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terça-feira, 21 de abril de 2009

1862, 6 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 6 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 1
Pag. 43
*
M. Vernier adresse, de Belfort, des épreuves photographiques représentant dans six de ses phases l’éclipse partielle du 31 décembre dernier.

« Ces épreuves, qui ont été prises par un temps clair, offrent, dit M. Vernier, ceci de remarquable, que les deux dernières, les Nº. 5 et 6, ne présentent aucune trace d’auréole. L’image du Soleil se dessine nette et pure sur un ciel noir, tandis que les quatre premières sont entourées d’une auréole semblable à celles du 18 juillet 1860, mais cependant moins visible. Cette particularité ne s’explique qu’en raison de l’intensité de la lumière solaire, d’après l’exposition du uégatif. En effet, toutes les épreuves ont bien été prises en une petite fraction de seconde; mais à mesure que le Soleil descend à l’horizon, il perd de son éclat, ou, si je puis m’exprimer ainsi, de sa puissance photogénique. Il résulte de ce fait que, si j’avais prolongé le temps d’exposition au châssis négatif de quelques millièmes de seconde pour les dernières épreuves, j’aurais obtenu l’auréole tout aussi bien que sur les premières.
» Ainsi je conclus de ce qui précède que l’auréole qui entoure ou qui enveloppe l’astre solaire appartient exclusivement à l’atmosphère terrestre, car, malgré la sérénité du ciel, qui m’a été favorable dans mes expériences, en cette saison l’air est toujours chargé de vapeurs qui reflètent ou produisent un certain éclat ou un rayonnement de lumière plus ou moins étendu autour du corps lumineux qui les traverse ou qui les avoisine. »
Les images et la Note dont nous venons de donner l’extrait sont renvoyées, comme l’avait été une communication précédente de l’auteur sur l’éclipse du 18 juillet 1860, à l’examen de M. Babinet. »

1862, 20 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 20 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 3
Pag. 159
*
M. Vernier, qui avit précédemment adressé de Belfort des éreves phtographiques de l’éclpse partielle duSoeil du 31 décembre 1861, envoie aujourd’hui deux négatifs qui ont servi à ces épreuves et qui présentent plus distinctement que celles-ci certains tat qui peuvent, suppoe l’observteur, servir à éclaircir quelques points restés obscurs touchant la constitution physique du Soleil.

Cette nouvelle communication est renvoyée, comme l’avait été la précédente, à l’examen de M. Babinet.

1862, 1 de Fevereiro - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Fevereiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
123º Livraison
Pags. 65, 66, 67, 68
*
REVUE PHOTOGRAPHIQUE
SOMMAIRE : Objectif et matériel panoramique de M. Sutton. - Des agrandissements, par M. Chevalier. - L'Exposition de M. Disderi. - Obturateur instantané. - Appareil pour obtenir des épreuves phénakisticopiques. - Théorie de l'image photographique. - Photographie à la lumière de la lune. – Modification an procédé Russell, par M. Tourre. - Collodion sec lavé simplement. - Photographie en ballon. Fonds photographiques.
En Angleterre peu de chose; en France rien! tel est le bilan des grands travaux photographiques pendant les derniers jours de l'année 1861 et le premier mois de 1862. Et cependant, malgré cette disette, nous ne saurions noircir de nouvelles photographiques moins de quatre des grandes pages de ce recueil. C'est, qu'en effet, si notre art restc quelques instants sans faire parler de lui par quelque découverte éclatante, le chroniqueur doit en profiter bien vite pour faire défiler sous les ycux de son lecteur les nombreux travaux que voit naître chaque jour, et qui, perdant toujours un peu de leur importance en présence de nouveautés éclatantes, la retrouvent bien vite, aussitôt qu'ils ne sont plus noyés dans la lumière trop puissante que répandent celles-ci. Entrons donc de suite en matière, et passons en revue lesfaits les plus remarquables qui sont parvenus à notre connaissance.
II nous a été donné de voir, il y a quelques jours, un appareil qui, né en Angleterre depuis trois ans environ, considéré comme une utopie, une impossibilité pratique dans les premiers jours, s'est peu à peu perfectionné, amélioré, de façon telle qu'il constitue aujourd'hui un système commode, simple et susceptible de devenir une application courante. Il s'agit de la lentille panoramique de M. Sutton. Son principe est celui-ci: l'objectif que les rayons lumineux traversent pour venir se peindre ensuite sur la glace sensible consiste non plus en l'assemblage de deux verres (crown-glass et flint-glass), de densilé différente, terminés par des courbes représentant des portions de sphère, mais en une sphère entière, évidée à l'intérieur et remplie d'eau. Les rayons de la sphère intérieure d'eau et de la sphère extérieure de flintglass sont calculés de telle sorte que le premier soit environ la moitié du second; grâce à cette disposition, l'ensemble est parfaitement achromatique, et l'image vient se former avec une grande netteté au foyer du système. Mais la disposition sphérique de celui-ci exagère naturellement les déformations que la faible courbure des objectifs ordinaires produit, d'une manière sensible déjà, sur les épreuves que nous sommes habitués à voir se peindre sur la glace dépolie. Aussi n'obtiendrait-on sur une surface plane comme ccllcs que comportent nos chambres ordinaires, qu'une image informc, et faut-il placer au foyer, au lieu de glaces planes, une glace sphérique concentrique à l'objectif lui-même. Lcs opérations sur une semblable surface seraient absolument inabordables; mais heureusement M. Sutton en a pu modifier la formc. Réfléchissant en effet que les premiers plans, comme le ciel, n'ont généralement pas besoin de se trouver absolument au point, il a remplacé la sphère dont l'emploi eût été impossiblc par une surface représentant une portion d'un cylindre vertical dont labase aurait le même centre que la lentille objective.
Les avantages du système de M. Sutton sont de premier ordre et faciles à apprécier. Dans les objectifs ordinaires, le champ de l'appareil est déterminé par la courbure du verre; plus celle-ci est prononcée, plus le premier est vaste. Mais la déformation croît proportionnellement à cette étendue; aussi les tendances qu'ont les opticiens à augmenter le champ des appareils par l'emploi de fortes courbures, se trouvent-elles bien vite arrêtées par ce grave inconvénient. Mais, dans le cas actuel, l'irnage étant reçue non plus sur une surface plane, mais sur une surface courbe concentrique à l'objectif, on peut, sans crainte aucune de déformation, profiter de la courbure entière de celui-ci. II en résulte que l'on peut au moyen de la lentille Sutton embrasser, comme l'annonce son auteur, un véritable panorama. Là où les lentilles ordinaircs les plus parfaites ne donneraient qu'un champ de 30º environ, la lentille panoramique reproduit nettement tous les objets que renferme un horizon de 120º, c'est-à-dire le tiers de la circonférence. Tel est l'immense avantage que possède sur les autres appareils la lentille panoramique de M. Sutton. Grâce à son emploi, rien ne sera plus facile dorénavant que d'obtenir d'un seul coup ces vastes panoramas que les Bisson, les Lorent, etc., n'avaient pu jusqu'ici exécuter qu'en plusieurs épreuves successives et d'un raccordement difficile. Au moyen du nouveau système on fera sur glace cylindrique une épreuve panoramique que l'on tirera sur papier pour l'agrandir ensuite par les moyens ordinaires, l'usage du papier ayant permis de transporter sur une surface plane l'image qui, jusqu'au dernier moment, était restée sur une surface courbe.
Il semble, sans doute, au premier abord, bien difficile d'accommoder cet appareil aux manipulations photographiques ordinaires, mais les craintes que l'on peut ressentir à ce sujet, ne sont point fondées. Gràce, en effet, à des recherches persévérantes, M. Sutton est parvenu à créer un matériel spécial dont l'adaptation à son système est des plus aisées. C'est ainsi qu'il a fait fabriquer des glaces cylindriques dont la courbure est parfaitement déterminée, des châssis négatifs cylindriques également, qui se placent, comme les châssis ordinaires, à l'extrémité de la chambre noire; et enfin des châssis positifs cylindriques aussi, contre lesquels on appuie la glace, puis une feuille de papicr positif qui, déroulée et traitée, au sortir du châssis, par les procédés habituels, reproduit en plan l'image parfaitement exacte de l'horizon embrassé par les 120º que comporte le champ de cet appareil exceptionnel.
- M. Arthur Chevalier vient de publier une brochure qui ne peut manquer d'intéresser le monde photographique; elle traite des agrandissaments, et c'est là plus que jamais une question à l'ordre du jour. Faire en présence du modèle, ou bien en campagne une toute petite épreuve d'une exécution facile, pour la transformer ensuite dans l'atelier, à son aise et loin des difficultés, en une image majestueuse et grandiose, tel est aujourd'hui le rêve de tout photographe un peu ambitieux. Cette question, du reste, a bien marché depuis quelques mois; M. Quinet a perdu les procès en contrefaçon qu'il avait intentés aux opticiens, la chambre solaire de Woodward est tombée dans le domaine public, et il ne reste plus guère que les appareils à lumière parallèle dont la construction soit encore protégée par des priviléges; aussi un grand nombre d'ateliers s'enrichissent-ils chaque jour de l'un ou l'autre des divers systèmes agrandissants que prônent les inventeurs.
L'exposition ouverte par M. Disderi dans les anciens salons du Jockey-Club vient, du reste, de contribuer, dans une mesure importante, à appelcr l'attention sur les résultats que peuvent fournir les agrandissements. Parmi les nombreux portraits grandis par M. Disderi, d'après les procédés que lui a cédés M.Wothly, il en est un grand nombre qui sont véritablement dignes du plus haut intérêt, el l'on ne peut s'empêcher de féliciter l'auteur du succés pratique qu'il a obtenu. Mais l'on ne ssurait s'empêcher aussi de trouver aussi un peu hardie l'idée de faire des œuvres d'un seul photographe une exploitation exclusive Il y a quelques mois, les photographes français et étrangers se réunissaient au Palais de l'Industrie; M. Disderi n'y figurait pas. Et cependant il est impossible que dans une semblable réunion ses œuvres n'aient pas été admises si elles avaient été présentées. Est-ce donc qu'il n'a pas voulu se mêler à la foule des photographes ordinaires et qu'il a préféré l'isolement? Nous aimons à croire qu'il n'en est rien, et que des circonstances indépendantes de sa volonté l'ont empêché de concourir avec ses confrères. Nous connaissons à Londres des photographes d'un haut mérite dont la fashion anglaise recherche les œuvres remarquables, et parmi lesquels il nous suffira de citer MM. Claudet et Silvy, et cependant ces grands artistes ne dédaignent pas de prcndre part aux expositions générales.
- Puisque nous venons de parler d'appareils photographiques, citons deux nouveautés qui, nous le craignons bien pour elles, resteront longtemps nouvelles et vieilles tout à la fois. C'est d'abord une chambre à obturateur dite instantanée, construite par M. Jamin, l'opticien habile que tous les photographes connaissent. Au contact de la planchette de la chambre noire, derrière l'objectif, est placée une tablette en métal percée d'un orifice circulaire; un contre-poids, qu'une cordelette et deux poulies relient à cette tablette, suffit à la faire remonter aussitôt qu'il se trouve abandonné à la chute libre. Dans sa course ascendante, la tablette présente d'abord une partie pleine, puis l'orifice circulaire, et enfin une nouvelle, partie pleine. Il y a dans cette disposition une bonne idée, c'est de laisser la partie correspondante au ciel, moins longtemps découverte que celle qui correspond au sol, et d'éviter de cette façon la solarisation habituelle des ciels obtenus dans les vues instantanées. Mais, par contre, la course du contre-poids est beaucoup trop courte et par suite le passage de la partie ouverte devant l'objectif est loin d'ètre instantané. Dans les appareils de petites dimensions, comme celui qu’à construit M. Jamin, et comme tous ceux destinés à opérer en campagne, ce n'est pas au moyen de la chute des corps, mais au moyen de ressorts que l'on peut obtenir la fermeture instantanée des appareils photographiques. Nous citerons comme exemple de système de ce genre le petit appareil construit et employé avec tant de succès dans les Indes par M. le major Gordon, dont tous les photographes connaissent les belles épreuves.
- L'autre nouveauté nous a paru d'une originalité sans pareille, mais d'un emploi bien difficile; son but est de produire en une seconde douze épreuves successives d'une personne exécutant un mouvement, de telle sorte que le mouvement commençant à la première épreuve se trouve terminé à la dernière. Introduites ensuite dans un phénakisticope ordinaire, ces épreuves doivent reproduire le mouvement dans son entier et fournir par suite l'expression de la vie la plus complète que l'on ait réalisée jusqu'ici. L'appareil se compose d'une chambre noire munie en avant de deux objectifs stéréoscopiques ordinaires; à l'intérieur cst placé verticalement un tambour dont l'axe est horizontal et parallèle au plan des objectifs. En tournant autour de son axe, ce tambour amène successivement et par un mouvement rapide en avant des objectifs, douze glaces collodionées nitratées qui sont disposées sur sa surface latérale comme autant de pans coupés. Un obturateur intérieur découvre instantanément chaque plaque ao moment de son passage devant les objectifs, et les douze épreuves sont ensuite développées par les moyens ordinaires. Une danseuse exécutant un pas, des collégiens jouant à saute-mouton, un ouvrier sciant du bois, peuvent être saisis de cette façon, et les épreuves ainsi obtenues doivent théoriquement, si elles sont réussies, reproduire dans le phénakisticope le mouvernent avec toute son animation. Mais si l'appareil est construit, sa manipulation est encore à l'état théorique: aucune des épreuves qu'il doit fournir et qu'un photographe jovial appelait photostéréophénakisticopiques n'a encore été montrée en public, et nous craignons bien, tout en désirant que notre craintc ne se réalise pas, nous craignons bien que leur exécution soit presque impossible, et ne se fasse attendre indéfiniment.
- Parlons un peu maintenant des théories, des procédés et des travaux photographiqnes. M. Malone vient de publier, en Angleterre, une étude chimique fort appréciée sur la composition de l'image photographique. Suivant lui, celle-ci est uniquement formée d'or et d'argent, sans matière organique, sans soufre et sans chlore. C'cst aux différents états de division de ces métaux que sont dues, suivant le savant anglais, les différences de coloration des épreuves. Ces métaux, d'ailleurs, semblent subir, au moment de leur séparation, une sorte de véritable dissolution dans l'eau. Déjà des chimistes français avaient établi que, dans l'image photographique, le dessin est formé par de l'argent pur, sans soufre ni chlore, mais ils avaient insisté sur l'influence de la matière organique. Leur théorie est donc en désaccord avec celle de M. Malone; laquelle est la vraie? C'est ce que des travaux ultérieurs nous apprendront sans doute, mais, dans tous les cas, la question est importante, et nous devons espérer qu'il sortira de cette étude, au point de vue pratique, quelques modifications heureuses des manipulations photographiques.
- Dans notre dernière revue, nous citions le fait remarquable de l'obtention d'épreuves sur collodion à la lumière lunaire, par M. Breese, de Birmingham, et nous ajoutions que le fait, quelque extraordinaire qu'il parût, devait être nécessairement vrai. Nous avions raison dans notre manière de penser, car voici que le secrétaire de la Société de Birmingham, ému des critiques de quelques publicistes français, écrit aux Sociétés de Londres et de Paris pour certifier que les épreuves de M. Breese ont été réellement obtenues simplement sous l'action de la lumière de la lune, et que ce sont seulement des questions d'intérêt pécuniaire qui empêchent M. Breese de divulguer le secret de ses opérations. Cherchons donc, comme il a cherché; la reproduction des vues éclairées par la lune est reconnue possible; il ne reste plus qu'à découvrir un collodion assez sensible ou un révélateur assez énergique.
- Quelques lettres récemment reçues d'Amérique nous apprennent que les procédés à sec commencent à s'y populariser. Voilà donc le collodion humide mis en échec dans le pays même où il semblait ne devoir jamais être détrôné. Parmi les procédés en expérimentation, celui du major Russell, basé sur l'emploi du tannin, semble être le privilégié. Et c'est justice. En Angleterre il détrône le procédé Taupenot; en France, tout en étant moins suivi, il est l'objet d'études et d'expérimentations intéressantes. C'est ce que prouve, entre autres choses, une lettre fort intéressante qu'a bien voulu nous adresser à ce sujet un de nos lecteurs, M. Tourre, de Trévouse (Vaucluse), et dont nous croyons devoir extraire les passages suivants :
» En expérimentant l'excellent procédé de collodion sec du major Russell et n'ayant pas sous la main du tannin pur, qu'on trouve difficilement en province, et toujours à un prix assez élevé, je lui ai substitué un tannin impur, qu'on trouve abondamment dans le commerce et à un prix très-bas; c'est l'extrait sec de châtaignier qu'on emploie en quantité considérable dans la teinture en noir sur soie.
« J'ai suivi, d'ailleurs, toutes les indications consignées dans votre Revue photographique, du ler mai et 15 décembre sur ce procédé; seulement, au lien d'employer la solution de tannin pur à 3 p. 100, j'emploie l'extrait sec de châtaignier à 5 p. 100. J'ai obtenu par ce procédé des clichés irréprochables, seulement le temps de pose est 7 à 8 fois plus long qu'avec le collodion humide. Ces clichés sont positifs par réflexion et négatifs par transparence. «
La modification introduite par M. Tourre nous parait, en effet, fort avantageuse; l'idée qui la lui a dictée est extrêmêment rationnelle, et nous ne sommes nullement étonnés qu'un opérateur habile ait obtenu de bons résultats au moyen du procédé Russell ainsi modifié.
- Mais il est un procédé de collodion sec dont les photographes s'occupent beaucoup en ce moment, et qui, de prime-abord, semble devoir les détrôner tous. C'est celui qui consiste à laver simplement la couche de collodion au sortir du bain d'argent, de manière à lui enlever tout le nitrate libre, et à opérer ensuite simplement sur la surface ainsi préparée. Bien des fois dejà, ce moyen a été proposé; comment se fait-il que, d'une pratique si simple, il n'ait pas été adopté préférablement à tout autre ? Sans doute, il présente quelque défaut grave que nous ne connaissons pas, d'ailleurs, car nous n'avons jamais eu l'occasion de l'expérimenter. Nous engageons nos confrères à faire mieux que nous, et à rechercher si, véritablement, le collodion simplement lavé est susceptible de se conserver sensible comme le collodion préparé a la résine, à la gomme, à l'albumine, au tannin, etc. S'il en était ainsi, le plus grand desideratum de la photographie en campagne se trouverait obtenu.
- En Amérique, à Boston, M. Black a fait, dans ces derniers mois, d'intéressants essais de photographie en ballon, et il parait avoir obtenu de forts bons résultats. Cependant, semblables opérations paraisssent à priori bien difficiles, et l'on a peine à concevoir comment le photographe peut, au milieu des oscillations de la nacelle, saisir le moment de calme nécessaire pour ouvrir l'obturateur de son appareil. M. Nadar, à Paris, a fait également, et sous le patronage de S. M. l’Empereur, des expériences de photographie en ballon, mais nous ne croyons pas que, jusqu'ici, ses hardies tentatives aient été couronnées de succès.
- Une des grandes préoccupations des photograhes est le choix des fonds d'ateliers; l'importance de cette question a grandi, dans ces derniers temps surtout, par suite du développement des portraits-cartes. Deux industriels, MM. Bellavoine et Capelli s'en sont préoccupés presque simultanément, et tous deux lui ont trouvé une bonne solution, en livrant aux artistes des fonds de toile ou de drap veloutés, et de teintes parfaitement dégradées. Et à ce propos, nous ne saurions mieux terminer qu'en recommandant aux photographes l'emploi des fonds à plusieurs plans, à peu près inconnus en France, et dont les opérateurs anglais tirent un parti si précieux.

Th. Benfield.
1862, 17 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 6
Pag.384
*
M. le Secrétaire Perpétuel met sous les yeux de l’Académie une série d’épreuves photographiques ofertes par MM. Bisson frères, et lit l’extrait suivant de la Lettre d’envoi:

« Nous avons présenté il y a quelques années a l’Académie des épreuves photographiques de glaciers obtenues dans les hautes régions alpiques; poursuivant notre oeuvre et désirant venir en aide à la géologie et aux applications de la topographie, nous avons mis tous nos soios à reproduire les aspects d’ensemble de la chaîne du mont Blanc et de celle du mont Rose.... Ces vues, que nous avons exécutées à plus de 4000 mètres d’altitude, les essais que nous avons tentés sur la cime même du mont Blanc où nous avons séjourné pendant plus de trois heures; nous font espérer qu’il nous sera possible de vous présenter l’an prochain un aspect panoramique pris de la plus haute sommité de l’Europe. «
Ces images, qui sont au nombre de trente-sept pièces format atlas et de deux de dimension double, sont renvoyées à l’examen d’une Commission composée de MM. de Senarmont et Daubrée.

1862, 17 de Fevereiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 17 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 6
Pag.384, 385
*
M. le Secrétaire Perpétuel présente, au nom de M. Warren de La Rue, diverses images photographiques se rapportant à l’éclipse solaire de juillet 1860, observée en Espagne par l’auteur. Ces pièces sont accompagnées de la Lettre suivante, écrite en anglais et datée de l’observatoire de Cranford (Middlesex).

« J’ai l’honneur d’offrir à l’Académie des Sciences une épreuve positive agrandie (épreuve au collodion sur verre) des proéminences lumineuses observées autour du Soleil le 18 juillet 1860 à Rivabellosa, près de Miranda de Ebro en Espagne, latitude Nord 42º 42’, longitude Ouest 11’ 42”, à une altitude de 1572 pieds au-dessus du niveau de la mer.
« Les négatives originales ont été obtenues avec le nouveau photo-héliographe; le diamètre de la Lune y est de 4 pouces. Les épreuves positives ont été obtenues directement au moyen de la camera, des négatives originales; le disque lunaire étant grossi de manière à ce que le diamétre fût de 9 pouces environ.
« Dans la seconde image, quelques-unes des protubérances lumineuses sont reproduites jusqu’à trois fois, d’autres deux fois seulement. Cela tient à ce que deux de mes aides, en portant l’oeil au chercheur fixé à l’héliographe, déplacèrent accidentellement quelque peu l’instrument en ascension droite, le mauvais état de la vis tangente rendant ce mouvement possible.
« Outre les épreuves positives sur verre, j’ai l’honneur d’envoyer des facsimile des négatives originales de la première phase d’éclipse totale; ces images ont été obtenues à sec sur verre albuminé, en superposant aux plaques préparées les négatives originales et exposant le tout à la lumière du jour. On a eu ainsi des épreuves positives qui, traitées de la même manière, ont donné les négatives que j’envoie aujonrd’hui.
« J’y ai joint une série d’épreuves sur papier à l’échelle de 7pouces pour le diamètre lunaire; chacune de ces épreuves porte une légende explicative. J’y ai joint encore une vue panoramique prise du lieu où nous avons observé et deux vignettes sur bois représenrant notre installation et la maison voisine. «

1862, 17 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 17 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 10
Pag. 601, 602, 603
*
CORRESPONDANCE.
M. le Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l’Académie une série d’images photographiques faites par M. A. Civiale dans le but de contribuer à l’avancement de nos connaissances sur la géologie et la géographie physique des Alpes.
Cette série est accompagnée de la Note suivante :
« Dans les deux années qui ont précédé celle-ci, j’ai représenté, à l’aide de panoramas et de vues de détails, une grande partie de l’Oberland Bernois et les versants occidentaux de la chaîne du mont Blanc. J’ai continué, l’été dernier, mon travail sur les Alpes ; j’ai suivi la même marche et cherché à fournir à la géologie et à la géographie physique des renseignements aussi complets que je l’ai pu. J’ai l’honneur de présenter cette année à l’Académie quatre panoramas des versants orientaux du mont Blanc et des versants septentrionaux du mont Rose, ainsi qu’un album des vues de détails des valIées de Zermatt, de Courmayeur, de Véni, de Ferret et de Bérard.
» J’ai apporté une modification importante, à mon procédé de papier ciré sec: la cire vierge a été remplacée par un mélange de 4 parties de paraffine et de 1 partie de cire; la paraffine donne aux épreuves finesse plus grande et permet, de diminuer d’un tiers le temps de pose; la cire sert à reculer le point de fusion de la paraffine et à empêcher la cristallisation.
« Le travail que je mets sous les yeux de l’Académie comprend deux parties distinctes: les vues de détails et les panoramas qui permettent d’embrasser les chaînes de montagnes dans leur ensemble et donnent une idée nette de leur configuration, en déterminant les éléments géodésiques des divers points; le côté pittoresque ne vient ici qu’en seconde ligne.
« Le premier panorama, composé de huit épreuves, est pris du mont Carmet, prés de Courmayeur; il est compris dans un angle de 170º et représente l’ensemble de la chaîne du mont Blanc, depuis le col des Fours jusqu’au col Ferret, sur une étendue de 32 kilomètres environ du sud-ouest au nord-est. Le point de station est un des sommets du Carmet, à 2962 mètres au-dessus de la mer; ce sommet domine le Cramomt de 80 mètres environ et se trouve dans une position plus favorable pour reproduire le panorama.
« Le deuxième panorama, composé de douze épreuves, est pris du Gornergrat, au dessus de Zermatt; il est compris dans un angle de 247º et représente la chaîne du mont Rose depuis le Rothhorn et les Gabelhörner jusqu’au Strahlhorn sur une longueur de 53 kilomètres environ du nord-ouest au nord-nord-est. Le point de station est à 3136 mètres au-dessus de la mer. Les nombreux glaciers et les amas de neige qui entourent le sommet du Gornergrat répandent sur tout le panorama une lumière à la fois diffuse et éblouissante qui augmente beaucoup les difficultés du travail photographique.
» Le troisième et le quatrième panorama sont tous deux pris de la Gugel, du même point de station, 2707 mètres au-dessus de la mer, et embrassent toute la circonférence, depuis les cimes du mont Rose jusqu’aux sommets de l’Oberland Bernois, cachés par le brouillard au fond de la vallée de Saint-Nicolas. Ces panoramas ont été pris en deux jours; mais dans les deux opérations l’appareil ayant été placé au même point et de la même manière, les deux vues sont un seul et même panorama et leur raccord n’offrirait aucune difficulté. Le troisième panorama va du nord-nord-est au sud-sud-ouest, est compris dans nn angle de 208º 30’, se compose de dix épreuves et représente le Rothborn, le glacier de Findelen, les massifs du Gornergrat, du Riffelhorn, du Riffelberg, quelques sommets de la chaîne principale du mont Rose jusqa’au mont Cervin.
« Le quatrième panorama va du sud-sud-ouest au nord-nord-est, est compris dans un angle de 168º, se compose de huit épreuves et représente les chaînes secondaires du mont Rose qui dominent les étroites vallées de Zermatt et de Saint-Nicolas, depuis le Grand-Cervin jusqu’au glacier de Findelen.
« La série des vues de détails reproduit: La vallée de Zermatt, différents sommets de la chaîne du mont Rose, une grande vue du Riffelhorn, les glaciers de Gorner, du Breithorn, du Petit-Cervin, de Sainte-Théodule, de Furgge, de Z’mutt, etc., les vallées d’Aoste, de Courmayeur, le val Véni, le glacier de la Brenva, le val Ferret, les environs de Barberine, la vallée de Bérard, les détails du Cirque de Bérard, le Buet, les Fiz, etc. Une légende explicative et les épreuves réduites des panoramas complètent l’album. »

1862, 25 de Maio - L’AMI DES SCIENCES

1862, 25 de Maio
L’AMI DES SCIENCES
T. VIII
8eme AnnÉe
nº 21
Pag. 321, 322
La photographie date d'hier; elle a déjà fait des miracles, et elle en fera bien d'autres. D’où vient sa puissance? C'est que l'homme, présent par le génie, disparaît comme ouvrier. Il met la nature à sa place, elle dessine, elle peindra pour lui.
L'homme se repose et dit au soleil: Un peu de tes rayons, et ma besogne sera filite. Et le soleil, complaisant comme un grand artiste, trace les contours de ce front fatigué ou fixe l'imperceptible sourire de ces lèvres délicates. Quelquefois il se rit des ordres que lui donne le roseau pensant, et cette charmante femme de vingt ans, il lui impose d'un air dur dix années de plus. Mais ces dix années, si lourdes pour une jeune tête, vont lien aux monuments: aussi c'est dans leur reproduction que la photographie triomphe.
Malgré tout, nous l'avouons, ce qui nous frappe dans la photographie, ce n'est pas l'art. Par sa lunette, elle nous regarde dix secondes, tandis que le peintre, qu'il s'appelle Van-Dyck, Rembrandt ou Rigaud, contemple son modèle pendant de longues heures. Il l'épie, il le suit, il en rêve. Il note toutes les fluctuations, tous les éclairs, toutes les joies et toutes les mélancolies de son âme. Et quand le pinceau a fini sa tâche, ce n'est pas une unique attitude, une seule pensée, un sourire de commande, que vous avez devant vous: c'est l'être tout entier, avec ses mille nuances fondues par le génie dans un jet magistral.
Là sera toujours l’infériorité de la photographie. C'est une machine merveilleuse, mais qui va devant elle droit comme un boulet de canon ou plutôt comme un rayon de soleil, sans hésiter, mais sans interroger. Et c'est précisément cette rapidité, cette instantanéité, qui rendent admirable l'invention nouvelle en dehors de toute préoccupation esthétique. Que les phénomènes célestes s'acconplissent, que nos batailles ébranlent la terre, et la photographie, avec une précision et une sûreté inimaginables, notera tous les changements successifs et nous en laissera, sans jamais se tromper ni se lasser, la trace indélébile.
La photographie nous amuse aujourd'hui; mais dans cent ans on comptera avec étonnement les résultats et les mesures dont elle aura enrichi la science. Cette fois, on ne pourra pas accuser les savants de n'avoir pas prévu et de s'être montrés plus attachés à la routine que l'ignorant public. On n'a pour s'en assurer qu'à lire les éloquents rapports présentés aux deux chambres par Arago et par Gay-Lussac, au sujet des récompenses nationales demandées pour les premiers inventeurs, Niepce et Daguerre.
Quelques années après la découverte de Daguerre, on se servit de la photographie pour recueillir des panaromas, à l'aide d'appareils mobiles faisant le tour de l'horizon pendant que l'image était reçue travers une fente verticale trés-étroite. Mais on n'avait pas songé à appliquer le même pincipe à la topographie ordinaire. On doit celte application à M. Chevallier, ancien médecin militaire. L'ingénieux instrument qu'il a imaginé dans ce but a été breveté le 18 février 1858. M. Benoît, dans son rapport la Société d'encouragement, qui a voté une médaille à M. Chevallier, a donné à cet instrument le nom de planchette photographique: ce nom nous semble trè-bien choisi.
M. Ed. Paté a publié sur la nouvelle planchette une notice étendue (1) ([i]); c'est à elle que nous devons de pouvoir faire connaître à nos lecteurs cette précieuse application de la photographie.
Pour obtenir sur un plan un tour d'horizon, M. Chevallier reçoit l'image sur une plaque verticale, à travers un secteur fixe très-limité. La chambre obscure étant en station en un certain point, la plaque sensible fixe l'image de la portion d'horizon qui correspond à la position actuelle de l'objectif. Qu'on fasse tourner horizontalement la chambre obscure de manière à embrasser une nouvelle portion d'horizon, qu'en même temps la plaque verticale soit animée d'un mouvement de rotation autour d’un horizontal,et il est évident qu'on reproduira sans confusion et sans lacune toute la vue comprise entre les limites des positions de la chambre obscure si les deux ratations effectuées sont égales tel est le principe de la planchette photographique. On peut d'ailleurs opérer d'un mouvement continu, et obtenir rapidement un tour d'horizon complet.
Si le centre de l'objectif correspond au milieu du rayon vertical inférieur de la plaque, l'image étant renversée, c'est le ciel qui est reporté vers la circonférence, tandis que les objets plus voisins, c'est-à-dire ceux qu'on veut surtout relever, sont rejetés vers le centre et trop réduits. A l'aide d'une planchette à coulisses, on peut alors retourner l'objectif et le faire correspondre au milieu du rayon vertical supérieur de la plaque. L'image étant toujours renrersée, c'est, au contraire, les parties basses qui s'étendront sur la circonférence, et les parties hautes qui viendront avec le ciel converger vers le centre. Tous les objets dont il importe d'établir exatement les dimensions forment dans ce cas, sur la plaque, une couronne qui entoure un cercle central, image du ciel.
Il est bon d'ajouter que l'on peut déduire très-simplement du plan lui-même, et en s'aidant de la règle à calcul, les hauteurs des différents points du panorama au-dessus de la station choisie.
Cet appareil a de grands avantages sur la planchette ordinaire, à laquelle il succédera certainement dans un temps restreint: les erreurs de viséc deviennent impossibles; aucun oubli n'est plus à craindre; il sutfit d'une seule mise au point, l'appareil donnant lui-même toutes les directions et tous les éléments nécessaires au calcul des cotes; enfin, comme on peut obtenir avec un seul cliché un nombre quelconque d'épreuves positives, on peut aussi fire exécuter simultanément autant de reproductions do plan demandé qu'il est nécessaire.
En résumé, la planchette photographique simplifie extrêmêment la topographie ordinnaire. Elle est appelée à rendre de grands services en campagne, où elle pourra permettre de suivre d'instant en instant les changements de position des armées ennemies. Grâce à elle, la topographie des pays inconnus devient possible; que le voyageur, en passant, photographie les aspects changeants qui se déroulent devant lui, et s'il a pris soin de numéroter ses épreuves, il pourra, deux ou trois ans après, dans le loisir du cabinet, construire des cartes très-exactes des contrées qu'il aura traversées. Nous prédisons donc à M. Chevallier et à son invention un brillant succès: ce será justice.
([i]) (1) Notice sur la planchette photographique de M. A. Chevallier, par M. Ed. Paté, lieutenant au 2e régiment du génie; chez J. Dumaine, rue Dauphine.

1862, 26 de Maio - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 26 de Maio
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 20
Pag. 1132
M. Martens, à l’occasion d’une communication récente concernant un effet de la congélation sur les eaux potables, présente un résumé des remarques qu’il a pu faire sur la pureté de l’eau des glaciers. Ses excursions photographiques dans les Alpes lui ont permis de constater que cette eau pouvait être employée dans les opérations où l’on a coutume de faire usage d’eau distillée: l’eau provenant de la neige ne lui a pas paru remplir aussi bien le but.

1862, 26 de Maio - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 26 de Maio
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 20
Pag. 1132
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L’Académie a reçu dans la séance du 26 mai 1862 les ouvrages dont voici les titres :
…/…
Traité de l’impression photographique sans sels d’argent; par M. Alph. Poitevin. Paris, 1862; in-8º. (Présenté an nom de l’auteur par M. Becquerel.)
…/…

segunda-feira, 20 de abril de 2009

1862, 15 de Junho - Le moniteur scientifique, REVUE PHOTOGRAPHIQUE

1862, 15 de Junho
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le
dr . Quesneville
paris
chez
m. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
132º Livraison
Pags. 377, 378, 379, 380, 381
*
REVUE PHOTOGRAPHIQUE

SOMMAIRE. – La photographie à l’Exposition de Londres. – Prix du duc de Luynes. – Prix fondé par l’Association photographique allemande. – Prix fondé par la Société de Marseille. – Procédé au tanin rendu rapide. – Dessins stéréoscopiques de Chimenti. – Épreuves stéréoscopiques du soleil. – Grandissements sans chambre spéciale. – Collodion sans éther, par M. Sutton. – L’amateur photographe, par Charles Bride.

Ce serait manquer à tous nos devoirs de chroniqueur que de ne pas dire au moins quelques mots de l'Exposition universelle ouverte à Londres en ce moment, et de laisser passer, sans nous arrêter un instant, ce troisième et brillant concours de tous les peuples. Non pas que notre intention soit de raconter les merveilles que renferme le palais de Kensington, nous n'avons pas mission pour parler de ces magnifiques porcelaines, de ces tissus splendides, de ces admirables pièces d'orfévrerie qui brillent de tous côtés au milieu des galeries; notre but est moins haut, et nous voulons seulement dire quelques mots de la partie qui incombe à notre spécialité, c'est-à-dire de la section photographique.
D'ailleurs ce que nous avons a dire ne peut avoir rien de blessant pour des oreilles françaises; et le résultat de l'exposition actuelle ne saurait être pour nos lecteurs qu'une occasion de satisfaction. II faut le reconnaître, en effet, la partie française de l'exposition (au point de vue photographique bien entendu) l'emporte de beaucoup sur la partie anglaise. Tout d'abord, la disposition est dans celle-là beaucoup plus avantageuse que dans celle-ci. Les épreuves anglaises sont exposées dans une pièce unique carrée, où elles se perdent et se nuisent les unes les autres; les épreuves françaises, au contraire, sont réparties dans une galerie longitudinale bien éclairée, coupée perpendiculairement par une vingtaine de cloisons ou panneaux sur lesquels sont suspendus les cadres des photographes; il en résulte une sorte de division de cette section en une série d'expositions séparées, plus petites, mais dont il est par suite plus aisé de reconnaître la valeur. L'effet est moins grandiose peut-être que pour l'exposition anglaise, mais l'ensemble est, en somme, beaucoup plus satisfaisant.
Si l'on fait abstraction de cette impression générale, et si l'on entre dans les détails, on voit la même supériorité se maintenir chez les Français, à l'exception cependant du genre paysage, qui, chez les Anglais, reste traite d'une façon tout à fait supérieure. Dans la section anglaise, en effet, on ne retrouve rien de saillant, rien de neuf; c'est une collection de bonnes épreuves, mais toutes obtenues par les procédés ordinaires, et toutes présentant ce caractère de finesse, de délicatesse exquise auquel nous sommes habitués. Il faut cependant signaler la vulgarisation, en Angleterre, des procédés à sec: dans les expositions précédentes, et nous avons déjà eu occasion de le dire à cette place, toutes les épreuves anglaises étaient obtenues sur collodion humide; les paysages même se trouvaient dans ce cas, et paraissaient dus a l'emploi de lentes et de laboratoires de voyage; à l'exposilion actuelle, les choses sont changées, le collodion humide est encore le procédé le plus généralement répandu, mais les procédés à sec, le collodion albuminé de Taupenot, le collodion gélatiné du docteur Hill Norris, et surtout le procédé au tannin, du major Russell, comptent des représentants nombreux et très-satisfaisants. Parmi toutes ces belles épreuves il en est quelques-unes qui fixent d'une manière toute particulière l'attention du public et surtout celles des photographes, ce sont les épreuves obtenues par M. Breese, exposées déjà par lui à Birmingham et qu'il déclare dues à l'éclairage lunaire seul. Nons avons parlé ici même de ces épreuves et indiqué ce qu'elles présentent de curieux, en déclarant qu'à notre avis M. Breese était entièrement de bonne foi, et que ces épreuves étaient réellement dues aux rayons de la lune. Les avis sont extrêmêment partagés; des paris nombreux ont été ouverts au sujet du procédé par lequel M. Breese a pu les obtenir, et l'on attend avec impatience les décisions du jury international à cet égard: nous aurons soin de les faire connaître.
Dans la section française, au contraire, on rencontre nouveauté sur nouveauté; ce sont d'abord les agrandissements, qui possèdent ici une importance inattendue; les Anglais en ont bien aussi exposé un certain nombre, mais ces épreuves sont réellement inférieures aux épreuves similaires françaises; elles sont moins nettes, les contours sont plus débordés, et l'on ne doit pas s'étonner de ce fait, lorsqu'on sait qu'en Angleterre tous les photographes qui grandissent les petits clichés tirent directement d'après ceux ci leurs positifs agrandis, au lieu de faire d'abord un cliché agrandi, ce qui, au lieu d'une pose de trois quarts d'heure au moins, pendant lesquels le soleil se déplace, n'exige qu'une exposition de quelques minutes. Les épreuves au charbon, les vitrifications, les émaux photographiques sont représentés par les spécimens les plus brillants; les portraits sont fort beaux, les monuments bien réussis, et l'on s'arrête avec admiration devant les grands panoramas de montagnes de MM. Bisson. Chez les Français, contrairement aux habitudes anglaises, presque tous les paysages sont dus aux procédés à sec; le collodion albuminé de Taupenot, est parmi ceux-ci, le plus employé ; cependant le procédé au tannin paraît devoir être employé concurremment avec le premier, si l'on en juge par quelques belles épreuves de M. Antony Thouret. Le maître de tous les paysagistes photographes se rencontre dans l'exposition française, mais ce maître est un Anglais: nous avons nommé M. Maxwell Lyte. II est impossible de voir quelque chose de plus doux, de plus harmonieux, de plus finement délicat que ses vues des Pyrénées; les meilleurs paysagistes français sont loin d'obtenir de semblables résultats.
On s'étonnera peut- être que nous n'ayons pas encore parlé des épreuves envoyées par les autres nations; la chose est excusable, car, dans le palais de Kensington, les photographes demeurent bien loin les uns des autres, et leurs œuvres se trouvent disséminées en plus de vingt-cinq localités différentes; ce serait cependant être injuste que de ne pas signaler, dès à présent, les beaux portraits envoyés par les Allemands et notamment ceux de M. Angerer, de Vienne.
Telles sont les premières impressions que laisse la vue de l'exposition photographique; nous ne les donnons pas comme définitives, et nous nous proposons de revenir en temps et lieu sur toutes les particularités intéressantes que pourra nous y faire reconnaître un examen approfondi. Du reste, plus d'un parmi nos lecteurs aura peut-être la curiosité d'aller juger par lui même, et nous le conseillons franchement. Le bâtiment (c'est à tort que nous avons dit le palais), le bâtiment qui renferme l'exposition est bien laid, mais ce qu'il contient est vraiment splendide, et il est si facile de se rendre aujourd'hui à Londres, grâce aux trains de plaisir que viennent d'organiser diverses compagnies, que peu de personnes voudront se refuser cette satisfaction.
La photographie figure à l'exposition non-seulement comme un art producteur, mais encore comme agent précieux et d'un usage journalier; un grand nombre d'industriels ont besoin d'obtenir l'image de leurs appareils, de leurs produits, etc ; les Revues leur demandent ces reproductions pour les faire graver, ou bien elles servent à des prospectus, etc. Il n'est pas permis à tout le monde d'exécuter ces reproductions photographiques dans l'enceinte de l'exposition; le droit en a été mis en adjudication et acquis par la Compagnie stéréoscopique de Londres, moyennant 1,500 guinées (environ 40,000 francs). Le cahier des charges portait des clauses extrêmêment dures, la compagnie a obtenu la résiliation d'un assez grand nombre d'entre elles, mais il lui reste encore, en dehors de son prix d'achat, à satisfaire à certaines conditions d'intérêts qui élèvent ce prix a près du double. Cependant, même dans ces conditions exorbitantes, l'affaire paraît encore bonne, car nous avons entendu assurer que MM. Day et Son, de Londres, s'ils avaient prévu que la Compagnie de l'Exposition adoucirait quelques unes de ses conditions, auraient élevé les enchères jusqu'à 5,000 guinées (125,000 fr. environ).
- Quittons maintenant l'exposition et disons quelques mots des prix photographiques décernés ou à décerner. Le prix de 2,000 francs fondé par M. le duc de Luynes pour un procédé permettant d'obtenir des épreuves au charbon a été donné par la Société photographique de Paris à M. Poitevin; mais, considérant la valeur du perfectionnement apporté à ce procédé par M. Fargier, la Société a cru devoir lui accorder un encouragement de 600 francs. Cette décision a provoqué, paraît-il, à la séance même de cette honorable Société, une scène sans précédent et regrettable à tous les titres M. Charavet qui n'est pas inventeur, mais qui a acquir (moyennant une grosse somme, dit-on) le procédé Fargier, s'est cru lésé dans ses droits pas ce fait que le prix ne lui était pas personnellement accordé. Comme il est membre de la Société, il a pu se lever, obtenir la parole et entreprendre un vigoureux plaidoyer en sa propre faveur. C'est en vain que M. Paul Perier d'abord, M. Regnault ensuite ont cherché à faire comprendre à M. Charavet combien sa manière d'agir était insolite et déplacée. M. Charavet n'a pas compris la portée des paroles qui lui étaient adressées; il a redoublé ses attaques contre la Société, l'accusant en propres termes d'injustice, et a dignement couronné son entreprise par une sortie furieuse. On assure même que, dès le lendemain, M. Charavet attaquait M. Poitevin en nullité de brevet, prévenant ainsi par cette démarche le procès que peut-être celui-ci lui aurait intenté quelque jour. Voilà donc encore un nouveau procés photographique sur l'eau; ce n'est pas le premier à coup sûr, mais nous gagerions bien que ce n'est pas le dernier.
On ne saurait s'empêcher de regretter de semblables dissentiments à propos de la distribution de prix fondés par des amateurs généreux. Aussi croyons-nous qu'il faut être très sobre et très-réservé en ces sortes de questions; en Angleterre, lorsqu'un prix de ce genre est fondé, on laisse en général au donateur le soin de le décerner lui-même. Il serait bien extraordinaire que, dans ces circonstances, il se trouvât un concurrent d'assez mauvais goût pour aller accuser le donateur lui-même. A l'exposition actuelle, les commissaires royaux semblent avoir eu peur d'être taxés d'injustice en répartissant entre les exposants des médailles de diverses valeurs; aussi (et en général les désapprouve-t-on), ont-ils décidé qu'il ne serait distribué que des médailles de bronze. On prétend même que la moitié des exposants se trouvera ainsi récompensée. Ce serait, avouons-le, enlever à la récompense toute sa valeur.
L'association des photographes allemands, à Iena, vient de fonder un prix de 65 thalers (250 fr. environ), pour l'auteur du meilleur procédé de tirage des positifs sans sels d'argent; le concours sera clos le 1er octobre 1862. C'est ici le cas d'appeler, plus que jamais, l'attention sur l'emploi des sels de fer.
La Société photographique de Marseille a fondé un prix de 500 francs pour l'auteur d'un procédé permettant d'obtenir sur plaque entière des clichés instantanés, comparables aux vues des rues de Paris, exécutées par MM. Ferrier père et fils. Cette question a déjà préoccupé un très-grand nombre de photographes; quelques-uns ont assez bien réussi, et en somme le procédé à trouver n'est pas si difficile qu'il le paraît au premier abord; l'expérience démontre, en effet, que, dans bien des cas, les composés les plus ordinaires peuvent fournir des instantanéités; tout dépend de l'état dans lequel se trouvent ces composés; ainsi, contrairement à l'opinion de M. Sutton, et nous basant sur les expériences récentes de M. England, nous croyons qu'il est possible de réussir en employant un collodion très-brômé, le sensibilisant au moyen d'un bain de nitrate parfaitement neutre et récemment préparé, dévelopant avec un révélateur au sulfate de fer concentré et d'une préparation très-récente et surtout en faisant usage d'un excellent objectif, à court foyer, et d'une lumière très-brillante. En dehors de ces conditions d'objectif et d'éclairage, aucun procédé ne peut fournir de bons résultats; nous engageons fortement les photographes qui veulent bien nous lire à chercher dans cetta voie.
- On s'occupa beaucoup en Amérique, sinon d'obtenir une instantanéité absolue, du moins de diminuer considérablement le temps de pose qu'exigent les procédés à sec; c'est surtout à propos du procédé au tannin qu'ont lieu ces expériences. M. Draper, qui a déjà rendu de grands sevices à la photographie, conseille de développer les glaces préparées au moyen de la solution de tannin en opérant à chaud. C'est l'application au tannin de la méthode de développement conseillée il y a quelques mois par plusieurs opérateurs et notamment par M. Roman, de Wesserling; nous ne l'avons pas encore expérimentée et nous ne saurions nous prononcer à ce sujet. Elle mérite cependant d'être décrite des à présent, car elle diffère en un point important des autres méthodes de développenment à chaud qui l'ont précédée. Dans celle-ci, en effet, l'opérateur fait chauffer a l'avance le révélateur et le verse ensuite sur les glaces; dans la méthode de M. Draper, au contraire, le révélateur reste froid et c'est la glace que l'on chauffe. Le développement est conduit de la manière suivante: La glace est préparée d'après les indications du major Russell; mais au lieu d'y maintenir la couche de collodion au moyen d'une couche préalable de gélatine, ce qui nécessite des manipulations trop longues, on se contente de passer sur les bords du collodion nitraté, lavé et tanné, un pinceau mouillé avec une solution d'albumine concentrée. Celle-ci en séchant forme une bande de vernis qui maintient le collodion très solidement et l'empêche de se détacher pendant le développement. Après l'exposition, on prend la glace et l'on place dans une cuvette en porcelaine de l'eau bouillante; on expose la glace quelques instants à la vapeur, de manière à en élever la température, puis on la plonge dans l'eau elle-même qui bouillante d'ahord, s'est refroidie environ à 90º ou 95º centigrades. Lorque la glace est bien échauffée à cette température, on l'enlève, on la place sur une ventouse ou mieux sur un pied à caler, puis on verse à sa surface le révélateur qui, lui, n'a pas besoin d'avoir été chauffé. Le développement marche très bien; si l'épreuve ne sort pas, et si la glace se refroidit, on la plonge de nouveau dans l'eau bouillante, puis on continue le développement. Cette modification du procédé ordinaire de développement fournit, assure-t-on, des résultats tels qu'avec un bon objectif on peut, en une seconde, obtenir sur glace sèche une épreuve parfaitement réussie.
M. England assure être arrivé aussi à des résultats très-rapides en mélangeant à la solution préservatrice de la couche sensibilisée une quantité de miel précisément égale à celle du tannin que l'on introduit dans la solution. On peut ainsi, d'après cet auteur, préparer des glaces qui se conservent six mois, et qui n'exigent pas plus de pose que des glaces préparées au collodion humide.
Du reste, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le procédé au tannin fait chaque jour des progrès et se popularise de plus en plus. Nous en trouvons une preuve nouvelle dans une intéressante brochure que vient de nous adresser M. Mallet-Bachelier, éditeur, et dans laquelle M. Aimé Gérard a reproduit par une traduction exacte, et avec des notes inédites, le pamphlet publié, il y a quelques mois, par M. C. Russell, sous le titre si connu en Angleterre: The tannin process.
- II existe à Lille (France), dans le musée Wicar, deux dessins de Chimenti, peintre italien qui vivait en 1640, et qui, depuis tantôt trois ans, font grand bruit dans le monde photographique. Ce sont deux dessins qui, au premier abord, paraissent absolument semblables, et reproduisent tous deux un jeune enfant le compas à la main, un genou en terre, et prêt à exécuter quelque figure de géométrie. Par leurs dispositions, ces dessins semblent avoir été faits précisément pour entrer dans un stéréoscope. Cette dernière opinion a été émise par divers savants et notamment par M. Brewster, qui la défend avec énergie. Mais l'expérience semble s'être prononcée contre celle-ci. En effet, M. Wheastone, qui revendique, avec raison croyons-nous, l'honneur d'avoir decouvert le stéréoscope, s'est procuré des reproductions exactes de ces dessins, et, après les avoir introduites dans le stéréoscope, il a reconnu qu'elles ne possedaient aucune espèce de relief. M. Brewster ne s'est pas tenu pour battu; il soutient que ces deux dessins ont bien été exécutés par Chimenti pour être vus au stéréoscope, mais que l'artiste chargé de les rapetisser ayant exagéré les défauts qu'ils possédaient primitivement, il en est résulté une impossibilité de superposition des deux images; il est convaincu que Galen connaissait il y a quinze cents ans le principe de la vision binoculaire, et que Chimenti a très-probablement fait ses dessins en s'inspirant du traité publié sur ce sujet par Porta, en 1593. Si M. Brewster avait raison, ne serait-ce pas le cas de répéter plus que jamais: Nil sub sole novum?
- Puisque nous avons prononcé le nom du stéréoscope, ne négligeons pas d'annoncer les prodigieuses épreuves stéréoscopiques que vient d'obtenir M. Warren de la Rue. Déjà cet astronome photographe avait reproduit stéréoscopiquement, et en prenant épreuve à des moments un peu différents: la Lune, Mars, Saturne, etc. Cette fois il s'est adressé au Soleil; et le reproduisant sous deux angles différents, c'est-à-dire à deux instants différents de la rotation de la Terre, il a obtenu deux petits clichés stéréoscopiques qu'il a grandis ensuite au diamétre de 90 centimètres, sans que la capacité de produire le relief ait abandonné les épreuves. De telle sorte que, grâce à ces derniers travaux, on peut examiner dans un stéréoscope colossal un soleil en relief présentant près de 1 mètre de diamètre !
- M. Vernon Heath vient d'appeler l'attention des photographes sur le procédé bien simple qu'il emploie pour grandir les épreuves sans faire usage d'ancune chambre spéciale, de reflecteurs de grands prix, etc. Voici ce procédé; il est à la disposition de chacun: on prend deux chambres noires ordinaires, on tourne vers le ciel, ou simplement vers une fenêtre le côté du châssis de l'une, et l'on y place le cliché à reproduire; l'autre chambre est disposée en sens précisément inverse; elle porte un objectif et celui-ci pénètre dans la première chambre par le trou de la planchette où devrait se trouver son objectif. De telle sorte qu'en réalité l'appareil optique de la deuxiènie chambre regarde le cliché à reproduire comme il regarderait
une vue ordinaire, et que pourvu que celle-ci ait un tirage suffisant, l'image agrandie de ce cliché viendra se peindre sur la glace dépolie qui la termine. On peut très-bien ainsi, et nous en avons fait l'essai, comme bien d'autres photographes avant M. Vernon Heath, grandir dans la proportion de 1 à 4 une épreuve quelconque sur verre.
- M. Sutton, le chercheur infatigable qui semble vouloir succéder au regrettable M. Hardwich lequel a abandonné la photographie pour le ministère religieux, vient de faire paraître un nouveau travail qui a pour but la préparation d'un collodion sans éther et auquel il donne le nom d'alcolène. Pour préparer ce collodion, il suffit d'employer une pyroxiline spéciale; on obtient celle-ci en trempant du coton de l'espèce la plus fine dans un mélange de trois parties un quart d'acide azotique d'une densité égale à 1.400, et de quatre parties d'acide sulfurique d'une densité égale à 1.830. Le mélange doit être porté préalablement à la température de 80º, et on y maintient le coton pendant cinq minutes; cette pyroxiline se dissout aisément dans l'alcool absolu, sans éther. Le collodion qu'il fournit est épais, coule bien cependant sur les glaces, mais est assez long à sécher. Il serait intéressant de soumettre ce collodion à des expériences suivies; il est bien possible, en effet, que l'absence d'éther lui communique une stabilité supérieure à celle des collodions ordinaires.
- Terminons cette revue, que plus d'un lecteur trouvera trop longue sans doute, en disant quelques mots d'un excellent petit livre sous couverture saumon que vient de nous adresser M. Charles Bride. Ce livre a pour titre : l'Amateur Photographe; guide pratique de photographie, suivi d'un Vocabulaire de Chimie Photographique. Nous avons lu avec soin cet ouvrage, dont l'étendue ne dépasse pas 233 pages, et nous l'avons trouvé très-complet; il renferme un grand nombre de gravures, permettant à chacun de se bien rendre compte des opérations de la pratique, et nous semble en somme parfaitement répondre au but que l'auteur dit lui-même s'être proposé: décrire la photographie avec assez de soin, assez de détails minutieux pour que la personne la plus étrangère aux sciences puisse d'elle-même et sans maître disposer son atelier photographique et obtenir au bout de quelques temps d'essais des épreuves satisfaisantes.
Th. Bemfield.

1862, 23 Junho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 23 Junho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIV
Nº. 24
Pag. 1283
*
M. A. Chevallier fait hommage à l’Académie des autographes de huit Lettres adressées, de 1826 à 1829, à son père et à son grand-père par M. Nicéphore Niepce, Lettres qui, étant des documents pour l’histoire de la photographie, lui semblent mieux placées dans les archives de l’Académie que dans une collection privée.

1862 - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. L V
Nº. 4
Pag. 202
*
M. Baudry, imprimeur lithographe à Lille, soumet au jugement de l’Académie les moyens qu’il a imaginés pour préveir la reproduction frauduleuse, par la photographie, des billets de banque, titres d’actions industrielles, etc.

(Renvoi à l’examen d’une Commission composé de M. Chevreul, Payen et Séguier.)

1862, 30 de Junho - JOURNAL DES ARTS DES SCIENCES ET DES LETTRES

1862, 30 de Junho
JOURNAL DES ARTS DES SCIENCES ET DES LETTRES
33e ANNÉE, 5e SERIE, Nº 17
Pags. 131-132
*
Photographie rationelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet art; par M. A. Belloc ; chez Dentu, Palais-Royal, et chez l'auteur, rue de Luncry, 16, 1 v. in-8°.

Voilà trente-cinq ans qu'ont eu lieu les premiers essais réellement efficaces de Joseph Nicephore Niepce pour reproduire spontanément les images reçues dans la chambre noire, et ce fut en décembre 1829 qu'eut lieu le traité de Niepce avec Daguerre qui, de son côté avait fait des recherches ayant le même but. La photographie fit enfin sa réalisation complète le 51 décembre 1857, quand Daguerre eut résolu le problème de la fixation des images formées au foyer des lentilles. Une des premières épreuves obtenues fut déposée aux archives de l'Institut pour constater la priorité de la France dans une invention que l'Angleterre essayait de lui disputer. Il fallait à Niepce une journée pour faire une épreuve; avec le procédé de Daguerre, quatre minutes suffisaient. Mis dans le domaine public le procédé fit de rapides progrès; de son côté, un anglais, M. Fox-Talbot, découvrit le procédé de reproduction sur papier, au lieu des plaques métalliques employées par Daguerre. Ce nouveau procédé, qui devint, après de longues expériences, facile, simple et plein d'avenir fut fécondé surtout par M. Niepce de Saint-Victor, qui voulut remédier aux inconvénients qu'il offrait. En 1847, il substitua le verre albuminé au papier dans la production des épreuves dites négatives que produit la chambre noire. Dans son livre, M. Belloc rapporte avec détails cet historique des progrès de la photographie, et en dernier lieu du procédé du verre enduit de collodion, que firent connaître en 1851, M. Acher, et, en 1852 , M. Belloc dans un traité qui résumait les excellents résultats par lui obtenus depuis deux ans. Ce dernier donnait les formules auxquelles il devait les belles épreuves qu'on admirait déjà à cette première phase de l'emploi du collodion, et qui peuvent encore aujourd'hui supporter la comparaison avec tout ce qui est produit. M. Belloc a contribué aux progrès de l'art par des traités successifs ainsi que par tes belles épreuves sans relouche qu'il a fait paraître aux expositions de la Société photographique de Londres de 1853 à 1855.
Après une suite de sept publications consacrées à l'enseignement théorique et pratique de la photographie, M. Belloc vient résumer aujourd'hui les procédés, les inventions dont l'art s'est enrichi, jusqu'à ce jour, et il fait ce travail avec discernement, en praticien habile qui n'admet que ce qui est véritablement bon. Le premier il a fait connaître les procédés usuels, en les simplifiant, en les complétant, et surtout après les avoir personnellement vérifiés, expérimentés, en rejettant les milles recettes empiriques qui ont découragé maint opérateur à son début. C'est avec le plus grand soin qu'il examine chaque partie du matériel photographique, et qu'il détaille les opérations successives du photographe qui doit arriver à une image n'ayant pas besoin de ces retouches auxquelles un si grand nombre d'opérateurs ont recours et que M. Belloc condamne avec force.
Ajoutons que ce savant photographe a fondé un établissement où il met en vente tous les
nombreux objets qui composent le matériel photographique. Là, M. Belloc n'est pas un marchand, c'est un artiste: il ne vend que des produits qu'il a expérimentés, que ceux dont il peut répondre et en y ajoutant toutes les indications qui en garantissent d'autant mieux l'emploi. La fondation de cet établissement est donc un service de plus qu'il rend à l'art et aux photographes.

1862, 24 de Agosto - L’AMI DES SCIENCES

1862, 24 de Agosto
L’AMI DES SCIENCES
T. VIII
8eme AnnÉe
nº 34
Pag. 530
*
Notons la présentation par M. Dove d'une photographie qui offre un intérêt particulier. Elle représente un monument de Berlin dans lequel une amazone dirige sa lance vers un lion placé sous son cheval. On remarque sur l'épreuve négative,à 1'extrémité de cette lance, une ligne noire bien marquée et une trace assez foncée aussi sous le bras gauche de l’amazone et sous l’un des pieds du cheval. M. Dove pense que ce sont des impressions laissées par des aigrettes électriques analogues à celles qui ont reçu le nom de feux Saint Elme. Le temps était, en effet, très-orageux au moment où l'opération a été faite.
On pouvait se demander si de faibles lueurs électriques peuvent être photographiées. M. Dove a résolu la quesfion affirmativement pour la lumière stratifiée des tubes de Geissler. Par suite du mouvement imprimé aux strates, il a obtenu sur l'épreuve l'image d'une série de petites sphéres.

1862, 24 de Agosto - L’AMI DES SCIENCES

1862, 24 de Agosto
L’AMI DES SCIENCES
T. VIII
8eme AnnÉe
nº 34
Pag. 530
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La vue des épreuves photographiques d'une très-petite dimension, inférieures quelquefois en diamètre à un millimètre, et qui conservent néanmoins tous les traits d'un tableau, à conduit M. le professeur Gerlach, à appliquer la photographie à des recherches microscopiques d'histologie animale. Les tableaux que M. du Bois-Reymond a présentés de sa part à l'Académie font juger de l'utilité que son procédé peut avoir pour l'histoire naturelle, pour l'anatomie et peut-êre pour la science médicale. En voici la nomenclature:
1º Image photographique du millimètre divisé en cent au moyen d'un micromètre d'Oberhæuser: grossissement, 220;
2º Image agrandie de l'épreuve négative de ce millimètre: grossissement, 458 ;
3º Épreuve grossie du tableau précédent, dans lequel l'image primitive est agrandie 1000 fois;
4º, 5º, 6º Épreuves analogues d'une écaille de l'aile d'un papillon;
7º Épreuve dont le grossissement équivaut à 1500 fois l'image primitive;
8º Filaments musculaires d'une grenouille: grossissement 1000;
9º Pupille d'un œil d'enfant de six mois; son diamètre est plus que doublé.

1862, 25 de Agosto - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1862, 25 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. L V
Nº. 8
Pag. 375, 376, 377
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CHIMIE APPLIQUÉE.- Accroissement de l’action photogénique par la substitution de l’acide formique à l’acide acétique dans le bain révélateur d’acide pyrogallique; par M. H. Claude. (Présenté par M. Balard.)

« Dans tons les Traités de photographie on recommande, comme condition de sensibilité, le plus grand soin à maintenir le bain de nitrate d’argent presque neutre et amené juste au point où il est prés de tourner à l’acide. En effet, tant que le bain sensibilisateur est alcalin ou excessivement acide, le bain révélateur d’acide pyrogallique contenant de l’acide acétique détermine la réduction du sel d’argent plus lentement que lorsque le bain de nitrate d’argent se trouve près de l’état neutre avec tendance à l’acide.
» L’acide formique, qui jouit lui-même d’un pouvoir réducteur six prononcé, a naturellement dû occuper l’attention de beaucoup d’opérateurs; aussi a-t-il été annoncé plusieurs fois que son action pouvait être utilement employée dans les procédés photographiques; mais dans aucune communication on n’a jamais donné de formules exactes pour son emploi.
« J’ai voulu aussi essayer ses propriétés, et tant que j’ai opéré avec un bain sensibilisateur neutre qui paraissait une condition essentielle pour rendre plus rapide l’action du bain révélateur contenant d’antres acides, je n’ai trouvé aucun avantage à l’employer.
« J’ai voulu alors voir quel serait son effet, d’abord avec le concoursd’un bain alcalin, ensuite avec celui d’un bain acide, et après plusieurs expériences j‘ai pu en modifiant sans cesse les proportions, constater que l’acide formique exerçait une action des plus actives quand la plaque avait été rendue sensible par un bain décidément acide.
» On arrive au degré convenable d’acidité avec 3 gouttes d’acide nitrique concentré ajoutées a un demi-litre de bain contenant 2gr, 27 de nitrate d’argent pour 31 grammes d’eau distillée; quant au bain révélateur, il se fait de la manière. suivante :

Eau distillée ……………………………………...200 gr
Acide pyrogallique ………………………………1,22
Acide formique …………………………………..26
Alcool ……………………………………………20

» Le collodion que j’emploie est fabriqué, par M. Thomas, de Londres, et contient de l’iodure de potassium et de l’iodure de cadmium. La plaque doit rester environ 3 minutes dans le bain d’argent lorsqu’il est neuf, et de 5 à 6 minutes lorsqu’il a servi pendant quelque temps. Le maximum de la sensibilité est donné par un bain de nitrate d’argent neuf. Quand la plaque est retirée du bain, on doit bien l’égoutter, jusqu’à ce qu’il ne reste presque plus de nitrate d’argent liquide dessus. On observe, lorsque le bain révélateur est versé sur la plaque, que l’image apparaît immédiatement.avec de très-beaux demi-tons et que les blancs sont très-brillants. La pose à une distance de 7m, 50 lorsque le temps est beau et qu’on opère avec une lentille de Voigtlander de 76 millimètres de diamètre et un foyer de 19 centimètres, est instantanée, ainsi que M. Balard s’en est assuré lui-même à Londres par des expériences que j’ai faites devant lui.
» En résumé, par ce mode d’emploi de l’acide formique, on. obtient les avantages suivants :
« 1º L’image apparaît aussi vite qu’avec le protosulfate de fer et avec plus d’intensité,
« 2º Si la pose a été le temps voulu, on n’a pas besoin d’intensifier le négatif comme on le fait généralement lorsqu’on emploie le protosulfate de fer.
« 3º La pose est six fois plus courte par ce procédé que par le procédé ordinaire du bain neutre et le bain révélateur d’acide pyrogallique et d’acide acétique.
« On consoit que si l’image peut être produite instantanément sous les châssis de verre de la chambre où l’ont opère et à une distance de 7m, 50, un procédé d’une telle rapidité doit être d’une grande utilité pour fixer l’image d’objets mouvants. Jusqu’à présent, je n’ai pu trouver le temps de faire des essais de ce genre.
« Je ne connais pas le procédé employé par MM. Ferrier, Warnod, Wilson, England et Breese, pour obtenir les belles vues instantanées que l’on admire à l’Exposition internationale; mais je ne doute pas que l’action accélératrice de l’acide formique, si elle n’est pas mise à profit dejà par ces habiles opérateurs, ne soit susceptible de produire dans leurs mains des résultats encore plus extraordinaires. »

1862, 28 de Setembro - L’AMI DES SCIENCES

1862, 28 de Setembro
L’AMI DES SCIENCES
T. VIII
8eme Année
nº 39
Pag. 624
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Faits divers.
M. Bisson, le célèbre photographe qui a tant fait pour donner une idée exacte des dificultés qu'on éprouve pour exécuter une ascension même sur des pics déjà explorés et relativement connus, n'a pas été si heureux que précédemment dans sa derniére expédition au sommet du mont Blanc. Jusqu'aux Grands-Mulets, aucun accident n'entrava sa route, dit le Moniteur. Il prit plusieurs points de vue et se dirigea vers le passage des Échelles, où lui et ses compagnons franchirent des ravins de 100 mètres de profondeur en rampant un à un sur des échelles horizontales.
Un pont de glace et de neige, qui servait de passage pour parvenir jusqu'aux grands plateaux, s'était brisé, laissant devant le voyageur un abîme infranchissable et interdisant complétement l'approche du dôme de Goûté. Cependant trois des guides parvinrent à se frayer une route jusqu'au sommet du mont Maudit, et, grâce à leur aide, l'expédition photographique parvint à continuer sa route. A chaque instant, de nouvelles difficultés surgissaient. Il falut tailler huit cents marches avant d'arriver au corridor qui, dans quelques endroits, avait une inclinaison de 50 degrés. Lorsque M. Bisson parvint au sommet après tout ce travail, il trouva que l'argent de ses plaques avait cristallisé, à cause de l'intensité du froid auquel elles avaient été soumises, la température étant descendue à 2 degrés, même à midi. Il descendit sans accident de la hauteur qu'il avait si laborieusement atteinte; mais, le lendemain, il recommença sa tentative, et, plus heureux cette fois, nous pensons qu'il put opérer sans dificulté.
(Presse scientifique des Deux Mondes.)

domingo, 19 de abril de 2009

1862, 1 de Outubro - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Outubro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . quesneville
chez m. quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie - Paris
T. IV
139º Livraison
Pags. 628, 629, 630, 631, 632, 633, 634, 635, 636
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EXPOSITION DE LONDRES.
LISTE EXPLICATIVE DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES A LA CLASSE XIV.
(Photographie et appareils photographiques.)

Londres, le 25 juillet 1862 (1)([i])
Monsieur le Directeur,

Vous m'avez prié de vous adresser, aussitôt que possible, la liste des récompenses décernées aux exposants photographes: cette liste est parue depuis quinze jours et j'aurais dû, depuis cette époque, déjà vous l'envoyer; mais il est arrivé ceci de curieux, que quoique je crusse connaître à fond l'Exposition, j'ai rencontré sur la liste officielle des noms que je n'avais pas remarqués. Ce fait se produit souvent, vous le savez, dans les grandes Expositions, et dans l'entassement prodigieux de choses de toute espèce que cclles-ci renferment, le critique en néglige souvent, et sans le vouloir, des plus importantes. J'ai donc dû reprendre mon examen, la liste officielle à la main, et c'est ce travail explicatif que je vous envoie. Malgré tous mes soins, il n'est pas encore complet; sans doute, tous les noms récompensés y figurent, mais il est quelques photographes étrangers dont, malgré tous rnes soins, je n'ai pu découvrir les œuvres et sur lesquels par suite, je ne pourrai guère vous donner que les appréciations officielles.
C'est qu'aussi les dispositions matérielles adoptées à Londres ne sont guère faites pour rendre facile l'examen des épreuves exposées. J'ai déjà eu l'honneur d'entretenir vos lecteurs de ce sujet au moment même de l'Exposition. Toutes les épreuves sont disséminées, les unes à gauche, les autres à droite, et souvent l'on doit parcourir des milles entiers pour passer des unes aux autres. Cette absence d'ensemble est fâcheuse à tous les points de vue; je ne parle pas, bien entendu, des jambes des visiteurs, qui, cependant, elles aussi, méritent un certain intérêt; mais il en résulte une excessive difficulté d'appréciation, et le danger presque inévitable de faire des oublis graves. Sans aucun doute, il serait de beaucoup préférable d'exposer ensemble les œuvres similaires de toutes les nations; peut-être bien des gens combattront-ils cette proposition et diront-ils qu'il vaut mieux laisser chaque nation masser à sa guise ses divers produits. Je ne discuterai pas cette manière de voir lorsqu'il s'agira de machines, de soieries ou de porcelaines, car je suis incompétent, je l'avoue, mais pour ce qui est des photographies, je maintiens mon dire et je soutiens que l'examen en eût été plus agréable, plus facile et plus sûr, si toutes se fussent trouvées réunies les unes à côté des autres, ainsi que cela se pratique dans les Expositions photographiques ordinaires.
Il serait bon aussi que l'arrangement matériel fût confié à la même personne; on éviterait ainsi de voir, en telle contrée, un arrangement intelligent et soigné, et en telle autre des dispositions maladroites et absurdes. Pour n'en citer qu'un exemple, il est bien certain qu'une bonne part du succès éclatant qui a placé la photographie française au pinacle, est dû à la manière adroite et vraiment artistique adoptée par les commissaires français, tandis que la photographie anglaise produit un effet véritablement piteux, quoiqu'elle abonde en paysages adorables, et cela parce qu'elle est entassée dans une salle unique, carrée, traversée par un paravent par ci, par une vitrine par là, parce que pour l'atteindre le visiteur doit abandonner en réalité la grande Exposition, monter à des galeries véritablernent polaires, et cela à travers des escaliers en briques jaunes où la lumière ne pénètre pas et sur les murs desquels on a étalé d'affreuses pancartes d'histoire naturelle, etc.
Si l'on cherche à juger la valeur intrinsèque des épreuves, en faisant abstraction de ces différences d'arrangement si fàcheuses pour les exposants anglais, on arrive à reconnaître que néanmoins et malgré tout, la France a pris cette année et sans conteste la tête de la photographie. Son exposition est riche et variée ;il est facile de reconnaître que les choix ont été faits avec sobriété; tous les procédés nouveaux, tous les genres nouveaux y figurent. L'exposition anglaise est plutôt, disons-le franchement, une collection de paysages et de cartes de visite; on y trouve cependant aussi des reproductions, des essais deprocédés nouveaux, etc., mais en petit nombre. L'Allemagne, ou mieux le Zollverein, comme on est habitué à la désigner ici, compte quelques bons représentants, à la tête desquels brille d'un éclat incomparable M. Albert, de Munich; son exposition est, après les produits français, ce qu'il y a de mieux ici. Du reste, elle est en beau jour, bien exposée, et son mérite intrinsèque est encore augmenté par les dispositions intelligentes qui ont présidé à son arrangement. La Russie, comme nous le verrons, a de belles épreuves; la Belgique n'est pas représentée comme elle le mérite; si l'on en excepte les splendides reproductions de M. Fierlants, on ne retrouve parmi les produits belges rien de bien saillant. Les autres contrées, sauf quelques exceptions toutes personnelles, ne figurent guère à l'Exposition que comme mémoire, et l'on ne saurait dire qu'il existe une photographie espagnole, une photographie suisse, etc. C'est du reste ce que le lecteur pourra facilement apprécier en suivant pas à pas la liste suivante, renfermant tous les noms récompensés, à côté de chacun desquels nous avons placé quelques réflexions qui nous sont toutes personnelles et que nous ne forçons pas le lecteur à considérer comme des articles de foi.
Disons d'abord que parmi les jurés se trouvaient deux exposants anglais, MM. Claudet et Thompson, et que ceux-ci n'ont pu, par suite, prendre part au concours: sans cette particularité, nul doute que l'un et l'autre eussent obtenu une médaille. Cependant,il serait injuste de ne point faire ressortir l'infériorité des produits exposés par M. Claudet, vis-à-vis des produits français du même ordre. Ce sont principalement des portraits grandis à la chambre solaire de Woodward, et, je ne sais pourquoi tous ces agrandissemcnls sont revêtus d'une teinte grisâtre désolante dont sont bien exempts les produits de MM. Aguado, etc. Et cependant les pctits clichés qui ont servi au grandissement sont beaux et vigoureux et, nous savons ce que peut faire M. Claudet. C'est donc, sans nul doute, une question de procédé, et au nom de la photographie anglaise qu'il honore si fort aujourd'hui, nous engagerons M. Claudet à rechercher un moyen nouveau pour renforcer ses clichés grandis.
Quant à M. Thompson Thurston, nous ne pouvons qu'admirer franchement ct sans réserve ses magnifiques reproductions. Cela dit, occupons-nous des artistes récompensés.
Médailles.

ANGLETERRE.
Association d'amateurs photographes. - Cette association, qui, créée il y a quelques, années se propose l'échange des plus belles œuvres photographiques, possède une magnifique exposition d'œuvres sur lesquelles, malheureusement, nous n'avons pas trouvé le nom des auteurs; ce sont des reproductions de gravures, de ruines, des vues de monuments, etc., des vues de mer obtenues d'une manière instantanée; on y rencontre aussi quelques essais de composition, mais, comme toujours, c'est là un genre d'épreuves guindé et peu satisfaisant pour l'imagination.
Beckley. - Epreuves photographiques des taches du soleil, et application de la photographie aux études astronomiques.
Bedford - Cette exposition comprend des intérieurs et des paysages; ceux-ci, qui offrent avec ceux de M. Vernon Heath une grande analogie, sont d'une douceur, d'un velouté inexprimables. L'auteur excelle surtout dans la reproduction des lierres et des arbres touffus.
Breese. - C'est le lion de l'Exposition. Maintefois déjà nous avons parlé de ses instantanéités. Les trois plus remarquables sont une falaise vue de nuit avec la pleine lune à l'horizon; épreuve étourdissante et adorable de poésie; une grève sur laquelle vient se briser une vague dont chaque gouttelette est clairement visible et au-dessus de laquelle deux mouettes traversent l'air les ailes déployées; enfin une chute d'eau dont tous les détails sont aussi bien définis que s'ils étaient dessinés à la main. Il est impossible de concevoir une instantanéité plus vraie, plus absolue, et combien on doit regetter que le procédé de M. Breese ne soit pas entre les mains de tous! car, pour un procédé, il y en a un, et ce n'est pas au moyen de ce que les Français appellent des ficelles photographiques que ces épreuves ont été obtenues.
Colnaghi et Comp. - Grandes et belles épreuves de reproductions d'objets d'antiquité, de cartons de l'école italienne, tous produits d'une grande utilité pour l'étude des beaux-arts,
Dallmeyer. - Objectifs photographiques.
De La Rue. - On connaît les beaux travaux photo-astronomiques de M.de La Rue; la foule s'arrête émerveillée devant ses épreuves du soleil (éclipse du 18 juillet 1860 et surtout devant ses magnifiques épreuves de la lune, mesurant environ 25 centimètres de diamètre, et qui, obtenues à loisir, présentent des détails d'une finesse extraordinaire.
Fenton (Roger). - Les épreuves de paysage de M. Roger Fenton sont des plus belles; comme nouveauté, il présente cette année des groupes de fleurs et de fruits extrêment remarquables.
Frith. - Vues d'Egypte, ne présentant rien de bien saillant.
Heath (Vernon). - Un des maîtres de la photographie anglaise; expose un grand nombre de paysages d'une grande finesse, d'une grande douceur dans le caractère des gravures anglaises.
James (colonel Henry). - On sait quels sont les travaux de M. James, et comment prenant en main les procédés qui, imaginés par M. Poitevin, ne pouvaient, malgré tous les efforts de celui-ci, passer dans la pratique, il en a fait une industrie grande et sérieuse, qui rend à l'amée anglaise les services les plus considérables. Son exposition comprend des cartes, manuscrits, etc., d'une grande finesse, grandis, réduits et tirés par la photographie, photopapyrographie, etc.
London stereoscopic Company. - Cette société, qui a payé 40,000 fr. le droit exclusif de photographier dans le Palais de l'Exposition, nous montre une collection très-nombreuse de stéréoscopes de tout genre et de toute espèce, généralement bien réussis.
Mayall. - Un des premiers portraitistes anglais; ses portraits ordinaires sont très-bons, peut-être cependant un peu mous; il expose aussi une épreuve grandie et peinte.
Mudd. - Épreuves de paysage obtenues sur collodion albuminé, que l'auteur pratique avec un grand succès; malheureusement le tirage des positifs est très-défectueux, et il en est déjà bon nombre qui jaunissent.
Negretti et Zambra. - Grands opticiens de Londres, MM. Negretti et Zambra s'occupent avec succès d'épreuves photohraphiques; plus qu'aucun autre, ils ont réussi dans l'application de la photographie aux illustrations des livres.
Piper. - Expose de très-beaux paysages, bien feuillus, et remarquables par la réussite des parties vertes; ces paysages, sur collodion humide, sont de grandes dimensions.
Ponting. - Échantillons de collodion ioduré sensible.
Pretsch. - Épreuves de gravure photographique. - Nos lecteurs connaissent le procédé de M. Pretsch, et nous aurions été heureux de leur annoncer son succès; mais, malheureusement, il y a là deux sortes d'épreuves: les unes, fort belles, portent l'inscription touched, et par suite n'ont guère de signification; les autres, not touched, sont peu remarquables.
Robinson. - Parmi les photographes anglais, il en est peu qui fassent autant d'efforts pour créer la composition photographique; c'est pour lui un véritable culte; il en montre cette, année un exemple supérieur aux précédents: c'est une jeune fille, les cheveux épars, étendue sur une barque qui coule au fil de l'eau. Sans doute il y a là des qualités; mais le problème de la composition photographique n'est pas encore résolu, et il suffit de passer aux galeries de peinture et de comparer cette épreuve à la martyre chrétienne de Paul Delaroche, devant laquelle nos belles Anglaises se pressent à l’envi.
Ross. - Objectifs photographiques.
Rouch. - Délicieux petits paysages obtenus avec une chambre binoculaire dont il est l'inventeur.
Sidebotham. - Beaux paysages sur collodion albuminé, bien doux, d'une grande transparence, et offrant avec ceux de notrc célèbre transfuge, M. Maswel Lyte, la plus grande analogie.
Talbot (Fox).- On sait que M. Fox Talbot est le père de la gravure photographique; mais on ne peut s'empêcher de reconnaitre que les enfants ont marché plus vite que le père, et d'avouer que les petites planches sur cuivre de M. Talbot sont à mille coudées au-dessous des splendides, gravures exposées en France par M. Ch. Nègre.
White. - Paysages très-beaux, ana1ogues à ceux de MM. Lyte, Bedford, etc.
Williams. - Bons portraits photographiques, mais inférieurs à ceux de M. Mayall.
Wilson. - Partage avec M. Breese les honneurs de l'exposition anglaise au point de vue de la production des instantanéités, vues de mer, vaisseaux, etc. Le procédé n'est point connu.
Osborne (Australie). - Photolithograhie. - M. Osborne est, dit-on, l'inventeur d'un procédé particulier, mais ce procédé n'est en réalité qu'une variante de la méthode Poitevin.
Notmad (Canada). - Dr Simpson (Indes). - Mullius (Jersey). - Daintree (Victoria). - Haigh (Victoria). - Nettleton (Victoria). - Épreuves diverses, vues des colonies anglaises, portraits de types indigènes de l'Inde, de l'Australie, etc., d'une bonne réussite.
AUTRICHE.
Angerer. - iL est peu de portraits aussi beaux, aussi largement posés et magnifiquement exécutes que ceux de M. Angerer; le visage en est superbe, les demi-teintes d'une douceur infinie; nos lecteurs ont pu, d'ailleurs, en apprécier de beaux spécimens à l'Exposition photographique de Paris en 1861.
Dietzler. - Objectifs photographiques.
Ponti. - Invention d'un appareil qu'il nomme alétoscope, et dont le but est de communiquer a une grande épreuve unique une apparence de relief.
Voigtlander et fils. - Il est à peine besoin de rappeler que MM. Voigtlander et fils sont les premiers fabricants du monde pour les objectifs photographiques.
BADE.
Dr Lorent. - Le docteur Lorent est le premier qui soit, il y a quelques années, entré dans la voie de production des grandes épreuves directes; ses travaux que nos lecteurs ont pu apprécier aux expositions précédentes comprennent surtout de magnifiques vues de Venise, des détails de l'église Saint-Marc, etc. Parmi celles que compte l'Exposition de Londres, nous avons remarqué surtout un Pont des Soupirs d'une fort belle exécution.
BAVIÈRE.
Albert. - Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'exposition de M. Albert est une des plus belles et des plus riches de 1862; ce sont des raproductions de tableaux, au milieu desquels figure une magnifique collection des dessins de Kaulbach, représentant des sujets de divers ouvrages de Gœthe. Ces reproductions, qui n'ont pas moins de 60 à 70 centimètres de côté, sont d’une netteté, d'une finesse remarquables; les ombres sont fermes et accusées, et néanmoins les fonds sont d'une blancheur parfaite. C'est là, on le sait, une grande difficulté vaincue. Toutes les autres reproductions de M. Albert sont à la hauteur de celles-ci.
Belgique.
Fierlants. – La popularilé de M. Fierlants est aujourd'hui européenneh; c’est à lui que le gouvernement belge a confié le soin de reproduire les œuvres principales des musées de Liége, d'Anvers, etc. Sous sa main habile, les œuvres les plus celèbres de l'école flamande revivent et se vulgarisent; celles que renferme le palais de Cromwell-Road sont des plus belles et font à cet habile artiste le plus grand honneur; ses épreuves sont obtenues sur albumine.
FRANCE.
Aguado (le comte O.). - Ce photographe habile n'expose que des épreuves agrandies; mais il est juste de dire qu'elles sont incomparables, et que, pas plus en Angleterre qu'en France, personne n'approche de la sûreté, de la fermeté de tons que revêtent ces agrandissements. Les attelages de bœufs qu'expose M. le comte Aguado sont parfaits de tous points, et aucune épreuve directe ne saurait fournir des produits aussi artistiques. M. le comte Aguado emploie, du reste, le bon moyen: il fait d'abord un petit positif de la grandeur du cliché original, puis, avec ce petit positif, un grand cliché grandi, auquel il sait donner l'intensité voulue, et dont il se sert pour un tirage courant de positifs.
Aguado (le vicomte O.). - M. le vicomte Aguado marche sur les traces de son frère; comme lui, il n'expose que des épreuves grandies, presque aussi bien réussies, mais d'un genre différent, et représentant uniquemcnt des vues de mer.
Alophe. - Les portraits de M. Alophe sont fort beaux, et parmi les exposants français il est, sans aucun doute, celui qui entend le mieux l'arrangement et le choix artistique des modèlcs.
Baldus. - Un des plus anciens photographes français: expose de grandes vues de monuments pleines de détails et de finesse, mais auxquelles nous ne pouvons nous empêcher de reprocher un manque de modelé qui probablement vient du tirage des positifs auxquels M. Baldus communique un ton charbonneux peu agréable a l'œil.
Bayard et Bertall. - Belle collection de portraits dont quelques-uns surtout ont, pour l'amateur sérieux, des valeurs de finesse et de modelé tout exceptionnellcs.
Bertaud. - Objectifs photographiques.
Bertsch. - Chambre noire automatique, appareil de grandissement et épreuves obtenues par leur moyen. J'ai, ici même et plus d'une fois, insisté sur le mérite des appareils si ingénieux qu'a inventés M. Bertsch, et dont l'emploi me paraît être le nec plus ultà des facilités photographiques, je n'y reviendrai donc pas, me contentant de dire que l'Exposition universelle renferme de beaux et bons spécimens d'épreuves grandies obtenues par M. Bertsch, et montrant tout le parti qu'on peut tirer de ces appareils.
Bingham. - Le nom de M. Bingham est aussi célèbre en Angleterre qu'en France, et les amateurs se disputent ses belles reproductions de talbleaux modernes, si fines et si exactes.
Bisson frères. - Une des gloires photographiques que l'Angleterre envie le plus à la France; ardents et courageux, MM Bisson frères ne connaissent plus d'obstacles; apres avoir photograhié sur collodin humide les plus âpres sommets des Alpes, ils n'ont pas craint d'attaquer le Mont-Blanc, et deux fois, de leurs ascensions aujourd'hui célèbres, ils ont rapporté de magnifiques panoramas de montagnes, de pics, de glaciers, aussi utiles que bien exécutés. Outre ces vues, leur exposition comprend des paysages des portraits, des reproductions d'un excellent travail.
Braun. - Beaux panoramas représentant l'un 1a Yungfrau, l'autre la ville de Mulhouse; groupes de fleurs d'une beauté toute spéciale et d'une grande utilité pour les dessinateurs sur indiennes (calico-printing).
Cammas. - Voyageur audacieux et infatigable. M. Cammas est allé demander à 1'Egypte ses aspects les plus curieux, ses vues les plus célèbres De ses courses hardies il a rapporté une admirable collection d'épreuves de grande dimension. Celles-ci sont aussi belles que si l'auteur avait été développer son appareil â l'île de Wight ou à Versailles; leur finesse, leur douceur ne peuvent être comparées qu'a celles que possèdent les épreuves faites à loisir par nos meilleurs artistes; c'est un véritable tour de force fait sous une temperature de 45 degrés centigrades.
Darlo'. - Objectifs photographiques.
Davanne et Girard. - Les deux savants chimistes de la société de Paris ont exposé quatre cadres où, par des spécimens peu artistiques mais d'une grande utilité, ils nous montrent quelles conditions doit remplir un bon positif: la nature du papier, la dose du sel, celle de nitrate, l'influence du fixage, etc., et ou ils terminent en nous apprenant comment, au moyen du chlorure d'or, on peut arrêter les ravages du temps sur une épreuve photographique. M. Girard expose en outre une collection d'épreuves du soleil obtenues pendant l'éclipse du 18 juillet 1860, et qui, tout inférieures qu'elles sont à celles de M. de La Rue, ont cependant un grand intérêt. M. Davanne, de son côté, expose une collection de paysages très-beaux et très-bien réussis sur collodion albuminé.
Delessert (Édouard). - Un des photographes les plus ardents à l'étude des grandissements; les épreuves exposées cette fois par M. Delessert attestent d'ailleurs un progrès notable sur celles obtenues par cet artiste en 1861. Cette année, il a moins cherché l'exagération, et ses œuvres sont bien supérieures. Les grandissemcnts de l'Arc de triomphe de Paris, de la nouvelle Église russe, etc., sont de très-grande taille, et cependant présentent de la douceur et du modelé;on peut cependant leur reprocher encore ce ton grisâtre que M. le comte Aguado seul, jusqu'à présent, a su éviter, et qui donne aux grandissements de MM. Claudet et Mayall un aspect si peu agréable.
Derogy. - Objectifs photographiques.
Disderi. - M. Disderi est un des photographes les plus à la mode de Paris; cependant, j'avoue ne pas aimer beaucoup ses épreuves, elles me semblent rentrer trop franchement dans l'art bourgeois; elles n'ont ni la douceur et la finesse des portraits anglais, ni la vigueur que savent imprimer à leurs épreuves quelques photographes français, tels que MM. Nadar et Salomon. Cependant, le succès de M. Disderi nous donne probablement tort. A côté de ses cartes de visite et portraits ordinaires, M. Disderi expose des agrandissements qui, gris et monotones, pèchent par les mêmes défauts que ceux de scs concurrents.
Duboscq. - Appareils et objectifs photographiques; application de la lumière électrique à l'éclairage des modèles, etc.
Duvette et Romanet. - Les reproductions d'architecture (bas-reliefs, etc.) faites par ces photographes sont d'une très-grande dimension, et malgré cela elles présentent une finesse, une douceur et une fermeté extraordinaires.
Fargier. - Auteur du nouveau procédé au carbone, consistant à laver la couche de gélatine chromatée par-dessous, afin de conserver les demi-teintes. Il faut le dire franchement, M. Fargier est jusqu'ici le seul qui ait produit avec le charbon de véritablcs épreuves artistiques, capables de lutter avec celles obtenucs par les sels d'argent. Les spécimens qui figurent à Londres ne laissent rien à désirer.
Ferrier. - Fatigué sans doute des éloges que chacun prodigue à ses admirables instantanéités, sur lesquelles il saisit chevaux et piétons au milieu d'un mouvement, M. Ferrier a voulu exposer des épreuves positives transparentes sur albumine, de grandes dimensions. Pour ces grandes épreuves, comme pour les petites, les éloges sont les mêmes.
Garnier et Salmon. - On doit à ces inventcurs un procédé au charbon, différent de celui de M. Poitevin; au lieu de mélanger la poudre de charbon à la gélatine chromatée, ceux-ci saupoudrent la couche, au sortir du châssis, avec du noir en poudre qui adhère seulement aux parties non insolées; les spécimens de leur procédé sont très-satisfaisants.
Jeanrenaud. - Les photographes anglais ont toujours bien envie de compter M. Jeanrenaud comme étant des leurs; ses délicieuses épreuves (paysages, arbres, eaux, etc.) ont en effet toutes les qualités des épreuves de MM. Bedford, Heath, Lyte, etc; mais il faut se hâter de le dire, elles ont de plus que celles-ci une fermeté qui, réunie à leur transparence, constitue le véritable desideratum de la photographie.
Lafon de Camarsac. - Les épreuves sur papier auront toujours, quoi qu'on fasse, bion des chances de disparaître; pour obvier à ce terrible inconvénient, M. Lafon de Camarsac a, le premier, eu l'idée de vitrifier ses épreuves sur porcelaine, sur émail, etc. Son industrie, bien nouvelle encore, est cependant déjà arrivée à un grand point de perfection; aussi ses portraits sur porcelaine, montés en broches, médaillons, etc., ont-ils un très-grand succès.
Lyte (Maxwell). - Pourquoi M. Maxwell Lyte est-il au milieu de l'Exposition française? Anglais par la nationalité, il l'est aussi par son genre de talent. Peut-être s'est-il senti plus à l'aise au milieu des photographes français, dont le style diffère si complétement du sien, qu'au milieu des photographes anglais, dont plusieurs offrent avec lui une grande analogie. Quoi qu'il en soit, ses épreuves sont des plus helles; ses paysages, doux et vaporeux, sont pleins d'air et de lumière, et malgré les progrès de ses concurrents, M. Lyte reste encore au premier rang des paysagistes.
Marville. - L'exposition de M. Marville est belle, mais elle disparait tout entière devant une seulc de ses épreuves: un paysage représentant une petite île boisée, qui, de l'aveu de tous et sans conteste, est le plus heau de tous ceux que renferme 1'Exposition. Les autres épreuves sont des reproductions de tableaux, de cartons, etc.
Muzet. - Bonnes épreuves de rochers, montagnes, etc., fermeté dans les contours, transparence des fonds, beauté du visage, pittoresque des vues, rien n'y manque.
Nadar. - L'exposition de M. Nadar offre un intérêt sérieux; non-seulement on y trouve des spécimens montrant sa production ordinaire de portraits vifs, un peu heurtés peut-être, mais toujours riches d'effet, mais encore de nouveaux procédés; un des premiers il s'est adonné à la photographie (négative et positive) par l'éclairage électrique, et les épreuves exposées par lui prouvent le succès qu'il a obtenu en opérant ainsi.
Nègre (Charles). - M. Charles Nègre a résolu de la manière la plus brillante et la plus certaine le grand problème de la gravure héliographique: tous les gens compétents s'accordent à le reconnaître, aucune étude n'est plus à faire, il n'y a plus qu'à appliquer les procédés indiqués par cet habile graveur. Ses magnifiques planches, qui ne mesurent pas moins de 60 centimètres de côté, seraient inimitables par le burin le plus habile. On sait que M. Nègre obtient ces beaux résultats en ne laissant l'acide mordre la planche que peu à peu, et en réservant chaque fois les parties creusées au moyen d'un dorage galvanique partiel.
Niepce de Saint-Victor. - A côté des magnifiques résultats pratiques obtenus par M. Nègre, il est intéressant de considérer les travaux théoriques par lesquels M. Nicpce de Saint-Victor a fait faire de si grands progrès à la photographie. Ses gravures sur acier, ses épreuves sur albumine, ses gravures sur marbrc, etc., et enfin les épreuves coloriées obtenues par lui d'après les procédés de M. Becquerel, excitent au plus haut degré l'intérêt et l'admiration des savants et des photographes.
Poitevin. - Les inventions que représentent les produits exposés par M. Poitcvin sont nombreuses et importantes. Ce sont la lithophotographie, la confection des épreuves au charbon, des épreuves en couleur, des épreuves vitrifiées, etc. La photographie doit donc beaucoup à M. Poitevin; mais il ne faut pas s'y tromper, ce sont là plutôt des prémisses qu'autre chose, et, esprit ingénieux avant tout, M. Poitevin aime à faire les semailles et laisse aux autres la moisson.
Robert. - Très-belles épreuves photographiques représentant des paysages et des vases de Sèvres.
Warnod. - M.Warnod s'est créé une spécialité où il excelle, l'obtention de grandes épreuves instantanées. Ses vues du Havre, entrée du port, bateaux à la voile, steamers sous vapeur, réalisent à ce point de vue tout ce qu'on peut désirer.
GRÈCE.
Constantin. - Vues de la Grèce d'une bonne réussite.
VILLES HANSÉATIQUES.
Krüss. - Objectifs photographiques.
ITALIE.
Alinari frères. - Les reproductions de monuments, les paysages, et surtout les beaux Panoramas de Venise, etc., ont donné à MM.Alinari frères une grande célébrité.
Van Luit. - Épreuves photographiques de mérite.
PRUSSE.
Busch. - Appareils photographiques.
Oehme et Jamrath. - Beaux portraits. On ne peut que donner des éloges aux clichés, mais malheureusement il n'en est pas de même des positifs, qui sont tirés dans un ton gris bleuâtre dû certainement à l'emploi de sels d'or acides dont l'effet est fâcheux.
Schering. - Produits chimiques et objectifs photographiques.
Wothlt. - M. Wothly est l'inventeur du procédé de grandissement dont M. Disderi fait usage en France; il en montre des spécimens; un groupe surtout représentant un homme et une femme assis, est extrêmêment remarquable par sa netteté et l'absence de déformations, mais, comme toujours, les positifs sont tirés dans un ton gris peu agréable à l'œil.
ROME.
Cuccioni. - Les reproductions de monuments faites par M. Cuccioni sont d'une beauté extraordinaire. Son Colosseum, qui ne mesure pas moins de 1m.50 sur 0m.50,est un des plus beaux produits que l'art photographique ait fournis jusqu'ici.
Dovizielli. - L'exposition de M. Dovizielli renferme des reproductions de fresques exécutées dans de grandes dimensions et d'une magnifique réussite.
RUSSIE.
Denier. - Collection de très-beaux portraits exécutés dans le genre français; nous en avons remarqué quelques-uns d'une beauté exceptionnelle; un entre autres, représentant un soldat, la tête couverte de fourrures, attire l'attenlion générale. On compte aussi dans cette exposition quelques por'traits amplifiés.
SAXE.
Manecke. - Épreuves photographiques bien réussies.
SUÈDE.
Manerke. - Portraits photographiques d'une belle exécution.
Telles sont les principales remarques que m'a suggérées l'examen des épreuves médaillées à 1'Exposition universelle; sans doute il serait intéressant de poursuivre la même étude sur les épreuves récompensées par des mentions honorables, mais l'espace manque, et je dois me contenter d'en enregistrer ci-dessous la liste sans y ajouter aucune réflexion.
MENTIONS HONORABLES.
Angleterre. - Austen (appareils). - Barrable. - Beatty (gravures lithographiques). - Bland et Comp. (appareils). - Bourguin et Comp. (albums pour photographies). - Brothers (épreuves coloriées). - Bull (accessoires et fonds photographiques). - Burnett. - Comte de Caithness. - Cox. - Cramb frères (vues de Palestine). - Cundall, Downes et Comp. - Dancer (photographie microscopique). - Davis (chambre pour voyage). - Gordon. - Green (épreuves coloriées). - Hare (chambres noires). - Hemphill. - Hemah. -Hering. - Highley (appareils). - Hill. - Hockin et Wilson. - Hopkin et Williams (produits chimiques). - Horne et Thornethwaite. - Vicomtesse Jocelyn. - Kilburn (épreuves coloriées). - Lock et Whitfield (épreuves coloriées). - Maclean, Melluish et Comp. (appareils). - Mayland. - Meagher (appareils). - Moule (appareils pour prendre les portraits de nuil). - Murray et Heath (appareils, tentes de voyage). - Olley (photographie microscopique). - Ottewill (chambres noires). - Ramage (photolithographie). - Reeves (photographie microscopique). - Rejlander. - Ross et Thompson. - Russell. -Sedgefield. - Skaife (appareils pour vues instantanées). - Smyth Lindon. - Smyth et Blanchard. - Salomon (appareils). - Sutton. - Thompson. -Traer (photographie microscopique). - Wardley. - Warner (agrandissements). - Wortley-Stuart. -Wright (appareil portatif). - Claudet (Colombie). - Tucker (Guiane Anglaise). - Sellon (Indes). - X... (Jamaïque). - Cox et Lukin (Melbourne). - Bowren et Cox (New-Brunswick). - Crombie (New-Zealand). - Challingor (Queensland). - Wilder (id.) - Hall (Australie). - Allport (Tasmanie). - Bachleder et O'Neill (Victoria). - Charlier (id.) - Davis (id.) - Johnston (id.).
Autriche. - Leman. - Leth (épreuves au carbone). - Melingo. - OEstermann. -Rupp. - Widter. - Gypen et Frisch.
Belgique. - Ghemar frères. - Mascré. - Michiels. - Neyt (microscopie phot.).
Danemark. - Hausen. - Lange. - Striegler.
France. - Albitès. - Aleo. - Marquis de Berenger. - Berthier. - Blanc. - Bobin. -Breton (Mme). - Briois (produits chimiques). - Carjat. - Charnay. - Charavet. - Collard. - Cremière. - Dagron (bijoux photographiques). - De Clercq. - Delondre. - Delton. - De Champlouis. - Garin (produits chimiques). - Gaumé. - Hermagis (objectif). - Jouet. - Ken. - Koch (appareils). -Lackerbauer (microscopie). - Laffon (écrans en soie). - Lécu (appareils). - Lemercier (photo lithographie). - Mailand. - Marion (papier phot.) - Masson. - Mayer et Pierson. - Michelez. - Millet (objectifs). - Moulin. - Pesme. - Plessy (produits chimiques). - Potteau. - Puech (produits chimiques). - Quinet. - Richebourg. - Rolloy (produits chimiques). - Roman. - Silvy. - Tournachon. - Villette (agrandissements à la lumière électrique).
Francfort. - Hamaker.
Iitalie. - Roncalli (photographie microscopique).
Mecklenbourg-Schwerin. - Dethleff.
Hollande. - Van Eyck (copies de gravures).
Norwége. - Selmer (types d'indigènes).
Perse. - Luigi Pesce (vues de Téhéran).
Portugal. - Silveira.
Prusse. - Beyrich (papier phot.). - Kunzmann (papier phot.). - Minutoli. –
Schauer.
Russie. - Mieczkowski. - Gabriel de Ruimne.
Suède.-Unna et Höffert.
Suisse. -Georg. - Poncy. – Vuagnt.
États-Unis. - Dexter.
Wurtemberg. - Sprösser.
A cette liste, on doit ajouter une mention honorable accordée à un exposant anonyme du Zollverein, ce qui porte le nombre des médailles à 85 et celui des mentions honorables à 147.
Th. BEMFIELD.
([i]) (1) L'abondance des matières nous a empêché de publier plus tôt cet article, qui aurait dû paraître dans notre numero du 15 août dernier.