| 1841 10 de Maio | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. 11 Pag. 862, 863
| CORRESPONDANCE
PHYSIQUE. - Application des propriétés des rayons continuateurs aux opérations de la photographie. - Lettre de M. GAUDIN à M. Becquerel.
« J’ai le plaisir de vous annoncer que la découverte de M. Edmond Becquerel, concernant l’action photographique des rayous rouges, si bien prouvée déjà par le Rapport de M. Biot, s’applique parfaitement an procédé de M. Daguerre, comme vous pourrez en juger par les échantillons que je joins à ma lettre. » M. Séguier avait déja obtenu quelques résultats concluants; malheureusement il avait opéré à la lumière diffuse, comme je l’avais fait moi-méme une fois sans succès ; tandis qu’il faut faire arriver les rayons directs du soleil sur le verre pendant 10 minutes, plus ou moins, selon l’intensité présumée de l’épreuve que l’on veut continuer. MM. Buron et Lerebours avaient obtenu, avant que je fisse mes recherches, des résultats très remarquables avec le soleil direct; mais aujourd’hui je ne doute plus qu’à l’aide de l’illumination rouge nous ne puissions opérer instantanément, car je vous envoie déjà des nuages obtenus par un grand vent, près le zénith, en une demi-seconde. Ainsi désormais les épreuves photographiques vont présenter la vie et le mouvement qui leur manquaient. En garnissant les appareils à mercure de verres rouges, on pourra s’en servir en plein air. Je crois aussi que la faculté que l’on aura d’observer l’action du serre rouge, et de l’activer en certains points au moyen d’un verre ardent, permettront d’obtenir des épreuves plus complètes. Pour réussir avec le verre rouge, il faut préparer les plaques avec un soin infini, l’insolation rouge mettant en évidence toutes les négligences si funestes aux noirs et aux demi-teintes, d’autant plus encore que cette action semble donner des chairs noires irisées dont on n’aperçoit bien le modelé que sous un certain angle oblique, comme on s’en convaincra en observant la plupart de mes échantillons. » |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
segunda-feira, 29 de março de 2010
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1841 7 de Junho | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. Pag. 1060 | PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Supériorité des rayons jaunes comme rayons continuateurs dans les opérations photographiques; production d’images daguerriennes sans le secours du mercure. - Lettre de M. GAUDIN à M. Arago.
« Ayant essayé cette semaine le verre jaune comme agent continuateur, sur plaques d’argent, d’après l’avis de M. Edmond Becquerel, qui l’avait trouvé d’un effet merveilleux, en opérant sur papier, j’ai reconnu aussitôt qu’il était bien plus actif que le verre rouge, et de beaucoup préférable à celui-ci, parce qu’il laisse voir au soleil les progrès de son action. » J’avais déjà remarqué, comme M. Lerebours, que l’insolation rouge faisait souvent naître des traces du dessin; mais j’avais observé en outre que ces traces, quand elles étaient fortes, donnaient un tableau approchant de ceux obtenus avec le mercure. Enfin je suis arrivé à obtenir, sans mercure, et par la seule insolation jaune, des tableaux de tous points pareils à ceux provenant de l’action mercurielle. Ces tableaux se lavent et se fixent absolument de la même manière; et pour qu’on n’attribue pas à du mercure vaporisé la formation de ces tableaux, j’ai mis sur le verre jaune de celui qui représente des nuages un disque qui, ayant intercepté la lumière opaque jaune a produit sa silhouette en noir sur le tableau, preuve que ces tableaux. ne sont dus, dans ce cas, qu’à de l’iodure d’argent modifié par la lumière. » |
sexta-feira, 9 de outubro de 2009
8 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 19
Pag. 694, 695, 696, 697, 698
quarta-feira, 3 de junho de 2009
1856, 10 de Novembro
Juillet-Décembre
T. .XLIII
Nº. 19
Pag. 911
M. Becquerel met sous les yeux de l’Académie de trés-belles épreuves de photographie transportée sur pierre par les procédés de M. Poitevin.
quarta-feira, 27 de maio de 2009
1857, 23 de Novembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. XLV
Nº. 21
Pag. 868
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. Becquerel, qui avait présenté à l’Académie dans la précédente séance le Mémoire de son fils Edmond « sur les propriétés lumineuses qu’acquièrent les corps soumis à l’influence solaire », demande aujourd’hui que ce Mémoire soit renvoyé à l’examen d’une Commission.
(commissaires, MM Regnault, Despretx, de Senarmont.)
terça-feira, 21 de abril de 2009
1862, 1 de Abril - Le moniteur scientifique
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
127º Livraison
Pags. 216, 217, 218, 219, 220
REVUE PHOTOGRAPHIQUE
SOMMAIRE. – Développement et production de clichés vigoureux au moyen du sulfate de fer acétifié par M. Martin. - Éclairage des ateliers exposés au midi. - Sur le moyen de combattre les irrégularités des virages aux sels d'or alcalins.- Obtention des couleurs naturelles avec une certaine stabilité, par M. Niepce de Saint-Victor. - Progrès de la photographie allemande. - Procès photographiques en France et en Angleterre. - Distribution du prix de M. le duc de Luynes pour les épreuves positives.
C'est par une question essentiellement pratique, et dont l'importance sera certainement appréciée de tous les opérateurs, que nous commencerons cette revue. Elle n'a pas trait à quelqu'une de ces grandes découvertes qui semblent, au premier abord, destinées à révolutionner toutes les habitudes photographiques; miais qui, le plus souvent, restant dans les nuages de la théorie, n'apportent aux procédés dont nous faisons journellement usage aucune modification utile; il s'agit simplement d'un de ces tours de main si utiles, si précieux que les photographes vraiment praticiens accueillent toujours avec reconnaissance. M. Ad. Martin, dont les photographes connaissent bien le nom et qui s'est acquis déjà, par la découverte de l'obtention des positives directes un titre sérieux, vient de trouver la composition d'un bain de fer qui permet d'obtenir du premier coup, et sans renforcement, des clichés d'une coloration noire d'une admirable intensité. Tous ceux qui s'occupent de photographie, ceux surtout qui en commencent l'étude, savent bien, et même ne savent que trop, que le développement au sulfate de fer présente de grands ennuis, parmi lesquels se montre en première ligne la coloration grise et faible des images; pour donner à celles-ci de la vigueur, il faut, après le développement primordial, les renforcer ensuite, soit avec du sulfate de fer et de l'argent, soit mieux avec un mélange d'acide pyrogallique, d'acide acétique et d'azotate d'argent. M. Martin, en examinant soigneusement la manière dont l'argent se dépose dans la production des clichés au sulfate de fer, a reconnu que la transparence de l'épreuve et sa coloration grise étaient dues spécialement à l'état sous lequel l'argent se dépose; il se forme alors, en effet, en gros cristaux, parfaitement définis, mais qui ne peuvent, comme les petits cristaux accumulés par l'acide pyrogallique, opposer au passage de la lumière une résistance suffisante. II a reconnu en outre que ce mode de dépôt était dû essentiellement à la présence del'acide sulfurique dans la liqueur révélatrice de sulfate de fer. On ne saurait s'étonner que cette idée se soit présentée à l'esprit de M. Martin, lorsqu'on se rappelle qu'on obtient, au moyen du développement au sulfate de fer, des positives dont les blancs ont un éclat argentin, métallique, lorsqu'à la solution révélatrice on ajoute une certaine quantité d'acide sulfurique libre; dans les deux cas, c'est une conséquence de la même idée. Partant de 1à, M. Martin a pensé que l'on parviendrait à obvier à cet inconvénient, en faisant disparaître l'acide sulfurique libre; mais on ne saurait opérer dans une liqueur neutre, il faut toujours que la solution possède une réaction acide, et, pour réaliser cette condition, M. Martin a eu l'idée fort ingénieuse de substituer l'acide acétique à l'acide sulfurique. Cette idée a dû, d'ailleurs, se produire chez ce savant d'une manière toute naturelle, en réfléchissant aux avantages que présente l'emploi des bains révélateurs d'acétate de fer, que leur extrême instabilité a seule empêchée de pénétrer dans la pratique journalière.
Pour réaliser le but qu'il se proposait, M. Martin a imaginé d'ajouter au révélateur une certaine quantité d'acétate de plomb. Celui-ci, ajouté en quantité insuffisante pour décomposer le sulfate de fer, mais suffisante pour agir sur l'acide sulfurique libre, est décomposé par cet acide, transformé en sulfate de plomb insoluble qui se précipite, et en acide acétique libre qui reste en dissolution dans la liqueur, et lui communique l'acidilé nécessaire pour un bon dévelopement. Pour réussir dans la préparation de ce bain révélateur, M. Martin conseille d'opérer de la manière suivante: dans 500 grammes d'eau, on dissout 100 grammes de sulfate de fer, puis on ajoute à cette dissolution 25 cent. cubes d'une dissolution d'acétate de plomb dans l'eau distillée faite à la proportion de 10 pour cent. Au moment du mélange, ces deux liqueurs se troublent, un précipité blanc se forme, qui se dépose peu à peu: ce dépôt, c’est le sulfate de plomb. Lorsque la liqueur est éclaircie, on filtre ; le dépôt reste sur le filtre et l’on obtient une solution parfaitement claire de sulfate de fer ne renfermant plus que de l'acide acétique libre. Pour rendre cette solution plus facile à étendre sur la glace, et en même temps pour lui donner des réactions acides plus prononcées, M. Martin conseille de lui ajouter 25 cent. cubes d'acide acétique cristallisable et 450 cent. cubes d'eau contenant 5 cent. cubes d'éther nitrique du commerce (éther nitreux alcoolisé) et 5 cent. cubes d'éther acétique.
Cette solution révélatrice est employée sur les glaces, au sortir de la chambre noire, de la manière ordinaire; elle fournit, lorsque la pose a été convenable, des tons d'un brun noir, très-riches, très-opaques, analogues à ceux que produit l'acide pyrogallique. Elle permet donc d'obtenir, du premier coup, des clichés suffisamment vigoureux pour n'avoir besoin d'ancun renforcement, et pour servir à l'obtention d'excellents positifs.
- Une autre question, également pratique, doit fixer notre attention: il s'agit de l'éclairage des ateliers photographiques. C'est toujours une grande difficulté que le choix des emplacements destinés à la construction des ateliers , car ceux-ci, pour être placés dans de bonnes conditions, doivent être directement opposés au soleil, de telle sorte que les rayons de cet astre n'en puissent jamais venir traverser les vitrages, et que le modèle qui s'y trouve ne puisse recevoir que la lumière, très-éclatante, mais cependant diffuse, des portions de la voûte céleste opposées au soleil. On réalise cette condition en disposant les ateliers de telle sorte que leur façade vitrée soit orientée face au nord, et qu'un mur plein formant le côté opposé, vienne intercepter les rayons solaires. Lorsque l'atelier doit être construit à la campagne, il est facile de se conformer à cette règle; mais, lorsqu'il s'agit d'en établir un dans une grande ville comme Londres, Paris et Bruxelles, la chose est loin d'être aussi facile. La photographie fait chaque jour tant de progrès, le nombre des opérateurs se multiplie de telle façon, que les emplacements convenables situés au nord sont devenus introuvables, et qu'il faut aujourd'hui, loin de choisir, se contenter de ce que l'on rencontre. Deux photographes parisiens, M. Maze d'un côté, M. Voytot de l'autre, ont trouvé un moyen bien simple et bien commode cependant, pour combattre la lumière directe du soleil, tout en admettant dans l'atelier une quantité de lumière suffisante pour bien éclairer le modèle. L'atelier est construit suivant une orientation quelconque, et, pour le placer dans les conditions les plus défavorables, nous supposerons qu'il regarde directement le midi, et que le soleil, par suite, le pénètre en plein. Pour transformer les rayons directs de cet astre en une lumière diffuse et abondante, on dresse le long du vitrage d'avant des écrans formés de feuilles de paravent et occupant toute la hauteur; ces écrans sont inclinés de façon à refléter la lumière du côté du modèle; ils doivent être distancés de manière qu'ils se recouvrent l'un l'autre de 5 à 6 centimètres de leur largeur, qui peut être de 25 à 30 centimètres. De cette manière 1a lumière ne pénètre dans l'atelier qu'après avoir été successivement reflétée par les deux surfaces opposées de deux écrans consécutifs. Elle est donc diffusée, et le modèle se trouve aussi bien éclairé que si l'atelier recevait directement la lumière de nuages brillamment éclairés par le soleil. Les écrans doivent être recouverts d'un papier gris-bleu très-clair. Grâce à cet artifice, non-seulement on donne aux ateliers situés en plein midi tons les avantages que possèdent ceux qui sont situés au nord, mais encore on leur en communique de supérieurs; en effet, dans un atelier disposé comme nous venons de le dire, l'opérateur ayant toujours à sa disposition un moyen de faire varier la lumière, pouvant même, au cas où le soleil se cache, opérer sans aucune espèce d'écran, il lui devient facile d'obtenir de bons résultats par quelque temps que ce soit, fût-ce même par la pluie.
- La pratique du virage des épreuves positives s'est considérablement modifiée depuis deux ans; en France, mais en Angleterre surtout, l'ancienne méthode, consistant à soumettre l'épreuve au bain d'hyposulfite d'or et de soude, a été mise de côté par la plupart des opérateurs, qui lui ont substitué les diverses méthodes de virage aux sels d'or alcalins, méthodes sur lesquelles nous avons fourni souvent des indications dans nos Revues de photographie, et dont nous avons notamment indiqué les formules dans le nº du 1er janvier 1861, liv. 97, p. 15. Nous avons trop souvent rappelé les avantages nombreux et importants de ces méthodes, pour qu'il soit nécessaire d'y revenir aujourd'hui; mais elles présentent un inconvénient que la science a appris à éviter aussitôt que la pratique en a révélé l'existence, et sur lequel nous devons insister d'autant plus, que la théorie de sa production, aussi bien que celle des moyens employés pour le combattre, ont donné lieu, depuis deux ou trois mois, à une discussion intéressante et a un très grand nombre de travaux.
Les épreuves tirées aux sels d'or alcalins se revêtent souvent de taches nombreuses, placées côte à côte, d'une coloration tantôt grise, tantôt brune, qui en détruisent tout l'effet, surtout lorsqu'il s'agit de sujets délicats comme ceux destinés au stéréoscope. La feuille prend alors un aspect piqueté, farineux pour ainsi dire, et l'on peut considérer l'épreuve comme à peu près perdue. M. Samuel Fry a trouvé, en Angleterre, un moyen bien simple de combattre ce défaut, et ce moyen réussit admirablement; les avis, à ce sujet, sont unanimes. Cet habile opérateur a démontré qu'après avoir lavé l'épreuve à l'eau, au sortir du châssis, pour lui enlever le nitrate d'argent libre, il suffisait de la passer dans un bain d'acétate de soude 10 à 15 pour cent, où on la laisse séjourner pendant quelques minutes. Au sortir de cette solution, l'épreuve portée dans le bain de virage alcalin ordinaire s'y comporte parfaitement, et parcourt, sans accident aucun, toute l'échelle des tons qui doit l'amener a la coloration désirée.
On a beaucoup discuté, en Angleterre, sur la cause probable de cet accident, et sur le rôle du remède que M. Fry lui opposait; mais toutes ces discussions n'ont pas conduit à grand chose. Un grand nombre des opinions émises ne reposaient sur aucun fondement; une simple hypothèse leur avait donné le jour; telles sont celles dont les auteurs disaient: Le bain est trop faible, ou le bain est trop fort; le papier est trop épais, ou le papier est trop mince, etc.; la véritable cause parait avoir été indiquée par le savant rédacteur du Photographie news; M. Wharton Simpson. Il pense que le dépôt d'or ne s'effectue pas de la même manière en présence ou en l'absence de l'hyposulfite. En présence de ce corps, les différents composés que supporte la feuille ne possèdent aucune tendance spéciale au virage; mais dans le cas des virages d'or alcalins, l'albuminate d'argent et le chlorure d'argent manifestent des affinités différentes pour l'or, et ces affinités se résument en ceci que l'un vire plus vite que l'autre; de telle sorte que les portions recouvertes par l'un sont déjà arrivées au noir, lorsque celles que recouvre l'autre n'en sont encore qu'au ton rouge. Lorsque surtout l'on opère sur un papier poreux, cet accident se manifeste aisément à cause des épaisseurs inégales d'albubinate et de chlorure. Le rôle de l'acétate de soude, son action spéciale et curative consistent alors a transformer le tout en acétate d'argent qui, dans le bain d'or alcalin, vire alors avec une parfaite égalité.
- Tous nos lecteurs connaissent sans doute les beaux travaux de M. Edmond Becquerel sur la fixation, fugitive il est vrai, mais réelle cependant, des couleurs naturelles sur une plaque d'argent chlorurée. Ils savent aussi que M. Niepce de Saint-Victor, continuant ces travaux, a pu fixer sur la plaque daguerrienne chlorurée les couleurs brillantes des objets naturels, et les y conserver d'une manière presque indéfinie, quand cette plaque était maintenue dans l’obscurité,et pendant quelques minutes, quand on l'exposait a la lumière diffuse. M. Niepce de Saint-Victor vient de faire faire à la question un pas nouveau et important. Grâce à l'emploi d'un vernis protecteur spécial, il a pu produire des colorations naturelles, extrêmêment vives, et susceptibles de se conserver pendant douze heures à la lumière. Voici comment opère M. Niepce de Saint-Victor: il prend une plaque daguerrienne de plaqué d'argent, et la chlorure en la trempant quelque temps dans une solution d'hypochlorite de potasse (1)([i]). Après l'avoir lavée, il la recouvre d'un vernis formé d'une solution de chlorure de plomb saturée, à laquelle on a ajouté une quantité de dextrine suffisante pour lui donner une consistance épaisse. La plaque séchée à la lampe à alcool est exposée ensuite à la lumière; les couleurs s'y manifestent alors avec un éclat plus grand que dans le cas où l'on opérait sans le vernis au chlorure de plomb; elles se détachent sur un fond blanc et, chose remarquable, si, après l'esposition à la lumière, on vient à chauffer la plaque, elles acquièrent une intensité plus grande encore, en même temps qu'elles acquièrent cette fixité remarquable dont nous parlions en commençant. Tels sont les remarquables résultats acquis par les derniéres expériences de M. Niepce de Saint-Victor; ils ne peuvent manquer de frapper nos lecteurs, et ceux-ci réfléchissant que M. Niepce est déjà parvenu à conserver pendant douze heures, sans altération sous l'action lumineuse, ces couleurs qui se produisent d'une manière si admirable, ne pourront s'empêcher de dire comme l'auteur: si le problème de la fixation n'est pas encore résolu, ou peut, du moins, espérer une solution.
- La France, l'Angleterre et la Belgique ne sont pas les seules contrées où la photographie fasse chaque jour de nouveaux progrès; l'Italie, l'Espagne, la Russie même voient cet art intéressant se populariser chaque jour davantage; mais c'est en Allemagne surtout, en Prusse, en Autriche, etc., que se manifestent les plus beaux résultats Ceux-ci cependant sont pen connus, la dernière exposition du Palais de l'industrie en a partiellement révélé l'existence, celle de Cromwell-Road à Londres les rendra palpables à tous les yeux; en attendant qu'il nous soit donné d'en avoir la brillante démonstration, nous sommes heureux de faire connaître les principaux d'entre eux, en communiquant à nos lecteurs les extraits suivants d'une lettre fort intéressante qu'a bien voulu nous adresser M. Jacques Courrier, de Berlin
« On sait peu à Paris comment se conduit la photographie outre-Rhin, et je vous assure que c'est grand dommage, car elle fait ici des merveilles comme elle en fait partout!
» Si cela intéresse vos lecteurs, je veux tant bien que mal les mener dans quelques-uns de nos ateliers. La tâche est rude: d'abord, n'a-t-on pas à craindre, tel impartial que l'on soit et ne parlant que dans l'intérêt de la science, d'avoir l'air de faire de la réclame en prononçant un nom? Puis, comment avec une plume (inhabile surtout) remplacer les yeux du lecteur?
» Dernièrement, tout Berlin ne parlait que des conférences de M. le Dr Petschner sur son ascension du Mont-Blanc; le roi et la reine l'ont honoré de leur présence, et c'était une honte de ne pas y assister; le docteur s'aidait dans ses descriptions des photographies des frères Borgmann; combien je pensais alors à notre compatriote M. Bisson ! On admire bien ses vues du Mont-Blanc sous les tilleuls, dans les montres des boutiques, et pourtant pas un Berlinois ne semblait se douter que ses courageux efforts nous ont donné ces curieux spécimens; tout l'honneur était pour le docteur Petschner; ce que c'est que de faire du bruit! Mais ceci ne retire rien au mérite de ce dernier.
» Allant du grand au petit, de l'immense dos de chameau alpestre aux imperceptibles infusoires, la photographie nous offre ici de magnifiques épreuves de ces infiniments petits. Il y a dix ans nous voyions l'infatigable professeur Ehrenberg dessiner au microscope avec tant de peines; maintenant, grâce à la photographie, il épargne son temps et ses yeux, la science y gagne et l'exactitude aussi: la photographie n'a pas de faux coups de crayon.
» Je ne sais pas de sciences auxquelles ce bel art ne prête son bienfaisant concours? Voici encore de superbes planches anatomiques exécutées par M. Albert, de Munich: c'est la nature de l'amphithéâtre, moins le sang, moins l'odeur; chaque imperceptible nerf y est bien commodément chez lui; 1'étudiant peut y lire ce grand livre si petit et qui contient tant! le corps humain. Après s'être fait admirer par tous les artistes, heureux de pouvoir posséder pour une faible somme les inestimables cartons de Kaulbach, signés de sa main (et c'est là un grand résultat!), M. Albert, ne voulant pas se reposer sur ses frais lauriers, vient nous donner le spectacle si agréable d'un chercheur infatigable, d'un sage ne se laissant pas étourdir par le succès.
« Mais en voilà assez, on pourrait croire que je le connais, et je n'ai pas ce plaisir.
» On fait de bien jolis portraits-cartes à Paris, n'est-ce pas? eh bien ! si vous voyiez ceux que j'ai sous les yeux, vous en seriez enchanté, tout Parisien que vous êtes! C'est que ces messieurs à Paris, une fois qu'ils ont un nom, ne se donnent plus la peine de copier; vous êtes tout étonné de voir sortir de derrière le même négatif deux positifs de qualités différentes, et on ne saurait être trop sévère contre cet abus; quand on a eu le mérite de se faire un nom. il faut savoir le garder, et je connais bien des gens, à Paris, qui rougiraient, rentreraient en eux-mêmes et sentiraient l'aiguillon de la saine concurrence en voyant les petits bijoux que j'ai là; mais patience, vous verrez cela à Londres, et je signale seulement quelques noms à votre attention: MM. Haase et Graff, de Berlin, L. Angerer, de Vienne .... Mais j'y renonce, les habiles pullulent et je ne veux pas faire de jaloux, je n'aurais qu'à en oublier et des meilleurs ! »
- Le monde photographique vient d'être grandement préoccupé, dans ces derniers jours, par une question de la plus haute importance, au point de vue de la propriété photographique, et, par une similitude extraordinaire, par un hasard singulier, la même question s'est trouvée simultanément en litige à Londres et à Paris, et tandis que les juges français disaient blanc, les juges anglais disaient noir. Il ne nous appartient pas d'apprécier ces deux manières différentes de juger un même point; nous nous contenterons de signaler les deus faits. A Paris, M. X*** a été attaqué par MM. Mayer et Pierson, comme ayant reproduit et vendu dans le commerce des portraits-cartes dont MM. Mayer et Pierson étaient les auteurs, et dont, par suite, ils se considéraient comme les propriétaires. A la grande surprise de tous ceux qu'intéressait ce sujet, le tribunal a donné tort à MM. Mayer et Pierson; ceux-ci ont interjeté appel du jugement, et la question sera bientòt jugée à nouveau. En Angleterre, au contraire, M. Mayall attaquait M. Hidgby pour avoir reproduit et vendu dans le commerce des portraits-cartes dont il était l'auteur, et dont il se considérait comme propriétaire, et, à la grande satisfaction de ceux qu'intéressait le sujet, le tribunal a donné raison à M. Mayall.
- Le prix fondé par M. le duc de Luynes pour la production des épreuves inaltérables vient d'être décerné, par la Société photographique de Paris, à M. Poitevin. Ce prix est de 2,000 francs; un encouragement de 600 francs a été accordé à M. Fargier, qui, par des modifications remarquables, a perfectionné le procédé primitif dont M. Poitevin faisait usage.
Th. bemfield
([i]) (1) La proportion de reactifs et les temps n'ont pas été indiqués par M. Niepce de Saint-Victor.
terça-feira, 7 de abril de 2009
1864, 18 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
18 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 16
Pag. 699, 700, 701, 702,
CHIMIE APPLIQUÉE. - Recherches théoriques sur la formation des épreuves photographiques positives. Note de MM. Davane et Girard, présentée par M. Regnault.
« Du fixage. - Ainsi que nous l'avons précédemment démontré, l'épreuve, au sortir du châssis d'exposition, est formée de composés argentiques non impressionnés, et d'argent métallique dont le mélange avec la laque argentico-organique donne aux parties colorées une riche teinte d'un rouge violet. Les fixateurs ont pour but d'enlever les composés non réduits, mais ils produisent de plus un autre effet. Quelques instants après son immersion dans le bain fixateur, l'image perd sa coloration violette et revêt une couleur rouge-brique prononcée. Pendant longtemps il a été adrnis qu'en cette circonstance le sous-chlorure d'argent Ag2 Cl se transformait en chlorure Ag CI soluble dans le fixateur, et en argent métallique. Nous avons démontré que ce phénomène doit être interprété d'une autre façon; il consiste en une simple hydratation de la laque argentico-organique qui se gonfle au contact du fixateur toujours alcalin, et dont la couleur primitive se modifie par ce fait. On réalise, en effet, ce changement de coloration, non-seulement sur une épreuve photographique, mais encore sur la laque isolée, en exposant l'une ou l'autre à l'action, soit de l'eau chauffée à 80 degrés, soit des vapeurs de l'eau bouillante. Rien de semblable ne se produit, du reste, pendant le fixage du chlorure d'argent pur réduit à la lumière.
« Le fixateur le plus habituellement employé est l'hyposulfite de soude. L'ammoniaque et le cyanure de potassium ont des inconvénients que nous avons eu soin de signaler; l'hyposulfite, au contraire, n'en présente aucun lorsque l'emploi en est fait avec soin: il dissout aisément les composés argentiques non insolés sans agir sensiblement sur les portions colorées par la lumière; il n'abandonne à l'épreuve aucun produit sulfuré qui puisse plus tard en produire l'altération. Les seules précautions qu'exige son emploi consistent: 1º à débarrasser la feuille,par des lavages à l'eau, de l'excès d'azotate d'argent qu'elle renferme encore; 2º à enlever également à la feuille l'acide azotique dont l'insolation l'a imprégnée: on y arrive aisément en additionnant de bicarbonate de soude les eaux de lavage; 3º à se tenir constamment au-dessous de la limite de saturation de l'hyposulfite par les se1s d'argent. Dans l'opération du fixage, tous les composés non insolés que porte la feuille sont transformés en hyposulfite d'argent AgOS2O2. Ce sel ne peut rester dissous qu'à la faveur de 2 équivalents au moins d'hyposulfite de soude; s'il n'en est pas ainsi, au lieu du sel double soluble (AgO S2O2) (NaOS2O2)2 on voit se former le sel (AgO S2O2)(NaO S2O2) qui, insoluble dans l'eau, laisse l'épreuve imprégnée d'un, élément sulfurant que les lavages ne peuvent pas faire disparaître.
« Un fixateur nouveau, le sulfocyanure d'ammonium, a été il y a peu de temps proposé par M. Meynier, de Marseille. Ce nouvel agent paraît avoir sur l'hyposulfite de soude des avantages marqués; mais son prix, encore assez élevé, l'a jusqu'à ce jour empêché d'entrer dans la pratique.
» Du virage. - L'opération du virage est, de toutes celles qui doivent nous occuper, la plus importante au point dg vue artistique; elle est aussi la plus intéressante au point de vue scientifique. Les tons rouge-brique que prend, l'épreuve dans le bain fixateur ne plaisent point aux yeux; le virage a pour but de leur substituer des colorations plus agréables. Depuis que nous avons, il y a plusieurs années déjà, démontré l'influence si grave, au point de vue de l'altéra'tion des épreuves, des bains d'hyposulfite vieux ou acidulés employés jusqu’alors pour produire le virage, les sels d’or, et notamment le chlorure de ce métal, sont employés d'une manière exclusive pour obtenir ce résultat.
« Le virage par les sels d'or, qu'il ait lieu après ou avant le fixage, est dû à la substitution de l'or à l'argent. Des expériences multipliées, exécutées dans les conditions les plus variées, nous ont montré que l'or remplace l'argent métallique et celui qui fait partie intégrante de la laque. En général, sur une épreuve virée on retrouve 4 parties d'argent dorées par 1 partie d'or; quelque prolongée que soit l'action, la disparition de l'argent n'est jamais complète; après trente heures de contact avec des solutions aurifères fréquemment renouvelées, l'image renferme encore une quantité d'argent qui est le quart environ du poids total des métaux qui la forment.
« Les formules proposées pour la préparation du bain d'or sont innombrables; nous les avons ramenées à trois classes nettement caractérisées:
« 1º Les préparations acides, où figure le chlorhydrate de chlorure d'or
du commerce Au2 Cl3, ClH et où souvent on ajonte encore de l'acide chlorhydrique. Au contact de ces bains, l'image perd 3 équivalents d'argent Ag3 qui passent à l'état de chlorure et prend 2 équivalents d'or Au2. Par suite de cette disproportion entre les quantités d'argent enlevé et d'or déposé, par suite encore de l'état acide de la solution, les parties claires du dessin disparaissent souvent
« 2º Les préparations neutres. Celles-ci donnent des résultats fort remarquables; on les forme en prenant du chlorure double d'or et de potassium Au2C13, KCI, et saturant exactement par la craie les petites quantités d'acide que ce sel peut renfermer. Abandonnés à eux-mêmes, les bains préparés de cette sorte et convenablement dilués se décolorent au bout de vingt-quatre heures; le chlorure d'or Au2 Cl3 paraît s'être réduit à l'état de protochlorure Au2C1, tandis que le chlore dégagé a réagi sur les composés en présence pour les oxyder et sans doute pour transformer le chlorure alcalin en chlorate. Les bains neutres marchent avec une grande régularité; ils opèrent le virage en quelques minutes, et cornme, pour 2 équivalents d'or Au2 qui se déposent, ils n'enlèvent à l'épreuve que 1 équivalent d'argent Ag, le ton de l'image gagne en richesse et en vigueur. En outre, ces bains sont toujours prêts à fonctionner; en les additionnant, à chaque série nouvelle d'opérations, d'une quantité d'or égale à celle qu'ont enlevée les opérations précédentes, on peut eu prolonger indéfinitneni l'action.
« 3º Les préparations alcalines où, par l'addition d'un excès de sel alcalin: carbonate, acétate, phosphate de soude, etc., on dépasse le point de neutralité dont nous venons de parler. Là encore il paraît y avoir réduction du chlorure d'or Au2Cl3 à l'état de protochlorure Au2 Cl; mais en présence de l'excès d'alcali, ce protochlorure acquiert une stabilité singulière; au bout de peu de jours, le bain est impropre à produire le virage alors qu'il renferme encore les deux tiers au moins de l'or qu'on y a introduit, et c'est seulement pendant la période de réduction du chlorure Au2Cl3 qu'il fournit de bons résultats.
« De l'altération des épreuves et de leur révivification. - Dès 1855, nous avons établi que l'altération, c'est-à-dire le passage à la couleur jaune des épreuves photographiques, est le résultat de leur sulfuration. De récentes expériences nous ont permis de vérifier à nouveau cette théorie. Toutes les épreuves passées renferment une quantité de soufre souvent correspondante à la proportion d'argent qui les colore, et toute épreuve soumise à l'action simultanée des composés sulfurants et de l'eau s'altère et jaunit.
« La coloration jaune des épreuves sulfurées avait toujonrs semblé difficile à expliquer, car on sait que le sulfure d'argent très-divisé est noir-violacé. Nous avons été assez heureux pour trouver l'explication de ce fait dans l'influence des matières organiques employées à l'encollage des papiers. Lorsqu'on précipite du sulfure d'argent en présence de l'albumine, de la gélatine ou de l'amidon, ce n'est plus le composé noir ci-dessus que l’on obtient, mais bien une matière jaune qui renferme à la fois du sulfure d’argent et de la matière organique. Ce qui se produit alors est aussi ce qui a lieu sur l'épreuve, et la coloration jaune que celle-ci revêt dans ce cas n'est autre que le résultat de la sulfuration dela laque argentico-organique.
« Trois sources de composés sulfurants peuvent amener l'altération des épreuves; ce sont: 1º les bains d'hyposulfite vieux, saturés ou acides; 2º l'hyposulfite d'argent laissé dans la feuille de papier par un lavage insufisant; 3º l'hydrogène sulfuré atmosphérique. Les deux premières causes de sulfuration peuvent être aisément évitées en suivant les méthodes da fixage et de virage dont nous avons indiqué les conditions pratiques; la troisième n'a qu'une très-faible influence, et lorsque l'épreuve a été fortement dorée par le virage, cette influence devient à peu près nulle. En tout cas elle est inférieure à l'influence des émanations sulfhydriques sur les peintures et les pastels. Il résulte donc de nos expériences que l'altération n'est pas la condition normale des épreuves photographiques positives, et que rien n'est plus facile que de préparer au moyen des composés argentiques des dessins d'une stabilité à peu-près absolue. Du reste, lorsque, par suite de préparatinos défectueuses, une épreuve jaunit, on peut arrêter son altération et lui rendre une partie de son éclat primitif en la virant de nouveau dans une solution concentrée de chlorure d'or neutre.
« Traitement des résidus. - Le développement immense pris par la photographie a donné à cette question une grande importance; la quantité d'argent consommée par l'art photographique est énorme; pour la fabrication de Paris elle atteint annuellement plusieurs millions de francs. Or, nos analyses l'ont démontré, 3 pour 100 seulement de l'argent mis en oeuvre restent sur l'épreuve à l'état coloré, et 97 pour 100 seraient perdus sans remède si l'on ne fournissait au photographe un moyen facile et rapide de traiter ses résidus. Un grand nombre de procédés ont été proposés dans ce but; nous les avons tous expérimentés, et nous en avons cherché de nouveaux; celui que nous conseillons consiste dans l'emploi de lames de cuivre qui, immergées dans les solutions argentifères, même chargées en hyposulfite, en précipitent, en deux ou quatre jours, l'argent à l'état d'éponge métallique. »
Ce Mémoire, ainsi que celui que les auteurs avaient présenté à la séance du 4 avril, est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Regnault et Edmond Becquerel.
segunda-feira, 6 de abril de 2009
1865, 18 de Dezembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
18 de Dezembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T.LXI
Nº. 25
Pag. 1111, 1112, 1113*
PHYSIQUE. - Action simutanée de la lumière et des sels oxygénés sur le sous-chlorure d'argent violet; application à l'obtention par la photographie des couleurs naturelles sur papier. Note de M. L.-A. Poitevin, présentée par M. Edm. Becquerel.
(Commissaires: MM. Regnault, Fizeau, Edm. Becquerel.)
« On sait quels sont les travaux de M. Edm. Becquerel sur la production des couleurs par l'action chimique de la lumière, et qui datent de, 1848; et comment il a obtenu, à la surface de plaques d'argent, le sous-chlorure violet, qui jouit de la propriété de s'impressionner entre les mêmes limites de réfrangibilité que la rétine (1) ([i]) .
« Les magnifiques images du spectre qu'il a obtenues, ainsi que des images, reproduites avec leurs couleurs naturelles, au foyer de la chambre noire, n'ont pas été surpassées depuis, et l'on n'a rien apporté à la manière d'opérer de M. Edm. Becquerel, ni rien changé à la préparation de la couche sensible, soit par le trempage, soit par la pile, qui ait modifié natablement ces effets de coloration.
» Eu étudiant cette même question, mais au point de vue de son application à la photographie en couleur sur papier, j'ai cherché si l'action de la lumière ne serait pas facilitée et rendue plus complète, sur le sous-chlorure d'argent violet, en mettant celui-ci en présence de diverses substances, modifiablesm elles-mêmes par la lumière. Les corps réducteurs, c'est-à-dire ceux qui absorbent et se combinent chimiquement avec la chlore, n'ont rien produit; il n'en a pas été de même avec les corps qui fournissent soit de l'oxygéne, soit du chlore, etc., pourvu toutefois qu'ils n'agissent pas spontanément sur le sous-chlorure d'argent violet, Les bichromates alcalins, l'acide chromique libre, ainsi que l'azotate d'urane, m'ont donné de bons résultats; l'azotate d'argent agirait de méme, mais en se décomposant il devient noir et nuit à l'apparition de l'image.
« Après d'assez longs essais, je suis parvenu à produire une réaction que je suppose capable de certaines applications et digne d'intéresser l'Académie. En effet, le sous-chlorure violet, qui, sur papier, ne se colore que très-lentement et très-incomplétement aux rayons du soleil, à travers un écran ou dessin transparent et coloré, est au contraire modifié, même à la lumière diffuse, lorsqu'on l'a préalablement recouvert d'une dissolution de bichromate alcalin, etc.; de sorte qu'il devient blanc dans la lumière blanche, et prend des couleurs analogues à celles des divers rayons qui agissent sur lui.
» Désirant signaler le fait que je crois nouveau, c'est-à-dire l'action simultanée des sels oxygénés et de la lumière sur le sous-chlorure violet, et son application à la reproduction des couleurs par la photographie, je décrirai seulement ici le procédé qui m'a fourni les épreuves colorées naturellernent que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie.
« Du papier photographique étant préalablement recouvert d'une couche de sous chlorure d'argent violet obtenu par la réduction à la 1umière du chlorure blanc en présence d'un sel réductetir, j'applique à sa surface un liquide formé par le mélange de 1 volume de dissolution saturée de bichromate de potasse, 1volume de dissolution saturée de sulfate de cuivre et 1 volume de dissolution à 5 pour 100 de chlorure de potassium; je laisse sécher ce papier et je le conserve à l'abri de la lumière: il reste bon pour l'emploi pendant plusieurs jours. Ici le bichromate de potasse est l'agent principal; il pourrait être remplacé, mais sans avantage, par de l'acide chromique, etc., etc.; le sulfate de cuivre facilite la réaction, et le chlorure de potassium conserve les blancs qui se sont formés.
« A travers des peintures sur verre, l'exposition à la lumière directe n'est que de cinq à dix minutes; elle est proportionnelle au plus ou moins de transparence des clichés; d'ailleurs on peut suivre la venue de l'image en couleur.
» Ce papier n'est pas encore assez sensible pour l'employer utilement dans la chambre noire, mais tel qu'il est on peut obtenir des images en couleur dans l'appareil d'agrandissement ou mégascope solaire.
« Pour conserver ces images dans un album, il suffit de les laver à l'eau acidulée par de l'acide chromique, de les traiter ensuite par de l'eau contenant du bichlorure de mercure, de les laver à l'eau chargée de nitrate de plomb, et enfin à l'eau. Dans cet état elles ne s'altèrent pas à l'abri de la lumière, mais elles brunissent à la lumière directe du soleil.
« Je reviendrai plus tard sur ce sujet, ainsi que sur la préparation spéciale du papier an sous-chlorure d'argent que j'emploie. »
Remarques de M. Edmond Becquerel pour faire suite à la Note de M. Poitevin.
« Lorsque l'on cherche à produire sur papier le sous-chlorure d'argcnt photo-chromatiquement impressionnable de la même maniére qu'on l'obtient sur plaque, on n'a, sous l'action de la lumière, que des impressions colorées beaucoup moins vives que celles qui se produisent á la surface de plaques d'argent recouvertes de sous-chlorure obtenu par action é1ectrochimique d'après les procédés que j'ai fait connaître.
« La réaction citée par M. Poitevin dans la Note précédente, et qui consiste à faire agir la lumière sur le chlorure d'argent violet déposé sur papier en présence d'un sel oxygéné, est fort importante en ce qu'elle permet d'obtenir sur papier des irnages co1orées qui se rapprochent de celles obtenues sur les plaques, quoiqu'elles soient moins vives que ces dernières, et que les teintes bleues et violettes soient moins prononcées. II ne m'a pas paru qu'il y eût action entre une couche formée du mélange cité plus haut (bichromate de potasse, chlorure de potassium et sulfate de cuivre) et le sous-chlorure qui recouvre les plaques après dessiccation de la couche, comme je m'en suis assuré par expérience; il est donc possible que l'action du bichromate ait lieu sur la couche impressionnable complexe déposée sur le papier, et non sur le sous-chlorure isolé.
« D'un autre côté, les impressions ne m'ont pas paru se faire plus rapidement sur papier que sur plaques et être plus stables à la lumière, et il est probable qu'il y a peu de différence sur ce point; mais comme les imngcs colorées sont obtenues sur papier avec beaucoup de facilité, les recherches très-intéressantes de M. Poitevin permettront d'étendre l'étude des phénomènes si curieux de la reproduction des couleurs par l'action chimique et la lumière, et sous tous les rapports méritent de fixer l'attention des savants et des artistes. »
([i]) (1) Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXII, p. 451; t. XXV, p. 447, et t. XLII, p. 81.
segunda-feira, 30 de março de 2009
1873, 4 de Agosto - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
4 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXVII
Nº. 5
Pag. 340, 341, 342
CHIMIE APPLIQUÉE. –Polychromie photographique. Mémoire de M. L.Vidal. (Extrait.)
(Commissaires: MM. Dumas, Milne Edwards, Fizeau, Edm. Becquerel .)
« Procédé. - Le procédé à l'aide duquel nous obtenons les images polychromiques est purement et simplement une extension du procédé dit au charbon; il a été décrit dans notre demande de brevet du 23 décembre dernier. La description sommaire que nous allons en donner différe de la précédente en un point essentiel: au papier stéariné, nous avons substitué tout récemment le papier végétal enduit de gomme laque. Quant aux mixtions combinées, propres aux reproductions d'après nature, c'est là une question spéciale sur laquelle nous pourrons fournir plus tard des indications.
» Les personnes qui s'occupent des procédés au charbon savent qu'il est aisé d'obtenir, sur tel support déterminé, des teintes monochromes ou des reproductions monochromes quelconques de toutes couleurs.
« La palette de la photographie au charbon est d'ailleurs fort riche, et il est possible, avec toutes les poudres colorées que n'altèrent pas les sels de chrome, d'obtenir les couleurs les plus chaudes et les plus variées. Nous le démontrons par des tableaux polychromiques où nous réunissons toutes les nuances, en nombre infini, qui résultent de la combinaison entre elles de mixtions colorées, sensibilisées au bichromate de potasse, et traitées comme le sont les épreuves au charbon les plus soignées. Ces teintes monochromes, obtenues sur des supports provisoires, peuvent, si on le veut, être fixées, soit séparément, soit à côté l'une de l'autre. On peut encore les superposer; c'est simplement une sorte de décalcomanie.
« Prenons maintenant l'opération dès le début, pour la suivre jusqu'à la fin.
» Clichés. - Les clichés polychromiques peuvent être obtenus, soit par des moyens d'optique plus ou moins précis et analogues à celui décrit par M. Ducos du Hauron, soit en réservant sur chacun des clichés monochromes toutes les parties qui doivent contribuer, par une transparence plus ou moins grande, à la formation de ce monochrome.
« La réserve se fait sur un chevalet à retoucher les clichés, à l'aide d'une matière opaque, vermillon, noir de fumée, et presque en copiant la nature, comme le ferait un peintre exécutant un tableau, avec cette différence que tout le travail consiste ici à suivre des contours nettement tracés par la photographie et à barbouiller les surfaces à réserver, grossièrement et sans qu'il faille pour cela savoir peindre ou dessiner.
« Si l'on opère d'après nature, on n'a qu'à copier de la faqon que voici:veut-on produire le monochrome rouge, par exemple, on obture en réserve tout ce qui, dans la vue reproduite, ne contient ni rouge ni combinaison de rouge avec toute autre couleur, sans s'inquiéter des demi-teintes, sans faire autre chose que réserver ou noircir tout ce qui n'est ni rouge ni indépendant du rouge. Pour le cliché du monochrome bleu, on agit de même ; cela est tellement facile que, dès le premier essai, sans être le moins du monde habile, on arrive à produire un résultat déjà bien séduisant. On peut, d'ailleurs, après l'examen d'une première image polychrome, s'assurer si les clichés ont la valeur voulue; sinon, on les retouche suivant les indications fournies par cet essai, puis on imprime, à l'infini et sans préoccupation, autant de polychromies semblables que l'on en peut désirer.
« Ces clichés doivent être essayés, cela va sans dire, quant à leur temps de pose respectif et les coefficients photométriques de chacun indiqués sur la marge.
« Impression positive. - Chacun des clichés concourant à la formation d'une polychromie est imprimé sur une mixtion de couleur voulue, puis on développe sur un support provisoire, suivant le procédé de développement connu.
« Le support provisoire est, nous l'avons dit, du papier végétal plongé dans une solution de gomme blanche en poudre dans de l'alcool à saturation, à la température ordinaire.
« L'image y adhère parfaitement. Aucune bulle ne se produit, ce papier transparent permettant de voir l'air qui existerait, avant le développement, entre sa surface intérieure et celle de la mixtion; puis, cumme il présente une texture très-serrée et que l'enduit de gomme laque ferme les moindres pores, son imperméabilité est complète.
« L'image développée est alunée, lavée, puis couverte à sa surface d'une légère couche de gélatine et abandonnée à dessiccation.
« On remarquera que l’imperméabilité de ce papier rend impossible toute extension ou constriction, de telle sorte que tous les rnonochromes sont parfaitement identiques entre eux, ceux provenant, bien entendu, de clichés identiques.
« Montage de l'épreuve. - Quand on a imprimé une ou plusieurs séries polychromiques, il s'agit de monter ces monochromes, de former, en un mot, les images polychromiques. Pour cela faire, on prend le monochrome qui doit être le premier posé sur le support définitif, papier, carton, ivoire, métal, etc.; on met le monochrome et le support dans de l'eau pure et bien filtrée, et on les sort juxtaposés, dès que les surfaces extensibles sont bien planes; on les amène à coïncider exactement, puis on enlève par une pression légére, entre du buvard, l'excès d'humidité, et on laisse sécher à l'air libre.
« Quand tout est sec, on immerge dans de l'alcool ordinaire, et, après quelques moments, l'alcool a ramolli la gomme laque du support provisoire, lequel se détache aisément, laissant le monochrome sur le support définitif. On peut mener de front un nombre illimité de monochromes et en immerger une masse dans l'alcool.
» Dés que le premier monochrome est fixé, on passe au deuxième, puis au troisième monochrome, et l'on obtient le résultat final, s'il ne faut que trois couleurs combinées. On agit de même jusqu'a la fin, s'il en faut un plus grand nombre.
« Le support provisoire étant transparent, on voil facilement, même sur un corps opaque, si les divers points des monochromes qui doivent se juxtaposer coïncident bien ensemble.
« La stéarine, d'abord indiquée, n'était pas aisément enlevée, et la moindre présence de ce corps gras entre deux pellicules en amenait le détachement, et l'image risquait de s'exfolier. Aujourd'hui, cela n'est point à redouter, et d'ailleurs le papier végétal offre l'avantage remarquable d'être a la fois transparent et inextensible, et il permet de, multiplier à l'infini, avec ou sans repères, les applications de ce procédé polychromique sur papier ou sur corps opaque. »
sexta-feira, 27 de março de 2009
1875, 25 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
25 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXXX
Nº. 4
Pag. 238, 239, 240, 241
CHIMIE APPLIQUÉE. - De la flamme du soufre et des diverses lumières utilisables en photographie. Note de MM. Alf. Riche et Ch.Bardy, présentée par M. Peligof.
(Commissaires: MM. Peligot, Fizeau, Edm. Becquerel.)
MM. Delachanal et Mermet ont pblié dans les Comptes rendus (1) ([i]) une Note très-intéressante, dans laquelle ils donnent la description d'une lampe à sulfure de carbone et à bioxyde d'azote, qui produit d'une manière continue une lumière très-photogénique, qu'on n'avait obtenue jusqu'à ce jour que d'une façon intermittente et pendant quelques instants. Elle consiste essentiellement en un flacon de verre renfermant du sulfure de carbone, dans lequel on dirige un courant de bioxyde d'azote, et en un tube métallique, rempli de paille de fer pour éviter les explosions, tube à l'extrémité duque1 on enflamme le mélange.
« Cette question présente un grand intérêt, parce que l'agrandissement des épreuves photographiques s'opère fréquemment au moyen des lumières artificielles, que c'est seulement à leur aide qu'on peut reproduire des scènes de nuit, des localités obscures, et qu'il est des pays, encore moins favorisés du soleil que le nôtre, où, pendant me grande partie de l'année, la lumière naturelle est insuffisante; aussi comprend-on que cette publication ait été traduite immédiatement dans plusieurs recueils anglais. Elle a été suivie de critiques dans lesquelles on prémunit les opérateurs contre les dangers d'explosion que présente cet appareil.
« Ces considérations, dont nous avions été frappés nous-mêmes, nous ont donné la pensée d'examiner ce sujet à nouveau, de chercher les moyens de parer à ces dangers, soit en modifiant la manière d'opérer, soit en supprimant l'emploi du sulfure de carbone, et de comparer entre elles les diverses flammes qui, par leur éclat ou par leur nature, impressionnent les sels d'argent.
« 1. Nous sommes partis de cette idée toute naturelle que la flamme au sulfure de carbone et au bioxyde ne doit pas sa puissance photogénique au charbon qui brûle avec une flamme blanc jaunâtre, mais au soufre, dont la lumière de combustion est d'un bleu très-pur. Pour réaliser cette idée, nous avons fondu du soufre dans un têt en terre de 5 centimètres de diamètre et, quand il a été embrasé, nous avons dirigé sur le bain un jet, aussi verticalque possible, d'oxygène contenu dans un gazomètre, au moyen d'un tube à gaz légèrement effilé : nous avons produit ainsi une flamme bleue continue qui a vivement impressionné le bromure d'argent, comme on le verra dans le tableau qui contient nos résultats comparés.
« Si l'on chauffe dans un têt du nitrate de potasse à la température à laquelle il commence à se décomposer, et qu'on y projette des fragments de soufre, la lumière est très-éclatante, mais blanche et douée d'une activité photogénique moindre que la précédente.
« II. Nous avons substitué, dans une seconde expérience, le sulfure de carbone au soufre en dardant le jet d'oxygène sur le sulfure allumé dans le tét. Ce liquide entre en caléfaction et brûle sans explosion avec une lumière bleue, analogue à la précédente.
« III. Nous avons remplacé, dans un troisième essai, l'oxygéne par le bioxyde d'azote. L'opération était disposée comme les deux premières; le gaz était dans le gazomètre où nous avions auparavant l'oxygène; le tube abducteur et le têt étaient les mèmes. La lumière obtenue a la même apparence que les précédentes, mais nous verrons plus loin que sa puissance photogénique est moindre.
« Il est clair qu'il n'y a pas d'explosion à redouter quand on opère de cette manière avec le sulfure de carbone, parce que les corps réagissants ne sont pas enfermés dans un appareil, et que le jet d'oxygène ou de bioxyde d'azote rencontre le sulfure à la surface d'un bain largement étalé à l'air.
« On comprend toute l'importance da la substitution de l'oxygène au bioxyde d'azote, soit parce que ce gaz est plus facile à préparer et plus économique, soit parce qu'il ne donne pas de vapeurs dangereuses à respirer.
« IV. Nous nous sommes proposé ensuite de comparer, autant que possible, les lumières précédentes, obtenues sans risque d'explosion, avec la lumière donnée par un courant d'oxygène ou de bioxyde d'azote sur du sulfure de carbone enfermé dans un vase.
« Le gaz, après avoir traversé un flacon rempli de pierre ponce imprégnée de sulfure de carbone, passait à travers un long tube en verre contenant de la paille de fer, puis il était allumé à l'extrémité d'un tube métallique d'un calibre plus fort que le tube des expériences précédentes par lequel on dardait l'oxygène ou le bioxyde.
« Nous avions pris, avec l'oxygène, la précaution d'entourer le flacon et le tube avec des tapis, précaution qui ne fut pas inutile, car dès qu'on approcha le feu la flamme rétrograda dans l'appareil, qui vola en éclats, et le sulfure de carbone prit feu.
« L'expérience réussit parfaitement avec le bioxyde d'azote et le sulfure de carbone, et le bromure d'argent fut vivement impressionné, mais avec une intensité moindre que dans l’expérience de combustion du soufre par l'oxygène (expérience 1). Toutefois nous ferons remarquer que cette expérience n'est pas comparable aux précédentes comme celles-ci le sont entre elles, parce que la forme des flammes est différente et que le débit du mélange gazeux a pu être entravé par la paille de fer et par la pierre ponce, effet que nous avions voulu contre-balancer en augmentant le calibre du tube de dégagement.
« Nous avons enfin comparé les flammes au soufre et au sulfure de carbone avec la lumière oxyhydrique obtenue en carburant le gaz de l'éclairage avec du pétrole léger, avec la lumière Drummond, celle du magnésium, et la lumière que donne le zinc fortement chauffé dans un jet d'oxygène.
« Pour apprécier l'activité chimique de ces lumiéres, nous avons exposé à leur action, dans des conditions identiques, les excellentes glaces sèches au bromure d'argent fabriquées par M. Stebbing, qui a bien voulu préparer pour nous une grande glace qu'il a découpée en lamelles de 2 centimètres de largeur sur 10 centimètres de longneur.
» Les expériences définitives, dont le tableau suivant résume les résultats, ont été faites toutes le même soir. Les plaques sensibles étaient à 50 centimètres de la source de lumière, et l'exposition durait soixante secondes que l'on mesurait avec un chronomètre.
« Les plaques sensibles étaient enfermées dans un châssis, sous un écran formé de dix feuilles de papier ciré superposées, de 2 centimètres de large et de longueur variable. L'une avait 10 centimètres, et, par conséquent, elle recouvrait exactement la plaque sensible; la deuxième en avait 9, la troisième 8, et ainsi de suite, de telle sorte que la dixième feuille n'avait que 1 centimètre de longueur. Ces feuilles étaient serrées entre une lame de verre d'un côté, et une lame de corne de l'autre; celle-ci portait en noir les chiffres de 1 à 10, disposés à égale distance, de façon que le chiffre 1 fût sous la partie correspondant à une seule feuille, et le chiffre 10 sous la partie correspondant aux dix feuilles superposées.
« On obtient ainsi un écran dont l'opacité est proportionnelle au nombre de feuilles superposées et se trouve indiquée par les chiffres, Si, par exemple, on n'aperçoit, après une expérience, que les chiffres 1 et 2, et que dans une autre on voie les chiffres 1 , 2, 3, 4, 5, on en conclut que la puissance photogénique de la seconde lumière est à celle de la première comme 5 est à 2.
» Toutes les plaques ont été développées ensemble; chaque essai a été exécuté en double. Le tableau suivant résume les principaux résultats :
Nature de la lumière.........................................................................Chiffres visibles
Essai nº 1: Lumière oxyhydriqiue …………….…………...........................…1
Essai nº 2:Lumière oxyhydriqiue ……………………….............................…1
Essai nº 1:Lumière Drummond………..................................................…...3
Essai nº 2:Lumière Drummond ……………………..................................…..3
Essai nº 1:Zinc brûlant dans l'oxygène …………………...…….....................«
Essai nº 2:Zinc brûlant dans l'oxygène …………............................………..4
Essai nº 1:Lampe à magnésium ……………………………......................…….5
Essai nº 1:Courant de bioxyde d'azote dans un flacon contenant du sulfure de carbone …6
Essai nº 2:Courant de bioxyde d'azote dans un flacon contenant du sulfure de carbone …6
Essai nº 1:Jet de bioxyde d'azote sur un têt contenant du sulfure de carbone…………........6
Essai nº 2:Jet de bioxyde d'azote sur un têt contenant du sulfure de carbone……….....…...7
Essai nº 1:Jet d'oxygène sur on têt contenant du sulfure de carbone ...................................7
Essai nº 2:Jet d'oxygène sur on têt contenant du sulfure de carbone ...................................7
Essai nº 1:Jet d'oxygène sur un têt contenant du soufre …....................8
Essai nº 2:Jet d'oxygène sur un têt contenant du soufre …………….......8
» En conséquence, c'est la lumière obtenue par l'action de l'oxygène sur le soufre qui nous a paru douée de la plus grande activité sur le bromure d'argent, et nous n'hésitons pas à en recommander l'essai dans la pratique. Elle n'offre aucun danger d'explosion. Elle est peu dispendieuse, car elle n'exige qu'un têt en terre ou l'on allume du soufre, et un sac rempli d'oxygène, gaz que chacun peut fabriquer aisément chez soi et qui se trouve aujourd'hui dans le conlmerce.
» On augmentera à volonté la surface de combustion en rernplaçant le petit têt dont nous avons fait usage par un vase allongé dans lequel on lancera de l'oxygène par plusieurs becs pris sur un même tube de métal.
» Ce procédé présente un inconvénient commun à toutes les méthodes au sulfure de carbone: c'est l'odeur suffocante du gaz sulfureux. Cet inconvénient s'évite facilement dans un laboratoire où l’on se place sous la hotte d'une cheminée; il n'est pas a craindre dans les localités spacieuses, mais il faut compter avec lui dans un appartement ordinaire. On y remédiera en disposant au-dessus du vase un large entonnoir communiquant avec une cheminée par un tuyau dans lequel ou détermine un appel par une lampe ou un bec de gaz placé dessous un tube latéral, ou mieux en opérant la combustion dans une cage vitrée mise en communication avec une cheminée. »
([i]) (1) Tome LXXIX, page 1078.
1876, 3 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
3 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 1
Pag. 11
PHYSIQUE – Note relative à une Commission de M. Cros sur la reproduction photographique des couleurs ; par M. Edm. Becquerel.
« Dans les Comptes rendus de la dernière séance de l’Académie, se trouve une Note de M. Cros sur la reproduction photographique des couleurs des objets. Or, la méthode indiquée et déjà connue, et qui consiste à faire plusieurs clichés photographiques négatifs d’un même objet par les procédés ordinaires au moyen du collodion sensible, puis à superposer des positifs donnés par ces clichés, sur une même feuille de papier, en opérant ce tirage à l’aide de la gélatine bichromatée à laquelle on incorpore différentes matières colorantes, ne donne qu’une épreuve polychrome dont les teintes dépendent du choix des matières colorantes employées.
« Les clichés négatifs qui sont obtenus par l’interposition de verres diversement colorés entre l’objet dont on veut reproduire l’image et l’appareil photographique ne conservent aucune trace des couleurs des rayons actifs; ils ne donnent qu’une transparence plus ou moins grande d’une même couche de collodion refermant plus ou moins d’argent réduit; les images positives, teintées au gré des opérateurs, ne sauraient donc reproduire, par ce moyen, les couleurs naturelles de l’objet, mais donnent des nuances de fantaisie. Les conclusions de l’auteur, en ce qui concerne la reproduction des couleurs naturelles par cette méthode photographique, sont donc inexactes (1) ([i]). »
([i]) Voir, pour l’étude de cette question, Edm. Becquerel, La lumière, ses causes et ses effets, t. II, p. 209 (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXII, p. 451 ; t. XXV, p. 447, et t. XLII, p. 81).
1876, 10 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
10 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 2
Pag. 135
M. Ch. Cros adresse une nouvelle Note concernant son procédé pour la reproduction des couleurs naturelles par la photographie.
(Renvoi à l’examen de M. Edm. Becquerel.)
1876, 24 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
24 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 4
Pag. 291, 292
PHYSIQUE. - Note sur la photographie des couleurs; par M. Ch. Cros.
(Extrait.)
« M. Edm. Becquerel me fait l'honneur de critiquer ma méthode de
photographie des couleurs; qu'il me soit donc permis de fournir les explications qui suivent …
(Après avoir décrit de nouveau sa méthode, M. Cros ajoute :)
« Il est clair que les trois clichés, obtenus à travers ces trois verres, ne conservent aucune teinte des rayons qui les ont frappés, mais bien une image plus ou moins transparente, formée d'argent réduit. Les transpa- rences variant à chaque cliché déterminent les quantités respectives de couleurs types que contient chaque point du tableau.
» Pour les rayons peu actiniques, on sensibilise le collodion par des
teintures complémentaires des rayons qui le frappent. Pour les rayons
orangés, la chlorophylle, indiquée par M. Edm. Becquerel, convient parfaitement à cause de la substance bleue qu'elle renferme.
« Les tirages positifs, réalisés dans les trois couleurs types déterminées comme il est dit plus haut, ne sont donc pas faits au gré des opérateurs et ne peuvent donner des teintes de fantaisie. On ne saurait concevoir rien de plus naturel que ces teintes analytiquement fixées par le regard humain et recombinées par lui. L'œil est le seul instrument connu des physiciens pour apprécier les couleurs. »
M. Edm. Becquerel fait observer que la Communication précédente de M. Cros laisse entière la principale remarque qu'il avait faite antérieurement, lors de la présentation de sa première Note (1) ([i]). Cette remarque consiste en ce que ce procédé ne reproduit pas les couleurs naturelles desimages photographiques; que les teintes arbitraires qu'il donne aux épreuves positives, à l'aide de matières colorantes diverses, et au moyen des mêmes clichés, peuvent être variées à volonté; en un mot, que ce procédé de tirage photographique polychrome ne permet pas de peindre avec la lumière. »
([i]) (1) Voir Comptes rendus, séance du 3 juillet 1876,t. LXXIII, p. 11.
1876, 6 de Novembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
6 de Novembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 19
Pag. 853
M. D. Scotellari adresse une Note relatuve aux résultats produits par l’éclairage des ateliers de pose de photographie, par la lumière violette.
« La lumière violette opère plus rapidement que la lumière blanche ou bleue, ce qui diminue à peu près de moitié la durée de la pose; par suite de l’homogénéité de la teinte projetée sur le visage, les clichés étant mieux réussis, il devient peu nécessaire de les retoucher. Au point de vue de la fidélité des portraits, certaines personnes, très-impressionnables à la lumière ordinaire, ne l’étant plus sous l’influence exclusive des rayons violets, la ressemblance obtenue est parfaite, le visage est plus calme. Sous le rapport artistique, les photographies faites sous les rayons exclusivement violets sont bien mieux modelées, mieux détaillées dans les parties éclairées, mieux fouillées dans les parties ombrées, de telle sorte que les portraits ressortent avec un cachet de fini remarquable. »
( Renvoi à l’examen de M. Edm. Becquerel.)
quarta-feira, 25 de março de 2009
1879, 24 de Fevereiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
24 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXXXVIII
Nº. 8
Pag. 379, 380, 381, 382
PHYSIQUE. De l'action des différentes lumières colorées sur une couche de bromure d'argent imprégnéedle diverses matières colorantes organiques. Note de M. Ch. Cros, présentée, par M. Desains.
« Je m'occupe depuis longtemps de chercher des couches photographiques sensibles aux rayons de toutes couleurs, surtout aux rayons orangés, verts et violets. Pour obtenir ces différents rayons, j’ai employé des cuves transparentes pleines de solutions salines colorées, qui tamisent la lumière composée. Quant à la méthode de préparation des couches, je la communique pour la première fois à l'Académie.
« La couche est constituée par un collodion contenant 3 pour 100 de bromure de cadmium, et on la plonge dans un bain de 100 parties d'eau et de 20 de nitrate d'argent. On lave soigneusement la couche, et, pour détruire les dernières traces de nitrate d'argent, on la fait tremper dans une solution de bromure de potassium (eau, 100; bromure, 3). On lave encore, de manière à enlever tout ce dernier sel. A cet état, la couche, qui ne contient plus aucun sel soluble, peut être imprégnée des substances organiques les plus délicates, sans que, à l'abri de la lumière, il se passe de réaction perturbatrice.
» Les substances colorantes que j'ai essayées sont des teintures alcooliques ou aqueuses. Elles ont été choisies parmi les plus instables, les plus mauvais teint.
« Les teintures alcooliques sont versées sur la couche préparée comme je viens de dire. On attend quelques instants en faisant courir le liquide sur la plaque, afin de donner le temps à la matière colorante de s'attacher à la couche; puis on lave à l'eau pour enlever l'alcool. Ce résultat est atteint quand la plaque ne graisse plus.
» Les teintures aqueuses, versées de même, n'exigent pas de lavage subséquent; on met à poser sans autre opération.
« Dans les deux cas, les résultats les plus remarquables ont été obtenus avec des substances qui teignent l'espèce de feutre produit par le collodion.
» Enfin, on développe l'image par toute espèce de procédé applicable au collodion sec, ou bien on immerge la plaque impressionnée dans un bain de nitrate d'argent à 7 pour 100 et l'on développe au fer.
» Voici les substances qui ont été essayées:
« 1º La teinture alcoolique de chlorophylle (obtenue des feuilles de lierre, de fusain, de fougère, de chou, etc.);
« 2º La teinture de fruits de cassis dans l'eau-de-vie;
« 3º La teinture de mauve (fleurs) dans l'eau froide, l’eau chaude détruisant la matière colorante;
« 4º La teinture alcoolique de carthamine;
« 5º La teinture alcoolique de curcuma;
« 6º L'hémoglobine, ou teinture aqueuse de caillots de sang de boeuf.
» A travers une cuve contenant une solution orangée de chlorure de cobalt additionné de bichromate de potasse, solution qui arrête les rayons bleus et ne laisse passer que la lumière orangée, on obtient une image avec des plaques soit chlorophyllées, soit teintes au cassis, soit teintes à la mauve, soit enfin teintes au curcuma.
« Si le modèle consiste en trois bouteilles contenant des liquides jaune, rouge et bleu, l'épreuve positive ainsi obtenue donnera, pour les liquides jaune et rouge, l'apparence de l'eau pure; pour le liquide bleu, l'apparence d'un liquide noir.
» A travers une cuve contenant une dissolution verte (nitrate de nickel à saturation), la carthamine, l'hémoglobine et le curcuma ont donné des images où le liquide rouge (dans le positif) paraissait noir et les liquides jaune et bleu restaient incolores. Cet effet résulte de ce que la dissolution de nickel arrête les rayons rouges.
« A travers une cuve pleine d'une solution bleu violet de sulfate de cuivre ammoniacal, dissolution qui arrête les rayons jaunes, le curcuma a été seul essayé, et il a donné de très-belles images positives où le liquide jaune seul paraissait noir, tandis que les liquides rouge et bleu avaient l'apparence incolore.
« Toutes ces expériences ont élé faites avec des couches photographiques au bromure d'argent pur. Je dois ajouter que j'ai fait, il y a quelques années, des expériences analogues avec l'iodure d'argent, également lavé, et que ce dernier composé s'est comporté d'une manière tout à fait comparable au bromure.
» Après avoir pris connaissance des résultats précédents, M. Desains m'a engagé à étudier au point de vue spectroscopique les substances cidessus mentionnées.
« En opérant alors ensemble, nous avons reconnu que, sur des plaques sensibilisées avec la teinture de mauve ou celle de cassis, le spectre direct de la lampe Drummond est inactif dans tout le vert moyen, tandis que les extrémités rouge et violette sont très-actives. Avec la carthamine, c'est, au contraire, cette partie moyenne qui est le plus active. Avec la chlorophylle, l'action se continue dans toute l'étendue du spectre visible et même un peu au delà; mais elle présente plusieurs maxima et minima nettement appréciables
(1) ([i]). «
« M. Edm. Becquerel fait retnarquer, à l'occasion de la Note de M. Cros, que l'on a déjà reconnu que, en incorporant au collodion bromuré ou ioduré différentes matières colorantes, l'étendue de la zone impressionnée dans le spectre lumineux est changée, et que la surface sensible peut devenir immédiatement impressionnable à l'action des rayons rouges, jauncs ou verts, suivant la nature de la matière colorante. Je citerai, dit-il, à cet égard, les expériences entreprises par M. Vogel (2) ([ii]) avec la coralline, le vert d'aniline, etc., et mes propres recherches faites avec la chlorophylle (3) ([iii]).
« Cette dernière substance, incorporée au collodion bromuré et même ioduré, m'a donné une impression photographique de la partie la moins réfrangible du spectre solaire depuis l'extrémité A du rouge, avec cette particularité remarquable, indiquée dans le Mémoire présenté il y a quatre ans à l'Académie, d'avoir quatre maxima d'action dans le rouge, l'orangé et le vert, correspondant aux quatre bandes d'absorption qu'une dissolution de chlorophylle fait apparaître quand on l'interpose sur la route d'un faisceau de rayons solaires analysé a l'aide d'un spectroscope.
» Je me suis attaché particulièrement, il y a plusieurs années, à l'étude des effets donnés par la chlorophylle en présence du bromure d'argent, car cette coïncidence exacte des bandes actives du spectre sur la substance impressionnable colorée par la chlorophylle et des bandes d'absorption que produit celle-ci semble montrer que la matière colorante adhérant au composé sensible, bien qu'en couche très-mince, l'enveloppe fait pour ainsi dire corps avec lui et lui transmet l'action spéciale qu'elle exerce sur la lumière; le composé sensible semble donc acquérir les propriétés absorbantes de la matière colorante fixée sur lui, fait importaat dont j'ai montré les conséquences dans différentes circonstances.
« D'un autre côté, ces effets permettent d'obtenir des images du spectre solaire avec ses raies les plus fines, depuis le rouge jusqu'au delà du violet, mais on ne dépasse guère l'extrémité du rouge visible. J'ai fait voir (1) ([iv]) comment, en se servant de diverses surfaces impressionnables, on pouvait dépasser un peu cette limite; mais les effets de phosphorescence (2) ([v]) donnent les moyens de s'étendre plus loin dans la partie infra-rouge et de fixer la position de plusieurs raies et bandes dans cette région. »
([i]) (l) Touchant l'action de la chlorophylle, voir le Mémoire de M. Edm. Becquerel (Comptes rendus, t. LXXIX, p. 185).
([ii]) (2) Bulletin de la Société française de Photographie, t . XX, p. 42. – Bulletin de la Société chimique de Berlin, 7e année, p. 344.
([iii]) (3) Comptes rendus des séances de 1'Académie des Sciences, t .LXXIX, p.185; 1874. - Bulletin de la Société française de Photographie, t. XX, p. 233.
([iv]) (1) Comptes rendus, t. LXXVII, p. 304; 1873. – E. Becquerel, La Lumière, t. II, p. 88.
([v]) (2) Comptes rendus, t. LXXXIII, p. 249; 1876
terça-feira, 24 de março de 2009
1881, 27 de Junho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
27 de Junho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. .XCII
Nº. 26
Pag. 1504, 1505
OPTIQUE. - Photographie des couleurs, par teinture de couches d’albumine coagulée. Note de MM. Ch. Cros et J. Carpentier, présentée par M. Desains.
« Nous avons l’honneur de présenter a l'Académie deux épreuves photographiques d'une aquarelle, en y joignant l'original, afin qu'il soit facile de constater la reproduction exacte des détails et des couleurs, malgré l'excès du sel de chrome, qui verdit un peu le fond des épreuves.
» Ces images sont obtenues au moyen de trois clichés d'après le même objet: clichés faits respectivement à travers un écran liquide orangé, un écran vert, un écran violet. Les opacités et les transparences, variant d'un cliché à l'autre, dans les parties homologues de l'image, servent à distribuer les quantités relatives de pigment rouge, jaune, bleu, composant les teintes variées du modèle.
« Les épreuves sont constituées, sur la glace support, par trois couches de collodion albuminé. On prépare ces couches en versant d'abord sur la glace du collodion contenant 2 ou 3 parties pour 100 de bromure de cadmium. On immerge ensuite la glace dans un bain d'albumine, fait de dix ou douze blancs d'œufs pour 1lit d'eau.
« L'albumine se coagule dans la trame du collodion par l'action de l'alcool et du bromure de cadmium. On a ainsi constitué une couche très régulière d'une trame assimilable à celle du coton animalisé des teinturiers. Cette couche est imbibée de bichromate d'ammoniaque, puis séchée à l'étuve. Alors on applique sur la plaque ainsi sensibilisée un positif par transparence, et l'on expose pendant quelques minutes à la lumiére diffuse. La plaque est lavée ensuite et plongée dans un bain colorant.
« Sous l'action de la lumière, le bichromate a fait subir à l'albumine, déjà coagulée, une seconde contraction, telle qu'elle ne se laisse plus imbiber ni teindre par les pigments appropriés. Mais, dans les parties protégées par les opacités du positif, la matière colorante pénètre et se fixe.
« Il est donc facile d'obtenir par ce moyen des images photographiques en toute espèce de couleurs. Ces images, produites sur glace, sont invariables dans leurs dimensions. Il suffit donc, pour nos tirages colorés, de répéter trois fois les opérations sur une même glace, en employant: 1º pour l'image obtenue à travers l'écran vert, un bain colorant rouge; 2º pour l'image de l'écran orangé, un bain de bleu; 3º enfin pour l'image de l'écran violet, un bain de jaune.
« Les mêmes écrans, les mêmes pigments servent à reproduire tous les sujets polychromes proposés. Nous sommes arrivés à établir, une fois pour toutes, les compositions des liquides tamiseurs et celles des bains colorants. Nous éclairons, pour cela, par une lumière électrique constante, un modèle trichrome invariable composé avec trois flacons remplis, l'un d'une solution saturée de chlorure de cobalt, le deuxième d'une solution saturée de chromate de potassium, le troisième d'une solution saturée de sulfate de cuivre.
« La lumière électrique nous donne encore deux éléments de précision. D’abord, dans 1'obtention des clichés, les écrans sont placés devant les lampes, en sorte que l'objet, éclairé d'une lumière monochrome, est photographié avec un appareil ordinaire, sans l'interposition d'un milieu coloré qui arrête et diffuse un peu de lumière. Ensuite, lors des tirages, les temps de pose sont établis avec rigueur et inscrits sur chaque positif. Les tirages se font ainsi égaux par tous les temps et dans un local quelconque. »
M. Ed. Becquerel fait observer, à l'occasion de la Communication de MM. Cros et Carpentier, qu'il ne s'agit pas, comme son titre semblerait l'indiquer, de la reproduction photographique immédiate des images avec les couleurs naturelles des corps, mais bien d'un tirage polychrome par voie d'impression photographique, dans lequel les teintes des images peuvent varier à volonté avec les nuances des matières colorantes employées et ne sont pas liées d'une manière nécessaire avec les couleurs des rayons actifs.