| 1833 | L’ARTISTE Vol. V 1ª. Serie 15e Livraison Pag. 184 | DIORAMA. LA FORÊT-NOIRE. Pour la troisième fois depuis huit jours, je suis allé ce matin voir le Diorama. Aussi est-ce encore sous le charme du magnifique spectacle qui m'a été offert que je vous écris ces lignes. Mais, au lieu de ma prose, il faudrait la grande poésie de Byron. M. Daguerre nous donne aujourd'hui son plus beau chef-d'œuvre; jamais, jusqu'alors, malgré son immense talent, il n'avait poussé aussi loin l'imitation de la nature; jamais son pinceau n'avait fait des arbres dont les branches murmurent sous le vent de la nuit, des feuilles qui se balancent, et qui se montrent tour à tour luisantes ou sombres. Vous voyez tout cela. Quand vous entrez sous la coupole éclairée, l'immensité de la Forêt-Noire se déroule à vos yeux; la lune jette d'aplomb ses clartés que les arbres de la haute forêt rendent inégales; le chemin seul est éclairé d'une vive lumière. Là vous apercevez le cadavre d'une femme: c'est celui de la comtesse de Hartzfeld, qui vient d'être assassinée; au-dessous, à quelques toises, le chapeau galonné de son domestique et des traces de sang sur le pont d'un torrent, dont la rampe est brisée, attestent quelle résistance cet homme a faite pour défendre sa maîtresse. A gauche, un feu allumé par les bandits se consume lentement. C'est alors que vos yeux, familiarisés avec l'aspect du tableau, commencent à en découvrir toutes les beautés. Dans la plus lointaine perspective, la Forêt-Noire parsemée de quelques arbres rares permet de découvrir la grande chaîne des Alpes qui parcourt tout le littoral du Rhin; trois pics énormes, dont les interstices ont fait surgir des sapins et des mélèzes, la dérobent un instant à la vue, pour la laisser apparaître de nouveau, plus haute, plus vigoureuse, et semée des flancs à la crête de hêtres, de chênes et de sapins séculaires, qui viennent, en ondulations capricieuses, s'abaisser am pieds du spectateur. Puis c'est la lune qui semble s'être dégagée des nuages pour tout éclairer; l'étoile de Cyrus qui scintille, et dans les interstellaires quelques nuages blanchâtres qui glissent sur l'azur des cieux. En contemplant ces grandes choses, vous avez l'ame émue; on oublie la balustrade sur laquelle on est appuyé; on se croit transporté dans cette vieille et froide Allemagne; on craint de voir surgir à ses côtés les assassins! Cette vague lumière bleuâtre, cette légère teinte de brouillard qui se répandent sur tout le paysage, contribuent à rendre l'illusion plus complète encore. Puis c'est le ravin où l'on distingue l'empreinte des pieds, l'herbe touffue du chemin qui vacille, et plus bas le pont de bouleaux, le pont grossier jeté avec tant d'art sur le lit profond et desséché du vieux torrent! M. Daguerre n'est pas seulement peintre, il est poète, il comprend la nature dans ce qu'elle a de plus pittoresque et de plus effrayant; il est initié à tous les secrets de l'art, il possède toutes les inspirations. Il est bien malheureux qu'un tel artiste n'ait pas sa part dans les encouragemens du gouvernement, et que nous soyons toujours à la veille de nous le voir enlever par l'Angleterre, plus généreuse que nous pour les grands talens. |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
segunda-feira, 6 de setembro de 2010
1833 - L’ARTISTE
1833 - L’ARTISTE
| 1833 | L’ARTISTE Vol. V 1ª. Serie 17e Livraison Pag. 207, 208 | LE DIORAMA ET M. DAGUERRE Est-il vrai que le Diorama, cet établissement sans rival est près de nous échapper? Est-il vrai que M. Daguerre est forcé de porter dans un pays plus généreux son talent et ses conceptions d'artiste? Elle est donc bien profonde cette indifférence qui nous ronge, puisque nous souffrons, sans rougir, qu'un peuple voisin se pare et se glorifie de nos dépouilles ? M. Daguerre, par une activité qui tient du prodige, a pourtant fait se succéder au Diorama les vues les plus magiques; il a fait passer sous vos yeux les pays les plus eloignés; il vous aurait fait, je crois, parcourir le globe entier. Dans ce moment encore, il vous offre en même temps la Forêt-Noire et le tombeau de Napoléon, la vallée de Chamouny et Venise, tout cela pris sur les lieux, vrai d'une incroyable vérité. Ces trois premiers tableaux, il faut le dire hautement, sont des chefs- d'œuvre; le dernier exposé surtout, la Forêt-Noire , est capable de ravir l'imagination la plus froide. Hélas ! M. Daguerre recueille, pour fruit de ses travaux, 20,000 francs de perte par an! C'est un suicide. Comment notre gouvernement, qui cherche avec tant de soin à faire revivre les idées de Napoléon, ne songet-il pas à soutenir ce bel établissement? Que Napoléon entendait bien autrement la gloire et l'intérêt du pays! Napoléon avait payé, en différentes fois, pour 800,000 francs de dettes à Talma; un de ses frères lui faisant remarquer l'énormité de cette somme, Napoléon répondit: « Ah !que la France devrait encore à Talma, si elle comptait avec lui! « Qui peut calculer en effet tout l'argent que le génie du tragédien a fait importer en France par ses admirateurs? Eh bien! le Diorama concourt, lui aussi, à attirer les étrangers à Paris, et le gouvernement ne vient pas à son secours! et le gouvernement ne fait rien pour M. Daguerre ! et pourtant il ne faudrait pas 800,000 francs. Je ne sais ce qui doît étonner le plus, ou le dévouement de l'homme qui veut illustrer son pays par une création que nous envient tous nos voisins, ou le gouvernement qui ne sait pas protéger de tels efforts. Le public a bien ici sa part de culpabilité; mais, préoccupé des graves questions qui s'agitent dans le monde social, le public a-t-il le loisir de penser au Diorama ? D'ailleurs , le public n'en entend pas parler; il l'ignore. Entre un protocole de Londres et un échec à Constantinople, quelques lignes ont-elles dit au public qu'il a là, près de lui, des merveilles qu'il dédaigne, dont il ne se doute pas ! C'est une grande calamité.. Puisque M. Daguerre ne doit compter que sur lui seul, je lui proposerais une dernière et peut-être inutile ressource, c'est de baisser les prix du Diorama, de les fixer à vingt sous, quinze sous, que sais-je? en réservant un jour de la semaine, le vendredi par exemple, au monde fashionable, qui paierait, lui, 3 ou 5 francs, si par cas il daignait s’en souvenir. Si nous perdons le Diorama, c’est un malheur pour l’art et une véritable honte pour la capitale. C. |
domingo, 5 de setembro de 2010
1834 - L’ARTISTE
| 1834 | L’ARTISTE Vol. VII 1ª. Serie 20e Livraison Pag. 228, 229 | DIORAMA VUE DU BASSIN CENTRAL DU COMMERCE A GAND. Tout-à-l'heure nous avions des regrets pour Paris que des mains aveugles et avides dépouillent de son aspect varié et pittoresque, réduisant à une forme unique toutes les formes diverses que le passé avait données à ses maisons et à ses édifices. Voila que, pour faire comprendre comment il est possible de concilier le respect des monumens et les exigences d'une population nouvelle, l'image d'une ville devenue une des plus industrieuses, et restée en même temps une des plus pittoresques de l'Europe, se présente à nous par le plus heureux à propos. C'est de Gand, c'est du beau tableau que M. Daguerre en a récemment exposé au Diorama, que nous voulons parler. Le peintre, avec un parfait sentiment d'artiste, s'est laissé aller au charme de cette physionomie du passé qui se conserve dans l'aspect de la ville flamande, physionomie d'autant plus précieuse et plus piquante, que les traits d'une physionomie toute moderne se développent à côté d'elle sans s’y confondre et sans l'effacer. On a exploité toutes les richesses pittoresques de l'Italie et du midi de l'Europe, et on les a exploitées sans modération, sans discernement; on a usé et même abusé de tous les moyens de les mettre sous nos yeux, dans les livres, dans les panoramas, au théâtre, partout enfin: et ce spectacle, sans cesse répété, a fini par devenir fastidieux. M. Daguerre, avec beaccoup de tact, a pensé que le peintre devait enfin se tourner vers le Nord et lui demander des modèles. C'est une justice que méritait bien cette Flandre, elle aussi, glorieuse patrie des arts et dans laquelle leur culte n'a cessé d'être un objet d'amour et de foi. La race flamande, avec son admirable attachement pour les lieux qu'elle habite, non-seulement conserve et entretient religieusement ses édifices et ses manoirs domestiques, mais elle recueille encore dans ses musées, dans ses églises, dans les cabinets d'amateurs, tous les tableaux que sa célèbre école de peinture a laissés répandus sur la surface du pays; elle veille sur eux, elle en est fière; elle sait exactement l'histoire de chacun d'eux, qu'elle raconte avec empressement à l'étranger curieux d'admirer ces richesses. En aucune contrée de l'Europe, sans en excepter l'Italie, me aussi fervente dévotion à l'art n'est professée. Gand est une des villes les plus riches de cette Belgique si riche en objets d'art, ville d'ailleurs tout empreinte de moyen âge, comme M. Daguerre nous la fait voir dans son tableau, si vrai et d'une illusion si complète. Le spectateur admis dans le Diorama aperçoit le Canal qui se déploie devant lui. A droite et à gauche sont les quais avec leurs maisons de siècles et de styles différens, et qui toutes semblent avoir de longues années a rester debout, tant elles sont soigneusement entretenues et réparées chez ce peuple, grand ami de la propreté, de l'ordre et de ses aises, comme il est ami des arts. Nous sommes dans le quartier du Commerce. Ces longs bateaux marchands amarrés sur les deux bords du canal viennent y déposer chaque jour de nouveaux chargemens; ainsi ce commerce de Gand n'est point aveugle, brutal et envahisseur, comme celui de certains autres pays; il ne démolit point sans raison, pour les reconstruire à sa guise, les maisons qui se trouvent à sa portée; il a respecté cette belle ligne d'anciens manoirs des bourgeois de Gand, seulement il les a appropriés à son usage, ces antiques manoirs. Ainsi devrait faire le commerce de Paris: ne point tant construire de nouvelles maisons, mais plutôt utiliser les anciennes. Admirons encore une fois la variété de cette architecture et l'illusion du point de vue. Aussi bien il se fait tard; l'obscurité commence à envelopper les contours des objets. Les maisons s'éclairent successivement; la nuit est venue. Mais quel nouveau coup d'œil enchanteur elle nous présente! quels moyens d'illusion sont donc ceux de M. Daguerre? Je revois Gand tel que je l'aperçus une première fois à pareille heure de la nuit. Les circonstances, au milieu desquelles ce spectacle se présenta alors à mes yeux, reviennent à ma mémoire qui depuis longtemps en avait perdu le souvenir. Cela tient du prodige. Jusqu'à présent on avait pu croire que l'exécution des tableaux du Diorama n'était plus susceptible de perfectionnemens. Cette Vue de Gand prouve le contraire; en la comparant à la Vue de la Forêt-Noire, qui reste aussi exposée, on se convaincra que M. Daguerre a réalisé un progrès nouveau. L'illusion est encore plus complète dans cette Vue de Gand, et le travail du peintre y est évidemment encore plus heureusement réussi. Que M. Daguerre continue à nous montrer ainsi des tableaux empruntés aux lieux les plus intéressans de l'Europe, et il pourra se glorifier de nous avoir fait connaître ces lieux même comme si nous les avions parcourus dans la réalité. Tout le Paris qui aime les arts doit se montrer reconnaissant envers l'artiste qui consacre ainsi sa fortune et son talent à créer des plaisirs pour tous. Pour nous, notre reconnaissance lui doit un conseil que la réflexion nous a déjà inspiré: les bénéfices de l'entreprise que dirige M. Daguerre s'accroîtraient à coup sûr, si le prix d'entrée du Diorama était réduit, pendant plusieurs jours de la semaine, à un taux très-minime, par exemple: à 1 franc, ou même à 50 centimes; car des milliers de personnes auxquelles l'élévation du prix actuel interdit la vue de ces tableaux s'empresseraient alors d'aller les visiter. A certains jours réservés, on pourrait maintenir le prix d'entrée au taux d'aujourd'hui, ou même l'élever, et ce serait peut-être un sûr moyen d'attirer ces curieux dont la vanité n'estime les plaisirs qu'autant qu'ils les paient cher et qu'ils s'y distinguent de la foule par la façon dont ils y prennent part. Bien des personnes n'iraient pas au théâtre, si toutes les places, mises indistinctement à un prix modique, étaient également accessibles pour tout le monde. Mais c'est surtout en mettant, par la modicité du prix, l'entrée du Diorama à la portée du plus grand nombre, que la combinaison que nous proposons serait assurée de réussir. Les publications à bon marché que multiplie chaque jour la librairie ne sont fondées que sur le calcul bien simple que nous venons de faire, et les étonnans succès qu'elles obtiennent montrent que leur exemple est bon à suivre. |
1834 - L’ARTISTE
| 1834 | L’ARTISTE Vol. VIII 1ª. Serie Pag. 116 | - Le tableau de la Forêt-Noire sera remplacé, le 11 octobre, au Diorama, par un nouveau tableau, représentant l'intérieur d'une église, passant d'un effet de jour, par toutes les modifications de lumière, pour arriver à l'effet d'une messe de minuit. |
quinta-feira, 2 de setembro de 2010
1834 - L’ARTISTE
| 1834 | L’ARTISTE Vol. VIII 1ª. Serie Pag. 170 | DIORAMA. UNE MESSE DE MINUIT DANS L'ÉGLISE SAINT-ÉTIENNE-DU-MONT. Nous sommes en retard avec le magnifique tableau, ou plutôt avec la magnifique représentation que M. Daguerre vient de nous donner au Diorama. Jusqu'à présent nous n'avions vu que de belles toiles, où les illusions de la lumière et de l'optique ne parvenaient à reproduire avec fidélité que l'immobilité de la nature. Dans le Diorama de l'église St.-Etienne-du-Mont, supérieur, selon nous, au Bassin de Gand, nous avons tout à la fois un tableau admirablement peint, dont l'ensemble et les détails sont d'une rigoureuse exactitude, d'une illusion parfaite; et puis nous avons une scène animée, la solennité d'une messe de minuit, avec la foule, absente il n'y a qu'un moment, et maintenant recueillie en face de ce chœur, successivement illuminé par l'éclat des lustres. A l'ensemble imposant de la cérémonie vient se joindre l'harmonie de l'orgue qui comble l'illusion. Si, après avoir cédé comme le public à la fascination de cette scène, nous voulons, en artiste, nous rendre compte du génie du peintre, nous aurons à admirer l'étonnante patience et l'habileté de l'exécution. Comme on sait, l'église est représentée d'abord en plein jour et passe successivement par toutes les modifications de lumière, pour arriver à cet effet prodigieux d'une messe de minuit. Ainsi que nous l’a appris M. Daguerre, tout est peint sur la même toile; la lumière qui éclaire le tableau est seule mobile: le système de cette peinture, de l'invention de M. Daguerre lui-même, est basé sur la différence qu'éprouvent les couleurs, lorsque la lumière qui les éclaire est transmise par réflexion ou réfraction, et que cette lumière elle-même est diversement colorée; l'effet dans le tableau où ce principe est le plus développé, c'est l'apparition d'une partie des figures placées sur les chaises inoccupées dans l'effet de jour. Vous avez beau fixer les jeux sur la toile, afin de saisir le moment où les personnages arrivent, il vous est impossible de distinguer la transition. Une chose merveilleuse à contempler, c'est l'art avec lequel le peintre a su reproduire toutes les différentes couleurs, les nuances, tous les aspects variés, sous lesquels l'église peut apparaître aux différentes heures du jour, depuis cinq heures du matin jusqu'à minuit. Après vousavoir donné la progression du jour à la nuit, le tableau, vous donne aussi le retour gradué de la nuit au jour. Jugez un peu quelle étude profonde et assidue le peintre a dû faire, pour rendre sur sa toile toutes les diverses physionomies de St.-Étenne-du-Mont ! Vous tous, habitans du Marais, de la Chaussée d'Antin, du faubourg St.-Germain, qui n'avez pas le temps de faire le pélerinage à St.-Etienne-du-Mont ,allez voir le tableau de M. Daguerre, il vous dévoilera toutes les perfections de cette charmante église, délicieux mélange d'architecture sarrazine et de la renaissance. Et de plus, vous y verrez encore ce qui n'existe pas à la montagne Ste-Geneviève, les deux curieux tableaux dont nous avons déjà parlé: le Bassin central du commerce à Gand et la Forêt Noire. |
quarta-feira, 1 de setembro de 2010
1835, 27 de Setembro – JOURNAL DES ARTISTES
| 1835 27 de Setembro | Journal des Artistes Pags. 202,203, 204 | DIORAMA. LA VALLÉE DE GOLDAU Il devient fort difficile de parler des nouveaux chefs-d’œuvre de m. daguerre avec les éloges qu’ils méritent, parce qu’ils nous a forcés, par ses merveilles sans cesse croissantes, d’user toutes les formes de louange connues. Ses admirables combinaisons d’effets, et ses décompositions si savantes de couleurs, ont amené successivement des résultats qu’il était impossible de prévoir, et qui son faits pour causer aux artistes plus d’étonnement encore qu’au public. Après le miracle de la messe de minuit, il restait à M. Daguerre à exécuter, dans une scéne en plein air, la surprenante transformation de couleurs et de formes qu’il avait opérée avec tant de succès dans un intérieur. C’était une application différente des mêmes principes, avec une extension plus grande. La catastrophe arrivée en 1806, en Suisse, lui donnait un sujet et un cadre des plus heureux pour son art, et il a été habile à en profiter. Le village de Goldau existait dans une charmente vallée, entre le mont Righi et une autre montagne au pied de laquelle était aussi un joli lac. En quelques heures, un éboulement de la montagne couvrit le lac et le village, et ne laissa, à la place de ce site si gracieux, qu’un horrible cahos de rochers arides. Eh bien ! voilà ce que M. Daguerre a reproduit sur la même toile. L’effet de jour vous montre le plus beau et plus frais paysage, le hameau, ses lacs, ses pâturages, et les monts gigantesques qui les entourent, éclairés par un jour vif et suave. Peu à peu le jour baisse, la nuit devient obscure ; et quand les rayons de la lune viennent percer l’obscurité, vous n’apercevez plus les lointains sur lesquels les montagnes projettent leurs grandes ombres, mais vous apercevez les premiers plans totalement changés d’aspect : des rochers stériles, en désordre, couvrent les lieux où furent le lac et le village ; des habitants échappés à la mort contemplent cette horrible scène, et le spectateur lui-même croit assister à cette convulsion instantanée de la nature. A part l’immense talent de l’auteur comme peintre, tout ceci est œuvre présenté de chimie. La chimie des couleurs était à peu près inconnue ; de profondes et persévérantes recherches ont amené M. Daguerre à produire, par d’habiles décompositions de lumière, et, par suite, de couleurs, des résultats qui tiennent du merveilleux. Lui seul sait ce qu’il a fallu de recherches et d’études pour arriver à ce qu’un tableau se transforme ainsi en un autre tableau, par l’effet des matières colorantes avec lesquelles il est peint, et des diverses manières dont on lui fait recevoir la lumière. Ce n’est pas tout. Il y a quelques années, nous avons annoncé un résultat des plus étonnants en ce genre. M. Daguerre avait déjà trouvé une composition de couleurs qui avait la propriété de conserver la lumière dans l’obscurité, après en avoir été impreignée pendant le jour ; et il prétendait, après avoir composé ainsi toutes les couleurs primitives, peindre un tabeau qui fût visible, par sa propre lumière, au milieu de la nuit ! Aujourd’hui, ces découvertes l’ont mené à une découverte analogue, plus étonnante encore, s’il est possible. Il a trouvé, dit-on, le moyen de recueillir, sur un plateau préparé par lui, l’image produite par la chambre noire, de manière qu’un portrait, un paysage, une vue quelconque, projetés sur ce plateau par la chambre noire ordinaire, y laisse son empreinte en clair et en ombre, et présente ainsi le plus parfait de tous les dessins…. Une préparation mise mise par dessus cette image, la consrve pendant un temps indéfini… les sciences physiques n’ont peut-être jamais présenté une merveille comparable à celle ci. |
1835 - L’ARTISTE
| 1835 | L’ARTISTE Vol. X 1ª. Serie 11e Livraison Pag. 110, 111 | DIORAMA. LA VALLÉE DE GOLDAU. M. Daguerre vient d'ajouter une magnifique toile à toutes celles qu'il nous a déjà fait admirer. Il est impossible de mettre dans une entreprise d'art plus d'activité, d'intelligence et de dévoûment que M. Daguerre en a porté dans la sienne. Avec les seules ressources de son talent, il est parvenu à créer et à faire prospérer un des établissemens les plus curieux et les plus utiles de la capitale. D'abord peu compris du public, peu soutenu, n'ayant rencontré aucun secours dans le gouvernement, M. Daguerre a surmonté tous les obstacles, a réussi à obtenir la vogue du public; et, sans s'arrêter à ces succès si bien mérités, il a toujours cherché à perfectionner son art. Aujourd'hui, la peinture du Diorama est arrivée au plus haut degré possible d'illusion, grace surtont aux effets de jour et de nuit, produits sur la même toile par la décomposition de la lumière, à l'aide du nouveau procédé inventé par M. Daguerre. Le Bassin de Gand et la Messe de minuit à Saint-Étienne-du-Mont nous ont déjà montré toute la surprise et les miraculeux effets de ce procédé; M. Daguerre vient de l'appliquer encore à la peinture de la vallée de Goldau, en Suisse. On peut voir maintenant sur ces trois belles toiles, différentes par le sujet, la scène, l'aspect pittoresque, toute la magie de cette ingénieuse invention. Dans le Bassin de Gand, les eaux, le ciel, les monumens se transforment avec toutes les dégradations de la lumière et vous présentent tous les accidens variés, toutes les teintes successives de la nuit et du jour. Dans Saint-Étienne-du-Mont, vous n'avez pas seulement le changement de lumière qui modifie le vaisseau, sa couleur, son aspect, mais sur une, toile immobile la mobilité d'un drame, l'apparition soudaine et la disparition de personnages, toute l'action solennelle, recueillie d'une messe de minuit. Cette découverte de M. Daguerre est d'autant plus précieuse, que ce qui nuisait essentiellement à la peinture du Diorama, c'était l'absence de vie, de modification, de mouvement, l'absence de la figure humaine, qui anime et complète tout paysage, tout monument. Le nouveau tableau de M. Daguerre réunit tous ces avantages; il représente un éboulement arrivé dans la vallée de Goldau, le 2 septembre 1806. Dans l'effet du jour, vous voyez la vallée telle qu'elle était avant l'éboulement; cette vallée était alors une des plus belles de la Suisse. Vers le centre du tableau, on aperçoit le village de Goldau; plus loin se dessine, sur le lac de Zoug, le grand village de Art. A droite, est la montagne de Rouffiberg, qui en partie a écroulé; à gauche, le mont Righi, dont la hauteur est de 5,676 pieds, Cet effet est admirablement exécuté pour la transparence de l'air et du ciel, la solidité et la vérité de la couleur, l'immensité de la perspective. Je voudrais cependant un peu moins de crudité dans le ton des arbres du premier plan. La vapeur des lacs joue autour des rochers et les enveloppe au sommet comme d'un voile de gaze. L'aspect enchanteur de ce paysage est tout à coup modifié par des éclairs merveilleusement rendus dans le lointain; la nuit s'avance, les habitans du village sortent des maisons, une catastrophe se prépare; ils sont agenouillés et implorent le Ciel; dans cet effet de nuit on aperçoit, à la clarté de la lune, la vallée, telle qu'elle était immédiatement après l'éboulement. Le 1 et le 2 septembre, il avait plu en abondance; déjà dans la matinée les personnes qui demeuraient dans le voisinage du Gnypenspitz entendirent du bruit et un craquement dans la montagne: on aperçut aussi ailleurs, en divers endroits, d'autres phénomènes singuliers. Enfin, à cinq heures du soir, les couches de Breche, qui s'étendaient entre le Spitzbuel et la Steinbergerfloue, se détachèrent de la montagne et se précipitèrent avec fracas dans la vallée, d'où leurs débris remontèrent le long de la base du Righi. La largeur de ces couches était de 1,000 pieds, leur hauteur de 100 pieds, et leur longueur de près d'une lieue: en cinq minutes ces contrées si charmantes et si fertiles furent changées en un désert affreux. On compte 449 individus écrasés sous les décombres. Tel est le spectacle que nous présente le tableau de M. Daguerre dans l'effet de nuit. Quand on songe qu'une transformation aussi complète est produite sur la même toile, sans changer aucune de ses parties, par la seule modification de la lumière, il faut admirer et la simplicité de ce procédé, et la grande intelligence de son art qu'il suppose dans l'auteur, et toutes les ressources que présentent l'association de la peinture, de l'optique et de la mécanique, employées par un talent aussi elevé, aussi habile et aussi consciencieux que celui de M. Daguerre. Il serait à désirer que cet ingénieux artiste pût obtenir un local plus vaste qui lui permît de conserver plusieurs de ses toiles. Le Diorama pourroit devenir un Musée d'architecture et un voyage. Le public a compris toute l'importance et l'attrait de ce bel établissement; le gouvernement ne devrait-il donc pas aussi venir en aide à M. Daguerre et lui donner un appui qui serait tout à la fois et une récompense de ses beaux travaux, et un moyen de les développer ? |
1836 - L’ARTISTE
| 1836 | L’ARTISTE Vol. XII 1ª. Serie 9e Livraison Pag. 98, 99 | DIORAMA. L'INAUGURATION DU TEMPLE DE SALOMON, Par M. DAGUERRE Vous montez un escalier obscur, et vous arrivez à tâtons dans un amphithéâtre. La nuit est complète. En face de vous, se détachent, sur un espace infini et silencieux, quelques grandes lignes architecturales, de formes indécises; quelques rayons de la lune parviennent à peine à illuminer ce vaste désert. Le ciel est rayonnant d'étoiles scintillantes. Dans le lointain, vous voyez s'allumer quelques faibles clartés: ce sont les habitans de Jérusalem qui s'éveillent et s'avancent pour la pieuse et solennelle cérémonie de l'inauguration. Peu à peu la lumière s'approche, la foule se dessine, des galeries immenses s'éclairent, enfin le temple lui-même apparaît, magnifique, resplendissant, enveloppé des flots de lumière qui s'échappent d'un nuage éclatant et livrent à tous les regards l'aspect imposant de cette scène. Une population innombrable est agenouillée, pleine de recueillement et d'adoration, devant l'arche sainte que Salomon fait transporter de la montagne de Sion, où son père l'avait laissée, au sanctuaire du nouveau temple. Enfin, pour nous faire entendre les harpes de David, un orgue expressif exécute une musique religieuse qui complète l'illusion. M. Daguerre s'est surpassé dans ce tableau, non-seulement comme art, mais comme mécanisme. L'ordonnance habile et imposante de la scène, les lignes grandioses de l'architecture, la richesse des costumes et des couleurs, la vérité avec laquelle sont observées toutes les nuances variées de la lumière, attestent un artiste qui possède a un haut degré toutes les ressources de son art. Mais, de plus, M. Daguerre a fait une œuvre admirable d'archéologie. Il a fallu reconstruire, d'après les textes sacrés, et ce temple, et son sanctuaire, et les galeries qui l'entourent. L'histoire apprend seulement que le temple de Salomon avait la forme d'un carré parfait; l'édificeextérieur avait quarante coudées de long et de large, et au milieu de la cour s'élevait un autre monument ayant vingt coudées de long comme de large, et vingt coudées de haut. Celui-ci était le sanctuaire, le saint des saints. Voila la merveille qui a été ressuscitée par le pinceau magique de M. Daguerre. Sous le rapport de l'illusion, cette toile est très-supérieure encore aux précédentes, même à la Messe de minuit et à la Valleé de Goldau. La perspective est d'une étendue infinie; toutes les parties de la composition ont un relief plein de vérité et de solidité; la multitude des personnages apparaît et disparaît avec une surprenante réalité. Aucune des expositions de M. Daguerre n'a été destinée comme celle-ci à frapper aussi vivement l'imagination et à obtenir un succès d'enthousiasme. Aussi la foule se porte-t-elle, depuis quelques jours, au Diorama; on voit encore, avec l'Inauguration du temple de Salomon, la Messe de Minuit à Saint-Étienne-du—Mont et 1'Éboulennent dans la valleé de Goldau. |
1837 - L’ARTISTE
| 1837 | L’ARTISTE Vol. XIII 1ª. Serie 19e Livraison Pag. 287 | Variétés Il y a depuis quelques semaines, au Diorama de Londres, deux très-beaux tableaux de M. Bouton, représentant l'un une Vue de la basilique de Saint-Paul hors les murs, l'autre le Village d'Alagna, en Piémont. Les lignes perspectives de ces deux nouvelles compositions de M. Bouton sont très-étendues. On voit l'église de Saint-Paul telle qu'elle était avant l'incendie qui l'a détruite en 1823. On la voit aussi en ruines. L'effet de lumière est trés-remarquable dans le village d'Alagna, que l'on voit disparaître sous les avalanches qui tombent du haut des montagnes. |
1838, 2 de Março - JOURNAL DES BEAUX ARTS
| 1838 2 de Março | JOURNAL DES BEAUX ARTS Année 5 / Volume 1 / nº6 Pag.95 | Les beaux jours aménente de nombreux visiteurs au Diorama de M. Daguerre, et au Panorama de M. Langlois, qui étant situés l’un près de l’autre, offrent un double spetacle curieux à comparer, que l’on peu aller voir e même jour |
1838, 13 de Maio – JOURNAL DES BEAUX ARTS
| 1838 13 de Maio | JOURNAL DES BEAUX ARTS Année 5 / Volume 1 /nº16 Pag.256 | — Le nouveau tableau de M. Daguerre attire grand nombre de visiteurs au Diorama. Maintenant, des chants religieux, exécutés par de jeunes et jolies voix , ajoutent au prestige et aux impressions de ce spectacle. |
terça-feira, 31 de agosto de 2010
1838 – L’ARTISTE
| 1838 | L’ARTISTE Vol. XV 1e Serie Pag. 143, 144 |
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segunda-feira, 30 de agosto de 2010
1839, 12 de Janeiro - THE LITERARY GAZETTE AND JOURNAL OF BELLES LETTRES, ARTS, SCIENCES
| 1839 12 de Janeiro | THE LITERARY GAZETTE AND JOURNAL OF BELLES LETTRES, ARTS, SCIENCES No. 1147 London, Saturday, January, 12, 1839 pAG.28 | FINE ARTS THE DAGUEROTYPE. Paris, 6th January, 1839 We have much pleasure in announcing an important discovery made by M. Daguerre, the celebrated painter of the Diorama. This discovery seems like a prodigy. It disconcerts all the theories of science in light and optics, and, if borne out, promises to make a revolution in the arts of design. M. Daguerre has discovered a method to fix the images which are represented at the back of a camera obscura; so that these images are not the temporary reflection of object, but their fixed and durable impress, which may be removed from the presence of those objects like a picture or an engraving. Let our readers fancy the fidelity of the image of nature figured by the camera obscura, and add to it an action of the solar rays which fixes this image, with all its gradations of lights, shadows, and middle tints, and they will have an idea of the beautiful designs, with a sight of which M. Daguerre has gratified our curiosity. M. Daguerre cannot act on paper; he requires a plate of polished metal. It was on copper that we saw several points of the Boulevards, Pont Marie, and the environs, and many others spots, given with a truth which Nature alone can give to her works. M. Daguerre shows you the plain plate of copper: he places it, in your presence, in his apparatus and, in three minutes, if there is a bright summer sun, and a few more, if autumn or winter weaken the power of its beams, he takes out the metal and shows it you, covered with a charming design representing the object towards which the apparatus was turned. Nothing remains but a short mechanical operation – of washing, I believe – and the design, which has been obtained in so few moments, remains unalterably fixed, so that the hottest sun cannot destroy it. Messrs. Arago, Biot, and Von Humboldt, have ascertained the reality of this discovery, which excited their admiration; and M. Arago will, in a few days, make it known to the Academy of Sciences. I add some further particulars. Nature in motion cannot be represented, or at least not without great difficulty, by the process in question. In one of the views of the Boulevards, of which I have spoken, all that was walking or moving does not appear in the design; of two horses in a backney coach on the stand, one unluckily moved its head during the short operation; the animal is without a head in the design. Trees are very well represented; but their colour, as it seems, hinders the solar rays from producing their image as quickly as that of houses, and other objects of a different colour. This causes a difficulty for landscape, because there is a certain fixed point of perfection for trees, and another for all objects the colours of which are not green. The consequence is, that when the houses are finished, the trees are not, and when the trees are finished, the houses are too much so. Inanimate nature, architecture, are the triumph of the apparatus which M. Daguerre means to call after his own name – Daguerotype. A dead spider, seen in the solar microscope, is finished with such detail in the design, that you may study its anatomy, with or without a magnifying glass, as if it were nature itself; not a fibre, not a nerve, but you may trace and examine. For a few hundred francs travelers may, perhaps, be soon able to procure M. Daguerre’s apparatus, and bring back views of the finest monuments, and of the most delightful scenery of the whole world. They will see how far their pencils and brushes are from the truth of the Daguerotype. Let not the draughtsman and the painter, however, despair – the results obtained by M. Daguerre are very different from their works, and, in many cases, cannot be a substitute for them. The effects of this new process have some resemblance to line engraving and mezzotinto, but are much near to the latter: as for truth, they surpass every thing. I have spoken of the discovery only as it regards art. If what I have heard is correct, M. Dagurre’s discovery tends to nothing less than a new theory on an important branch of science. M. D. generously owns that the first idea of his process was given him, fifteen years ago, by M. Nieps, of Chalons-sur-Saone; but in so imperfect a state, that it has cost him long and persevering labour to attain the object. H. GAUCHERAUD. [From the “ Gazette de France”, of January 6, 1839.] Previously to receiving the above, we had written the following paragraph. – Ed. L.G. Nature Painted by Herself. – A French journal contains a remarkable account of experiments with the Camera Lucida, the result of which is the exact and actual preservation of the impressions reflected by natural images upon copper plates. What the process is we are not told, but, as far as we understand it, by exposing the copper to these reflections, and immediately rubbing it over with a certain material, the likeness of whatever is so impressed is retained with perfect accuracy. Some difficulties occur where there is motion in the objects, whether animals, or leaves of trees stirered by the wind, &c.; but, if really true, this is a very extraordinary discovery for the fine arts. Some of our readers may be aware that, some fourteen or fifteen years ago, Sir H. Davy and other scientific men amongst us, strenuously endeavoured to attain this desideratum; and by means of nitrate of silver, upon which light and shade produced certain effects, seemed to have all but accomplished their end. It was not however complete; for the changes in colour were too evanescent to admit of permanent fixture. We shall be glad to find the French experimenters more successful. |