| 1843 28 de Outubro | Jules Itier: Journal d'un voyage en Chine en 1843, 1844, 1845, 1846 t. I, p.331. in André Rouillé, La Photographie en France - Textes & Controverses: une Anthologie 1816 - 1871. Éditions Macula, Paris 1989. Pag.58. | " J'ai employé ma journée à prendre au daguerréotype les divers points de vue qu'offrent Macao et ses environs; les quais de Praja-Grande, la grande pagode, le port intérieur, les rues du Bazar m'ont offert d'intéressants sujets. Aujourd'hui encore j'ai trouvé des Chinois complaisants qui consentaient à former des groupes immobiles, à la condition de voir d'abord l'image reflétée sur le verre dépoli; leur étonnement n'avait, d'ailleurs, rien de bien profond, c'était plutôt cette vague curiosité qu'éprouvent les enfants à la vue d'un objet nouveau; c'est qu'il est bien des sujets qui n'étonnent que les savants, que les esprits méditatifs, et les phénomènes du daguerréotype sont dans cette catégorie." |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
quinta-feira, 3 de dezembro de 2009
Jules Itier: Journal d'un voyage en Chine en 1843, 1844, 1845, 1846
quarta-feira, 2 de dezembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 26 de Janeiro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXII Nº. 4 Pag. 178 | M. Arago présente, au nom de MM. Choiselat et Ratel, quelques épreuves photographiques très remarquables, prises pendant une excursion récemment exécutée dans l’Auvergne et les montagnes de l’Oisans, et dont l’itinéraire avait été trcé par le conseil de l’École des Mines. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 4 de Maio | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXII Nº. 18 Pag. 742, 743 | PHYSIQUE.– Procédé photographique accélérateur; par M. DE Nothomb
« Bien des auteurs et, amateurs photographistes s’accordent jusqu’à cette heure pour conseiller d’éviter soiegneusement les émanations ammoniacales dans le local ou l’on opère, et aux environs des appareils; bien au contraire, ici, c’est avec l’aide même des dégagements ammoniacaux qu’on obtiendra une sensibilité double, ao moins, de celle acquise par les moyens ordinaires. A cet effet, on opère de la manière suivante: Dès qu’on aura fait les deux opérations de l’iodage et de l’exposition à celles des substances accélératrices dont on a l’habitade (car il paraît qu’elles permettent toutes l’emploi du procédé; le chlorobromure d’iode de M. Gaudin donne surtout d’excellents résultats; la liqueur dite hongroise, également); après, dis-je, avoir amené, à l’oeil, chacune des teintes de la plaque au degré convenable, on avoir compté le nombre de secondes nécessaires à la deuxième opération, si l’on emploie l’eau bromée ou enfin une substance à l’état de vapeur, on enlève la plaque de dessus la capsule pour la glisser immédiatement, et dans l’obscurité, sur une autre capsule en faïence on verre, de même construction, et profonde d’environ 0m, 03. Cette capsule devra contenir, à la hauteur d’environ 5 millimètres (plus ou moins), de l’eau ordinaire à laquelle on donnera une odeur ammoniacale très-prononcée par l’addition de dix à quinze gouttes d’ammoniaque liquide. On se réglera sur le degré de concentration du liquide et les dimensions de la capsule. On exposera la plaque pendant vingt a trente secondes aux vapeurs qui se dégageront de ce liquide; on la retire, et alors elle est préte à être exposée à la chambre noire où on ne laissera agir la radiation lumineuse que la moitié (et souvent moins) du temps qu’il aurait fallu pour faire une épreuve préparée de même jusqu’à et moins l’exposition à la vapeur ammoniacale. On peut impunément dépasser la durée du séjour de la plaque sur la capsule sans qu’il résulte d’inconvénients, mais le temps donné de vingt à trente secondes suffit. Il paraît, du reste, qu’un léger excès d’ammoniaque ne nuit pas. « On réussit très-bien avec ce procédé sur des plaques nettoyées à l’huile. acidifiée, d’après la méthode de Knorr, extraite des Annals de Poggendorff, 1845, Nº. 5. « |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
1846 4 de Maio | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXII Nº. 18 Pag. 747 | MM. Fizeau et Foulcault adressent un paquet cacheté. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 22 de Junho | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXII Nº. 25 Pag. 1061 | « M Chevreul, au nom de M. Niepce, lieutenant de cavalerie dans la garde municipale, prie l’Académie de vouloir bien recevoir en dépôt la boîte scellée du seau de M. Niepce qu’il remet sur le bureau. « Elle renferme, 1º la description d’un procédé nouveau au moyen duquel on peut reproduire sur différents corps, tels que la plaque de cuivre, papier à la mécanique, etc., une gravure, une lithographie, des caractères imprimés ou tracés à l’encre ordinaire, etc. ; 2º plusieurs reproductions de gravures exécutées par ce procédé. » Le dépôt en est accepté. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
1846 24 de Agosto | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 8 Pag. 424 | M. Beuvière adresse un paquet cacheté. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 7 de Setembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 10 Pag. 521 | M. Beuvierre demande l’ouverture de deux paquets cachetés déposés par lui dans les séances du 14 octobre 1839 et du 24 août 1846. Les paquets ayant été ouverts, les deux Notes incluses, relatives l’une et l’autre à la photographie, sont renvoyées à l’examen d’une Commission composée de MM. Arago, Dumas et Babinet. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 28 de Setembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 13 Pag. 634 | PHYSIQUE. - Du foyer chimique et du foyer apparent dans les objectifs du daguerréotype; par M. Lerebours.
(Commissaires, MM. Arago, Pouillet, Babinet, Despretz.)
En étudiant, à l’aide d’expériences précises, la cause ordinaire du manque de coïncidence des deux natures de foyer, M. Lerebours a été conduit à des moyens certains pour faire disparaître ce défaut. Il construit maintenant des objectifs avec lesquels il n’y a plus de distinction à établir entre le foyer chimique et le foyer lumineux apparent. Le Mémoire de M. Lerebours renferme un résultat qui fixera l’attention des physiciens : Des images photogéniques formées sur des plaques daguerriennes par la lumière blanche ou par les sept couleurs réunies, étaient moins marquées, moins apparentes que celles qui, dans le même moment, dans des circonstances toutes semblables, provenaient de la seule action du bleu, de l’indigo et du violet. Dans cette expérience, les rayons les plus lumineux (le vert, le jaune, l’orangé et le rouge) semblaient retarder l’action des rayons situés a l’autre extrémité du spectre. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 28 de Setembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 13 Pag. 639 | M. Blanquart-Évrard adresse, de Lille, deux spécimens d’images photographiques sur papier, images qui représentent une même scène, mais qui, bien que faites dans des circonstances semblables de lumière, diffèrent notablement d’intensité. L’auteur annonce que ces différences dépendent entièrement de la volonté de l’opérateur. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 5 de Outubro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 14 Pag. 679, 680, 681, 682 | PHYSIQUE. - Observations de MM. Foucault et Fizeau concernant l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes. (Lettre de M. Foucault à M. Arago.)
« Dans la dernière séance, vous avez transmis à l’Académie une observation qui a paru l’intéresser, et qui avait été faite récemment par M. Lerebours; elle porte sur l’action retardatrice exercée par les rayons rouges lorsque ceux-ci agissent concurremment avec les autres rayons reconnus efficaces dans les opérations photographiques. « Comme nous avons eu occasion, M. Fizeau et moi, il y a bientôt deux ans, de recueillir une observation analogue, mais dans des conditions plus nettes et plus favorables à l’étude, permettez-moi de vous adresser une réclamation à ce sujet et de vous inviter à ouvrir le paquet cacheté dont l’Académie a accepté le dépôt le 9 décembre 1844. Vous y trouverez consignée l’action neutralisante que les rayons rouges, et d’autres moins réfrangibles encore, exercent sur les couches sensibles, lorsque la lumière blanche a préalablement agi sur elles. Ces propriétés nouvelles des radiations peu réfrangibles, soumises par nous à une étude attentive, devaient faire l’objet d’un prochain Mémoire. Comme toutes nos expériences sont faites, et que l’absence de mon collaborateur, M. Fizeau, pourrait apporter quelque retard à. la rédaction définitive de notre travail, je vais, pour prendre date, transcrire ici le résumé de nos principaux résultats. « Nous avons formé, comme d’habitude, une couche sensible sur une surface d’argent poli par l’action successive de l’iode et du brome, puis nous l’avons exposée librement à la lumière d’une lampe pendant un temps suffisant pour l’altérer au point de la rendre capable de condenser les vapeurs de mercure en une demi-teinte parfaitement uniforme. Sur cette couche ainsi altérée, mais avant l’exposition au mercure, nous avons fait tomber un spectre bien pur que nous avons laissé agir pendant un temps déterminé. Alors seulement la plaque a été soumise aux vapeurs mercurielles, et, cette opération faite, il nous a été permis d’examiner comment se comportent dans ces circonstances les divers rayons simples. « A partir de la raie C, en allant jusqu’au violet extrême, on remarque que les rayons orangé, jaune, vert, bleu indigo et violet, ont laissé une impression qui se détache en blanc d’une intensité variable sur le fond gris de la plaque; mais, de l’autre cbté de cette raie, l’impression laissée par le rouge et par d’autres rayons moins réfrangibles encore et invisibles se dessine en une teinte foncée qui se termine en mourant, et par son extrémité libre, et par celle qui s’engage dans le reste du spectre. En examinant la plaque en reflet, on s’assure aisément que l’endroit frappé par le rouge est devenu incapable de condenser les vapeurs de mercure, et que la surface de l’argent est à nu. L’impression première produite par la lampe a donc été comme détruite ou neutralisée par l’action des radiations qui avoisinent le rouge. « Considérant une plaque daguerrienne impressionnée a un degré déterminé par la lumière blanche, comme offrant au physicien une couche sensible particulière, lorsqu’on dirige sur elle un spectre entier, celui-ci se partage, quant à la manière dont il se comporte, en deux parties bien distinctes: l’une qui agit pour accroître l’intensité du fond, l’autre pour la diminuer. Ces effets, qui sont de sens opposés, motivent le terme d’action négative, que nous avons adopté pour désigner la manière d’agir particulière à l’extrémité rouge du spectre, conservant l’expression d’action positive pour les autres rayons sur l’efficacité desquels repose tout l’art photograpbique. Si d’ailleurs on voulait représenter par une courbe les intensités chimiques propres des divers rayons simples relatives à une couche sensible et impressionnée d’avance, cette courbe devrait croiser nécessairement l’axe des abscisses vers la limite du rouge et de l’orangé; et, à partir de ce point jusqu’à l’extrémité la moins réfrangible du spectre, les ordonnées auraient des valeurs négatives. « Ainsi qn’on devait s’y attendre dans cette portion ombrée de nos épreuves, les raies de la partie rouge se détachent en clair; en effet, les points de la surface métallique où tombent ces raies sont peu ou point affectés par les radiations; conséquemment l’effet de l’impression primitive y devait persister. Parmi elles, nous avons distingué aussitôt la raie A, et nous avons appris à la connaître avec son véritable caractère. C’est à tort qu’elle est généralement représentée, même dans le dessin donné par Fraunbofer, comme une ligne fine et simple: nous l’avons trouvée double et la plus large du spectre, après la raie H. « Mais dans la partie située au delà du rouge, qui est à peu près aussi étendue que lui, et que notre vue ne saurait atteindre, il existe également, sinon des raies, du moins des changements brusques d’intensité en des points que nous avons dû désigner provisoirement par les numéros d’ordre 1, 2, 3, 4, afin d’individualiser ces nouvelles radiations dans les différentes expériences auxquelles nous voulions les soumettre. « Celles qui se sont présentées naturellement à notre esprit consistent à faire varier: 1º le temps ou l’intensité de l’impression primitive, et 2º l’intensité du spectre, ou, ce qui revient au même , le temps pendant lequel il agissait sur la couche sensible préalablement impressionnée. « La première série d’expériences a seulement influé sur l’éclat du fond sans modifier autrement les résultats. « La seconde a fait varier le lieu qu’occupe le maximum d’action négative, et nous a clairement montré qu’entre les rayons agissant franchement d’une manière positive, et ceux agissant franchement de la manière inverse, il existe une classe de rayons qui se comportent de l’une ou de l’autre façon, selon leur intensité ou selon la durée de leur action. Ces rayons, confinés particulièrement dans l’orangé, donnent un résultat négatif quand ils sont faibles ou qu’ils agissent peu de temps; dans le cas contraire, ils donnent un résultat positif. « En un mot, ils se comportent par rapport à une couche déjà impressionnée par la lumière blanche dans laquelle, photographiquement parlant, le violet domine, comme si d’abord ils devaient détruire son effet pour ensuite modifier cette couche à leur manière propre et spéciale. « Ceci explique des apparences singulières et qui paraissent contradictoires dans nos diverses épreuves. C’est ainsi que, chez celles qui ont été faites rapidement, la raie C se détache en clair, tandis qu’elle apparaît en noir chez celles pour lesquelles l’exposition du spectre a été plus longtemps prolongée. Cela explique encore pourquoi, dans la pénombre qui forme presque toujours les bords supérieurs et inférieurs du spectre, on voit se dessiner un bord noir attestant une action négative qui, dans quelques-unes de nos épreuves, s’étend jusqu’à la région du vert. « Nous avions intérêt à rechercher si le singulier phénomène dont je vous entretiens en ce moment se manifesterait sur d’autres couches sensibles; nous avons reconnu qu’il se produit sur toutes celles que l’on peut former à la surface de l’argent avec l’iode, le chlore et le brome, et nous montrerons dans notre Mémoire que les combinaisons impressionnables que l’on peut produire à leur aide ne laissent pas que d’être assez nombreuses. « Pour rendre notre Mémoire plus substantiel et plus utile, il nous restait à interroger les papiers sensibles, à construire, à l’aide des chiffres nombreux que nous avons relevés, des courbes représentant l’intensité de la puissance chimique des diverses espèces de radiations rapportées aux couches sensibles les plus intéressantes; il nous restait enfin à développer les faits que je viens de vous exposer rapidement, et à y joindre la description succincte des procédés photographiques que nous avons adoptés pour obtenir des résultats comparables. « Pardonnez-moi, monsieur le Secrétaire, d’avoir usé envers 1’Académie d’un mode de communication anticipée, qu’on ne saurait approuver en général, mais qui, pour ce cas particulier, trouvera son excuse dans les circonstances qui y ont donné lieu. « Aussitôt le retour de mon collaborateur, M. Fizeau , nous nous mettrons à l’oeuvre pour entreprendre et terminer le plus promptement possible la rédaction de notre Mémoire, et satisfaire avant peu à l’espèce d’engagement que je suis obligé de prendre aujourd’hui envers l’Académie. «
Une plaque daguerrienne, offrant l’image du spectre telle que l’indique M. Foucault, est mise sous les yeux de l’Académie. Le paquet cacheté déposé par ce physicien (en commun avec M. Fizeau), dans la séance du 9 décembre 1844, est ouvert, et il est donné lecture de la Note qui y était contenue. Nous ne reproduisons pas ici cette Note qui offre seulement un exposé succinct des faits présentés avec plus de développements dans la présente communication. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 12 de Outubro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 15 Pag. 713, 714 | MÉMOIRES PRÉSENTÉS PHOTOGRAPHIE. - Note sur un procédé qui permet de reproduire avec une égale perfection, dans une image daguerrienne, les tons brillants et les tons obscurs du modèle; par MM. Belfied-Lefévre et Léon Foucault. (Commissaires, MM. Becquerel, Dumas, Babinet.)
« Après que M. Daguerre eut fait connaître sa brillante découverte, les amateurs et les artistes n’ont pas tardé à s’apercevoir que la plaque iodée n’est pas apte à reproduire l’image complète de toute espèce de sujet. Il suffit que les diverses parties d’un même point de vue possèdent des intensités notablement différentes pour que, dans 1’épreuve obtenue avec une plaque iodée, ces parties ne puissent venir simultanément avec des tons correspondant à leurs intensités respectives. Il faut choisir: il faut, ou s’arrêter au point convenable pour donner aux clairs leur véritable valeur, auquel cas les détails des parties obscures n’apparaîtront pas, ou bien il faut prolonger l’action de la lumière pour favoriser l’apparition de ces détails, et alors les parties claires se confondront les unes avec les autres, et elles seront, comme on dit, brûlées. « L’emploi des substances accélératrices est venu modifier heureusement cet état de choses. En même temps qu’elles permirent d’opérer plus rapidement, elles offrirent à l’expérimentateur des couches sensibles capables d’embrasser des degrés plus éloignés dans l’échelle des tons. Toutefois ces degrés sont encore bien loin d’atteindre ceux mêmes que l’oeil de l’homme peut apprécier en même temps. Et si quelque réaction nouvelle peut, sans être favorable à la sensibilité des plaques, augmenter leur aptitude à conserver distincte l’empreinte des tons les plus disparates, il ne sera pas inutile d’y recourir en certains cas. Si, d’ailleurs, le photographiste sait manier habilement ces différentes couches sensibles sans s’adonner exclusivement à la plus impressionnable, il pourra, dans l’exercice de son art, maîtriser et varier ses effets; il pourra, selon les cas, tempérer la dureté d’un soleil trop cru frappant en plein sur des objets inégalement réfléchissants, ou bien rehausser la vigueur d’un sujet uniforme ou manquant de relief. « C’est dans l’intention de concourir à accroître ces ressources que nous nous décidons, M. Belfield et moi, à faire connaître un nouveau mode de préparation de la couche sensible, qui a précisément pour effet de donner aux plaques cette qualité dont nous venons de parler, et qui les rapproche en quelque sorte de la rétine de l’homme. « Notre méthode exige l’emploi de l’iode et du brome, et réussira facilement entre les mains des personnes qui ont l’habitude d’employer ces substances isolément. Elle consiste à polir la plaque et à l’ioder comme à l’ordinaire, puis à lui faire absorber, par un procédé quelconque, une quantité de vapeur de brome égale à trois fois celle que la pratique et l’usage ont reconnue susceptible de communiquer aux plaques le maximum de sensibilité. Tandis que la dose ordinaire de brome ne change pas visiblement la teinte de la couche iodurée, celle que nous recommandons ici lui fait acquérir une teinte foncée d’un violet bleuâtre. « La sensibilité des plaques ainsi surchargées de brome se trouve réduite au tiers de ce qu’elle serait si l’on s’était arrêté à la dose ordinaire, mais elles sont devenues aptes à donner une épreuve complète et détaillée des sujets qui présentent les plus graudes variétés de tons. On en jugera par l’inspection du petit tableau que nous présentons et qui a été fait par un temps de soleil. On y voit à la fois des nuages au ciel, des maisons blanches avec des ombres portées bien transparentes, et des arbres dont le feuillage se dessine par groupes a peu près comme un artiste les aurait indiqués. « Nous recommandons de tripler la quantité de brome, parce que si l’on n’abordait pas franchement ce nouveau dosage, si l’on se tenait en deçà, on serait presque sûr d’obtenir une image complétement voilée; il ne faudrait pas non plus aller au delà, car la plaque aurait de la peine à condenser le mercure, et l’image serait moins apparente. « Cette propriété nouvelle et bien constatée qu’un excès de brome communique aux plaques iodées, pourra fournir quelques applications utiles; mais, en outre, il nous a semblé qu’au point de vue physique et chimique, ces faits n’étaient pas sans intérêt; c’est ce qui nous a engagés à les communiquer à l’Académie. » |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 26 de Outubro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 17 Pag. 800, 801, 802, 803, 804 | MÉMOIRES PRÉSENTÉS
phYSIQUE. - Observations sur les expériences de MM. Foucault et Fizeau, relatives à l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes; par M. Edmond Becquerel. (Commission nommée pour le travail de MM. Foucault et Fizeau.)
« MM. Foucault et Fizeau, dans la séance de 1’Académie du 5 de ce mois, ont présenté des observations concernant l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes, desquelles il semblerait résulter que la partie la moins réfrangible du spectre solaire agit sur l’iodure d’argent en sens inverse de la parlie la plus réfrangible. Ces messieurs n’ayant pas eu connaissance, à ce qu’il paraît, des recherches faites depuis plusieurs années sur le même sujet, et les résultats consignés dans leur Note ne me paraissant pas devoir conduire aux conclusions qu’ils en déduisent, je prends la liberté de transmettre à l’Académie quelques réflexions à cet égard. « M. Draper ( Philosophical Magasine, novembre 1842) en examinant l’image produite par l’action du spectre sur des plaques d’argent iodurées, annonça, avant ces messieurs, l’existence de rayons protecteurs, empêchant l’influence des rayons solaires, et même agissant négativement sur l’iodure d’argent. M. Herschel , à cette occasion, examina ces empreintes, et, dans un travail fort intéressant (Philosophical Magasine, février 1843) sur les apparences diverses que prennent les plaques iodurées, exposées pendant le même temps à des actions d’intensité différente et passées à la vapeur de mercure, attribua ces effets a des épaisseurs inégales de couches minces déposées à la surface des lames d’argent servant de surfaces réfléchissantes. II montra, de plus, qu’en opérant à l’aide d’iodure d’argent déposé sur du papier, on n’observait rien qui indiquât l’action de rayons négatifs, et que toute la partie active du spectre solaire agissait chimiquement de la même manière sur cet iodure. » Les recherches que j’ai entreprises sur l’action chimique des rayons solaires, depuis 1841 jusqu’en 1844, m’ont conduit toutes à cette dernière conclusion. Il faut donc se mettre en garde contre les apparences que présentent les dépôts formés a la surface des plaques daguerriennes; et, si l’on ne possédait que ces seules données pour affirmer l’existence de rayons agissant de diverses manières, on courrait risque de se tromper. » Je citerai, à l’appui de ce qui précède, l’expérience suivante que tout le monde est à même de vérifier : Si l’on prépare une plaque daguerrienne à l’iode simplement (afin d’éviter le mélange de substances actives), et que l’on projette sur sa surface la partie bleue, indigo, violette, d’un spectre bleu épuré, présentant les raies noires de Fraunhofer, si l’action ne dure que peu de temps, après le passage à la vapeur de mercure, on voit les raies se peindre eu noir sut un fond blanc, qui représente les portions frappées par la partie active du spectre (E. Becqurel, Constitution du spectre solaire, Bibliothèque universelle de Genève, août 1842). Mais si l’exposition dans le spectre dure une heure et même davantage, alors l’épreuve change d’aspect, aprés être passée au mercure; les raies du spectre sont à peine marquées, l’action s’est étendue presque uniforménent partout; mais les raies, qui sont encore visibles, et principalement les deux raies H, paraissent blanches et tranchent sur le fond, qui semble noir; l’effet est inverse de ce qu’il était précédemment. La partie frappée par le violet du spectre a donc, dans cette circonstance, la même apparence que la portion de la plaque exposée par MM. Foucault ct Fizeau dans le rouge prismatique (Note de ces messieurs, page 680), et pour produire cet effet, on n’a eu besoin que de varier le temps de l’exposition de la lame dans la méme partie du spectre.) Doit-on conclure, dans ce second cas, qu’il y ait eu des rayons négatifs ayant agi sur l’iodure d’argent? Certes non; car, si l’on répète la même expérience à l’aide de l’iodure d’argent déposé sur du papier, on voit le papier noircir de plus en plus à mesure que l’exposition dans le spectre continue; et en outre, comme je l’ai reconnu (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, tome IX, pages 268 et suivantes), les effets électriques qui proviennent de la décomposition chimique de l’iodure ont toujours lieu dans le même sens. » On voit que l’on ne peut conclure immédiatement, comme l’ont fait MM. Foucault et Fizeau, qu’il existe, dans la partie rouge prismatique, des rayons négatifs, par cela seul que les apparences des plaques daguerriennes ne sont pas toujours les mêmes. Les effets inverses, comme nous le verrons plus loin, sont des effets secondaires produits par plusieurs réactions chimiques opérées simultanément, et ne sont pas dus à des actions inverses exercées, de la part du rayonnement solaire, sur l’iodure d’argent isolé. « Il est un autre fait que je rappellerai: c’est que la partie la moins réfrangible du spectre, au lieu de posséder une action négative s’exerçant sur l’iodure d’argent, est essentiellement douée d’une influence continuatrice sur la plupart des sels d’argent isolés, l’iodure le bromure, le chlorure, et que les expériences sur lesquelles est fondée cette proposition ont été vérifiées par MM. les Commissaires de l’Académie chargés de l’examen d’un de mes Mémoires ( Rapport favorable de M. Biot, Comptes rendus, tome XII). « Dans ce qui précède, il n’a été question que de l’influence de la lumière sur l’iodure d’argent ou les sels simples et isolés du même métal. Lorsqu’on fait usage des lames d’argent exposées successivement aux vapeurs diode, de brome ou de chlore, les mélanges que l’on obtient doivent donner lieu à des réactions chimiques nombreuses dont la résultante seule est appréciable. C’est pour ce motif qu’il ne faut employer ces mélanges qu’avec la plus grande circonspection, et même n’opérer que le moins possible avec les plaques daguerriennes dans les recherches sur la nature des rayons actifs. « Pour montrer comment les mélanges de substances impressionnables peuvent influer sur les effets du spectre, je rappellerai l’observation suivante due à M. Herschel, et qui est très-digne d’attention. « Si l’on prépare un papier, d’abord avec une forte solution d’acétate de plomb, puis de bromure de potassium et de nitrate d’argent, on a une surface qui noircit promptement à la lumière; exposé dans le spectre, la teinte noire du papier se manifeste dans la partie la plus réfrangible jusqu’au vert. Mais, si ce papier a été noirci par une exposition préalable à la lumière, et qu’on le recouvre d’une solution étendue d’iodure de potassium, alors le papier blanchit dans la partie bleue du spectre. Ce résultat montre que l’iodure de potassium est décomposé, et que l’argent divisé qui noircissait le papier etant ioduré, et se trouvant en présence d’un iodure alcalin, ne s’altère plus a la lumière; le papier doit donc rester blanc-jaunâtre dans cette portion du spectre où la réaction a lieu. « Si la couche d’iodure de potassium employée provient d’une solution étendue de ce sel, alors, non-seulement le papier blanchit dans le violet du spectre, mais encore il noircit davantage dans le rouge, et même au delà: au milieu se trouve une ligne neutre. A l’aspect de l’image ainsi obtenue, il semble donc qu’il y ait eu deux actions inverses produites: destruction de la couleur dans le violet, augmentation dans le rouge. Les effets sont faciles à expliquer; il se passe sur le papier deux réactions chimiques bien distinctes: 1º action de la lumière sur l’iodure d’argent qui a commencé à se colorer; 2º action de la lumière pour opérer la décomposition de l’iodure de potassium, et ioduration de l’argent provenant du sous-iodure formé par la première réaction. Puisque la partie rouge du spectre contient les rayons qui continuent l’action chimique commencée sur les sels d’argent , et que la premiére réaction est seule commencée, celle-ci l’emporte dans cette partie du spectre. La deuxième réaction est à son maximum a au contraire, dans le violet. Ainsi ces apparences d’inversion dans la coloration ne proviennent pas des deux effets distincts, positifs et négatifs, produits par le rayonnement sur une même matière sensible; mais elles sont dues à deux réactions chimiques différentes qui l’emportent, l’une dans le rouge, l’autre dans le violet. « Si l’on couvre le papier noirci d’une nouvelle couche d’iodure de potassium, il commence à blanchir dans la partie la moins réfrangible, et la ligne neutre se rapproche du rouge: avec une solution d’iodure suffisante, le papier blanchit depuis le violet jusqu‘au rouee. Enfin, avec une très-forte solution d’iodure, le papier blanchirait, même à l’obscurité, tant est active l’action de l’iodure de potassium sur l’argent métallique. « Ces résultats montrent bien que dans les mélanges de matières sensibles, il peut se présenter plusieurs actions chimiques simultanées, dont nom n’observons que la résultante. Il doit nécessairement se produire des effets analogues lorsqu’on fait usage de plaques d’argent iodurées, puis exposées à la vapeur de brome ou au chlore, et même, peut-être en se servant de plaques simplement iodurées à la manière de M. Daguerre. En effet, dans ces circonstances, l’iodure, le chlorure, le bromure d’argent se trouvent en présence de l’argent métallique; et, comme la décomposition que ces sels éprouvent de la part de la lumière consiste dans la formation de sous-sels, il en résulte que de l’iode, du chlore et du brome sont mis à nu en présence des sels déjà nommés. et de l’argent métallique lui-même, au moment où l’action solaire fait sentir son influence. Ces réactions, déjà très-complexes, le deviennent encore davantage, en observant que, dans la partie violette du spectre, les iodure, chlorure et bromure d’argent sont soumis à l’action de rayons qui agissent toujours avec la même énergie; tandis que, dans la partie rouge, les rayons réagissent d'autant plus fortement, que certaines actions chimiques sont déjà commencées et plus ou moins accomplies (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, tome IX, page 275). « Il est donc essentiel de distinguer les réactions chimiques opérées sous l’influence de la lumière sur les matiéres sensibles isolées, et sur les mélanges; c’est ce que n’ont pas fait MM. Foucault et Fizeau: ils ont considéré une plaque daguerrienne comme offrant une couche sensible particulière, tandis que ce n’est qu’un mélange de matières qui peut se comporter différemment dans les diverses parties du spectre, comme le prouve l’expérience de M. Herschel, et sans qu’il existe dans le rayonnement des rayons agissant en sens inverse. Ainsi, les recherches faites jusqu’à présent ont montré que l’iodure d’argent isolé n’éprouve qu’une seule et même action de la part des rayons solaires de diverses réfrangibilités, tandis que le mélange de cette substance avec d’autres matiéres peut donner lieu à plusieurs réactions chimiques s’opérant conjointement et qui masquent l’effet principal. « Si la lumière n’agit que d’une seule manière sur l’iodure d’argent isolé (les rayons continuateurs compris), il peut en être autrement des autres matières impressionnables, et le rayonnement peut alors agir tantôt positivement, tantôt négativement. On sait, en effet, que chaque matière sensible particulière se comporte différemment, par rapport au rayonnement solaire ; ce que l’on pourrait exprimer en disant que chaque substance sensible voit le rayonnement à sa manière; je citerai comme exemple, d’après l’observation de Wollaston, la matière sensible du gaïac, qui bleuit au delà du violet du spectre, et redevient incolore dans le rouge et le jaune. « Je me bornerai à ces réflexions au sujet de la Note de MM. Foucault et Fizeau, pour montrer que les phénomènes complexes que produisent les apparences des plaques daguerriennes, tout en étant très-importants pour les représentations photographiques des images de la chambre obscure, et pour l’observation des rayons actifs d’une intensité très-faible, ne peuvent conduire à des résultats certains quant a la nature des actions chimiques produites. Il est nécessaire alors d’opérer, comme on l’a fait, à l’aide de produits isolés, avec des papiers sensibles, et en ayant égard aux effets électriques dus aux réactions chimiques produites sous l’influence du rayonnemeut solaire. » |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 2 de Novembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 18 Pag. 856, 857 | CORRESPONDANCE PHYSIQUE. - Remarques à l’occasion d’un Mémoire lu par M. Edmond Becquerel, concernant l’action chimique des diverses parties du spectre solaire. (Lettre de M. Foucault à Arago.)
« Un incident particulier m’a obligé, il y a quelque temps, à exposer dans une Note les principaux résultats que nous avons obtenus, M. Fizeau et moi, en reprenant l’étude de l’action chimique des radiations qui avoisinent le rouge. Par cette simple prise de date qui annonçait un prochain Mémoire, nous avons encouru les observations critiques et prématurées peut-être de M. Ed. Becquerel. « Ne semble-t-il pas, en effet, qu’il nous appartienne de tracer, avant tout autre, l’historique de notre sujet. Telle est notre intention du moins, et, à cet égard, nos matériaux ne sont pas à rassembler. « M. Ed. Becquerel lui-même ne sera pas oublié, car nous agiterons la question de savoir si l’expression de rayons continuateurs peut encore être admise, en présence des faits nouveaux que nous avons montrés. « C’est bien le moins qu’on nous laisse produire notre Mémoire complet ; alors seulement je reconnaîtrai à un contradicteur éclairé le droit de discuter et de critiquer nos idées. « Que M. Ed. Becquerel veuille donc bien prendre patience et suspendre son jugement jusqu’au moment où nous aurons apprécié, à tort ou à raison, la part de nos devanciers, la sienne et la nôtre. « Cette Lettre est renvoyée, ainsi que les communications précédentes qui se rapportent à l’action chimique du spectre solaire, à l’examen de la Commission nommée dans la séance du 22 avril 1844 pour un Mémoire de MM. Fizeau et Foucault, sur l’application de la photographie à la photométrie. |