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domingo, 26 de abril de 2009

1861, 1 de Janeiro

1861, 1 de Janeiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. III
97º Livraison
Pags. 13, 14, 15
*
REVUE DE PHOTOGRAPHIE
Sommaire. - Services rendus par la photographie. - Reproduction des manuscrits du monastère do Mont-Athos, par M. le comte de Sewastianoff. - Reproduction du manuscrit Sforza, par M. C. Silvy. - Virages alcalins au chlorure d’or. - Formules de MM. Bayard, Maxwell Lyte et l'abbé Laborde. - Mode d'opérer.

Ce serait, à coup sûr, l'une des statistiques les plus intéressantes de notre temps que celle qui se proposerait pour but d'établir dés aujourd'hui le bilan de la photographie. Dans cette intéressante étude, on verrait défiler un nombre déjà considérable d'industries inconnues il y a vingt ans : les opticiens, les constructeurs d'appareils, les ébénistes, les fabricants de cadres, de papiers, de produits chimiques, les marchands d'estampes, et enfin les photographes eux-mêmes assistés de leurs aides, de leurs préparateurs, de leurs employés, viendraient former une phalange nombreuse et serrée, dont tous les membres devraient à la photographie les uns le pain de chaque jour, les autres l'aisance, quelques-uns enfin la fortune. Mais ce qui sera-it plus curieux encore, ce serait de dénombrer, à côté de ces services économiques, ceux que la photographie rend chaque jour aux sciences les plus diverses et même aux beaux-arts.
Ces réflexions, dont chacun comprendra l'opportunité au moment où notre art vient d'entrer dans sa vingt-unième année, nous étaient suggérées, il y a quelques jours, par la vue des admirables reproductions de manuscrits exécutées par M. le comte de Sewastianoff et M. C. Silvy. Parmi les sciences que l'on pourrait appeler de haute distinction, l'archéologie est une de celles qui marchent au premier rang. Il est rare qu'un esprit vulgaire s'intéresse à l'histoire vraie ou légendaire de l'humanité, et c'est à un petit nombre seulement d'esprits supérieurs et distingués que sont réservées les jouissances exquises que cette science procure. D'ailleurs les éléments de travail sont rares et coûteux; le plus souvent même, enfouis dans des bibliothèques privées, ils ne peuvent être mis à la disposition que d'un petit nombre d'adeptes privilégiés. Il appartenait à la photographie de changer cet état de choses, de populariser par ses méthodes si remarquables ces manuscrits rares, précieux, la plupart du temps inconnus même aux archéologues, de mettre enfin à la portée d'un plus grand nombre les moyens de poursuivre des études dont peu de personnes soupçonnent aujourd’hui le puissant intérêt.
Il y a plusieurs années déjà, quelques photographes s'étaient préoccupés de cette question, et plus d'un parmi nous a reproduit non-seulement des tableaux ou des gravures, mais encore des manuscrits, des lettres, etc. Mais ces tentatives n'ont jamais été dues qu'à des efforts isolés, et exécutées le plus souvent dans un simple but de curiosité et pour montrer la puissance des moyens dont notre art dispose. II n'en est pas de même des travaux dont nous parlons en ce moment: exécutés avec persévérance, ils ont une haute portée scientifique et utilitaire.
M. le comte de Sewastianoff s'est voué particulièrement à ce travail avec une ardeur et un courage qu'on ne saurait trop louer, et dont la photographie d'une part, l'archéologie d’une autre, tireront un parti d'autant plus précieux que le succès ne lui a jamais fait défaut jusqu'ici. Le mérite de son œuvre grandit d'ailleurs lorsqu'on envisage dans quelles circonstances et dans quelle localité il lui a été donné de l'exécuter.Au sud de la presqu'ile de Salonique, en face de l'archipel, s'élève, chacun le sait, une haute montagne que désigne le nom célèbre de Mont-Athos. Là, au milieu de forêts de vignobles, s'étendent vingt monastères dans lesquels 3,000 moines grecs se vouent à l'étude et à la culture. Les bibliothèques de ces monastéres sont les plus riches de l'Europe en manuscrits de la plus haute antiquité: les grecs, les romains, et mille autres y figurent en foule; les premiers temps du christianisme surtout y sont représentés par des monuments admirables et introuvables partout ailleurs. M. le comte de Sewastianoff a courageusement entrepris la reproduction de ces monuments: pendant deux années et plus, il s'est enfermé dans ces monastères, et là, voué à l'étude, en tête à tête avec ces manuscrits, il a exécuté une œuvre qui témoigne non-seulement d'une grande habileté photographique, mais encore d'une sûreté de goût et d'une science archéologique que l'on ne saurait trop apprécier.
Le nombre des clichés qu'il vient de rapporter cette année s'élève à trois mille environ, représentant plus de quatre milles pages de texte. Les épreuves positives tirées au, moyen de ces clichés permettent d'apprécier dès à présent ce que sera l'œuvre entière. Les plus intéressantes sont celles où le texte se trouve accompagné de dessins, d'enluminures et même de peintures dont quelques-unes sont fort remarquables. Parmi ces peintures, il en est qui remontent jusqu'au VIe siècle; presque toutes représentent des sujets religieux, et l'on ne peut sans étonnement et sans une vive satisfaction regarder ces curieux spécimens de l'art naïf et pur des premiers siècles de notre ère. A côté des manuscrits, M. le comte de Sewastianoff a reproduit un grand nombre de peintures murales dont l'exécution a présenté de grandes difficultés; il s'est préoccupé également, et avec succès, de la représentation des objets d'art, des instruments du culte, des vases précieux, etc., que les monastères du Mont-Athos possèdent à profusion. Toutes ses épreuves sont d'une exécution parfaite; elles rendent admirablement, les unes le vieux parchemin sur lequel les caractères sont tracés, les autres les couleurs mates et peu épaisses des peintures murales, les autres la richesse et la variété des substances métalliques dont sont formés les vases et instruments précieux des églises. En un mot, un succès complet a couronné les courageux efforts de M. le comte de Sewastianoff.
M. C. Silvy, qui, depuis deux-ans environ, a abandonné Paris pour se fixer à Londres où nos plus riches ladies se disputent l'honneur d'être photographiées par lui, M. C. Silvy, disons-nous, vient d'accomplir avec un égal succès une œuvre moins considérable sans doute, mais cependant fort remarquable aussi. M. le marquis d'Azeglio possède, dans sa riche bibliothèque, un manuscrit des plus curieux: c'est un petit volume de seize pages, connu dans le monde bibliophile sous le nom de manuscrit Sforza. Ce manuscrit ne présente, par son teste, rien de bien intéressant; celui-ci, en effet, se compose uniquement d'une sorte de thème latin, d'amplification de rhétorique donnée comme étude à un jeune enfant de la famille Sforza; mais chaque page de teste est encadrée d'une marge de deux centimètres de largeur environ, et sur laquelle se trouvent reproduites, avec une charmante naïveté, des scènes de bataille au milieu desquelles se détachent, en médaillons, les portraits des principaux membres de l'illustre famille Sforza. Ces dessins, dont la remarquable exécution a toujours fixé l'attention des amateurs, possèdent un haut intérêt historique. Aussi est-ce à ce manuscrit que s'est adressé tout d'abord M. C. Silvy pour commencer l'intéressante série de reproductions qu'il projette et qu'il était impossible de mieux inaugurer. Dire que dans l'exécution de ce travail on reconnaît l'habileté du photographe, dont les portrails cartes de visite ont, à Londres, un si grand succès, dont le goût et le talent ont pu être récemment encore appréciés par son: Premier Bulletin de l'armée d'Italie, que M. Joubert vient de reproduire par le charbon et de publier à Londres, c'est dire que la reproduction a été accomplie avec un succès parfait. Dans le fait même de cette reproduction, il s'est produit un fait extrêmêment curieux sur lequel le Bulletin de la Société photographique de Paris vient d'appeler l'attention. Au bas de la dernière page de ce manuscrit, un commentateur avait ajouté une note écrite en allemand; mais cette note avait jusqu'ici fait le désespoir des bibliophiles. L'encre, en effet, avait jauni avec le temps, et était devenue complétement illisible. Cependant la photographie est parvenue à la lire. Ce résultat est facile à comprendre; en effet tous les photographes savent parfaitementqu'un objet jaune agit sur la couche sensible exactement comme un objet noir; que le premier est aussi antiphotogénique que le second, et que par suite l'objet jaune doit ensuite être reproduit sur le positif exactement comme s'il avait été noir. C'est ce qui a eu lieu en réalité, et, grâce à la reproduction photographique, on peut aujourd'hui lire aisément, au bas du manuscrit Sforza, la note qui pendant si longtemps est restée illisible.
- Plusieurs de nos abonnés nous ont fait l'honneur de nous écrire pour nous demander quelques détails sur un nouveau procédé de virage au chlorure d'or, dont M. l'abbé Laborde est l'auteur et dont nous avons dit quelques mots dans notre dernière Revue. Comme la question du virage des épreuves positives est l'une des plus intéressantes en photographie, nous nous empressons de répondre au désir qui nous a été exprimé. Nous profiterons même de cette occasion pour envisager la question à un point de vue un peu plus général.
Lorsqu'on examine attentivement la plupart des épreuves positives qui se trouvent dans le commerce, on reconnaît que celles-ci sont revêtues de colorations particulières et différentes, mais se rapprochant toutes de deux tons bien distincts, le rouge et le noir. De ces deux tons, le dernier est celui que l'on préfère en général; on l'obtenait aisément autrefois au moyen des hyposulfites vieux, mêlés au nitrate d'argent, ou acidulés par l'acide acétique; mais depuis que les recherches chimiques de M. Hardwich en Angleterre, de MM. Davanne et Girard en France, ont fait proscrire d'une manière absolue ces procédés de virage qui amènent la sulfuration et l'altération des épreuves, les photographes se sont exclusivement attachés à l'emploi des sels d'or. Le sel de MM. Fordos et Gelis est fréquemment employé, mais beaucoup, par économie, préfèrent se servir du chlorure d'or du commerce. Or, celui-ci présente, à notre avis du moins, quelques inconvénients: mélangé suivant les formules de M. Legray, etc., avec une solution acide, il produit, du moins entre les mains de la plupart des photographes, des tons rouges et violacés qui sont loin de plaire à tout le monde. Beaucoup, et nous sommes du nombre, préfèrent les beaux tons noirs et veloutés que fournissaient autrefois les hyposulfites acides, et que peuvent encore fournir aujourd'hui les procédés de virage désignés sous le nom d'alcalins. Ces procédés sont d'ailleurs d'une exécution aussi facile que ceux basés sur l'emploi du chlorure d'or acide; ils sont de beaucoup supérieurs à ces derniers, et nous croyons devoir les recommander spécialement à l'attention des photographes.
Trois formules à notre connaissance donnent d'excellents résultats; nous les consignons ici, elles sort dues à MM. Bayard, Mawell Lyte et enfin à l'abbé Laborde. D'autres encore ont été proposées, mais elles offrent avec celles-ci une grande analogie, et paraissent a priori devoir fournir des résultats semblables. D'ailleurs, nous ne croyons pas qu'il soit avantageux de multiplier les formules à l'infini; une bonne suffit, et le lecteur pourra choisir en toute confiance parmi les trois formules suivantes:

Formule de M. Bayard.

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Chlorhydrate d'ammoniaque ……..25 grammes.

Formute de M. Maxwuell Lyte:

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Phosphate de soude ………………20 grammes.

Formule de M. l'abbé Laborde.

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Acétate de soude …………………30 grammes.

Quel que soit celui de ces trois bains auquel on s'arrête, l'épreuve, retirée du châssis et tirée un peu noir, est passée dans deux ou trois eaux destinées à enlever le nitrate en excès; au besoin même, on termine le lavage par un bain de sel à 5 ou 10 pour 100. Cela fait, l'épreuve est immergée dans le bain d'or, sa face en dessus et bien couverte de liquide; inimédiatement l'action se produit, l'épreuve vire en parcourant tous les tons du rouge au bleu foncé. Si le bain est neuf, 20 à 30 secondes suffisent pour atteindre le but désiré; s'il est affaibli, ce qui a lieu après qu'on y a passé une dixaine d'épreuves, 2 ou 3 minutes sont nécessaires. Il est préférable alors d'ajouter au bain un gramme de chlorure d'or, pour lui rendre son énergie. Dans tous les cas, on arrête l'action aussitôt que l'épreuve paraît avoir revêtu, entre le rouge et le bleu, le ton que l'on désire. On lave ensuite à l'eau, puis on fixe dans un bain d'hyposulfite. Neuf à 20 pour 100, comme d'habitude. Les épreuves obtenues de cette façon et dont l'habitude apprend bien vite la préparation, sont toujours belles et inaltérables.
Th. Bemfield.

sexta-feira, 24 de abril de 2009

1861, 15 de Julho

1861, 15 de Julho
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
Paris
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M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la Verrerie
T. III
110º Livraison
Pags. 385, 386, 387, 388
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REVUE PHOTOGRAPHIQUE
La photographie anglaise est en émoi, presque en révolution, et cet émoi est justifié par les raisons les plus plausibles. Il s'agit de l'Exposition universelle qui doit s'ouvrir au mois de mai 1862. Tout se prépare en Angleterre pour cette grande solennité; le palais s'élève rapidement dans Hyde-Park, promettant de surpasser en grandeur, en majesté, le palais de cristal de 1851. Mais, en même temps que surgissaient du sol ses premières assises, paraissait un prognrnme général dont la classification attribuait à la photographie un rang indigne et absurde. Nos lecteurs ne sauraient jamais imaginer, en effet, dans quelle section les commissaires royaux ont cru devoir placer notre art si élégant et si délicat. Ce n'est pas dans la section des beaux-arts, ils s'en seraient bien gardés; ce n'est pas dans la section chimique ou nous aurions encore été déplacés, mais où cependant notre apparition eût été moins étrange, puisque nous usons de procédés chimiques; non, c'est au niilieu des machines, à côté des locomotives, des carrosses, des canons, des horloges, etc., que l'on avait imaginé de placer nos pauvres cadres! Et cependant, la Commission royale est composée des illustrations de notre pays, et l'organisation générale a été confiée par elle à l'un de nos plus grands savants, au Dr Lyon Playfair, qui devrait savoir nous comprendre, puisqu'il est chimiste, et que nos progrès sont nés, en somme, de la chimie.
Au premier moment de la publication de ce programme, une surprise, disons mieux, une véritable stupeur s'est emparée des photographes anglais.
La société de Londres, la plus ancienne de nos associations photographiques, s'est emparée de la question, et l'on ne saurait trop louer son président, Sr Frederick Pollock, de l'énergie qu'il a manifestée en cette circonstance. Les commissaires royaux avaient prié la Société de Londres de dresser une liste de jurés pour l'Exposition et de stimuler en même temps le zèle de tous les photographes. Avant d'accepter cette mission, M. Pollock s'est adressé à la Commission pour lui faire sentir l'inconvenance du classement, et, dans des termes très-énergiques, a demandé à lui présenter une députation de la Société de Londres chargée de conférer avec elle à ce sujet; mais cette démarche étant restée sans succès, la Commission royale s'étant rejetée sur le nombre de ses occupations pour ne pas recevoir la députation de la Société et ne point écouter ses motifs, la Société a cru devoir protester avec énergie, et elle a même été jusqu'à se demander si, au lieu de nommer un jury, au lieu de stimuler le zèle des photographes, elle ne devait pas, au contraire, les engager à s'abstenir de toute coopération à l'Exposition internationale. Et pour que la protestation eût plus de valeur, elle l'a adressée à la Société photographique de Paris, qui, ainsi qu'on devait le présumer, l'a accueillie avec la plus grande faveur, en déclarant qu'elle partageait à ce sujet la manière de voir de la Société de Londres, et qu'elle s'elevait avec force contre une classifîcation qui semblait vouloir transformer l'art photographique en une simple opération mécanique.
La question en est là: aucune décision nouvelle n'a été prise, la Commission n'a pas modifié son classement; cependant deux faits récents semblent faire espérer que la Société de Londres ne s'abstiendra pas, et que justice sera faite de ses réclamations. En effet, d'une part, M.Lyon Playfair a écrit à ce sujet à M. Pollock une lettre qui nons paraît assez rassurante; d'une antre, la Commission impériale françaisea fait dans son classement une section spéciale de la photographie, au lieu de la laisser mélangée avec les machines, etc.
Voici les phrases qui, dans la lettre du Dr Playfair, nous semblent devoir rassurer les photographes :
……. » La confusion des épreuves photographiques avec les instruments destinés à les produire est une grosse erreur scientifique. II y aurait autant d'ignorance à confondre les œuvres du sculpteur ou du graveur avec la coutellerie et les ciseaux, ou à placer les œuvres des peintres dans les classes renfermant les brosses et les produits chimiques. . . . .
En résumé, j'espère que vos efforts pour obtenir un changement dans la classification seront couronntés de succès, et que, d'une part, les instruments photographiques seront maintenus à leur place parmi les instruments scientifiques, dont ils formeront une sous-section, tandis que, d'une autre, les épreuves photographiques seront mises dans la position que leur assignent les récents progrès de votre art, et seront placées dans le groupe des beaux-arts, seul endroit où elles puissent être raisonnablement classifiées. «
Nos lecteurs le voient donc, l'organisateur de l'Exposition reconnaît qu'il s'est trompé : c'est aux commissaires royaux de réparer son erreur.
Si nous en jugeons par les actes de la Commission française, il en sera ainsi, tout permet de l'espérer; en effet, celle-ci vient de nommer pour le département de la Seine un jury d'admission, ce jury est divisé en neuf sections, dont une, entièrement spéciale, est chargée de l'examen des œuvres et appareils photographiques destinés à l'Exposition internationale. La Commission impériale l'a donc reconnu, nous ne sommes pas de simples machinistes; les commissaires royaux de S. M. la Reine le reconnaitront aussi.
Puisque nons nous occupé de cette importante question de l'Exposition, occupons-nous-en quelques instants encore; aussi bien, devons-nous indiquer à ceux de nos lecteurs qui s'occupent de l'art charmant de la photographie, les moyens qui doivent les mettre à même de concourir. Un jury d'admission, d'une composition très-irnportante a été nommé par la Commission impériale pour juger les produits du département de la Seine, et même, d'après certains bruits qui arrivent jusqu'à nous, la section photographique de ce jury pourrait bien être chargée de juger, à Paris, les œuvres de toute la France. Si cette dernière disposition n’était pas adoptée, l'examen aurait lieu dans chaque département par un, jury nommé simplement par le préfet. La section photographique est composée de gens qui, pour la plupart, sont bien connus des photographes français; ce sont : MM. Bayle-Mouillard, Benjamin Delessert, le comte Olympe Aguado, Bayard, Bertsch, Courmont, Davanne, Edouard Delessert, Duboscq, Girard, Hulot, Mailand, Niepce de Saint-Victor et Robert.
Ce jury siége au Palais de l’Industrie ; il distribue des bullelins d'inscription que l'on trouve en outre dans un grand nombre d'établissements publics, et par lesquels le photographe déclare s'il veut exposer, ce qu'il veut exposer, etc. Ces bulletins doivent être adressés au jury du 1er juillet au 15 août au plus tard ; les épreuves devront être remises seulement plus tard. Il faut donc se hâter, on le voit, pour se faire inscrire comme exposant; les autres détails pour l'organisation de l'Exposition nous sont encore inconnus; nous nous empresserons de les porter à la connaissance de nos lecteurs aussitôt qu'ils nous seront parvenus.
- Les dernières semaines n'ont pas vu naître, tant en Angleterre qu'en France, de grandes découvertes photographiques : c'est là chose toute naturelle, car nous voici dans la belle saison, et c'est alors que le photographe applique les procédés qu'il connaît, sans se laisser entraîner à la recherche de procédés nouveaux.
Cependant nous ne pouvons nous empêcher de revenir sur la dernière découverte de M. Poitevin, dont nous avons parlé déjà plusieurs fois, et notamment le 1er mai dernier; l'auteur, en effet, a fait faire à ce procédè des progrès extraordinaires, progrès qui lui ouvrent presque toutes grandes les portes de tous nos ateliers. Nos lecteurs se rappellent sans doute que ce procédé, destiné à fournir des épreuves positives au charbon, consiste à étendre sur une glace un mélange d'acide tartrique et de perchlorure de fer en dissolution ; exposé à la lumière, ce mélange subit une modification telle que les parties impressionnées deviennent humides, tandis que celles non frappées par la lurnière restent à l'état sec. Si l'on vient alors à frotter légèrement la surface avec un tampon de coton imprégné de charbon ou d'une poudre colorée quelconque, celle-ci, adhérant aux parties humides et glissant sur les parties sèches, produit, en charbon, une épreuve positive inaltérable ; il suffit ensuite, après avoir lavé, d'enlever l'image au moyen du collodion et de la reporter sur papier. Les premières épreuves de M. Poitevin n'étaient pas bien belles, elles manquaient de blancs et les noirs étaient gris; mais bientôt Ic petit tour de main que nous avons décrit dans notre Revue du 1er mai lui ayant permis, de, dépouiller aisément les blancs, il a pu, sans crainte, forcer les noirs et obtenir des épreuves de très bonne qualité. Depuis, sans nouvelle découverte et par de simples progrés d'adresse, il est parvenu à un succès complet ; à la dernière séance de la Société photographique, nous avons pu admirer (c'est le mot) de magnifiques épreuves de très-grandes dimensions (demi-feuille) préparées par ce procédé et ne présentant plus aucun défaut. D'ailleurs, le procédé de M. Poitevin est excessivement facile, excessiveiment pratique, et surtout, chose très-importante, il permet à l'opérateur de renforcer ou d'affaiblir à son gré telle ou telle partie du dessin qui lui paraît devoir être montée ou baissée de ton ; en un mot, il permet d'agir comme si l’on opérait avec une estompe ou un pinceau. C'est donc un procédé digne, de tous points, de notre attention, et nous en recommandons chaudement l'essai à ceux que préoccupe l'obtention d'épruuves positives inaltérables.
- M. Vernon Heath, l'un de nos meilleurs photographes et l'un des membres les plus actifs de la socidété de Blackeath, vient de publier une notice intéressante sur l'emploi de la tente de Smartt, destinée aux opérations en pleine lumière. Cette tente, dont l’usage s'est en quelques mois répandu rapidement en Angleterre, est certainement le plus charmant appareil de ce genre qui ait été construit jusqu'ici. Elle se composese de douze baguettes de 1 m. chacune environ; au moyen de vis, ces baguettes s'assemblent deux à deux. de maniére à constituer six pieds de 2 m. de hauteur. Ces pieds, réunis en croix par leur milieu, forment un systhème de triangle dont il serait difficile de faire comprendre la disposition sans une figure, mais qui présente une fixité et une régularité très-grandes. Sur ce chàssis, d'une sorte nouvelle, on jette simplement la tente noire. Le grand mérite de ce systhème réside surtout dans son extrême légèreté; à l'intérieur, il comporte des dispositions extrêmêment commodes et ingénieuses. Une tablette se pose à hauteur d'appui; son milieu est en gutta, percé d'un trou, et sert d'évier; les bains verticaux s'accrochent sur les côtés, des tasseaux supportent les glaces, etc.; enfin l'intérieur de cette tente constitue un petit atelier complet.
Après avoir ainsi décrit la tente de Sniartt, dont il se sert avec le plus grand avantage pour les excursions photographiques auxquelles il doit sa réputation, M. Vernon Heath à voulu faire part aux photographes de quelques intéressantes modifications apportées par lui aux manipulations du collodion en pleine campagne. La principale de ces modifications est relative au mode de développement. L'agent révélaleur dont fait usagc M. Vernon présente, à peu de chose près, la composition ordinaire, mais son mode d'emploi est différent. Au lieu de verser sur la glace le liquide à la concentration qu'il possède, cet habile opérateur commence par la mouiller avec la quantité d'eau nécessaire pour la recouvrir, 60 grammes environ; lorsque cette eau a séjourné quelqnes instants, il la rejette dans le vase où elle était primitivement; puis, a cette solution, il ajoute une petite quantité du révélateur, de telle sorte qu'il réalise ainsi le triple avantage: 1º d'opérer sur une glace parfaitement et uniformément mouillée; 2º de ne point agir en présence d'une grande quantité de nitrate d'argent; 3º enfin, de n'employer qu'un révélateur très-doux qui développe l'épreuve doucement, sans brusquerie et en faisant sortir peu à peu tous les détails. II achève, bien entendu; avec le révélateur concentré, de manière à donner aux noirs de la vigueur et de l'intensité. Une autre modification non moins importante consiste en ceci que M. Vermon Heath remet le fixage de l'épreuve au soir ou même au lendemain du jour où l'épreuve a été prise. Un petit tour de main lui permet de réaliser cet important perfectionnement; le développement fini, l'épreuve, bien lavée, est placée dans la boîte à rainures dont les fonds opposés sont garnis de papier buvard humecté; grâce à la présence de l'humidité que ceux-ci répandent dans la boîte, les glaces restent assez moites, même durant une journée entière, pour qu'on puisse, au lendemain d'une excursion, les traiter sans aucune espèce de crainte, par l’hiyposulfite de soude.
- Terminons cette Revue par un petit fait qui montre quels services journaliers rend la photographie et à quel point elle pénètre dans les mœurs. II y a quelque temps, une personne d'un haut rang quitte Lisbonne pour venir à Paris, emportant avec elle une traite sur un banquier de Paris, et dont le montant atteignait des sommes considérables; en route, la traite se perd; le porteur prévient. par le télègraphe, le banquier de Lisbonne, qui, de même et par le télégraphe électrique, prévient le banquier de Paris, et met opposition au paiement de la traite. Mais, en même temps, il adresse à celui-ci le portrait photographique du personnage porteur de la traite, en ordonnant de lever l'opposition aussitôt que le paiement serait réclamé par l'original de cc portrait. Inutile d'ajouter que ce système de correspondance et de preuves a parfaitement réussi, et a permis d'éviter mille contrariétés aux différentes personnes dont les intérêts se trouvaient en jeu.
Th. Bemfield.

terça-feira, 21 de abril de 2009

1862, 1 de Fevereiro - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Fevereiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
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Pags. 65, 66, 67, 68
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REVUE PHOTOGRAPHIQUE
SOMMAIRE : Objectif et matériel panoramique de M. Sutton. - Des agrandissements, par M. Chevalier. - L'Exposition de M. Disderi. - Obturateur instantané. - Appareil pour obtenir des épreuves phénakisticopiques. - Théorie de l'image photographique. - Photographie à la lumière de la lune. – Modification an procédé Russell, par M. Tourre. - Collodion sec lavé simplement. - Photographie en ballon. Fonds photographiques.
En Angleterre peu de chose; en France rien! tel est le bilan des grands travaux photographiques pendant les derniers jours de l'année 1861 et le premier mois de 1862. Et cependant, malgré cette disette, nous ne saurions noircir de nouvelles photographiques moins de quatre des grandes pages de ce recueil. C'est, qu'en effet, si notre art restc quelques instants sans faire parler de lui par quelque découverte éclatante, le chroniqueur doit en profiter bien vite pour faire défiler sous les ycux de son lecteur les nombreux travaux que voit naître chaque jour, et qui, perdant toujours un peu de leur importance en présence de nouveautés éclatantes, la retrouvent bien vite, aussitôt qu'ils ne sont plus noyés dans la lumière trop puissante que répandent celles-ci. Entrons donc de suite en matière, et passons en revue lesfaits les plus remarquables qui sont parvenus à notre connaissance.
II nous a été donné de voir, il y a quelques jours, un appareil qui, né en Angleterre depuis trois ans environ, considéré comme une utopie, une impossibilité pratique dans les premiers jours, s'est peu à peu perfectionné, amélioré, de façon telle qu'il constitue aujourd'hui un système commode, simple et susceptible de devenir une application courante. Il s'agit de la lentille panoramique de M. Sutton. Son principe est celui-ci: l'objectif que les rayons lumineux traversent pour venir se peindre ensuite sur la glace sensible consiste non plus en l'assemblage de deux verres (crown-glass et flint-glass), de densilé différente, terminés par des courbes représentant des portions de sphère, mais en une sphère entière, évidée à l'intérieur et remplie d'eau. Les rayons de la sphère intérieure d'eau et de la sphère extérieure de flintglass sont calculés de telle sorte que le premier soit environ la moitié du second; grâce à cette disposition, l'ensemble est parfaitement achromatique, et l'image vient se former avec une grande netteté au foyer du système. Mais la disposition sphérique de celui-ci exagère naturellement les déformations que la faible courbure des objectifs ordinaires produit, d'une manière sensible déjà, sur les épreuves que nous sommes habitués à voir se peindre sur la glace dépolie. Aussi n'obtiendrait-on sur une surface plane comme ccllcs que comportent nos chambres ordinaires, qu'une image informc, et faut-il placer au foyer, au lieu de glaces planes, une glace sphérique concentrique à l'objectif lui-même. Lcs opérations sur une semblable surface seraient absolument inabordables; mais heureusement M. Sutton en a pu modifier la formc. Réfléchissant en effet que les premiers plans, comme le ciel, n'ont généralement pas besoin de se trouver absolument au point, il a remplacé la sphère dont l'emploi eût été impossiblc par une surface représentant une portion d'un cylindre vertical dont labase aurait le même centre que la lentille objective.
Les avantages du système de M. Sutton sont de premier ordre et faciles à apprécier. Dans les objectifs ordinaires, le champ de l'appareil est déterminé par la courbure du verre; plus celle-ci est prononcée, plus le premier est vaste. Mais la déformation croît proportionnellement à cette étendue; aussi les tendances qu'ont les opticiens à augmenter le champ des appareils par l'emploi de fortes courbures, se trouvent-elles bien vite arrêtées par ce grave inconvénient. Mais, dans le cas actuel, l'irnage étant reçue non plus sur une surface plane, mais sur une surface courbe concentrique à l'objectif, on peut, sans crainte aucune de déformation, profiter de la courbure entière de celui-ci. II en résulte que l'on peut au moyen de la lentille Sutton embrasser, comme l'annonce son auteur, un véritable panorama. Là où les lentilles ordinaircs les plus parfaites ne donneraient qu'un champ de 30º environ, la lentille panoramique reproduit nettement tous les objets que renferme un horizon de 120º, c'est-à-dire le tiers de la circonférence. Tel est l'immense avantage que possède sur les autres appareils la lentille panoramique de M. Sutton. Grâce à son emploi, rien ne sera plus facile dorénavant que d'obtenir d'un seul coup ces vastes panoramas que les Bisson, les Lorent, etc., n'avaient pu jusqu'ici exécuter qu'en plusieurs épreuves successives et d'un raccordement difficile. Au moyen du nouveau système on fera sur glace cylindrique une épreuve panoramique que l'on tirera sur papier pour l'agrandir ensuite par les moyens ordinaires, l'usage du papier ayant permis de transporter sur une surface plane l'image qui, jusqu'au dernier moment, était restée sur une surface courbe.
Il semble, sans doute, au premier abord, bien difficile d'accommoder cet appareil aux manipulations photographiques ordinaires, mais les craintes que l'on peut ressentir à ce sujet, ne sont point fondées. Gràce, en effet, à des recherches persévérantes, M. Sutton est parvenu à créer un matériel spécial dont l'adaptation à son système est des plus aisées. C'est ainsi qu'il a fait fabriquer des glaces cylindriques dont la courbure est parfaitement déterminée, des châssis négatifs cylindriques également, qui se placent, comme les châssis ordinaires, à l'extrémité de la chambre noire; et enfin des châssis positifs cylindriques aussi, contre lesquels on appuie la glace, puis une feuille de papicr positif qui, déroulée et traitée, au sortir du châssis, par les procédés habituels, reproduit en plan l'image parfaitement exacte de l'horizon embrassé par les 120º que comporte le champ de cet appareil exceptionnel.
- M. Arthur Chevalier vient de publier une brochure qui ne peut manquer d'intéresser le monde photographique; elle traite des agrandissaments, et c'est là plus que jamais une question à l'ordre du jour. Faire en présence du modèle, ou bien en campagne une toute petite épreuve d'une exécution facile, pour la transformer ensuite dans l'atelier, à son aise et loin des difficultés, en une image majestueuse et grandiose, tel est aujourd'hui le rêve de tout photographe un peu ambitieux. Cette question, du reste, a bien marché depuis quelques mois; M. Quinet a perdu les procès en contrefaçon qu'il avait intentés aux opticiens, la chambre solaire de Woodward est tombée dans le domaine public, et il ne reste plus guère que les appareils à lumière parallèle dont la construction soit encore protégée par des priviléges; aussi un grand nombre d'ateliers s'enrichissent-ils chaque jour de l'un ou l'autre des divers systèmes agrandissants que prônent les inventeurs.
L'exposition ouverte par M. Disderi dans les anciens salons du Jockey-Club vient, du reste, de contribuer, dans une mesure importante, à appelcr l'attention sur les résultats que peuvent fournir les agrandissements. Parmi les nombreux portraits grandis par M. Disderi, d'après les procédés que lui a cédés M.Wothly, il en est un grand nombre qui sont véritablement dignes du plus haut intérêt, el l'on ne peut s'empêcher de féliciter l'auteur du succés pratique qu'il a obtenu. Mais l'on ne ssurait s'empêcher aussi de trouver aussi un peu hardie l'idée de faire des œuvres d'un seul photographe une exploitation exclusive Il y a quelques mois, les photographes français et étrangers se réunissaient au Palais de l'Industrie; M. Disderi n'y figurait pas. Et cependant il est impossible que dans une semblable réunion ses œuvres n'aient pas été admises si elles avaient été présentées. Est-ce donc qu'il n'a pas voulu se mêler à la foule des photographes ordinaires et qu'il a préféré l'isolement? Nous aimons à croire qu'il n'en est rien, et que des circonstances indépendantes de sa volonté l'ont empêché de concourir avec ses confrères. Nous connaissons à Londres des photographes d'un haut mérite dont la fashion anglaise recherche les œuvres remarquables, et parmi lesquels il nous suffira de citer MM. Claudet et Silvy, et cependant ces grands artistes ne dédaignent pas de prcndre part aux expositions générales.
- Puisque nous venons de parler d'appareils photographiques, citons deux nouveautés qui, nous le craignons bien pour elles, resteront longtemps nouvelles et vieilles tout à la fois. C'est d'abord une chambre à obturateur dite instantanée, construite par M. Jamin, l'opticien habile que tous les photographes connaissent. Au contact de la planchette de la chambre noire, derrière l'objectif, est placée une tablette en métal percée d'un orifice circulaire; un contre-poids, qu'une cordelette et deux poulies relient à cette tablette, suffit à la faire remonter aussitôt qu'il se trouve abandonné à la chute libre. Dans sa course ascendante, la tablette présente d'abord une partie pleine, puis l'orifice circulaire, et enfin une nouvelle, partie pleine. Il y a dans cette disposition une bonne idée, c'est de laisser la partie correspondante au ciel, moins longtemps découverte que celle qui correspond au sol, et d'éviter de cette façon la solarisation habituelle des ciels obtenus dans les vues instantanées. Mais, par contre, la course du contre-poids est beaucoup trop courte et par suite le passage de la partie ouverte devant l'objectif est loin d'ètre instantané. Dans les appareils de petites dimensions, comme celui qu’à construit M. Jamin, et comme tous ceux destinés à opérer en campagne, ce n'est pas au moyen de la chute des corps, mais au moyen de ressorts que l'on peut obtenir la fermeture instantanée des appareils photographiques. Nous citerons comme exemple de système de ce genre le petit appareil construit et employé avec tant de succès dans les Indes par M. le major Gordon, dont tous les photographes connaissent les belles épreuves.
- L'autre nouveauté nous a paru d'une originalité sans pareille, mais d'un emploi bien difficile; son but est de produire en une seconde douze épreuves successives d'une personne exécutant un mouvement, de telle sorte que le mouvement commençant à la première épreuve se trouve terminé à la dernière. Introduites ensuite dans un phénakisticope ordinaire, ces épreuves doivent reproduire le mouvement dans son entier et fournir par suite l'expression de la vie la plus complète que l'on ait réalisée jusqu'ici. L'appareil se compose d'une chambre noire munie en avant de deux objectifs stéréoscopiques ordinaires; à l'intérieur cst placé verticalement un tambour dont l'axe est horizontal et parallèle au plan des objectifs. En tournant autour de son axe, ce tambour amène successivement et par un mouvement rapide en avant des objectifs, douze glaces collodionées nitratées qui sont disposées sur sa surface latérale comme autant de pans coupés. Un obturateur intérieur découvre instantanément chaque plaque ao moment de son passage devant les objectifs, et les douze épreuves sont ensuite développées par les moyens ordinaires. Une danseuse exécutant un pas, des collégiens jouant à saute-mouton, un ouvrier sciant du bois, peuvent être saisis de cette façon, et les épreuves ainsi obtenues doivent théoriquement, si elles sont réussies, reproduire dans le phénakisticope le mouvernent avec toute son animation. Mais si l'appareil est construit, sa manipulation est encore à l'état théorique: aucune des épreuves qu'il doit fournir et qu'un photographe jovial appelait photostéréophénakisticopiques n'a encore été montrée en public, et nous craignons bien, tout en désirant que notre craintc ne se réalise pas, nous craignons bien que leur exécution soit presque impossible, et ne se fasse attendre indéfiniment.
- Parlons un peu maintenant des théories, des procédés et des travaux photographiqnes. M. Malone vient de publier, en Angleterre, une étude chimique fort appréciée sur la composition de l'image photographique. Suivant lui, celle-ci est uniquement formée d'or et d'argent, sans matière organique, sans soufre et sans chlore. C'cst aux différents états de division de ces métaux que sont dues, suivant le savant anglais, les différences de coloration des épreuves. Ces métaux, d'ailleurs, semblent subir, au moment de leur séparation, une sorte de véritable dissolution dans l'eau. Déjà des chimistes français avaient établi que, dans l'image photographique, le dessin est formé par de l'argent pur, sans soufre ni chlore, mais ils avaient insisté sur l'influence de la matière organique. Leur théorie est donc en désaccord avec celle de M. Malone; laquelle est la vraie? C'est ce que des travaux ultérieurs nous apprendront sans doute, mais, dans tous les cas, la question est importante, et nous devons espérer qu'il sortira de cette étude, au point de vue pratique, quelques modifications heureuses des manipulations photographiques.
- Dans notre dernière revue, nous citions le fait remarquable de l'obtention d'épreuves sur collodion à la lumière lunaire, par M. Breese, de Birmingham, et nous ajoutions que le fait, quelque extraordinaire qu'il parût, devait être nécessairement vrai. Nous avions raison dans notre manière de penser, car voici que le secrétaire de la Société de Birmingham, ému des critiques de quelques publicistes français, écrit aux Sociétés de Londres et de Paris pour certifier que les épreuves de M. Breese ont été réellement obtenues simplement sous l'action de la lumière de la lune, et que ce sont seulement des questions d'intérêt pécuniaire qui empêchent M. Breese de divulguer le secret de ses opérations. Cherchons donc, comme il a cherché; la reproduction des vues éclairées par la lune est reconnue possible; il ne reste plus qu'à découvrir un collodion assez sensible ou un révélateur assez énergique.
- Quelques lettres récemment reçues d'Amérique nous apprennent que les procédés à sec commencent à s'y populariser. Voilà donc le collodion humide mis en échec dans le pays même où il semblait ne devoir jamais être détrôné. Parmi les procédés en expérimentation, celui du major Russell, basé sur l'emploi du tannin, semble être le privilégié. Et c'est justice. En Angleterre il détrône le procédé Taupenot; en France, tout en étant moins suivi, il est l'objet d'études et d'expérimentations intéressantes. C'est ce que prouve, entre autres choses, une lettre fort intéressante qu'a bien voulu nous adresser à ce sujet un de nos lecteurs, M. Tourre, de Trévouse (Vaucluse), et dont nous croyons devoir extraire les passages suivants :
» En expérimentant l'excellent procédé de collodion sec du major Russell et n'ayant pas sous la main du tannin pur, qu'on trouve difficilement en province, et toujours à un prix assez élevé, je lui ai substitué un tannin impur, qu'on trouve abondamment dans le commerce et à un prix très-bas; c'est l'extrait sec de châtaignier qu'on emploie en quantité considérable dans la teinture en noir sur soie.
« J'ai suivi, d'ailleurs, toutes les indications consignées dans votre Revue photographique, du ler mai et 15 décembre sur ce procédé; seulement, au lien d'employer la solution de tannin pur à 3 p. 100, j'emploie l'extrait sec de châtaignier à 5 p. 100. J'ai obtenu par ce procédé des clichés irréprochables, seulement le temps de pose est 7 à 8 fois plus long qu'avec le collodion humide. Ces clichés sont positifs par réflexion et négatifs par transparence. «
La modification introduite par M. Tourre nous parait, en effet, fort avantageuse; l'idée qui la lui a dictée est extrêmêment rationnelle, et nous ne sommes nullement étonnés qu'un opérateur habile ait obtenu de bons résultats au moyen du procédé Russell ainsi modifié.
- Mais il est un procédé de collodion sec dont les photographes s'occupent beaucoup en ce moment, et qui, de prime-abord, semble devoir les détrôner tous. C'est celui qui consiste à laver simplement la couche de collodion au sortir du bain d'argent, de manière à lui enlever tout le nitrate libre, et à opérer ensuite simplement sur la surface ainsi préparée. Bien des fois dejà, ce moyen a été proposé; comment se fait-il que, d'une pratique si simple, il n'ait pas été adopté préférablement à tout autre ? Sans doute, il présente quelque défaut grave que nous ne connaissons pas, d'ailleurs, car nous n'avons jamais eu l'occasion de l'expérimenter. Nous engageons nos confrères à faire mieux que nous, et à rechercher si, véritablement, le collodion simplement lavé est susceptible de se conserver sensible comme le collodion préparé a la résine, à la gomme, à l'albumine, au tannin, etc. S'il en était ainsi, le plus grand desideratum de la photographie en campagne se trouverait obtenu.
- En Amérique, à Boston, M. Black a fait, dans ces derniers mois, d'intéressants essais de photographie en ballon, et il parait avoir obtenu de forts bons résultats. Cependant, semblables opérations paraisssent à priori bien difficiles, et l'on a peine à concevoir comment le photographe peut, au milieu des oscillations de la nacelle, saisir le moment de calme nécessaire pour ouvrir l'obturateur de son appareil. M. Nadar, à Paris, a fait également, et sous le patronage de S. M. l’Empereur, des expériences de photographie en ballon, mais nous ne croyons pas que, jusqu'ici, ses hardies tentatives aient été couronnées de succès.
- Une des grandes préoccupations des photograhes est le choix des fonds d'ateliers; l'importance de cette question a grandi, dans ces derniers temps surtout, par suite du développement des portraits-cartes. Deux industriels, MM. Bellavoine et Capelli s'en sont préoccupés presque simultanément, et tous deux lui ont trouvé une bonne solution, en livrant aux artistes des fonds de toile ou de drap veloutés, et de teintes parfaitement dégradées. Et à ce propos, nous ne saurions mieux terminer qu'en recommandant aux photographes l'emploi des fonds à plusieurs plans, à peu près inconnus en France, et dont les opérateurs anglais tirent un parti si précieux.

Th. Benfield.

1862, 1 de Abril - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Abril
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. IV
127º Livraison
Pags. 216, 217, 218, 219, 220
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REVUE PHOTOGRAPHIQUE

SOMMAIRE. – Développement et production de clichés vigoureux au moyen du sulfate de fer acétifié par M. Martin. - Éclairage des ateliers exposés au midi. - Sur le moyen de combattre les irrégularités des virages aux sels d'or alcalins.- Obtention des couleurs naturelles avec une certaine stabilité, par M. Niepce de Saint-Victor. - Progrès de la photographie allemande. - Procès photographiques en France et en Angleterre. - Distribution du prix de M. le duc de Luynes pour les épreuves positives.

C'est par une question essentiellement pratique, et dont l'importance sera certainement appréciée de tous les opérateurs, que nous commencerons cette revue. Elle n'a pas trait à quelqu'une de ces grandes découvertes qui semblent, au premier abord, destinées à révolutionner toutes les habitudes photographiques; miais qui, le plus souvent, restant dans les nuages de la théorie, n'apportent aux procédés dont nous faisons journellement usage aucune modification utile; il s'agit simplement d'un de ces tours de main si utiles, si précieux que les photographes vraiment praticiens accueillent toujours avec reconnaissance. M. Ad. Martin, dont les photographes connaissent bien le nom et qui s'est acquis déjà, par la découverte de l'obtention des positives directes un titre sérieux, vient de trouver la composition d'un bain de fer qui permet d'obtenir du premier coup, et sans renforcement, des clichés d'une coloration noire d'une admirable intensité. Tous ceux qui s'occupent de photographie, ceux surtout qui en commencent l'étude, savent bien, et même ne savent que trop, que le développement au sulfate de fer présente de grands ennuis, parmi lesquels se montre en première ligne la coloration grise et faible des images; pour donner à celles-ci de la vigueur, il faut, après le développement primordial, les renforcer ensuite, soit avec du sulfate de fer et de l'argent, soit mieux avec un mélange d'acide pyrogallique, d'acide acétique et d'azotate d'argent. M. Martin, en examinant soigneusement la manière dont l'argent se dépose dans la production des clichés au sulfate de fer, a reconnu que la transparence de l'épreuve et sa coloration grise étaient dues spécialement à l'état sous lequel l'argent se dépose; il se forme alors, en effet, en gros cristaux, parfaitement définis, mais qui ne peuvent, comme les petits cristaux accumulés par l'acide pyrogallique, opposer au passage de la lumière une résistance suffisante. II a reconnu en outre que ce mode de dépôt était dû essentiellement à la présence del'acide sulfurique dans la liqueur révélatrice de sulfate de fer. On ne saurait s'étonner que cette idée se soit présentée à l'esprit de M. Martin, lorsqu'on se rappelle qu'on obtient, au moyen du développement au sulfate de fer, des positives dont les blancs ont un éclat argentin, métallique, lorsqu'à la solution révélatrice on ajoute une certaine quantité d'acide sulfurique libre; dans les deux cas, c'est une conséquence de la même idée. Partant de 1à, M. Martin a pensé que l'on parviendrait à obvier à cet inconvénient, en faisant disparaître l'acide sulfurique libre; mais on ne saurait opérer dans une liqueur neutre, il faut toujours que la solution possède une réaction acide, et, pour réaliser cette condition, M. Martin a eu l'idée fort ingénieuse de substituer l'acide acétique à l'acide sulfurique. Cette idée a dû, d'ailleurs, se produire chez ce savant d'une manière toute naturelle, en réfléchissant aux avantages que présente l'emploi des bains révélateurs d'acétate de fer, que leur extrême instabilité a seule empêchée de pénétrer dans la pratique journalière.
Pour réaliser le but qu'il se proposait, M. Martin a imaginé d'ajouter au révélateur une certaine quantité d'acétate de plomb. Celui-ci, ajouté en quantité insuffisante pour décomposer le sulfate de fer, mais suffisante pour agir sur l'acide sulfurique libre, est décomposé par cet acide, transformé en sulfate de plomb insoluble qui se précipite, et en acide acétique libre qui reste en dissolution dans la liqueur, et lui communique l'acidilé nécessaire pour un bon dévelopement. Pour réussir dans la préparation de ce bain révélateur, M. Martin conseille d'opérer de la manière suivante: dans 500 grammes d'eau, on dissout 100 grammes de sulfate de fer, puis on ajoute à cette dissolution 25 cent. cubes d'une dissolution d'acétate de plomb dans l'eau distillée faite à la proportion de 10 pour cent. Au moment du mélange, ces deux liqueurs se troublent, un précipité blanc se forme, qui se dépose peu à peu: ce dépôt, c’est le sulfate de plomb. Lorsque la liqueur est éclaircie, on filtre ; le dépôt reste sur le filtre et l’on obtient une solution parfaitement claire de sulfate de fer ne renfermant plus que de l'acide acétique libre. Pour rendre cette solution plus facile à étendre sur la glace, et en même temps pour lui donner des réactions acides plus prononcées, M. Martin conseille de lui ajouter 25 cent. cubes d'acide acétique cristallisable et 450 cent. cubes d'eau contenant 5 cent. cubes d'éther nitrique du commerce (éther nitreux alcoolisé) et 5 cent. cubes d'éther acétique.
Cette solution révélatrice est employée sur les glaces, au sortir de la chambre noire, de la manière ordinaire; elle fournit, lorsque la pose a été convenable, des tons d'un brun noir, très-riches, très-opaques, analogues à ceux que produit l'acide pyrogallique. Elle permet donc d'obtenir, du premier coup, des clichés suffisamment vigoureux pour n'avoir besoin d'ancun renforcement, et pour servir à l'obtention d'excellents positifs.
- Une autre question, également pratique, doit fixer notre attention: il s'agit de l'éclairage des ateliers photographiques. C'est toujours une grande difficulté que le choix des emplacements destinés à la construction des ateliers , car ceux-ci, pour être placés dans de bonnes conditions, doivent être directement opposés au soleil, de telle sorte que les rayons de cet astre n'en puissent jamais venir traverser les vitrages, et que le modèle qui s'y trouve ne puisse recevoir que la lumière, très-éclatante, mais cependant diffuse, des portions de la voûte céleste opposées au soleil. On réalise cette condition en disposant les ateliers de telle sorte que leur façade vitrée soit orientée face au nord, et qu'un mur plein formant le côté opposé, vienne intercepter les rayons solaires. Lorsque l'atelier doit être construit à la campagne, il est facile de se conformer à cette règle; mais, lorsqu'il s'agit d'en établir un dans une grande ville comme Londres, Paris et Bruxelles, la chose est loin d'être aussi facile. La photographie fait chaque jour tant de progrès, le nombre des opérateurs se multiplie de telle façon, que les emplacements convenables situés au nord sont devenus introuvables, et qu'il faut aujourd'hui, loin de choisir, se contenter de ce que l'on rencontre. Deux photographes parisiens, M. Maze d'un côté, M. Voytot de l'autre, ont trouvé un moyen bien simple et bien commode cependant, pour combattre la lumière directe du soleil, tout en admettant dans l'atelier une quantité de lumière suffisante pour bien éclairer le modèle. L'atelier est construit suivant une orientation quelconque, et, pour le placer dans les conditions les plus défavorables, nous supposerons qu'il regarde directement le midi, et que le soleil, par suite, le pénètre en plein. Pour transformer les rayons directs de cet astre en une lumière diffuse et abondante, on dresse le long du vitrage d'avant des écrans formés de feuilles de paravent et occupant toute la hauteur; ces écrans sont inclinés de façon à refléter la lumière du côté du modèle; ils doivent être distancés de manière qu'ils se recouvrent l'un l'autre de 5 à 6 centimètres de leur largeur, qui peut être de 25 à 30 centimètres. De cette manière 1a lumière ne pénètre dans l'atelier qu'après avoir été successivement reflétée par les deux surfaces opposées de deux écrans consécutifs. Elle est donc diffusée, et le modèle se trouve aussi bien éclairé que si l'atelier recevait directement la lumière de nuages brillamment éclairés par le soleil. Les écrans doivent être recouverts d'un papier gris-bleu très-clair. Grâce à cet artifice, non-seulement on donne aux ateliers situés en plein midi tons les avantages que possèdent ceux qui sont situés au nord, mais encore on leur en communique de supérieurs; en effet, dans un atelier disposé comme nous venons de le dire, l'opérateur ayant toujours à sa disposition un moyen de faire varier la lumière, pouvant même, au cas où le soleil se cache, opérer sans aucune espèce d'écran, il lui devient facile d'obtenir de bons résultats par quelque temps que ce soit, fût-ce même par la pluie.
- La pratique du virage des épreuves positives s'est considérablement modifiée depuis deux ans; en France, mais en Angleterre surtout, l'ancienne méthode, consistant à soumettre l'épreuve au bain d'hyposulfite d'or et de soude, a été mise de côté par la plupart des opérateurs, qui lui ont substitué les diverses méthodes de virage aux sels d'or alcalins, méthodes sur lesquelles nous avons fourni souvent des indications dans nos Revues de photographie, et dont nous avons notamment indiqué les formules dans le nº du 1er janvier 1861, liv. 97, p. 15. Nous avons trop souvent rappelé les avantages nombreux et importants de ces méthodes, pour qu'il soit nécessaire d'y revenir aujourd'hui; mais elles présentent un inconvénient que la science a appris à éviter aussitôt que la pratique en a révélé l'existence, et sur lequel nous devons insister d'autant plus, que la théorie de sa production, aussi bien que celle des moyens employés pour le combattre, ont donné lieu, depuis deux ou trois mois, à une discussion intéressante et a un très grand nombre de travaux.
Les épreuves tirées aux sels d'or alcalins se revêtent souvent de taches nombreuses, placées côte à côte, d'une coloration tantôt grise, tantôt brune, qui en détruisent tout l'effet, surtout lorsqu'il s'agit de sujets délicats comme ceux destinés au stéréoscope. La feuille prend alors un aspect piqueté, farineux pour ainsi dire, et l'on peut considérer l'épreuve comme à peu près perdue. M. Samuel Fry a trouvé, en Angleterre, un moyen bien simple de combattre ce défaut, et ce moyen réussit admirablement; les avis, à ce sujet, sont unanimes. Cet habile opérateur a démontré qu'après avoir lavé l'épreuve à l'eau, au sortir du châssis, pour lui enlever le nitrate d'argent libre, il suffisait de la passer dans un bain d'acétate de soude 10 à 15 pour cent, où on la laisse séjourner pendant quelques minutes. Au sortir de cette solution, l'épreuve portée dans le bain de virage alcalin ordinaire s'y comporte parfaitement, et parcourt, sans accident aucun, toute l'échelle des tons qui doit l'amener a la coloration désirée.
On a beaucoup discuté, en Angleterre, sur la cause probable de cet accident, et sur le rôle du remède que M. Fry lui opposait; mais toutes ces discussions n'ont pas conduit à grand chose. Un grand nombre des opinions émises ne reposaient sur aucun fondement; une simple hypothèse leur avait donné le jour; telles sont celles dont les auteurs disaient: Le bain est trop faible, ou le bain est trop fort; le papier est trop épais, ou le papier est trop mince, etc.; la véritable cause parait avoir été indiquée par le savant rédacteur du Photographie news; M. Wharton Simpson. Il pense que le dépôt d'or ne s'effectue pas de la même manière en présence ou en l'absence de l'hyposulfite. En présence de ce corps, les différents composés que supporte la feuille ne possèdent aucune tendance spéciale au virage; mais dans le cas des virages d'or alcalins, l'albuminate d'argent et le chlorure d'argent manifestent des affinités différentes pour l'or, et ces affinités se résument en ceci que l'un vire plus vite que l'autre; de telle sorte que les portions recouvertes par l'un sont déjà arrivées au noir, lorsque celles que recouvre l'autre n'en sont encore qu'au ton rouge. Lorsque surtout l'on opère sur un papier poreux, cet accident se manifeste aisément à cause des épaisseurs inégales d'albubinate et de chlorure. Le rôle de l'acétate de soude, son action spéciale et curative consistent alors a transformer le tout en acétate d'argent qui, dans le bain d'or alcalin, vire alors avec une parfaite égalité.
- Tous nos lecteurs connaissent sans doute les beaux travaux de M. Edmond Becquerel sur la fixation, fugitive il est vrai, mais réelle cependant, des couleurs naturelles sur une plaque d'argent chlorurée. Ils savent aussi que M. Niepce de Saint-Victor, continuant ces travaux, a pu fixer sur la plaque daguerrienne chlorurée les couleurs brillantes des objets naturels, et les y conserver d'une manière presque indéfinie, quand cette plaque était maintenue dans l’obscurité,et pendant quelques minutes, quand on l'exposait a la lumière diffuse. M. Niepce de Saint-Victor vient de faire faire à la question un pas nouveau et important. Grâce à l'emploi d'un vernis protecteur spécial, il a pu produire des colorations naturelles, extrêmêment vives, et susceptibles de se conserver pendant douze heures à la lumière. Voici comment opère M. Niepce de Saint-Victor: il prend une plaque daguerrienne de plaqué d'argent, et la chlorure en la trempant quelque temps dans une solution d'hypochlorite de potasse (1)([i]). Après l'avoir lavée, il la recouvre d'un vernis formé d'une solution de chlorure de plomb saturée, à laquelle on a ajouté une quantité de dextrine suffisante pour lui donner une consistance épaisse. La plaque séchée à la lampe à alcool est exposée ensuite à la lumière; les couleurs s'y manifestent alors avec un éclat plus grand que dans le cas où l'on opérait sans le vernis au chlorure de plomb; elles se détachent sur un fond blanc et, chose remarquable, si, après l'esposition à la lumière, on vient à chauffer la plaque, elles acquièrent une intensité plus grande encore, en même temps qu'elles acquièrent cette fixité remarquable dont nous parlions en commençant. Tels sont les remarquables résultats acquis par les derniéres expériences de M. Niepce de Saint-Victor; ils ne peuvent manquer de frapper nos lecteurs, et ceux-ci réfléchissant que M. Niepce est déjà parvenu à conserver pendant douze heures, sans altération sous l'action lumineuse, ces couleurs qui se produisent d'une manière si admirable, ne pourront s'empêcher de dire comme l'auteur: si le problème de la fixation n'est pas encore résolu, ou peut, du moins, espérer une solution.
- La France, l'Angleterre et la Belgique ne sont pas les seules contrées où la photographie fasse chaque jour de nouveaux progrès; l'Italie, l'Espagne, la Russie même voient cet art intéressant se populariser chaque jour davantage; mais c'est en Allemagne surtout, en Prusse, en Autriche, etc., que se manifestent les plus beaux résultats Ceux-ci cependant sont pen connus, la dernière exposition du Palais de l'industrie en a partiellement révélé l'existence, celle de Cromwell-Road à Londres les rendra palpables à tous les yeux; en attendant qu'il nous soit donné d'en avoir la brillante démonstration, nous sommes heureux de faire connaître les principaux d'entre eux, en communiquant à nos lecteurs les extraits suivants d'une lettre fort intéressante qu'a bien voulu nous adresser M. Jacques Courrier, de Berlin
« On sait peu à Paris comment se conduit la photographie outre-Rhin, et je vous assure que c'est grand dommage, car elle fait ici des merveilles comme elle en fait partout!
» Si cela intéresse vos lecteurs, je veux tant bien que mal les mener dans quelques-uns de nos ateliers. La tâche est rude: d'abord, n'a-t-on pas à craindre, tel impartial que l'on soit et ne parlant que dans l'intérêt de la science, d'avoir l'air de faire de la réclame en prononçant un nom? Puis, comment avec une plume (inhabile surtout) remplacer les yeux du lecteur?
» Dernièrement, tout Berlin ne parlait que des conférences de M. le Dr Petschner sur son ascension du Mont-Blanc; le roi et la reine l'ont honoré de leur présence, et c'était une honte de ne pas y assister; le docteur s'aidait dans ses descriptions des photographies des frères Borgmann; combien je pensais alors à notre compatriote M. Bisson ! On admire bien ses vues du Mont-Blanc sous les tilleuls, dans les montres des boutiques, et pourtant pas un Berlinois ne semblait se douter que ses courageux efforts nous ont donné ces curieux spécimens; tout l'honneur était pour le docteur Petschner; ce que c'est que de faire du bruit! Mais ceci ne retire rien au mérite de ce dernier.
» Allant du grand au petit, de l'immense dos de chameau alpestre aux imperceptibles infusoires, la photographie nous offre ici de magnifiques épreuves de ces infiniments petits. Il y a dix ans nous voyions l'infatigable professeur Ehrenberg dessiner au microscope avec tant de peines; maintenant, grâce à la photographie, il épargne son temps et ses yeux, la science y gagne et l'exactitude aussi: la photographie n'a pas de faux coups de crayon.
» Je ne sais pas de sciences auxquelles ce bel art ne prête son bienfaisant concours? Voici encore de superbes planches anatomiques exécutées par M. Albert, de Munich: c'est la nature de l'amphithéâtre, moins le sang, moins l'odeur; chaque imperceptible nerf y est bien commodément chez lui; 1'étudiant peut y lire ce grand livre si petit et qui contient tant! le corps humain. Après s'être fait admirer par tous les artistes, heureux de pouvoir posséder pour une faible somme les inestimables cartons de Kaulbach, signés de sa main (et c'est là un grand résultat!), M. Albert, ne voulant pas se reposer sur ses frais lauriers, vient nous donner le spectacle si agréable d'un chercheur infatigable, d'un sage ne se laissant pas étourdir par le succès.
« Mais en voilà assez, on pourrait croire que je le connais, et je n'ai pas ce plaisir.
» On fait de bien jolis portraits-cartes à Paris, n'est-ce pas? eh bien ! si vous voyiez ceux que j'ai sous les yeux, vous en seriez enchanté, tout Parisien que vous êtes! C'est que ces messieurs à Paris, une fois qu'ils ont un nom, ne se donnent plus la peine de copier; vous êtes tout étonné de voir sortir de derrière le même négatif deux positifs de qualités différentes, et on ne saurait être trop sévère contre cet abus; quand on a eu le mérite de se faire un nom. il faut savoir le garder, et je connais bien des gens, à Paris, qui rougiraient, rentreraient en eux-mêmes et sentiraient l'aiguillon de la saine concurrence en voyant les petits bijoux que j'ai là; mais patience, vous verrez cela à Londres, et je signale seulement quelques noms à votre attention: MM. Haase et Graff, de Berlin, L. Angerer, de Vienne .... Mais j'y renonce, les habiles pullulent et je ne veux pas faire de jaloux, je n'aurais qu'à en oublier et des meilleurs ! »
- Le monde photographique vient d'être grandement préoccupé, dans ces derniers jours, par une question de la plus haute importance, au point de vue de la propriété photographique, et, par une similitude extraordinaire, par un hasard singulier, la même question s'est trouvée simultanément en litige à Londres et à Paris, et tandis que les juges français disaient blanc, les juges anglais disaient noir. Il ne nous appartient pas d'apprécier ces deux manières différentes de juger un même point; nous nous contenterons de signaler les deus faits. A Paris, M. X*** a été attaqué par MM. Mayer et Pierson, comme ayant reproduit et vendu dans le commerce des portraits-cartes dont MM. Mayer et Pierson étaient les auteurs, et dont, par suite, ils se considéraient comme les propriétaires. A la grande surprise de tous ceux qu'intéressait ce sujet, le tribunal a donné tort à MM. Mayer et Pierson; ceux-ci ont interjeté appel du jugement, et la question sera bientòt jugée à nouveau. En Angleterre, au contraire, M. Mayall attaquait M. Hidgby pour avoir reproduit et vendu dans le commerce des portraits-cartes dont il était l'auteur, et dont il se considérait comme propriétaire, et, à la grande satisfaction de ceux qu'intéressait le sujet, le tribunal a donné raison à M. Mayall.
- Le prix fondé par M. le duc de Luynes pour la production des épreuves inaltérables vient d'être décerné, par la Société photographique de Paris, à M. Poitevin. Ce prix est de 2,000 francs; un encouragement de 600 francs a été accordé à M. Fargier, qui, par des modifications remarquables, a perfectionné le procédé primitif dont M. Poitevin faisait usage.
Th. bemfield
([i]) (1) La proportion de reactifs et les temps n'ont pas été indiqués par M. Niepce de Saint-Victor.

domingo, 19 de abril de 2009

1862, 1 de Outubro - Le moniteur scientifique

1862, 1 de Outubro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . quesneville
chez m. quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie - Paris
T. IV
139º Livraison
Pags. 628, 629, 630, 631, 632, 633, 634, 635, 636
*
EXPOSITION DE LONDRES.
LISTE EXPLICATIVE DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES A LA CLASSE XIV.
(Photographie et appareils photographiques.)

Londres, le 25 juillet 1862 (1)([i])
Monsieur le Directeur,

Vous m'avez prié de vous adresser, aussitôt que possible, la liste des récompenses décernées aux exposants photographes: cette liste est parue depuis quinze jours et j'aurais dû, depuis cette époque, déjà vous l'envoyer; mais il est arrivé ceci de curieux, que quoique je crusse connaître à fond l'Exposition, j'ai rencontré sur la liste officielle des noms que je n'avais pas remarqués. Ce fait se produit souvent, vous le savez, dans les grandes Expositions, et dans l'entassement prodigieux de choses de toute espèce que cclles-ci renferment, le critique en néglige souvent, et sans le vouloir, des plus importantes. J'ai donc dû reprendre mon examen, la liste officielle à la main, et c'est ce travail explicatif que je vous envoie. Malgré tous mes soins, il n'est pas encore complet; sans doute, tous les noms récompensés y figurent, mais il est quelques photographes étrangers dont, malgré tous rnes soins, je n'ai pu découvrir les œuvres et sur lesquels par suite, je ne pourrai guère vous donner que les appréciations officielles.
C'est qu'aussi les dispositions matérielles adoptées à Londres ne sont guère faites pour rendre facile l'examen des épreuves exposées. J'ai déjà eu l'honneur d'entretenir vos lecteurs de ce sujet au moment même de l'Exposition. Toutes les épreuves sont disséminées, les unes à gauche, les autres à droite, et souvent l'on doit parcourir des milles entiers pour passer des unes aux autres. Cette absence d'ensemble est fâcheuse à tous les points de vue; je ne parle pas, bien entendu, des jambes des visiteurs, qui, cependant, elles aussi, méritent un certain intérêt; mais il en résulte une excessive difficulté d'appréciation, et le danger presque inévitable de faire des oublis graves. Sans aucun doute, il serait de beaucoup préférable d'exposer ensemble les œuvres similaires de toutes les nations; peut-être bien des gens combattront-ils cette proposition et diront-ils qu'il vaut mieux laisser chaque nation masser à sa guise ses divers produits. Je ne discuterai pas cette manière de voir lorsqu'il s'agira de machines, de soieries ou de porcelaines, car je suis incompétent, je l'avoue, mais pour ce qui est des photographies, je maintiens mon dire et je soutiens que l'examen en eût été plus agréable, plus facile et plus sûr, si toutes se fussent trouvées réunies les unes à côté des autres, ainsi que cela se pratique dans les Expositions photographiques ordinaires.
Il serait bon aussi que l'arrangement matériel fût confié à la même personne; on éviterait ainsi de voir, en telle contrée, un arrangement intelligent et soigné, et en telle autre des dispositions maladroites et absurdes. Pour n'en citer qu'un exemple, il est bien certain qu'une bonne part du succès éclatant qui a placé la photographie française au pinacle, est dû à la manière adroite et vraiment artistique adoptée par les commissaires français, tandis que la photographie anglaise produit un effet véritablement piteux, quoiqu'elle abonde en paysages adorables, et cela parce qu'elle est entassée dans une salle unique, carrée, traversée par un paravent par ci, par une vitrine par là, parce que pour l'atteindre le visiteur doit abandonner en réalité la grande Exposition, monter à des galeries véritablernent polaires, et cela à travers des escaliers en briques jaunes où la lumière ne pénètre pas et sur les murs desquels on a étalé d'affreuses pancartes d'histoire naturelle, etc.
Si l'on cherche à juger la valeur intrinsèque des épreuves, en faisant abstraction de ces différences d'arrangement si fàcheuses pour les exposants anglais, on arrive à reconnaître que néanmoins et malgré tout, la France a pris cette année et sans conteste la tête de la photographie. Son exposition est riche et variée ;il est facile de reconnaître que les choix ont été faits avec sobriété; tous les procédés nouveaux, tous les genres nouveaux y figurent. L'exposition anglaise est plutôt, disons-le franchement, une collection de paysages et de cartes de visite; on y trouve cependant aussi des reproductions, des essais deprocédés nouveaux, etc., mais en petit nombre. L'Allemagne, ou mieux le Zollverein, comme on est habitué à la désigner ici, compte quelques bons représentants, à la tête desquels brille d'un éclat incomparable M. Albert, de Munich; son exposition est, après les produits français, ce qu'il y a de mieux ici. Du reste, elle est en beau jour, bien exposée, et son mérite intrinsèque est encore augmenté par les dispositions intelligentes qui ont présidé à son arrangement. La Russie, comme nous le verrons, a de belles épreuves; la Belgique n'est pas représentée comme elle le mérite; si l'on en excepte les splendides reproductions de M. Fierlants, on ne retrouve parmi les produits belges rien de bien saillant. Les autres contrées, sauf quelques exceptions toutes personnelles, ne figurent guère à l'Exposition que comme mémoire, et l'on ne saurait dire qu'il existe une photographie espagnole, une photographie suisse, etc. C'est du reste ce que le lecteur pourra facilement apprécier en suivant pas à pas la liste suivante, renfermant tous les noms récompensés, à côté de chacun desquels nous avons placé quelques réflexions qui nous sont toutes personnelles et que nous ne forçons pas le lecteur à considérer comme des articles de foi.
Disons d'abord que parmi les jurés se trouvaient deux exposants anglais, MM. Claudet et Thompson, et que ceux-ci n'ont pu, par suite, prendre part au concours: sans cette particularité, nul doute que l'un et l'autre eussent obtenu une médaille. Cependant,il serait injuste de ne point faire ressortir l'infériorité des produits exposés par M. Claudet, vis-à-vis des produits français du même ordre. Ce sont principalement des portraits grandis à la chambre solaire de Woodward, et, je ne sais pourquoi tous ces agrandissemcnls sont revêtus d'une teinte grisâtre désolante dont sont bien exempts les produits de MM. Aguado, etc. Et cependant les pctits clichés qui ont servi au grandissement sont beaux et vigoureux et, nous savons ce que peut faire M. Claudet. C'est donc, sans nul doute, une question de procédé, et au nom de la photographie anglaise qu'il honore si fort aujourd'hui, nous engagerons M. Claudet à rechercher un moyen nouveau pour renforcer ses clichés grandis.
Quant à M. Thompson Thurston, nous ne pouvons qu'admirer franchement ct sans réserve ses magnifiques reproductions. Cela dit, occupons-nous des artistes récompensés.
Médailles.

ANGLETERRE.
Association d'amateurs photographes. - Cette association, qui, créée il y a quelques, années se propose l'échange des plus belles œuvres photographiques, possède une magnifique exposition d'œuvres sur lesquelles, malheureusement, nous n'avons pas trouvé le nom des auteurs; ce sont des reproductions de gravures, de ruines, des vues de monuments, etc., des vues de mer obtenues d'une manière instantanée; on y rencontre aussi quelques essais de composition, mais, comme toujours, c'est là un genre d'épreuves guindé et peu satisfaisant pour l'imagination.
Beckley. - Epreuves photographiques des taches du soleil, et application de la photographie aux études astronomiques.
Bedford - Cette exposition comprend des intérieurs et des paysages; ceux-ci, qui offrent avec ceux de M. Vernon Heath une grande analogie, sont d'une douceur, d'un velouté inexprimables. L'auteur excelle surtout dans la reproduction des lierres et des arbres touffus.
Breese. - C'est le lion de l'Exposition. Maintefois déjà nous avons parlé de ses instantanéités. Les trois plus remarquables sont une falaise vue de nuit avec la pleine lune à l'horizon; épreuve étourdissante et adorable de poésie; une grève sur laquelle vient se briser une vague dont chaque gouttelette est clairement visible et au-dessus de laquelle deux mouettes traversent l'air les ailes déployées; enfin une chute d'eau dont tous les détails sont aussi bien définis que s'ils étaient dessinés à la main. Il est impossible de concevoir une instantanéité plus vraie, plus absolue, et combien on doit regetter que le procédé de M. Breese ne soit pas entre les mains de tous! car, pour un procédé, il y en a un, et ce n'est pas au moyen de ce que les Français appellent des ficelles photographiques que ces épreuves ont été obtenues.
Colnaghi et Comp. - Grandes et belles épreuves de reproductions d'objets d'antiquité, de cartons de l'école italienne, tous produits d'une grande utilité pour l'étude des beaux-arts,
Dallmeyer. - Objectifs photographiques.
De La Rue. - On connaît les beaux travaux photo-astronomiques de M.de La Rue; la foule s'arrête émerveillée devant ses épreuves du soleil (éclipse du 18 juillet 1860 et surtout devant ses magnifiques épreuves de la lune, mesurant environ 25 centimètres de diamètre, et qui, obtenues à loisir, présentent des détails d'une finesse extraordinaire.
Fenton (Roger). - Les épreuves de paysage de M. Roger Fenton sont des plus belles; comme nouveauté, il présente cette année des groupes de fleurs et de fruits extrêment remarquables.
Frith. - Vues d'Egypte, ne présentant rien de bien saillant.
Heath (Vernon). - Un des maîtres de la photographie anglaise; expose un grand nombre de paysages d'une grande finesse, d'une grande douceur dans le caractère des gravures anglaises.
James (colonel Henry). - On sait quels sont les travaux de M. James, et comment prenant en main les procédés qui, imaginés par M. Poitevin, ne pouvaient, malgré tous les efforts de celui-ci, passer dans la pratique, il en a fait une industrie grande et sérieuse, qui rend à l'amée anglaise les services les plus considérables. Son exposition comprend des cartes, manuscrits, etc., d'une grande finesse, grandis, réduits et tirés par la photographie, photopapyrographie, etc.
London stereoscopic Company. - Cette société, qui a payé 40,000 fr. le droit exclusif de photographier dans le Palais de l'Exposition, nous montre une collection très-nombreuse de stéréoscopes de tout genre et de toute espèce, généralement bien réussis.
Mayall. - Un des premiers portraitistes anglais; ses portraits ordinaires sont très-bons, peut-être cependant un peu mous; il expose aussi une épreuve grandie et peinte.
Mudd. - Épreuves de paysage obtenues sur collodion albuminé, que l'auteur pratique avec un grand succès; malheureusement le tirage des positifs est très-défectueux, et il en est déjà bon nombre qui jaunissent.
Negretti et Zambra. - Grands opticiens de Londres, MM. Negretti et Zambra s'occupent avec succès d'épreuves photohraphiques; plus qu'aucun autre, ils ont réussi dans l'application de la photographie aux illustrations des livres.
Piper. - Expose de très-beaux paysages, bien feuillus, et remarquables par la réussite des parties vertes; ces paysages, sur collodion humide, sont de grandes dimensions.
Ponting. - Échantillons de collodion ioduré sensible.
Pretsch. - Épreuves de gravure photographique. - Nos lecteurs connaissent le procédé de M. Pretsch, et nous aurions été heureux de leur annoncer son succès; mais, malheureusement, il y a là deux sortes d'épreuves: les unes, fort belles, portent l'inscription touched, et par suite n'ont guère de signification; les autres, not touched, sont peu remarquables.
Robinson. - Parmi les photographes anglais, il en est peu qui fassent autant d'efforts pour créer la composition photographique; c'est pour lui un véritable culte; il en montre cette, année un exemple supérieur aux précédents: c'est une jeune fille, les cheveux épars, étendue sur une barque qui coule au fil de l'eau. Sans doute il y a là des qualités; mais le problème de la composition photographique n'est pas encore résolu, et il suffit de passer aux galeries de peinture et de comparer cette épreuve à la martyre chrétienne de Paul Delaroche, devant laquelle nos belles Anglaises se pressent à l’envi.
Ross. - Objectifs photographiques.
Rouch. - Délicieux petits paysages obtenus avec une chambre binoculaire dont il est l'inventeur.
Sidebotham. - Beaux paysages sur collodion albuminé, bien doux, d'une grande transparence, et offrant avec ceux de notrc célèbre transfuge, M. Maswel Lyte, la plus grande analogie.
Talbot (Fox).- On sait que M. Fox Talbot est le père de la gravure photographique; mais on ne peut s'empêcher de reconnaitre que les enfants ont marché plus vite que le père, et d'avouer que les petites planches sur cuivre de M. Talbot sont à mille coudées au-dessous des splendides, gravures exposées en France par M. Ch. Nègre.
White. - Paysages très-beaux, ana1ogues à ceux de MM. Lyte, Bedford, etc.
Williams. - Bons portraits photographiques, mais inférieurs à ceux de M. Mayall.
Wilson. - Partage avec M. Breese les honneurs de l'exposition anglaise au point de vue de la production des instantanéités, vues de mer, vaisseaux, etc. Le procédé n'est point connu.
Osborne (Australie). - Photolithograhie. - M. Osborne est, dit-on, l'inventeur d'un procédé particulier, mais ce procédé n'est en réalité qu'une variante de la méthode Poitevin.
Notmad (Canada). - Dr Simpson (Indes). - Mullius (Jersey). - Daintree (Victoria). - Haigh (Victoria). - Nettleton (Victoria). - Épreuves diverses, vues des colonies anglaises, portraits de types indigènes de l'Inde, de l'Australie, etc., d'une bonne réussite.
AUTRICHE.
Angerer. - iL est peu de portraits aussi beaux, aussi largement posés et magnifiquement exécutes que ceux de M. Angerer; le visage en est superbe, les demi-teintes d'une douceur infinie; nos lecteurs ont pu, d'ailleurs, en apprécier de beaux spécimens à l'Exposition photographique de Paris en 1861.
Dietzler. - Objectifs photographiques.
Ponti. - Invention d'un appareil qu'il nomme alétoscope, et dont le but est de communiquer a une grande épreuve unique une apparence de relief.
Voigtlander et fils. - Il est à peine besoin de rappeler que MM. Voigtlander et fils sont les premiers fabricants du monde pour les objectifs photographiques.
BADE.
Dr Lorent. - Le docteur Lorent est le premier qui soit, il y a quelques années, entré dans la voie de production des grandes épreuves directes; ses travaux que nos lecteurs ont pu apprécier aux expositions précédentes comprennent surtout de magnifiques vues de Venise, des détails de l'église Saint-Marc, etc. Parmi celles que compte l'Exposition de Londres, nous avons remarqué surtout un Pont des Soupirs d'une fort belle exécution.
BAVIÈRE.
Albert. - Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'exposition de M. Albert est une des plus belles et des plus riches de 1862; ce sont des raproductions de tableaux, au milieu desquels figure une magnifique collection des dessins de Kaulbach, représentant des sujets de divers ouvrages de Gœthe. Ces reproductions, qui n'ont pas moins de 60 à 70 centimètres de côté, sont d’une netteté, d'une finesse remarquables; les ombres sont fermes et accusées, et néanmoins les fonds sont d'une blancheur parfaite. C'est là, on le sait, une grande difficulté vaincue. Toutes les autres reproductions de M. Albert sont à la hauteur de celles-ci.
Belgique.
Fierlants. – La popularilé de M. Fierlants est aujourd'hui européenneh; c’est à lui que le gouvernement belge a confié le soin de reproduire les œuvres principales des musées de Liége, d'Anvers, etc. Sous sa main habile, les œuvres les plus celèbres de l'école flamande revivent et se vulgarisent; celles que renferme le palais de Cromwell-Road sont des plus belles et font à cet habile artiste le plus grand honneur; ses épreuves sont obtenues sur albumine.
FRANCE.
Aguado (le comte O.). - Ce photographe habile n'expose que des épreuves agrandies; mais il est juste de dire qu'elles sont incomparables, et que, pas plus en Angleterre qu'en France, personne n'approche de la sûreté, de la fermeté de tons que revêtent ces agrandissements. Les attelages de bœufs qu'expose M. le comte Aguado sont parfaits de tous points, et aucune épreuve directe ne saurait fournir des produits aussi artistiques. M. le comte Aguado emploie, du reste, le bon moyen: il fait d'abord un petit positif de la grandeur du cliché original, puis, avec ce petit positif, un grand cliché grandi, auquel il sait donner l'intensité voulue, et dont il se sert pour un tirage courant de positifs.
Aguado (le vicomte O.). - M. le vicomte Aguado marche sur les traces de son frère; comme lui, il n'expose que des épreuves grandies, presque aussi bien réussies, mais d'un genre différent, et représentant uniquemcnt des vues de mer.
Alophe. - Les portraits de M. Alophe sont fort beaux, et parmi les exposants français il est, sans aucun doute, celui qui entend le mieux l'arrangement et le choix artistique des modèlcs.
Baldus. - Un des plus anciens photographes français: expose de grandes vues de monuments pleines de détails et de finesse, mais auxquelles nous ne pouvons nous empêcher de reprocher un manque de modelé qui probablement vient du tirage des positifs auxquels M. Baldus communique un ton charbonneux peu agréable a l'œil.
Bayard et Bertall. - Belle collection de portraits dont quelques-uns surtout ont, pour l'amateur sérieux, des valeurs de finesse et de modelé tout exceptionnellcs.
Bertaud. - Objectifs photographiques.
Bertsch. - Chambre noire automatique, appareil de grandissement et épreuves obtenues par leur moyen. J'ai, ici même et plus d'une fois, insisté sur le mérite des appareils si ingénieux qu'a inventés M. Bertsch, et dont l'emploi me paraît être le nec plus ultà des facilités photographiques, je n'y reviendrai donc pas, me contentant de dire que l'Exposition universelle renferme de beaux et bons spécimens d'épreuves grandies obtenues par M. Bertsch, et montrant tout le parti qu'on peut tirer de ces appareils.
Bingham. - Le nom de M. Bingham est aussi célèbre en Angleterre qu'en France, et les amateurs se disputent ses belles reproductions de talbleaux modernes, si fines et si exactes.
Bisson frères. - Une des gloires photographiques que l'Angleterre envie le plus à la France; ardents et courageux, MM Bisson frères ne connaissent plus d'obstacles; apres avoir photograhié sur collodin humide les plus âpres sommets des Alpes, ils n'ont pas craint d'attaquer le Mont-Blanc, et deux fois, de leurs ascensions aujourd'hui célèbres, ils ont rapporté de magnifiques panoramas de montagnes, de pics, de glaciers, aussi utiles que bien exécutés. Outre ces vues, leur exposition comprend des paysages des portraits, des reproductions d'un excellent travail.
Braun. - Beaux panoramas représentant l'un 1a Yungfrau, l'autre la ville de Mulhouse; groupes de fleurs d'une beauté toute spéciale et d'une grande utilité pour les dessinateurs sur indiennes (calico-printing).
Cammas. - Voyageur audacieux et infatigable. M. Cammas est allé demander à 1'Egypte ses aspects les plus curieux, ses vues les plus célèbres De ses courses hardies il a rapporté une admirable collection d'épreuves de grande dimension. Celles-ci sont aussi belles que si l'auteur avait été développer son appareil â l'île de Wight ou à Versailles; leur finesse, leur douceur ne peuvent être comparées qu'a celles que possèdent les épreuves faites à loisir par nos meilleurs artistes; c'est un véritable tour de force fait sous une temperature de 45 degrés centigrades.
Darlo'. - Objectifs photographiques.
Davanne et Girard. - Les deux savants chimistes de la société de Paris ont exposé quatre cadres où, par des spécimens peu artistiques mais d'une grande utilité, ils nous montrent quelles conditions doit remplir un bon positif: la nature du papier, la dose du sel, celle de nitrate, l'influence du fixage, etc., et ou ils terminent en nous apprenant comment, au moyen du chlorure d'or, on peut arrêter les ravages du temps sur une épreuve photographique. M. Girard expose en outre une collection d'épreuves du soleil obtenues pendant l'éclipse du 18 juillet 1860, et qui, tout inférieures qu'elles sont à celles de M. de La Rue, ont cependant un grand intérêt. M. Davanne, de son côté, expose une collection de paysages très-beaux et très-bien réussis sur collodion albuminé.
Delessert (Édouard). - Un des photographes les plus ardents à l'étude des grandissements; les épreuves exposées cette fois par M. Delessert attestent d'ailleurs un progrès notable sur celles obtenues par cet artiste en 1861. Cette année, il a moins cherché l'exagération, et ses œuvres sont bien supérieures. Les grandissemcnts de l'Arc de triomphe de Paris, de la nouvelle Église russe, etc., sont de très-grande taille, et cependant présentent de la douceur et du modelé;on peut cependant leur reprocher encore ce ton grisâtre que M. le comte Aguado seul, jusqu'à présent, a su éviter, et qui donne aux grandissements de MM. Claudet et Mayall un aspect si peu agréable.
Derogy. - Objectifs photographiques.
Disderi. - M. Disderi est un des photographes les plus à la mode de Paris; cependant, j'avoue ne pas aimer beaucoup ses épreuves, elles me semblent rentrer trop franchement dans l'art bourgeois; elles n'ont ni la douceur et la finesse des portraits anglais, ni la vigueur que savent imprimer à leurs épreuves quelques photographes français, tels que MM. Nadar et Salomon. Cependant, le succès de M. Disderi nous donne probablement tort. A côté de ses cartes de visite et portraits ordinaires, M. Disderi expose des agrandissements qui, gris et monotones, pèchent par les mêmes défauts que ceux de scs concurrents.
Duboscq. - Appareils et objectifs photographiques; application de la lumière électrique à l'éclairage des modèles, etc.
Duvette et Romanet. - Les reproductions d'architecture (bas-reliefs, etc.) faites par ces photographes sont d'une très-grande dimension, et malgré cela elles présentent une finesse, une douceur et une fermeté extraordinaires.
Fargier. - Auteur du nouveau procédé au carbone, consistant à laver la couche de gélatine chromatée par-dessous, afin de conserver les demi-teintes. Il faut le dire franchement, M. Fargier est jusqu'ici le seul qui ait produit avec le charbon de véritablcs épreuves artistiques, capables de lutter avec celles obtenucs par les sels d'argent. Les spécimens qui figurent à Londres ne laissent rien à désirer.
Ferrier. - Fatigué sans doute des éloges que chacun prodigue à ses admirables instantanéités, sur lesquelles il saisit chevaux et piétons au milieu d'un mouvement, M. Ferrier a voulu exposer des épreuves positives transparentes sur albumine, de grandes dimensions. Pour ces grandes épreuves, comme pour les petites, les éloges sont les mêmes.
Garnier et Salmon. - On doit à ces inventcurs un procédé au charbon, différent de celui de M. Poitevin; au lieu de mélanger la poudre de charbon à la gélatine chromatée, ceux-ci saupoudrent la couche, au sortir du châssis, avec du noir en poudre qui adhère seulement aux parties non insolées; les spécimens de leur procédé sont très-satisfaisants.
Jeanrenaud. - Les photographes anglais ont toujours bien envie de compter M. Jeanrenaud comme étant des leurs; ses délicieuses épreuves (paysages, arbres, eaux, etc.) ont en effet toutes les qualités des épreuves de MM. Bedford, Heath, Lyte, etc; mais il faut se hâter de le dire, elles ont de plus que celles-ci une fermeté qui, réunie à leur transparence, constitue le véritable desideratum de la photographie.
Lafon de Camarsac. - Les épreuves sur papier auront toujours, quoi qu'on fasse, bion des chances de disparaître; pour obvier à ce terrible inconvénient, M. Lafon de Camarsac a, le premier, eu l'idée de vitrifier ses épreuves sur porcelaine, sur émail, etc. Son industrie, bien nouvelle encore, est cependant déjà arrivée à un grand point de perfection; aussi ses portraits sur porcelaine, montés en broches, médaillons, etc., ont-ils un très-grand succès.
Lyte (Maxwell). - Pourquoi M. Maxwell Lyte est-il au milieu de l'Exposition française? Anglais par la nationalité, il l'est aussi par son genre de talent. Peut-être s'est-il senti plus à l'aise au milieu des photographes français, dont le style diffère si complétement du sien, qu'au milieu des photographes anglais, dont plusieurs offrent avec lui une grande analogie. Quoi qu'il en soit, ses épreuves sont des plus helles; ses paysages, doux et vaporeux, sont pleins d'air et de lumière, et malgré les progrès de ses concurrents, M. Lyte reste encore au premier rang des paysagistes.
Marville. - L'exposition de M. Marville est belle, mais elle disparait tout entière devant une seulc de ses épreuves: un paysage représentant une petite île boisée, qui, de l'aveu de tous et sans conteste, est le plus heau de tous ceux que renferme 1'Exposition. Les autres épreuves sont des reproductions de tableaux, de cartons, etc.
Muzet. - Bonnes épreuves de rochers, montagnes, etc., fermeté dans les contours, transparence des fonds, beauté du visage, pittoresque des vues, rien n'y manque.
Nadar. - L'exposition de M. Nadar offre un intérêt sérieux; non-seulement on y trouve des spécimens montrant sa production ordinaire de portraits vifs, un peu heurtés peut-être, mais toujours riches d'effet, mais encore de nouveaux procédés; un des premiers il s'est adonné à la photographie (négative et positive) par l'éclairage électrique, et les épreuves exposées par lui prouvent le succès qu'il a obtenu en opérant ainsi.
Nègre (Charles). - M. Charles Nègre a résolu de la manière la plus brillante et la plus certaine le grand problème de la gravure héliographique: tous les gens compétents s'accordent à le reconnaître, aucune étude n'est plus à faire, il n'y a plus qu'à appliquer les procédés indiqués par cet habile graveur. Ses magnifiques planches, qui ne mesurent pas moins de 60 centimètres de côté, seraient inimitables par le burin le plus habile. On sait que M. Nègre obtient ces beaux résultats en ne laissant l'acide mordre la planche que peu à peu, et en réservant chaque fois les parties creusées au moyen d'un dorage galvanique partiel.
Niepce de Saint-Victor. - A côté des magnifiques résultats pratiques obtenus par M. Nègre, il est intéressant de considérer les travaux théoriques par lesquels M. Nicpce de Saint-Victor a fait faire de si grands progrès à la photographie. Ses gravures sur acier, ses épreuves sur albumine, ses gravures sur marbrc, etc., et enfin les épreuves coloriées obtenues par lui d'après les procédés de M. Becquerel, excitent au plus haut degré l'intérêt et l'admiration des savants et des photographes.
Poitevin. - Les inventions que représentent les produits exposés par M. Poitcvin sont nombreuses et importantes. Ce sont la lithophotographie, la confection des épreuves au charbon, des épreuves en couleur, des épreuves vitrifiées, etc. La photographie doit donc beaucoup à M. Poitevin; mais il ne faut pas s'y tromper, ce sont là plutôt des prémisses qu'autre chose, et, esprit ingénieux avant tout, M. Poitevin aime à faire les semailles et laisse aux autres la moisson.
Robert. - Très-belles épreuves photographiques représentant des paysages et des vases de Sèvres.
Warnod. - M.Warnod s'est créé une spécialité où il excelle, l'obtention de grandes épreuves instantanées. Ses vues du Havre, entrée du port, bateaux à la voile, steamers sous vapeur, réalisent à ce point de vue tout ce qu'on peut désirer.
GRÈCE.
Constantin. - Vues de la Grèce d'une bonne réussite.
VILLES HANSÉATIQUES.
Krüss. - Objectifs photographiques.
ITALIE.
Alinari frères. - Les reproductions de monuments, les paysages, et surtout les beaux Panoramas de Venise, etc., ont donné à MM.Alinari frères une grande célébrité.
Van Luit. - Épreuves photographiques de mérite.
PRUSSE.
Busch. - Appareils photographiques.
Oehme et Jamrath. - Beaux portraits. On ne peut que donner des éloges aux clichés, mais malheureusement il n'en est pas de même des positifs, qui sont tirés dans un ton gris bleuâtre dû certainement à l'emploi de sels d'or acides dont l'effet est fâcheux.
Schering. - Produits chimiques et objectifs photographiques.
Wothlt. - M. Wothly est l'inventeur du procédé de grandissement dont M. Disderi fait usage en France; il en montre des spécimens; un groupe surtout représentant un homme et une femme assis, est extrêmêment remarquable par sa netteté et l'absence de déformations, mais, comme toujours, les positifs sont tirés dans un ton gris peu agréable à l'œil.
ROME.
Cuccioni. - Les reproductions de monuments faites par M. Cuccioni sont d'une beauté extraordinaire. Son Colosseum, qui ne mesure pas moins de 1m.50 sur 0m.50,est un des plus beaux produits que l'art photographique ait fournis jusqu'ici.
Dovizielli. - L'exposition de M. Dovizielli renferme des reproductions de fresques exécutées dans de grandes dimensions et d'une magnifique réussite.
RUSSIE.
Denier. - Collection de très-beaux portraits exécutés dans le genre français; nous en avons remarqué quelques-uns d'une beauté exceptionnelle; un entre autres, représentant un soldat, la tête couverte de fourrures, attire l'attenlion générale. On compte aussi dans cette exposition quelques por'traits amplifiés.
SAXE.
Manecke. - Épreuves photographiques bien réussies.
SUÈDE.
Manerke. - Portraits photographiques d'une belle exécution.
Telles sont les principales remarques que m'a suggérées l'examen des épreuves médaillées à 1'Exposition universelle; sans doute il serait intéressant de poursuivre la même étude sur les épreuves récompensées par des mentions honorables, mais l'espace manque, et je dois me contenter d'en enregistrer ci-dessous la liste sans y ajouter aucune réflexion.
MENTIONS HONORABLES.
Angleterre. - Austen (appareils). - Barrable. - Beatty (gravures lithographiques). - Bland et Comp. (appareils). - Bourguin et Comp. (albums pour photographies). - Brothers (épreuves coloriées). - Bull (accessoires et fonds photographiques). - Burnett. - Comte de Caithness. - Cox. - Cramb frères (vues de Palestine). - Cundall, Downes et Comp. - Dancer (photographie microscopique). - Davis (chambre pour voyage). - Gordon. - Green (épreuves coloriées). - Hare (chambres noires). - Hemphill. - Hemah. -Hering. - Highley (appareils). - Hill. - Hockin et Wilson. - Hopkin et Williams (produits chimiques). - Horne et Thornethwaite. - Vicomtesse Jocelyn. - Kilburn (épreuves coloriées). - Lock et Whitfield (épreuves coloriées). - Maclean, Melluish et Comp. (appareils). - Mayland. - Meagher (appareils). - Moule (appareils pour prendre les portraits de nuil). - Murray et Heath (appareils, tentes de voyage). - Olley (photographie microscopique). - Ottewill (chambres noires). - Ramage (photolithographie). - Reeves (photographie microscopique). - Rejlander. - Ross et Thompson. - Russell. -Sedgefield. - Skaife (appareils pour vues instantanées). - Smyth Lindon. - Smyth et Blanchard. - Salomon (appareils). - Sutton. - Thompson. -Traer (photographie microscopique). - Wardley. - Warner (agrandissements). - Wortley-Stuart. -Wright (appareil portatif). - Claudet (Colombie). - Tucker (Guiane Anglaise). - Sellon (Indes). - X... (Jamaïque). - Cox et Lukin (Melbourne). - Bowren et Cox (New-Brunswick). - Crombie (New-Zealand). - Challingor (Queensland). - Wilder (id.) - Hall (Australie). - Allport (Tasmanie). - Bachleder et O'Neill (Victoria). - Charlier (id.) - Davis (id.) - Johnston (id.).
Autriche. - Leman. - Leth (épreuves au carbone). - Melingo. - OEstermann. -Rupp. - Widter. - Gypen et Frisch.
Belgique. - Ghemar frères. - Mascré. - Michiels. - Neyt (microscopie phot.).
Danemark. - Hausen. - Lange. - Striegler.
France. - Albitès. - Aleo. - Marquis de Berenger. - Berthier. - Blanc. - Bobin. -Breton (Mme). - Briois (produits chimiques). - Carjat. - Charnay. - Charavet. - Collard. - Cremière. - Dagron (bijoux photographiques). - De Clercq. - Delondre. - Delton. - De Champlouis. - Garin (produits chimiques). - Gaumé. - Hermagis (objectif). - Jouet. - Ken. - Koch (appareils). -Lackerbauer (microscopie). - Laffon (écrans en soie). - Lécu (appareils). - Lemercier (photo lithographie). - Mailand. - Marion (papier phot.) - Masson. - Mayer et Pierson. - Michelez. - Millet (objectifs). - Moulin. - Pesme. - Plessy (produits chimiques). - Potteau. - Puech (produits chimiques). - Quinet. - Richebourg. - Rolloy (produits chimiques). - Roman. - Silvy. - Tournachon. - Villette (agrandissements à la lumière électrique).
Francfort. - Hamaker.
Iitalie. - Roncalli (photographie microscopique).
Mecklenbourg-Schwerin. - Dethleff.
Hollande. - Van Eyck (copies de gravures).
Norwége. - Selmer (types d'indigènes).
Perse. - Luigi Pesce (vues de Téhéran).
Portugal. - Silveira.
Prusse. - Beyrich (papier phot.). - Kunzmann (papier phot.). - Minutoli. –
Schauer.
Russie. - Mieczkowski. - Gabriel de Ruimne.
Suède.-Unna et Höffert.
Suisse. -Georg. - Poncy. – Vuagnt.
États-Unis. - Dexter.
Wurtemberg. - Sprösser.
A cette liste, on doit ajouter une mention honorable accordée à un exposant anonyme du Zollverein, ce qui porte le nombre des médailles à 85 et celui des mentions honorables à 147.
Th. BEMFIELD.
([i]) (1) L'abondance des matières nous a empêché de publier plus tôt cet article, qui aurait dû paraître dans notre numero du 15 août dernier.