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domingo, 29 de agosto de 2010

1839, 27 de Fevereiro - LA LUMIÈRE

1839

27 de Fevereiro

LA LUMIÈRE

Nº 1

9 de Fevereiro 1851

pag. 4

Lettre adresée le 27 février 1839 au rédacteur de la gazette de litterature de londres,

 

Par M. F. bauer, membre de la sociétè royale de londres

 

monsieur,

 

Je vois avec une grande satisfaction dans l’un des derniers numéros de votre précieuse publication (la Gazette littéraire) la grande attention que vous donnez à ce que vous appelez la nouvelle découverte dans les beaux-arts ; et j’espère que le peu de faits relatifs à cet intéressant sujet, que je vous communique par cette lettre, attireront encore plus attention !

Dans le mois de septembre de 1827, un Français, M. Joseph-Nicéphore Niépce de Châlon-sur-Saône, arriva à Kiew, pour rendre visite à son frère, qui avait été lontemps en Angleterre, et y était dangereusement malade. Je fis bientôt connaissance avec M. Niépce. Il m’apprit alors qu’il avait fait l’importante et intéressante découverte de fixer d’une manière permanente l’image de tout objet par l’action spontanée de la lumière. Il me montra plusieurs spécimens très-intéressants, tant d’images fixées sur des planches d’étain poli que des impressions faites sur le papier d’après ces planches préparées par son procédé chimique. M. Nièpce appelle ces spécimens les premiers résultats dees longues recherches. M. Nièpce désira que son intéressante et importante découverte fût connue dela société royale de Londres, et qu’ainsi la priorité de sa découverte fût établie. Je l’engageai en conséquence à rédiger un écrit ou un mémoire sur ce sujet, qui serait alors présenté à la Société ; il le fit ; il écivit cela à Kiew, et le data du 8 décembre 1827.

J’ai le plaisir de vous envoyer sous ce pli une traduction decet intéressant mémoire.

M. Nièpce fut bientôt présenté à quelques uns des membres les plus influents de la Société royale, auxquels il remit son mémoire et plusieurs spécimens de sa découverte ; mais, quoiqu’il ait eu plusieurs entrevues avec ces membres, qui avaient pu délibérer pendant plusieurs semaines sur son mémoire, comme M. Nièpce ne voulut pas expliquer son secret, alors le mémoire et tous les spécimens lui furent rendus, et le sujet ne fut plusjamais présentés à la Société.

m. nièpce fut obligé par de pressantes affaires de famille de retourner en France dans le commencement de février 1828 ; et environ qunze jours après son départ, son, son frère mourut à Kiew. Cet événement causa naturellement une grande interuption dans les recherches scientifiques deM. Nièpce : nous continuâmes cependant une correspondance amicale pendant quelque temps ; mais une lettre que je reçus de lui, datée du 9 janvier 1829, fut la dernière. Dans cette lettre, comme dans toutes les autres, il parle toujours du succés de ses recherches, et il exprime l’espoir fondé que dans l’été suivant il sera en état de compléter sa découverte, et il me promet de me communiquer fidèlement et promptement le résultat final de ses longues recherches. Mais depuis de ce jour (9 janvier 1829) je n’avais rien sue ni entendu d M. nièpce, ou de son héliographie, jusqu’au 12 janvier 1839, quand mon attention fut attirée par la Gazette littéraire, rapportant un article de la gazette de France, daté de Paris le 6 janvier 1839, et signé H. Gaucherant, dans lequel je trouvai, à magrande surprise, que M. Daguerre, justement céébre par son Diorama, non seulement réclame le mérite d’avoir découvert le premier cet art intéressant et important, mais veut encore lui imprimer son propre nom ! Je me rappelle bien que M. Daguerre était lié avec M. Nièpce ; mais je n’ai jamais entendu ni compris qu’il eût pris part active aux recheches de M. Nièpce autrement qu’en l’encourageant à persévérer dans ses travaux. Je sais aussi que M. Daguerre s’était occupé avec zèle de recherches et d’expériences dans lesquelles il obtenait des succès ; mais cet objet était différent à une grande distance de celui de M. Nièpce : c’est ce que M. Daguerre appelle maintenant sa décomposition de la lumière ; moyen par lequel il produit l’étonnant et admirable effet de ses représentations du Diorama, et dont les récits merveilleux remplissent les papiers publies. (Voyez le Morning-Post.). Mais sa découverte de la décomposition  de la lumière est une chose  grandement différente de la découverte de fixer d’une manière permanente les objets par l’action de la lumière.

Quoique cette dernière découverte soit en grande petie également rapportée dans le journal français (voyez la Gazette de France du 6 janvier 1839 ), dans lequel on parle pour la ptemière fois du daguerréotype comme il suit : » C’est avec un grand plaisir que nous annonçons l’importante découverte faite par M. Daguerre, le célèbre peintre du Diorama, etc., » et ensuite . » M. Daguerre a découvert une méthide de fixer les images qui sont représentées au foyer d’une chambre noire , etc. ; et une seconde fois : «  MM. Arago, Biot et de Humboldt se sont assutés de la réalité de cette découverte, qui mérite leur admiration, et : Arago, dans peu de jours, la fera connaître à l’Académie des Sciences ; » vers la fin de l’article, l’auteur nous donne l’important avis suivant : « M. Daguerre avoue généreusement que la première idée de ce procédé lui fut donné, il y a quinze ans, par M. Nièpce, de Châlon-sur-Saône, mais dans un tel état d’imperfection, qu’il lui a fallu un travail long et persévérant pour atteindre la bout. »

Maintenant, je ne pense pas que M. Nièpce ait pu donne quelque idée imparfaite il y a quinze ans, car les spécimens apportés par M. Nièpce, et exposés en Angleterre en 1827 (et dont quelques-uns sont encore entre mes mains), étaient tout aussi parfaits que les produits de M. Daguerre décrits dans les papiers français de 1839, et cependant c’est la première fois que le nom de Nièpce est mentionné !… Dans un journal subséquent est un article daté de Paris, le 9 janvier 1839, dans lequel, après plusieurs éloges, ceci est établi : « M. Arago a fait, le 7 de ce mois, une communication verbale à l’Académie des Sciences sur la belle découverte de M. Daguerre ; «  et dans l’article suivant : « Considérant la grande utilité de cette découverte pour le public, et l’extrême simplicité du procédé, qui est telle, que tout le monde peut s’en servir, M. Arago pense qu’il serait impossible, au moyen d’un brevet ni autrement, d’assurer à l’inventeur les avantages qu’il doit retirer de sa découverte, et il croit que le meilleur moyen por le gouvernement serait d’en faire l’acquisition, et de la livrer au public. » Mais le nom de M. Nièpce n’est pas mentionné dans ce rapport, ce qui est, je l’avoue, incompréhensible : Pour moi, qui ai l’honneur de connaître particulièrement M. le baron de Humboldt et M. Arago, et qui professe l’opinion qu’il n’y a pas d’hommes plus savants et plus honorables ! je crois que tout lecteur impartial, en réunissant la déclaration formelle de M. Nièpce et le généreux aveu de M. Daguerre, sera convaincu, comme moi, que M. Nièpce est l’inventeur de cet art intéressant. Quoique, pendant la longue période de dix ans et l’interruption et l’intière cessation de notre correspondance en 1829, M. Daguerre ait pu faire beaucoup de progrès ; quoique, surtout, s’il a acheté loyalement le secret de M Nièpce, je pense qu’il doive retirer le plus grand profit possible de la vente de ce secret, le mérite de l’invention de l’héliographie n’en restera pas moins à mon estimable ami, Nicéphore Nièpce !

Je n’ai vu aucun dessin photogénique de M. Talbot ; mais d’après ce que je vois dans les journaux, je conjecture qu’il prétend avoir fait des expériencestrès-intéressantes dans les quatre ou cinq années qui viennent de s’écouler : mais il me semble que son procédé est basé sur le même principe que la découvete de M. Nièpce, et si M. Talbot réussi à fixer d’une manière permanente l’image de la nature sur le papier, il aura certainement fait le plus important, car il aura fait le plus utile !

Avantde quitter l’Angleterre, M Nièpce me présenta plusieurs intéressants spécimens de son art nouvellement découvert. L’un d’eux est sa première expérience heureuse pour fixer l’image de la nature ; une autre planche préparée avec ce qu’il appelle le procédé chimique pour agir sur une planche de cuivre, comme une gravure à l’eau forte, et pour prendre des impressions de cette même planche.

Si vous, monsieur, ou quelqu’un s’occupant d’art ou de sciences, attachait quelque intérêt à ce sujet, et désirait voir les spécimens que j’ai en ma possession, il peut passer à ma maison, et je serais heureux de les lui montrer et de lui donner toutes les explications qu’il désirera.

Cette communication, monsieur, est entièrement à votre service, et vous pouvez en faire l’usage que vous jugerez convenable ; en accusant la réception de cette communication dans votre prochaine publication, je saurai qu’elle vous est parvenue, et vous obligerez beaucoup, monsieur, votre très-humble serviteur,

 

Francis Bauer, F. R. S.

Eglantine Cottage, Kew green, 27 février 1839

domingo, 25 de outubro de 2009

1851
9 de Fevereiro

É publicado o Nº. 1 do jornal LA LUMIÈRE, journal non politique. Beaux Arts, héliographie, sciences. Fundado pelo coronel Montfort e l'abbé Moigno.

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1851
LA LUMIÈRE
9 de Fevereiro
Nº 1
Pag. 2, 3


FRANCIS WEY
DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS,DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS
Il y a deux mois, l'un des plus habiles praticiens du procédé nouveau de la photographie, M. Le Gray, envoyait au jury de l'exposition de 1850 neuf dessins sur papier représentant des paysages, des portraits d'après nature, et d'après des tableaux. Quand on eut admiré la perfection surprenante des résultats obtenus, l'on se trouva embarrassé pour classer des ouvrages dignes de rivaliser avec les œuvres d'art les plus achevées, et qui toutefois, accomplis par un procédé purement théorique, ne se rattachent point d'une manière directe à la pratique du dessin. Rangées parmi les lithographies, les œuvres de l'habile héliographe furent annoncées sous cette rubrique au Livret de l'exposition actuelle.
Mais il survint une sous-commission qui, envisageant la question à un autre point de vue, fit retirer les dessins de M. Le Gray.
Les premiers juges les avaient considérés comme œuvres d'art ; les seconds les ont classés parmi les produits de la science. Nous serions fort empêché de savoir à qui donner raison.
Evidemment l'héliographie procède de la chimie et de la physique ; mais de toute évidence aussi, cette découverte, perfectionnée de jour en jour, est appelée à exercer dans le domaine de l'art une influence immédiate et profonde.
Appelé naguère à examiner les derniers résultats obtenus par des hommes studieux, zélés et pleins d'expérience, nous avons été frappé d'un étonnement très vif. La photographie est, en quelque sorte, un trait d'union entre le daguerréotype et l'art proprement dit. Il semble qu'en passant sur le papier, le mécanisme se soit animé ; que l'appareil se soit élevé à l'intelligence qui combine les effets, simplifie l'exécution, interprète la nature et ajoute à la reproduction des plans et des lignes l'expression des sentiments ou des physionomies.
En effet, la photographie s'exerce sur une gamme de tons excessivement étendue. Depuis l'indication fugitive et vaporeuse, mais précise encore, telle que M. Vidal parvient à la fixer d'un souffle, jusqu'au relief violent et contrasté de Rembrandt, jusqu'à une intensité de tons qui défie les ressources de la gravure. Telle est la souplesse de cet instrument, qu'il justifie successivement les genres les plus opposés, les qualités les plus diverses, et même les manières les plus individuelles. Dans une série de paysages et d'autres sujets, nous avons vu tour à tour des Joyant et des Piranèse, des Decamps, des Metzu, des Corot, des Ruysdaël, des Marilhat, fortuitement éclos de la seule fantaisie de la nature. On eut dit qu'elle s'était plu, avec une docilité capricieuse, à rendre hommage à la plupart des peintres qui l'ont si diversement encensée.
Telle est donc la première réponse de cette nature jusque-là muette, questionnée tant de fois, et qui se prêtait, inerte, à de si nombreuses hypothèses. L'héliographie lui donne une voix, l'arme d'un langage et l'invite à rédiger ses Mémoires.
Fait consolant et bizarre ! elle consacre à peu près tout ce que l'opinion publique a successivement exalté. Ainsi l'esthétique pure n'a rien à perdre à cette épreuve ; elle ne peut qu'y gagner en hardiesse, en expérience, tandis que les couches inférieures de l'art, celles où le succès douteux dépend de la routine, du procédé manuel, et se limite à la tradition stérile, se trouvent dissoutes et annihilées.
Il est arrivé plus d'une fois que certains genres, investis d'une vogue passagère, ont disparu avec la mode qui les avait recommandés. Sans parler des traits à la silhouette, et pour se borner à des productions plus relevées, rappelons les lavis à l'encre de Chine, puis à la sépia, si fort appréciés sous Louis XVI ; plus tard, les gouaches, compromis harmonieux et terne entre le dessin et la peinture ; puis les petits crayonnages tels que les exécutait Lantara, si souvent imité… La passion de l'effet, l'amour de la couleur ont fait pâlir ces pratiques mal défendues par l'artifice du métier. L'aquarelle a remplacé ces procédés ; puis la peinture à l'huile est devenue si populaire, que l'aquarelle à son tour se voit supplantée.
Au fond, ce qui tend à s'effacer d'une manière constante, c'est la marque sensible de la manutention, c'est l'artifice du procédé et la complication du travail. A moins de se rapprocher du dessin, ou de paraître empreinte d'une forte émanation de la couleur, la gravure devient froide à nos yeux ; la classique vigueur des tailles est de moins en moins appréciée. La lithographie, plus ou moins immédiatement assimilable au dessin naïf, fait des progrès incessants.
C'est dans ces circonstances que se présente l'héliographie : que produira-t-elle ? Sans contredit, d'anciens genres vont disparaître, une révolution s'effectuera, lente, profonde, et salutaire comme toutes les révolutions vraiment dignes de ce titre. Mais ce qui doit advenir, est-il possible déjà de le pressentir ? Assurément.
Précisons en quatre mots le résultat définitif : les artistes vraiment originaux, loin d'être atteints, devront à l'invention nouvelle des ressources imprévues, et prendront un plus large essor. Les gens de métier, les mécaniques, ainsi que l'on disait jadis, seront abattus.
La photographie traduit à merveille : pour la surpasser, il faudra traduire et interpréter. Elle est donc propre à faire ressortir les qualités personnelles de dessinateurs tels que M. Desmaisons, qui copie Vidal avec tant de finesse ; que M. Soulange-Tessier qui a, cette année, retracé Descamps avec souplesse ; que M. Monilleron, l'aigle de la lithographie, qui s'assimile par des qualités particulières les compositions dont il s'inspire ; que M. Aubry-Lecomte, qui séduit par la dextérité charmante, par la finesse et la précision de son crayon, ou que M. Français, le plus subtil commentateur de nos paysagistes.
Ce dernier nous fournirait des exemples faciles à saisir. Pour en choisir un seul, il est certain que la photographie reproduirait avec une incomparable fidélité la Matinée de M. Corot ; mais elle ne compléterait pas le tableau, elle n'en interpréterait pas l'esprit, elle n'en éclairerait pas l'intention poétique en y ajoutant comme l'a fait M. Français, dans sa lithographie, l'impression d'une pensée personnelle et délicate.
Cependant, la photographie est très souple, surtout dans la reproduction de la nature ; parfois, elle procède par masses, dédaignant le détail comme un maître habile, justifiant la théorie des sacrifices, et donnant, ici l'avantage à la forme, et là aux oppositions de tons. Cette intelligente fantaisie est beaucoup moins libre dans les daguerréotypes sur plaques de métal. Il y a plus : le goût particulier du photographe perce dans son œuvre, pour matérielle qu'elle semble ; les épreuves obtenues par des artistes sont supérieures à celles des érudits. Les premiers choisissent mieux leurs sujets, recherchent avec succès des effets dont ils ont le sentiment inné, et l'influence de l'individu est assez perceptible pour que les amateurs–experts, à la vue dune planche sur papier, devinent d'ordinaire le praticien qui l'a obtenue.
Ces explications fournies, abordons succinctement une étude curieuse, celle des diverses branches de l'art que la photographie met en péril ; puis, signalons, parmi les travaux des artistes, ceux qui sont destinés à fructifier de cette invention. Nous n'aurons pas à nous préoccuper de ce qui échappe à cette atteinte ou se soustrait à cette influence, car elle ne laissera rien d'intact et se fera sentir partout.
Le résultat le plus complet, le plus destructif, portera sur les dessins, les gravures ou les lithographies représentant des villes, des monuments, des églises, des ruines, des bas-reliefs, et en général des sujets d'architecture. Sur ce terrain, la lutte serait chimérique : une médiocre épreuve héliographique du portail de Chartres ou de Bourges sera toujours préférable, et comme fini, et comme réalité, et comme relief, et comme précision, à la gravure la plus accomplie. Dans ces sortes de sujets, la reproduction plastique est tout, et la photographie en est la perfection idéale.
Telle est même la puissance presque fantastique du procédé, qu'il permet à l'examinateur d'un dessin d'architecture de l'explorer comme la nature même, et d'y faire des découvertes inaperçues sur le terrain. Cette assertion sera éclaircie et appuyée par une récente anecdote.
Il y a quinze mois, M. le baron Gros, alors ministre plénipotentiaire en Grèce, fixa, par le moyen du daguerréotype, un point de vue pris à l'Acropole d'Athènes. Là se trouvaient disséminés des ruines, des pierres sculptées, des fragments de toute espèce. De retour à Paris, à la suite d'une mission délicate et honorablement remplie, M. le baron Gros revit ses souvenirs de voyage, et considéra, à l'aide d'une loupe, les débris amoncelés au premier plan de sa vue de l'Acropole. Tout à coup, à l'aide du verre grossissant, il découvrit sur une pierre une figure antique et fort curieuse, qui lui avait jusqu'alors échappé. C'était un lion qui dévore un serpent, esquissé en creux et d'un âge si reculé, que ce monument unique fut attribué à un art voisin de l'époque égyptienne. Le microscope a permis de relever ce document précieux, révélé par le daguerréotype, à sept cents lieues d'Athènes, et de lui restituer des proportions aisément accessibles à l'étude.
Ainsi, ce prodigieux mécanisme rend ce que l'on voit et ce que l'œil ne peut distinguer ; si bien que, comme dans la nature, le spectateur en se rapprochant plus ou moins, à l’aide de lentilles graduées, perçoit les détails infinis, quand l'ensemble des objets ne suffit plus à sa curiosité.
On conçoit que l'héliographie, s'exerçant sur une surface plane comme la toile d'un tableau, en reproduit l'image et l'effet avec une exactitude mathématique. Il y a là une précieuse ressource pour obtenir, à l'usage du graveur, des réductions excellentes ; mais la supériorité même du résultat condamne à périr comme insuffisante toute autre copie bornée à la seule imitation, sans coopération de la pensée qui rehausse d'un esprit particulier la traduction du modèle. Morghen, Nicolas Chapron, graveur des loges de Raphaël d'Urbin, donnent assurément du maître une idée plus haute et plus complète que ne le ferait le daguerréotype. Un portrait rendu par Nanteuil ou par Drevet, d'après Mignard ou Rigault, vit deux fois, respire d'un double souffle, et c'est ainsi que le portrait gravé de Bossuet est supérieur à l'original. L'héliographie ne peut aller au-delà de son modèle : c'est un fidèle agent, ce n'est pas une intelligence. Mais, on le pressent avec nous, ce procédé matériel, invincible dans les limites de son domaine, abolit virtuellement toute autre imitation réduite à n'être rien de plus.
Tout dessinateur, tout lithographe, ou tout graveur dépourvu des inspirations de l'artiste, risquera donc de se voir supplanté, et entre deux machines, la plus parfaite, la plus rapide, la moins coûteuse, sera nécessairement préférée. N'est-il pas étrange et providentiel que les révolutions opérées par les progrès de l'intelligence humaine surviennent si à propos et se présentent juste à l'heure où des solutions sont attendues ? Sous le régime libéral et peu éclairé qui a gouverné les arts depuis vingt ans, le nombre des artistes s'est multiplié et le talent s'est éparpillé en petite monnaie. Quiconque eut à sa disposition une influence, a été à même d'exploiter son heureuse médiocrité, et, pour s'improviser artiste, il a suffi de quelque habileté pratique mise en valeur par l'enrôlement dans une coterie. De là cette cohue de peintres, sans cesse recrutée, qui absorbe les ronds de l'Etat, inonde le pays de productions vaines et enlève, par une concurrence illimitée, la légitime assistance du gouvernement aux hommes supérieurs, aux artistes éminents condamnés à la gêne et à la stérilité. Cette armée de peintres des deux sexes étant désormais impossible à défrayer, il devenait aussi indispensable qu'impossible de trancher dans le vif et d'opérer un triage que l'héliographie a pour mission d'accomplir, dans un temps donné, avec une équité parfaite. Cette découverte, il faut se hâter de le dire pour intimider les ambitions vulgaires, amènera la destruction des couches inférieures de l'art.
La comparaison des œuvres débiles avec la reproduction pure et véridique de la nature, régénérera le goût public et le rendra difficile. Une estampe photographiée sera préférée à une peinture vicieuse, car elle satisfera davantage. La classe aisée, qui ne s'élevait que jusqu'au portrait à bas prix, d'une fidélité douteuse, adoptera forcément la photographie si limpide, si précise, si animée dans ses produits ; et quand on pourra, pour un prix modique, se procurer l'image exquise du paysage que l'on aime, du site où l'on a rêvé, du coteau où s'élève le toit natal, du tableau que l'on a goûté, l'on délaissera les mauvais tableaux, les méchant dessins et les gravures médiocres.
Combien d'honnêtes gens se verront contraints de renoncer à un métier sans profit et sans gloire, de chercher fortune ailleurs, de rendre libre, comme on eût dit autrefois, le chemin qui conduit au temple des arts ; de se faire justice enfin, en quittant la peinture, qui n'est pour eux qu'une séduction perfide, et n'aurait jamais dû devenir le gagne-pain de la médiocrité !FW
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1851
LA LUMIÈRE
nº. 2

FRANCIS WEY
DE L’INFLUENCE DE L’HELIOGRAPHIE SUR LES BEAUX-ARTS (SUITE)COURTES REFLEXIONS SUR L’EXPOSITION DE 1850

Quand un laboureur promène à travers champs le soc affilé de la charrue, que de folles herbes, que de plantes parasites, de racines mortes et de fleurs inutiles ne le voit-on pas trancher et anéantir à la surface de la terre ! Cependant, son entreprise est salutaire, sa destruction est féconde : purgé des végétations gourmandes, le sol donnera au bon grain qui lui sera confié tous ses sucs nourriciers, et, l'hiver venu, la plaine changée en un tapis vert offrira l'espoir d'une moisson pure et dorée.
Telle est l'action future de l'héliographie dans le vaste champ des arts. Nous avons entrevu la destinée des herbes parasites ; occupons-nous de la moisson.
Il est aisé de signaler, dès aujourd'hui, les résultats bienfaisants d'une découverte qui fera de nouveaux progrès sous l'impulsion des élus de la science. Dans notre pensée, le talent du portrait n'a qu'à gagner à la rivalité de la photographie : d'abord, la peinture, loin de rien redouter, est susceptible d'acquérir, du côté du modelé, du dessin, certaines qualités plus solides, en possédant un moyen facile de se rendre compte de l'état exact des ombres et des demi-teintes, transportées de la nature sur une surface plane. A côté d'un résultat précis, l'à peu près devient de plus en plus suffisant ; le génie de l'artiste se verra donc contraint à dépasser par la vraisemblance ou l'esprit de l'interprétation, la puissance de la vérité matérielle. Et comme la perfectibilité humaine est illimitée, elle triomphera de ces obstacles heureux.
Ils sont considérables, cependant : l'héliographie, à l'état actuel, s'empare d'une image si rapidement, que le praticien est à même de saisir au vol l'expression la plus animée, la plus caractérisée, la plus fugitive ; une seconde lui suffit pour dérober le sourire, le nuage qui assombrit un instant la physionomie, la lueur intelligente qui l'éclaire quand le modèle va parler.
Si ces précieuses leçons ne sont pas perdues, l'art de peindre l'expression s'élèvera jusqu'au sublime. Comme le daguerréotype est impuissant à donner aux images la couleur et les dimensions de la nature (deux moyens importants de pousser la réalité jusqu'à l'illusion), le portrait peint et le portrait de grandeur naturelle resteront hors de toute concurrence. Seulement, ils s'exécuteront dans des conditions plus rigoureuses ; ils pourront et ils devront posséder, avec leurs qualités propres, celles dont la photographie aura dicté l'exigence.
Quant aux portraits de petite dimension, ils résisteront pourvu que, joignant la poésie à la vérité, ils se proposent d'embellir la nature sans la démentir, de l'interpréter par la noblesse du style ou par le rayonnement de certaines grâces insaisissables. Du reste, l'élévation générale du niveau de l'art, laisse toutes choses dans le même rapport de proportions. Si chacun se met à faire des portraits avec une épreuve de photographie pour guide, le mérite des plus habiles sera aussi rare, aussi apprécié qu'il l'est aujourd'hui sans le secours du procédé ; et la preuve, c'est que déjà quelques peintres ayant essayé de mettre à profit le daguerréotype se sont rebutés, n'en ont tiré qu'une timidité bizarre, et ont reculé avec effroi. Tous à la vérité ne furent point si malheureux ; mais l'héliographie n'a servi que les plus forts, tandis qu'elle a insinué aux autres le soupçon de leur néant.
Puis, si l'on est femme et jeune, on veut être belle et léguer à la postérité un aimable procès-verbal de ses attraits. La question est d'être décrite comme on est ; et telle que l'on se voit, ainsi l'on prétend être. On appelle un peintre, on espère un flatteur ; le daguerréotype n'est qu'un traître.
Il vous répartit au nez sans économie ; la bouche en cœur n'est pas de sa compétence, la tradition des yeux fendus en amandes est supérieure à ses moyens. L'atelier où l'on rajeunit ne sera jamais désert. Par ces diverses raisons, la miniature ne sera pas compromise ; elle unit la couleur aux grâces précieuses ; traitée avec beaucoup d'esprit, elle parle au cœur, et correspond aux sentiments intimes. Rien pourrait-il remplacer les miniatures de madame de Mirbel et de quelques autres peintres consommés dans cet art difficile !
Sur ce point, d'ailleurs, et dans certaines circonstances, la photographie est impuissante : elle ne saurait reproduire l'équivalent de la teinte azurée des prunelles : le bleu céleste échappant à l'action des agents chimiques, reste intraduisible, et les yeux bleus, quand leur nuance est pure, ne ressortent pas ; ils s'offrent blêmes. Ce phénomène rend, en nombre d'occasions, la photographie insuffisante, il le faut avouer.
Mais, tout en cédant à la supériorité de la peinture, le daguerréotype est susceptible de lui prêter une ressource unique pour parvenir au degré de réalité qui souvent lui a fait défaut. Certaines petites toiles si lumineuses, si claires et si fermes tout à la fois, seraient d'une exécution surhumaine, si l'héliographie ne donnait la clef de cette sorcellerie à des gens peu empressés de la ramasser, parce qu'ils seraient inhabiles à s'en servir.
Comment énumérer les divers avantages que la photographie est susceptible d'apporter à l'exécution de la grande peinture ?
La figure nue, parfaitement étudiée au point de vue anatomique, est à peu près ignorée par rapport au mouvement, à la vie, chez les peuples chrétiens et dans les climats du Nord où l'on est hermétiquement vêtu. Le temps où nous sommes se prête bien mal aux épopées : car les deux principaux éléments du style font défaut aux observations journalières ; à savoir la forme nue et les draperies. D'où il suit que nos idées sur le corps humain, trop justement qualifié d'académie dans nos écoles, n'ont été longtemps que de simples préjugés de routine. L'ensemble de ces préjugés, transmis d'âge en âge, et imposés par des professeurs-machines, constituait l'art du dessin. Telle fut l'éducation des jeunes artistes : on leur apprenait par cœur la figure, comme on leur enseignait à tracer un paraphe, et, le plus adroit en cette façon de calligraphie, on l’envoyait à Rome étudier l'homme sur des pierres cassées.
Aussi la mode a-t-elle signalé son passage dans nos notions de la forme corporelle. Le moyen-âge passa tout au laminoir et à la filière ; Michel-Ange, qui fit le contraire, créa une école herculéenne, noueuse et musclée, qui dura deux siècles. Après quoi, le corps humain livide, pauvre, strapassé, sous l'impulsion de Vanloo et de quelques autres, fut rendu semblable aux cadavres : c'était l'engouement des études anatomiques, et le premier pas d'une pédanterie chirurgico-picturale. On doit à une fausse interprétation de l'antique l'immobilité et la vogue de ces tableaux étranges des maîtres de l'Empire, où des corps de marbre servent de supports à des têtes de bois.
Par les procédés de l'héliographie, une seconde nous suffit pour saisir, dans un temps d'arrêt fugitif, une figure nue librement agissante, et les modèles ainsi accusés fournissent déjà des leçons bien autrement précises que celles des statues et des écorchés anatomiques. L'héliographie mettra dorénavant les types humains, consacrés d'âge en âge, à l'abri des fantaisies de la mode ; c'est le germe d'une révolution contre le système des poncifs, au profit de la réalité. Grâce à une invention de la science, le modelé cessant d'être savant, rentrera dans le domaine de l'art.
La même théorie est applicable aux draperies. Il s'agit, je le suppose, d'un sujet historique, grec ou romain : que fait l'artiste ? Il copie la tête, les jambes, les bras d'un modèle, puis il ajuste des étoffes sur un sac de son, appelé mannequin. Ces étoffes, leurs plis, leurs aspects n'ont point été produits par le mouvement naturel de la figure ; elles voilent les contours d'un monstre inerte. Les membres agissants n'ont pas donné lieu aux allures prises par l'étoffe. Or, pour se rendre compte des motifs d'une draperie, ne faut-il pas savoir quelle attitude a précédé la pose actuelle ? Un homme se détourne et s'arrête : la draperie change de maintien et participe de deux modes d'action ; le personnage marchait, son corps prend rapidement une impulsion nouvelle, et le vêtement plus rebelle obéit à deux influences contraires.
Difficiles à exprimer, les finesses de la vie dans les œuvres plastiques n'en sont pas moins d'une incontestable évidence. A l'aide de la photographie, l'on peut habiller le modèle, le faire agir, et fixer le mouvement dans toute son énergique spontanéité. Cette épreuve obtenue, la statue, le tableau s'exécutent dans le calme, avec certitude, et le temps concédé à l'étude minutieuse, n'affaiblit point le jet de la pensée.
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domingo, 11 de outubro de 2009

1852
6 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Juillet-Décembre
T. XXXV,
Nº. 10
Pag. 335


M. LEGROS, en adressant divers opuscules sur la photographie (voir au Bulletin bibliographique) (1), prie l'Académie de vouloir bien se prononcer sur l'efficacité de ses procédés.
Une Commission, composée de MM. Chevreul, Becquerel, Regnault, examinera les produits que M. Legros sera invité a présenter.
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(1)
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

L’Académie a reçu, dans la séance du 6 septembre 1852, les ouvrages dont voici les titres :…/…Photographie.
Traité nouveau théorique et pratique des procédés et manipulations sur papier sec, humide, et sur verre au collodion, à l’albumine ; par M. GUSTAVE LE GRAY. Paris; in-8º.
Photographie perfectionnée sur papier, pour opérer avec la plus grande facilité. Photographie sur verre ; par M. LEGROS. Paris ; broch. in-8º.Photographie sur collodion ; par le même. Paris ;broch. in-8º.
Daguerréotypie. Photographie sur plaqué ; par le même. Paris ; broch. in-8º
.…/… La Lumière ; 2e année ; Nº. 37 ; 4 septembre 1852.
(1852, 6 de Setembro, COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES, Julho-Dezembro, T. XXXV, Nº 10, Pags. 336/339)
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quinta-feira, 8 de outubro de 2009

1853
2 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXVI
Nº. 18
Pag. 799, 800
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
… /…Marc-Antoine Raimondi ; par M. BENJAMIN DELESSERT ; 2e livraison ; in-fol
.…/…La Lumière. Revue de la photographie ; Nº. 18 ; 30 avril 1853

sexta-feira, 25 de setembro de 2009

1854
16 de Janeiro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXVIII
Nº. 3
Pag. 93, 94

M. MANTE, photographe, adresse une réclamation relative à la présentation qui a été faite, dans la séance du 19 décembre dernier, d’une nouvelle série de planches photographiques représentant des objets d’histoire naturelle, publiées par MM. Rousseau et Deveria.Une portion de la réclamation porte sur les termes dans lesquels cette présentation a été mentionnée par un journal consacré à la photographie (la Lumière), et l’Académie n’a pas à s’occuper de ce point; mais le Compte rendu indique les planches en question comme obtenues par le procédé de M. Niepce de Saint-Victor: M. Mante déclare que ces épreuves, exécutées dans ses ateliers, sont obtenues par un procédé qu’il a découvert par suite de recherches qui lui sont communes avec MM. Riffaut et Pernel.
Il ajoute, à l’appui de cette assertion, que les planches présentées sont signées de son nom et de celui de M. Riffault.
« A l’occasion cette réclamation de, M. MILNE EDWARDS prend la parole et dit qu’il ne connaît pas l’article du journal la Lumière dont l’auteur de la Lettre parle, mais que celui-ci ne lui paraît pas avoir été bien renseigné au sujet de l’indemnité accordée à M. Rousseau. Le Rapport fait, il y a quelques mois, par une Commission dont M. Milne Edwards était l’organe, avait pour objet un ouvrage de MM. Rousseau et Deveria obtenu par la photographie ordinaire, et ne porte pas sur la série de gravures photographiques publiée plus récemment par les mêmes auteurs et exécutée par le procédé inventé par M. Niepce de Saint-Victor. En présentant à l’Académie, dans la séance du 19 décembre, une des livraisons de ce dernier ouvrage, M. Milne Edwards a eu soiu de rappeler que le mérite de cette invention appartient à M. Niepce, et il regrette qu’aucun des prix dont l’Académie dispose ne Soit applicable à une découverte de ce genre, car le service rendu par M. Niepce lui paraît digne d’une récompense éclatante. Quant à l’indemnité pécuniaire qu’ila demandée dernièrement pour M. Rousseau, elle était destinée, non pas à récompenser une invention qui n’appartient pas à ce naturaliste, mais à fournir à celui-ci les moyens de continuer des ,essais divers relatifs à l’application de la photographie a l’iconographie zoologique. Les résultats obtenus dans cette voie, soit par M. Rousseau lui-même, soit par d’autres personnes dont il s’était assuré le concours, et notamment par MM. Deveria, Bisson, Mante et Riffault, sont certainement fort remarquables, mais laissent encore heaucoap à désirer aux yeux du naturaliste; et c’est pour faire entreprendre de nouveaux essais et dans l’espoir d’obtenir de meilleurs résultats, que M. Milne Edwards et plusieurs autres Membres de l’Académie ont demandé à la Commission administrative de venir en aide à M. Rousseau, dont les travaux, entrepris dans l’intérêt de la science seulement, ont été pour celui-ci la cause de dépenses t.rès-considérables et n’auraient pu être continués sans un secours de ce genre. »
« M. CHEVREUL partage l’opinion que M. Milne Edwards vient d’exprimer. La Cominission administrative, à laquelle avait été renvoyée la proposition faite à l’Académie par les naturalistes appelés à juger l’utilité de la publication de M. Roussean, n’a voulu, conformément à l’opinion de ces naturalistes, qu’encourager cette publication dont l’auteur fait les frais. S’il eût été question de donner, non un encouragement, mais une récompense pour une invention, M. Chevreul aurait proposé de la donner à M. Niepce de Saint-Victor, qui, en développant le germe d’un art que l’on doit à son oncle, est l’auteur des progrès que l’Académie a constatés depuis les publications que M. Niepce de Saint-Victor a faites de la manière la plus généreuse, puisqu’il a publié toutes ses découvertes et notamment la manière de préparer l’excellent vernis dont j’ai communiqué, en son nom, la composition à l’Académie. M. Chevreul serait heureux si ceux de ses collègues qui sont plus que lui daus le cas d’apprécier les services que M. Niepce de Saint-Victor a rendus aux sciences naturelles, le jugeaient digne d’une récompense de l’Académie. »

quinta-feira, 24 de setembro de 2009

1854
16 de Setembro
LA LUMIÉRE
(4º ano, Nº. 37)

ÉPREUVES POSITIVES CIRÉES M. James Forrester cire ses épreuves positives de la même manière que les négatives. Cette opération leur donne, suivant lui, une vigueur et une transparence de ton de l'aspect le plus agréable. Il préfère ce procédè à l'emploi du papier albuminé.
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1855
18 de Fevereiro
L’AMI DES SCIENCES.
TI
1er ANNÉE
Nº 7
Pag. 54
APPLICATION DE LA PHOTOGRAPHIE À LA GÉOLOGIE.
- M. le docteur Unger vient d'entreprendre la publication d'un ouvrage dans lequel il se propose de rassembler les vues géologiques les plus intéressantes, vues prises au moyen du daguerréotype, et d’y joindre la représentation des débris d'animaux fossiles. Dans un article de M. E. Conduché, le journal la Lumière fait les réflexions suivantes sur cette intéressante publication.
« Pour le naturaliste qui souvent, à de grandes distances, est obligé de comparer un terrain qu'il étudie à un autre terrain décrit pièce à pièce dans de minutieuses descriptions, ces images seront d'une valeur inappréciable. Que de peines, que de labeurs, que de fatigues épargnés au géologue! aussi ce travail a-t-il déjà obtenu un veritable triomphe en Angleterre et en Allemagne. II ne pouvait en être autrement. En effet, l'image photographique rendant avec une rigueur mathématique les détails de toute nature, il deviendra facile, sur l'inspection d'une épreuve, de préciser presque la nature des terrains que l'on a sous les yeux; on pourra mesurer avec tout le soin desirable les inclinaisons des couches stratifiées, préciser leur épaisseur, donner avec exactitude leurs différentes relations; en un mot, on peut faire en quelques minutes, sur une épreuve, ce qui exige souvent des semaines entiéres sur le terrain lui-même. Quelques publications récentes, faites en France et à l'étranger, prouvent mieux que nous ne pourrions le faire l'importance du travail que nous signalons. Il a été question, dans ce journal, des belles études des frères Schlagintweit sur la géologie des Alpes. La photographie, comme on le sait, a joué un rôle considérable dans leurs recherches; on sait aussi qu'ils vont continuer dans l'Indoustan ce qu'ils ont si bien commencé en Europe. Déjà, dans le courant de l'année derniére, M. Martens a donné un panorama du mont Blanc et des environs, et celui-ci deviendra pour les géologues un excellent guide dans l'étude de la marche et des mouvements des glaciers. Tout récemment, M. Baldus a publié une série de vues d'Auvergne qui éclaireront incontestablement l'histoire géologique de ce pays, tourmenté par tant de révolutions volcaniques.
« M. Tiffereau possède quelques épreuves faites il y déjà longtemps au Mexique: ce sont les exploitations de minerai d'argent de La-Luz, San-Miguel et l'Ascension. Outre les détails pratiques d'extraction du minerai qui sont représentés sur ces épreuves, on peut parfaitement apprécier tous les détails des couches où git le métal, et en tirer parti pour décrire d'une manière précise cette belle industrie. »

segunda-feira, 3 de agosto de 2009

1855, 8 de Abril
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 14
Pag. 111
*
LA PHOTOGRAPHIE EN PLEINE MER. - Un jeune officier de marine, qui porte un nom cher à la photographie, M. Henri Claudet, l'un des fils du célèbre photographe de Londres, au retour d'un long voyage transatlantique, adresse au rédacteur en chef de la Lumière une épreuve des plus intéressantes. Elle a été faite en pleine mer, à bord du navire que M. H. Claudet commandait en second, la Belle-Assise, qui transportait en Amérique quelques centaines d'Allemands. Le bâtiment filait à peu près sept milles à l'heure, étant environ vers le 26º latitude nord.
« Qu'on se figure, dit M. Ernest Lacan, une foule d'hommes, de femmes, d'enfants dans toutes les attitudes, dans tous les costumes, réunis sur le pont mouvant d'un bâtiment que le flot incline, et reproduits avec autant de netteté et d'exactitude que s'ils avaient posé un à un devant l'objectif. Tous vivent sous le regard qui les observe: l'un pense, la tête appuyée sur sa main; l'autre allume sa pipe; ces deux-là causent; celui-ci rit aux éclats; un enfant sourit aux anges en remuant son hochet; une jeune femme, à demi couchée près de lui, penche sa tête charmante pour regarder son bonnet qui vient de se détacher et qu'une autre jeune femme ramasse. Toutes ces physionomies sont saisissantes de vérité. Au-dessus de ces groupes, qui se perdent dans l'éloignement, les voiles se gonflent, les mâts se dressent comme des colonnes, les cordages se tendent comme les réseaux d'un immense filet. Tout cela est d'une netteté si parfaite, que l'on oublie complétement, en regardant cette vue, qu'elle a été prise au beau milieu de l'Océan, entre deux vagues, et pendant que passagers et navire s'en allaient d'un continent à l'autre. «

1855, 8 de Abril - L’Ami des Sciences

1855, 8 de Abril
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 14
Pag. 111
*
Exposition PHOTOGRAPHIQUE. – M. le secrétaire de la Société internationale d’industrie d’Amsterdam, nous adresse le PROGRAMMÉ D’UNE EXPOSITION d’épreuves photographiques, gravures héliographiques et appareils pour photographie, qui sera ouverte le 23 de ce mois, dans les salles de la Société ARTI ET AMICITIÆ, à Amsterdam, et durera six semaines. Le défaut d’espace nous empêche de transmettre en entier à nos lecteurs cette invitation à laquelle s’empresseront de répondre tous ceux qui s’occupent sérieusement de photographie ; on en trouvera le programme dans le nº du 24 mars de La Lumiére ; nous donnerons du moins le paragraphe 3.
« § 3. Sont accordées des médailles par la Société INTERNATIONALE D’INDUSTRIE (au nombre de huit en argent, et de vingt-quatre en bronze), avec mention honorable, aux exposants d’épreuves et d’instruments compris dans une des catégories susnommées, pour les obets remarquables par leur supériorité, invention et utilité, sur le rapport d’un jury nommé à cet effet par les directions respectives. »
1855, 15 de Abril
L’AMI DES SCIENCES

T. I
1er ANNÉE
Nº 15
Pag. 120
*
Les journaux racontaient, il y a peu de jours, un fait qui prouve une fois de plus l’utilité de la photographie.
Un malfaiteur avait été arrêté. Examen attentif, confrontations, interrogations, recherches dans les dossiers de la police, rien ne put faire reconnaître son identité ; et pourtant il mettait à la cacher un soin qui annonçait de coupables antécédents. Enfin, en désespoir de cause, on eut recours à la photographie. Le portrait du prisonnier fut tiré à plusieurs exemplaires, et envoyé aux commisaires de polices des villes où l’on présumait qu’il avait résidé ; ce moyen eut un plein succès. Les agents de police de Nantes reconnurent dans cette épreuve les traits d’un malfaiteur dangereux, à la recherche duquel ils étaient depuis longtemps. Nous espérons que ce succés fera adopter définitivement le système de photographie signalétique proposé par M. Moreau-Christophe et si habilement exposé dans le journal La Lumière, par M. Ernest Lacan.
1855, 27 de Maio
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 21
Pag. 168
*
Bombay a aujourd'hui une Société photographique, laquelle publie un journal dont deux numéros ont paru. « On ne peut douter, dit une publication anglaise (Notes and queries), que cette association ne fournisse les moyens de recueillir de précieux documents sur les antiquités et les curiosités de notre empire du Levant, et de familiariser ceux mêmes de nos compatriotes qui n'ont jamais quitté leurs foyers, avec les scénes majestueuses de l'Inde et les caractères des races diverses qui l'habitent. » II sera curieux, ajoute la Lumière, de constater les différences qui devront nécessairement exister entre les procédés employés sous le ciel brûlant de l'Inde, et ceux que pratiquent les photographes en Europe. C'est la un sujet d'études dont les résultats peuvent avoir une grande importance pour les progrès de la science.

quinta-feira, 30 de julho de 2009

1855, 30 de Junho
LA LUMIÉRE

5ºano, Nº.26

O jornal LA LUMIÉRE (5ºano, Nº.26) publica o artigo LA PHOTOGRAPHIE EN ANGLETERRE da autoria do seu Redactor Chefe M. Ernest Lacan, no qual é feita uma referencia ao Barão de Forrester:
« Le hasard a voulu qu'au moment ou j'arrivais chez le docteur, un de ses élèves et de ses amis, le baron de Forrester se trouvât auprés de lui. M. de Forrester, qui a beaucoup voyagé, a écrit la relation de ses voyages. Comme il décrivait ce qui l'avait le plus frappé, il arriva qu'on l'accusa d'éxagération et d'inexactitude. Une idée se présenta à l'esprit de M. de Forrester: il avait un moyen de prouver qu'il avait dit vrai, et ce moyen c'était de retourner lá où il avait étè avec une chambre noire et des pruduits chimiques, et de reproduire par la photographie ce qu'il s'était contenté de décrire. Il se fit donc photographe, et en peu de temps, grâce aux excellentes leçons du docteur Diamond; puis il partit, et aujourd'hui chacun de ses récits est justifié par une épreuve. Nous avons vu quelques unes de ces planches intéressantes et nous avons pu juger de l'habilité du photographe, en même temps que de la hardiesse du voyageur et de l'érudition du savant. »

quinta-feira, 28 de maio de 2009

1857, 19 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLIV
Nº. 3
Pag. 99, 100
*
PROTOGRAPHIE. - Réclamation de priorité à l’occasion d’une Note récente de MM. E. Robiquet et J. Duboscq sur le collodion sec; Lettre de M. l’abbé Desprats.

« Le procédé de collodion sec communiqué à l’Académie des Sciences par MM. Robiquet et Duboscq dans la séance du 29 décembre 1856, n’étant autre chose que celui que j’ai livré au public, il y a un an, je me vois dans la nécessite d’en revendiquer pour moi la priorité. J’ai détaillé longuement ma méthode du collodion sec dans deux recueils périodiques : la Lumiére et la Revue Photographique, je n’entrerai donc pas ici dans des détails dont chacun a pu prendre connaissance à l’époque. Je dirai seulement que ma méthode, semblable, sous beaucoup de rapports, a une foule d’autres déjà publiées, s’en distinguait néanmoins par un nouvel élément ajouté à la composition du collodion ; ce nouvel élément est la résine ordinaire et commune. Au bout d’un an, MM. Robiquet et Duboscq viennent à leur tour annoncer qu’aprés avoir essayé plusieurs résines végétales qui, disent-ils, leur ont donné des résultats trés-satisfaisants (ce qui du reste, d’après mes expériences qui datent d’un an, ne pouvait offrir de doute), ils s’en tiennent en ce moment a une résine fossile, l’ambre jaune. II ne m’est pas possible de voir là une idée nouvelle. Tout porte à croire en effet que, par analogie, les résines diverses peuvent jouir d’une efficacité égale, ainsi que je l’écrivais encore dans la Lumière, à la date du 30 décembre dernier. Le mérite, si mérite il y a, consistait, ce me semble, à proclamer le fait nouveau de l’efficacité d’un corps résineux dans la composition du collodion. Je demande à l’Académie la permission de lui prouver sur ce point mon droit à la priorité. Pour cela je me contenterai de rapporter deux passages des journaux dont je parle plus haut.
» Dans un article sur le collodion sec que j’ai fait paraître dans la Lumière, le 26 janvier 1856, je disais : « Ayant ajouté un peu de résine en poudre (un demi-gramme pour 100) à un collodion qui avait l’inconvénient de donner une couche criblée de trous, nous avons remarqué que non-seulement ce défaut était trés-notablement atténué, mais que l’état moléculaire du collodion avait été tellement modifié, qu’une immersion trés-peu prolongée dans l’eau distillée le débarrassait très-facilement de l’excés d’azotate d’argent. » J’avais dit, en développant théoriquement ma méthode, que, selon moi, la grande difficulté pour opérer au collodion sec consistait à faire disparaître complétement l’azotate d’argent libre.
» Presque en même temps, dans une Lettre qui a paru le 5 février dans la Revue Photographique, je disais, aprés avoir décrit ma méthode, « qu’en ajoutant un demi-gramme pour 100 de résine pulvérisée, les résultats s’obtiennent tous avec une bien plus grande facilité. »
« Ces deux citations textuelles suffiront, je pense, pour prouver à !‘Académie qu’il y a un an déjà, je croyais avoir la certitude des bons effets de la résine ajoutée au collodion pour opérer par la voie séche. J’ose donc prier l’Académie de faire insérer ma réclamation dans ses Comptes rendus, afin de constater sur ce point ma priorité, qui ne peut pas être douteuse. »