| 1840 10 de Agosto | COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Juillet-Décembre T. XI Nº. Pag. 237 | CHIMIE APPLIQUÉE. – Note sur un moyen de fixer les images photographiques; par M. H. Fizeau (Extrait.) ( Commissaires, MM. Arago , Dumas, Pelouze.)
« Depuis la publication des procédés photogéniques, tout le monde et M. Daguerre le premier a reconnu que quelques pas restaient encore à faire pour donner à ses merveilleuses images toute la perfection possible, je veux parler de fixer les épreuves et de donner aux lumières du tableau plus d’intensité. » Le procédé que je soumets à l’Académie.me paraît destiné à résoudre en grande partie ce double probl.ème ; il consiste à traiter a chaud les épreuves par un sel d’or préparé de la manière suivante : » On dissout un gramme de chlorure d’or dans un demi-litre d’eau pure, trois grammes d’hyposulfite de soude dans un demi-litre d’eau pure. On verse alors la dissolution d’or dans celle de soude, peu à peu et en agitant; la liqueur mixte, d’abord légèrement jaunatre, ne tarde pas à devenir parfaitement limpide. Elle paraît consister alors en un hyposulfite double de soude et d’or, plus du sel marin, qui ne paraît jouer aucun rôle dans l’opération. » Pour traiter une épreuve par ce sel d’or, il-faut que la surface du plaqué soit parfaitement exempte de corps étrangers, et surtout de corps gras; il faut par conséquent qu’elle ait été lavée avec quelques précautions que l’on néglige lorsque l’on veut s’arrêter au lavage ordinaire. » La manière suivante réussit le plus constaniment. L’épreuve étant encore toute iodée, mais exempte de poussière et de corps gras sur les deux surfaces et les épaisseurs, l’on verse quelques gouttes d’alcool sur la surface iodée: quand l’alcool a humecté toute la surface, on plonge la plaque dans la bassine d’eau, puis de là dans la solution d’hyposulfite. Cette solution doit être renouvelée-à chaque épreuve, et contenir environ une partie de sel pour quinze d’eau: le reste du lavage s’effectue comme d’ordinaire, seulement l’eau de lavage doit être, autant que possible, exempte de poussière. |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
quinta-feira, 29 de abril de 2010
COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
1840
1840 | Aumento da sensibilidade das placas para daguerreotipo (a pose passa sensivelmente de 15 minutos para cerca de 5 segundos), graças aos processos de CLAUDET, FIZEAU, GAUDIN, VAILLAT, THIERRY, BINGHAM. |
sexta-feira, 9 de abril de 2010
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1840 16 de Novembro | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES T. XI Nº. Pag. 824 | M. Arago présente, au nom de M. Hubert, deux images photographigues remarquables, l’une en ce qu’elle offre des teintes très variées, depuis le bleu jusqu’au ton d’ocre jaune; l’autre en ce qu’elle offre un exemple de l’application faite avec un plein succès, du procédé de fixation de M. Fizeau, sur une epreuve obtenue depuis plus d’une année par la méthode ordinaire. |
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1840 16 de Novembro | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Juillet-Décembre T. XI Nº. Pag. 824 | M. Arago met sous les yeux de l’Académie une image photographique, qui lui est adressée de Moscou par M. Marin-Darbel. Cette image a été fixée au moyen d’un procédé imaginé par M. Grekoff, procédé qui a aussi, comme celui de M. Fizeau, l’avantage de diminuer notablement le miroitage des plaques. M. Marin-Darbel annonce que M. Gfrekoff est parvenu à obtenir des images daguerriennes sur d’autres metaux que l’argent, par exemple sur cuivre et sur laiton. Une autre découverte, qui n’a plus de rapport avec la photographie, consiste dans un moyen de transporter ou plutôt de contrépreuver sur une plaque métallique, un dessin ou une gravure, sans nuire à l’original, et d’obtenir ensuite, par une opération qui ne dure pas plus de vingt minutes, la gravure du dessin contrépreuvé; cette gravure on peut l’avoir à volonté en relief ou en creux, et, de l’une ou de l’autre façon, elle peut servir au tirage de plusieurs centaines d’épreuves. |
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1840 30 de Novembro | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Juillet-Décembre T. XI Nº. Pag. 906 | M. Fizeau prie l’Académie de vouloir bien charger une Commission de faire un rapport sur sa découverte pour la fixation des images photographiques.
(Commissaires, MM. Arago, Dumas, Pelouze) |
segunda-feira, 29 de março de 2010
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1841 1 de Março | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. Pag. 401- 402 | PHOTOGRAPHIE, - M. ARAGO met sous les yeux de l’Académie, une admirable planche que M. Fizeau a obtenue, en faisant déposer du cuivre sur une épreuve daguerrienne fortifiée par le sel d’or, à l’aide de la méthode galvano-plastique. Cette planche de cuivre se distingue de tout ce qui avait été tenté en ce genre, par son étonnante perfection et, aussi, par la circonstance, non moins remarquable, que dans l’opération l’épreuve daguerrienne n’a éprouvé aucune altération.
M. Arago présente également deux portraits faits d’après nature au moyen des procédés photographiques, mais à l’aide d’une chambre noire dans laquelle la lentille unique est remplacée par quatre lentilles. Grâce à cette substitution et à quelques autres modifications dans la partie chimique de l’opération, M. Geoffroy de Dreger de Vienne, obtient un portrait sans qu’il soit nécessaire d’exposer aux rayons du soleil la personne dont on veut reproduire le visage. |
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1841 15 de Março | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. 11 Pag. 509 | PHOTOGRAPHIE. - M. Arago annonce que M. Fizeau, qui avait obtenu une si belle reproduction sur cuivre d’une de ses images daguerriennes, n’a pas moins réussi en faisant déposer galvaniquement le niétal sur cette première reproduction. Le cuivre précipité dans ta seconde opération, ne contracte aucune adhérence avec celui de la première planche. |
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1841 24 de Maio | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. Pag. 957
| CORRESPONDANCE.
M. Arago avait présenté à l’Académie, dans une de ses précédentes séances, des contre-épreuves d’images daguerriennes, obtenues par M. Fizeau, au moyen des procédés galvanoplastiques. Ces contre-épreuves, d’une grande perfection, avaient été produites sans altération apparente de l’image originale; toutefois il était intéressant de savoir jusqu’a quel point l’opération pourrait être répétée imprunément. Des essais faits dans ce but ont montré à M. Fizeau que, moyennant certaines précautions, on pouvait obtenir un bon nombre de bonnes épreuves d’une même planche. |
COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
| 1841 21 de Junho | COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. XII Nº. Pag. 1189, 1190 | PHYSIQUE APPLIQUÉE - Note sur l’emploi du brome dans la photographie sur plaqué; par M. Fizeau.
« Le chlorure, et surtout le bromure d’argent, préparés par la voie humide, étant plus impressionnables a la lumière que l’iodure il était permis d’espérer que leur application à la photograpbie sur plaqué conduirait à dépasser la sensibilité déjà si grande du réactif de M. Daguerre; aussi a-t-on fait un grand nombre d’expériences dans cette direction. En Allemagne on a employé le chlorure de brome, en Angleterre le bromure d’iode, avec lequel j’avais fait de mon côté quelques essais; enfin on a présentéà l’Académie, dans sa dernière séance, les beaus résultats obtenus à l’aide d’une méthode recommandée par M. Claudet: cette fois c’est le chlorure d’iode qui a été employé, et la sensibilité de la couche impressionnable s’est accrue suffisamment pour réduire à deux minutes la durée d’exposition dans la chambre noire. » J’avais moi-même rencontré un moyen d’arriver à une sensibilité plus grande, par l’emploi du brome; mais l’annonce faite par M. Daguerre de procédés bien plus parfaits m’avait engagé à attendre leur publication. Le procédé de M. Claudet étant voisin du mien, je crois devoir indiquer la méthode dont je me sers: » La plaque iodurée ordinaire est exposée quelques instants à la vapeur d’une dissolution très étendue de brome dans l’eau; la couleur de la couche sensible change peu sous l’influence du brome, de sorte qu’if faut un peu d’habitude pour apprécier le temps nécessaire à cette opération. » La plaque ainsi bromurée jouit alors d’une grande sensibilité, et la durée d’exposition dans la chambre noire est réduite à un tiers de minute. Je parle ici de la chambre noire de M. Daguerre , à laquelle il est important de tout rapporter pour avoir des résultats comparables. E;n effet, la rapidité de l’opération dépend de l’intensité de la lumiére, et l’intensité de la lumière au foyer d’une lentille étant donnée par la relation, i = r2/d2, r étant le rayon de l’ouverture et d la distance focale, on voit qu’en faisant varier ces deux quantités, on peut faire varier à volonté l’intensité, II est vrai que deux causes, la réduction de l’image et l’aberration, empêchent d’augmenter indéfiniment cette intensité; mais cependant on a pu, à l’aide de simples modifications de construction , la faire varier suffisamment pour réduire la durée d’exposition dans la chambre noire à une ou deux minutes avec la plaque iodurée ordinaire. » Il est inutile de dire que dans ces appareils et à l’aide des rayons continuateurs de M. Becquerel, les plaques bromurées permettront d’opérer avec une rapidité précieuse, surtout pour les portraits. » |
domingo, 6 de dezembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1843 13 de Fevereiro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XVI Nº. 7 Pag. 402, 408 | OPTIQUE. - Considèrations relatives à l’action chimique de la lumière; par M. Arago. Une Lettre de M. Edmond Becquerel a donné lieu à une communication verbale de M. Arago que nous allons reproduire le plus fidèlement possible : « Peu de temps aprés le vote de la loi qui accordait une récompense nationale à MM. Daguerre et Nièpce, il se manifesta, dans une petite portion du public , des opinions, à mon avis très-erronées, et qui, cependant, m’imposèrent le devoir de montrer que la nouvelle découverte ne devait pas être seulement considéréee du point de vue artistique, et qu’elle enrichirait la Physique de moyens d’investigation très-précieux. Tel fut le but d’une Note qui parut dans le Compte rendu de la séance du 19 AOUT 1839. Elle était ainsi conçue: « Voici une application dont le Daguerréotype sera susceptible, et qui me semble très-digne d’intérêt: « L’observation a montré que le spectre solaire n’est pas continu, qu’il y existe des solutions de continuité transversales, des raies entièrement noires. Y a-t-il des solutions de continuité pareilles dans les rayons obscurs qui paraissent produire les effets photogéniques? « S’il y en a, correspondent-elles aux raies noires du spectre lumineux ? « Puisque plusieurs des raies transversales du spectre sont visibles à l’œil nu, ou quand elles se peigrnent sur la rétine sans amplification aucune, le problème que je viens de poser sera aisément résolu. « Cette solution très-facile du problème que je m’étais proposé, je ne pouvais pas, en 1839, la chercher expérimentalement moi-même, l’ancienne chambre obscure de l’Observatoire ayant alors reçu une autre destination, et la nouvelle n’étant pas encore construite. Au reste, je dois supposer que mon appel fut entendu. J’ai appris, en effet, que la Société royale reçut, le 20 février 1840, un Mémoire de sir John Herschel où la question est effleurée, et chacun se rappelle ici que M. Edmond Becquerel entretint l’Académie de ce même sujet, dans la séance du 13 juin 1842. M. Herschel, n’ayant pas pu disposer d’un héliostat, crut ne point devoir se prononcer positivement sur l’existence des stries dans l’image photographique du spectre. M.E. Becquerel, au contraire, projeta sur sa plaque iodurée un spectre stationnaire, et vit nettement, après l’expérience, dans la région de la plaque que ce spectre occupait, des stries transversales le long desquelles la matière chimique était restée intacte, ou du moins n’avait reçu aucune modification perceptible. Il reconnut, de plus, que ces stries correspondaient exactement aux lignes sombres du spectre lumineux. « Au premier aperçu, l’expérience dont je viens de parler aurait pu sembler superflue: le résultat obtenu n’était-il pas, en effet, de vérité nécessaire? Comment attendre des actions photogéniques là ou la lumière manquait entièrement ? « Voici ma réponse: Il n’est nullement démontré que les modifications photogéniques des substances impressionnables, résultent de l’action de la lumière solaire elle-même. Ces modifications sont peut-être engéndrées par des radiations obscures mêlées à la lumière proprement dite, marchant avec elle, se réfractant comme elle. En ce cas, l’expérience prouverait, non-seulement que le spectre formé par ces rayons invisibles n’est pas continu, qu’il y existe des solutions de continuité, comme dans le spectre visible, mais encore que dans les deux spectres superposés ces solutions se correspondent exactement. Ce serait là un des plus curieux, un des plus étranges résultats de la Physique. « Introduisons dans la discussion un élément dépendant de la vitesse de la lumière, et les conséquences de l’observation ne seront pas moins intéressantes. « Je montrai, il y a bien des années, que les rayons des étoiles vers lesquelles la Terre marche, et les rayons des étoiles dont la Terre s’éloigne, se réfractent exactement de la même quantité. Un tel résultat ne peut se concilier avec la théorie de l’emission, qu’à l’aide d’une addition importante à faire à cette théorie, dont la nécessité s’offrit jadis à mon esprit, et qui a été généralement bien accueillie par les physiciens: il faut admettre que les corps lumineux émettent des rayons de toutes les vitesses, et que les seuls rayons d’une vitesse déterminée sont visibles, qu’eux seuls produisent dans l’œil la sensation de lumière. Dans la théorie de l’émission, le rouge, le jaune, le vert, le bleu, le violet solaires sont respectivement accompagnés de rayons pareils, mais obscurs par défaut ou par excès de vitesse. A plus de vitesse correspond une moindre réfraction, comme moins de vitesse entraîne une réfraction plus grande. Ainsi, chaque rayon rouge visible est accompagné de rayons obscurs de la même nature, qui se réfractent les uns plus, les autres moins que lui: ainsi il existe des rayons dans les stries noires de la portion rouge du spectre; la même chose doit être dite des stries situées dans les portions jaunes, vertes, bleues et violettes. L’expérience ayant montré que les rayons contenus dans les stries sont sans effet sur les substances impressionnables, il se trouve établi que toute augmentation ou diminution de vitesse enlève aux rayons lumineux les propriétés photogéniques dont ils étaient primitivement doués; que les rayons solaires cessent d’agir chimiquement à l’instant même où ils perdent, par un changement de vitesse, la faculté de produire sur la rétine les sensations lumineuses. Je n’ai pas besoin de faire ressortir tout ce qu’il y a de curieux dans un mode d’action chimique de la lumière dépendant de la vitesse des rayons. « Le lundi même où M. Ed. Becquerel présenta à l’Académie le résultat de l’expérience que j’avais proposée 2 ans et 10 mois auparavant, je l’invitai publiquement à la recommencer, en s’imposant des conditions nouvelles qui semblaient devoir jeter du jour sur la manière dont la vitesse modifie l’action chimique de la lumière. Je fis remarquer que les rayons solaires se mouvant de plus en plus vite à mesure que les milieux qu’ils traversent sont plus réfringents, on arriverait à quelque résultat utile, en étudiant, comparativement et simultanément, l’action du spectre sur la plaque iodurée plongée par moitié dans deux milieux très-dissemblables: dans de l’eau et de l’air, par exemple.M.. Ed. Becquerel voulut bien suivre cette idée. Voici la Lettre qu’il m’écrivit à la date du 25 novembre 1842. « Lorsque vous avez eu la complaisance de présenter à l’Académie des Sciences, au mois de juin dernier, mon Mémoire sur la constitution du spectre solaire, vous avez bien voulu m’indiquer une expérience à faire dans le but de savoir si, lorsqu’une substance impressionnable à l’action des rayons solaires est plongée dans un milieu autre que l’air, le changement de vitesse des rayons solaires, au passage de l’air dans ce milieu, ne déplaçait pas la position des raies ou des stries transversales du spectre des rayons chimiques. « Je me suis empressé aussitôt de faire ces expériences, en commenqant par employer de l’eau comme nouveau milieu. Mon départ pour la campagne m’a forcé de les interrompre. Je comptais à mon retour les reprendre avant de vous en faire connaître le résultat, mais le mauvais état de la saison ne m’a pas encore permis de donner suite à mon projet; j’ai l’honneur, néanmoins, de vous adresser le résultat de deux expériences que j’ai faites, avec la description du procédé que j’ai suivi. « J’ai fait usage dune petite cuve à eau en cristal, à bords bien plans, et dune plaque préparée à la maniere de M. Daguerre, que l’on peut placer verticalement dans la cuve, de manière à ce que sa surface soit parallèle à la face antérieure de la cuve. Dans les deux expériences, la distance entre la plaque iodurée et cette face a été d’un centimètre. On introduit alors dans une chambre obscure un faisceau de rayons solaires à travers une fente étroite pratiquée dans le volet; on réfracte ces rayons à travers un prisme de flint bien pur, devant lequel se trouve placée une lentille à long foyer, de facon à obtenir un spectre solaire par projection avec toutes ses raies. Une fois ce résultat obtenu, on place devant la route du rayon réfracté , la cuve à eau, de manière à ce que le spectre se dessine bien horizontalement avec toutes ses raies sur la plaque iodurée et de sorte que les rayons violets entrent normalement à la face antérieure de la cuve. On a eu soin, avant de commencer l’expérience de verser dans cette cuve de l’eau jusqu’à ce que son niveau coupe longitudinalement en deux parties égales l’image du spectre. « Si, au bout d’une ou deux minutes d’action, on enléve la plaque, en l’exposant à la vapeur mercurielle on voit l’image du spectre se dessiner depuis la limite du vert et du bleu jusque bien au delà de l’extrême violet; et, comme je l’ai dit dans le Mémoire, cette image a toutes ses raies semblables à celles du spectre lumineux pour les portions de même réfrangibilité. Eh bien! on n’aperçoit aucune difference bien sensible entre l’image du spectre sur la portion de la plaque qui est restée dans l’air et celle qui s’est formée sur la portion qui a séjourné dans l’eau; les raies de ces deux portions de spectre semblent très-bien dans le prolongement l’une de l’autre, excepté toutefois dans les portions extrêmes du spectre chimique, à droite et à gauche, où les raies de l’image qui s’est produite dans l’eau semblent se resserrer un peu entre elles. Cela me paraît devoir être attribué à la réfraction des rayons obliques. « Ces deux expériences tendent à montrer que la nature du milieu dans lequel est plongé la substance chimiquement impressionnable à l’action des rayons solaires, ne modifie pas l’action de ceux-ci, de sorte que l’impression du spectre solaire sur cette substance présente toujours les mêmes raies et aux mêmes places. « Lorsque le temps le permettra, je compte reprendre ces expériences, les varier, et parvenir peut-être à des résultats plus concluants.
« J’ai l’honneur d’être, etc. «
« Voilà donc les rayons solaires se comportant exactement de même dans l’air et dans l’eau. Dans l’air, cependant, suivant le système de l’émission, la lumière se meut beaucoup moins vite que dans l’eau. La vitesse est donc ici sans influence, conséquence qui, au premier aspect, semble en contradiction manifeste avec ce que nous avons déduit de la première expérience. Les deux résultats, toutefois, ne sont pas inconciliables. Une nouvelle hypothèse peut, ce me semble, les faire concorder. Au reste, chacun va en juger: « La vitesse avec laquelle un rayon lumineux traverse un corps donné, dépend exclusivement de la réfringence de ce corps et de la vitesse d’émission du rayon, de la vitesse qu’il avait dans le vide. Le rayon qui arrive à la surface de la couche d’iode à travers l’eau, possède, au point où il rencontre cette surface, une vitesse supérieure à celle qu’avait au même point, le rayon qui se mouvait à traversl’air; mais dans l’intérieur même de la couche, à une profondeur suffisante, les deux rayons ont exactement les mêmes vitesses. Faisons dépendre les phénomènes photogéniques, non d’une action exercée à la surface, mais d’une action naissant dans l’intérieur de la couche, et toute difficulté disparaît. Seulement, chose singulière, nous sommes amenés forcément à établir une distinction essentielle entre l’intérieur et la surface d’une couche dont l’épaisseur est d’une petitesse incroyable. » En envisageant ainsi les phénomènes photogéniques, comme des exemples d’actions moléculaires susceptibles d’évaluations précises, tout le monde sentira combien il serait intéressant d’intercaler des chiffres dans les raisonnements généraux que je viens de présenter. On atteindra ce but en complétant d’abord les expériences à l’aide desquelles M. Dumas avait commencé à déterminer l’épaisseur de la couche d’iode sur laquelle se forment les images daguerriennes, d’après les pesées comparatives d’une large plaque argentée avant et après son ioduration. On portera ensuite dans l’observation des positions relatives des raies obscures tracées sur la matière impressionnable, toute l’exactitude possible, même en s’aidant s’il le faut du microscope; enfin, au lieu de passer, par un saut brusque, de l’air à l’eau, on comparera les positions relatives des stries produites dans deux milieux légèrement différents en densité ou en réfringence. Dès à présent, dans le système de l’emission, les conséquences suivantes découlent rigoureusement de la discussion à laquelle je viens de me livrer: « Si les effets photogéniques de la lumière solaire résultent exclusivement de l’action de rayons obscurs mêlés aux rayons visibles, marchant comme eux et avec des vitesses du même ordre, les spectres superposés de ces deux espèces de rayons, ont leurs solutions de continuité exactement aux mêmes places; « Si les rayons visibles produisent les effets photogéniques en totalité ou en partie, cette propriété est tellement inhérente à leur vitesse, qu’ils la perdent également quand cette vitesse s’accroît et quand elle diminue; « Les effets photogéniques de la lumière solaire, soit qu’ils proviennent de rayons visibles ou de rayons invisibles, ne peuvent pas être attribués à une action exercée à la surface de la couche impressionnable: c’est à l’intérieur de la matière qu’on doit chercher le foyer de ce genre d’action. « Les conclusions précédentes pourront être étendues quand on connaîtra l’épaisseur de la moindre couche d’iode dans laquelle s’engendrent les phénomènes daguerriens; quand il sera possible de comparer cette épaisseur à la longueur des accès ou à celle des ondes lumineuses. »
M. Fizeau a mis sous les yeux de l’Académie des épreuves obtenues avec une planche daguerrienne sur laquelle il avait fait mordre des acides d’après une méthode particulière: ces épreuves sont remarquables par la finesse des détails. La planche est assez creusée pour se prêter à un tirage considérable et, cependant, les blancs n’offrent aucune trace de gris; ils se sont parfaitement conservés. |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1843 10 de Abril | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. Pag. 759, 760 | PHOTOGRAPHIE. -Sur les efets résultant de certains procédés employés pour abréger le temps nécessaire à la formation des images photographiques. (Extrait d’une Lettre de M. Fizeau à M. Arago.)
« Si dans des expériences successives, l’on expose une même matière impressionnable à l’action des mêmes radiations, en faisant varier leur intensité, on remarque que pour obtenir un même degré d’altération, il faut que le temps d’exposition varie sensiblement en raison inverse de l’intensité des radiations; ainsi, par exemple, si l’on obtient un certain degré d’altération dans l’unité de temps avec l’unité d’intensité, si l’intensité devient 2, le même effet se produira dans un temps égal à 1/2. « Il en résulte, d’une manière générale, que l’altération des substances impressionnables à la lumière est probablement proportionnelle à l’intensité des radiations et au temps de l’exposition. « S’il en est ainsi, lorsque l’on obtient des images dans la chambre noire par les procédés photographiques, il faut admettre que l’altération de la couche sensible dans ses différents points, est proportionnelle à l’intensité de l’image lumineuse dans les points correspondants, et cela pendant tout le temps que la couche sensible sera soumise à l’image de la chambre noire. Or, on sait que dans la méthode de M. Daguerre, la couche sensible, après avoir été exposée un certain temps à l’action des radiations lumineuses, devient capable de condenser la vapeur de mercure d’une manière telle que l’altération invisible de la couche sensible devient visible; mais l’on sait aussi qu’il faut un certain degré d’altération de la couche sensible pour que cette curieuse réaction se manifeste, car, lorsque l’image de la chambre obscure n’a pas une intensité suffisante, on peut faire agir pendant assez longtemps cette image sur la couche sensible sans que celle-ci devienne capable d’agir sur la vapeur de mercure; et cependant il résulte de la proportionnalité dont j’ai parlé, que la couche sensible est modifiée, seulement d’une manière insuffisante. Il résulte évidemment de là que l’on peut faire subir un certain degré d’altération à la couche sensible, sans qu’elle agisse sur la vapeur de mercure. « Or, si au lieu d’opérer dans la chambre noire avec une couche sensible soigneusement préparée à l’abri des radiations, on opère avec une couche légèrement impressionnée jusque près du point où elle deviendrait sensible à la vapeur du mercure, ce qui peut s’obtenir d’une manière régulière à l’aide d’une lampe à lumière constante, il est facile de prévoir les résultats de l’expérience. « Il est évident d’abord que le dessin photographique s’obtiendra en moins de temps , et, en outre, que les effets d’ombre et de lumière ne seront plus les mêmes, c’est-à-dire que les rapports entre les intensités des différents points de l’image seront altérés. « En effet, soient i et i’ les intensités de deux points de l’image lumineuse; si l’on opérait avec une couche sensible non impressionnée, l’altération aux points correspondants serait proportionnelle à ces intensités, et le rapport entre les degrés d’altération serait le même qu’entre les intensités, c’est-à-dire i/ i’. « Mais si l’on emploie une couche déjà impressionnée uniformément, il est facile de voir que cela équivaut à ajouter une quantité constante de lumière à tous les points de l’image lumineuse; le rapport entre les intensités de deux de ses points, et, par conséquent, entre le degré d’altération de la couche sensible aux mêmes points, sera donc i +a /i’+a, rapport qui tend vers l’unité à mesure que a augmente. « L’expérience confirme parfaitement ces raisonnements, et, en opérant ainsi avec des plaques impressionnées d’une manière constante, on obtient à la chambre noire des dessins photographiques qui se forment dans un temps plus court, et dont l’aspect offre ceci de particulier, que les parties obscures sont dessinées avec plus de détails que dans les images ordinaires. » |
quinta-feira, 3 de dezembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1844 6 de Maio | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XVIII Nº. 19 Pag. 860, 861, 862 | MÉMOIRES PRÉSENTÉS Photographie. – Addition à une précédente Note concernant l’application des procédés daguerriens à la photographie ; par MM. H. Fizeau et L. Foucault.
(Commissaires, précédemment nommée.)
« Nous avons observé, dans le cours de ce travail, quelques faits intéressants que nous allons rapporter. «1º. Images solaires. - Le diamètre de l’image solaire avec la distance focale dont nous disposions (1m,413) avait seulement 13 millimètres de diamètre, et cependant, vers la fin d’août, nous avons eu, d’une manière très-distincte, l’image d’une tache assez grande qui traversait, à cette époque, le disque solaire. Nous ne doutons pas qu’à l’aide d’appareils optiques convenables, on n’obtienne ainsi des dessins précieux de certaines taches remarquables par leur forme et leur étendue. « Un autre fait s’est constamment présenté à nous, c’est an faible décroissement dans l’intensité des images du centre à la circonférence, mais surtout près des bords. Ce fait touchant à l’importante question des intensités relatives des bords et du centre du Soleil, nous nous proposons de répéter nos expériences à ce point de vue: nous comprenons en effet que cette simple remarque, faite incidemment dans nos recherches, n’a pas une valeur proportionnée à l’importance de la question. « 2º. Arcs lumineux de la pile. - La lumière d’un bleu pourpré qui se produit entre les charbons possède une intensité chimique égale à un tiers environ de celle que possède !a lumière érmise par le pôle positif. » La formation de l’arc lumineux entre quelques métaux nous a présenté les résultats suivants avec 80 couples : « Tous les métaux que uous avons employés comme pôles, ont produit des arcs de couleurs et d’intensités variables: le platine forgé comme les autres métaux; nous devous dire que M. de la Rive a observé le contraire avec ce corps. « Des particularités intéressantes se présentent lorsqu’un des pôles est terminé par du charbon, et l’autre par un métal. Le pôle positif étant de l’argent et le négatif dn charbon, l’arc se forme facilement; bientôt l’argent fond et distille abondamment; dès lors on peut éloigner davantage le charbon négatif sans rompre l’arc lumineux, qui est d’une fixité et d’une beauté remarquables. Si l’on intervertit les pôles, le phénomène n’est plus le même. Dans les premiers instants l’arc se forme, comme précédemment, du charbon positif à l’argent négatif; mai lorsque l’argent est entré en fusion, l’arc se brise. Si l’on cherche a le rétablir, on éprouve beaucoup de difficultés; l’orsqu’on y parvient pendant quelques instants, la partie de l’arc qui touche au globule d’argent s’agite avec un bruit particulier. « Le platine et le charbon présentent un phénomène analogue, mais à un degré beaucoup moins marqué. « Ce fait nous semble devoir être rattaché aux phénomènes de transport du pôle + au pôle -, étudiés avec tant de soin par M. de la Rive. Pour l’argent qui, comme l’on sait, absorbe de l’oxygène lorsqu’il est en fusion, la rupture de l’arc pourrait étre attribuée à la combustion du charbon transporté au contact même de l’argent; la crépitation singuliére dont nous avons parlé appuierait cette maniére de voir. «3º. L’explication que donna Davy de la nature des flammes eclairantes nous a conduits à essayer de fermer le circuit d’une pile de 40 couples par la flamme d‘une bougie; on observe alors les faits suivants : un faible courant s’établit, mais sans lumière, et l’on voit peu à peu le pôle négatif se couvrir d’un charbon très-léger qui se dépose sous forme d’arborisations. « Avec une pile de 80 couples le charbon se dépose de plus sur le pôle positif avec les mêmes apparences, mais en moindre quantité que sur le pôle négatif. « 4º. Un phénomène particulier de lumiére se présente lorsque l’on décompose l’eau avec des fils métalliques assez fins et une pile de 80 couples; les fils s’échauffent sans rougir, s’ils sont d’un diamètre suffisant, mais les gaz qui les enveloppent sont alors lumineux, leur dégagement étant accompagné d’un bruit particulier. Le phénomène est le plus marqué au pôle négatif : on remarque que tant que les gaz sont ainsi lumineux, l’intensité du courant est beaucoup diminuée. Ce fait doit-il être rattaché aux phénomènes des arcs lumineux ? aurait-on ainsi, au pôle négatif, un arc formé par l’hydrogène ? « 5º. Nous terminerons en appelant l’attention sur une modification remarquable éprouvée par le charbon lorsqu’il a supporté la très-haute temérature qui se développe pendant l’incandescence des pôles de la pile. « Le charbon très-ense qui provient de la distillation de la houille, et que nous avons employé, a des caractères physiques qui le rapprochent de l’espèce minérale appelée anthracite ; en examinant, après les expériences d’incandescence, le charbon transporté au pôle négatif et l’extrémité du pôle positif lui-même, nous avons remarqué que ses caractères physiques sont alors changés. « Ce charbon est mou, traçant; sa surface, étant frottée, devient d’un gris plombé métallique. Ces caractères l’assimilent completement à l’espèce minérale appelée graphite; cette modification se fait trés-rapidement, et s’obtient également avec d’autres espèces de charbons conducteurs. Il suffit de promener l’arc lumineux sur la surface d’un des pôles de charbon pour que cette surface soit à l’instant revêtue d’une couche de graphite. « Cette formation de graphite, sous l’influence d’une température très-elevée, nous semble devoir jouer un rôle important dans l’étude des masses minérales où se rencontre si fréquemment cette variété de charbon. » |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1844 9 de Setembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XIX Nº. 11 Pag. 119, 120, 121 | PHOTOGRAPHIE. - Note sur un procédé de gravure photographique; par M. H. Fizeau
« J’ai eu l’honneur de mettre sous les yeux de l’Académie, dans sa séance du 13 février 1843, des dessins photographiques sur papier, obtenus par l’application des procédés de l’impression en taille-douce à une planche daguerrierme, gravée par des agents chimiques sans le concours d’aucun travail d’artiste. « Dès le mois de juillet I 842, j’avais montré à plusieurs personnes, et déposé dans quelques collections, des épreuves résultant de mes premiers essais. « Depuis cette époque, j’ai continué à m’occuper de ce sujet avec persévérance, en m’appliquant à compléter, et surtout à régulariser les délicates manipulations du procédé. « Je soumets aujourd’hui à l’Académie de nouveaux résultats obtenus sur une plus grande échelle, et qui me semblent devoir donner une idee de l’importance et des applications du nouvel art. « L’image daguerrienne, dont la perfection est évidemment nécessaire à la réussite de la gravure, avait été obtenue chez M. Lerebours; la transformation de cette planche daguerrienne en planche gravée a été effectuée sans aucun travail ni retouche d’artiste, mais par l’application seule du procedé dont je vais décrire les principes en peu de mots; j’espère en soumettre prochainement à l’Académie une description détaillée. « Le problème consistait, comme on le sait, à traiter les images daguerriennes par un agent qui creusât les parties noires sans altérer les parties blanches du dessin; en d’autres termes, qui attaquât l’argent en présence du mercure sans altérer ce dernier. « Un acide mixte, composé avec les acides nitrique, nitreux et chlorhydrique (ces deux derniers pouvant être remplacés par du nitrite de potasse et du sel marin), jouit précisément de cette propriété, laquelle appartient également à une dissolution de bichlorure de cuivre, mais d’une manière moins parfaite. « Lorsqu’on soumet une image daguerrienne, dont la surface est bien pure, à l’action de cet acide, surtout à chaud, les parties blanches ne sont pas altérées, tandis que les parties noires sont attaquées avec formation de chlorure d’argent adhérent, dont la couche insoluble arrête bientôt l’action de l’acide. « Une dissolution d’ammoniaque, employée alors, entraîne cette couche de chlorure d’argent et permet de soumettre de nouveau la planche à l’action du même acide, qui, agissant encore de la même manière, augmente la profondeur des parties noires. « En opérant ainsi en plusieurs fois, on parvient à transformer la planche daguerrienne en une planche gravée d’une grande perfection, mais généralement de peu de profondeur; de sorte que les épreuves imprimées sur papier n’ont pas la vigueur convenable. « A cette première opération il a donc été nécessaire d’en ajouter une seconde qui permît de creuser plus profondément les parties noires de l’image. « Cette seconde opération consiste à dorer les parties saillantes, ou les blancs de la planche gravée, et à laisser l’argent à nu dans les creux, ce qui permet d’en augmenter la profondeur par l’action d’un simple dissolvant de l’argent. « Pour obtenir ce résultat, la planche gravée peu profonde dont je viens de parler, est graissée avec une huile siccative, de l’huile de lin, puis essuyée à la manière des imprimeurs en taille-douce; de cette manière, l’huile reste dans les creux seulement, et y forme un vernis qui ne tarde pas à sécher. « Dorant alors la planche par les procédés électro-chimiques , on voit l’or se deposer sur toute la surface de la planche, excepté dans les parties creuses protegées par le vernis d’huile de lin. Après ce dorage, l’huile de lin est enlevée par de la potasse caustique. « Il résulte de là que la planche gravée a toutes ses parties saillantes protégées par une couche d’or; ses parties creuses, au contraire, présentant l’argent; à nu. « Il est dès lors facile, en traitant la planche par l’acide nitrique, d’attaquer ces parties creuses seulement, et d’en augmenter ainsi à volonté la profondeur. « Avant ce traitement par l’acide nitrique, la planche dorée est couverte par ce que les graveurs appellent un grain de résine, ce qui produit, dans le métal attaqué, ces nombreuses inégalités que l’on appelle grain de la gravure. « Il résulte de ces deux opérations principales que la planche daguerrienne est transformée en une planche gravée tout à fait semblable aux planches gravées à l’aquatinte, et dès lors pouvant, comme elles, fournir par l’impression un nombre considérable d’épreuves. « Cependant, l’argent étant un métal peu dur, le nombre des épreuves serait encore assez limité si un moyen très-simple net permettait de soustraire la planche photographique à l’usure déterminée par le travail de l’impression. « En effet, pour atteindre ce but, il suffit, avant de livrer la planche à l’imprimeur, de cuivrer sa surface par les procédés électro-chimiques; de cette manière, il est évident que la couche de cuivre supporte seule l’usure produite par le travail de l’ouvrier. Lorsque cette couche est altérée d’une manière notable, il est facile, à l’aide d’un acide faible, de la dissoudre en totalité sans altérer l’argent sur lequel elle repose; dès lors la planche peut être cuivrée de nouveau, et se trouve ainsi dans le même état que si elle n’avait pas supporté le travail de l’imprimeur. « |