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segunda-feira, 27 de abril de 2009

1859, 11 de Abril

1859, 11 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVIII
Nº. 15
Pag. 730, 731
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Photographie: Note accompagnant la présentation de diverses épreuves obtenues par M. Civiale fils.

« Dans une excursion aux Pyrénées, j’ai reproduit deux panoramas de montagnes et des vues de détails de roches et falaises qui m’ont paru pouvoir offrir quelque intérêt à la géologie et à la géodésie.
« Le premier panorama, composé de quatre épreuves, représente une portion de la chaîne des Pyrénées françaises et espagnoles prises de l’Antécade (environs de Luchon). Le point de station est à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce panorama, compris dans un angle moindre que 60 degrés, forme la sixième partie d’un cylindre, dont le diamètre de la base est de 4,000 mètres. Le plan horizontal de base est à 1,300 mètres au-dessus du niveau de la mer et s’étand du sud-est au sud-ouest. J’ai dû mattre au foyer une portion de montagnes à 1,500 mètres de la chambre noire, pour avoir des indications suffisantes sur les montagnes du dernier plan.
« Le deuxième panorama, composé de trois épreuves, représente une vue de la Maladette et ses glaciers, prise du port Vénasque (environs de Luchon). Le point de station est à 2,300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce panorama, compris dans un angle de 30 degrés, est une vue sensiblement plane. J’ai mis au point à 4,000 mètres de la station de l’instrument.
« Toutes les mesures d’angle ou de distance sont approximatives.
» Les points d’où l’on peut prendre des vues panoramiques sont peu nonbreux, souvent d’un accès difficile, et presque toujours obligent le photographe à se placer dans des conditions d’éloignement et d’orientation qui nuisent à l’effet qu’il veut rendre et au panorama à reproduire.
» Les autres vues sont des détails de montagnes, de roches du chaos de Cèdre et de falaises de Saint Jean-de-Luz.
« Les épreuves négatives ont été prises sur papier ciré sec, d’après un procédé que j’ai modifié, et avec un instrument que j’ai rendu aussi transportable qu’il m’a été possible. Cette indication de la manière dont les épreuves ont été prises montre, je crois, que l’on pourra obtenir des renseignements assez étendus sar la disposition générale des chaînes de montagnes, leurs formes, leurs coupures et leurs glaciers. On pourra même déterminer approximativement, d’après des hauteurs déjà connues, la hauteur des pics d’un accès trop difficile. Les hauteurs déja calculées, les cartes que l’on possède donneront la distance approximative de la chambre noire aux verticales passant par les différents sommets; ou mesurera directement du point de station les angles verticaux de ces sommets, et on aura la hauteur approximative, en multipliant la ligne de base par le sinus de l’angle vertical :

h = AB sin α

» On pourra prendre des détails de roches, de coupes naturelles du terrain, de glaciers, de crevasses, de falaises, etc. Enfin, la comparaison des panoramas de montagnes obtenus par la photographie, avec les cartes qui ont été faites, pourra amener à rectifier certaines inexactitudes qui auraient pu se glisser dans ces cartes. »

domingo, 26 de abril de 2009

1860, 30 de Abril

1860, 30 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T.L,
Nº. 18
Pag. 827, 828, 829
OROGRAPHIE. - Note sur l’applicntion de la photographie à la géographie physique et à la géologie; par M. A. Civiale.

« Les pays de montagnes ont fourni aux photographes un grand nombre de paysages qui offrent de l’intérêt sous le rapport pittoresque et artistique; mais on s’est peu occupé jusqu’ici des avantages que la géologie et la physique du globe peuvent retirer des épreuves photographiques prises dans des conditions nettement définies.
» MM. Élie de Beaumont et Regnault ont appelé mon attention sur ce sujet; c’est d’après les indications qu’ils ont bien voulu me donner, que j’ai fait l’an dernier, dans l’Oberland bernois, la série d’épreuves photographiques que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie.
« J’indiquerai en quelques mots l’appareil dont je me suis servi, le procédé photographique et la maniére de prendre les vues. L’appareil est une chambre noire à soufflet très-portative, montée sur quatre branches et possédant une grande stabilité. La longueur focale de l’objectif à verres combinés est de 0m,72 au soleil, l’image produite sur la glace dépolie a 0m,37 sur 0m, 27; un niveau à bulle d’air, une boussole et un goniométre (I) ([i]) sont joints à l’appareil.
» Les épreuves ont été prises sur papier ciré sec, iodurées dans un bain de céroléine, et le temps de pose a varié de dix-sept à dix-neuf minutes pendant la dernière quinzaine de juillet et le mois d’août.
» Pour les vues formées d’une seule feuille, il suffit d’indiquer la direction de l’axe optique de l’instrument et l’angle vertical que la chambre noire fait avec l’horizon, si la pente du terrain et la proximité de la vue à prendre ne permettent pas de la maintenir dans une position horizontale. Dans les panoramas, il est indispensable, pour raccorder les épreuves, de placer la chambre noire dans une position horizontale; l’instrument tourne autour de son axe, de manière que la première feuille recouvre la deuxième de 1 centimètre et demi environ, et il en est de même pour les feuilles suivantes.
» Il faut indiquer le point de station, la hauteur au-dessus du niveau de la mer et la direction de l’axe optique pour chaque feuille, ou au moins pour les deux feuilles extrêmes. On aura, en consultant une carte détaillée du pays, la distance du point de station à un point quelconque de chacune des feuilles qui composent le panorama. Il faut également déterminer l’angle horizontal dans lequel la vue d’ensemble est comprise et prendre à l’aide du goniométre les angles verticaux que forme chacun des sommets reproduits au-dessus du point de station, pour pouvoir déterminer ensuite leur hauteur relative au-dessus de ce point.
« Ces indications sont nécessaires pour donner aux épreuves photographiques l’utilité dont elles peuvent être pour la science.
« Les épreuves que je mets sous les yeux de l’Académie se composent de panoramas, et d’un album de détails, pris principalement dans la partie orientale de l’Oberland bernois où le soulèvement paraît avoir été le plus considérable.
« Les panoramas pris du Faulhorn et du Sidelhorn donnent l’ensemble de la chaîne.
« Un panorama pris d’une colline derrière l’église de Grindelwald représente la vallée, la partie inférieure des montagnes et les deux glaciers.
» Le dernier panorama pris de la Wengernalp, à 200 mètres environ d l’ouest-nord-ouest de l’hôtel de la Jungfrau, représente une portion de 1’Eiger et du Mönch, la Jungfrau et le Silberhorn.
« Les vues de détails ont été prises dans la vallée de Grindelwald et sur la route de la Handeck au Grimsel; elles représentent les montagnes et les glaciers de la vallée, les roches polies et moutonnées, le cours de 1’Aar et ses glaciers, le glacier du Rhône, ainsi que la réduction des panoramas.
» J’ai ajouté à l’album quelques épreuves de neige prises dans 1’Oberland au mois de février dernier. J’ai reconnu que les formes des montagnes se dessinent plus nettement à cette époque de l’année que pendant l’été.
« Une légende explicative des vues de détails et des panoramas est jointe également à l’album, dont je prie l’Académie d’agréer l’hommage. «

Aprés avoir donné lecture de la Note de M. A. Civiale M. Elie de Beaumont signale à l’attention de l’Académie le caractére de vérité que présentent les différents panoramas placés sous ses yeux, et la précision avec laquelle y sont reproduits certaitrs détails assez difficiles à bien rendre par le dessin, notamment les accidents variés des glaciers, les surfaces montonnées et polies des environs de Grimsel et des giaciers de 1’Aar, les escarpements hardis des montagnes de la vallée de Grindelwald, etc.
([i]) (1) Ce goniomtre est un petit instrument, que j’ai fait exécuter pour déterminer les angles horizontaux et les angles verticaux à une minute près. Il se compose d’un support en bois renfermant un niveau à bulle d’air, d’une lunette avec vernier, d’un arc de cercle de 90 degrés se pliant en sens inverse de la lunette, et de deux pinnules se repliant sous le support en bois.

sexta-feira, 24 de abril de 2009

1861, 22 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 16
Pag. 819, 820
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Note sur l’application de la photographie à la géologie et à la géographie physique. Orographie : Le mont Blanc et ta vallée de Chamounix; par M. A. Civiale

« J’ai entrepris en 1859 la reproduction photographique de la chaîne des Alpes; ce travail exigera plusieurs années, car il doit comprendre l’Oberland bernois, le mont Blanc et les Alpes de Savoie, le grand massif du mont Rose, les chaînes secondaires du Valais, des Grisons et du Tyrol, ainsi que les montagnes volcaniques des environs de Schaffouse. J’ai l’honneur de présenter aujourd’hui à l’Académie les vues photographiques des versants occidentaux du mont Blanc, des vallées de Chamounix, de Valorsine, de la Tète-Noire et de Trient.
« Ce travail comprend trois panoramas et un album de vues de détails.
« Le premier panorama, composé de dix épreuves, est pris du Brévent, au-dessus des chalets de Plampra (2130 m); il est compris dans un angle de 200º 15’, et représente l’ensemble de la chaîne du mont Blanc, depuis le col de Vora jusqu’au col de Balme du sud-ouest au nord-est. Les masses granitiques de la chaîne forment deux groupes principaux séparés par la mer de glace, les Aiguilles de Chamounix au nord-est et l’higuille Verte, les Aiguilles d’Argentières et du Tour au sud-ouest.
« Le deuxième panorama, composé de huit épreuves, est pris de la cabane de la Flégère (1908 m), est compris dans un angle de 160º 35’, et sa direction générale va également du sud-ouest au nord-est. C’est une vue du mont Blanc plus oblique par rapport aux Aiguilles de Chamounix; le sommet de l’Aiguille Verte, trop rapproché du point de station n’a pu être reproduit ; mais l’ensemble de la mer de glace et des montagnes qui forment ses rives, est plus facile à saisir que dans le panorama précédent.
« Le troisiéme panorama, composé de six épreuves, est pris du Montanvers (1950 m), l’angle dans lequel il est compris est de 118º 32’, sa direction générale va du nord au sud. Ce panorama donne la vue détaillée d’une grande partie de la mer de glace et de la base des Aiguilles faisant face aux Aiguilles de Chamounix, ainsi que du massif des Aiguilles de Léchaud ou Jorasses, au pied desquelles viennent se réunir les glaciers de Léchaud et du Géant pour former l’immense glacier des Bois ou mer,de glace proprement dite.
» La série des vues de détail commence à Servoz au pied des rochers des Fiz, reproduit la vallée de Chamounix du col de Voza au col de Balme, la vallée de Valorsine, la route de la Tête-Noire et se termine dans la vallée du Trient.
» Les pentes générales des glaciers et celles des gradins qui les forment sont données rigoureusement par les épreuves prises sur le flanc des montagnes qui encaissent ces glaciers. Je n’ai pas remarqué de différence sensible entre les pentes mesurées sur l’épreuve et celles prises directement sui le glacier. J’ai employé le procédé photographique sur papier ciré sec indiqué l’année dernière; l’orientation de l’axe optique, de l’instrument est déterminée pour chaque épreuve; quant à la prise des vues, je me süis attaché, ainsi que je l’ai dit, à fixer l’appareil optique de manière à ne pas laisser d’incertitude sur les éléments géodésiques des divers points. Ainsi l’axe optique est toujours horizontal, et comme la station reste la même pour les vues qui composent un même panorama, il est facile, avec l’épreuve photographique et une carte topographique détaillée, de connaître les coordonnées de chaque sommet, ou d’un point quelconque intéressant, par rapport au plan horizontal qui passe par la station.
» Une légende explicative et les réductions des panoramas complètent l’album.
« Je prie l’Académie de vouloir bien accepter l’hommage de cette seconde partie de la reproduction photographique des Alpes. »

terça-feira, 21 de abril de 2009

1862, 17 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 17 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 10
Pag. 601, 602, 603
*
CORRESPONDANCE.
M. le Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l’Académie une série d’images photographiques faites par M. A. Civiale dans le but de contribuer à l’avancement de nos connaissances sur la géologie et la géographie physique des Alpes.
Cette série est accompagnée de la Note suivante :
« Dans les deux années qui ont précédé celle-ci, j’ai représenté, à l’aide de panoramas et de vues de détails, une grande partie de l’Oberland Bernois et les versants occidentaux de la chaîne du mont Blanc. J’ai continué, l’été dernier, mon travail sur les Alpes ; j’ai suivi la même marche et cherché à fournir à la géologie et à la géographie physique des renseignements aussi complets que je l’ai pu. J’ai l’honneur de présenter cette année à l’Académie quatre panoramas des versants orientaux du mont Blanc et des versants septentrionaux du mont Rose, ainsi qu’un album des vues de détails des valIées de Zermatt, de Courmayeur, de Véni, de Ferret et de Bérard.
» J’ai apporté une modification importante, à mon procédé de papier ciré sec: la cire vierge a été remplacée par un mélange de 4 parties de paraffine et de 1 partie de cire; la paraffine donne aux épreuves finesse plus grande et permet, de diminuer d’un tiers le temps de pose; la cire sert à reculer le point de fusion de la paraffine et à empêcher la cristallisation.
« Le travail que je mets sous les yeux de l’Académie comprend deux parties distinctes: les vues de détails et les panoramas qui permettent d’embrasser les chaînes de montagnes dans leur ensemble et donnent une idée nette de leur configuration, en déterminant les éléments géodésiques des divers points; le côté pittoresque ne vient ici qu’en seconde ligne.
« Le premier panorama, composé de huit épreuves, est pris du mont Carmet, prés de Courmayeur; il est compris dans un angle de 170º et représente l’ensemble de la chaîne du mont Blanc, depuis le col des Fours jusqu’au col Ferret, sur une étendue de 32 kilomètres environ du sud-ouest au nord-est. Le point de station est un des sommets du Carmet, à 2962 mètres au-dessus de la mer; ce sommet domine le Cramomt de 80 mètres environ et se trouve dans une position plus favorable pour reproduire le panorama.
« Le deuxième panorama, composé de douze épreuves, est pris du Gornergrat, au dessus de Zermatt; il est compris dans un angle de 247º et représente la chaîne du mont Rose depuis le Rothhorn et les Gabelhörner jusqu’au Strahlhorn sur une longueur de 53 kilomètres environ du nord-ouest au nord-nord-est. Le point de station est à 3136 mètres au-dessus de la mer. Les nombreux glaciers et les amas de neige qui entourent le sommet du Gornergrat répandent sur tout le panorama une lumière à la fois diffuse et éblouissante qui augmente beaucoup les difficultés du travail photographique.
» Le troisième et le quatrième panorama sont tous deux pris de la Gugel, du même point de station, 2707 mètres au-dessus de la mer, et embrassent toute la circonférence, depuis les cimes du mont Rose jusqu’aux sommets de l’Oberland Bernois, cachés par le brouillard au fond de la vallée de Saint-Nicolas. Ces panoramas ont été pris en deux jours; mais dans les deux opérations l’appareil ayant été placé au même point et de la même manière, les deux vues sont un seul et même panorama et leur raccord n’offrirait aucune difficulté. Le troisième panorama va du nord-nord-est au sud-sud-ouest, est compris dans nn angle de 208º 30’, se compose de dix épreuves et représente le Rothborn, le glacier de Findelen, les massifs du Gornergrat, du Riffelhorn, du Riffelberg, quelques sommets de la chaîne principale du mont Rose jusqa’au mont Cervin.
« Le quatrième panorama va du sud-sud-ouest au nord-nord-est, est compris dans un angle de 168º, se compose de huit épreuves et représente les chaînes secondaires du mont Rose qui dominent les étroites vallées de Zermatt et de Saint-Nicolas, depuis le Grand-Cervin jusqu’au glacier de Findelen.
« La série des vues de détails reproduit: La vallée de Zermatt, différents sommets de la chaîne du mont Rose, une grande vue du Riffelhorn, les glaciers de Gorner, du Breithorn, du Petit-Cervin, de Sainte-Théodule, de Furgge, de Z’mutt, etc., les vallées d’Aoste, de Courmayeur, le val Véni, le glacier de la Brenva, le val Ferret, les environs de Barberine, la vallée de Bérard, les détails du Cirque de Bérard, le Buet, les Fiz, etc. Une légende explicative et les épreuves réduites des panoramas complètent l’album. »

sexta-feira, 17 de abril de 2009

1863, 23 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1863
23 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LVI
Nº. 12
Pag. 523, 524, 525
*
MEMOIRES LUS.

OROGRAPHIE . - L ' Oberland du Valais et le mont Rose; Note de M. Civiale fils.

(Commissaires, MM. Regnault, Ch. Sainte-Claire Deville, Daubrée.)

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie, en la priant d'en agréer l'hommage, une nouvelle série de vues formant la quatrième partie de la description photographique des Alpes.
» J'ai dit (1) ([i]) que, pour fournir à la géographie physique et à la géologie les indications qu'on peut en attendre, les épreuves doivent être orientées et choisies de manière à reproduire le mieux possible la structure des roches, la disposition des couches du terrain, les formes et les pentes des glaciers. A l'aide d'une carte topographique détaillée, on déterminera, sur les épreuves obtenues d'une même station, les coordonnées d'un point quelconque par rapport an plan horizontal passant par cette station; pourvu toutefois que l'appareil ait été rendu rigoureusement horizontal.
« Le procédé photographique employé est le papier sec, ciré à l'aide d'un mélange de quatre parties de paraffine et d'une partie de cire vierge. Une modification, qui consiste à remplacer le verre antérieur de l'objectif de 83 millimètres de diamétre et d'un foyer de 5m,34 par un verre de même diamètre et d'un foyer de 1m,67, m'a permis de réduire de 18 à 14 le nombre des épreuves embrassant la circonférence entière, tout en conservant à ces épreuves une netteté satisfaisante. Le foyer de l'objectif double est réduit de 0m,72 à 0m,55.
« Le travail que je mets sous les yeux de l'Académie comprend trois grands panoramas, deux petits et un album de vues de détails.
« Le premier panorama, composé de dix feuilles, pris du sommet de l'Eggishhorn, à 2941 mètres au-dessus de la mer, embrasse un angle de 267º et représente la chaîne de l'Oberland bernois à partir du Galenstock; du nord-est au nord-ouest se développe dans toute son étendue le glacier d'Aletsch; à l'ouest et au sud les brouillards voilent les cimes de la chaîne du mont Rose; au sud-sud-est apparaissent le Monte-Leone et quelques-uns des sommets de la chaîne qui sépare le Valais de l'Italie.
» Deux petits panoramas complètent le panorama de l'Eggishhorn:
« L'un, composé de trois feuilles, pris de l'hôtel, à 2310 mètres au-dessus de la mer, embrasse un angle de 106ºet représente la chaîne qui domine le Binnenthal.
» L'autre, pris des environs u1 lac de Betten, à 2207 mètres au-dessus de la mer, embrasse un angle de 70º et représente les abords du Simplon, le Fletschhorn et quelques sommets des vallées de Saas et de Zermatt.
« Le deuxième panorama, composé de treize feuilles, pris du Monte-Moro, à 2720 mètres au-dessus de la mer, embrasse 347º et représente de l'est au sud-ouest les montagnes de l'Italie dominant la vallée de Macugnaga, le Pizzo-Bianco, le mont Rose, la Cima-di-Jazzi et le Faderhorn; du sud-ouest au nord, le Strahlhorn, l'Allelinhorn, les Mischäbelhörner, la vallée de Mattmark et quelques cimes de l'Oberland, le Bietschhorn, etc.; du nord à l'est, les montagnes qui séparent la vallée de Mattmark de l'Italie. Les brouillards venant du sud-est ont empêché de prendre une dernière épreuve pour compléter la circonférence.
» Le troisième panorama, composé de quatorze feuilles, est pris de la Pierre-à-Voir (environs de Martigny), à 2476 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence. Ce panorama a été fait dans de mauvaises conditions de lumière; les vallées étaient voilées par la brume, quelques sommets trop éloignés manquaient de netteté; cependant la reproduction des chaînes de l'Oberland, du mont Blanc, du mont Rose et des grandes vallées qui les séparent m'ont paru offrir assez d'intérêt pour les mettre sous les yeux del'Académie.
« Les vues de détails comprennent le glacier de l'Oberaar, Viesch, la vallée du Rhône, Sion, les Diablerets, Martigny, le Bouveret, la vallée de Mattmark et ses glaciers, le Strahlhorn, la route du Monte-Moro et le grand bloc erratique de serpentine aux environs de l'hôtel dii lac Mattmark. Ce bloc, le plus considérable de ceux qui sont dispersés dans la vallée, est moutonné, strié et poli sur une partie de sa surface, mesure 7000 métres cubes environ et fait partie de l'ancienne moraine du glacier de Schwartzberg. Ce glacier aboutit par sa partie supérieure aux aiguilles de serpentine du Strahlhorn, et barrait autrefois la vallée, comme le fait aujourd'hui le glacier d'Allelin. Son ancienne moraine ne laisse aucun doute à cet égard. Toutes les montagnes d'où le bloc aurait pu se détacher ne renferment pas de serpentine. Le glacier de Schwartzberg l'a donc amené dn Strahlhorn à la place qu'il occupe maintenant dans la vallée. »
([i]) (1) Voir les Comptes rendus des 30 avril 1860, 22 avril 1861 et 17 mars 1862.

1863, 23 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1863
23 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LVI
Nº. 12
Pag. 525, 526, 527, 528, 529
*
MEMOIRES LUS.

OROGRAPHIE. - Plans-reliefs topographiques des montagnes françaises; par M. Bardin. (Extrait.)

(Commissaires, MM. d'Archiac, Ch. Sainte-Claire Deville, Daubrée.)

« Transporter à Paris nos montagnes françaises, les Alpes, les Pyrénées, les Vosges, le Jura, l'Auvergne, réduites à une échelle commune et rapportées au niveau moyen de la mer, afin de les rendre comparables a première vue dans leurs formes et leurs hauteurs relatives, tel est le travail, le grand œuvre, que je me suis imposé en prenant ma retraite de professeur aux Écoles d'Artillerie et à l'École Polytechnique. Il ne s'agit point ici de l'exposition d'un simple projet; je ne m'adresserais pas si haut pour si peu. Après deux ans d'efforts combinés, je puis mettre sous les yeux de l'Académie des Sciences et livrer à son appréciation des spécimens dont l'étendue et l'exécution ne laissent aucun doute sur la réalisation possible de mon entreprise.
« L'échelle de réduction de ces plans-reliefs, assez petite pour permettre d'embrasser de grandes étendues dans des modèles d'un usage commode, est cependant assez grande pour que les principaux détails du relief ne soient pas amoindris jusqu'à disparaître. Cette échelle commune, le quarante-millième, est la même pour les distances horizontales et pour les hauteurs; de sorte qu'il en résulte des plans-reliefs naturels dont la réalité est complète. En présence de ces images vraies, où les rapports des hauteurs sont conservés, où les pentes du sol sont naturelles, l'observater le plus novice ne confondrait plus entre eux des phénomènes orographiques qui n'ont de commun que leur nom générique. L'aspect chaotique des Alpes, l'arête étroite et en baïonnette des Pyrénées, les formes balIonnées des Vosges, les combes jurassiques, les pustules volcaniques de l'Auvergne le frapperaient immédiatement, lui communiqueraient des impressions ineffaçables et lui donneraient la connaissance defaits qu'il eût saisis difficilement sans le secours de ces images.
« Qu'on se figure dans le musée d'une de nos anciennes provinces, dans le musée d’Épinal par exemple, le plan-relief topographique et le plan-relief géologique de la chaîne des Vosges placés l'un à côté de l'autre et en regard de leurs cartes respectives; n'est-il pas de toute évidence qu'il sortirait de ce simple rapprocherment une foule de notions utiles ou intéressantes pour la population vosgienne ? Qui ne connaît d'ailleurs l'amour des montagnards pour leurs montagnes ?
« On conçoit l'impossibilité et, par bonheur, l'inutilité d'exécuter le plan-relief de la France entière, à cause de l'immense étendue du sujet qui forcerait prendre une échelle de réduction si petite, qu'il n'y aurait plus de relief appréciable, même pour nos plus hautes montagnes. Il est vrai qu'on pourrait recourir à l'artifice du surhaussement; mais on sait ce que valent ces représentations contre nature. M. le Président m'a permis de déposer sur le bureau de l'Académie quelques exemplaires d'un imprimé où l'usage des plans-reliefs surhaussés est combattu à outrance. Nos régions montagneuses, et non les plaines et les plateaux qui constituent la plus grande partie du sol de la France, nos montagnes seules, considérées isolément, peuvent étre traitées par des plans-reliefs. Et encore ne peuvent-elles l'être, à cause de leur étendue dans le sens horizontal, que par des fragments choisis de manière à mettre en évidence les caractères distinctifs des chaînes auxquelles ils appartiennent.
« Le jour où j'ai appris que les minutes au quarante-millième des officiers d'état-major étaient terminées, j'ai formé le projet de construire à cette échelle les plans-reliefs des montagnes françaises. C'est avec l'agrément de M. le Maréchal Ministre de la Guerre, avec la bienveillante et large assistance de M. le général Blondel, directeur du Dépôt de la Guerre, et sous l'impulsion de M. Élie de Beaumont, que j'ai entrepris ce travail sur l'orographie française; travail énorme, dont les détails d'exécution, quoique indispensables pour justifier cette épithète, ne sauraient trouver place ici. En résumé, il est sorti des précieuses minutes du Dépôt de la Guerre une suite de plans-reliefs qui sont le complément naturel, on pourrait dire nécessaire, de l'œuvre monumentale de la Carte de France.
« Voici les objets qui sont exposés dans la salle d'attente de l'Académie :
« 1º Un Fragment des Alpes, le col du mont Cenis. Ce plan-relief et la carte dont il dérive ont été exécutés, par exception, avec les levers-nivelés de la brigade topographique du génie militaire. Je dois la communication de ces matériaux à la bienveillance de M. le Maréchal Vaillant, alors qu'il était général de division et président du Comité du génie. Le même sujet, on le verra, est traité comparativement par le dessin et suivant toutes les méthodes. Il n'y manque que la géologie, qui m'a été souvent promise et que j'attends encore, ne pouvant aller la chercher.
» Deux vues, l'une qui montre le couvent du mont Cenis et les montagnes neigeuses sur lesquelles il se projette, l'autre prise du lac Noir, et montrant le sommet du glacier de Bar, donnent sur la physionomie de cette haute région des renseignements qu'on ne peut que soupçonner sur la carte et même sur le plan-relief.
« 2º Fragment des monts Dômes de l'Auvergne, la chaine des Puys. Grâce à la carte géologique de M. Lecoq, ce plan-relief et sa carte seront traités topographiquement et géologiquement. J'ai été assez heureux pour rencontrer dans M. Édouard Vimont, jeune géologue de Clermont, non point un aide, mais un véritable collaborateur, de sorte que c'est en notre nom commun que je présente ce travail, moins avancé que les autres par suite de retards imprévus.
« Le paysage s'allie si bien à la topographie, en la complétant, que le Dépôt de la Guerre compte dans le personnel de ses employés deux habiles paysagistes qui, chaque année, enrichissent ses archives de vues empruntées aux diverses régions montagneuses de la France. L'année dernière, ils ont été envoyés dans l'Auvergne. Nous sera-t-il permis de tirer quelque chose de cette source au profit de notre description? Encore une région oubliée des photographes qu'attirent sans cesse la Suisse et ses glaciers! N'est-ce donc rien que cette imposante chaîne de cinquante volcans surgissant sur une étendue de quelques lieues, au centre de la France?
« 3º Un Fragment de la chaîne des Vosges, les hautes Vosges. Ce plan relief carré, de 1m,60 de côté, a été traité compléternent au point de vue topographique, c'est-à-dire qu'on a dessiné à quatre crayons sur sa surface les principaux détails topographiques qu'elle porte : les eaux en bleu, la végétation en vert, les lieux habités en rouge, les écritures et les courbes de niveau centésimales à la mine de plomb. Ce spécimen montre, à part l'exécution qui pourrait être encore plus soignée, ce qu'on peut faire de plus complet en ce genre de travail.
« La carte, élément indispensable de la construction du plan relief, ne manquera pas d'attirer, par son caractére purement orographique, l'attention des ingénieurs chargés des grands travaux publics.
» On a pu remarquer, à l'Exposition de 1855, les belles vues des Vosges, peintes par les paysagistes du Dépôt de la Guerre.
» Le plan-relief géologique des Vosges se fera avec les cartes géologiques de MM . Levallois (Meurthe), de Billy (Vosges), Daubrée (Bas-Rhin), Dufresnoy et Élie de Beaumont (Haut-Rhin, de la Description géologique de la France). En attendant, M. Édouard Collomb a bien voulu ébaucher la carte géologique de la chaîne entière, sur la réduction au trois-cent-vingtmillième de la carte de l'état-major, c'est-à-dire faire le travail ingrat d'assembler des cartes établies à des échelles différentes et teintées d'après des classifications de terrains différentes.
« Un plan-relief et sa carte, si exacts et bien exécutés qu'on les suppose, si explicites et si expressifs qu'ils soient, ne disent pas tout et ne peuvent pas tout dire. De là la nécessité de Mémoires descriptifs ou de légendes explicatives qui les accompagnent et les complètent. Pour les Vosges, je puiserai à pleines mains dans le premier volume de la Description géologique de la France.
« Une collection de roches, choisies parmi celles qui jouent un rôle important et bien constaté sur le relief du sol, a sa place maiquée à côté de chaque plan-relief. Ces collections sont commencées.
« 4º Un Fragment d'un pays de collines, les environs de Metz. Bien que ce sujet soit d'une étendue encore moindre que celle du mont Cenis, faible elle-même comparativement au plan-relief de l'Auvergne et à celui des Vosges surtout, j'ai cru devoir le comprendre dans cette exposition topographique. C'est un terme de comparaison de plus. Une vue prise de l'esplanade de Metz développe en hauteur les pentes douces et les contours de ces charmantes collines que le plan-relief et la carte accusent d’ailleurs assez bien.
« Il serait certainement d'un grand intérêt d'étendre le plan-relief du col du mont Cenis jusqu'au, mont Thabor, où l'on est en train de percer le fameux souterrain de 12 500 mètres, si improprement appelé tunnel du mont Cenis. En passant sous le col du mont Cenis, au lieu de percer l'arête relativement étroite du mont Thabor, le chemin de fer, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Turin, aurait eu un tunnel de 20 000 mètres environ, Il conviendrait aussi d'étendre le plan-relief des hautes, Vosges à l'est, un peu au delà d'Épinal, pour y faire entrer les formesorographiques du grés bigarré et du muschelkalk, et au sud jusqu'à Béfort, pour atteindre les dernières pentes des Vosges méridionales et englober les collines tertiaires d'entre Mulhouse, Altkirclh et Béfort. Je le reconnais; toutefois je m'en tiendrai aux fragments que j'expose aujourd'hui, bien résolu à ne les étendre que si ces essais de stéréotomie topographique sont goûtés et encouragés. S'ils l'étaient, j'entreprendrais bientôt un fragment du Jura français, emprunté probablement a la feuille de Saint-Claude de la carte de l'état-major, puis une des magnifiques vallées des Pyrénées, dont le choix n'est pas encore fixé.
» J'ai l'espoir qu'arrivé là les minutes des officiers d'état-major chargés de la carte des départements de la Savoie seront terminées, et que je pourrai, avec ces matériaux et les belles photographies panoramiques de MM. A. Civiale, Bisson frères et autres artistes, reproduire dignement le mont Blanc, ce géant des montagnes de l'Europe, et clore par lui ma carriere de vulgarisateur. »

« Après la lecture du Mémoire de M. Bardin, M. Élie de Beaumont fait remarquer que le hasard seul a été cause que les photographies de M. A. Civiale et les plans-reliefs de M. Bardin ont été présentés à 1'Académie le même jour, mais que cette rencontre fortuite peut servir mettre en plus grande évidence les avantages signalés par M. Bardin dans la proportionnalité conservée par lui entre les hauteurs et les distances horizontales. En effet, cette proportionnalité existe nécessairement dans les photographies, et lorsqu'on regarde les plans-reliefs de M. Bardin horizontalement et dans la direction convenable, on voit reparaître les silhouettes données par la photographie; tandis qu'on n'en retrouverait plus que la caricature s'il avait exagéré l'échelle des hauteurs. »

quarta-feira, 8 de abril de 2009

1864, 14 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
14 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 11
Pag. 508, 509, 510
*
OROGRAPHIE. - Note sur l'application de la photographie à la géographie physique et à la géo1ogie; le Saint-Gotltard et le canton des Grisons; par M. A. Civiale.

« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie des sciences les vues et les panoramas qui forment la cinquième partie de la description photographique des Alpes. Je rappellerai succinctement les principales conditions que j'ai dû m'imposer pour fournir des indications suffisantes à la géographie physique et à la géologie (1) ([i]); Les vues ont été orientées et choisies de manière à reproduire, autant que possible, la structure des roches, la disposition des couches du terrain, les formes et les pentes des glaciers. L'axe optique de l'appareil a été rendu horizontal, afin que l'on puisse, à l'aide d'une carte topographique détaillée et des épreuves photographiques prises d'une même station, déterminer les coordonnées d'un point quelconque, par rapport au plan qui passe par cette station.
« Le procédé photographique que j'ai employé est celui du papier sec, ciré au moyen d'un mélange de 4 parties de paraffine et 1 partie de cire vierge. J'ai rendu les clichés plus fins en apportant au procédé deux modifications: l'ioduration du papier dans le vide et l'emploi d'un diaphragme de 9 millimètres, au lieu d'un diaphragme de 15, pour un foyer de 53 centimètres.
« L'ensemble du travail que je mets sous les yeux de l'Académie comprend quatre grands panoramas, un petit, et un album de vues de détails.
« Premier panorama. - Ce panorama, composé de quatorze feuilles, est pris d'un sommet du Prosa, à 271 5 mètres au-dessus de la mer, et embrasse les 360 degrés de la circonférence. Il comprend, à l'est, les montagnes de 1'Unteralp; au nord, le Bristenstock, le Galenstock, etc.; à l'ouest et au sud, les montagnes du canton du Tessin; au sud-est, la chaîne des Grisons, le Scopi, le Cristallina, etc.
« Le plus grand diamètre de ce panorama est d'environ 40 kilomètres.
» Le brouillard couvre quelques-uns des sommets.
» Deuxième panorama. - Ce panorama, composé de quatorze feuilles, est pris d'un sommet secondaire du Muraun, à 2630 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence. Il comprend, au nord, la chaine da Tődi ; au nord-ouest, les montagnes de l'Oberalp ; à l'ouest, le Galenstock et le Saint-Gothard; au sud, le massif du Muraun, qui masque le passage du Lükmanier, le Scopi et les glaciers de Médels; à l'est, la pointe Valesa, la Calanda, etc. Le plus grand diamètre de ce panorama est approximativement de 75 kilomètres.
« Troisième panorama. - Ce panorama est composé de dix feuilles placées dans le sens de leur plus grande longueur; il est pris du sommet du pic Languard, à 3266 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence. Au sud se développe toute la chaîne du Bernina; à l'ouest, les montagnes dominant le passage du Julier et Saint-Moritz; au nord, le pic Uertsch, le pic Kesch, le pic Linard et d'autres sommets de la haute Engadine, Le brouillard couvre un assez grand nombre de sommets de la partie orientale, et ne pas de juger de toute l'étendue de la vue. Quand le temps est clair, on peut découvrir à l'ouest le mont Blanc, et à l'est la chaîne de la frontière orientale du Tyrol.
« Quatrième panorama.- Ce panorama, composé de neuf feuilles, est pris d'un point du Corvatsch, à 3110 mètres au-dessus de la mer, et embrasse un angle de 240 degrés. Il comprend, au sud-ouest, le Corvatsch; au sud et à l'est, la chaîne du Bernina, et au nord-est le pic Languard. Les sommets du Roseg, du Bernina, du Tchierva, ainsi que le glacier du Tchierva, se montrent dans toute leur beauté. Le plus grand diamètre de ce panorama ne dépasse pas 15 kilomètres.
« Un petit panorama en quatre feuilles, pris de Mompmédels, à 1325 mètres au dessus de la mer, complète le panorama du Muraun; il embrasse un angle de 106 degrés 40 minutes et comprend : au sud, le Scopi; au sud-ouest, la vallée et le glacier de Médels, et à l'ouest le Muraun. Son plus grand diamètre est de 1 2 kilomètres environ.
» Vues de détails. - La série des vues de détails comprend : les roches des environs de Fluelen, au fond du lac de Lucerne, qui offrent un exemple remarquable de couches plissées et contournées ; les environs d'Amstægg; la route et le lac du saint-Gothard, avec ses roehes moutonnées et polies; le val Trémolo; les environs de Disentis; les abords du Tődi; la vallée du Vorderrhein; les environs de Thusis; les escarpements de la Via-Mala; Silva-plana; Saint-Moritz; la vailée dé Pontrésina; les roches moutonnées et polies du col du Bernina, etc. La direction de l'axe optique de l'instrument est indiquée sur chaque épreuve. »
([i]) (1) Comptes rendus, séances des 30 avril 1860, 22 avril 1861, 17 mars 1862, 23 mars 1863.

segunda-feira, 6 de abril de 2009

1865
27 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T.LX
Nº. 13
Pag. 660, 661, 662, 663
*
PHYSIQUE DU GLOBE. - Notes ur l'application de la photographie à la géographie physique et à la géologie; par M. A. Civiale.

Orographie.-Le Tyrol et le pays de Salzburg.

« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie des Sciences l'Album de vues et les panoramas qui forment la sixième partie de la description photographique des Alpes.
« Je rappellerai, comme dans les Notes précédentes (1) ([i]), les principales conditions nécessaires pour fournir des indications suffisantes à la géographie physique et à la géologie.
« Les vues sont orientées et choisies de manière à reproduire le mieux possible la structure des roches, la disposition des couches du terrain, les formes et les pentes des glaciers, ainsi que la position des différentes chaînes de montagnes les unes par rapport aux antres.
» Dans cette nouvelle excursion comme dans celles qui ont précédé, je me suis attaché à maintenir horizontal l'axe optique de l'instrurnent, afin que l'on puisse, à l'aide des épreuves prises d'une même station et d'une carte topographique détaillée, déterminer les coordonnées d'un point quelconque, par rapport au plan horizontal qui passe par cette station.
» J'ai continué à employer le procédé photographique du papier ciré sec. Les Alpes ne conservent pas dans le Tyrol et dans le pays de Salzburg le caractère grandiose qu'elles ont dans la Suisse, elles s'abaissent dans la direction de l'est. Toutes les proportions sont réduites; les vallées sont plus étroites, moins profondes, et les sommels ne les dominent pas à la même hauteur.
» Les glaciers, malgré leur étendue, ne dépassent guère la limite des neiges perpétuelles, et ne descendent pas, comme les glaciers de premier ordre, jusqu'au fond des vallées.
» La Suisse ne possède, il est vrai, ni les grands gisements de sel du pays de Salzburg, ni les chaînes dolomitiques du Tyrol.
« Autour de la Seisser-Alp, les montagnes de dolomie et les porphyres couvrent près de 60 lieues carrées, et c'est à leur reproduction que je me suis surtout attaché.
» L'ensemble du travail que je mets sous les yeux de l'Académie comprend trois grands panoramas et un Album de vues de détails.
» Premier panorama. - Ce panorama, composé de quatorze feuilles, est pris du sommet du Saile, à 2578 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence.
« Il comprend :
« Au nord, la chaîne calcaire de l'Innsbrück;
« A l'est, les montagnes qui forment les limites du Tyrol et du Salzburg,
ainsi que les glaciers occidentaux de la grande chaîne centrale du Salzburg;
« Au sud, les glaciers du Stubaythal et de 1'œtzthal;
« A l'ouest, les montagnes orientales du Vorarlberg.
« Le plus grand diamètre de ce panorama est d'environ 70 kilomètres.
« Deuxième panorama. - Ce panorama, pris d'un sommet du Schlern, à 2663 mètres au-dessus de la mer, se compose de quatorze feuilles et embrasse toute la circonférence.
« Du point de station, la vue s'étend sur le Tyrol allemand, le Tyrol italien et une partie du pays de Salzburg.
« Le panorama comprend:
« Au nord, les glaciers du Stubaythal, de l'œtzthal, du Zillerthal, et la grande chaîne du Venediger et du Glockener;
« A l'est, les montagnes de dolomie du Grödnerthal, de Colfosco et du Fassathal, ainsi que la Seisser-Alp;
» A l'est-sud-est, la Vedretta-Marmolata;
« Au sud, le Rosengarten;
« Au sud-ouest, les glaciers du Salzberg ;
« A l'ouest, l’Orteler et le Schlern.
« Le plus grand diamètre de ce panorama dépasse 190 kilomètres.
» Troisième panorama. - Ce panorama, composé de douze feuilles, est pris du sommet du Geisstein, a 2600 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence (320 degrés).
« Il comprend :
« Au nord, les Kaisergebirge, le Steinberg et le Watzmann;
« A l'est, le Steinernes-Meer et quelqnes sommets de la Carinthie;
« Au sud, la grande chaîne centrale depuis Ankogel à l'est jusqu'au Cefrörne-Wand à l'ouest; le Gross-Glockener et le Gross-Venediger dominent cette chaîne de glaciers, qui n'a pas moins de 130 kilomètres de longuer;
« A l'ouest, le Reiche-Spitze, le Loffel-Spitze et le Gefrörne-Wand;
« Le plus grand diamètre de ce panorama dépasse 100 kilomètres.
« La brume empêche un assez grand nombre de sommets de se dessiner nettement.
« Vues de détails. - La série des vues de détails comprend:
» La route d'Innsbrück à Schönberg;
« La vallée de Stubay et ses glaciers, le Serles-Spitze;
« Le Schwartzenberg, etc.; Mieders, Schönberg ;
« Mittersill, dans le pays de Salzburg; la vallée du Pinsgau, le Verberthal, etc.;
« Castelruth et ses environs, la Seisser-Alp;
« Le col de Fassa, les vallées de Fassa et de Grödner;
« Le Blattkoffel, le Langkoffel, le Rosengarten;
« Le Schlern, le Sasso-Vernale, la Vedretta-Marmolata, etc.
« La direction de l'axe optique de l'instrument est indiquée sur chacune des vues.
« J'ai reproduit dans plusieurs épreuves des roches de dolomie et de porphyre polies, striées et moutonnées.
« Le col de Fassa offre un exemple très-remarquable de ces dolomies, Le Blattkoffel et le Rosengarten, situés de chaque côté du col, et séparés l'un de l'autre par une distance de 7 kilomètres environ, ont leurs surfaces en regard parfaitement polies, striées et moutonnées.
» Ne serait-ce pas là l'indication du passage d'un ancien courant boueux chargé de glaces ?
(Renvoi à la Commission précédemment nommée pour s'occuper des travaux analogues du même auteur, Commission composée de MM. Regnault, Ch. Sainte-Claire Deville, Daubrée.)
([i]) (1) Comptes rendus des séances des 30 avril 1860, 22 avril 1861, 17 mars 1862, 23 mars 1863, 14mars 1864.

1867, 2 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1867
2 de Abril

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXIV
Nº. 13
Pag. 716, 717, 718, 719
*
PHYSIQUE DU GLOBE. – Note sur l’application de la photographie à la géographie physique et à la géologie (Aoste et le Simplon) ; par M. A. Civiale.

« J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie, en la priant d'en agréer l'hommage, la huitième série de mes études photographiques sur les Alpes. Les épreuves ont été faites dans les conditions indiquées pour les années précédentes, c'est-à-dire en tenant horizontale la chambre noire et en prenant la même longueur focale pour toutes les épreuves d'un même panorama (1) ([i]). J'ai un peu modifie le procédé par le papier sec, ciré à la paraffine, en supprimant dans le bain sensibilisateur le nitrate de zinc et en augmentant de 1/5 la proportion de nitrate d'argent.
» Ainsi se complète peu a peu ce travail commencé en 1859 et dans lequel j'ai été soutenu tout particulièrement par l'Académie des Sciences.
» Je me suis attaché, l'année dernière, à reproduire surtout les pics et les glaciers des vallées de Bagne et de Cogne et les nombreux massifs de montagnes qui séparent la Savoie et la Suisse de l'ItaIie, depuis le petit Saint-Bernard jusqu'au mont Rose.
« Le travail se compose de trois grands panoramas, de deux panorarnas plus petits, et d'un album de vues de détail.
» Panoramas. - Le premier panorama est pris de la Pierre-à-Vire, à 2560 mètres au-dessus de la mer, prés du Pont-Mauvoisin, dans la vallée de Bagne. Ce panorama se compose de dix épreuves, embrasse un angle de 266º40', et représente, au nord-ouest, quelques pointes des Diablerets; au nord, à l'est et au sud-est, les sommets de la partie orientale de la vallée de Bagne, le mont Fort, la Rosa-Blanche, le Pleureur, le grand glacier de Gétroz surplombant des escarpements verticaux, ta Ruinette et le grand Otemma; au sud, le cirque de glaciers fermant la vallée de Bagne et dominés par la chaîne du mont Colon, le mont Gelé et le mont Avril. Ces deux derniers pics sont séparés par le col de Fenêtre, qui conduit du val de Bagne au val Pellina, près d'Aoste. Le plus grand diamètre de ce panorama est de 39 kilomètres.
» Le deuxième panorama, pris de la pointe Carrel, au sud d'Aoste, à 3150 mètres au-dessus de la mer, est formé de quatorze épreuves et embrasse toute la circonférence. La vue s'étend sur une immense étendue de pics et de glaciers que dominent les plus hautes sommités des Alpes. Le panorama représente, au sud et au sud-ouest, la chaîne du grand Paradis et de la Grivola, dans la vallée de Cogne, les chaînes des vallées de Rhêmes et de val Grisanche; à l'ouest et au nord-ouest, le glacier du Ruitor, la chaîne du petit Saint-Bernard et la grande chaîne du mont Blanc; au nord, le grand Saint-Bernard, le Vélan, le grand Combin et la chaîne du glacier d’Otemma; au nord-est et au nord-nord-est, le mont Colon, la Dent-Blanche, le Weisshorn, le grand Cervin, les Mischäbelhorner et la chaîne du mont Rose; à l'est, les montagnes des vallées d'Ayas, de Gressoney et de Valsesia; au sud-est, le massif du mont Émilius. Le plus grand diamètre de ce panorama dépasse 100 kilomètres.
« Le troisiéme panorama, pris dela pointe septentrionale de la Bella-Tola, à 3030 mètres au-dessus de la mer, dans le val d'Anniviers, est formé de quatorze épreuves et embrasse toute la circonférence. Ce panorama, d'une étendue encore plus considérable que celui du pic Carre1, représente: au nordest et au nord, la chaine de l'Oberland bernois; au nord-ouest, les Diablerets; à l'ouest, la Dent-du-Midi et la Dent-de-Morcles; au sud-ouest, le Buet et la chaîne du mont Blanc; au sud-sud-ouest, an sud et à l'est, le grand Combin, les montagnes des vallées de Bagne, d'Hérémence, d'Hérens, d’Anniviers, de Turtmann, de Saint-Nicolas, de Saass et du Simplon. Les pics principaux sont : la Ruinette, la Pigne-d'Arolla, le mont Colon, le grand Cornier, la Dent-Blanche, le grand Cervin, le Rothhorn, le Weisshorn, le mont Rose, le groupe des Mischäbel, le Balferinhorn, le Waissmies, le Fletshhorn et le monte Leone; entre ces deux derniers passe la route du Simplon. Le plus grand diamètre de ce panorama est de 124 kilométres. Le quatrième et le cinquième panorama sont tous deux pris du même point du Staldhorn, en face de l'hospice du Simplon, à 2500 mètres au dessus de la mer. Chacun d'eux est composé de quatre feuilles et embrasse un angle de 106º 40'. Le quatriéme représente la chaîne de l'Oberland bernois, du nord-ouest au nord-est; les principaux sommets sont: le Bietschhorn, le Gross-Nesthorn, la Jungfrau, l'Aletschhorn, le Finsteraarhorn et l'Oberaarhor. Le cinquième représente de l'est au sud le développement de la route du Simplon, au-dessous du glacier de Kaltwasser, du monte Leone et du Schönhorn.
« Vues de détails. - Les vues de détails comprennent: la vallée de Bagne, prise de différents points; les escarpements du Pleureur; l'étranglement de la vallée au Pont-Mauvoisin ; l'hôtel et les roches polies, mamelonnées et striées; l'emplacement occupé par le lac de 1818 (la Dranse eut à cette époque son cours interrompu par les avalanches du glacier de Gétroz et du Tournelon blanc, forma un lac immense et causa une inondation formidable qui s'étendit jusqu'au lac de Genève); les éboulements du glacier de Gétroz, les glaciers de Chanrion, le grand Otemma, le mont Gelé, le mont Avril, le glacier de Durand et la source de la Dranse; le grand Combin, le petit Combin, le mont Blanc de Cheilhon, la Ruinette, le Pleureur, etc.; le cirque de Comboë, au sud d'Aoste; les anciennes moraines des glaciers du mont Emilius; le mont Émilius, la pointe Carrel, les pics de la vallée de
Cogne, la vallée d'Aoste et le grand Combin, etc.; la val d’Anniviers, la Pierre des Druides, le col de Lona, les becs de Bosson, le pic de Sorrebois, etc.; la route et le col du Simplon, une des galeries de la route, le glacier de Kaltwasser, le monte Leone, le Schonhorn, les roches polies, mamelonnées et striées, l'hospice, le Fletschhorn, la route près du village du Simplon, le glacier de Rossboden, etc.
« La direction de l’axe optique de l’instrument est indiquée sur chaque épreuve. »
([i]) (1) Comptes rendus, séances des 30 avril 1860, 22 avril 1861, I 7 mars 1862, 23 mars 1863, 15 mars 1864, 3 avril 1865, 19 mars 1866.

domingo, 5 de abril de 2009

1869, 26 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1869
26 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXVIII
Nº. 17
Pag. 985, 986, 987, 988, 989
*
OROGRAPHIE. - Note sur l'application de la photographie à la géographie physiquie et à la géologie; par M. A. Civiale.

Les Alpes de la Savoie et du Dauphiné.

« Je fais hommage à l'Académie des panoramas et des albums formant les neuvième et dixième parties de la reproduction photographique des Alpes.
» J'ai obtenu des colorations très-variées, dans les vues de la Savoie, par l'emploi du sulifocyanure d'ammonium. Les vues du Dauphiné et les panoramas ont été reproduits par les procédés ordinaires.
» Je rappellerai les deux conditions que je me suis imposées pour les panoramas (1) ([i]): 1ºde placer la chambre noire rigoureusement horizontale; 2º de prendre la mème longueur focale pour toutes les épreuves composant un même panorama. On peut obtenir alors sans difficiulté les hauteurs approximatives de tous les points, par rapport à l'horizontale passant par le point de station.
« La hauteur du point de station au-dessus du niveau de la mer est donnée par le baromètre, et l'horizontale du point de station se trace sur le panorama en faisant passer une ligne par les points milieux de toutes les épreuves qui le composent.
« Si l'on joint, par une ligne imaginaire, un pic du naturel au point qui le représente dans l'image renversée de la chambre noire, et si l'on suppose prolongé jusqu'à la verticale du pic l'axe optique de l'instrument, le foyer de l'objectif sera le sommet commun de deux triangles rectangles, dont la comparaison sert à déterminer la seule quantité inconnue, H, la hauteur réelle du pic au-dessus de l'horizontale du point de station.


« Désignons par
H et h les hauteurs semblables qui forment les troisièmes côtés des triangles rectangles comparés;
D la distance en mètres mesurée horizontalement sur la carte, du pic au foyer F;
h la hauteur du même pic au-dessus de l'horizontale, mesurée sur le panorama;
f la longueur focale, grandeur constante.
« Les deux triangles rectangles donnent la proportion
H : D :: h : f, d'où H = Dxh/f
D, h, f sont connus, on en déduit la hauteur H.
« Dans un panorama, les hauteurs d'un certain nombre de pics ont été déjà calculées à l'aide du baromètre ou de la triangulation, et on peut de la proportion H:D::h:f déduire la longueur focale f , au lieu de la mesurer directement.
« Le travail que je mets sous les yeux de l'Académie comprend: six grands panoramas, un plus petit et deux albums de vues de détails.
« Le premier panorama est pris du mont Joli, à 2610 mètres au-dessus de la mer, près de Mégève, dans la Haute-Savoie. Ce panorama, composé de quatorze feuilles, embrasse toute la circonférence. Il reproduit: au nord, les montagnes de Sallanches, les rochers du Fiz et le Buet; au nord-est, la chaîne des Aiguilles-Rouges et la grande chaîne du mont Blanc, du côté de Chamounix; à l'est et au sud-est, le mont Blanc et les montagnes du col du Bonhomme; au sud, l'aiguille du Fond et les montagnes du Bourg-Saint-Maurice; au sud-ouest, les montagnes de Beaufort et d'Albertville; à l'ouest, la chaîne des Eravis et les montagnes d'Annecy. Le plus grand diamètre de ce panorama est d'environ 80 kilomètres.
« Le deuxième panorama est pris des Jumelles, à 2 520 mètres au-dessus de la mer, prés de Moutiers, dans la Savoie. Il se compose de quatorze feuilles et embrasse toute la circonférence. Il reproduit: au nord, les montagnes de la vallée de Beaufort; au nord-est et à l'est, la chaîne du mont Blanc, les montagnes du Petit-Saint-Bernard et de la vallée de Tignes; au sud-est et au sud, le mont Iséran, les glaciers de Méautmartin et de la Vannoise, la roche Chavière et le Châreau-Bourreau; au sud-ouest et à l'ouest, les montagnes de Saint-Martin et de Saint-Jean-de-Belleville, quelques pics du Dauphiné et de Saint-Jean-de-Maurienne; au nord-ouest, les montagnes d'Albertville. Le plus grand diamètre de ce panorama dépasse 106 kilometres.
»Le troisième panorama est pris de la pointe Pelouze, à 2 920 mètres au-dessus de la mer, près de Modane, dans la Savoie. Ce panorama se compose de quatorze feuilles et embrasse toute la circonférence. II reproduit: au nord et au nord-est, la roche Chavière, les glaciers de la Vannoise, les montagnes de Lans-le-Bourg, le mont Iséran et les montagnes du mont Cenis; à l'est et au sud, l'arête du col Pelouze; au sud-ouest et à l'ouest, l'arête du col de Frénis, sous laquelle est pratiquée la percée des Alpes, le Thabor, le massif du Pelvoux et les aiguilles d'Arve ; au nord-ouest, les montagnes de Saint-Jean-de-Maurienne, de la vallée-de l'Arc et les rochers de Château-Bourreau. Le plus grand diamètre de ce panorama est d'environ 85 kilomètres.
» Le quatrième panorama est pris d'un sommet do Pelvas, à 2 705 mètres au-dessus de la mer, dans la vallée de Gui1 (Hautes-Alpes). Il est composé de quatorze feuilles et embrasse toute la circonférence. Il reproduit: an sud-est, les cols à gauche du mont Viso, conduisant en Italie, le mont Viso et le glacier d'Asti; au sud, le Pain-de-Sucre et la Taillante; à l'ouest, les montagnes du Queyras, le Pelvoux, dans le lointain, et le pic de Rochebrune; au nord, la Roche-Froide, les montagnes d'Abriès et la chaîne de la vallée de Thures; à l'est, l'arête du Pelvas. Le plus grand diamètre de ce panorama ne dépasse pas 50 kiomètres.
« Le cinquième panorama est pris du Chaberton, à 3134 mètres au-dessus de la mer, près de Briançon. Ce panorama comprend quatorze feuilles et embrasse toute la circonférence. Il reproduit: au sud-est, les montgnes du Queyras; au sud, le pic de Rochebrune; au sud-ouest, les montagnes de l'Argentière, le village du mont Genèvre, Briançon et les montagnes de Vallouise; à l'ouest, le massif de Pelvoux; au nord-ouest, les aiguilles d'Arve et le mont Thabor; au nord, les montagnes de la Maurienne et l'arête de Frénis, sous laquelle passe le tunnel des Alpes; au nord-est et à l'est, le mont Cenis, la vallée de Suze, la Roche-Melon et les montagnes de la vallée de Césanne. Le plus grand diamètre de ce panorama dépasse 110 kilomètres.
« Le sixième panorama est pris du signal de l'Homme, à 2180 mètres au-dessus le la mer, près de Bourg-d'Oisans. Il se compose de 14 feuilles et embrasse toute la circonférence. II reproduit: au nord-ouest, les chaînes de la grande et de la petite Vaudène et les montagnes du val d'Ornon; à l'ouest, le Prégentil, le Taillefer et le pic d'Ornon; au sud, le pic de la Muzelle et l'aiguille d'Olan; an sud-est, le glacier du mont de Lans, les pics de la rase et du Midi ; à l'est, le col de Lautaret ; au nord-est, les aiguilles d'Arve et les Grandes-Rousses; au nord, les Petites-Rousses et les chaînes de Belledonne. Le plus grand diamètre de ce panorama ne depasse pas 30 Kilomètres.
» Le septième panorama est pris de la carrière d’ardoises, à l'entrée du val d'Ornon, et représente les couches schisteuses de la montagne d'Huez. Il se compose de quatre épreuves et embrasse un angle de 102 degrés du nord-ouest au sud-est. Le point de station est à 820 mètres au-dessus de la mer.
« Premier album : La Savoie. - Les vues de détails coinprennent : Les environs de Combloux et de Sallanches, le cours de l'Arve, l'aiguille de Varens, les rochers des Fiz, les Aiguilles-Rouges, le Brévent, la chaîne du mont Blanc, les environs de Mégève, la chaîne du mont Joli, les Aiguilles, la montagne de Flumet, etc.; le cours de l'Isère au nord de Moutiers, Moutiers et ses environs, les bains de Salins, les détails des salines, le cours du Doron, le cours de l'Isère à l'est, etc.; les montagnes de Château-Bourreau et de la Roche-Chavière, le cours de l'Arc, les Fourneaux, les bâtiments d'exploitation de la percée des Alpes, l'entrée du tunnel, le col de Frémis, la vallée de Modane, Modane et ses environs, le cours de l'Arc à l'est, les forts de l'Esseillon, etc.
« Deuxième album: Le Dauphiné. - Les vues de détails coinprennent: La vallée de Bourg-d'Oisans, la vallée d’Ornon, le cours de la Romanche, les couches schisteuses de Prégentil, d'Huez et de l'entrée du val d'Ornon, la route de Vénosc, la rampe des Commères, les gorges de Freney, etc.; Briançon et ses forts, la vallée au-dessous de Briançon, le pont sur la Durance, la route du mont Genévre, etc.; la gorge de l'Ange-Gardien, le cours du Guil au-dessous de Château-Queyras, le village et le fort de Chateau-Queyras, la gorge de Souliers, la vallée du Guil, etc.
« Les vues et les panoramas que j'ai l'honneur d'offrir à 1'Académie complètent la reproduction photographique des Apes, depuis le Gross-Glockener, dans le pays de Salzburg, jusqu'au rnont Viso, dans le Piémont.
« Ce travail, commencé en 1859 et terminé en 1868, a duré dix ans sans interruption. J'ai eu pour but de donner, autant qu'il m'a été possible, une idée complète des grandes chaînes des Alpes au point de vue de la géographie physique et de la géologie. Je prie l'Académie de vouloir bien accepter mes remercinents, pour la bienveillance qu'elle m'a témoignée et les encouragements qu'elle m'a donnés pendant ces dix années de travail. »
([i]) (1) Comptes rendus des séances des 30 avril 1860, 22 avril 1861, 17 mars 1862, 23 mars 1863, 14 mars 1864, 3 avril 1865, 19 mars 1866, 2 avril 1867.