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segunda-feira, 22 de março de 2010

Compte Rendu des Séances de L’Académie des Sciences

1842

18 de Julho

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

T. XV

Nº.

Pag. 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125

M. Regnault communique a l’Académie, des résultats très-curieux obtenus par M. Moser, de Kœnigsberg, sur la formation des images daguerriennes, et qui lui ont été adressés par M. de Humboldt.

« On sait maintenant que lorsqu’une plaque iodée est laissée pendant un temps convenable dans la chambre obscure, on obtient une image immédiatement visible, sans avoir besoin. de passer la plaque au mercure. Mais cette image est une image inverse ou négative, c’est-à-dire que les clairs y sont représentés en noir, et les ombres, au contraire, se trouvent représentées par des clairs. Dans les expériences de M. Daguerre on n’attend pas que cette image négative paraisse; quand on retire la plaque de la chambre noire, on n’y aperçoit rien; mais la couche iodée est suffisamment affectée pour que l’image paraisse lorsqu’on expose la plaque aux vapeurs mercurielles. Il faut néanmoins pour cela que la plaque soit restée exposée un temps suffisant à la radiation.

» Les expériences curieuses de M. Ed. Becquerel ont montré qu’il suffisait d’un temps extrêmêment court pour que la pellicule iodée reçût une impression notable, laquelle n’était pas à la vérité rendue immédiatement sensible par la vapeur de mercure; mais que si la plaque était placée ensuite pendant quelque temps au soleil sous un verre rouge, la pellicule continuait à s’impressionner et l’image pouvait, après cette nouvelle action, devenir sensible par la vapeur mercurielle. De là, la distinction établie par M. Becquerel, de rayons excitateurs et. de rayons continuateurs.

» M. Moser a constaté les principaux résultats de M. Becquerel et a observé de nouveaux faits.

» Il a reconnu qu’il était nécessaire qne la plaque iodée restât exposée pendant un certain temps sous l’influence des premiers rayons, dans la chambre noire, pour que l’image pût se développer ensuite sous le verre rouge; mais que si l’on prolongeait très-longtemps l’action sous le verre rouge, on voyait apparaître directement une image négative (sans emploi de mercure).

«  M. Gaudin avait déjà reconnu que les verres jaunes sont dans cette circonstance beaucoup plus actifs que les verres rouges. M. Moser a observé ce fait curieux: une plaque iodée, qui avait séjourné dans la chambre obscure à peu près le temps convenable pour donner l’image positive ordinaire (1) ([i]) à la vapeur de mercure, fut placée au soleil sous un verre jaune; elle ne montrait alors aucune image: on vit aussitôt se former très-rapidement une image négative; celle-ci disparut au bout de quelques instants, et, après 10 à 15 minutes, il apparut à sa place une image positive.

« En employant des verres rouges, M. Moser n’a jamais pu obtenir d’image positive, quel que fût le temps de l’exposition; il a reconnu, au contraire, que cette transformation avait lieu très-bien sous les verres verts.

» M. Moser se trouve conduit à distinguer de la manière suivante l’action des divers rayons du spectre: Sur la couche iodée intacte, les rayons violets et bleus sont les seuls actifs; ils produisent un commencement d’altération qui n’est pas visible directement, mais qui le devient par l’action de la vapeur mercurielle quand cette altération est arrivée à un certain point. Mais on peut distinguer deux périodes dans cette altération progressive de la couche iodée : à la fin de la première période, la couche iodée est tellement modifiée, que les rayons rouges et orangés agissent maintenant aussi bien que les rayons bleus et violets; mais les rayons jaunes n’agissent pas encore; car, si l’on retire la plaque trop tôt  de la chambre obscure, on voit que les rayons jaunes sont tout à fait inactifs. A la fin de la seconde période les rayons verts et jaunes agissent à leur tour; la plaque est alors à peu près au point où l’image devient visible sous l’influence des vapeurs mercurielles.

» Une plaque iodée a été placée dans la chambre obscure et laissée pendant plus d’une heure dirigée sur des objets éclairés par le soleil, de manière à présenter une image négative très-distincte; cette image a été mise ensuite en plein soleil; au bout de quelques minutes l’image négative avait disparu et l’on vit apparatre à sa place une image positive tout aussi nette, dans laquelle les clairs avaient une nuance verdâtre et les ombres une couleur d’un rouge-brun foncé. M. Moser attribue ce dernier effet aux rayons jaunes et verts.

» On voit par ces expériences de M. Nasser, qu’il y a deux images qui se forment successivement et directement sur la plaque. M. Moser a cherché s’il ne s’en fortnait pas encore d’autres; pour cela il a pris deux plaques dont l’une fût passée à l’iode et ba seconde au chlorure d’iode; il plaça chacune de ces plaques dans une chambre noire particuliére dont les lentilles étaient dirigées sur des maisons éloignées; les chambres noires étaient renfermées dans une pièce complétement obscure, pour éviter l’action de la lumière diffuse. La saison était très-défavorable, on était en hiver: l’expérience fut prolongée pendant treize jours; au bout de ce temps on trouva des images positives sur les deux plaques. La plaque au chlorure d’iode présentait l’image la plus vive; elle était d’un très-bel aspect par la vivacité de ses couleurs; les clairs étaient d’un bleu de ciel bien franc et les ombres d’un rouge de feu très-intense. M. Moser regarde ces images comme étant toujours la première image positive.

« La plaque au chlorure d’iode ayant été plongée dans la dissolution de l’hyposulfite de soude, les couIeurs disparurent immédiatement, et l’on vit paraître l’image négative.

« M. Moser a fait ensuite une série d’expériences avec des rayons polarisés  clans le but de rechercher si les rayons qui produisent les images, se différentiaient sous ce rapport des rayons lumineux; il n’a pu constater aucune différence.

« En plaçant au devant de la lentille de la chambre obscure un prisme de chaux carbonatée achromatisé pour une des images et dirigeant la lentille sur une statue, il obtint deux images, parfaitement distinctes et nettes, bien  qu’une seule des deux images parût achromatique à l’oeil.

« M. Moser prit également les épreuves des anneaux colorés et des figures données par la lumière polarisée dans les plaques cristallines, verres trempés, etc., etc.; dans toutes ces circonstances les images se trouvèrent semblables à celles que l’on voit à la vue directe.

« On sait depuis longtemps que si l’on écrit avec certaines substances sur une plaque de glace bien polie, qu’ensuite on efface les caractères, et qu’on nettoie complétement la surface, les caractères reparaissent toujours quand on y projette de l’humidité par le souffle de l’haleine. M. Moser a reconnu que ce phénomène se présentait pour tous les corps polis, et quelle que soit la matière avec laquelle les caratères ont été tracés. Ainsi,on l’obtient d’une manière très-marquée en soufflant l’haleine sur la plaqne de glace, et traqant immédiatement quelques caractères avec un pinceau très-propre; si l’on vient à souffler de nouveau l’haleine dessus après que la première humidité, s’est évaporée, on voit reparaître les caractères. Le même phénomène se présente, même après plusieurs jours, à la surface du mercure, pourvu qu’on laisse ce liquide parfaitement tranquille. On l’observe aussi,en placant sur une plaque polie un écran découpé, et projetant ensuite l’haleine sur l’écran. La vapeur d’eau qui se condense à l’endroit des découpures étant évaporée, on reconnaît toujours, d’après M. Moser, en soufflant de nouveau l’haleine sur la plaque, la place occupée par les caractères à la première insufflation.

«  M. Regnault pense que, dans ces dernières expériences, la petite quantité de matière grasse qui se trouve constamment à la surface des corps, ou qui peut être envoyée par l’haleine, peut jouer un grand rôle; en se déposant différemment à la surface de la plaque, elle peut modifier suffisamment la nature de cette surface, pour que la modification devienne sensible par des réflexions inégales de lumière produites sur les dépôts inégaux de la vapeur.

» M. Moser a reconnu que la vapeur d’iode et la vapeur de mercure se prêtent très bien à la manifestation des images; dans le cas où la vapeur d’iode seule ne manifestait pas l’image, on la faisait naître ordinairement en exposant ensuite la plaque aux vapeurs du mercure.

« Une plaque d’argent fut iodée comme pour les épreuves daguerriennes. On plaça sur cette plaque des objets divers, des médailles métalliques et non métalliques. L’objet étant enlevé, on reconnaissait quelquefois immédiatement sa place; mais c’est surtout en exposant la plaque aux vapeurs de mercure que l’image paraissait d’une manière assez nette, pour que l’on put reconnaître parfaitement bien des figures, des lettres, etc.

» Cette expérience réussit tout aussi bien dans une obscurité complète, pendant la nuit, que sous l’influence de la lumièré.

» Une plaque iodée traitée de la même manière, ne présentait aucune image après l’enlèvement de l’objet; mais l’image parut immédiatement, avec la plus grande netteté, quand la plaque fut exposée à la lumière diffuse ou au soleil.

« On obtient même une image sensible sur une plaque d’argent très-bien polie et n’ayant jamais servi, sans la passer préalablement à l’iode: on l’expose, après le contact de l’objet, à la vapeur de mercure. La même expérience a réussi avec des plaques d’autres métaux.

«  M. Moser conclut de ces expériences que, lorsqu’une surface a été touchée dans certaines parties par un corps, elle a acquis la propriété de condenser les vapeurs des substances qui ont pour elle une certaine force d’adhésion, d’une autre manière dans les parties touchées que dans celles  qui n’ont pas été au contact. De sorte que le contact aurait produit ici une modification analogue à celle de l’action de la lumière.

«  Parmi les expériences faites par M. Moser, je citerai la suivante: Une plaque d’argent fut iodée pendant la nuit et dans une obscurité complète; on plaça ensuite sur la plaque une médaille taillée en agate, une plaque métallique gravée, un anneau en corne, etc. La plaque fut ensuite soumise aux vapeurs mercurielles; on vit apparaître les images parfaitement nettes des figures gravées sur l’agate, des lettres gravées sur la plaque métallique de l’anneau, etc.

» Des plaques traitées de la même manière furent exposées, après le contact, à la lumière diffuse ou à la lumière solaire, et l’on vit apparaître directement des images tout aussi nettes. Enfin les expériences furent faites en  exposant la plaque impressionnée, sous des verres colorés aux radiations solaires : on n’obtint que des traces d’images sous les verres rouges et jaunes; les images furent, au contraire, très-nettes sous les verres violets.

« Une plaque d’argent, qui n’avait pas encore servi, fut polie avec le plus grand soin, puis placée sous un écran noir dans lequel on avait découpé des caractères; l’écran ne touchait pas la plaque. L’appareil fut placé pendant plusieurs jours à la lumière solaire. La plaque ayant été ensuite exposée aux vapeurs mercurielles, l’image des découpures parut d’une manière parfaitement nette.

« La même expérience réussit très-bien avec une plaque de cuivre, en l’exposant ensuite à la vapeur d’iode.

« Enfin on obtint le même résultat sur une plaque de glace en projetant dessus l’haleine, après le contact.

» Les expériences précédentes montrent qu’au contact il se forme à la surface des corps polis des modifications analogues à celles que ces corps éprouvent sous l’influence de la lumière. Mais voici un résultat bien plus extraordinaire de M. Moser: c’est que le même phénomène se produit dans l’obscurité la plus complète, par les corps placés à distance. M. Moser énonce ce fait de la manière suivante: Lorsque deux corps sont suffisamment rapprochés, ils impriment leur image I’un sur l’autre.

« Les expériences ont été faites dans une obscurité complète, la nuit; les plaques et les corps produisant image, étaient placés dans une boîte fermée, située elle-même dans une chambre complétement obscure. Les images paraissaient quelquefois au bout de dix minutes d’action.

» M. Moser a cherchdé si la phosphorescence jouait un rôle dans ce phénomène; il n’a pu observer aucune différence entre l’action d’un corps laissé depuis plusieurs jours dans une obscurité complète et celui qui venait d’être exposé à l’action des rayons solaires. Ce résultat fut très-net pour une plaque d’agate qui fut exposée au soleil, la moitié de sa surface étant garantie des rayons solaires. Il fut impossible de distinguer sur l’image obtenue au moyen de cette agate sur une plaque d’argenr polie, la partie soumise à l’insolation, de la partie qui était restée couverte.

«  Les vapeurs ne sont pas essentielles pour manifester ces phénomènes. Ainsi, une plaque d’argent iodée étant soumise, dans l’obscurité complète, à l’action d’un corps placé à petite distance, pendant un temps suffisant, on voit paraître l’image; les parties qui ont été le plus influencées sont noircies , d’une manière très-sensible.

» La seule maniére d’expliquer la formation d’images distinctes dans ces circonstances, si on l’attribue à des radiations, consiste évidemment à admettre que ces radiations diminuent extrêmêment rapidement d’intensité avec l’obliquité, C’est, en effet, ce qu’admet M. Moser.

«  M. de Humboldt annonce, dans sa Lettre, que les expériences de M. Moser sur la formation des images dans l’obscurité, au contact et à petite distance, ont été répétées avec plein succès à Berlin par M. Aschersohn, en sa présence et en celle de l’astronome M. Encke.

«  Une vignette gravée en creux dans une plaque d’alliage métallique a été placée sur une plaque d’argent parfaitement polie et non iodée, et laissée pendant 20 minutes : l’image était peu marquée, mais elle est devenue plus nette en iodant la plaque et la passant ensuite au mercure. Dans une autre expérience, on a placé sur la plaque d’argent polie un camée en cornaline portant une inscription; les lettres étaient parfaitement lisibles sur l’image.

clip_image001» M. Aschershon a obtenu des traces d’images trés-distinctes en plaçant la plaque d’alliage gravée, à une distance d’environ un tiers be ligne de la plaque d’argent. »



([i]) (1) On donne le nom d’image positive ou directe à celle dans laquelle les clairs sont représentés par des clairs et les ombres par des noirs, comme dans nos dessins ordinaires.

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1842

29 de Agosto

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

Juillet-Décembre

T. XV

Nº.

Pag. 448, 449, 450, 451

M. Regnault communique, au nom de M. de Humholdt, une Note de M. Moeser, relative a la formation des images photographiques.

L’auteur résume ainsi ses recherches:

« 1º. La lumière agit sur tous les corps, et sur tous de la même manière: les actions connues jusqu’à ce jour ne sont que des cas particuliers de ce fait général.

« 2º. L’action de la lumière consiste à modifier les substances de telle sorte qu’après avoir éprouvé cette action, elles condensent les diverses vapeurs autrement qu’elles ne le feraient sans cela: la découverte de M. Daguerre repose là-dessus et présente un cas particulier de cette action générale.

« 3º. Les vapeurs sont condensées plus ou moins fortement par les substances ainsi modifiées, suivant leur élasticité et l’intensité de l’action lumineuse.

» 4º. L’iodure d’argent commence, comme on sait, par noircir sous l’influence de la lumière.

» 5º. Si l’action de la lumière est prolongée, l’iodure se transforme en iodure coloré.

» 6º. Les rayons différemment réfrangibles ont une seule et même action, et il n’y a de différence que dans le temps qu’ils mettent à produire un effet déterminé.

» 7º. Les rayons bleus et violets, et les rayons obscurs, découverts par Ritter, commencent rapidement l’action sur l’iodure d’argent; les autres rayons mettent, à produire le même effet, d’autant plus de temps que leur réfrangibilité est moindre.

» 8º. Cependant l’action (5º) est plus rapidenient commencée et effectuée par les rayons rouges et jaunes ; les autres rayons emploient d’autant plus de temps qu’ils ont une plus grande réfrangibilité.

» 9º. Tous les corps rayonnent de la lumière, même dans une obscurité compléte.

» 10º. Cette lumière ne paraît pas se rattacher à la phosphorescence, car on n’aperqoit aucune différence, que les corps aient été longtemps placés dans l’obscurité, ou bien, qu’on les ait exposés à la lumière du jour, ou même aux rayons solaires directs.

« 11º. Les rayons émanés des différents corps agissent, comme la lumière, sur toutes les substances, et produisent les effets indiqués (2º) et (4º).

« 12º. Ces rayons, insensibles sur la rétine, ont une réfrangibilité plus grande que ceux qui proviennent de la lumière solaire, directe ou diffuse.

» 13º. Deux corps impriment constamment leurs images l’un sur l’autre, même lorsqu’ils sont placés dans une obscurité complète (1º), (9º) et (11º).

« 14º. Cependant, pour que l’image soit appréciable, il faut, à cause de la divergence des rayons, que la distance des corps ne soit pas très-considérable.

« 15º. Pour rendre une semblable image visible, on peut se servir d’une  vapeur quelconque, par exemple de la vapeur d’eau, de mercure, d’iode, de chlore, de brome ou de chlorure d’iode, etc., etc.

» 16º. Comme les rayons que les corps envoient ainsi spontanément ont une réfrangibilité plus considérable que ceux qui étaient connus jusqu’à présent, ce sont eux aussi qui ordinairement commencent les actions sur les autres substances avec le plus d’intensité (7º).

» 17º. Il existe une lumière latente, de même qu’une chaleur latente.

«  18º. Lorsqu’un liquide se vaporise, la lumiére qui correspond à une certaine durée d’oscillation devient latente, et se trouve remise en liberté lorsque la vapeur se condense en gouttes liquides.

« 19º. C’est pour cela que la condensation des vapeurs produit en quelque sorte les mêmes effets que la lumière: ainsi se trouve expliqué le rôle de la vapeur (2º) et (15º).

» 20º. La condensation des vapeurs sur les plaques agit comme la lumière, que la vapeur en excès adhère simplement, comme fait la vapeur d’eau sur la plupart des substances, ou d’une manière permanente, comme fait habituellement le mercure, ou enfin se combine chimiquement avec la substance, comme, par exemple, la vapeur diode avec l’argent.

» 21°. La lumire latente de la vapeur de mercure est jaune; toutes les actions que produisent les rayons jaunes peuvent être obtenues par la condensation de la vapeur de mercure.

» 22º. La couleur latente de la vapeur d’iode est bleue ou violette; les actions des rayous bleus ou violets peuvent être également reproduites par la condensation de la vapeur d’iode.

» 23º. Les couleurs latentes du chlore, du brome, du chlorure diode et du bromure d’iode paraissent peu différer, quant à la réfrangibilité, de celle de l’iode.

« 24º. Quant à la couleur latente de la vapeur d’eau, je puis dire seulement qu’elle n’est ni verte, ni jaune, ni orange, ni rouge.

» 25º. L’iodure d’argent doit sa sensibilité pour les rayons visibles à la lumière latente de la vapeur d’iode.

» 26º. L’iodure d’argent n’est pas plus sensible aux rayons invisibles que ne l’est l’argent lui-même.

» Remarque. En exceptant les principes des Nº. , 9, 17, 18 et 25, tout ce qui précède repose sur des recherches suffisamment nombreuses, qu’on trouve décrites dans les Mémoires suivants (Annales de Physique de Poggendorf, etc.) :

» (a). De la marche de la vue, et de l’action de la lumière sur tons les, corps;

» (b). Sur l’état latent de la lumière;

« (c). Sur la lumière invisible;

« Si 1’on rejette les principes énoncés. (9º, 17º, 18º, 25º), on écarte tout point de vue théorique, mais on est hors d’état d’expliquer les phénomènes. »

 

M. ARAGO communique la lettre suivante-de M. Breguet, relative à un phénomène qui confirme les expériences de M. Mœser:

« Les faits remarquables qui viennent d’être découverts par M. le professeur Mœser, et dont la communication a été faite dernièrement à l’Académie par M. Regnault, me rappellent quelque chose d’analogue que nous avons observé de temps à autre dans l’intérieur des boîtes de montres en or, et dans l’intérieur même de machines dont toutes les pièces étaient en cuivre jaune.

» Tout le monde sait que, lorsqu’on ouvre le fond d’une montre, on aperçoit un second fond, appelé la cuvette, sur laquelle est gravé le nom du fabricant. Ce second fond est très-près du premier; il y a entre eux l’épaisseur d’un dixième de millimètre tout au plus. Eh bien, nous avons eu souvent occasion de voir sur le fond l’image renversée et très-distincte du nom gravé sur la cuvette.

« Dans des machines ou des pièces se trouvaient être aussi placées à de très-petites distances, nous avons vu aussi quelquefois sur l’une d’elles la représentation de signes plus ou moins remarquables.

» Nous avions trouvé ces faits fort curieux, nous les avions même communiqués a quelques personnes; mais, n’ayant pas eu le temps d’observer toutes les particularités du phénomène, nous nous étions abstenu jusqu’ici d’en faire mention.

» Mais maintenant que cela entre dans le domaine de la science, ce n’est peut-être pas trop oser que de présenter ainsi des faits sans les accompagner d’observations accessoires; car, plus ils seront multipliés, et plus promptment on arrivera à l’explication d’un phénomène si remarquable.

» Voilà, M. le Secrétaire, mon observation; je vous laisse le maître de décider

si elle mérite d’être communiquée à l’Académie. »

quarta-feira, 4 de novembro de 2009

1850
12 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 7
Pag. 208, 209, 210
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Images photographiques sur papier obtenues au moyen de la plaque albuminée et dans un temps très-court, grâce à l’emploi d’une substance accélératrice. (Extrait dune Note de M. A. HUMBERT DE MOLARD.)
(Commissaires , MM. Chevreul, Regnault, Seguier.)
« L’emploi de la plaque de verre albuminée a marqué un grand progrès dans l’art de la photographie, et cependant, pour que, grâce au nouveau procédé, la photographie sur papier pût, sur tous les points, et notamment dans les reproductions de la nature animée, lutter avec avantage avec la photographie sur plaqué, il fallait découvrir pour l’albumine une substance accélératrice; c’est à quoi je suis arrivé. Ce moyen est très-simple. L’albumine est un corps tenace, se coagulant fortement par l’action des acides, et, par suite, peu favorable aux opérations photogéniques; mais elle peut être parfaitement ramenée à ces conditions par le mélange d’une substance quelconque qui la divise sans la troubler, qui modifie sa ténacité naturelle en lui donnant l’onctueux, la souplesse et la porosité d’une feuille de papier.
« Tous les sucres, les sirops de cassonade, de miel brut et de mélasses, le sel de lait, le sérum du lait, les mucilages de pepins de coings, de graines de lin, de guimauve, etc., etc., sont on ne peut plus aptes à remplir ce but. L‘acide saccharique des uns, le mucilage et la gomme des autres, le gluten ou la fécule amylacée de la plupart, celle surtout que contient le miel brut du commerce, presque toujours frelaté par l’amidon, agissent on ne peut mieux sur l’albumine pour la disposer aux opérations photographiques... 15 à 20 pour 100 de mélasse, de sirop de cassonade, de miel brut ou de sérum du lait mélangés à l’albumine donnent de beaux et rapides résultats. Si l’on veut opérer par les mucilages épais de coings, ou autres semences, on renverse les proportions; c’est-à-dire que 20 à 25 grammes pour 100 d’albumine suffisent pour favoriser l’adhérence à la glace du mucilage dont le peu de ténacié lâcherait dans le lavage. Dans toutes les préparations, 1 pour 100 d’iodure de potasse suffit grandement.
« Voici maintenant un autre procédé pour la photographie sur verre, tout différent dans ses préparations de ceux connus et employés jusqu’à ce jour. Les beaux résultats qu’il me donne depuis longtemps sur papier m’ont tout dernièrement fait essayer de l’appliquer au verre, et j’y ai réussi au delà de mes espérances.
« J’enduis les glaces d’une couche d’albumine pure, et les laisse sécher à plat. Je les coagule par une immersion rapide dans un bain d’acide nitrique chimiquement pur, de la force de 7 à 8 degrés, et les passe immédiatement dans un autre bain ammoniacal pour neutraliser l’acide. Ces deux immersions doivent etre rapides, exécutées dans l’espace de quelques secondes et sans le moindre temps d’arrêt. En cet état, les feuilles de verre coagulées présentent un aspect légèrement laiteux et d’une teinte uniforme; on les passe à l’eau pure, et on les laisse de nouveau sécher debout et sur un angle, afin de faciliter et activer l’égouttement. Bien sèches, on les pose sur un support à chlorurer, et, à l’aide d’un pinceau doux, on les enduit d’une couche d’iodure d’argent liquide (solution de précipité jaune d’oxydem d’argent par l’iodure de potassium dissous à saturation complète dans l’eau distillée). Au bout d’une minute, la feuille de verre est plongée dans l’eau, où elle prend de suite un ton jaune-or par l’effet de l’iodure d’argent qui se précipite instantanément de son oxyde. On lave encore la plaque à grande eau jusqu’à ce qu’il ne reste à sa surface aucune parcelle de précipité non adhérente, et on laisse sécher. (Toutes ces opérations peuvent être faites au grand jour.) En cet état, la plaque est prête, et l’on peut estimer la certitude d’une réussite par l’intensité de sa couleur qui doit être d’un beau jaune-or. Elle peut ainsi se conserver des mois entiers sans altération.« Au moment d’opérer à la chambre noire, on la rend sensible, comme à l’ordinaire, par l’acéto-azotate d’argent, mais qui peut alors, sans inconvénient, être versé dessus goutte à goutte, ou étendu soit au pinceau, soit à l’aide d’un papier, sans crainte d’aucune fissure ni gerçures. L’albumine étant coaguléee d’avance, l’acide acétique n’a plus sur elle aucune action, et ne joue d’autre rôle dans l’opération que celui de désunir la potasse d’avec l’iode, qui vient alors se combiner avec l’argent, etc., etc.
« Les limites restreintes d’une communication par lettre ne me permettent pas d’entrer dans de plus amples détails sur ce procédé; mais à sa simple inspection, les amateurs expérimentés apercevront, je l’espére, quelle certitude de réussite doit procurer à l’opération un iodure d’argent composé, appliqué d’un seul coup et toujours invariable dans ses proportions.
« A cette Note sont jointes de fort belles épreuves sur papier, obtenues par les deux procédés indiqués. Toutes ces épreuves, remarque l’auteur, ont été obtenues à l’ombre en 30, 40 ou 50 secondes, avec un objectif de 33 centimètres de foyer.
M. REGNAUT, à l’occasion de cette communication, annonce qu’it est à sa connaissance que M. Niepce de Saint-Victor a employé également, et depuis assez longtemps, de semblables substances comme accéleratrices dans les opérations photogéniques au moyen du verre albuminé; l’indication de cet emploi doit même se trouver dans une Note adressée, depuis quelque temps, sons pli cacheté, par M. Niepce de Saint-Victor.
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quinta-feira, 15 de outubro de 2009

1851
18 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXIII
Nº. 7
Pag. 211, 212

M. REGNAULT présente, au nom de M. BACOT, une épreuve photographique obtenue au moyen du cliché négatif sur verre. Cette première image a dû être obtenue dans un temps très-court puisqu'elle rend avec assez de netteté les formes d'objets en mouvement, de lames qui viennent déferler sur une côte.
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domingo, 11 de outubro de 2009

1852
9 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 6
Pag. 214


M. REGNAULT présente à l'Académie des épreuves photographiques obtenues sur verre albuminé par M. BACOT, de Caen, à l'aide d'un procédé extrêmêment rapide. Ces épreuves sont remarquables par leur grande finesse. L'une d'elles représente les vagues de la mer se brisant sur la plage; elle a été obtenue en une très-petite fraction de seconde.
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terça-feira, 6 de outubro de 2009

1853
20 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXVI
Nº. 25
Pag. 1092

M. REGNAULT met sous les yeux de l’Académie une série d’images photographiques sur papier exécutées par M. Bertsch et représentant des objects d’histoire naturelle vus au microscope avec un grossissement de cinquante à deux cents fois le diamètre.
Une commission, composée de MM. Milne Edwards, Regnaut et Seguier, est chargée d’examiner ces dessins et d’en faire l’objet d’un Rapport à l’Académie.

terça-feira, 29 de setembro de 2009

1853
16 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXVII
Nº. 7
Pag. 288

M. PLAUT, à l’occasion des communications récentes de M. Hieilmann et de MM. Salleron et Lerebours, sur l’amplification des images photographiques, demande l’ouverture d’un paquet cacheté dont 1’Académie avait accepté le dépot dans la séance du 26 juin 1851.
La Note renfermée sous ce pli contient la « Description d’un appareil pour faire des portraits photographiques de grandeur naturelle, au moyen d’un cliché négatif trés-petit. » Elle est renvoyée à l’examen de la Commission déjà nommée pour les communications de M. Heilmann et de MN. Lerebours et Salleron, Commission qui se compose de MM. Babinet, Regnault.
M. PLAUT adresse en même temps une Note concernant la fixation, par l’action ménagée du feu, d’une épreuve photographique négative obtenue sur verre albuminé. Ces épreuves résistant à l’action des agents chimiques, et à plus forte raison aux influences atmosphériqnes, semblent pouvoir etre employées a la décoration des vitraux.

(Renvoi à la mème Commission. )

quinta-feira, 24 de setembro de 2009

1854
24 de Abril
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXVIII
Nº. 17
Pag. 778

M. A. DE POILLY adresse une Note concernant un procédé photographique de son invention, un moyen d’opérer à sec sur collodion.
L’auteur annonce avoir déposé, le 7 novembre 1853, une description succincte de son procédé, contenue dans un paquet cacheté dont il demande aujourd’hui l’ouverture.
Le paquet, ouvert en séance, renferme en effet la description annoncée.
Les deux pièces sont renvoyées à l’examen d’une Commission composée de MM. Chevreul, Regnault, de Senarmout.