paysages, des portraits d'après nature, et d'après des tableaux. Quand on eut admiré la perfection surprenante des résultats obtenus, l'on se trouva embarrassé pour classer des ouvrages dignes de rivaliser avec les œuvres d'art les plus achevées, et qui toutefois, accomplis par un procédé purement théorique, ne se rattachent point d'une manière directe à la pratique du dessin. Rangées parmi les lithographies, les œuvres de l'habile héliographe furent annoncées sous cette rubrique au Livret de l'exposition actuelle.
Mais il survint une sous-commission qui, envisageant la question à un autre point de vue, fit retirer les dessins de M. Le Gray.
Les premiers juges les avaient considérés comme œuvres d'art ; les seconds les ont classés parmi les produits de la science. Nous serions fort empêché de savoir à qui donner raison.
Evidemment l'héliographie procède de la chimie et de la physique ; mais de toute évidence aussi, cette découverte, perfectionnée de jour en jour, est appelée à exercer dans le domaine de l'art une influence immédiate et profonde.
Appelé naguère à examiner les derniers résultats obtenus par des hommes studieux, zélés et pleins d'expérience, nous avons été frappé d'un étonnement très vif. La photographie est, en quelque sorte, un trait d'union entre le daguerréotype et l'art proprement dit. Il semble qu'en passant sur le papier, le mécanisme se soit animé ; que l'appareil se soit élevé à l'intelligence qui combine les effets, simplifie l'exécution, interprète la nature et ajoute à la reproduction des plans et des lignes l'expression des sentiments ou des physionomies.
En effet, la photographie s'exerce sur une gamme de tons excessivement étendue. Depuis l'indication fugitive et vaporeuse, mais précise encore, telle que M. Vidal parvient à la fixer d'un souffle, jusqu'au relief violent et contrasté de Rembrandt, jusqu'à une intensité de tons qui défie les ressources de la gravure. Telle est la souplesse de cet instrument, qu'il justifie successivement les genres les plus opposés, les qualités les plus diverses, et même les manières les plus individuelles. Dans une série de paysages et d'autres sujets, nous avons vu tour à tour des Joyant et des Piranèse, des Decamps, des Metzu, des Corot, des Ruysdaël, des Marilhat, fortuitement éclos de la seule fantaisie de la nature. On eut dit qu'elle s'était plu, avec une docilité capricieuse, à rendre hommage à la plupart des peintres qui l'ont si diversement encensée.
Telle est donc la première réponse de cette nature jusque-là muette, questionnée tant de fois, et qui se prêtait, inerte, à de si nombreuses hypothèses. L'héliographie lui donne une voix, l'arme d'un langage et l'invite à rédiger ses Mémoires.
Fait consolant et bizarre ! elle consacre à peu près tout ce que l'opinion publique a successivement exalté. Ainsi l'esthétique pure n'a rien à perdre à cette épreuve ; elle ne peut qu'y gagner en hardiesse, en expérience, tandis que les couches inférieures de l'art, celles où le succès douteux dépend de la routine, du procédé manuel, et se limite à la tradition stérile, se trouvent dissoutes et annihilées.
Il est arrivé plus d'une fois que certains genres, investis d'une vogue passagère, ont disparu avec la mode qui les avait recommandés. Sans parler des traits à la silhouette, et pour se borner à des productions plus relevées, rappelons les lavis à l'encre de Chine, puis à la sépia, si fort appréciés sous Louis XVI ; plus tard, les gouaches, compromis harmonieux et terne entre le dessin et la peinture ; puis les petits crayonnages tels que les exécutait Lantara, si souvent imité… La passion de l'effet, l'amour de la couleur ont fait pâlir ces pratiques mal défendues par l'artifice du métier. L'aquarelle a remplacé ces procédés ; puis la peinture à l'huile est devenue si populaire, que l'aquarelle à son tour se voit supplantée.
Au fond, ce qui tend à s'effacer d'une manière constante, c'est la marque sensible de la manutention, c'est l'artifice du procédé et la complication du travail. A moins de se rapprocher du dessin, ou de paraître empreinte d'une forte émanation de la couleur, la gravure devient froide à nos yeux ; la classique vigueur des tailles est de moins en moins appréciée. La lithographie, plus ou moins immédiatement assimilable au dessin naïf, fait des progrès incessants.
C'est dans ces circonstances que se présente l'héliographie : que produira-t-elle ? Sans contredit, d'anciens genres vont disparaître, une révolution s'effectuera, lente, profonde, et salutaire comme toutes les révolutions vraiment dignes de ce titre. Mais ce qui doit advenir, est-il possible déjà de le pressentir ? Assurément.
Précisons en quatre mots le résultat définitif : les artistes vraiment originaux, loin d'être atteints, devront à l'invention nouvelle des ressources imprévues, et prendront un plus large essor. Les gens de métier, les mécaniques, ainsi que l'on disait jadis, seront abattus.
La photographie traduit à merveille : pour la surpasser, il faudra traduire et interpréter. Elle est donc propre à faire ressortir les qualités personnelles de dessinateurs tels que M. Desmaisons, qui copie Vidal avec tant de finesse ; que M. Soulange-Tessier qui a, cette année, retracé Descamps avec souplesse ; que M. Monilleron, l'aigle de la lithographie, qui s'assimile par des qualités particulières les compositions dont il s'inspire ; que M. Aubry-Lecomte, qui séduit par la dextérité charmante, par la finesse et la précision de son crayon, ou que M. Français, le plus subtil commentateur de nos paysagistes.
Ce dernier nous fournirait des exemples faciles à saisir. Pour en choisir un seul, il est certain que la photographie reproduirait avec une incomparable fidélité la Matinée de M. Corot ; mais elle ne compléterait pas le tableau, elle n'en interpréterait pas l'esprit, elle n'en éclairerait pas l'intention poétique en y ajoutant comme l'a fait M. Français, dans sa lithographie, l'impression d'une pensée personnelle et délicate.
Cependant, la photographie est très souple, surtout dans la reproduction de la nature ; parfois, elle procède par masses, dédaignant le détail comme un maître habile, justifiant la théorie des sacrifices, et donnant, ici l'avantage à la forme, et là aux oppositions de tons. Cette intelligente fantaisie est beaucoup moins libre dans les daguerréotypes sur plaques de métal. Il y a plus : le goût particulier du photographe perce dans son œuvre, pour matérielle qu'elle semble ; les épreuves obtenues par des artistes sont supérieures à celles des érudits. Les premiers choisissent mieux leurs sujets, recherchent avec succès des effets dont ils ont le sentiment inné, et l'influence de l'individu est assez perceptible pour que les amateurs–experts, à la vue dune planche sur papier, devinent d'ordinaire le praticien qui l'a obtenue.
Ces explications fournies, abordons succinctement une étude curieuse, celle des diverses branches de l'art que la photographie met en péril ; puis, signalons, parmi les travaux des artistes, ceux qui sont destinés à fructifier de cette invention. Nous n'aurons pas à nous préoccuper de ce qui échappe à cette atteinte ou se soustrait à cette influence, car elle ne laissera rien d'intact et se fera sentir partout.
Le résultat le plus complet, le plus destructif, portera sur les dessins, les gravures ou les lithographies représentant des villes, des monuments, des églises, des ruines, des bas-reliefs, et en général des sujets d'architecture. Sur ce terrain, la lutte serait chimérique : une médiocre épreuve héliographique du portail de Chartres ou de Bourges sera toujours préférable, et comme fini, et comme réalité, et comme relief, et comme précision, à la gravure la plus accomplie. Dans ces sortes de sujets, la reproduction plastique est tout, et la photographie en est la perfection idéale.
Telle est même la puissance presque fantastique du procédé, qu'il permet à l'examinateur d'un dessin d'architecture de l'explorer comme la nature même, et d'y faire des découvertes inaperçues sur le terrain. Cette assertion sera éclaircie et appuyée par une récente anecdote.
Il y a quinze mois, M. le baron Gros, alors ministre plénipotentiaire en Grèce, fixa, par le moyen du daguerréotype, un point de vue pris à l'Acropole d'Athènes. Là se trouvaient disséminés des ruines, des pierres sculptées, des fragments de toute espèce. De retour à Paris, à la suite d'une mission délicate et honorablement remplie, M. le baron Gros revit ses souvenirs de voyage, et considéra, à l'aide d'une loupe, les débris amoncelés au premier plan de sa vue de l'Acropole. Tout à coup, à l'aide du verre grossissant, il découvrit sur une pierre une figure antique et fort curieuse, qui lui avait jusqu'alors échappé. C'était un lion qui dévore un serpent, esquissé en creux et d'un âge si reculé, que ce monument unique fut attribué à un art voisin de l'époque égyptienne. Le microscope a permis de relever ce document précieux, révélé par le daguerréotype, à sept cents lieues d'Athènes, et de lui restituer des proportions aisément accessibles à l'étude.
Ainsi, ce prodigieux mécanisme rend ce que l'on voit et ce que l'œil ne peut distinguer ; si bien que, comme dans la nature, le spectateur en se rapprochant plus ou moins, à l’aide de lentilles graduées, perçoit les détails infinis, quand l'ensemble des objets ne suffit plus à sa curiosité.
On conçoit que l'héliographie, s'exerçant sur une surface plane comme la toile d'un tableau, en reproduit l'image et l'effet avec une exactitude mathématique. Il y a là une précieuse ressource pour obtenir, à l'usage du graveur, des réductions excellentes ; mais la supériorité même du résultat condamne à périr comme insuffisante toute autre copie bornée à la seule imitation, sans coopération de la pensée qui rehausse d'un esprit particulier la traduction du modèle. Morghen, Nicolas Chapron, graveur des loges de Raphaël d'Urbin, donnent assurément du maître une idée plus haute et plus complète que ne le ferait le daguerréotype. Un portrait rendu par Nanteuil ou par Drevet, d'après Mignard ou Rigault, vit deux fois, respire d'un double souffle, et c'est ainsi que le portrait gravé de Bossuet est supérieur à l'original. L'héliographie ne peut aller au-delà de son modèle : c'est un fidèle agent, ce n'est pas une intelligence. Mais, on le pressent avec nous, ce procédé matériel, invincible dans les limites de son domaine, abolit virtuellement toute autre imitation réduite à n'être rien de plus.
Tout dessinateur, tout lithographe, ou tout graveur dépourvu des inspirations de l'artiste, risquera donc de se voir supplanté, et entre deux machines, la plus parfaite, la plus rapide, la moins coûteuse, sera nécessairement préférée. N'est-il pas étrange et providentiel que les révolutions opérées par les progrès de l'intelligence humaine surviennent si à propos et se présentent juste à l'heure où des solutions sont attendues ? Sous le régime libéral et peu éclairé qui a gouverné les arts depuis vingt ans, le nombre des artistes s'est multiplié et le talent s'est éparpillé en petite monnaie. Quiconque eut à sa disposition une influence, a été à même d'exploiter son heureuse médiocrité, et, pour s'improviser artiste, il a suffi de quelque habileté pratique mise en valeur par l'enrôlement dans une coterie. De là cette cohue de peintres, sans cesse recrutée, qui absorbe les ronds de l'Etat, inonde le pays de productions vaines et enlève, par une concurrence illimitée, la légitime assistance du gouvernement aux hommes supérieurs, aux artistes éminents condamnés à la gêne et à la stérilité. Cette armée de peintres des deux sexes étant désormais impossible à défrayer, il devenait aussi indispensable qu'impossible de trancher dans le vif et d'opérer un triage que l'héliographie a pour mission d'accomplir, dans un temps donné, avec une équité parfaite. Cette découverte, il faut se hâter de le dire pour intimider les ambitions vulgaires, amènera la destruction des couches inférieures de l'art.
La comparaison des œuvres débiles avec la reproduction pure et véridique de la nature, régénérera le goût public et le rendra difficile. Une estampe photographiée sera préférée à une peinture vicieuse, car elle satisfera davantage. La classe aisée, qui ne s'élevait que jusqu'au portrait à bas prix, d'une fidélité douteuse, adoptera forcément la photographie si limpide, si précise, si animée dans ses produits ; et quand on pourra, pour un prix modique, se procurer l'image exquise du paysage que l'on aime, du site où l'on a rêvé, du coteau où s'élève le toit natal, du tableau que l'on a goûté, l'on délaissera les mauvais tableaux, les méchant dessins et les gravures médiocres.
Combien d'honnêtes gens se verront contraints de renoncer à un métier sans profit et sans gloire, de chercher fortune ailleurs, de rendre libre, comme on eût dit autrefois, le chemin qui conduit au temple des arts ; de se faire justice enfin, en quittant la peinture, qui n'est pour eux qu'une séduction perfide, et n'aurait jamais dû devenir le gagne-pain de la médiocrité !FW
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1851
LA LUMIÈRE
nº. 2

FRANCIS WEY
DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS (SUITE)COURTES REFLEXIONS SUR L’EXPOSITION DE 1850

Quand un laboureur promène à travers champs le soc affilé de la charrue, que de folles herbes, que de plantes parasites, de racines mortes et de fleurs inutiles ne le voit-on pas trancher et anéantir à la surface de la terre ! Cependant, son entreprise est salutaire, sa destruction est féconde : purgé des végétations gourmandes, le sol donnera au bon grain qui lui sera confié tous ses sucs nourriciers, et, l'hiver venu, la plaine changée en un tapis vert offrira l'espoir d'une moisson pure et dorée.
Telle est l'action future de l'héliographie dans le vaste champ des arts. Nous avons entrevu la destinée des herbes parasites ; occupons-nous de la moisson.
Il est aisé de signaler, dès aujourd'hui, les résultats bienfaisants d'une découverte qui fera de nouveaux progrès sous l'impulsion des élus de la science. Dans notre pensée, le talent du portrait n'a qu'à gagner à la rivalité de la photographie : d'abord, la peinture, loin de rien redouter, est susceptible d'acquérir, du côté du modelé, du dessin, certaines qualités plus solides, en possédant un moyen facile de se rendre compte de l'état exact des ombres et des demi-teintes, transportées de la nature sur une surface plane. A côté d'un résultat précis, l'à peu près devient de plus en plus suffisant ; le génie de l'artiste se verra donc contraint à dépasser par la vraisemblance ou l'esprit de l'interprétation, la puissance de la vérité matérielle. Et comme la perfectibilité humaine est illimitée, elle triomphera de ces obstacles heureux.
Ils sont considérables, cependant : l'héliographie, à l'état actuel, s'empare d'une image si rapidement, que le praticien est à même de saisir au vol l'expression la plus animée, la plus caractérisée, la plus fugitive ; une seconde lui suffit pour dérober le sourire, le nuage qui assombrit un instant la physionomie, la lueur intelligente qui l'éclaire quand le modèle va parler.
Si ces précieuses leçons ne sont pas perdues, l'art de peindre l'expression s'élèvera jusqu'au sublime. Comme le daguerréotype est impuissant à donner aux images la couleur et les dimensions de la nature (deux moyens importants de pousser la réalité jusqu'à l'illusion), le portrait peint et le portrait de grandeur naturelle resteront hors de toute concurrence. Seulement, ils s'exécuteront dans des conditions plus rigoureuses ; ils pourront et ils devront posséder, avec leurs qualités propres, celles dont la photographie aura dicté l'exigence.
Quant aux portraits de petite dimension, ils résisteront pourvu que, joignant la poésie à la vérité, ils se proposent d'embellir la nature sans la démentir, de l'interpréter par la noblesse du style ou par le rayonnement de certaines grâces insaisissables. Du reste, l'élévation générale du niveau de l'art, laisse toutes choses dans le même rapport de proportions. Si chacun se met à faire des portraits avec une épreuve de photographie pour guide, le mérite des plus habiles sera aussi rare, aussi apprécié qu'il l'est aujourd'hui sans le secours du procédé ; et la preuve, c'est que déjà quelques peintres ayant essayé de mettre à profit le daguerréotype se sont rebutés, n'en ont tiré qu'une timidité bizarre, et ont reculé avec effroi. Tous à la vérité ne furent point si malheureux ; mais l'héliographie n'a servi que les plus forts, tandis qu'elle a insinué aux autres le soupçon de leur néant.
Puis, si l'on est femme et jeune, on veut être belle et léguer à la postérité un aimable procès-verbal de ses attraits. La question est d'être décrite comme on est ; et telle que l'on se voit, ainsi l'on prétend être. On appelle un peintre, on espère un flatteur ; le daguerréotype n'est qu'un traître.
Il vous répartit au nez sans économie ; la bouche en cœur n'est pas de sa compétence, la tradition des yeux fendus en amandes est supérieure à ses moyens. L'atelier où l'on rajeunit ne sera jamais désert. Par ces diverses raisons, la miniature ne sera pas compromise ; elle unit la couleur aux grâces précieuses ; traitée avec beaucoup d'esprit, elle parle au cœur, et correspond aux sentiments intimes. Rien pourrait-il remplacer les miniatures de madame de Mirbel et de quelques autres peintres consommés dans cet art difficile !
Sur ce point, d'ailleurs, et dans certaines circonstances, la photographie est impuissante : elle ne saurait reproduire l'équivalent de la teinte azurée des prunelles : le bleu céleste échappant à l'action des agents chimiques, reste intraduisible, et les yeux bleus, quand leur nuance est pure, ne ressortent pas ; ils s'offrent blêmes. Ce phénomène rend, en nombre d'occasions, la photographie insuffisante, il le faut avouer.
Mais, tout en cédant à la supériorité de la peinture, le daguerréotype est susceptible de lui prêter une ressource unique pour parvenir au degré de réalité qui souvent lui a fait défaut. Certaines petites toiles si lumineuses, si claires et si fermes tout à la fois, seraient d'une exécution surhumaine, si l'héliographie ne donnait la clef de cette sorcellerie à des gens peu empressés de la ramasser, parce qu'ils seraient inhabiles à s'en servir.
Comment énumérer les divers avantages que la photographie est susceptible d'apporter à l'exécution de la grande peinture ?
La figure nue, parfaitement étudiée au point de vue anatomique, est à peu près ignorée par rapport au mouvement, à la vie, chez les peuples chrétiens et dans les climats du Nord où l'on est hermétiquement vêtu. Le temps où nous sommes se prête bien mal aux épopées : car les deux principaux éléments du style font défaut aux observations journalières ; à savoir la forme nue et les draperies. D'où il suit que nos idées sur le corps humain, trop justement qualifié d'académie dans nos écoles, n'ont été longtemps que de simples préjugés de routine. L'ensemble de ces préjugés, transmis d'âge en âge, et imposés par des professeurs-machines, constituait l'art du dessin. Telle fut l'éducation des jeunes artistes : on leur apprenait par cœur la figure, comme on leur enseignait à tracer un paraphe, et, le plus adroit en cette façon de calligraphie, on l’envoyait à Rome étudier l'homme sur des pierres cassées.
Aussi la mode a-t-elle signalé son passage dans nos notions de la forme corporelle. Le moyen-âge passa tout au laminoir et à la filière ; Michel-Ange, qui fit le contraire, créa une école herculéenne, noueuse et musclée, qui dura deux siècles. Après quoi, le corps humain livide, pauvre, strapassé, sous l'impulsion de Vanloo et de quelques autres, fut rendu semblable aux cadavres : c'était l'engouement des études anatomiques, et le premier pas d'une pédanterie chirurgico-picturale. On doit à une fausse interprétation de l'antique l'immobilité et la vogue de ces tableaux étranges des maîtres de l'Empire, où des corps de marbre servent de supports à des têtes de bois.
Par les procédés de l'héliographie, une seconde nous suffit pour saisir, dans un temps d'arrêt fugitif, une figure nue librement agissante, et les modèles ainsi accusés fournissent déjà des leçons bien autrement précises que celles des statues et des écorchés anatomiques. L'héliographie mettra dorénavant les types humains, consacrés d'âge en âge, à l'abri des fantaisies de la mode ; c'est le germe d'une révolution contre le système des poncifs, au profit de la réalité. Grâce à une invention de la science, le modelé cessant d'être savant, rentrera dans le domaine de l'art.
La même théorie est applicable aux draperies. Il s'agit, je le suppose, d'un sujet historique, grec ou romain : que fait l'artiste ? Il copie la tête, les jambes, les bras d'un modèle, puis il ajuste des étoffes sur un sac de son, appelé mannequin. Ces étoffes, leurs plis, leurs aspects n'ont point été produits par le mouvement naturel de la figure ; elles voilent les contours d'un monstre inerte. Les membres agissants n'ont pas donné lieu aux allures prises par l'étoffe. Or, pour se rendre compte des motifs d'une draperie, ne faut-il pas savoir quelle attitude a précédé la pose actuelle ? Un homme se détourne et s'arrête : la draperie change de maintien et participe de deux modes d'action ; le personnage marchait, son corps prend rapidement une impulsion nouvelle, et le vêtement plus rebelle obéit à deux influences contraires.
Difficiles à exprimer, les finesses de la vie dans les œuvres plastiques n'en sont pas moins d'une incontestable évidence. A l'aide de la photographie, l'on peut habiller le modèle, le faire agir, et fixer le mouvement dans toute son énergique spontanéité. Cette épreuve obtenue, la statue, le tableau s'exécutent dans le calme, avec certitude, et le temps concédé à l'étude minutieuse, n'affaiblit point le jet de la pensée.
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1851
25 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
Nº. 8
Pag. 308



L’ académie accepte le dépôt de trois paquets cachetés présentés
…………….;
Par M. LE GRAY ;
…………….;
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1851
3 de Março
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
Nº. 9
Pag. 343

PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Epreuves daguerriennes sur plaques métaliques exemptes de miroitoge. (Note de MM.AD. GLENISSON et AUG. TERREIL.)

« Tout le monde sait que le miroitage des épreuves daguerriennes sur plaques métalliques ôte à ces épreuves une grande partie de leur effet artistique. En nous fondant sur l'influence bien connue du chlorure de mercure qui empêche le chlorure d'argent de se colorer à la lumière, nous sommes parvenus à détruire complétement le miroitage sans altérer la finesse qui caractérise une épreuve daguerrienne.
« Notre procédé consiste à soumettre l'épreuve, après le lavage, à l'hyposulfite de soude, à l'influence d'une eau régale trés-faible qui transforme en chlorures d'argent et de mercure inaltérables à la lumière, l'amalgame qui constitue les blancs de l'épreuve, et qui produit sur les noirs, du chlorure d’argent altérable. Après cette opération, l'harmonie des teintes est conservée, et l'image se trouve fixée comme au chlorure d'or.
» Nous avons l'honneur de soumettre à l’Académie deux épreuves obtenues par notre nouveau procédé. »
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1851
31 de Março
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
Nº. 13
Pag. 468

MM. Humbert de Molard présentent de nouvelles recherches sur la photographie, et signalent, en particulier, l’action accélératrice qu’ils ont reconnue dans l’acétate d’ammoniaque.(Commissaires, MM. Arago, Pelouze, Regnaut.)
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1851
14 de Abril
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
Nº. 15
Pag. 552, 553, 554, 555

PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Note sur un procédé nouveau de photographie sur papier; par M. H. BAYARD.

« On admire généralement les magnifiques résultats que la photographie vient d'atteindre dans ces derniers temps, grâce aux perfectionnements apportés dans les divers procédés employés. Les épreuves que l'on obtient sur papier sont arrivées à une vigueur et à une harmonie de tons qui, jointes à l'exactitude incontestable du dessin, leur donnent une supériorité marquée sur les productions de la gravure et de la lithographie. Mais l'héliographie sur papier ne luttera, avec avantage, contre ces deux derniers arts, que lorsque, par des moyens faciles de reproduction, elle parviendra à former par elle-même une branche de production véritablement industrielle et commerciale.
» On ne doit donc pas être surpris de voir en ce moment tous les efforts des artistes héliographes se diriger vers ce côté; mais un grand obstacle était à surmonter, c'est celui qui tenait à l'impossibilité où l'on avait été jusqu'ici d'obtenir à volonté, par tous les temps et promptement, la reproduction positive des clichés négatifs sur verre ou sur papier.
« Le problème à résoudre, à ce point de vue, m'a paru être celui-ci : rendre le papier positif très-impressionable sous l'action d'une lumière relativement très-faible. Et c'est ce but que je crois avoir atteint par le procédé dont je donne ci-après la description.
» La préparation que je fais subir au papier positif est d'une sensibilité telle, que la reproduction des clichés peut s'opérer maintenant en une seconde au soleil, et en moins d'une heure à la lumière d'une lampe Carcel. Entre ces deux termes extrêmes il y a un espace tel, qu'il sera, comme on le voit, facile d'opérer dans toutes les saisons, par tous les temps, à toutes les heures du jour, soit au dehors, soit dans l'intérieurd'un appartement, et même, au besoin, en ayant recours aux lumières artificielles.
« Mais, indépendamment de cette application, il en est encore une autre qu’il importe de faire connaître; c'est que les papiers préparés pour obtenir des dessins positifs servent également pour produire des dessins négatifs dans la chambre obscure, et, comme ils doivent être employés à sec, les héliographes se trouveront affranchis des inconvénients qui résultent de l'emploi des papiers humides.
» Voici en quoi consiste ce procédé :
« Première préparation. On fait dissoudre, dans un litre d'eau distillée :
« Sept grammes d'iodure de potassium;
«Deux grammes de bromure de potassium;
« Deux grammes de sel ammoniac ;
« Un gramme de cyanure de potassium.
» On immerge le papier dans cette solution, feuille à feuille, et en évitant de renfermer des bulles d'air; on le laisse tremper pendant un quart d'heure au moins, puis on le suspend pour le faire sécher. Il est préférable de faire cette préparation à chaud, lorsqu'on fait usage de papier fabriqué à la mécanique; il s'imprègne bien plus également et plus profondément, et l'on réussit encore mieux, à froid, et avec toute espèce de papier, en faisant emploi de la machine pneumatique, comme l'a conseillé M. Regnault. Le papier étant bien sec, on le renferme en portefeuille pour s'en servir au besoin.
« On peut varier beaucoup les proportions de sels et employer d'autres sels, pourvu que la quantité d'iodure de potassium soit toujours dominante. On peut même, surtout si l'on se sert de papier anglais Watmann, se dispenser de faire cette préparation et exposer immédiatement le papier aux vapeurs de l'acide chlorhydrique, comme nous allons le dire; mais dans ce cas, la préparation est un peu moins sensible à l'action de la lumière.
» Deuxième préparation. - On ajoute 10 à 12 grammes d'iode à 200 grammes d'acide chlorhydrique pur, et douze heures après, lorsqu'on a eu le soin d'agiter fréquemment le flacon pour aider à la saturation de l'acide par l'iode, on ajoute 75 grammes d'eau distillée. Lorsque le liquide est refroidi, on en verse une quantité suffisante pour couvrir le fond d'une cuvette en verre ou en porcelaine, à bords élevés de 5 à 6 centimètres et rodés; on la recouvre avec une glace dépolie, plus grande que la cuvette, afin d'empêcher les vapeurs de se répandre au dehors, puis, prenant un feuillet du papier ioduré, qui doit être aussi plus grand que la cuvette pour reposer facilement sur les bords, on le fait glisser sous la glace en la soulevant d'un côté et la remettant de suite en place. Le papier reste exposé aux vapeurs acides pendant quatre a cinq minutes, suivant son épaissenr et l'élévation plus ou moins grande de la température; puis, soulevant la glace, on le retire; on l'agite un peu a l'air pour dissiper l'excès de vapeurs, et on le pose sur un bain d'une solution de nitrate d'argent (1 partie de nitrate pour 12 parties d'eau distillée). Cinq a six minutes après l'exposition sur le bain, et aussitôt que la coloration qui s'est manifestée sur le papier est totalement disparue, on le relève et on le fait sécher en le suspendant par un coin.
« Il faut que le papier soit parfaitement sec pour être exposé à l'action de la lumière. Il conserve sa sensibilité pendant plusieurs jours. Exposé au foyer de l'objectif normal de Daguerre, il donne une image négative en quatre à cinq minutes au soleil. Par application on obtient, comme nous l'avons dit, des images positives en une seconde au soleil, et à la lumière d'une lampe Carcel en une heure d'exposition, lorsqure les clichés sont dans de bonnes conditions.
« On rend visibles les images par l'acide gallique, suivant la méthode ordinaire, et l'on fixe par l'hyposulfite de soude après avoir fait un lavage à plusieurs eaux.
» A l'appui de ma communication je joins quelques épreuves qui n'ont pas toutes les qualités que comporte le procédé ; une circonstance imprévue m'empèchant de présenter celles que j'avais disposées à cet effet. Mais prochainement j'aurai l'honneur d'en envoyer quelques autres qui témoigneront de la perfection de l'héliographie et du parti qu'on en peut tirer à la reproduction d'objets d'histoire naturelle, soit pour les préparations anatomiques, soit pour les études au microscope, enfin pour tout ce qui peut venir en aide aux travaux scientifiques. Parmi les épreuves que je présente, il en est trois qui ont été obtenues en une heure d'exposition à la lumière d'une lampe Carcel. Elles ont été faites en présence de plusieurs Membres de la Société héliographique.
« Dans la séance du 14 décembre, l'Académie a bien voulu accepter le dépôt d'un paquet cacheté contenant la description du procédé exposé cidessus, je la prie d'en vouloir bien ordonner l'ouverture. »Ce paquet ouvert en séance, conformément à la demande de l'auteur, renferme la Note suivante :
« Un paquet cacheté, déposé par moi en septembre 1846, contient la description d'un procédé photographique sur papier à la préparation duquel j'ai fait, depuis, une modification dans le but de le rendre beaucoup plus sensible. Cette modification consiste dans l'application sur le papier, avant toute autre préparation, d'une solution d'iodure de potasse : 1 partie de ce sel daris 125 parties d'eau distillée. «
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