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domingo, 26 de abril de 2009

1859, 15 de Maio

1859, 15 de Maio
L’AMI DES SCIENCES
T. V
5eme AnnÉe
nº 20
Pag. 313
*
PHOTOGRAPHIE.
PHOTOGRAPHIE SUR BOIS.

M. Sutton publie la note suivante dans les Photographic notes :
1º Préparez une épreuve négative à la manière ordinaire et tirez-en une épreuve positive au charbon, sur papier, par le procédé de M. Pouncy.
2º Disposez le bloc de bois qui doit plus tard être gravé, à la manière ordinaire, c'est-à-dire en recouvrant sa surface d'une couleur banche quelconque délayée dans l'alcool ou dans l'eau gommée.
Dans cet état, tout est prêt pour la dernière opération, qui consiste à transférer l'épreuve noire au charbon sur la surface blanchie du bloc de bois. Cela est excessivement simple, comme on va le voir.
3º On mouille l'épreuve au charbon avec une solution alcoolique de potasse caustique (dont on peut aisément déterminer l'état de concentration par l'expérience), et on la couche immédiatement la face en bas, en contact avec la surface blanchie du bloc de bois. On étend alors une pièce de carton sur le dos de l'épreuve, et l'on frotte vigoureusement pendant une minute avec un couteau à papier ou un brunissoir; lorsqu'ensuite on enlève le carton, on s'aperçoit que le dessin tout entier a été transféré sur le bloc de bois.
Cette opération n'exige qu'une ou deux minutes, et le dessin est alors dans un état convenable pour pouvoir être travaillé par le graveur.

terça-feira, 21 de abril de 2009

1862, 1 de Fevereiro - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Fevereiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
123º Livraison
Pags. 65, 66, 67, 68
*
REVUE PHOTOGRAPHIQUE
SOMMAIRE : Objectif et matériel panoramique de M. Sutton. - Des agrandissements, par M. Chevalier. - L'Exposition de M. Disderi. - Obturateur instantané. - Appareil pour obtenir des épreuves phénakisticopiques. - Théorie de l'image photographique. - Photographie à la lumière de la lune. – Modification an procédé Russell, par M. Tourre. - Collodion sec lavé simplement. - Photographie en ballon. Fonds photographiques.
En Angleterre peu de chose; en France rien! tel est le bilan des grands travaux photographiques pendant les derniers jours de l'année 1861 et le premier mois de 1862. Et cependant, malgré cette disette, nous ne saurions noircir de nouvelles photographiques moins de quatre des grandes pages de ce recueil. C'est, qu'en effet, si notre art restc quelques instants sans faire parler de lui par quelque découverte éclatante, le chroniqueur doit en profiter bien vite pour faire défiler sous les ycux de son lecteur les nombreux travaux que voit naître chaque jour, et qui, perdant toujours un peu de leur importance en présence de nouveautés éclatantes, la retrouvent bien vite, aussitôt qu'ils ne sont plus noyés dans la lumière trop puissante que répandent celles-ci. Entrons donc de suite en matière, et passons en revue lesfaits les plus remarquables qui sont parvenus à notre connaissance.
II nous a été donné de voir, il y a quelques jours, un appareil qui, né en Angleterre depuis trois ans environ, considéré comme une utopie, une impossibilité pratique dans les premiers jours, s'est peu à peu perfectionné, amélioré, de façon telle qu'il constitue aujourd'hui un système commode, simple et susceptible de devenir une application courante. Il s'agit de la lentille panoramique de M. Sutton. Son principe est celui-ci: l'objectif que les rayons lumineux traversent pour venir se peindre ensuite sur la glace sensible consiste non plus en l'assemblage de deux verres (crown-glass et flint-glass), de densilé différente, terminés par des courbes représentant des portions de sphère, mais en une sphère entière, évidée à l'intérieur et remplie d'eau. Les rayons de la sphère intérieure d'eau et de la sphère extérieure de flintglass sont calculés de telle sorte que le premier soit environ la moitié du second; grâce à cette disposition, l'ensemble est parfaitement achromatique, et l'image vient se former avec une grande netteté au foyer du système. Mais la disposition sphérique de celui-ci exagère naturellement les déformations que la faible courbure des objectifs ordinaires produit, d'une manière sensible déjà, sur les épreuves que nous sommes habitués à voir se peindre sur la glace dépolie. Aussi n'obtiendrait-on sur une surface plane comme ccllcs que comportent nos chambres ordinaires, qu'une image informc, et faut-il placer au foyer, au lieu de glaces planes, une glace sphérique concentrique à l'objectif lui-même. Lcs opérations sur une semblable surface seraient absolument inabordables; mais heureusement M. Sutton en a pu modifier la formc. Réfléchissant en effet que les premiers plans, comme le ciel, n'ont généralement pas besoin de se trouver absolument au point, il a remplacé la sphère dont l'emploi eût été impossiblc par une surface représentant une portion d'un cylindre vertical dont labase aurait le même centre que la lentille objective.
Les avantages du système de M. Sutton sont de premier ordre et faciles à apprécier. Dans les objectifs ordinaires, le champ de l'appareil est déterminé par la courbure du verre; plus celle-ci est prononcée, plus le premier est vaste. Mais la déformation croît proportionnellement à cette étendue; aussi les tendances qu'ont les opticiens à augmenter le champ des appareils par l'emploi de fortes courbures, se trouvent-elles bien vite arrêtées par ce grave inconvénient. Mais, dans le cas actuel, l'irnage étant reçue non plus sur une surface plane, mais sur une surface courbe concentrique à l'objectif, on peut, sans crainte aucune de déformation, profiter de la courbure entière de celui-ci. II en résulte que l'on peut au moyen de la lentille Sutton embrasser, comme l'annonce son auteur, un véritable panorama. Là où les lentilles ordinaircs les plus parfaites ne donneraient qu'un champ de 30º environ, la lentille panoramique reproduit nettement tous les objets que renferme un horizon de 120º, c'est-à-dire le tiers de la circonférence. Tel est l'immense avantage que possède sur les autres appareils la lentille panoramique de M. Sutton. Grâce à son emploi, rien ne sera plus facile dorénavant que d'obtenir d'un seul coup ces vastes panoramas que les Bisson, les Lorent, etc., n'avaient pu jusqu'ici exécuter qu'en plusieurs épreuves successives et d'un raccordement difficile. Au moyen du nouveau système on fera sur glace cylindrique une épreuve panoramique que l'on tirera sur papier pour l'agrandir ensuite par les moyens ordinaires, l'usage du papier ayant permis de transporter sur une surface plane l'image qui, jusqu'au dernier moment, était restée sur une surface courbe.
Il semble, sans doute, au premier abord, bien difficile d'accommoder cet appareil aux manipulations photographiques ordinaires, mais les craintes que l'on peut ressentir à ce sujet, ne sont point fondées. Gràce, en effet, à des recherches persévérantes, M. Sutton est parvenu à créer un matériel spécial dont l'adaptation à son système est des plus aisées. C'est ainsi qu'il a fait fabriquer des glaces cylindriques dont la courbure est parfaitement déterminée, des châssis négatifs cylindriques également, qui se placent, comme les châssis ordinaires, à l'extrémité de la chambre noire; et enfin des châssis positifs cylindriques aussi, contre lesquels on appuie la glace, puis une feuille de papicr positif qui, déroulée et traitée, au sortir du châssis, par les procédés habituels, reproduit en plan l'image parfaitement exacte de l'horizon embrassé par les 120º que comporte le champ de cet appareil exceptionnel.
- M. Arthur Chevalier vient de publier une brochure qui ne peut manquer d'intéresser le monde photographique; elle traite des agrandissaments, et c'est là plus que jamais une question à l'ordre du jour. Faire en présence du modèle, ou bien en campagne une toute petite épreuve d'une exécution facile, pour la transformer ensuite dans l'atelier, à son aise et loin des difficultés, en une image majestueuse et grandiose, tel est aujourd'hui le rêve de tout photographe un peu ambitieux. Cette question, du reste, a bien marché depuis quelques mois; M. Quinet a perdu les procès en contrefaçon qu'il avait intentés aux opticiens, la chambre solaire de Woodward est tombée dans le domaine public, et il ne reste plus guère que les appareils à lumière parallèle dont la construction soit encore protégée par des priviléges; aussi un grand nombre d'ateliers s'enrichissent-ils chaque jour de l'un ou l'autre des divers systèmes agrandissants que prônent les inventeurs.
L'exposition ouverte par M. Disderi dans les anciens salons du Jockey-Club vient, du reste, de contribuer, dans une mesure importante, à appelcr l'attention sur les résultats que peuvent fournir les agrandissements. Parmi les nombreux portraits grandis par M. Disderi, d'après les procédés que lui a cédés M.Wothly, il en est un grand nombre qui sont véritablement dignes du plus haut intérêt, el l'on ne peut s'empêcher de féliciter l'auteur du succés pratique qu'il a obtenu. Mais l'on ne ssurait s'empêcher aussi de trouver aussi un peu hardie l'idée de faire des œuvres d'un seul photographe une exploitation exclusive Il y a quelques mois, les photographes français et étrangers se réunissaient au Palais de l'Industrie; M. Disderi n'y figurait pas. Et cependant il est impossible que dans une semblable réunion ses œuvres n'aient pas été admises si elles avaient été présentées. Est-ce donc qu'il n'a pas voulu se mêler à la foule des photographes ordinaires et qu'il a préféré l'isolement? Nous aimons à croire qu'il n'en est rien, et que des circonstances indépendantes de sa volonté l'ont empêché de concourir avec ses confrères. Nous connaissons à Londres des photographes d'un haut mérite dont la fashion anglaise recherche les œuvres remarquables, et parmi lesquels il nous suffira de citer MM. Claudet et Silvy, et cependant ces grands artistes ne dédaignent pas de prcndre part aux expositions générales.
- Puisque nous venons de parler d'appareils photographiques, citons deux nouveautés qui, nous le craignons bien pour elles, resteront longtemps nouvelles et vieilles tout à la fois. C'est d'abord une chambre à obturateur dite instantanée, construite par M. Jamin, l'opticien habile que tous les photographes connaissent. Au contact de la planchette de la chambre noire, derrière l'objectif, est placée une tablette en métal percée d'un orifice circulaire; un contre-poids, qu'une cordelette et deux poulies relient à cette tablette, suffit à la faire remonter aussitôt qu'il se trouve abandonné à la chute libre. Dans sa course ascendante, la tablette présente d'abord une partie pleine, puis l'orifice circulaire, et enfin une nouvelle, partie pleine. Il y a dans cette disposition une bonne idée, c'est de laisser la partie correspondante au ciel, moins longtemps découverte que celle qui correspond au sol, et d'éviter de cette façon la solarisation habituelle des ciels obtenus dans les vues instantanées. Mais, par contre, la course du contre-poids est beaucoup trop courte et par suite le passage de la partie ouverte devant l'objectif est loin d'ètre instantané. Dans les appareils de petites dimensions, comme celui qu’à construit M. Jamin, et comme tous ceux destinés à opérer en campagne, ce n'est pas au moyen de la chute des corps, mais au moyen de ressorts que l'on peut obtenir la fermeture instantanée des appareils photographiques. Nous citerons comme exemple de système de ce genre le petit appareil construit et employé avec tant de succès dans les Indes par M. le major Gordon, dont tous les photographes connaissent les belles épreuves.
- L'autre nouveauté nous a paru d'une originalité sans pareille, mais d'un emploi bien difficile; son but est de produire en une seconde douze épreuves successives d'une personne exécutant un mouvement, de telle sorte que le mouvement commençant à la première épreuve se trouve terminé à la dernière. Introduites ensuite dans un phénakisticope ordinaire, ces épreuves doivent reproduire le mouvement dans son entier et fournir par suite l'expression de la vie la plus complète que l'on ait réalisée jusqu'ici. L'appareil se compose d'une chambre noire munie en avant de deux objectifs stéréoscopiques ordinaires; à l'intérieur cst placé verticalement un tambour dont l'axe est horizontal et parallèle au plan des objectifs. En tournant autour de son axe, ce tambour amène successivement et par un mouvement rapide en avant des objectifs, douze glaces collodionées nitratées qui sont disposées sur sa surface latérale comme autant de pans coupés. Un obturateur intérieur découvre instantanément chaque plaque ao moment de son passage devant les objectifs, et les douze épreuves sont ensuite développées par les moyens ordinaires. Une danseuse exécutant un pas, des collégiens jouant à saute-mouton, un ouvrier sciant du bois, peuvent être saisis de cette façon, et les épreuves ainsi obtenues doivent théoriquement, si elles sont réussies, reproduire dans le phénakisticope le mouvernent avec toute son animation. Mais si l'appareil est construit, sa manipulation est encore à l'état théorique: aucune des épreuves qu'il doit fournir et qu'un photographe jovial appelait photostéréophénakisticopiques n'a encore été montrée en public, et nous craignons bien, tout en désirant que notre craintc ne se réalise pas, nous craignons bien que leur exécution soit presque impossible, et ne se fasse attendre indéfiniment.
- Parlons un peu maintenant des théories, des procédés et des travaux photographiqnes. M. Malone vient de publier, en Angleterre, une étude chimique fort appréciée sur la composition de l'image photographique. Suivant lui, celle-ci est uniquement formée d'or et d'argent, sans matière organique, sans soufre et sans chlore. C'cst aux différents états de division de ces métaux que sont dues, suivant le savant anglais, les différences de coloration des épreuves. Ces métaux, d'ailleurs, semblent subir, au moment de leur séparation, une sorte de véritable dissolution dans l'eau. Déjà des chimistes français avaient établi que, dans l'image photographique, le dessin est formé par de l'argent pur, sans soufre ni chlore, mais ils avaient insisté sur l'influence de la matière organique. Leur théorie est donc en désaccord avec celle de M. Malone; laquelle est la vraie? C'est ce que des travaux ultérieurs nous apprendront sans doute, mais, dans tous les cas, la question est importante, et nous devons espérer qu'il sortira de cette étude, au point de vue pratique, quelques modifications heureuses des manipulations photographiques.
- Dans notre dernière revue, nous citions le fait remarquable de l'obtention d'épreuves sur collodion à la lumière lunaire, par M. Breese, de Birmingham, et nous ajoutions que le fait, quelque extraordinaire qu'il parût, devait être nécessairement vrai. Nous avions raison dans notre manière de penser, car voici que le secrétaire de la Société de Birmingham, ému des critiques de quelques publicistes français, écrit aux Sociétés de Londres et de Paris pour certifier que les épreuves de M. Breese ont été réellement obtenues simplement sous l'action de la lumière de la lune, et que ce sont seulement des questions d'intérêt pécuniaire qui empêchent M. Breese de divulguer le secret de ses opérations. Cherchons donc, comme il a cherché; la reproduction des vues éclairées par la lune est reconnue possible; il ne reste plus qu'à découvrir un collodion assez sensible ou un révélateur assez énergique.
- Quelques lettres récemment reçues d'Amérique nous apprennent que les procédés à sec commencent à s'y populariser. Voilà donc le collodion humide mis en échec dans le pays même où il semblait ne devoir jamais être détrôné. Parmi les procédés en expérimentation, celui du major Russell, basé sur l'emploi du tannin, semble être le privilégié. Et c'est justice. En Angleterre il détrône le procédé Taupenot; en France, tout en étant moins suivi, il est l'objet d'études et d'expérimentations intéressantes. C'est ce que prouve, entre autres choses, une lettre fort intéressante qu'a bien voulu nous adresser à ce sujet un de nos lecteurs, M. Tourre, de Trévouse (Vaucluse), et dont nous croyons devoir extraire les passages suivants :
» En expérimentant l'excellent procédé de collodion sec du major Russell et n'ayant pas sous la main du tannin pur, qu'on trouve difficilement en province, et toujours à un prix assez élevé, je lui ai substitué un tannin impur, qu'on trouve abondamment dans le commerce et à un prix très-bas; c'est l'extrait sec de châtaignier qu'on emploie en quantité considérable dans la teinture en noir sur soie.
« J'ai suivi, d'ailleurs, toutes les indications consignées dans votre Revue photographique, du ler mai et 15 décembre sur ce procédé; seulement, au lien d'employer la solution de tannin pur à 3 p. 100, j'emploie l'extrait sec de châtaignier à 5 p. 100. J'ai obtenu par ce procédé des clichés irréprochables, seulement le temps de pose est 7 à 8 fois plus long qu'avec le collodion humide. Ces clichés sont positifs par réflexion et négatifs par transparence. «
La modification introduite par M. Tourre nous parait, en effet, fort avantageuse; l'idée qui la lui a dictée est extrêmêment rationnelle, et nous ne sommes nullement étonnés qu'un opérateur habile ait obtenu de bons résultats au moyen du procédé Russell ainsi modifié.
- Mais il est un procédé de collodion sec dont les photographes s'occupent beaucoup en ce moment, et qui, de prime-abord, semble devoir les détrôner tous. C'est celui qui consiste à laver simplement la couche de collodion au sortir du bain d'argent, de manière à lui enlever tout le nitrate libre, et à opérer ensuite simplement sur la surface ainsi préparée. Bien des fois dejà, ce moyen a été proposé; comment se fait-il que, d'une pratique si simple, il n'ait pas été adopté préférablement à tout autre ? Sans doute, il présente quelque défaut grave que nous ne connaissons pas, d'ailleurs, car nous n'avons jamais eu l'occasion de l'expérimenter. Nous engageons nos confrères à faire mieux que nous, et à rechercher si, véritablement, le collodion simplement lavé est susceptible de se conserver sensible comme le collodion préparé a la résine, à la gomme, à l'albumine, au tannin, etc. S'il en était ainsi, le plus grand desideratum de la photographie en campagne se trouverait obtenu.
- En Amérique, à Boston, M. Black a fait, dans ces derniers mois, d'intéressants essais de photographie en ballon, et il parait avoir obtenu de forts bons résultats. Cependant, semblables opérations paraisssent à priori bien difficiles, et l'on a peine à concevoir comment le photographe peut, au milieu des oscillations de la nacelle, saisir le moment de calme nécessaire pour ouvrir l'obturateur de son appareil. M. Nadar, à Paris, a fait également, et sous le patronage de S. M. l’Empereur, des expériences de photographie en ballon, mais nous ne croyons pas que, jusqu'ici, ses hardies tentatives aient été couronnées de succès.
- Une des grandes préoccupations des photograhes est le choix des fonds d'ateliers; l'importance de cette question a grandi, dans ces derniers temps surtout, par suite du développement des portraits-cartes. Deux industriels, MM. Bellavoine et Capelli s'en sont préoccupés presque simultanément, et tous deux lui ont trouvé une bonne solution, en livrant aux artistes des fonds de toile ou de drap veloutés, et de teintes parfaitement dégradées. Et à ce propos, nous ne saurions mieux terminer qu'en recommandant aux photographes l'emploi des fonds à plusieurs plans, à peu près inconnus en France, et dont les opérateurs anglais tirent un parti si précieux.

Th. Benfield.

segunda-feira, 20 de abril de 2009

1862, 15 de Junho - Le moniteur scientifique, REVUE PHOTOGRAPHIQUE

1862, 15 de Junho
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le
dr . Quesneville
paris
chez
m. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
132º Livraison
Pags. 377, 378, 379, 380, 381
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REVUE PHOTOGRAPHIQUE

SOMMAIRE. – La photographie à l’Exposition de Londres. – Prix du duc de Luynes. – Prix fondé par l’Association photographique allemande. – Prix fondé par la Société de Marseille. – Procédé au tanin rendu rapide. – Dessins stéréoscopiques de Chimenti. – Épreuves stéréoscopiques du soleil. – Grandissements sans chambre spéciale. – Collodion sans éther, par M. Sutton. – L’amateur photographe, par Charles Bride.

Ce serait manquer à tous nos devoirs de chroniqueur que de ne pas dire au moins quelques mots de l'Exposition universelle ouverte à Londres en ce moment, et de laisser passer, sans nous arrêter un instant, ce troisième et brillant concours de tous les peuples. Non pas que notre intention soit de raconter les merveilles que renferme le palais de Kensington, nous n'avons pas mission pour parler de ces magnifiques porcelaines, de ces tissus splendides, de ces admirables pièces d'orfévrerie qui brillent de tous côtés au milieu des galeries; notre but est moins haut, et nous voulons seulement dire quelques mots de la partie qui incombe à notre spécialité, c'est-à-dire de la section photographique.
D'ailleurs ce que nous avons a dire ne peut avoir rien de blessant pour des oreilles françaises; et le résultat de l'exposition actuelle ne saurait être pour nos lecteurs qu'une occasion de satisfaction. II faut le reconnaître, en effet, la partie française de l'exposition (au point de vue photographique bien entendu) l'emporte de beaucoup sur la partie anglaise. Tout d'abord, la disposition est dans celle-là beaucoup plus avantageuse que dans celle-ci. Les épreuves anglaises sont exposées dans une pièce unique carrée, où elles se perdent et se nuisent les unes les autres; les épreuves françaises, au contraire, sont réparties dans une galerie longitudinale bien éclairée, coupée perpendiculairement par une vingtaine de cloisons ou panneaux sur lesquels sont suspendus les cadres des photographes; il en résulte une sorte de division de cette section en une série d'expositions séparées, plus petites, mais dont il est par suite plus aisé de reconnaître la valeur. L'effet est moins grandiose peut-être que pour l'exposition anglaise, mais l'ensemble est, en somme, beaucoup plus satisfaisant.
Si l'on fait abstraction de cette impression générale, et si l'on entre dans les détails, on voit la même supériorité se maintenir chez les Français, à l'exception cependant du genre paysage, qui, chez les Anglais, reste traite d'une façon tout à fait supérieure. Dans la section anglaise, en effet, on ne retrouve rien de saillant, rien de neuf; c'est une collection de bonnes épreuves, mais toutes obtenues par les procédés ordinaires, et toutes présentant ce caractère de finesse, de délicatesse exquise auquel nous sommes habitués. Il faut cependant signaler la vulgarisation, en Angleterre, des procédés à sec: dans les expositions précédentes, et nous avons déjà eu occasion de le dire à cette place, toutes les épreuves anglaises étaient obtenues sur collodion humide; les paysages même se trouvaient dans ce cas, et paraissaient dus a l'emploi de lentes et de laboratoires de voyage; à l'exposilion actuelle, les choses sont changées, le collodion humide est encore le procédé le plus généralement répandu, mais les procédés à sec, le collodion albuminé de Taupenot, le collodion gélatiné du docteur Hill Norris, et surtout le procédé au tannin, du major Russell, comptent des représentants nombreux et très-satisfaisants. Parmi toutes ces belles épreuves il en est quelques-unes qui fixent d'une manière toute particulière l'attention du public et surtout celles des photographes, ce sont les épreuves obtenues par M. Breese, exposées déjà par lui à Birmingham et qu'il déclare dues à l'éclairage lunaire seul. Nons avons parlé ici même de ces épreuves et indiqué ce qu'elles présentent de curieux, en déclarant qu'à notre avis M. Breese était entièrement de bonne foi, et que ces épreuves étaient réellement dues aux rayons de la lune. Les avis sont extrêmêment partagés; des paris nombreux ont été ouverts au sujet du procédé par lequel M. Breese a pu les obtenir, et l'on attend avec impatience les décisions du jury international à cet égard: nous aurons soin de les faire connaître.
Dans la section française, au contraire, on rencontre nouveauté sur nouveauté; ce sont d'abord les agrandissements, qui possèdent ici une importance inattendue; les Anglais en ont bien aussi exposé un certain nombre, mais ces épreuves sont réellement inférieures aux épreuves similaires françaises; elles sont moins nettes, les contours sont plus débordés, et l'on ne doit pas s'étonner de ce fait, lorsqu'on sait qu'en Angleterre tous les photographes qui grandissent les petits clichés tirent directement d'après ceux ci leurs positifs agrandis, au lieu de faire d'abord un cliché agrandi, ce qui, au lieu d'une pose de trois quarts d'heure au moins, pendant lesquels le soleil se déplace, n'exige qu'une exposition de quelques minutes. Les épreuves au charbon, les vitrifications, les émaux photographiques sont représentés par les spécimens les plus brillants; les portraits sont fort beaux, les monuments bien réussis, et l'on s'arrête avec admiration devant les grands panoramas de montagnes de MM. Bisson. Chez les Français, contrairement aux habitudes anglaises, presque tous les paysages sont dus aux procédés à sec; le collodion albuminé de Taupenot, est parmi ceux-ci, le plus employé ; cependant le procédé au tannin paraît devoir être employé concurremment avec le premier, si l'on en juge par quelques belles épreuves de M. Antony Thouret. Le maître de tous les paysagistes photographes se rencontre dans l'exposition française, mais ce maître est un Anglais: nous avons nommé M. Maxwell Lyte. II est impossible de voir quelque chose de plus doux, de plus harmonieux, de plus finement délicat que ses vues des Pyrénées; les meilleurs paysagistes français sont loin d'obtenir de semblables résultats.
On s'étonnera peut- être que nous n'ayons pas encore parlé des épreuves envoyées par les autres nations; la chose est excusable, car, dans le palais de Kensington, les photographes demeurent bien loin les uns des autres, et leurs œuvres se trouvent disséminées en plus de vingt-cinq localités différentes; ce serait cependant être injuste que de ne pas signaler, dès à présent, les beaux portraits envoyés par les Allemands et notamment ceux de M. Angerer, de Vienne.
Telles sont les premières impressions que laisse la vue de l'exposition photographique; nous ne les donnons pas comme définitives, et nous nous proposons de revenir en temps et lieu sur toutes les particularités intéressantes que pourra nous y faire reconnaître un examen approfondi. Du reste, plus d'un parmi nos lecteurs aura peut-être la curiosité d'aller juger par lui même, et nous le conseillons franchement. Le bâtiment (c'est à tort que nous avons dit le palais), le bâtiment qui renferme l'exposition est bien laid, mais ce qu'il contient est vraiment splendide, et il est si facile de se rendre aujourd'hui à Londres, grâce aux trains de plaisir que viennent d'organiser diverses compagnies, que peu de personnes voudront se refuser cette satisfaction.
La photographie figure à l'exposition non-seulement comme un art producteur, mais encore comme agent précieux et d'un usage journalier; un grand nombre d'industriels ont besoin d'obtenir l'image de leurs appareils, de leurs produits, etc ; les Revues leur demandent ces reproductions pour les faire graver, ou bien elles servent à des prospectus, etc. Il n'est pas permis à tout le monde d'exécuter ces reproductions photographiques dans l'enceinte de l'exposition; le droit en a été mis en adjudication et acquis par la Compagnie stéréoscopique de Londres, moyennant 1,500 guinées (environ 40,000 francs). Le cahier des charges portait des clauses extrêmêment dures, la compagnie a obtenu la résiliation d'un assez grand nombre d'entre elles, mais il lui reste encore, en dehors de son prix d'achat, à satisfaire à certaines conditions d'intérêts qui élèvent ce prix a près du double. Cependant, même dans ces conditions exorbitantes, l'affaire paraît encore bonne, car nous avons entendu assurer que MM. Day et Son, de Londres, s'ils avaient prévu que la Compagnie de l'Exposition adoucirait quelques unes de ses conditions, auraient élevé les enchères jusqu'à 5,000 guinées (125,000 fr. environ).
- Quittons maintenant l'exposition et disons quelques mots des prix photographiques décernés ou à décerner. Le prix de 2,000 francs fondé par M. le duc de Luynes pour un procédé permettant d'obtenir des épreuves au charbon a été donné par la Société photographique de Paris à M. Poitevin; mais, considérant la valeur du perfectionnement apporté à ce procédé par M. Fargier, la Société a cru devoir lui accorder un encouragement de 600 francs. Cette décision a provoqué, paraît-il, à la séance même de cette honorable Société, une scène sans précédent et regrettable à tous les titres M. Charavet qui n'est pas inventeur, mais qui a acquir (moyennant une grosse somme, dit-on) le procédé Fargier, s'est cru lésé dans ses droits pas ce fait que le prix ne lui était pas personnellement accordé. Comme il est membre de la Société, il a pu se lever, obtenir la parole et entreprendre un vigoureux plaidoyer en sa propre faveur. C'est en vain que M. Paul Perier d'abord, M. Regnault ensuite ont cherché à faire comprendre à M. Charavet combien sa manière d'agir était insolite et déplacée. M. Charavet n'a pas compris la portée des paroles qui lui étaient adressées; il a redoublé ses attaques contre la Société, l'accusant en propres termes d'injustice, et a dignement couronné son entreprise par une sortie furieuse. On assure même que, dès le lendemain, M. Charavet attaquait M. Poitevin en nullité de brevet, prévenant ainsi par cette démarche le procès que peut-être celui-ci lui aurait intenté quelque jour. Voilà donc encore un nouveau procés photographique sur l'eau; ce n'est pas le premier à coup sûr, mais nous gagerions bien que ce n'est pas le dernier.
On ne saurait s'empêcher de regretter de semblables dissentiments à propos de la distribution de prix fondés par des amateurs généreux. Aussi croyons-nous qu'il faut être très sobre et très-réservé en ces sortes de questions; en Angleterre, lorsqu'un prix de ce genre est fondé, on laisse en général au donateur le soin de le décerner lui-même. Il serait bien extraordinaire que, dans ces circonstances, il se trouvât un concurrent d'assez mauvais goût pour aller accuser le donateur lui-même. A l'exposition actuelle, les commissaires royaux semblent avoir eu peur d'être taxés d'injustice en répartissant entre les exposants des médailles de diverses valeurs; aussi (et en général les désapprouve-t-on), ont-ils décidé qu'il ne serait distribué que des médailles de bronze. On prétend même que la moitié des exposants se trouvera ainsi récompensée. Ce serait, avouons-le, enlever à la récompense toute sa valeur.
L'association des photographes allemands, à Iena, vient de fonder un prix de 65 thalers (250 fr. environ), pour l'auteur du meilleur procédé de tirage des positifs sans sels d'argent; le concours sera clos le 1er octobre 1862. C'est ici le cas d'appeler, plus que jamais, l'attention sur l'emploi des sels de fer.
La Société photographique de Marseille a fondé un prix de 500 francs pour l'auteur d'un procédé permettant d'obtenir sur plaque entière des clichés instantanés, comparables aux vues des rues de Paris, exécutées par MM. Ferrier père et fils. Cette question a déjà préoccupé un très-grand nombre de photographes; quelques-uns ont assez bien réussi, et en somme le procédé à trouver n'est pas si difficile qu'il le paraît au premier abord; l'expérience démontre, en effet, que, dans bien des cas, les composés les plus ordinaires peuvent fournir des instantanéités; tout dépend de l'état dans lequel se trouvent ces composés; ainsi, contrairement à l'opinion de M. Sutton, et nous basant sur les expériences récentes de M. England, nous croyons qu'il est possible de réussir en employant un collodion très-brômé, le sensibilisant au moyen d'un bain de nitrate parfaitement neutre et récemment préparé, dévelopant avec un révélateur au sulfate de fer concentré et d'une préparation très-récente et surtout en faisant usage d'un excellent objectif, à court foyer, et d'une lumière très-brillante. En dehors de ces conditions d'objectif et d'éclairage, aucun procédé ne peut fournir de bons résultats; nous engageons fortement les photographes qui veulent bien nous lire à chercher dans cetta voie.
- On s'occupa beaucoup en Amérique, sinon d'obtenir une instantanéité absolue, du moins de diminuer considérablement le temps de pose qu'exigent les procédés à sec; c'est surtout à propos du procédé au tannin qu'ont lieu ces expériences. M. Draper, qui a déjà rendu de grands sevices à la photographie, conseille de développer les glaces préparées au moyen de la solution de tannin en opérant à chaud. C'est l'application au tannin de la méthode de développement conseillée il y a quelques mois par plusieurs opérateurs et notamment par M. Roman, de Wesserling; nous ne l'avons pas encore expérimentée et nous ne saurions nous prononcer à ce sujet. Elle mérite cependant d'être décrite des à présent, car elle diffère en un point important des autres méthodes de développenment à chaud qui l'ont précédée. Dans celle-ci, en effet, l'opérateur fait chauffer a l'avance le révélateur et le verse ensuite sur les glaces; dans la méthode de M. Draper, au contraire, le révélateur reste froid et c'est la glace que l'on chauffe. Le développement est conduit de la manière suivante: La glace est préparée d'après les indications du major Russell; mais au lieu d'y maintenir la couche de collodion au moyen d'une couche préalable de gélatine, ce qui nécessite des manipulations trop longues, on se contente de passer sur les bords du collodion nitraté, lavé et tanné, un pinceau mouillé avec une solution d'albumine concentrée. Celle-ci en séchant forme une bande de vernis qui maintient le collodion très solidement et l'empêche de se détacher pendant le développement. Après l'exposition, on prend la glace et l'on place dans une cuvette en porcelaine de l'eau bouillante; on expose la glace quelques instants à la vapeur, de manière à en élever la température, puis on la plonge dans l'eau elle-même qui bouillante d'ahord, s'est refroidie environ à 90º ou 95º centigrades. Lorque la glace est bien échauffée à cette température, on l'enlève, on la place sur une ventouse ou mieux sur un pied à caler, puis on verse à sa surface le révélateur qui, lui, n'a pas besoin d'avoir été chauffé. Le développement marche très bien; si l'épreuve ne sort pas, et si la glace se refroidit, on la plonge de nouveau dans l'eau bouillante, puis on continue le développement. Cette modification du procédé ordinaire de développement fournit, assure-t-on, des résultats tels qu'avec un bon objectif on peut, en une seconde, obtenir sur glace sèche une épreuve parfaitement réussie.
M. England assure être arrivé aussi à des résultats très-rapides en mélangeant à la solution préservatrice de la couche sensibilisée une quantité de miel précisément égale à celle du tannin que l'on introduit dans la solution. On peut ainsi, d'après cet auteur, préparer des glaces qui se conservent six mois, et qui n'exigent pas plus de pose que des glaces préparées au collodion humide.
Du reste, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le procédé au tannin fait chaque jour des progrès et se popularise de plus en plus. Nous en trouvons une preuve nouvelle dans une intéressante brochure que vient de nous adresser M. Mallet-Bachelier, éditeur, et dans laquelle M. Aimé Gérard a reproduit par une traduction exacte, et avec des notes inédites, le pamphlet publié, il y a quelques mois, par M. C. Russell, sous le titre si connu en Angleterre: The tannin process.
- II existe à Lille (France), dans le musée Wicar, deux dessins de Chimenti, peintre italien qui vivait en 1640, et qui, depuis tantôt trois ans, font grand bruit dans le monde photographique. Ce sont deux dessins qui, au premier abord, paraissent absolument semblables, et reproduisent tous deux un jeune enfant le compas à la main, un genou en terre, et prêt à exécuter quelque figure de géométrie. Par leurs dispositions, ces dessins semblent avoir été faits précisément pour entrer dans un stéréoscope. Cette dernière opinion a été émise par divers savants et notamment par M. Brewster, qui la défend avec énergie. Mais l'expérience semble s'être prononcée contre celle-ci. En effet, M. Wheastone, qui revendique, avec raison croyons-nous, l'honneur d'avoir decouvert le stéréoscope, s'est procuré des reproductions exactes de ces dessins, et, après les avoir introduites dans le stéréoscope, il a reconnu qu'elles ne possedaient aucune espèce de relief. M. Brewster ne s'est pas tenu pour battu; il soutient que ces deux dessins ont bien été exécutés par Chimenti pour être vus au stéréoscope, mais que l'artiste chargé de les rapetisser ayant exagéré les défauts qu'ils possédaient primitivement, il en est résulté une impossibilité de superposition des deux images; il est convaincu que Galen connaissait il y a quinze cents ans le principe de la vision binoculaire, et que Chimenti a très-probablement fait ses dessins en s'inspirant du traité publié sur ce sujet par Porta, en 1593. Si M. Brewster avait raison, ne serait-ce pas le cas de répéter plus que jamais: Nil sub sole novum?
- Puisque nous avons prononcé le nom du stéréoscope, ne négligeons pas d'annoncer les prodigieuses épreuves stéréoscopiques que vient d'obtenir M. Warren de la Rue. Déjà cet astronome photographe avait reproduit stéréoscopiquement, et en prenant épreuve à des moments un peu différents: la Lune, Mars, Saturne, etc. Cette fois il s'est adressé au Soleil; et le reproduisant sous deux angles différents, c'est-à-dire à deux instants différents de la rotation de la Terre, il a obtenu deux petits clichés stéréoscopiques qu'il a grandis ensuite au diamétre de 90 centimètres, sans que la capacité de produire le relief ait abandonné les épreuves. De telle sorte que, grâce à ces derniers travaux, on peut examiner dans un stéréoscope colossal un soleil en relief présentant près de 1 mètre de diamètre !
- M. Vernon Heath vient d'appeler l'attention des photographes sur le procédé bien simple qu'il emploie pour grandir les épreuves sans faire usage d'ancune chambre spéciale, de reflecteurs de grands prix, etc. Voici ce procédé; il est à la disposition de chacun: on prend deux chambres noires ordinaires, on tourne vers le ciel, ou simplement vers une fenêtre le côté du châssis de l'une, et l'on y place le cliché à reproduire; l'autre chambre est disposée en sens précisément inverse; elle porte un objectif et celui-ci pénètre dans la première chambre par le trou de la planchette où devrait se trouver son objectif. De telle sorte qu'en réalité l'appareil optique de la deuxiènie chambre regarde le cliché à reproduire comme il regarderait
une vue ordinaire, et que pourvu que celle-ci ait un tirage suffisant, l'image agrandie de ce cliché viendra se peindre sur la glace dépolie qui la termine. On peut très-bien ainsi, et nous en avons fait l'essai, comme bien d'autres photographes avant M. Vernon Heath, grandir dans la proportion de 1 à 4 une épreuve quelconque sur verre.
- M. Sutton, le chercheur infatigable qui semble vouloir succéder au regrettable M. Hardwich lequel a abandonné la photographie pour le ministère religieux, vient de faire paraître un nouveau travail qui a pour but la préparation d'un collodion sans éther et auquel il donne le nom d'alcolène. Pour préparer ce collodion, il suffit d'employer une pyroxiline spéciale; on obtient celle-ci en trempant du coton de l'espèce la plus fine dans un mélange de trois parties un quart d'acide azotique d'une densité égale à 1.400, et de quatre parties d'acide sulfurique d'une densité égale à 1.830. Le mélange doit être porté préalablement à la température de 80º, et on y maintient le coton pendant cinq minutes; cette pyroxiline se dissout aisément dans l'alcool absolu, sans éther. Le collodion qu'il fournit est épais, coule bien cependant sur les glaces, mais est assez long à sécher. Il serait intéressant de soumettre ce collodion à des expériences suivies; il est bien possible, en effet, que l'absence d'éther lui communique une stabilité supérieure à celle des collodions ordinaires.
- Terminons cette revue, que plus d'un lecteur trouvera trop longue sans doute, en disant quelques mots d'un excellent petit livre sous couverture saumon que vient de nous adresser M. Charles Bride. Ce livre a pour titre : l'Amateur Photographe; guide pratique de photographie, suivi d'un Vocabulaire de Chimie Photographique. Nous avons lu avec soin cet ouvrage, dont l'étendue ne dépasse pas 233 pages, et nous l'avons trouvé très-complet; il renferme un grand nombre de gravures, permettant à chacun de se bien rendre compte des opérations de la pratique, et nous semble en somme parfaitement répondre au but que l'auteur dit lui-même s'être proposé: décrire la photographie avec assez de soin, assez de détails minutieux pour que la personne la plus étrangère aux sciences puisse d'elle-même et sans maître disposer son atelier photographique et obtenir au bout de quelques temps d'essais des épreuves satisfaisantes.
Th. Bemfield.