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quinta-feira, 5 de novembro de 2009

1850
6 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 18
Pag. 570

M. BREWSTER présente plusieurs images photographiques sur papier, faites en Écosse par un procédé modifié conformément à la découverte de M. Niepce de Saint-Victor.
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1850
27 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 21
Pag. 647, 648, 649, 650


CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur gélatine, moyen d’obtenir des épreuves negatives très-nettes et très-transparentes, pouvant être reporteés un grand nombre de fois sur le papier photographique ordinaire. (Extrait d’un Mémoire de M. A. POITEVIN)
(Commissaires, MM. Ballard, Séguier.)
« Pour préparer la couche de gélatine sur laquelle je fais mes épreuves négatives, je dissous dans 100 grammes d’eau 6 grammes de gélatine de bonne qualité (celle que l’on rencontre dans le commerce et qui sert à préparer les gelées alimentaires m’a le mieux réussi). Cette colle ne doit pas contenir de sels solubles dans l’eau; elle doit aussi être, le plus possible, privée de matiéres grasses. Pour faire la dissolution, je mets tremper la gélatine dans de l’eau distillée pendant dix à quinze minutes; je chauffe lentement à la lampe à alcool, et j’agite continuellement jusqu’à ce que la dissolution soit compléte. Si s’est formé de l’écume; je l’enlève avec soin au moyen de morceaux de papier joseph, que je promène à la surface; je passe à travers un linge bien serré, mouillé a l’avance, et j’écume de nouveau la surface où il s’est formé quelques stries provenant, sans doute, de matières grasses qui ont échappé au premier écumage.
« La gélatine ainsi préparée, j’en prends, avec une pipette graduée, une quantité déterminée, et je la coule sur une plaque de verre bien plane et placée horizontalement; une couche de 1mm,50 est suffisante; cette quantité équivaut à peu près à 20 centimètres de dissolution pour une surface de demi-plaque ayant 13c,5 sur 17c,5. Une épaisseur plus grande ne serait pas nuisible, mais une plus faible pourrait avoir quelques inconvénients.
« Avant de couler la gélatine sur la plaque de verre, on applique à la surface de celle-ci une première couche au moyen d’un linge imprégné d’une dissolution de gélatine, un peu plus étendue que la précédente; ensuite, on chauffe légèrement la plaque de verre au moyen d’une lampe à alcool, puis on coule la dissolution de gélatine, qui s’étend alors uniformément sur la plaque, On chauffe de nouveau, mais avec modération, le dessous de la plaque de verre pour rendre de la fluidité à la gélatine, et on l’abandonne au refroidissement.« La plaque ainsi préparée, je la plonge dans une dissolution d’acétate d’argent, en tenant la surface recouverte de gélatine en dessous et l’inclinant dans la dissolution jusqu’à ce que celle-ci l’ait mouillée complétement; je retourne alors la plaque de verre et je l’immerge complétement dans la dissolution; alors je passe à plusieurs reprises et en différents sens nn pinceau très-doux sur toute la surface gélatinée pour chasser les bulles d’air qui pourraient y rester adhérentes, et, avant de la retirer, je souffle sur la surface pour reconnaitre si la dissolution l’a mouillée partout. Je retire alors la plaque et, en la tenant un peu inclinée, je passe le pinceau qui m’a servi précédemment sur toute la surface, en ayant soin de recouvrir le bord du passage précédent par le bord du passage suivant. J’essuie eusuite le dessous de la plaque et je la place horizontalement jusqu’à ce que la surface se soit ressuyée, ce qui exige cinq à six heures.« Je prépare ordinairement les plaques le soir lorsque je veux m’en servir le lendemain matin, et le matin lorsque je veux m’en servir le soir. Il est important qu’il n’y ait plus de liquide libre à la surface de la plaque lorsqu’on veut l’employer, car la préparation s’enlèverait aux endroits où il en existerait encore. On doit faire cette préparation à l’abri de la lumière solaire. La plaque recouverte de dissolution d’acétate d’argent ne doit pas non plus voir le jour.
« La dissolution d’acétate d’argent se prépare en faisant une dissolution saturée d’acétate d’argent, à laquelle on ajoute la moitié de son volume d’eau. En admettant que 100 parties d’eau dissolvent, à la température ordinaire, 0gr,5 d’acétate d’argent, pour préparer 0lit,750 de la dissolution dont je me sers, je dissous 2gr,5 d’acétate de soude dans 15 grammes d’eau; je dissous également 3gr,03 d’azotate d’argent dans 10 grammes d’eau, j’ajoute la dissolution d’azotate d’argent à la dissolution d’acétate de soude, et je reçois l’acétate d’argent qui s’est précipité sur un filtre. Je lave ce précipité à cours d’eau, puis je fais passer à plusieurs reprises sur le filtre 0lit,50 d’eau; la presque totalité de l’acétate devra être dissoute: j’ajoute ensuite 0lit,25, au demi-litre de dissolution saturée.« Dans cette opération il s’est formé 3 grammes d’acétate d’argent; les 0lit,75 ne devraient en contenir que 2gr,50, mais j’en mets un peu plus pour tenir compte de ce qui s’en va dans l’eau des dissolutions et celle de lavage. L’acétate d’argent étant facilement altéré par la lumière solaire, je fais, autant que possible, cette dissolution dans un endroit peu éclairé. Je la conserve dans un flacon recouvert de papier noir, et je la filtre chaque fois que je m’en suis servi.« J’expose à la vapeur d’iode la plaque préparée comme ci-dessus, de la même manière qu’une plaque de plaqué; seulement, pour cette exposition, on doit tenir compte du temps, car on ne peut juger la teinte de la surface, seulement le temps d’exposition est plus court que pour les plaques d’argent. La plaque iodée est placée dans le châssis de la chambre noire, et alors je recouvre le côté non gélatiné d’un carton recouvert de drap noir. Il est bon de mettre quelque temps d’intervalle entre le passage à l’iode et l’exposition au foyer de la chambre noire; la plaque gagne par là de la sensibilité. J’ai plusieurs fois employé des plaques cinq ou six heures après le passage a l’iode; elles n’avaient rien perdu de leur propriété impressionnable.« La sensibilité de ces plaques est environ quatre fois moindre que celle de plaques préparées à l’iode et au brome. Pour un paysage bien éclairé et avec objectif à petit diaphragme, l’exposition à la chambre noire peut exiger quatre-vingts à cent secondes. Les portraits à l’ombre bien éclairée peuvent ne se faire en deux minutes avec l’objectif à portraits. J’ai essayé l’effet de la vapeur de brome sur ces plaques, et j’ai reconnu qu’elle les rendait plus impressionnables. Je n’ai pas assez fait d’expériences pour avoir, à ce sujet, des données certaines.« Pour faire apparaître l’image, je plonge la plaque dans une dissolution d’acide gallique contenant 0gr,1 d’acide gallique pour 100 grammes d’eau; je laisse venir l’épreuve jusqu’à ce que les noirs me semblent assez intenses. Cette immersion peut durer une heure ou une heure et demie. Avec une dissolution plus concentrée d’acide gallique elle durerait moins, mais il serait plus difficile de régler son action. Dans les premiers moments d’immersion, il se forme une image positive à la surface de la gélatine. Cette image devient de plus en plus sombre; mais, vue par transparence, les parties correspondantes aux noirs de la nature restent très-claires.« Pour fixer l’épreuve, on la lave à l’eau ordinaire, on la laisse ensuite immergée pendant quinze minutes environ dans une dissolution de 1 gramme d’hyposulfite de soude dissous dans 100 grammes d’eau; on la lave de nouveau à l’eau ordinaire, et on la plonge pendant le même temps dans une dissolution de bromure de potassium, 1 gramme de bromure de potassium pour 100 grammes d’eau.
« Je lave l’épreuve à l’eau ordinaire, et je l’y laisse séjourner quinze ou vingt minutes; puis je lave à l’eau distillée, et je laisse sécher la couche de gélatine à l’air libre. On a alors une épreuve négative très-nette, qui peut donner des épreuves positives, avec le papier photographique ordinaire, au soleil en deux ou dix minutes, suivant la vigueur de l’épreuve négative; à l’ombre, elle vient aussi très-bien.« El est bon de renouveler, à chaque operation, les dissolutions d’acide gallique, d’hyposulfite de soude et de bromure de potassium.« Dans cette opération, si l’on remplace la dissolution d’acide gallique par une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, on obtient de très-belles épreuves positives.”
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1850
27 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 21
Pag. 663, 664, 665

CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur papier. Moyen d’obtenir l’image à la chambre noire sur papier sec; par M. BLANQUART-ÉVRARD.

« C’est à rendre l’exécution de la photographie sur papier, simple, sûre et facile pour les personnes les moins expérimentées dans les manipulations chimiques, que doivent tendre les efforts des hommes qui veulent faire arriver cet art à sa plus utile application dans l’économie industrielle. La première condition pour entrer dans ce nouvel ordre de choses, c’est de dégager l’opération des soins qu’elle exige lors de l’exposition; nous ouvrons la voie en donnant ici:
« 1°. Le moyen d’opérer sur papier sec, au lien de papier mouillé, débarrassant l’opérateur des préparations difficiles qu’il avait à faire sur les lieux de l’exposition;
« 2º. Une préparation tellement simple de ce papier photogénique, que le commerce puisse le fabriquer et le livrer tout prêt à l’amateur qui ne veut pas prendre le soin de le préparer lui-même.
» Les papiers préparés par les moyeils décrits jusqu’ici ne pouvaient pas être amenés à l’état sec sans prendre ensuite, sous l’action de l’acide gallique, une coloration uniforme qui ensevelissait l’image photogénique en la faisant disparaître complétement. Le sérum a la propriété de parer à cet inconvénient; on procédera donc de la manière suivante à la préparation.
» On recueillera, en la faisant filtrer, la partie claire du lait qu’on aura fait tourner, on battra dans ce sérum un blanc d’œf par demi-litre, puis on fera bouillir afin d’entraîner toutes les matières solides, et on filtrera de nouveau, après quoi on fera dissoudre à froid 5 pour 100 en poids d’iodure de potassium. Le papier qu’on voudra préparer sera choisi très-épais et plongé entièrement dans cette substance pendant deux minutes, ensuite séché en le pendant, au moyen de deux épingles, par les deux coins à uncordon tendu horizontalement.
« Cette préparation se fait a la lumière du jour sans aucune précaution particulière; le papier est bon à l’instant même, comme six mois après, et très-certainement beaucoup plus tard encore. Lorsque l’on est pour s’en servir, on le soumet à une seconde préparation qui se fait alors à la lumière d’une bougie, et dans le temps le plus proche possible de l’exposition; il est encore cependant propre à donner de bons résultats plusieurs jours après, en évitant alors, autant que possible de de le laisser à une haute température.
« On procéde donc pour cette préparation comme nous l’avons décrit dans notre communication du mois de janvier 1847, en couvrant une glace d’acétonitrate d’argent composé de 1 partie de nitrate d’argent, 2 parties d’acide acétique cristallisable et 10 parties d’eau distillée. On dépose sur cette substance une des faces du papier qu’on laisse s’imbiber jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement transparent, ce dont on s’assure en le soulevant et le regardant à travers la bougie, après quoi on sèche entre plusieurs feuilles de papier buvard bien blanc (le papier des imprimeurs est très-convenable), et on le laisse dans ce cahier jusqu’au moment où on le place dans le châssis, derrière une feuille de papier bien propre et sèche et entre deux glaces, comme dans l’opération mouillée précédemment décrite.
» L’exposition à laquelle on procède plus tard, ou le lendemain, varie, en raison de la lumière et de la puissance des objectifs, d’une à cinq minutes.
« De retour chez soi, on dépose la partie du papier, qui a été présentée a la lumière, sur une couche d’acide gallique saturée, en ayant soin de garantir l’envers de toute trace d’acide gallique qui viendrait le tacher. L’image se forme peu à peu et finit par acquerir des tons aussi puissants qu’on puisse les désirer : elle est alors lavée à grande eau, puis passée dans une solution composée de 1 partie de bromure de potassium et 20 Parties d’eau, afin de dissoudre les sels d’argent non réduits, puis lavée de nouveau pour enlever toute trace de ce bromure, dont l’action se continuant détruirait l’image, et enfin séchée entre plusieurs feuilles de papier buvard.
« Préparation du papier sec à l’albumine. - Le papier préparé par l’albumine. a des propriétés analogues à celles du sérum, mais à un degré inférieur; comme lui il se conserve bon indéfiniment aprés la préparation à l’iodure, mais, après avoir été soumis à l’acétonitrate d’argent, il ne va guère au delà du lendemain. Les épreuves que donne la préparation que nous allons décrire sont admirables; moins fines que celles sur verre, elles ont plus de charmes, parce que les oppositions sont moins tranchées et qu’on y trouve plus d’harmonie et de suavité. Nous pensons que c’est une véritable conquête pour ceux qui cherchent les effets de l’art dans les résultats de la photographie.
« On bat en neige des blancs d’œufs dans lesquels on a versé trente gouttes d’une dissolutiou saturée d’iodure de potassium et deux gouttes d’une dissolution saturée de bromure de potassium par chaque blanc d’œuf. On laisse reposer jusqu’à ce que la neige rende l’albumine à l’état liquide, on filtre alors à travers un papier de soie ou de la mousseline claire, en recueillant l’albumine dans un grand vase bien plat. On dépose sur la couche le papier qu’on veut préparer, et on l’y laisse quelques minutes. Lorsqu’il est empreint d’albumine, on le soulève par un des coins, et on laisse égoutter et sécher en le pendant par un ou deux angles à un cordon tendu.
« La préparation sur l’acétonitrate est, en tout point, conforme à celle décrite plus haut pour le papier préparé au sérum ; on aura soin de ne sécher entre deux papiers buvard que lorsque le papier aura acquis une transparence complète. La mise dans le châssis pour l’exposition se fait de la même manière, de même que la venue de l’image à l’acide gallique et le reste de l’opération ; mais l’exposition exige plus de temps, quatre à cinq minutes généralement.
« Préparation du papier positif à l’albumine. - Le papier positif préparé à l’albumine donne des épreuves quelque peu luisantes, mais d’un ton plus riche, et d’une finesse et d’une transparence beaucoup plus agréables; on le prépare de la manière suivante :
« On verse dans des glaires d’œufs 25 pour 100 (en poids) d’eau saturée de chlorure de sodium (sel de cuisine bien blanc). On traite les œufs en neige et on filtre comme dans la préparation précédente, seulement ici on ne laisse le papier sur l’albumine qu’une demi-minute. On le pend alors; pour le sécher, ce qui a lieu en six ou huit minutes; on le dépose ensuite sur un vase contenant 25 parties de nitrate d’argent et 100parties d’eau distillée. Le papier est laissé sur le bain au moins six minutes, ensuite séché à plat, comme nous l’avons décrit dans notre communication précitée du mois de janvier 1847. »
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1850
3 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 22
Pag. 709, 710, 711

PHYSIQUE. - Note sur des images du Soleil et de la Lune obtenues pas la photographie sur verre; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR

(Commissaires, MM. Chevreul, Regnault, Babinet.)

« Ayant entendu dire à M Arago, dernièrement à l’Académie, que des épreuves du Soleil avaient été faites sur plaque d’argent, j’ai voulu voir l’effet que l’on obtiendrait sur une feuille de verre enduite d’une couche d’albumine coagulée, qui donne, comme l’on sait, une épreuve inverse ou négative.
« Voici comment j’ai opéré: après avoir préparé ma plaque de verre, sans employer de moyens d’accélération, je l’ai exposée dans la chambre obscure dont l’objectif (j’ai opéré avec un objectif pour quart de plaque) était dans la direction du Soleil, et dont ,j’avais placé l’image au foyer visuel, qui, dans cet objectif, correspond exactement au foyer photogénique.
« Mes premières expériences ont été faites le plus rapidement possible, c’est-à-dire le temps de découvrir et couvrir l’objectif, en opérant avec un diaphragme de 5 millimètres de diamètre. Maigré cela, l’image venait trop vite; lorsqu’on sommettait la plaque àl’action de l’acide gallique, elle passait complétement au noir. J’ai eu alors l’idée d’enlever le diaphragme et de découvrir l’objectif assez longtemps pour que l'image apparût sans le secours de l’acide gallique, et cela m’a réussi.« La première plaque a été exposée cinq secondes, et la deuxième dix secondes,
« Voici les résultats que j’ai obtenus: la première plaque offrait une image trés-visible et très-nette, d’une couleur rouge sanguin, et dont le centre avait une intensité de couleur beaucoup plus forte que les bords, comme l’on peut s’en convaincre en examinant la plaque.
« La seconde plaque offrait la même différence du centre à la circonférence, mais avec plus d’intensité; et, en outre, il y avait un cercle autour de l’image, eu forme d’auréole.
« La différence d’intensité du centre au bord est d’autant plus grande que, malgré l’effet du contraste, elle est encore trés-sensible, surtout en l’examinant à la loupe. Et, par le même effet du contraste, si l’on fait noircir l’image par l’acide gallique, l’effet inverse a lieu.
« J’ai fait plus de vingt épreuves, et presque toutes m’ont donné les mêmes résultats.
« II résulte donc de ces expériences qui les résultats obtenus sont tout à fait conformes à l’opinion émise par M. Arago, c’est-à-dire que les rayons photogéniques émanant du centre du Soleil ont plus d’action que ceux des bords ou de la circonférence.
« J’ai essayé et je suis parvenu à prendre l’image de la Lune en vingt secondes, la Lune étant dans son plein et parfaitement au foyer de mon objectif; et, sans m’être servi d’héliostat, j’ai obtenu une image trés-ronde. Mais la rapidité avec laquelle j’ai opéré fait que la Lune n’a pas eu le temps de marcher d’une manière sensible; car je dirai que si l’on pose trente secondes, on a déjà une image un peu ovale.
« Il m’a fallu, pour avoir l’image de la Lune, employer mes plus grands moyens d’accélération : ceux qui me permettent de prendre une épreuved’un paysage éclairé par la lumière diffuse en une seconde ou deux au plus.
« J’ai obtenu cette grande rapidité avec les nouveaux moyens que j’ai consignés dernièrement à l’Académie dans un dépôt cacheté. Ce dépôt renferme aussi un moyen analogue à celui que M. Blanquart vient de publier pour opérer à sec sur papier; de même que j’indique la manière de glacer un papier avec l’albumine pour les épreuves positives.
« Je me propose de faire connaître ces moyens lorsque j’aurai terminé les travaux qui m’occupent dans ce moment. «
1850
10 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 23
Pag. 747, 748


M. AUBREE présente une Note sur un procédé qu’il a imaginé pour la photographie sur papier, et auquel il attribue, entre autres avantages, celui de permettre d’obtenir des épreuves du ton qu’on juge le plus favorable au sujet, depuis les tons roux jusqu’aux noirs de la gravure ordinaire. « Aprés les opérations nécessaires pour obtenir sur le papier une épreuve positive, on plonge cette épreuve dans ün bain d’hyposulfite de soude, préparé d’après la formule donnée dans les instructions pour la photographie sur papier. Après l’y avoir laissée un quart d’heure, on l’enlève encore tout imprégnée de cette solution, et on la dépose sur-le-champ dans une cuvette de porcelaine remplie d’une eau acidulée avec l’acide azotique (4 grammes d’acide pour 250 grammes d’eau distillée). On voit aussitbt l’épreuve changer de couleur et prendre des teintes de plus en plus foncées; aussitôt qu’elle a atteint la teinte que l’on veut obtenir, on doit la retirer et la laver a plusieurs reprises à l’eau commune.
»M. Aubrée fait remarquer que, parmi les personnes qui se sont occupées de la photographie sur papier, quelques-unes, pour dissimuler l’imperfection des produits obtenus, retouchent au bistre les épreuves qu’elles présentent, et empêchent, par cet artifice, qu’on ne reconnaisse ce qu’il y a d’incomplet dans leur procédé opératoire.
« Pour découvrir la fraude, il suffit de plonger l’épreuve suspecte dans un bain formé par la dissolution de 16 grammes de cyanure de potassium dans 250 grammes d’eau distillée; si l’épreuve est pure de toute retouche, elle s’effacera complétement au bout d’un certain temps. Dans le cas contraire, il restera des taches dans tous les points où du bistre avait été placé au pinceau. »
(Commissaires, MM. Regnault, Chevreul, Babinet.)
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1850
17 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXX
Nº. 24
Pag. 779

CHIMIE APPLIQUÉE. - Photographie sur papier. Formation instantanée de l’image à la chambre noire; par M. BLANQUART-ÉVRARD, de Lille.

« Le fluorure de potassium, en addition à l’iodure, dans la préparation de l’épreuve négative, donne des images instantanées à l’exposition de la chambre noire.
« Pour m’assurer de l’extrême sensibilité du fluorure, je l’ai expérimenté sur la préparation la plus lente de la photographie, celle des plaques de verre albuminées et simplement iodurées, exigeant une exposition au moins soixante fois plus longue que celles sur papier.
« En ajoutant du fluorure dans l’albumine iodurée, et en remplaçant le lavage à l’eau distillée de la feuille de verre au sortir de l’acétonitrate par un lavage dans une dissolution de fluorure de potassium, j’ai obtenu instantanément l’image à l’exposition de la chambre noire.
« J’ai même obtenu ce résultat, mais dans des conditions d’action moins puissante, sans l’addition du fluorure dans l’albumine, et par la seule immersion de la feuille de verre dans le bain de fluorure après son passage à l’acétonitrate d’argent.
« Cette propriété du fluorure, si remarquable déjà dans une préparation si résistante aux effets photogéniques, est appelée à donner des ritsultats inappréciables dans les préparations des papiers, et apportera dans cette nouvelle branche de photographie une transformation aussi radicale que celle que le brome a produite sur les plaques d’argent iodurées de M. Daguerre.
1850
1 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 1
Pag. 5
M. LE GRAY adresse, à l’occasion d’une communication récente d e M. Blanquart-Évrard, une réclamation de priorité pour l’emploi fluorure d’argent dans les opérations photographiques, et indique, comme pièce à l’appui, un opuscule imprimé dont il a précédemment adressé un exemplairc à l’Académie. Des recherches postérieures à cette publication l’ayant conduit à modifier en quelques points son procédé, il le décrit complétement, et adresse, en même temps quelques spécimens des produits qu’il en a obtenus.
(Renvoi à la Commission nommée pour le Mémoire de M. Blanquart-Évrard.)
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 64

M. BRACHET envoi deux nouvelles Notes ayant pour titre: l’une, Application de l’héliostat à la photographie ; l’autre, Application de la télégraphie Chappe à la phonégraphie.
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 64

M. AUBREE présente une Note sur un procédé qu’il a imaginé pour la photographie sur papier. L’auteur exprimant le désir que le procédé dont il envoie la description ne soit pas divulgué, sa Note sera considérée comme un simple dépôt, et conservée sous pli cacheté.
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1850
15 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 3
Pag. 71

M. BOUSIGUES adresse des spécimens de photographie sur papier, obtenus au moyen d’un procédé nouveau qui permet d’obtenir directement des épreuves positives. Il adresse, sous pli cacheté, la descrption de ce procédé qu’il croit être en mesure de porter promptement à un plus haut degré de perfection.Le dépôt de ce paquet cachatée est accepté.
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quarta-feira, 4 de novembro de 2009

1850
12 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 7
Pag. 208, 209, 210
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Images photographiques sur papier obtenues au moyen de la plaque albuminée et dans un temps très-court, grâce à l’emploi d’une substance accélératrice. (Extrait dune Note de M. A. HUMBERT DE MOLARD.)
(Commissaires , MM. Chevreul, Regnault, Seguier.)
« L’emploi de la plaque de verre albuminée a marqué un grand progrès dans l’art de la photographie, et cependant, pour que, grâce au nouveau procédé, la photographie sur papier pût, sur tous les points, et notamment dans les reproductions de la nature animée, lutter avec avantage avec la photographie sur plaqué, il fallait découvrir pour l’albumine une substance accélératrice; c’est à quoi je suis arrivé. Ce moyen est très-simple. L’albumine est un corps tenace, se coagulant fortement par l’action des acides, et, par suite, peu favorable aux opérations photogéniques; mais elle peut être parfaitement ramenée à ces conditions par le mélange d’une substance quelconque qui la divise sans la troubler, qui modifie sa ténacité naturelle en lui donnant l’onctueux, la souplesse et la porosité d’une feuille de papier.
« Tous les sucres, les sirops de cassonade, de miel brut et de mélasses, le sel de lait, le sérum du lait, les mucilages de pepins de coings, de graines de lin, de guimauve, etc., etc., sont on ne peut plus aptes à remplir ce but. L‘acide saccharique des uns, le mucilage et la gomme des autres, le gluten ou la fécule amylacée de la plupart, celle surtout que contient le miel brut du commerce, presque toujours frelaté par l’amidon, agissent on ne peut mieux sur l’albumine pour la disposer aux opérations photographiques... 15 à 20 pour 100 de mélasse, de sirop de cassonade, de miel brut ou de sérum du lait mélangés à l’albumine donnent de beaux et rapides résultats. Si l’on veut opérer par les mucilages épais de coings, ou autres semences, on renverse les proportions; c’est-à-dire que 20 à 25 grammes pour 100 d’albumine suffisent pour favoriser l’adhérence à la glace du mucilage dont le peu de ténacié lâcherait dans le lavage. Dans toutes les préparations, 1 pour 100 d’iodure de potasse suffit grandement.
« Voici maintenant un autre procédé pour la photographie sur verre, tout différent dans ses préparations de ceux connus et employés jusqu’à ce jour. Les beaux résultats qu’il me donne depuis longtemps sur papier m’ont tout dernièrement fait essayer de l’appliquer au verre, et j’y ai réussi au delà de mes espérances.
« J’enduis les glaces d’une couche d’albumine pure, et les laisse sécher à plat. Je les coagule par une immersion rapide dans un bain d’acide nitrique chimiquement pur, de la force de 7 à 8 degrés, et les passe immédiatement dans un autre bain ammoniacal pour neutraliser l’acide. Ces deux immersions doivent etre rapides, exécutées dans l’espace de quelques secondes et sans le moindre temps d’arrêt. En cet état, les feuilles de verre coagulées présentent un aspect légèrement laiteux et d’une teinte uniforme; on les passe à l’eau pure, et on les laisse de nouveau sécher debout et sur un angle, afin de faciliter et activer l’égouttement. Bien sèches, on les pose sur un support à chlorurer, et, à l’aide d’un pinceau doux, on les enduit d’une couche d’iodure d’argent liquide (solution de précipité jaune d’oxydem d’argent par l’iodure de potassium dissous à saturation complète dans l’eau distillée). Au bout d’une minute, la feuille de verre est plongée dans l’eau, où elle prend de suite un ton jaune-or par l’effet de l’iodure d’argent qui se précipite instantanément de son oxyde. On lave encore la plaque à grande eau jusqu’à ce qu’il ne reste à sa surface aucune parcelle de précipité non adhérente, et on laisse sécher. (Toutes ces opérations peuvent être faites au grand jour.) En cet état, la plaque est prête, et l’on peut estimer la certitude d’une réussite par l’intensité de sa couleur qui doit être d’un beau jaune-or. Elle peut ainsi se conserver des mois entiers sans altération.« Au moment d’opérer à la chambre noire, on la rend sensible, comme à l’ordinaire, par l’acéto-azotate d’argent, mais qui peut alors, sans inconvénient, être versé dessus goutte à goutte, ou étendu soit au pinceau, soit à l’aide d’un papier, sans crainte d’aucune fissure ni gerçures. L’albumine étant coaguléee d’avance, l’acide acétique n’a plus sur elle aucune action, et ne joue d’autre rôle dans l’opération que celui de désunir la potasse d’avec l’iode, qui vient alors se combiner avec l’argent, etc., etc.
« Les limites restreintes d’une communication par lettre ne me permettent pas d’entrer dans de plus amples détails sur ce procédé; mais à sa simple inspection, les amateurs expérimentés apercevront, je l’espére, quelle certitude de réussite doit procurer à l’opération un iodure d’argent composé, appliqué d’un seul coup et toujours invariable dans ses proportions.
« A cette Note sont jointes de fort belles épreuves sur papier, obtenues par les deux procédés indiqués. Toutes ces épreuves, remarque l’auteur, ont été obtenues à l’ombre en 30, 40 ou 50 secondes, avec un objectif de 33 centimètres de foyer.
M. REGNAUT, à l’occasion de cette communication, annonce qu’it est à sa connaissance que M. Niepce de Saint-Victor a employé également, et depuis assez longtemps, de semblables substances comme accéleratrices dans les opérations photogéniques au moyen du verre albuminé; l’indication de cet emploi doit même se trouver dans une Note adressée, depuis quelque temps, sons pli cacheté, par M. Niepce de Saint-Victor.
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1850
19 de Agosto
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 8
Pag. 245, 246, 247, 248


PHYSIQUE APLIQUÉE- Note sur la photographie sur serre et sur quelques faits nouveaux; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR
« J’ai entendu lundi annoncer à l’Académie un procédé d’accélération qui est le même que celui que j’ai consigné dans un paquet cacheté, le 20 mai dernier. Je l’aurais publié plus tôt si je n’avais pas tenu à montrer des épreuves des portraits sur grande plaque. Celles que j’ai l’honneur de présenter, quoique imparfaites, suffiront pour constater la rapidité avec laquelle on a opéré.
« Le procédé consiste à mélanger avec l’albumine 2 ou 3 grammes de miel par chaque blanc d’œuf, selon leur grosseur, de même qu’il faut mettre de 30 à 40 centigrammes d’iodure de potassium cristallisé; avant de battre les œufs, il est essentiel que l’albumine soit complétement à l’état de mousse, afin de l’avoir très-pure.
« C’est toujours, jusqu’a présent, une opération assez difficile que d’é-tendre également la couche d’albumine sur la plaque de verre; peu de per-sonnes l’appliquent convenablement. On se sert ordinairement d’une baguette de verre ou d’une pipette; on bien on l’étend par un mouvement de la main : mais tout cela demande une très-grande habitude; tandis que si l’on parvient à l’appliquer par un moyen mécanique, on rendra la chose constante et facile: c’est ce que j’espère pouvoir démontrer bientôt.
« La couche d’albumine étant sèche, on passe la plaque dans la composition d’acéto-azotate d’argent qui doit être composée ainsi:

« On ne doit laisser immerger la plaque dans cette composition que pendant dix secondes au plus, et la laver ensuite dans de l’eau distillée.

« Après cette opération, on laisse sécher les plaques dans la plus grande obscurité, pour opérer ensuite par la voie sèche; mais, comme les plaques s’impressionnent facilement , il faut autant que possible les conserver simplement albuminées.
« Il est utile, en exposant dans la chambre obscure, de placer une planchette avec un fond blanc derrière la plaque de verre, et, pour faire paraître l’image, il est nécessaire aussi de faire chauffer un peu l’acide gallique, afin d’en activer l’action sans cependant trop presser cette opération; car il arrive souvent que les plus belles épreuves négatives sont celles qui sont restées plusieurs heures sous l’influence de l’acide gallique, et sur lesquelles on croyait qu’il n’y avait pas d’image.
« On fixe les épreuves négatives soit avec du bromure de potassium, soit avec de l’hyposulfite de soude, et, afin d’empêcher le cliché de s’écailler (ce qui arrive avec une couche d’albumine trop épaisse ou avec de l’albumine de vieux oeufs), on l’enduit d’une légère couche de gélatine ou d’un vernis à tableau, ce qui lui donne encore plus de solidité.
« De toutes les substances accélératrices que j’ai employées, je n’en ai pas trouvé de meilleures que le miel (celui de Narbonne m’a paru préférable), parce qu’il donne plus d’accélération sans avoir les inconvénients de toutes les autres substances, telles que les fluorures , par exemple, dans lesquels j’ai reconnu, depuis longtemps, une propriété accélératrice; mais leur action corrosive (qui se manifeste par un très-fort fendillement dans la dessiccation de l’albumine) m’y avait fait renoncer pour l’albumine. Cependant on peut les employer sans inconvénient en les mélangeant avec du miel, entre autres le fluorure d’ammoniaque; et si l’on se sert avec cela d’alburmine de vieux œufs, on aura, par la réunion de ces moyens, une plus grande accélération. Mais je préviens que la vieille albumine est sujette à s’écailler plus que la fraîche; il faut, pour éviter cet inconvénient, laisser sécher complétement le cliché avant de l’exposer au soleil ponr tirer l’epreuve positive, et, pour plus de sureté, le couvrir d’un vernis.
« Le mélange du miel à l’albumine donne à l’epreuve négative une trés-grande douceur dans les traits, ce qui prévient, par conséquent, la dureté que l’on reproche à ce procédé. On aura donc, par ce moyen, des demi-teintes et des tons parfaitement fondus, et l’on obtiendra, par la dessiccation de ce mélange, une couche parfaitement homogène, très-lisse, ne se fendillant plus, lors même qu’on l’expose à la chaleur, et donnant l’image d’un objet éclairé par la lumière diffuse, dans l’espace de deux à trois secondes au plus pour un paysage, et de cinq à huit pour un portrait, en opérant avec un objectif double (français) pour quart de plaque; pour la grande plaque normale il faut de quarante à cinquante secondes, et de vingt-cinq à trente avec un objectif allemand.
« Tels sont les résnltats obtenus par MM. Vigier et Mestral, qui ont fait les épreuves que j’ai l’honneur de présenter.
« On peut encore opérer plus promptement que cela si I’on réunit tous les moyens naturels d’accélération que l’expérience m’a fait reconnaître.
» 1º. Plus la couche d’albumine est épaisse, plus il y a d’accélération.
« 2º. Plus les oeufs sont vieux, plus il y a d’accelération.
« 3º. Plus la composition d’acéto-azotate d’argent a servi, plus il y a d’accélération.« Enfin il existe aussi une très-grande diffdrence dans les différentes natures d’albumine, qui varie, d’après moi, selon la nourriture de la poule. Je dirai que l’albumine d’œuf de cane se fendille moins que celle d’ œuf de poule. Quant à l’albumine du sang, elle est très-accélératrice, mais on ne peut pas l’employer seule parce qu’elle ne se coagule pas assez avec l’acéto-azotate d’argent pour adhérer au verre; il faudrait préalablement la coaguler avec l’acide azotique.
« Du lavage de la plaque dépend aussi une partie de l’accélération; car si l’on ne lave pas assez, il se forme une couche couleur de rouille lorsqu’on verse l’acide gallique; si on lave trop, on enlève une grande partie de l’accélération.
« J’ai consigné également, dans le paquet que j’ai déposé, les moyens de glacer le papier avec de l’albumine, ainsi que pour préparer un papier négatif pour opérer par la voie séche, Mais divers procédés analogues ayant été publiés par différentes personnes, je n’en parlerai que pour constater la priorité, ainsi que l’on peut s’en assurer en ouvrant le paquet cacheté que j’ai déposé, et qui renferme, en outre, quelques faits nouveaux que je crois devoir publier, comme pouvant offrir quelque intérêt, et que je vais rapporter ici.« J’ai constaté que, si l’on chauffait l’albumine au bain-marie à une température de 45 degrés, pendant cinq à six heures, on obtenait une très-grande accélération comparativement à celle qui ne l’a pas été. Ce fait paraît avoir beaucoup d’analogie avec les modifications obtenues par M. Chevreul dans l’huile de lin.
« Je parlerai aussi de quelques faits qui m’ont paru assez curieux pour être mentionnés. Si l’on mêle une solution d’azotate d’argent avec une solution de sel marin ou avec de l’hydrochlorate d’ammoniaque, il se produit du chlorure d’argent. Ce précipité, resté dans la liqueur où il s’est formé se colore par une exposition à la lumière; si, alors, on l’expose à la chaleur, le chlorure redevient blanc.
« Tout le monde sait que l’alcool coagule l’albumine; eh bien, si l’on met de l’iode dans le même alcool pour en former une teinture d’iode, elle ne se coagule plus.
« Si l’on met du brome dans l’albumine ; le brome se trouve tout de suite enveloppé par l’albumine sans qu’elle se coagule, et il n’y a plus d’exhalations de vapeurs de brome.
« J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de l’Academie quelques épreuves de paysage faites par M. Martens, d’après mon procédé. «
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 491, 492

PHYSIQUE. - Note sur un nouveau procédé pour obtenir des images photographiques sur plaqué d’argent; par M. NIEPCE DE SAINT-VICTOR.
(Communiquée par M. CHEVREUL)
« En m’occupant des belles expériences de M. Edmond Becquerel, et cherchant à fixer les couleurs si fugaces qu’elles font naître, j’ai reconnu qu’on peut obtenir des images identiques à l’épreuve daguerrienne, sans employer ni l’iode ni le mercure.
« Il suffit de plonger une plaque d’argent dans un bain composé de chlorure de sodium, de sulfate de cuivre, de fer et de zinc (les deux derniers ne sont pas indispensables pour l’effet), de l’y laisser quelques secondes, de laver à l’eau distillée et de sécher la plaque sur une lampe à alcool.
« On applique contre cette plaque le recto d’une gravure, on recouvre celle-ci d’un verre, et l’on expose une demi-heure au soleil ou deux heures à la lumiére diffuse, puis on enlève la gravure. L’image n’est pas toujours visible; mais, en plongeant la plaque dans l’ammoniaque liquide faiblement étendue d’eau, l’image apparaît toujours d’une manière distincte (le cyanure de potassium et l’hyposulfite de soude produisent le même effet). L’ammoniaque, enlevant toutes les parties du chlorure d’argent qui ont été préservées de l’action de la lumière, laisse intactes toutes celles qui y ont été exposées; on lave ensuite à grande eau. Afin de réussir parfaitement, il faut que le contact de l’ammoniaque ne soit pas prolongé au delà du temps nécessaire pour enlever le chlorure d’argent qui n’a pas été modifié par la lumière.
« L’épreuve, après cette opération, présente le même aspect que l’image daguerrienne, regardée, dans la position où elle est vue, d’une maniére distincte, c’est-à-dire que les ombres sont données par le métal à nu, et les clairs par les parties qui, ayant été modifiées par la lumière, sont devenues mates.
« On peut employer, comme pour l’épreuve daguerienne, le chlorure d’or, si l’on veut fixer l’image, en lui donnant plus de vigueur qu’elle n’en aurait sans cela.« Je me suis assuré que l’on peut obtenir l’image daguerrienne, en exposant la plaque d’argent chlorurée dans la chambre noire, en une heure au soleil, ou deux ou trois heures à la lumière diffuse, puis plongeant la plaque dans l’eau ammoniacale; conséquemment, l’image apparaît sans qu’on soit obligé de recourir à la vapeur mercurielle, laquelle, dans ce cas, ne produirait aucun effet.
« Avant peu, j’espère pouvoir opérer plus promptement et montrer des épreuves faites dans la chambre obscure, qui seraient aussi belles que celles que l’on obtient avec l’iode et le mercure. Je publierai en même temps tous les détails nécessaires à assurer le sucès de ce procédé, et je montrerai aussi la possibilité de fixer l’image sur une plaque d’argent iodée, au moyen de l’ammoniaqne, c’est-à-dire sans recourir pour cela aux vapeurs mercurielies et à l’hyposulfite de soude.
« P. S. J’ai reconnu que la plaque chlorurée chaude est plus sensible A l’action de la lumière que la plaque chlorurée froide. «
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 497

M. GATEL fait connaître quelques modifications qu’il a apportées au procédé de photographie sur papier ; elles auraient, suivant lui, pour avantage de rendre le papier plus sensible et l’opération plus rapide.
(Renvoyé à la Commission nommée pour examiner le travail de M. Blanquart-Evrard, de Lille.)
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1850
30 de Setembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 14
Pag. 497

M. FLEURY demande s’il ne serait pas possible de se servir de la photographie pour déterminer la distance des étoiles, en rendant sensibles les dimensions apparentes de ces astres et la variation de ces dimensions avec celle du pouvoir amplifiant des lunettes.
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1850
28 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 18
Pag. 630, 631

PHYSIQUE. – Nouveau procédé de photographie sur papier, qui permet d’obtenir directement des épreuves positives ; par M. F. BOUSIGUES. (Extrait par l’auteur)

(Renvoi à la Commission déjà nommée.)

« Tout papier bien uni, légèrement glacé, exempt de souillures et de taches métalliques, pourra être parfaitement appliqué à ce nouveau procédé. Les papiers Canson et Lacroix, d’Angoulême, m’ont donné les leilleures résultats.
« On en prendra trois feuilles qui seront sucessivement plongées dans l’eau distillée, et étendues sur la glace du châssis, en ayant soin de les y faire adhérer sur tous les points au moyen d’un linge bien fin. On mettra sur les autres celle qui paraîtra le plus propre à recevoir l’empreinte lumineuse ; ces dernières ne servant qu’à entretenir l’adhérence et l’humidité.
« Quand cette humidité aura disparu, on laissera tomber sur la surface du papier trois ou quatre gouttes d’une dissolution d’azotate d’argent neutre qu’il faudra étendre rapidement au moyen d’un pinceau. Les traces de cette dissolution disparaîtront quelques instants après, ne présentant plus sur le papier que l’aspect d’une légère vapeur. En cet état, le papier sera traité de la même manière que la plaque métallique. Les vapeurs de l’iode et du brome de chaux lui donneront une grande sensibilité, mais il sera nécessaire de l’exposer plus longtemps aux vapeurs de cette dernière substance. Voici les chiffres que je pourrais donner :
Premier iodage, 15 secondes ; bromure, 35 secondes ; deuxième iodage, 10 secondes.
« La glace est ensuite placée dans le châssis et exposée à la lumière, qui opére sur le papier presque avec la même rapidité que sur la plaque d’argent. Le mercure fait apparaître l’image.
« Si l’opération est bien faite, l’exposition à la lumière convenablement réglée, on obtient une image positive d’une beauté comparable à celle que donne le plaqué, et du moins bien supérieure, par la douceur de ses teintes, à celles du procédé ordinaire par l’acide gallique. »
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1850
28 de Outubro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 18
Pag. 631

L’Académie accepte le dépôt de quatre paquets cachetés envoyés par MM……., BLANQUART-EVRARD,
……….
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1850
18 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 21
Pag. 726, 727

PHYSIQUE. – Nouveaux renseignements sur le procédé de photographie sur papier (épreuve positive) ; par M. F. BOUSIGUES.

(Renvoi à la Commission précédemment nommée.)

« 1º. Papier. – Il est essentiel de rejeter tous les papiers qui n’auraient pas assez de consistance, ou qui, étant trop glacés, laisseraient voir le jour comme à travers une multitude de pores. Au reste, la première préparation fera distinguer aisément la qualité du papier. Il faut qu’étant plongé dans l’eau, il conserve une couleur blanche très-uniforme et ne laisse pas apercevoir sa trame. Les papiers français, contenant de l’amidon, sont en général très-rapides.
« 2º. Dissolution d’argent. – On sait que les sels d’argent sont sensibles à la lumière ; il convient donc de les préparer et de les conserver dans un endroit obscur. Il ne faudrait pas croire que plus cette dissolution serait concentrée, plus elle donnerait de sensibilité au papier. Les nombreuses expériences que j’ai faites m’ont au contraire donné la certitude, que la sensibilité augmente à mesure qu’on étend la dissolution. Néanmoins, il est une limite qu’il convient de ne pas dépasser. On pourra prendre comme terme moyen : 5 grammes d’azotate neutre d’argent pour 30 grammes d’eau distillée.
« 3º. Iodage. – Le papier soumis aux vapeurs d’iode se couvre quelquefois de taches violettes ou d’une couche d’un blanc métallique.Ces deux effets ont lieu, lorsque l’azotate d’argent n’a pas été également étendu sur le papier, ou qu’il produit à sa surface une trop grande humidité.
« 4º. Objectifs. – Comme il arrive ordinairement que l’image est plus éclairée au centre qu’aux extrémités, il est bon de se servir de lentilles capables de produire des images plus grandes que celles qu’on veut obtenir, par exemple d’un objectif demi-plaque pour un châssis un quart. Les parties éloignées du centre seront alors éclairées, et l’on obviera par ce moyen à un grave inconvénient, celui de n’avoir trop souvent que des résultats partiels.
« 5º. Exposition à la lumière. – Si l’on voulait se contenter d’une épreuve négative, le temps de l’exposition importerait assez peu ; car si vingt secondes suffisent pour l’obtenir, on pourrait en mettre quarante, cinquante, cent et même plus sans s’exposer à manquer son expérience. L’image redue visible par le mercure serait toujours fort belle ; mais le temps qui convient pour avoir un résultat positif est moins facile à saisir. Si la feuille de papier soumise aux vapeurs mercurielles prend un ton noir général, c’est une preuve certaine que la pose n’a pas été assez prolongée ; si au contraire le papier conserve partout sa blancheur, elle a été trop longue. Entre ces deux points extrêmes il y en a deux intermédiaires qu’il est essentiel de rencontrer, selon qu’on désire une épreuve positive ou négative.
« On pourrait avec une très-grande facilité obtenir par ce procédé des épreuves sur verre, en employant soit la gélatine, soit l’albumine ou les substances amylacées, d’après les méthodes publiées récemment par MM. Blanquart-Evrard, Niepce de Saint-Victor, etc. ; mais les résultats, quoique ordinairement très-beaux, ne dédommagent pas toujours de la longueur des préparations. »
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1850
25 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXXI
Nº. 22
Pag. 752

M. CH. CHEVALLIER adresse une réclamation de priorité au sujet de la Note présenté, dans la dernière séance, par M. Bouzigues sur la photographie sur papier.
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1850
Novembro
DAGUERREIAN JOURNAL
LUNAR DAGUERREOTYPES
S. D. Humphrey

About one year since our attention was called to Lunar Daguerreotypes. Our first experiment was performed by taking a Daguerreotype of the Moon, which was done on the first of September, at half past ten, P.M., 1849. We prepared two plates as nearly alike as possible, and in the same manner as for taking a portrait; one of these was put in the Camera and exposed to the moon for two minutes and five seconds, then turning the regulating screw of the camera stand once around in order to allow space for another impression and exposing the plate one minute and one second; then regulating the camera as before. We obtained nine distinct impressions on the same plate, two as above, and seven as follows: the third exposure, fifteen seconds; the fourth, five; the fifth, four; sixth, three; the seventh, two; the eighth, one, and the ninth or last, instantaneous. Both plates were subject to the same operation, and like result produced: the impression given at the three second exposure was the most strongly marked and possessed a free development in light and shadow.
Any number of impressions may be had upon the same plate, as the sensitiveness is not in the least destroyed.
Our experiment was performed with a half-sized camera. It will readily be seen that the shorter time allowed the plate in the camera, the more distinct and strongly marked will be the impression. We find it necessary in experimenting for Lunar or Stellar Daguerreotypes that the plate should possess as great degree of sensitiveness as possible, by this means we obviate the evil which is occasioned by the motion of the Earth on its axis.
The result of our experiment in producing a Daguerreotype of the Moon, we forwarded to the President of Harvard University, and in answer, received the following kind and highly complimentary letter:-Harvard University, Cambridge, Oct. 31, 1849
Dear Sir,
-I have received your letter, accompanied by the Daguerreotype impressions of the Moon. I beg you will accept my thanks for this very curious and ingenious specimen of art.
The result is striking and remarkable.-We here perceive the apparent motion of the Moon, or rather the actual motion of the Earth on its axis, distinctly measure for half a minute's time, within the space of one-tenths of an inch. I have shown the impressions to several of our scientific gentlemen, who are much pleased with them, and applaud the skill with which they have been executed. Perhaps the art may at some future day be carried to such a degree of perfection, as to bring out the face of the moon sufficiently large for a map. This would be a most desirable attainment; since a map of the moon's surface can now be made only by the detached images presented to the eye through a telescope, and then transcribed by the hand. Such a map must necessarily be imperfect, and no two will precisely agree in all the parts. A Daguerreotype map would exhibit every feature with perfect exactness.
With best wishes for your success in this very ingenious art, I am, Sir, Jared Sparks.-S. D. Humphrey, Esq., Canandaigua.
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