1852
DÉSIRÉ BLANQUART-EVRARD, funda em Lille a primeira "Imprimerie Photographique".
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- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
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quinta-feira, 15 de outubro de 2009
1852
12 de Janeiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 2
Pag. 63, 64
En la retirant, on l'accroche par un petit trou que l'on aura préalablement fait à un des angles de la plaque, on la laisse s'égoutter complétement, et, lorsqu'elle ne présente plus de liquide àsa surface, on la passe au second bain:
On la plonge de la même manière et on la laisse le même temps dans ce bain que dans le premier; même manière de sécher : il va sans dire que ceci se fait à l'abri de la lumière du jour. Lorsque la plaque est bien séche, on peut s'en servir ainsi, ou bien la polir avec un tampon de coton imbibé d'alcool et de tripoli. Lorsqu'elle aura acquis à la lumière un peu plus de force que l'on en désire, on la retirera pour la laver dans de l'eau, et ensuite la fixer à l'hyposulfite chaud ou froid:
12 de Janeiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 2
Pag. 63, 64
MM. BOUET et MANTE présentent des épreuves photographiques obtenues sur une matière qui, dans le commerce, porte le nom d'ivoire factice.
« Cette matière, disent les auteurs dans la Lettre d'envoi, peut recevoir un poli aussi parfait que le plaqué d'argent, et, par cela même, conserver toutes les finesses du cliché, n'étant pas cotoneuse et ne se désagrégeant pas dans les préparations, comme le papier. Un grand avantage qu'elle offre encore est de pouvoir, une fois préparée, se conserver des mois entiers sans subir aucune altération.« Préparation des plaques d'ivoire factice. - Avant de soumettre la plaque dans le premier bain, on la décape avec un papier de verre tres-fin qui ôte toute trace grasse et facilite l'imbibition; dans cet état, on la plonge entièrement dans la solution suivante, où on la laisse environ une minute:
En la retirant, on l'accroche par un petit trou que l'on aura préalablement fait à un des angles de la plaque, on la laisse s'égoutter complétement, et, lorsqu'elle ne présente plus de liquide àsa surface, on la passe au second bain:

On la plonge de la même manière et on la laisse le même temps dans ce bain que dans le premier; même manière de sécher : il va sans dire que ceci se fait à l'abri de la lumière du jour. Lorsque la plaque est bien séche, on peut s'en servir ainsi, ou bien la polir avec un tampon de coton imbibé d'alcool et de tripoli. Lorsqu'elle aura acquis à la lumière un peu plus de force que l'on en désire, on la retirera pour la laver dans de l'eau, et ensuite la fixer à l'hyposulfite chaud ou froid:

Une fois que l'épreuve aura acquis le ton que l'on désire on la lavera encore à grande eau pour dissoudre tout l'hyposulfite qu'elle pourrait contenir, on la suspendra ensuite gour laisser évaporer le plus d'eau possible, et, avant qu'elle soit tout à fait sèche, on la pressera entre des petites planchettes minces de bois blanc, ce qui finira de lui retirer toute son humidité, et lui fera conserver une forme droite en séchant. »
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Mante
domingo, 11 de outubro de 2009
1852
9 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 6
Pag. 214
9 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 6
Pag. 214
M. REGNAULT présente à l'Académie des épreuves photographiques obtenues sur verre albuminé par M. BACOT, de Caen, à l'aide d'un procédé extrêmêment rapide. Ces épreuves sont remarquables par leur grande finesse. L'une d'elles représente les vagues de la mer se brisant sur la plage; elle a été obtenue en une très-petite fraction de seconde.
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Compte Rendu des Séances de l'Académie des Sciences,
Regnault
1852
9 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 6
Pag. 215, 216, 217, 218
9 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 6
Pag. 215, 216, 217, 218
PHYSIQUE OPTIQUE. - Second Mémoire sur l'héliochrornie; par M. NIEPCE DE SAINT VICTOR. (Extrait. )
« §1. - En continuant mes expériences sur la relation des images colorées par la lumière avec les flammes colorées, j'ai observé de nouveaux faits que je vais avoir l'honneur de soumettre à l'Académie.
« Mes dernières expériences m'ont démontré que ces phénomènes de coloration par la lumière ne tenaient véritablement qu'à la proportion du chlore ou du chlorure dont étaient composés les bains dans lesquels je préparais mes plaques d'argent.
» On sait, par les expérierices de M. Edmond Becquerel, que l'eau chlorée impressionne la plaque d'argent par une simple immersion, de manière à la rendre susceptible de reproduire ensuite par la lumière les couleurs du spectre solaire; mais il se produira telle ou telle couleur dominante, selon la quantité de chlore que contiendra l'eau servant à préparer la plaque d'argent.
» Ainsi je produirai le rayon jaune par la plus faible quantité de chlore, et le rouge et l'orangé par de l'eau complétement saturée de chlore, ou bien j'ajouterai à du chlore liquide du deutochlorure de cuivre et même du deutochlorure de fer. La première de ces substances donnera beaucoup de vivacité aux couleurs, car elles sont très-faibles avec le chlore employé seul.
« Plusieurs chlorures n'ont aucune influence sur la plaque d'argent, tels sont les chlorures de sodium, d'aluminium, de magnésium, etc.; mais si l'on ajoute à leur solution un sel de cuivre, ils deviendront propres à impressionner la plaque d'argent et à produire des couleurs, lesquelles couleurs deviendront dominantes, à la volonté de l'opérateur, selon la quantité de chlorure que l'on aura jointe au sel de cuivre (les proportions de sel de cuivre varient, selon les chlorures que l'on emploie).
« Ce résultat est d'autant plus remarquable, que les sels de cuivre employés sans un chlorure n'exercent aucune influence, et cette influence varie en raison de la quantité de chlore ou chlorure que l'on met dans le bain avec une quantité de sel de cuivre restant la même. On peut également, en variant les proportions de sel de cuivre sur une quantité de chlore ou chlorure restant la mème, changer les effets; mais, dans ce cas, les résultats seront semblables à ceux du premier cas. Cependant il est préférable de prendre 100grammes de sulfate de cuivre avec 400 parties d'eau, etd'ajouter des proportions de chlore ou chlorure variables, suivant la couleur qu'on veut obtenir.
» Pour obtenir toutes les couleurs à la fois, il faudra prendre la proportion de chlore ou chlorure qui correspond aux rayons jaunes et verts, et dans ce cas on aura plusieurs couleurs, en laissant la plaque se préparer convenablement dans le bain; c'est-à-dire que le bain doit toujours être à une température de 10 degrés au moins, et que la plaque doit y rester immergée pendant cinq minutes environ.
« Je préviens aussi que le plus ou moins d'épaisseur de la couche fait varier les effets, ainsi que l'absorption du bain; il est donc bien essentiel d'opérer toujours dans les mêmes conditions, si l'on veut avoir les mêmes résultats. (Il faut toujours faire le mélange du chlorure avec le sel de cuivre à froid, ou, du moins, à une température peu élevée.)
» Lorsque l'on obtient plusieurs couleurs sur la plaque, elles sont beaucoup moins vives que lorsqu'on ne veut qu'une couleur dominante. Voilà pourquoi il est si difficile d'obtenir plusieurs couleurs a la fois, avec une grande intensité, surtout avec des fonds blancs, et de reproduire en même temps des noirs.
» Cependant j’ai souvent approché du but, et l'on peut en juger par les épreuves que j’ai l'honneur de présenter à l'Académie.
« J'ai dit que la plus faible quantité de chlore ou chlorure donnait des jaunes; mais, pour avoir des indigos et des violets très-vifs, il n'y aura plus de jaune. Le rouge seul vient toujours, parce que cette couleur est l'effet de la chaleur de 100 degrés à laquelle la plaque a été préalablement exposée, avant toute action de la lumière; cependant avec les jaunes il est très-faible; les plus beaux rouges sont obtenus avec une grande quantité de chlore ou chlorure, excepté avec les chlorures acides, tels que ceux de zinc et d'étain et l'acide chlorhydrique, qui donnent de très-bons résultats lorsqu'ils sont mélangés à un sel de cuivre, dans des proportions convenables; car, si on les dépasse, il ne se produira plus qu'une couleur violette. Dans ce cas, le fond du dessin est très-clair et les traits sont très-purs; avec les chlorures neutres que l'on joint à un sel de cuivre, il arrive que lorsqu'ils sont en excès ils produisent des couleurs trés-vives, surtout les rouges et les orangés; mais le fond de la plaque est toujours sombre, pincipalement avec le deutochlorure de fer.» Si l'on fait un méilange de 1 partie de chlorure de fer sur 4 de sel de cuivre dans 300 parties d'eau, on obtiendra toutes les couleurs avec des fonds blancs; mais elles seront peu vives.« Si l'on fait un mélange de 100 parties de chloruree de magnésium avec 50 de sulfate de cuivre, toutes les couleurs se reproduiront, et elles seront plus vives que les précédentes, mais le fond restera toyours sombre ou rosé.« On voit que les proportions de chlorure changent selon l'espèce; c'est une étude à faire.
« § II. - Je parlerai maintenant des expériences que j'ai faites sur les flammes colorées et sur les rapports de la couleur de ces flammes avec les couleurs qui se développent sur la plaque d'argent, préparée avec. Les corps qui donnent des couleurs à ces mêmes flammes.
« On a vu que le chlore seul donnait à une plaque d'argent la propriété de se colorer diversement sous l'influence de la lumière. Il importait donc, à ma manière de voir, de teindre, avec lui seul, des flammes de toutes les couleurs; et c'est ce que j'ai fait au moyen des expériences suivantes :
« Si l'on met dans l'alcool absolu une faible quantité d'acide chlorhydrique pur, on obtiendra en l'enflammant d'abord une flamme jaune; puis, si l'on ajoute progressivement de nouvel acide chlorhydrique en agitant la liqueur dans une capsule, on obtiendra successivement des flammes de toutes les couleurs du spectre, partant du rayon jaune, jusqu'au violet, qui se produira par la plus grande quantité d'acide chlorhydrique que l'on pourra mettre dans l'alcool sans l'éteindre; seulement, je préviens que ces flammes sont peu vives; elles le seront un peu davantage si l'on substitue à l'acide chlorhydrique un éther chloré, ou la liqueur des Hollandais, et de préférence encore les chlorures de carbone, surtout le sesquichlorure, lequel m'a donné des flammes colorées depuis le rayon jaune jusqu'au violet; mais je n'ai pu obtenir de flamme rouge et orangée: cela dépend probablement de ce que la chaleur n'était pas assez forte, ou de ce que je n'ai pas employé assez de chlorure.
« En résumé, le chlore étant seul, ne produit que des flammes d'une couleur faible, comparativement à celles produites par un chlorure de cuivre, et il en est de même pour les couleurs héliochromiques, c'est-à-dire celles produites par la lumière sur une plaque sensible.
« Il est donc bien remarquable que les mêmes rapports existent entre les flammes colorées et les images colorées par la lumière, puisque, selon la quantité de chlore que j'aurai mise dans mon bain pour préparer une plaque d'argent, j'obtiendrai telle ou telle couleur dominante, les autres seront a peine indiquées; une seule ou deux au plus auront de la vivacité.
« Je n'ai trouvé que deux métaux qui donnent des flammes de différentes couleurs lorsqu'ils sont combinés du chlore: c'est le cuivre et le nickel; ce dernier ne donne même que des couleurs peu vives, comparativement à celles du cuivre.
» Il ne m'a pas été possible de faire changer la couleur du chlorure de strontium, du chlorure de sodium, du chlorure double de potassium et d'uranium, de l'acide borique, en augmentant la quantité de chlorure ou l'intensité de la chaleur. »
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1852
16 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 7
Pag. 250, 251
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Note sur les moyens de multiplier les épreuves photographiques sur rnétal, par leur transport sur des glaces albuminées; par M. AIME ROCHAS. (Extrait)
« Les épreuves photographiques obtenues sur métal, dans les meilleures conditions possibles, reproduisent si fidélement l'image de la nature, qu'on ne saurait leur reprocher d'autres défauts que ceux du miroitage et de la difficulté de les multiplier.
16 de Fevereiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV,
Nº. 7
Pag. 250, 251
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Note sur les moyens de multiplier les épreuves photographiques sur rnétal, par leur transport sur des glaces albuminées; par M. AIME ROCHAS. (Extrait)
(Commissaires, MM. Chevreul, Becquerel,Regnault.)
« Les épreuves photographiques obtenues sur métal, dans les meilleures conditions possibles, reproduisent si fidélement l'image de la nature, qu'on ne saurait leur reprocher d'autres défauts que ceux du miroitage et de la difficulté de les multiplier.
« Les épreuves photographiques obtenues sur papier n'offrent pas de miroitage, elles peuvent être multipliées à l'infini; mais on sait qu'elles manquent, jusqu'à un certain point, de la dégradation des plans reproduite à un si haut degré de perfection dans les épreuves sur métal.
« Il s'agirait donc de réunir les avantages que chacune de ces méthodes présente isolément, et d'en écarter les inconvénients. Pour résondre ce probléme, il suffit tout simplement de fixer directement l'image de la nature sur une plaque métallique, et de transporter, au moyen de la chambre obscure, cette image portée à sa perfection, sur une glace albuminée qui servira ensuite à la multiplier sur le papier, par les procédés habituellement en usage. »
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1852
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725
CORRESPONDANCE.
M. ARAGO met sous les yeux de l'Académie plusieurs images photographiques sur papier, que M. Brewster lui a adressées, et dont une offre une vuc générale de la ville d'Edimbourg.
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1852
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-JuinT. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-JuinT. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725
CORRESPONDANCE
M. SEGUIER présente, au nom d'un chimiste anglais, M. BINGHAM, des images photographiques sur papier, obtenues au moyen du collodion, et la Note suivante contenant la description, faite par l'auteur, de son procédé opératoire.
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1852
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725, 726, 727, 728, 729
PHOTOGRAPHIE. - Notice sur l'emploi du collodion dans la photographie; par M. BINGHAM
11 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 19
Pag. 725, 726, 727, 728, 729
PHOTOGRAPHIE. - Notice sur l'emploi du collodion dans la photographie; par M. BINGHAM
« La photographie a fait des progrès rapides depuis deux ans, surtout dans la méthode d'opérer sur papier et sur verre. On ne peut contester à M. Niepce le mérite d'avoir puissamment contribué au perfectionnernent de cet art, par sa belle découverte du procédé de l'albumine sur verre. Les admirables épreuves obtenues par M. Martens, d'après ce moyen, sont d'une beauté de dessin, d'une netteté et d'une finesse de détail qui ne laissent rien à désirer. Néanmoins, on ne peut dissimuler le grave inconvénient que présente ce procédé; la longueur de l'exposition dans la chambre obscure pour obtenir une image, fait qu'on est presque obligé d'en limiter l'application au paysage et à l'architecture, et de renoncer à l'employer pour le portrait.
« Je vais exposer les détails d'un procédé sur verre à l'aide du collodion ; ce procédé rivalise en beauté avec la plaque albuininée, et surpasse même le daguerréotype en sensibilité à la lumière.
» Dans une brochure sur la photographie, que j'ai publiée à Londres il y a deux ans (janvier 1850), j'ai signalé l'emploi du collodion dans la photographie, et communiqué cette découverte aux photographes les plus distingués de Londres; mais ce n'est que depuis peu de temps que l'on en a apprécié tous les avantages. Le procédé est très-simple; il consiste uniquement dans la substitution d'une couche de collodion à l'albumine de M. Niepce. Tout opérateur habitué aux manipulations de l'albumine sur verre ne peut manquer de réussir avec le collodion et d'arriver aux résultats les plus heureux.
« Pour obtenir une image, on peut suivre deux ou trois méthodes différentes que je vais maintenant indiquer. Nous diviserons les manipulations en quatre opérations distinctes :
« 1º. La préparation du collodion ;
« 2º. L'application du collodion sur la plaque ;
« 3º. Le développement de l'image ;
« 4º. La fixation.»
Préparation du collodion. - Le collodion se prépare en faisant dissoudre du coton-poudre dans de l'éther; il est nécessaire que le coton-poudre et l'éther employés pour cette préparation soient parfaitement purs, c'est-à-dire qu'ils ne contiennent pas la moindre partie d'acide sulfurique ou nitrique.
« Le collodion est plus ou moins liquide, suivant les proportions de coton-poudre et d'éther que l'on emploie. Il faut que sa liquidité soit telle, qu'en le versant sur une plaque de verre, il coule et s'étende facilement sur toute la surface. S'il est trop épais, on y ajoute de l'éther pur, jusqu'à ce que l'on ait atteint le degré de liquidité convenable pour bien opérer: quelques essais suffiront pour y arriver. Si le collodion était trop épais, il serait difficile d'obtenir une surface uniforme; si, au contraire, il était trop liquide, sa sensibilité serait très-faible.
» On verse le collodion dans un flacon de 6 onces contenant 53 grains d'iodure d'ammonium et 2 grains de fluorure de potassium avec 4 ou 5 gouttes d'eau distillée. L'iodure d'ammonium ne doit pas se trouver entierement dissous dans l'eau, c'est-à-dire que la proportion d'eau ne doit pas être suffisante pour faire une dissolution parfaite. Il suffit que le sel soit presque dissous; la solution se complète par l'addition du collodion.
» Il est important de faire attention à ces détails, et voici pourquoi : Si 1'on avait mis trop d'eau dans le mélange, la couche de collodion ne tiendrait pas bien à la plaque et serait sujette a se détacher dans le bain de nitrate d'argent. Agitez le flacon une ou deux fois, et laissez reposer jusqu'à ce que le liquide devienne clair et limpide: sa couleur sera d'un jaune pâle; mais si, par hasard, il se trouvait que l'éther ou le collodion eût conservé quelque trace d'acide, alors il y aurait décomposition de l'iodure d'ammonium, et l'iode, en se dégageant, donnerait à ce liquide une coulenr rouge foncée.
« Cette méthode est la plus expéditive, mais aussi elle présente un peu plus de difficultés que celle avec le collodion ioduré, que je vais expliquer.
« Dans un flacon de 6 onces, introduisez 12 grains d'iodure de potassium et 7 ou 8 grains d'iodure d'argent; ajoutez quelques gouttes d'eau, mais pas plus qu'il n'en faut pour dissoudre l'iodure de potassium; après, remplissez le flacon de collodion amené au degré convenable de liquidité, agitez une fois ou deux, et laissez reposer le mélange pendant deux ou trois jours, jusqu'a ce qu'il devienne parfaitenient transparent: il devrait être presque blanc, d'ordiriaire il est un peu jaunâtre.
« Deuxième opération. Préparation de la plaque pour recevoir l'image. - Fixez la plaque de verre sur un morceau de gutta-percha: cette matière se colle facilement au verre lorsqu'elle est chauffée; versez quelques gouttes d'ammoniaque mélangée avec du tripoli, frottez le verre avec du coton en décrivant de petits cercles, comme pour la plaque du daguerréotype; ensuite enlevez, avec un autre tampon decoton, le tripoli resté sur le verre; versez un second mélange de tripoli et d'alcool, et ftottez comme avec le premier mélange: il reste peut-être encore quelques particules de tripoli et des fibres de coton. Afin de les enlever, versez un peu d'alcool pur, faites un tampon bien serré, de manière que les fibres du coton ne ressortent pas, et frottez la plaque avec le plus grand soin; enfin, frottez une dernière fois avec un nouveau tampon sec. On reconnaît qu'elle est apte a être employée quand, en respirant dessus, l'humidité se condense uniformément sur toute la surface. Tenant toujours la plaque par son manche de guttapercha, versez doucement dessus le collodion, et inclinez-la de côté et d'autre, afin que le liquide s'étende bien jusque dans les angles; alors reversez dans le flacon, par un de ses angles, l'excédant du liquide: la plaque paraîtra alors couverte de rainures très-fines, toutes perpendiculaires dans la direction de l'écoulement; en l'inclinant dans un autre sens, les rainures se confondent et la couche devient mince et uniforme. Alors, avant que le collodion ait eu le temps de se sécher, on introduit la plaque dans un bain de nitrate d'argent, la surface préparée en dessous.« Ce bain doit contenir 40 grains de nitrate d'argent par once d'eau distillée. La surface de la plaque ne sera pas mouillée tout de suite. Il faut un certain espace de temps pour que l'éther se mélange à l'eau; on laisse donc séjourner la plaque dans le bain au moins une demi-minute sans la laisser toucher le fond de la cuvette, et la supportant à l'aide d'un crochet en argent ou en platine.« Dès que l'on s'aperçoit que la plaque se recouvre d'une couche blanchâtre uniforme et que l'eau coule bien sur toute sa surface, on l'enlève et on la place tout de suite dans le châssis de la chambre noire: il ne faudrait pas être plus de dix minutes ou un quart d'heure à l'employer; le plus tôt est le mieux.
» Développement de l'image. - Placez le verre sur un support, et versez rapidement sur la surface une solution composée de 2 parties d'acide pyrogallique, 60 parties d'acide acétique glacial et 500 parties d'eau: si l'exposition à la chambre noire n'avait pas été suffisante, on pourrait ajouter quelques gouttes de nitrate d'argent; mais d'ordinaire cela n'est pas nécessaire.
» Dès que l'image est bien développée, ce qui prend environ deux minutes, on lave avec un courant d'eau, puis on fixe en versant sur l'image une solution d'hyposulfite de soude saturé. La couche d'iodure d'argent disparaît et l'on aperçoit l'image, qui quelquefois est positive; ensuite on lave à grande eau pour enlever tout l'hyposulfite; alors on fait sécher la plaque soit à la lampe, soit spontanément à l'air: avant la dessiccation, la couche est très-tendre; après, elle durcit et se colle au verre comme l'albumine.
» Au moyen de ce procédé, il serait aisé, si on le voulait, d'obtenir tout d'abord une image positive d'une grande beauté, et possédant beaucoup plus de force et de pureté que celles du daguerréotype, et n'ayant pas, comme ces dernières, l'inconvénient d'un miroitage qui ne permet de les bien voir que dans une position déterminée. Pour ohtenir ce résultat, l'exposition à la chambre obscure doit être beaucoup plus brève que pour une épreuve négative; mais aussi il faut laisser cette image, dont on veut faire une positive, séjouiner dans un mélange d'acide pyrogallique, avec une ou deux gouttes de nitrate d'argent.
« Alors les parties lumineuses se forment de couches blanches ayant le même caractère que les couches cristallines formées par le mercure dans le procédé Daguerre.
« Lorsque l'image positive est bien développée, elle se fixe par le même moyen que la négative.
« Je dois ajouter, en terminant, que généralement le temps nécessaire pour obtenir une bonne négative à l'ombre avec un objectif allemand ordinaire, est de trois ou quatre secondes, c'est-à-dire plus de la moitié moins de temps que celui nécessaire pour obtenir le même résultat avec le daguerréotype. «
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1852
7 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 23
Pag. 882
7 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 23
Pag. 882
M. SEGUIER met sous les yeux de l'Académie de nombreux dessins photographiques sur papier, et dépose sur le bureau un opuscule imprimé dans lequel l'auteur, M. Baldus, décrit les procédés qu'il a mis en usage.
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1852
28 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 26
Pag. 990
28 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXIV
Nº. 26
Pag. 990
L'Académie accepte le dépôt de ces deux paquets cachetés, ainsi que de deux autres adressés
L'un par M. Orry.
L'autre par MM. LEMERCIER, LEREBOURS et BARRESWIL.
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1852
5 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV
Nº. 1
Pag. 29, 30
5 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV
Nº. 1
Pag. 29, 30
CHIMIE APPLIQUÉE. - Méthode pour obtenir des épreuves positives, directes, sur glace; par M. ADOLPHE MARTIN.
« La simplicité de l'emploi du collodion ioduré comme couche sensible, la rapidité avec laquelle il reçoit l'impression lumineuse, la finesse de l'épreuve obtenue ont tourné les esprits vers son emploi exclusif. Les méthodes qu'on a données jusqu'à ce jour se rapportent surtout à l'obtention des négatifs, et, malgré les résultats remarquables auxquels on est arrivé, on ne peut s'empêcher de remarquer le manque d'harmonie et de modelé des épreuves obtenues en dernier résultat par ces méthodes.
» Occupé depuis quelque temps de cette question, je ne tarderai pas à communiquer à l'Académie quelques améliorations qui me sont personnelles. En attendant, je crois rendre service à la photographie en communiquant un procédé aussi sûr que facile d'obtenir des positifs directs.
» Le collodion, tel que je l'emploie, est composé d'une solution éthérée de coton azotique (obtenu en traitant 2 grammes de coton par un mélange de 50 grammes d'azotate de potasse et 100 grammes d'acide sulfurique; le coton, bien lavé et bien séché, est entièrement soluble dans un mélange de 10 volumes d'éther et de 1 volume d'alcool) ; on ajoute alors de l'éther et de l'alcool, de telle sorte que la dissolution définitive se compose de 1 gramme de coton, 120 grammes d'éther et 60 grammes d'alcool: on ajoute alors environ 1 gramme d'azotate d'argent transformé en iodure, et dissous dans 20 grammes d'alcool au moyen d'un iodure alcalin, mais, de préférence,de l'iodure d'ammonium.
» La plaque de glace, enduite à la manière ordinaire d'une mince couche de cette dissolution, est, avant qu'elle soit sèche, plongée dans un bain composé de 1 partie d'eau distillée, 1/12 d'azotate d'argent et 1/20 d'acide azotique. La pose a lieu, comme à l'ordinaire, pendant quelques secondes. La plaque de verre est alors plongée dans un bain de sulfate de protoxyde de fer, puis lavée avec soin.
« L'image est restée négative jusqu'à ce moment; mais, en la plongeant dans un bain de cyanure double d'argent et de potassium, on la voit devenir positive et complète, si la pose a eu lieu dans les conditions convenables. Il n'y a plus qu'à laver, enduire de dextrine et sécher, puis encadrer sur un fond de velours noir.
» Le bain de cyanures que j'emploie est le même que celui de MM. Ruolz et Elkington; il est seulement étendu de 3 volumes d'eau environ. Il se compose de 1 litre d'eau, 25 grammes de cyanure de potassium et 4 grammes d'azotate d'argent.
» Je ferai remarquer, en terminant, que ce procédé me donne toujours des épreuves, et que ces épreuves sont toujours positives. Leur perfection seule dépend de la juste appréciation du temps de la pose. »
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1852
16 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV
Nº. 7
Pag. 258
16 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV
Nº. 7
Pag. 258
CORRESPONDANCE.
M. ARAGO, qu'une indisposition momentanée empêche d'assister à la séance, envoie des épreuves lithophotographiques qu'il devait présenter au nom de MM. LEMERCIER, LEREBOURS et BARRESWIL.
Le procédé au moyen duquel ces épreuves ont été obtenues, procédé que les auteurs se proposent de rendre public dès qu'ils jugeront l'avoir amené à perfection, a été décrit par eux dans une Note déposée sous pli cacheté dans la séance du 28 juin dernier.
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1852
6 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 10
Pag. 335
6 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 10
Pag. 335
M. LEGROS, en adressant divers opuscules sur la photographie (voir au Bulletin bibliographique) (1), prie l'Académie de vouloir bien se prononcer sur l'efficacité de ses procédés.
Une Commission, composée de MM. Chevreul, Becquerel, Regnault, examinera les produits que M. Legros sera invité a présenter.
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(1)
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
L’Académie a reçu, dans la séance du 6 septembre 1852, les ouvrages dont voici les titres :…/…Photographie.
Traité nouveau théorique et pratique des procédés et manipulations sur papier sec, humide, et sur verre au collodion, à l’albumine ; par M. GUSTAVE LE GRAY. Paris; in-8º.
Photographie perfectionnée sur papier, pour opérer avec la plus grande facilité. Photographie sur verre ; par M. LEGROS. Paris ; broch. in-8º.Photographie sur collodion ; par le même. Paris ;broch. in-8º.
Daguerréotypie. Photographie sur plaqué ; par le même. Paris ; broch. in-8º
.…/… La Lumière ; 2e année ; Nº. 37 ; 4 septembre 1852.
(1852, 6 de Setembro, COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES, Julho-Dezembro, T. XXXV, Nº 10, Pags. 336/339)
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sexta-feira, 9 de outubro de 2009
1852
20 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 12
Pag. 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379
« Voici maintenant le passage de la lumière blanche à la lurmière colorée. Lorsqu'on substitue une couleur quelconque au gris, qui tout à l'heure faisait 1'équilibre, on peut toujours la choisir d’un ton convenable pour qu'elle produise elle-même unéquilibre bien caractérisé, tout aussi sensible que le précédent, et passant, comme lui, du positif au négatif, pour une très-faible lumière ajoutée ou retranchée dans un sens ou dans l'autre. Supposons que ce soit une étoffe rouge; alors la lumière diffusée est la même en intensité et en coloration, elle reste représentée par
; soit
la quantité de lumière rouge réfléchie speculairement sur les noirs, la proportion réfléchie spéculairement sur les blancs sera
, et l'on aura, cette fois,
d'où
Bien que les blancs soient d'un blanc assez pur lorsqu'ils sont éclairés par la lumière du jour, il n'est pas certain que l'on doive avoir rigoureusement m=m’; cependant, dans les essais que j'ai pu faire, il m'a paru que, pour une pr’emière approximation, on pouvait prendre m = m' ; d'où il résulte ;
20 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 12
Pag. 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379
OPTIQUE. PHOTOMETRIE CHROMATIQUE. - Note sur une propriété photométrique des plaques daguerriennes; par M. POUILLET.
« En m'occupant de photographie, j'ai été conduit à remarquer, dans les images que l'on obtient sur plaqué d'argent, une propriété curieuse, qui a sans doute frappé la plupart des observateurs; mais il n'est pas venu à ma connaissance que l'on ait essayé d'en tirer parti pour l'appliquer a des recherches de photométrie. Il me paraît cependant que la propriété dont il s'agit donne un moyen de comparer le pouvoir éclairant des diverses couleurs; de trouver, par exemple, si une étoffe rouge renvoie plus ou moins de lumière qu'une étoffe bleue, ou d'une autre couleur quelconque, lorsqu'elles sont l'une et l'autre éclairées ou par la lumiere du ciel ou par d'autres lumières diversement colorées; et même de déterminer, avec une certaine approximation, les quantités relatives de ces lumières différentes mesurées par leur action sur l'organe de la vue.
» C'est le principe sur lequel reposent ces comparaisons que je vais essayer de faire comprendre en peu de mots.
« On sait que les images daguerriennes sont miroitantes; que les noirs les plus noirs y sont produits par les portions dans lesquelles la plaque a conservé sensiblement tout l'éclat de son poli primitif; que les blancs les plus blancs y sont produits par les parties dans lesquelles la plaque a pris une surface mate plus ou moins prononcée.
« Il importe de remarquer que, dans les images les plus miroitantes, les blancs les plus blancs conservent encore la propriété de réfléchir spéculairement une proportion très-considérable de la lumière incidente; le mat n'est en quelque sorte, sur le miroir, qu'une tache légère, d'une très-petite épaisseur, que la lumière traverse en grande partie pour aller subir sur le miroir la réflexion régulière; aussi les objets un peu éclairés sont-ils vus par réflexion sur ces blancs avec leur forme très-correcte et avec leur couleur légèrement voilée de blanc. Sur les images les moins miroitantes, la couche qui forme le mat n'est pas tellement épaisse, qu'il n'y ait encore sur les blancs les plus intenses me réflexion régulière très-sensible; on y voit les objets comme sur un miroir fornement taché; les contours restent, mais les traits délicats ont disparu, et la couleur semble enveloppée d'un voile blanc plus épais.
« De quelque manière qu'une image daguerrienne plane soit disposée par rapport au jour, on peut toujours considérer chacun de ses points comme étant le centre d'un hémisphère, et comme recevant des objets environnants un pinceau lumineux, suivant chacun des rayons de cette surface hémisphérique. Ainsi, en supposant la plaque verticale sur le mur, et à contre-jour, entre deux fenêtres d'un appartement, elle reçoit des pinceaux lumineux de tous les points de l'intérieur, excepté de la face sur laquelle elle repose; et 1’on ne pourrait pas mettre une feuille de papier noir sur le parquet, sur le plafond, ou contre l'une des trois faces latérales de l'appartement, sans que l'image se trouve moins éclairée qu'elle n'était auparavant; seulement, la feuille de papier noir, dans un grand appartement, n'étant qu'une très-petite portion de l'hémisphère éclairant, son effet sera peu sensible.
« Il est facile de voir que cette lumiére incidente se partage très-diversement, suivant qu'elle tombe sur des noirs, sur des blancs, ou sur des points d'un ton intermédiaire. Toute la lumière émise par l'hémisphère éclairant qui vient tomber sur un noir s'y réfléchit spéculairement; le poli étant très-parfait, il n'y a pas de diffusion possible; mais lorsqu'elle tombe sur le blanc le plus blanc, il y a, par exemple, un quart seulement de cette lumière qui est réfléchi spéculairement, et trois quarts qui se trouvent diffusés dans toutes les directions (du moins si l'on néglige la petite proportion qui se trouve absorbée). C'est cette lumière diffusée qui fait voir les blancs de l'image et qui les fait ressortir avec plus ou moins d'éclat.
» Supposons maintenant que l'on s'avance pour regarder cette image un peu obliquement, afin de ne pas se voir soi-même comme dans une glace, et qu'on se mette bien à la distance de la vision distincte, en tenant l'œil immobile dans cette position ; alors l'oeil reçoit trois espèces de lumière :
« 1º . Sur les noirs, il voit par réflexion spéculaire les points de l'appartement qui correspondent à sa position ;
« 2º . Sur les blancs, il voit par réflexion spéculaire plus ou moins voilée, les points de l'appartement qui correspondent aussi à sa position;
» 3º . Enfin, il voit les blancs par la lumière diffusée de l'ensemble de l'hémisphère éclairant.
» Quelle sera la résultante définitive de ces diverses lumières qui concourent ici au phénomène de la vision? C'est ce que personne n'ignore; il suffit d'avoir regardé une image daguerrienne pour savoir qu'elle sera vue positive très-vive et très-bien modelée, si les points de l'appartement sur lesquels elle se projette sont noirs ou d'une couleur foncée; qu'au contraire, s'ils sont blancs ou très-lumineux, l'image sera vue négative, les noirs paraissant vivement éclairés et les blancs se montrant seulement comme des taches sur un miroir.
« Que l'on mette donc tour à tour une demi-feuille de papier noir et une demi-feuille de papier blanc sur le point de l'appartement qui es vu par réflexion directe, et l'on aura tour a tour une image positive dont les noirs seront très-noirs et les blancs très-blancs; puis une image négative dont les noirs auront le blanc vif du papier vu par réflexion, tandis que les blancs seront, au contraire, semblables à des ombres plus ou moins foncées.
» L'explication de ce phénomène se présente d'elle-même: dans le second cas, les blancs ne sont pas moins blancs que dans le premier, car l'hémisphère éclairant qui fait voir les blancs n'a pas été sensiblement modifié par la présence successive des deux demi-feuilles de papier; mais ils ne paraissent plus que comme des ombres à côté du blanc beaucoup plus vif du papier qui est vu sur les noirs, par réflexion directe. L'image devient donc négative quand la quantité de lumière réfléchie spéculairement sur les noirs fait sur l'oeil une impression plus vive que la lumière renvoyée par les blancs.
» De là cette conséquence : que l'image daguerrienne doit avoir un point d'équilibre, c'est-à-dire un point d'invisibilité complète; et que l'équilibre a lieu lorsque la lumière réfléchie spéculairement sur les noirs fait sur l'oeil la même impression que la lumière qu'il reçoit des blancs. C'est la la propriété dont je parlais en commençant, qui a dû être remarquée et qui me semble propre à faire des comparaisons de photométrie chromatique.
» Indiquons d'abord comment cette propriété peut être mise en évidence.
« Supposons que l'on ait des étoffes ou des papiers d'un gris nuancé entre le noir et le blanc, d'une grandeur convenable à raison de la distance à laquelle on les regarde, par exemple des carrés de 3 ou 4 décimètres de côté, si on les regarde à la distance de 3 ou 4 mètres ; on pourra choisir un ton assez clair ou assez foncé, pour que, mis la place du papier blanc ou du papier noir dont nous parlions tout à l'heure, l'image soit complétement invisible lorsqu'on la regarde de manière à voir ce gris par réflexion directe. Elle est alors effacée à tel point, que l'on ne distingue plus rien des traits qui la caractérisent; les noirs et les blancs sont confondus, c'est une teinte uniforme; la plaque a un aspect intermédiaire entre le mat et le poli, mais l'image a disparu, il n'en reste pas trace. Les circonstances restant les mêmes, si l'on substitue au gris de l'équilibre un gris plus clair, à l'instant l’image devient négative; pour un gris plus foncé, elle devient positive; en un mot, il y a là un équilibre qui n'a rien d'incertain : une très-faible lumière, ajoutéed’un côté ou de l’autre, suffit pour le déranger et pour faire paraître le positif ou le négatif, suivant qu'elle s'ajoute à la lumière diffusée ou à la lumière réfléchie.
« Désignons par
l’intensité de la lumière diffusée résultant de l'hémisphère éclairant, par
l'intensité de la lumière réfléchie spéculairement sur les noirs, pare l'intensité de la lumière réfléchie spéculairement sur les blancs; la condition d'équilibre sera exprimée par la relation
l’intensité de la lumière diffusée résultant de l'hémisphère éclairant, par
l'intensité de la lumière réfléchie spéculairement sur les noirs, pare l'intensité de la lumière réfléchie spéculairement sur les blancs; la condition d'équilibre sera exprimée par la relation
« Voici maintenant le passage de la lumière blanche à la lurmière colorée. Lorsqu'on substitue une couleur quelconque au gris, qui tout à l'heure faisait 1'équilibre, on peut toujours la choisir d’un ton convenable pour qu'elle produise elle-même unéquilibre bien caractérisé, tout aussi sensible que le précédent, et passant, comme lui, du positif au négatif, pour une très-faible lumière ajoutée ou retranchée dans un sens ou dans l'autre. Supposons que ce soit une étoffe rouge; alors la lumière diffusée est la même en intensité et en coloration, elle reste représentée par
; soit
la quantité de lumière rouge réfléchie speculairement sur les noirs, la proportion réfléchie spéculairement sur les blancs sera
, et l'on aura, cette fois,
d'où
Bien que les blancs soient d'un blanc assez pur lorsqu'ils sont éclairés par la lumière du jour, il n'est pas certain que l'on doive avoir rigoureusement m=m’; cependant, dans les essais que j'ai pu faire, il m'a paru que, pour une pr’emière approximation, on pouvait prendre m = m' ; d'où il résulte ; 
c'est-à-dire que le gris et le rouge dont il s'agit renvoient la même quantité de lumière ou sont doués du même pouvoir éclairant.
» L'expérience est encore plus frappante lorsqu'on place à côté l'une de l'autre, dans un point où elles sont également éclairées, les deux surfaces de couleur différente dont on veut faire la comparaison; il suffit alors d'un trés-petit déplacement de l'oeil pour les voir tour a tour, sur les mêmes points de l'image daguerrienne. Si l'une donne, par exemple, une image positive, et l'autre une image négative, celle-ci est celle qui renvoie le plus de lumière, ou qui a le pouvoir éclairant le plus considérable; si elles donnent l'une et l'autre des images positives, il faut les éclairer davantage, les deux ensemble également, ou diminuer la lumière générale de l'hémisphère éclairant pour amener l'une d'elles a passer au négatif: celle qui se transforme ainsi la première est celle qui est douée du plus grand pouvoir éclairant; si, enfin, elles donnent l'une et l'autre des images négatives, il faut les éclairer moins, ce qui est toujours facile, ou, ce qui est encore plus simple, augmenter la lumière de l'hémisphère éclairant, soit en renvoyant sur la plaque la lumière du jour avec un réflecteur, soit en approchant à une distance convenable, et à peu près perpendiculairement, une bougie ou une lampe, jusqu'à ce que l'image correspondant a l’une des couleurs devienne positive: la couleur dont l'image se transforme ainsi la première est celle qui possède le moindre pouvoir éclairant.» On peut ainsi, dans tous les cas, pour deux couleurs données, et éclairées de la même manière, reconnaitre celle des deux qui donne a l'œil l'impression relative la plus forte. Les divers échantillons que j'ai soumis cette épreuve donnent des résultats qui semblent d'abord très-extraordinaires: ainsi, le rouge le plus éclatant d'une étoffe de laine ou de coton un pouvoir éclairant un peu moindre qu'un bleu très-foncé, qui a lui-même un pouvoir éclairant un peu moindre qu'un gris qui n'est, en quelque sorte, qu'un noir un peu clair. En jugeant ces couleurs à la première vue, on n'hésiterait pas à les classer dans un ordre précisément inverse.« Il est bon de rappeler que, pour chaque couleur, le point d'équilibre ou d'invisibilité de l'image daguerrienne s'obtient surtout à la faveur de la proportion de lumière colorée, spéculairement réfléchie par les blancs, qui vient se mêler à la lumière blanehe générale de l'hémisphère éclairant; de telle sorte que l'équilibre s'établit, en définitive entre une couleur plus foncée, mais plus éclairée, et la même couleur plus claire, plus lavée de blanc, et moins éclairée, à peu près comme l'égalité d'impression s'établit entre un gris vivement éclairé et un blanc plus ou moins rejeté dans l'ombre.
« C'est pourquoi il faut choisir pour ces expériences des plaques dont les blancs ne soient pas trop fortement accusés; celles qui sont trop mates ne réflechissent alors spéculairement qu'une très-faible proportion de la lumière incidente, et l'équilibre ne s'obtient pas avec la même précision; mais il y a pour cela une assez grande latitude, et je n'ai pas aperçu de différence sensible en prenant pour point de repère sur la même plaque, tantôt des blancs très-légers, tantôt des blancs plus fortement prononcés, pourvu qu'ils ne soient pas d'un mat presque complet.
» Il pourra sans doute arriver que l'ordre des pouvoir; éclairants des diverses couleurs ne soit pas le même pour toutes les vues, et qu'il change aussi avec l'intensité de l'éclairage; mais je suis porté à croire que les différences ne seront pas très-grandes; du moins je n'ai rien remarqué de très-frappant, en passant de la vive lumière du jour à celle d'un temps très-sombre, et, en consultant diverses personnes, les différences dans leurs jugements sont restées camprises dans des limites très-restreintes.
« Le même principe conduit à une solution plus complète de la question; dans ce que nous venons de dire, il s'agit seulement de reconnaître si une couleur a un pouvoir éclairant plus graud ou plus petit qu’une autre couleur, mais, par une méthode un peu différente, on peut déterminer le rapport des pouvoirs éclairants. Cette méthode consiste à ne laisser venir a l'image daguerrienne qu'une lumière d'une intensité connue, toujours assez grande pour que l'on puisse par comparaison négliger la lumière diffusée qui résulte des échantillons soumis à l'épreuve. Il suffit donc de couvrir la plaque d'un papier noir, à l'exception du petit espace de à 2 centimètres réservé pour l'expérience; de la disposer verticalement sur une des parois d'une chambre noire carrée, de 3 à 4 décimètres de côté, sur 1 à 2 décimètres de hauteur; de percer la paroi opposée de trois ouvertures: l'une au milieu pour éclairer la plaque presque perpendiculairement avec une lampe carcel, dont on varie la distance pour avoir des intensités variables ayant un rapport connu; les deux autres, placées à égale distance de celle-là, servent à donner passage, la première aux faisceaux incidents qui viennent des échantillons, la seconde aux faisceaux qui ont subi la réflexion directe ainsi qu'aux faisceaux diffusés qui doivent faire ressortir les blancs: c'est sur cette dernière ouverture qu'on applique l'oeil pour faire l'observation. Il n'y a ici aucun inconvénient à donner à la plaque un petit mouvement autour d'un axe horizontal pour amener successivement au point de vue les deux échantillons disposés verticalement, l'un au-dessus de l'autre à 3 ou 4 mètres de distance; au reste, rien ne s'oppose à ce qu'on les mette plus près, pourvu que l'on ait pris les précautions convenables pour que les déplacements de la lampe ne modifient pas la lumière naturelle du jour qui les éclaire. Au moyen de cette disposition, toute l'expérience se réduit à donner successivement à la lampe les deux positions convenables pour que les deux échantillons soient tour à tour mis en équilibre.
» On voit, d'après ce qui précède, qu'en opérant ainsi, les pouvoirs éclairants des échantillons seront en raison inverse des carrés des distances de la lampe.
« Un autre travail dont je m'occupe en ce moment et que je n'ai pu interrompre que quelques instants, ne m'a pas permis de faire autre chose que des essais avec un appareil mal établi; cependant les expériences répétées a plusieurs reprises avec des lumières d'intensité très-différente, m'ont donné des résultats assez concordants pour que cette méthode me semble propre à résoudre plusieurs questions importantes de photométrie chromatique. J'espère que je pourrai un peu plus tard reprendre ces recherches, avec des appareils moins imparfaits, et dans un local mieux approprié à ce genre d'expériences. »
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1852
8 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 19
Pag. 694, 695, 696, 697, 698
8 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 19
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PHYSIQUE APPLIQUIÉE. - Troisième Memoire sur l'héliochrornie; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
« Dans ce nouveau Mémoire, je traiterai principalement des phénomènes d'optique que j'ai observés en cherchant à fixer les couleurs à la chambre obscure.
» Après avoir obtenu par contact, c'est-à-dire en appliquant le recto d'une gravure coloriée sur une plaque sensible, et la recouvrant d'un verre pour l'exposer ensuite à la lumière, tout ce qu'il était possible d'obtenir dans l'état actuel des choses, j'ai cherché à parvenir aux mêmes résultats dans la chambre obscure. Le passage était difficile, et je m'attendais à rencontrer de grandes difficultés, que je suis parvenu, jusqu’à un certain point, à surmonter.
» J'ai reconnu que la reproduction de toutes les couleurs était possible, qu'il ne s'agissait, pour l'obtenir, que de préparer convenablement la plaque.
» J'ai commencé par reproduire à la chambre noire des gravures coloriées, puis des fleurs artificielles et naturelles; enfin la nature morte: une poupée que j'ai habillée d'étoffes de différentes couleurs, et toujours avec des galons d'or et d'argent.
» J'ai obtenu toutes les couleurs, et ce qu'il y a de plus extraordinaire et de plus curieux, c'est que l'or et l'argent se peignent avec leur éclat métallique, de même que le cristal, l'albâtre et la porcelaine se dessinent avec l'éclat qui leur est propre.
» J'ai produit des images de pierres précieuses et de vitraux, et les essais m'ont fait observer une particularité curieuse que je crois devoir consigner ici. J'avais placé devant mon objecti£ un verre vert foncé, qui m'a donné une image jaune au lieu d'une image verte, tandis qu'un verre vert clair, placé à côté du vert foncé, s'est parfaitement reproduit avec sa couleur.
» La grande dificulté, celle qui m'a le plus arrêté jusqu'à ce jour, est d'obtenir plusieurs couleurs à la fois; cela est possible cependant, puisque je l'ai souvent fait.
« Toutes les couleurs claires se reproduisaient beaueoup plus vite et beaucoup mieux que les couleurs foncées, c'est-à-dire que plus les couleurs se rapprochent du blanc, plus elles se reproduisent facilement, et que plus elles se rapprochent du noir, plus elles sont difficiles à reproduire. Cela doit être, puisque plus les couleurs sont lumineuses, plus leur action photogénique est grande. Les corps qui réfléchissent le plus de lumière blanche sont aussi ceux qui se reproduisent le mieux.
« Ainsi la lumière blanche, loin de nuire à la reproduction des conleurs, la rend, au contraire, plus facile, comme on va le voir.
» Ayant remarqué que les couleurs claires et éclatantes se reproduisent beaucoup mieux que les couleurs mates, pourvu cependant que les premières ne soient pas exposées aux rayons directs du soleil, parce que, dans ce cas, elles réfléchiraient la lumière comme un miroir, et brûleraient l'image dans certaines parties, j'ai eu l'idée d'opérer dans une chambre dont l'intérieur fit le plus éclairé possible; pour cela, j'ai d'abord employé une chambre tapissée de papier blanc. Les résultats ont été au moins égaux à ceux que me donnait la chambre noire, quant à la production des couleurs, ce qu'il était important de constater.
» J'ai ensuite garni l'intérieur d'une chambre noire avec des glaces étamées, et j'ai encore obtenu les mêmes résultats; cette circonstance, cependant, est contraire à toutes les règles de la photogénie.
« Je ne puis néanmoins assurer d'une manière positive qu'il y ait réellement avantage à se servir de préférence de ces deux chambres, soit pour la puissance de l'effet, soit pour sa rapidité, parce que les moyens dont je dispose ne m'ont pas permis, jusqu'à ce jour, de faire des expériences comparatives suffisamment concluantes.
» Par cela même que les couleurs claires se reproduisent plus facilement et surtout plus promptement que les couleurs foncées, il est très-important que les nuances du modèle soient des nuances du même ton, si l'on veut les reproduire toutes à la fois, sans cela les nuances claires seraient passées avant que les secondes se fussent produites.
« On peut cependant fixer des couleurs de tons différents, en ayant soin de prendre des couleurs claires mates, et des couleurs foncées brilliantes ou glacées, ce que j'ai fait avec succès.« La couleur la plus difficile à obtenir avec toutes les autres, est le vert foncé des feuillages, parce que les rayons verts ont peu d'action photogénique, et sont presque aussi inertes que le noir; le vert clair cependaut se reproduit très-bien, surtout s'il est brillant comme dans le papier vert glacé.
« Pour ohteuir des verts foncés, il faut à peine chauffer la plaque avant de l'exposer à la lumière, tandis que, pour obtenir la plupart des autres couleurs, et surtont de beaux blancs, il faut, comme je l'ai dit ailleurs, que la couche sensible soit amenée par la chaleur à la teinte rouge-cerise. Cette teinte rouge a de graves inconvénients, les noirs et les ombres restent presque rouges; quelquefois cependant il arrive que les noirs sont bien indiqués, surtout quand on opère par contact.« J'ai essayé, par tous les moyens en mon pouvoir aujourd'hui, de supprimer cette préparation par l'élévation de la température, mais cela ne m'a pas encore été possible.« Les expériences suivantes m'ont mis sur la voie qui me conduira, je l'espère, à une solution complète du problème de l'héliochromie.
« Si au sortir du bain on ne fait que sécher la plaque sans élever la temnérature au point de lui faire changer de couleur, et qu'on l'expose ainsi à la lumière, recouverte d'une gravure coloriée, on obtient réellement, après trés-peu de temps d'exposition, une reproduction de cette gravure avec toutes ses couleurs; mais les couleurs, le plus souvent, ne sont pas visibles, quelques-unes seulement apparaissent lorsque l'exposition à la lumière a été assez prolongée: ce sont les rerts, les rouges et quelquefois les bleus. Les autres coleurs, et fréquemment toutes les couleurs, quoique certainement produites, sont restées à l'état latent; en voici la preuve. Si l'on prend un tampon de coton imprégné d'ammoniaque, ayant déjà servi à nettoyer une plaque, et que l'on frotte doucement sur la plaque, on voit apparaître peu à peu l'image avec toutes ses coleurs. II a fallu, pour cela, enlever la couche superficielle du chlorure d'argent pour arriver à la couche inférieure plus profonde, à celle qui adhère immédiatement à la plaque d'argent, et sur laquelle s'est formée l'image. On voit par là qu'il ne s'agirait que de trouver une substance qui développât l'image, et peut-être qu'en même temps elle fixerait les couleurs ; le problème alors serait résolu tout entier.
» Dans les nombreuses recherches faites dans cette direction, voici ce que j'ai remarqué. Si l'on emploie la vapeur du mercure, on développe très-bien l'image, mais elle est d'un ton gris uniforme sans aucune trace de couleur; son apparence différe de celle de l'image daguerrienne, quoique, comme celle-ci, elle se montre sous deux aspects divers, c'est-à-dire image positive dans un sens, et négative dans l'autre.
» Si l'on emploie une faible dissolution d'acide gallique, additionnée de quelques gouttes d'ammoniaque, on fait également apparaître l'image, surtout si l'on chauffe un peu, et qu'on sèche ensuite la plaque sans la laver. L'image qui apparaît alors est assez semblable à celle produite par le niercure; et si l'on ajoute à l'acide gallique quelques gouttes d'acéto-azotate d'argent, elle devient presque noire.
» Le temps d'exposition nécessaire la production des couleurs varie considérablement, selon la préparation de la plaque; je l'ai déjà beaucoup abrégé, car j'ai fait des épreuves au soleil avec un objectif allemand pour demi-plaque dans moins d'un quart d'heure, et en moins d'une heure à la lumière diffuse. Plus la plaque est sensible, plus les couleurs passent vite, et, jusqu'à présent, je n'ai réussi qu'a fixer les couleurs momentanément: la question de la fixation permanente est encore à résoudre, elle se lie peutêtre, comme je l'ai indiqué plus haut, à la découverte d'une substance qui ferait passer l'image de l'état latent à l'état sensible.
« Malgré ce qui reste à faire, je crois avoir déjà obtenu des résultats extraordinaires, qui ont surpris toutes les personnes auxquelles j'ai montré des épreuves de ma poupée où les galons d'or et d'argent étaient reproduits avec leur éclat métallique, où le modelé de la figure et toutes les couleurs des vêtements se dessinaient avec une assez grande netteté.
« Mes meilleures épreuves réalisent déjà, en partie, les espérances enthousiastes de mon oncle, qui disait à l'un de ses amis, M. le marquis de Jouffroy, qu'un jour il reproduirait son image telle qu'il la voyait dans une glace. Cet immense progrès n'est malheureusement pas encore atteint, mais on peut espérer d'y arriver un jour; et quoique les difficultés à vaincre soient encore nombreuses et graves, j'ai mis, il me semble, hors de doute la possibilité d'une réussite complète.
« Tels sont les faits que j'ai cru devoir porter, dès aujourd'hui, à la connaissance de l'Académie, me réservant de révéler plus tard le mode de préparation des plaques qui m'a conduit aux résultats que je viens d'annoncer, et dont on peut juger par les épreuves que j'ai l'honneur de déposer sur le bureau (1).
»Observations de M. BECQUEREL sur la communication de M. Niepce de Saint-Victor.
« M. Becquerel fait remarquer à l'Académie que le fait de la préparation d'une surface impressionnable, capable de recevoir à la fois les impressions colorées de tous les rayons lumineux, n'est pas nouveau, puisqu'il y a près de cinq ans (7 février 1848), M. Edmond Becquerel fit connaître, pour la première fois à l'Académie, la manière de préparer des lames d'argent de façon à obtenir non-seulement des impressions colorées du spectre solaire, mais encore des peintures par décalcage ou à la chambre obscure; ainsi la lumière blanche colore en blanc ces mêmes lames ; du reste, le 12 février 1849, une Commission, composée de MM. Biot, Chevreul et Regnault, fit un Rapport favorable sur ce sujet.
« Sur l'observation de M. le Secrétaire perpétuel, que M. Herschel avait avant lui obtenu des couleurs, M. Becquerel répond que les conditions ne sont pas les mêmes, M. Herschel n'ayant observé que quelques teintes légères sur des papiers sensibles; il ajoute que ce célèbre physicien, dans une Lettre qu'il lui a adressée à cette occasion, s'exprime ainsi :
« Mes impressions ne sont que peu de chose en comparaison de celles obtenues par monsieur votre fils.
» M. Edmond Becquerel a donc trouvé la méthode de préparation des lames d'argent pouvant recevoir et conserver les impressions colorées de tous les rayons lumineux, méthode qui a été employée par les différentes personnes qui se sont occupées depuis de cette question; en un mot, il a annoncé et démontré le premier que l'on pouvait peindre avec la lumière.
»M. le Secrétaire dit que la priorité de M. Edmond Hecquerel n'est contestée par personne; elle a été reconnue par M. Niepce lui même dans un Mémoire qui a été inséré aux Comptes rendus.
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(1) Les deux épreuves auxquelles il est fait ici allusion ont été mises sous les yeux de l'Académie; mais, déjà à demi effacées par une exposition assez prolongée à la lumière du matin, elles ne peuvent donner une idée des résultats obtenus par l'auteur.
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