| 1840 16 de Março | COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES Janvier-Juin T. X Nº. 11 Pag. 469, 470, 471 | CHIMIE APPLIQUEE. - Note sur un papier impressionnable à la lumière, destiné à reproduire les dessins et les gravures; par M. Ed. Becquerel.
« Peu après la découverte de MM. Niépce et Daguerre, on a recherché différents papiers impressionnables à la lumière; à ma connaissance il n’y en a que deux ou trois qui donnent des dessins dans le même sens que la nature, c’est-à-dire qui représentent les ombres par les ombres et les clairs par des clairs. M. Bayard est parvenu à former un de ces papiers, et dans une des dernières séances de l’Académie, il a exposé le procédé à l’aide duquel il reproduisait depuis quelque temps les dessins de la chambre obscure. La préparation de ce papier exige l’emploi du nitrate d’argent. » Il y a plusieurs mois, M. Ponton fit connaître un papier sensible; sa préparation consiste à plonger une feuille de papier dans une solution de bichromate de potasse, de faire sécher le papier et de l’exposer ainsi à la lumière; alors l’action de l’acide chromique sur le papier est telle, que les parties exposées au rayonnement se colorent peu à peu en prenant successivement les couleurs jaune foncé, puis bois foncé; ensuite, si l’on plonge le papier dans l’eau, tout le bichromate qui n’a pas été exposé à l’action solaire est dissous, et l’on n’a d’imprimées sur le papier que les parties qui ont été exposées à la lumière. A l’aide de ce papier, M. Ponton a copié des gravures avec avantage. On. obtient ainsi une représentation faible des objets, les ombres étant représentées par des clairs, et vice versa, comme avec des papiers de chlorure ou de bromure d’argent. En étudiant l’action de l’acide chromique sur les matières organiques sous l’influence de la lumière, action sur laquelle je travaille en ce moment, j’ai été conduit à continuer le procédé de M. Ponton et je suis parvenu à produire un nouveau papier de manière à représenter dans le dessin produit par l’action du rayonnement solaire, les ombres par des ombres et les clairs par des clairs, et à donner non-seulement une autre teinte au dessin, mais encore plus de vigueur. Il suffit de plonger un papier préparé à la manière de M. Ponton et sur lequel il existe une représentation faible d’un dessin ; dans une dissolution alcoolique d’iode, de laver ce papier dans l’eau puis de le faire sécher ; alors les parties qui étaient blanches deviennent bleues et celles qui étaient jaunes restent plus ou moins claires. « Voici le détail et l’explication de ce procédé; ayant employé djfférentes sortes de papiers enduits de bichromate, je reconnus qu’ils n’étaient pas tous aptes à produire rapidement les dessins; que le mode de collage influait sur leur coloration à la lumière, et qu’avec du papier non collé cette coloration ne s’effectuait qu’à la longue; dés-lors je m’apercus que la principale réaction avait lieu de l’acide chromique contenu dans le bicbromate sur l’amidon qui entrait dans la colle du papier; alors comme l’amidon a la propriété de former avec l’iode une combinaison d’un très beau bleu, je pensai que sur les_parties du papier qui n’avaient pas été exposées à l’action des rayons solaires, l’ramidon ne s’étant pas combiné avec l‘acide chromique, l’iode devait former l’iodure bleu et représenter ainsi les ombres par des ombres. » Quand on vent, à l’aide de ce procédé, copier une gravure, on doit adopter la marche que j’ai suivie; on s’assure d’abord que le papier est bien collé et que l’amidon est répandu uniformément à sa surface; pour cela on le trempe dans une légère dissolution alcoolique d’iode, puis on le lave à grande eau: par cette seconde immersion, il doit prendre une belle teinte teinte bleue que la première immersion ne lui donnait bas. Si cette teinte est uniforme, on juge le papier convenable à l’expérience; dans le cas contraire on pourrait le coller soi-même à l’amidon. Le papier à la mécanique convient mieux que les autres pour cet objet. » On le trempe ensuite, comme l’a indiqué M. Ponton, dans une solution concentée de bichromate de potasse; puis pour que le papier soit teint d’une manière uniforme, aprés quelques instants d’immersion, on le comprime fortement entre des feuilles de papier brouillard, puis on le fait sécher, soit en le laissant dans du papier brouillard à l’obscurité, soit en l’approchant du feu. Ce papier, pour être bien impressionnable,doit être très sec. Quand il est ainsi enduit de bichromate, on l en verre e place sur une planche,puis on le couvre de la gravure que l’on veut copier, en ayant soin que le coté du dessin soit appliqué sur le papier sensible, et avec une plaque en verre munie de vis de pression, on presse ces deux papiers l’un contre l’autre, et on les expose ainsi aux rayons solaires. Après un temps qui varie de 30 secondes à 15 minutes, suivant l’épaisseur du papier de la gravure, le dessin est assez marqué (à la lumière diffuse ce temps serait plus long). On enlève la gravure, on lave le papier, puis ou le fait sécher. Quand il est sec, on le trempe dans une légère dissolution alcoolique d’iode, et ensuite, lorsqu’il y a séjourné quelque temps, on le lave dans l’eau et on le fait sécher avec soin dans du papier brouillard, mais pas au feu, car à un peu avant 100º l’iodure d’amidon se décolore. Si l’on juge que le dessin n’est pas assez marqué, on répète plusieurs fois cette immersion; on peut par ce moyen obtenir l’intensité de ton que l’on veut donner au dessin, intensité que l’on ne pourrait pas changer à volonté en employant une dissolution d’iode plus concentrée. « Quand le papier est humide, les ombres sont d’un très beau bleu, mais quand il est sec, la couleur devient violet foncé. J’ai reconnu que lorsqu’il est encore humide, si on le recouvre d’une couche de gomme arabique, la couleur du dessin se conserve en grande partie et est plus belle quand il est sec. Quand un papier est ainsi préparé, dans les premiers instants il perd un peu de son ton, mais ensuite il conserve sa teinte violacée. « Au moyen de ce procédé, on copie avec fidélité des gravures et des dessins, et cela à un très bas prix, car la préparation est très peu dispendieuse et d’une facile exécution. Toutefois la vigueur du dessin produit n’est pas aussi grande que celle de la gravure, mais il n’en a pas la sécheresse. Les demi-teintes sont fidèlement reproduites, et cette copie se rapproche d’un dessin à l’estompe. » L’Académie pourra juger de l’exactitude des faits d’après les épreuves que j’ai l’honneur de mettre sous ses yeux, et qui ne sont que des premières productions d’un procédé qui pourra être perfectionné. » Les essais que j’ai tentés pour reproduire les images de la chambre obscure au moyen de ce papier impressionnable, n’ayant pas encore donné de résultats satisfaisants, je n’en entretiendrai pas l’Académie. |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
segunda-feira, 17 de maio de 2010
COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
domingo, 6 de dezembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1843 13 de Fevereiro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XVI Nº. 7 Pag. 402, 408 | OPTIQUE. - Considèrations relatives à l’action chimique de la lumière; par M. Arago. Une Lettre de M. Edmond Becquerel a donné lieu à une communication verbale de M. Arago que nous allons reproduire le plus fidèlement possible : « Peu de temps aprés le vote de la loi qui accordait une récompense nationale à MM. Daguerre et Nièpce, il se manifesta, dans une petite portion du public , des opinions, à mon avis très-erronées, et qui, cependant, m’imposèrent le devoir de montrer que la nouvelle découverte ne devait pas être seulement considéréee du point de vue artistique, et qu’elle enrichirait la Physique de moyens d’investigation très-précieux. Tel fut le but d’une Note qui parut dans le Compte rendu de la séance du 19 AOUT 1839. Elle était ainsi conçue: « Voici une application dont le Daguerréotype sera susceptible, et qui me semble très-digne d’intérêt: « L’observation a montré que le spectre solaire n’est pas continu, qu’il y existe des solutions de continuité transversales, des raies entièrement noires. Y a-t-il des solutions de continuité pareilles dans les rayons obscurs qui paraissent produire les effets photogéniques? « S’il y en a, correspondent-elles aux raies noires du spectre lumineux ? « Puisque plusieurs des raies transversales du spectre sont visibles à l’œil nu, ou quand elles se peigrnent sur la rétine sans amplification aucune, le problème que je viens de poser sera aisément résolu. « Cette solution très-facile du problème que je m’étais proposé, je ne pouvais pas, en 1839, la chercher expérimentalement moi-même, l’ancienne chambre obscure de l’Observatoire ayant alors reçu une autre destination, et la nouvelle n’étant pas encore construite. Au reste, je dois supposer que mon appel fut entendu. J’ai appris, en effet, que la Société royale reçut, le 20 février 1840, un Mémoire de sir John Herschel où la question est effleurée, et chacun se rappelle ici que M. Edmond Becquerel entretint l’Académie de ce même sujet, dans la séance du 13 juin 1842. M. Herschel, n’ayant pas pu disposer d’un héliostat, crut ne point devoir se prononcer positivement sur l’existence des stries dans l’image photographique du spectre. M.E. Becquerel, au contraire, projeta sur sa plaque iodurée un spectre stationnaire, et vit nettement, après l’expérience, dans la région de la plaque que ce spectre occupait, des stries transversales le long desquelles la matière chimique était restée intacte, ou du moins n’avait reçu aucune modification perceptible. Il reconnut, de plus, que ces stries correspondaient exactement aux lignes sombres du spectre lumineux. « Au premier aperçu, l’expérience dont je viens de parler aurait pu sembler superflue: le résultat obtenu n’était-il pas, en effet, de vérité nécessaire? Comment attendre des actions photogéniques là ou la lumière manquait entièrement ? « Voici ma réponse: Il n’est nullement démontré que les modifications photogéniques des substances impressionnables, résultent de l’action de la lumière solaire elle-même. Ces modifications sont peut-être engéndrées par des radiations obscures mêlées à la lumière proprement dite, marchant avec elle, se réfractant comme elle. En ce cas, l’expérience prouverait, non-seulement que le spectre formé par ces rayons invisibles n’est pas continu, qu’il y existe des solutions de continuité, comme dans le spectre visible, mais encore que dans les deux spectres superposés ces solutions se correspondent exactement. Ce serait là un des plus curieux, un des plus étranges résultats de la Physique. « Introduisons dans la discussion un élément dépendant de la vitesse de la lumière, et les conséquences de l’observation ne seront pas moins intéressantes. « Je montrai, il y a bien des années, que les rayons des étoiles vers lesquelles la Terre marche, et les rayons des étoiles dont la Terre s’éloigne, se réfractent exactement de la même quantité. Un tel résultat ne peut se concilier avec la théorie de l’emission, qu’à l’aide d’une addition importante à faire à cette théorie, dont la nécessité s’offrit jadis à mon esprit, et qui a été généralement bien accueillie par les physiciens: il faut admettre que les corps lumineux émettent des rayons de toutes les vitesses, et que les seuls rayons d’une vitesse déterminée sont visibles, qu’eux seuls produisent dans l’œil la sensation de lumière. Dans la théorie de l’émission, le rouge, le jaune, le vert, le bleu, le violet solaires sont respectivement accompagnés de rayons pareils, mais obscurs par défaut ou par excès de vitesse. A plus de vitesse correspond une moindre réfraction, comme moins de vitesse entraîne une réfraction plus grande. Ainsi, chaque rayon rouge visible est accompagné de rayons obscurs de la même nature, qui se réfractent les uns plus, les autres moins que lui: ainsi il existe des rayons dans les stries noires de la portion rouge du spectre; la même chose doit être dite des stries situées dans les portions jaunes, vertes, bleues et violettes. L’expérience ayant montré que les rayons contenus dans les stries sont sans effet sur les substances impressionnables, il se trouve établi que toute augmentation ou diminution de vitesse enlève aux rayons lumineux les propriétés photogéniques dont ils étaient primitivement doués; que les rayons solaires cessent d’agir chimiquement à l’instant même où ils perdent, par un changement de vitesse, la faculté de produire sur la rétine les sensations lumineuses. Je n’ai pas besoin de faire ressortir tout ce qu’il y a de curieux dans un mode d’action chimique de la lumière dépendant de la vitesse des rayons. « Le lundi même où M. Ed. Becquerel présenta à l’Académie le résultat de l’expérience que j’avais proposée 2 ans et 10 mois auparavant, je l’invitai publiquement à la recommencer, en s’imposant des conditions nouvelles qui semblaient devoir jeter du jour sur la manière dont la vitesse modifie l’action chimique de la lumière. Je fis remarquer que les rayons solaires se mouvant de plus en plus vite à mesure que les milieux qu’ils traversent sont plus réfringents, on arriverait à quelque résultat utile, en étudiant, comparativement et simultanément, l’action du spectre sur la plaque iodurée plongée par moitié dans deux milieux très-dissemblables: dans de l’eau et de l’air, par exemple.M.. Ed. Becquerel voulut bien suivre cette idée. Voici la Lettre qu’il m’écrivit à la date du 25 novembre 1842. « Lorsque vous avez eu la complaisance de présenter à l’Académie des Sciences, au mois de juin dernier, mon Mémoire sur la constitution du spectre solaire, vous avez bien voulu m’indiquer une expérience à faire dans le but de savoir si, lorsqu’une substance impressionnable à l’action des rayons solaires est plongée dans un milieu autre que l’air, le changement de vitesse des rayons solaires, au passage de l’air dans ce milieu, ne déplaçait pas la position des raies ou des stries transversales du spectre des rayons chimiques. « Je me suis empressé aussitôt de faire ces expériences, en commenqant par employer de l’eau comme nouveau milieu. Mon départ pour la campagne m’a forcé de les interrompre. Je comptais à mon retour les reprendre avant de vous en faire connaître le résultat, mais le mauvais état de la saison ne m’a pas encore permis de donner suite à mon projet; j’ai l’honneur, néanmoins, de vous adresser le résultat de deux expériences que j’ai faites, avec la description du procédé que j’ai suivi. « J’ai fait usage dune petite cuve à eau en cristal, à bords bien plans, et dune plaque préparée à la maniere de M. Daguerre, que l’on peut placer verticalement dans la cuve, de manière à ce que sa surface soit parallèle à la face antérieure de la cuve. Dans les deux expériences, la distance entre la plaque iodurée et cette face a été d’un centimètre. On introduit alors dans une chambre obscure un faisceau de rayons solaires à travers une fente étroite pratiquée dans le volet; on réfracte ces rayons à travers un prisme de flint bien pur, devant lequel se trouve placée une lentille à long foyer, de facon à obtenir un spectre solaire par projection avec toutes ses raies. Une fois ce résultat obtenu, on place devant la route du rayon réfracté , la cuve à eau, de manière à ce que le spectre se dessine bien horizontalement avec toutes ses raies sur la plaque iodurée et de sorte que les rayons violets entrent normalement à la face antérieure de la cuve. On a eu soin, avant de commencer l’expérience de verser dans cette cuve de l’eau jusqu’à ce que son niveau coupe longitudinalement en deux parties égales l’image du spectre. « Si, au bout d’une ou deux minutes d’action, on enléve la plaque, en l’exposant à la vapeur mercurielle on voit l’image du spectre se dessiner depuis la limite du vert et du bleu jusque bien au delà de l’extrême violet; et, comme je l’ai dit dans le Mémoire, cette image a toutes ses raies semblables à celles du spectre lumineux pour les portions de même réfrangibilité. Eh bien! on n’aperçoit aucune difference bien sensible entre l’image du spectre sur la portion de la plaque qui est restée dans l’air et celle qui s’est formée sur la portion qui a séjourné dans l’eau; les raies de ces deux portions de spectre semblent très-bien dans le prolongement l’une de l’autre, excepté toutefois dans les portions extrêmes du spectre chimique, à droite et à gauche, où les raies de l’image qui s’est produite dans l’eau semblent se resserrer un peu entre elles. Cela me paraît devoir être attribué à la réfraction des rayons obliques. « Ces deux expériences tendent à montrer que la nature du milieu dans lequel est plongé la substance chimiquement impressionnable à l’action des rayons solaires, ne modifie pas l’action de ceux-ci, de sorte que l’impression du spectre solaire sur cette substance présente toujours les mêmes raies et aux mêmes places. « Lorsque le temps le permettra, je compte reprendre ces expériences, les varier, et parvenir peut-être à des résultats plus concluants.
« J’ai l’honneur d’être, etc. «
« Voilà donc les rayons solaires se comportant exactement de même dans l’air et dans l’eau. Dans l’air, cependant, suivant le système de l’émission, la lumière se meut beaucoup moins vite que dans l’eau. La vitesse est donc ici sans influence, conséquence qui, au premier aspect, semble en contradiction manifeste avec ce que nous avons déduit de la première expérience. Les deux résultats, toutefois, ne sont pas inconciliables. Une nouvelle hypothèse peut, ce me semble, les faire concorder. Au reste, chacun va en juger: « La vitesse avec laquelle un rayon lumineux traverse un corps donné, dépend exclusivement de la réfringence de ce corps et de la vitesse d’émission du rayon, de la vitesse qu’il avait dans le vide. Le rayon qui arrive à la surface de la couche d’iode à travers l’eau, possède, au point où il rencontre cette surface, une vitesse supérieure à celle qu’avait au même point, le rayon qui se mouvait à traversl’air; mais dans l’intérieur même de la couche, à une profondeur suffisante, les deux rayons ont exactement les mêmes vitesses. Faisons dépendre les phénomènes photogéniques, non d’une action exercée à la surface, mais d’une action naissant dans l’intérieur de la couche, et toute difficulté disparaît. Seulement, chose singulière, nous sommes amenés forcément à établir une distinction essentielle entre l’intérieur et la surface d’une couche dont l’épaisseur est d’une petitesse incroyable. » En envisageant ainsi les phénomènes photogéniques, comme des exemples d’actions moléculaires susceptibles d’évaluations précises, tout le monde sentira combien il serait intéressant d’intercaler des chiffres dans les raisonnements généraux que je viens de présenter. On atteindra ce but en complétant d’abord les expériences à l’aide desquelles M. Dumas avait commencé à déterminer l’épaisseur de la couche d’iode sur laquelle se forment les images daguerriennes, d’après les pesées comparatives d’une large plaque argentée avant et après son ioduration. On portera ensuite dans l’observation des positions relatives des raies obscures tracées sur la matière impressionnable, toute l’exactitude possible, même en s’aidant s’il le faut du microscope; enfin, au lieu de passer, par un saut brusque, de l’air à l’eau, on comparera les positions relatives des stries produites dans deux milieux légèrement différents en densité ou en réfringence. Dès à présent, dans le système de l’emission, les conséquences suivantes découlent rigoureusement de la discussion à laquelle je viens de me livrer: « Si les effets photogéniques de la lumière solaire résultent exclusivement de l’action de rayons obscurs mêlés aux rayons visibles, marchant comme eux et avec des vitesses du même ordre, les spectres superposés de ces deux espèces de rayons, ont leurs solutions de continuité exactement aux mêmes places; « Si les rayons visibles produisent les effets photogéniques en totalité ou en partie, cette propriété est tellement inhérente à leur vitesse, qu’ils la perdent également quand cette vitesse s’accroît et quand elle diminue; « Les effets photogéniques de la lumière solaire, soit qu’ils proviennent de rayons visibles ou de rayons invisibles, ne peuvent pas être attribués à une action exercée à la surface de la couche impressionnable: c’est à l’intérieur de la matière qu’on doit chercher le foyer de ce genre d’action. « Les conclusions précédentes pourront être étendues quand on connaîtra l’épaisseur de la moindre couche d’iode dans laquelle s’engendrent les phénomènes daguerriens; quand il sera possible de comparer cette épaisseur à la longueur des accès ou à celle des ondes lumineuses. »
M. Fizeau a mis sous les yeux de l’Académie des épreuves obtenues avec une planche daguerrienne sur laquelle il avait fait mordre des acides d’après une méthode particulière: ces épreuves sont remarquables par la finesse des détails. La planche est assez creusée pour se prêter à un tirage considérable et, cependant, les blancs n’offrent aucune trace de gris; ils se sont parfaitement conservés. |
quarta-feira, 2 de dezembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 26 de Outubro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 17 Pag. 800, 801, 802, 803, 804 | MÉMOIRES PRÉSENTÉS
phYSIQUE. - Observations sur les expériences de MM. Foucault et Fizeau, relatives à l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes; par M. Edmond Becquerel. (Commission nommée pour le travail de MM. Foucault et Fizeau.)
« MM. Foucault et Fizeau, dans la séance de 1’Académie du 5 de ce mois, ont présenté des observations concernant l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes, desquelles il semblerait résulter que la partie la moins réfrangible du spectre solaire agit sur l’iodure d’argent en sens inverse de la parlie la plus réfrangible. Ces messieurs n’ayant pas eu connaissance, à ce qu’il paraît, des recherches faites depuis plusieurs années sur le même sujet, et les résultats consignés dans leur Note ne me paraissant pas devoir conduire aux conclusions qu’ils en déduisent, je prends la liberté de transmettre à l’Académie quelques réflexions à cet égard. « M. Draper ( Philosophical Magasine, novembre 1842) en examinant l’image produite par l’action du spectre sur des plaques d’argent iodurées, annonça, avant ces messieurs, l’existence de rayons protecteurs, empêchant l’influence des rayons solaires, et même agissant négativement sur l’iodure d’argent. M. Herschel , à cette occasion, examina ces empreintes, et, dans un travail fort intéressant (Philosophical Magasine, février 1843) sur les apparences diverses que prennent les plaques iodurées, exposées pendant le même temps à des actions d’intensité différente et passées à la vapeur de mercure, attribua ces effets a des épaisseurs inégales de couches minces déposées à la surface des lames d’argent servant de surfaces réfléchissantes. II montra, de plus, qu’en opérant à l’aide d’iodure d’argent déposé sur du papier, on n’observait rien qui indiquât l’action de rayons négatifs, et que toute la partie active du spectre solaire agissait chimiquement de la même manière sur cet iodure. » Les recherches que j’ai entreprises sur l’action chimique des rayons solaires, depuis 1841 jusqu’en 1844, m’ont conduit toutes à cette dernière conclusion. Il faut donc se mettre en garde contre les apparences que présentent les dépôts formés a la surface des plaques daguerriennes; et, si l’on ne possédait que ces seules données pour affirmer l’existence de rayons agissant de diverses manières, on courrait risque de se tromper. » Je citerai, à l’appui de ce qui précède, l’expérience suivante que tout le monde est à même de vérifier : Si l’on prépare une plaque daguerrienne à l’iode simplement (afin d’éviter le mélange de substances actives), et que l’on projette sur sa surface la partie bleue, indigo, violette, d’un spectre bleu épuré, présentant les raies noires de Fraunhofer, si l’action ne dure que peu de temps, après le passage à la vapeur de mercure, on voit les raies se peindre eu noir sut un fond blanc, qui représente les portions frappées par la partie active du spectre (E. Becqurel, Constitution du spectre solaire, Bibliothèque universelle de Genève, août 1842). Mais si l’exposition dans le spectre dure une heure et même davantage, alors l’épreuve change d’aspect, aprés être passée au mercure; les raies du spectre sont à peine marquées, l’action s’est étendue presque uniforménent partout; mais les raies, qui sont encore visibles, et principalement les deux raies H, paraissent blanches et tranchent sur le fond, qui semble noir; l’effet est inverse de ce qu’il était précédemment. La partie frappée par le violet du spectre a donc, dans cette circonstance, la même apparence que la portion de la plaque exposée par MM. Foucault ct Fizeau dans le rouge prismatique (Note de ces messieurs, page 680), et pour produire cet effet, on n’a eu besoin que de varier le temps de l’exposition de la lame dans la méme partie du spectre.) Doit-on conclure, dans ce second cas, qu’il y ait eu des rayons négatifs ayant agi sur l’iodure d’argent? Certes non; car, si l’on répète la même expérience à l’aide de l’iodure d’argent déposé sur du papier, on voit le papier noircir de plus en plus à mesure que l’exposition dans le spectre continue; et en outre, comme je l’ai reconnu (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, tome IX, pages 268 et suivantes), les effets électriques qui proviennent de la décomposition chimique de l’iodure ont toujours lieu dans le même sens. » On voit que l’on ne peut conclure immédiatement, comme l’ont fait MM. Foucault et Fizeau, qu’il existe, dans la partie rouge prismatique, des rayons négatifs, par cela seul que les apparences des plaques daguerriennes ne sont pas toujours les mêmes. Les effets inverses, comme nous le verrons plus loin, sont des effets secondaires produits par plusieurs réactions chimiques opérées simultanément, et ne sont pas dus à des actions inverses exercées, de la part du rayonnement solaire, sur l’iodure d’argent isolé. « Il est un autre fait que je rappellerai: c’est que la partie la moins réfrangible du spectre, au lieu de posséder une action négative s’exerçant sur l’iodure d’argent, est essentiellement douée d’une influence continuatrice sur la plupart des sels d’argent isolés, l’iodure le bromure, le chlorure, et que les expériences sur lesquelles est fondée cette proposition ont été vérifiées par MM. les Commissaires de l’Académie chargés de l’examen d’un de mes Mémoires ( Rapport favorable de M. Biot, Comptes rendus, tome XII). « Dans ce qui précède, il n’a été question que de l’influence de la lumière sur l’iodure d’argent ou les sels simples et isolés du même métal. Lorsqu’on fait usage des lames d’argent exposées successivement aux vapeurs diode, de brome ou de chlore, les mélanges que l’on obtient doivent donner lieu à des réactions chimiques nombreuses dont la résultante seule est appréciable. C’est pour ce motif qu’il ne faut employer ces mélanges qu’avec la plus grande circonspection, et même n’opérer que le moins possible avec les plaques daguerriennes dans les recherches sur la nature des rayons actifs. « Pour montrer comment les mélanges de substances impressionnables peuvent influer sur les effets du spectre, je rappellerai l’observation suivante due à M. Herschel, et qui est très-digne d’attention. « Si l’on prépare un papier, d’abord avec une forte solution d’acétate de plomb, puis de bromure de potassium et de nitrate d’argent, on a une surface qui noircit promptement à la lumière; exposé dans le spectre, la teinte noire du papier se manifeste dans la partie la plus réfrangible jusqu’au vert. Mais, si ce papier a été noirci par une exposition préalable à la lumière, et qu’on le recouvre d’une solution étendue d’iodure de potassium, alors le papier blanchit dans la partie bleue du spectre. Ce résultat montre que l’iodure de potassium est décomposé, et que l’argent divisé qui noircissait le papier etant ioduré, et se trouvant en présence d’un iodure alcalin, ne s’altère plus a la lumière; le papier doit donc rester blanc-jaunâtre dans cette portion du spectre où la réaction a lieu. « Si la couche d’iodure de potassium employée provient d’une solution étendue de ce sel, alors, non-seulement le papier blanchit dans le violet du spectre, mais encore il noircit davantage dans le rouge, et même au delà: au milieu se trouve une ligne neutre. A l’aspect de l’image ainsi obtenue, il semble donc qu’il y ait eu deux actions inverses produites: destruction de la couleur dans le violet, augmentation dans le rouge. Les effets sont faciles à expliquer; il se passe sur le papier deux réactions chimiques bien distinctes: 1º action de la lumière sur l’iodure d’argent qui a commencé à se colorer; 2º action de la lumière pour opérer la décomposition de l’iodure de potassium, et ioduration de l’argent provenant du sous-iodure formé par la première réaction. Puisque la partie rouge du spectre contient les rayons qui continuent l’action chimique commencée sur les sels d’argent , et que la premiére réaction est seule commencée, celle-ci l’emporte dans cette partie du spectre. La deuxième réaction est à son maximum a au contraire, dans le violet. Ainsi ces apparences d’inversion dans la coloration ne proviennent pas des deux effets distincts, positifs et négatifs, produits par le rayonnement sur une même matière sensible; mais elles sont dues à deux réactions chimiques différentes qui l’emportent, l’une dans le rouge, l’autre dans le violet. « Si l’on couvre le papier noirci d’une nouvelle couche d’iodure de potassium, il commence à blanchir dans la partie la moins réfrangible, et la ligne neutre se rapproche du rouge: avec une solution d’iodure suffisante, le papier blanchit depuis le violet jusqu‘au rouee. Enfin, avec une très-forte solution d’iodure, le papier blanchirait, même à l’obscurité, tant est active l’action de l’iodure de potassium sur l’argent métallique. « Ces résultats montrent bien que dans les mélanges de matières sensibles, il peut se présenter plusieurs actions chimiques simultanées, dont nom n’observons que la résultante. Il doit nécessairement se produire des effets analogues lorsqu’on fait usage de plaques d’argent iodurées, puis exposées à la vapeur de brome ou au chlore, et même, peut-être en se servant de plaques simplement iodurées à la manière de M. Daguerre. En effet, dans ces circonstances, l’iodure, le chlorure, le bromure d’argent se trouvent en présence de l’argent métallique; et, comme la décomposition que ces sels éprouvent de la part de la lumière consiste dans la formation de sous-sels, il en résulte que de l’iode, du chlore et du brome sont mis à nu en présence des sels déjà nommés. et de l’argent métallique lui-même, au moment où l’action solaire fait sentir son influence. Ces réactions, déjà très-complexes, le deviennent encore davantage, en observant que, dans la partie violette du spectre, les iodure, chlorure et bromure d’argent sont soumis à l’action de rayons qui agissent toujours avec la même énergie; tandis que, dans la partie rouge, les rayons réagissent d'autant plus fortement, que certaines actions chimiques sont déjà commencées et plus ou moins accomplies (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, tome IX, page 275). « Il est donc essentiel de distinguer les réactions chimiques opérées sous l’influence de la lumière sur les matiéres sensibles isolées, et sur les mélanges; c’est ce que n’ont pas fait MM. Foucault et Fizeau: ils ont considéré une plaque daguerrienne comme offrant une couche sensible particulière, tandis que ce n’est qu’un mélange de matières qui peut se comporter différemment dans les diverses parties du spectre, comme le prouve l’expérience de M. Herschel, et sans qu’il existe dans le rayonnement des rayons agissant en sens inverse. Ainsi, les recherches faites jusqu’à présent ont montré que l’iodure d’argent isolé n’éprouve qu’une seule et même action de la part des rayons solaires de diverses réfrangibilités, tandis que le mélange de cette substance avec d’autres matiéres peut donner lieu à plusieurs réactions chimiques s’opérant conjointement et qui masquent l’effet principal. « Si la lumière n’agit que d’une seule manière sur l’iodure d’argent isolé (les rayons continuateurs compris), il peut en être autrement des autres matières impressionnables, et le rayonnement peut alors agir tantôt positivement, tantôt négativement. On sait, en effet, que chaque matière sensible particulière se comporte différemment, par rapport au rayonnement solaire ; ce que l’on pourrait exprimer en disant que chaque substance sensible voit le rayonnement à sa manière; je citerai comme exemple, d’après l’observation de Wollaston, la matière sensible du gaïac, qui bleuit au delà du violet du spectre, et redevient incolore dans le rouge et le jaune. « Je me bornerai à ces réflexions au sujet de la Note de MM. Foucault et Fizeau, pour montrer que les phénomènes complexes que produisent les apparences des plaques daguerriennes, tout en étant très-importants pour les représentations photographiques des images de la chambre obscure, et pour l’observation des rayons actifs d’une intensité très-faible, ne peuvent conduire à des résultats certains quant a la nature des actions chimiques produites. Il est nécessaire alors d’opérer, comme on l’a fait, à l’aide de produits isolés, avec des papiers sensibles, et en ayant égard aux effets électriques dus aux réactions chimiques produites sous l’influence du rayonnemeut solaire. » |
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1846 2 de Novembro | Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences T. XXIII Nº. 18 Pag. 856, 857 | CORRESPONDANCE PHYSIQUE. - Remarques à l’occasion d’un Mémoire lu par M. Edmond Becquerel, concernant l’action chimique des diverses parties du spectre solaire. (Lettre de M. Foucault à Arago.)
« Un incident particulier m’a obligé, il y a quelque temps, à exposer dans une Note les principaux résultats que nous avons obtenus, M. Fizeau et moi, en reprenant l’étude de l’action chimique des radiations qui avoisinent le rouge. Par cette simple prise de date qui annonçait un prochain Mémoire, nous avons encouru les observations critiques et prématurées peut-être de M. Ed. Becquerel. « Ne semble-t-il pas, en effet, qu’il nous appartienne de tracer, avant tout autre, l’historique de notre sujet. Telle est notre intention du moins, et, à cet égard, nos matériaux ne sont pas à rassembler. « M. Ed. Becquerel lui-même ne sera pas oublié, car nous agiterons la question de savoir si l’expression de rayons continuateurs peut encore être admise, en présence des faits nouveaux que nous avons montrés. « C’est bien le moins qu’on nous laisse produire notre Mémoire complet ; alors seulement je reconnaîtrai à un contradicteur éclairé le droit de discuter et de critiquer nos idées. « Que M. Ed. Becquerel veuille donc bien prendre patience et suspendre son jugement jusqu’au moment où nous aurons apprécié, à tort ou à raison, la part de nos devanciers, la sienne et la nôtre. « Cette Lettre est renvoyée, ainsi que les communications précédentes qui se rapportent à l’action chimique du spectre solaire, à l’examen de la Commission nommée dans la séance du 22 avril 1844 pour un Mémoire de MM. Fizeau et Foucault, sur l’application de la photographie à la photométrie. |
segunda-feira, 30 de novembro de 2009
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
| 1847 25 de Outubro | Compte Rendu des Séanes de L'Académie des Sciences T. XXV Nº. 17 Pag. 594, 595, 596 | OPTIQUE. - Note en réponse au Mémoire de M. Claudet; par M. Edmond Becquerel. (Commission pour le Mémoire de M. Claudet.) « Dans la dernière séance de l’Académie des Sciences, M. Claudet a présenté un Mémoire intitulé: Des diverses propriétés de la radiation solaire sur les plaques daguerriennes soumises à l’action des verres colorés. Les résultats annoncés par M. Claudet semblant en désaccord avec ceux que j’ai publiés en 1841, j’ai cru devoir faire une courte réponse a cette occasion, pour montrer combien les conditions expérimentales sont différentes, me réservant, dans un Mémoire ultérieur, de revenir sur ce sujet. « Les expériences de M. Claudet sont très-curieuses et importantes pour la représentation des images photographiques, mais je pense qu’on ne peut nullement adopter les conclusions qu’il en tire touchant le mode d’action des rayons sur les matières sensibles, et supposer dans le spectre solaire « trois actions photographiques différentes, correspondant à trois groupes de rayons, qu’on peut attribuer aux trois groupes de rayons rouges, jaunes et bleus. » Car, dans cette complication d’effets auxquels donne lieu l’emploi des lames daguerriennes exposées à diverses vapeurs, il serait prématuré, je crois, à chaque apparence ou effet particulier, de conclure que la portion du spectre où cet effet se produit agit dune manière particulière. « M. Claudet , au commencement de son travail, après avoir rappelé les principales recherches faites sur le même sujet depuis 1839, parle de l’action supposée continuatrice des verres rouges et jaunes, et, quelques lignes plus loin, il ajoute ce passage que je dois citer à propos de mes expériences : « Dans le cas des papiers photogéniques, il est vrai que les rayons rouges, orangés et jaunes, rendent plus sombres les parties préalablement affectées par les rayons photogéniques. Il en est de même pour, la plaque daguerrienne, qui, après avoir été impressionnée faiblement, fonce rapidement au violet, sous la radiation d’un verre rouge. C’est là le seul effet continuateur que j’ai pu observer.. . . . « « C’est précisément là l’exposé de la découverte que j’ai faite en 1841, et je ne demande rien autre chose que la constatation du fait principal qui la constitue; mais je dois faire observer que les phénomènes se compliquent lorsqu’on analyse les effets obtenus avec les plaques métalliques recouvertes de diverses vapeurs, puis passées au mercure : le spectre et les verres colorés peuvent présenter alors d’autres effets. Dans ce cas, les conditions expérimentales sont différentes; il peut se manifester plusieurs réactions, soit simultanément, soit successivement, qui masquent complétement le premier effet, et donnent lieu à des apparences bien différentes les unes des antres, pouvant même être inverses. « Lorsque l’iodure, le bromure et le chlorure d’argent sont isolés, alors on remarque deux effets principaux produits sous l’influence du rayonnement solaire, comme beaucoup de physiciens l’ont vérifié. Si ces sels n’ont pas été impressionnés primitivement, ils noircissent dans le spectre, depuis le bleu jusqu’au delà du violet; s’ils ont été impressionnés faiblement, non seulement ils noircissent dans la partie la plus réfrancible du spectre, mais encore depuis le bleu jusqu’au rouge. Ce sont les rayons qui donnent lieu à ce dernier effet que j’avais nommés rayons continuateurs, dénomination qu’on a mal interprétée : je n’attachais aucune importance théorique à cette expression, et je n’avais d’autre intention que de rappeler, par un mot, l’effet produit sur le chlorure, le bromure et l’iodure d’argent, dans les rayons jaunes et rouges. Mais, en réalité, on doit énoncer le fait de la continuation de la manière suivante, comme M. Biot l’a exprimé dans son Rapport sur les résultats dont il est ici question: « Ces substances impressionnées et modifiées deviennent sensibles à des portions de la radiation auxquelles elles étaient primitivement insensibles. « Il est nécessaire de remarquer ici que la substance chimiquement impressionnable, une fois impressionnée, est une autre matière sensible qui peut être ultérieurement modifiée d’une autre manière, et dans d’autres régions du spectre. Il est probable que, dans toutes ces circonstances, le mode d’action du rayonnement est le même, et que, suivant la nature des combinaisons chimiques, les effets sont bien différents. « Si les résultats dont il vient d’être question plus haut (coloration dans les rayons les plus réfrangibles, puis dans les rayons les moins réfrangibles lorsque les substances ont été légèrement impressionnées), s’observent avec les sels d’argent isolés, ou bien avec les plaques d’argent simplement iodurées, doit-on les retrouver lorsqu’on fait usage de plaques recouvertes d’iode, de brome et de chlore, puis exposées à la vapeur mercurielle? Il n’y a acune raison pour cela; car alors plusieurs réactions peuvent avoir lieu simultanément ou successivement, et, en outre, le dépôt inégal des vapeurs mercurielles, suivant l’état de la surface, vient encore compliquer les effets: les conditions ne sont donc plus les mêmes. Je ferai remarquer, néanmoins, qu’on retrouve encore des effets analogues avec une plaque exposée au chlorure d’iode, et qu’il semble que ce soit le brome qui donne lieu a des apparences bien différentes. « Ainsi, il est essentiel de distinguer les réactions chimiques opérées SOUs l’influence du rayonnement sur les matières sensibles isolées et sur les mélanges; et une plaque daguerrienne rendue plus, impressionnable par son exposition à diverses vapeurs ne doit être considéree que comme une couche hétérogène pouvant se comporter différemment dans les diverses parties du spectre, suivant qu’elle, a déjà été plus ou moins impressionnée, sans qu’il existe dans le rayonnement des rayons agissant en sens inverse sur les sels d’argent isolés. « C’est précisément cette idée que j’ai développée dans les Comptes rendus du 26 octobre 1846, à l’occasion d’une Note de MM. Foucault et Fizeau, relativement à l’action des rayons rouges sur les plaques daguerriennes. Je crois qu’on a mal interprété la Note que j’ai publiée à cette époque: je n’ai nullement mis en doute l’existence des effets curieux, observés au delà du rouge sur les plaques daguerriennes, effet que, d’après M. Draper, on retrouverait également dans tout le spectre, et même au delà du violet, suivant les circonstances; mais je n’ai présenté quelques réflexions à ce sujet que pour montrer qu’il n’était pas nécessaire d’admettre une puissance négative de certains rayons pour en expliquer la production. « Je répète donc, en terminant, que je n’ai pas donné de théorie générale des rayons continuateurs, comme le dit M. Claudet, et que les apparences que présentent les plaques daguerriennes, tout en étant très-importantes pour les représentations photographiques des images de la chambre obscure, ne peuvent conduire à aucune conclusion quant au mode d’action de l’agent lumineux. « |
domingo, 15 de novembro de 2009
3 de Julho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 1
Pag. 13
6 de Novembro
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
T. XXVII
Nº. 19
Pag. 483
M. BIOT présente, de la part de M. EDMOND BECQUEREL, un Mémoire intitulé : De l’image photochromatique du spectre solaire, et des images colorées obtenues dans la chambre obscure.
« Ce travail, dit M. Biot, tire un intérêt extrême des résultats effectifs que l’auteur a obtenus. Ils me semblent devoir offrir des indications très-précieuses pour étendre les idées que nous avons pu nous former jusqu’ici, sur la nature de la chaleur et de la lumière. »
segunda-feira, 19 de outubro de 2009
9 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXII
Nº. 23
Pag. 862, 863, 864