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sexta-feira, 9 de outubro de 2009

1853
25 de Abril
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XXXVI
Nº. 17
Pag. 740

M. DE JUSSIEU met sous les yeux de l’Académie la première livraison d’une série iconographique dont les essais avaient eté déjà présentés dans deux séances précédentes, et qui a pour titre : Photographie zoographique, ou Représentationon des animaux rares des collections du Muséum d’Histoire naturelle, par L. Rousseau et A. Devéria; procédé de Lemercier et Bisson frères.
Une Commission, composée de MM. Isid. Geoffroy, Milne Edwards, Regnault et Valenciennes, est invitée à faire un Rapport sur ce travail et sur le degré d’utilité qu’il peut avoir pour l’étude de l’histoire naturelle.

segunda-feira, 3 de agosto de 2009

1855, 16 de Março
*
VICTOR REGNAULT, é eleito presidente da Société Française de Photographie (ocupará este cargo até 1868).
1855, 19 de Março
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XL
Nº. 12
Pag. 642, 643
*
M. E. DE POILLY adresse, de Boulogne, deux portraits photographiques sur collodion, exécutés d’après un procédé qu’il a décrit dans une Note déposée, sous pli cacheté, à la séance du 28 février dernier.
« Pour faire juger, dit l’auteur, de la sensibilité du collodion Poilly, il suffira de dire qu’aprés quatre heures de préparation des plaques, il a fallu moins d’une seconde pour obtenir celui des deux portraits qui a été exécuté en plein soleil, et dix secondes environ pour celui qui a été fait à l’ombre. Je me propose d’envoyer à l’Académie très-prochainement des résultats plus importants, et j’aurais été en mesure de le faire, comme je l’annonçais en envoyant mon paquet cacheté, si je n’avais été détourné de mes travaux par une perte de famille des plus douloureuses. Je poursuivrai ces recherches; car le nouveau procédé est le complément de mon « Procéde sur collodion sec au moyen de la cérine et du sucre de miel incristallisable. » Pour ce dernier, la priorité d’invention, qu’on a voulu me disputer, m’est assurée par la Note dont l’Académie a bien voulu accepter le dépôt dans sa séance du 7 novembre 1853. Dans ma nouvelle Note, dont je demande aujourd’hui l’ouverture, on remarquera la composition de mon bain de fer; comme le rôle de ce bain est très-important, j’ai voulu, dans le cas où je ne me serais pas suffisamment expliqué sur le mode de préparation, permettre cependant à la Commission d’essayer l’effet du liquide convenablement préparé, et j’en envoie un flacon en mème temps que les deux épreuves.
« Conformément à la demande de M. E. de Poilly, le paquet cacheté, déposé le 28 février dernier, est ouvert séance tenante. La Note qui y est contenue a pour titre : « Nouveau perfectionnement pouvant s’appliquer avec avantage au procédé humide et sec (collodion Poilly), procédé donnant des épreuves nacrées positives pouvant servir pour négatives.
»La Note et les épreuves sont renvoyées à l’examen d’une Commission composée de MM. Pouillet et Séguier.
1855, 25 de Março
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 12
Pag. 94
*
GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE. - L'infatigable , M. Niepce de Saint-Victor a cherché à remplacer l'eau forte dans la gravure héliographique sur acier par un mordant qui agisse sur le métal sans attaquer le vernis. L'eau saturée d'iode à une température de dix a quinze degrés au plus, est ce qu'il a trouvé de mieux.
On commence la moisure en couvrant la plaque d'eau iodée, puis, après dix à quinze minutes, on renouvelle le liquide; une partie a dû se combiner à 1'acier en formant un iodure de fer et l'autre s'est volatilisée; de sorte qu'il est important de changer deux ou trois fois l'eau iodée, jusqu'à ce qu'on juge la plaque suffisamment mordue. La morsure se fait lentement, elle ne serait jamais assez profonde si on ne terminait par l'emploi d'une eau faiblement acidulée.
L'habile graveur, M. Riffaut, a oblenu de très-heureux résultats de l'emploi de ce procédé; on a pu en juger par deux épreuves du portrait de Madame Arsène Houssaye que M. Chevreul a présentés à l'Académie.
1855, 2 de Abril
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

Janvier-Juin
T. XL
Nº. 14
Pag. 774
*
M. IS GEOFFROY-SAINT-HILLAIRE présente à l’Académie une gravure héliographique faite par les procédés de M. Niepce Saint-Victor, et représentant les Yaks arrivés en France il y a un an, d’après un dessin de Mademoiselle Rosa Bonheur. Chargés, par la Société impériale d’Acclimatation, du soin de reproduire ce beau:dessin, M, et Mme Riffault, malgré les difficultés toutes spéciales de cette tâche, sont parvenus à le reporter sur acier et à obtenir une gravure héliographique qui est un véritable fac-simile de l’original.
M Geoffroy-Saint-Hilaire rappelle, à cette occasion, que plusieurs autres gravures héliographiques, dues aux mêmes artistes, ont déjà été présentées à l’Académie par M. Chevreul.
1855, 8 de Abril
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 14
Pag. 111
*
LA PHOTOGRAPHIE EN PLEINE MER. - Un jeune officier de marine, qui porte un nom cher à la photographie, M. Henri Claudet, l'un des fils du célèbre photographe de Londres, au retour d'un long voyage transatlantique, adresse au rédacteur en chef de la Lumière une épreuve des plus intéressantes. Elle a été faite en pleine mer, à bord du navire que M. H. Claudet commandait en second, la Belle-Assise, qui transportait en Amérique quelques centaines d'Allemands. Le bâtiment filait à peu près sept milles à l'heure, étant environ vers le 26º latitude nord.
« Qu'on se figure, dit M. Ernest Lacan, une foule d'hommes, de femmes, d'enfants dans toutes les attitudes, dans tous les costumes, réunis sur le pont mouvant d'un bâtiment que le flot incline, et reproduits avec autant de netteté et d'exactitude que s'ils avaient posé un à un devant l'objectif. Tous vivent sous le regard qui les observe: l'un pense, la tête appuyée sur sa main; l'autre allume sa pipe; ces deux-là causent; celui-ci rit aux éclats; un enfant sourit aux anges en remuant son hochet; une jeune femme, à demi couchée près de lui, penche sa tête charmante pour regarder son bonnet qui vient de se détacher et qu'une autre jeune femme ramasse. Toutes ces physionomies sont saisissantes de vérité. Au-dessus de ces groupes, qui se perdent dans l'éloignement, les voiles se gonflent, les mâts se dressent comme des colonnes, les cordages se tendent comme les réseaux d'un immense filet. Tout cela est d'une netteté si parfaite, que l'on oublie complétement, en regardant cette vue, qu'elle a été prise au beau milieu de l'Océan, entre deux vagues, et pendant que passagers et navire s'en allaient d'un continent à l'autre. «

1855, 8 de Abril - L’Ami des Sciences

1855, 8 de Abril
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 14
Pag. 111
*
Exposition PHOTOGRAPHIQUE. – M. le secrétaire de la Société internationale d’industrie d’Amsterdam, nous adresse le PROGRAMMÉ D’UNE EXPOSITION d’épreuves photographiques, gravures héliographiques et appareils pour photographie, qui sera ouverte le 23 de ce mois, dans les salles de la Société ARTI ET AMICITIÆ, à Amsterdam, et durera six semaines. Le défaut d’espace nous empêche de transmettre en entier à nos lecteurs cette invitation à laquelle s’empresseront de répondre tous ceux qui s’occupent sérieusement de photographie ; on en trouvera le programme dans le nº du 24 mars de La Lumiére ; nous donnerons du moins le paragraphe 3.
« § 3. Sont accordées des médailles par la Société INTERNATIONALE D’INDUSTRIE (au nombre de huit en argent, et de vingt-quatre en bronze), avec mention honorable, aux exposants d’épreuves et d’instruments compris dans une des catégories susnommées, pour les obets remarquables par leur supériorité, invention et utilité, sur le rapport d’un jury nommé à cet effet par les directions respectives. »
1855, 9 de Abril
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XL
Nº. 15
Pag. 862
*

M. OSCAR GOLDBERG annonce de Berlin avoir fait une découverte qui doit constituer pour la photographie un trés-notable progrés. Il désirerait faire hommage de sa découverte à la France qui a vu naître cet art merveilleux et qui, ayant noblement récompensé l’invention, jugerait peut-être les perfectionnements dignes aussi de quelque récompense.
L’Académie accueillerait avec bienveillance les communications que jugerait convenable de lui faire M. Goldberg , mais ne peut prendre d’autre engagement que de les faire examiner par une Commission.
1855, 15 de Abril
L’AMI DES SCIENCES

T. I
1er ANNÉE
Nº 15
Pag. 120
*
Les journaux racontaient, il y a peu de jours, un fait qui prouve une fois de plus l’utilité de la photographie.
Un malfaiteur avait été arrêté. Examen attentif, confrontations, interrogations, recherches dans les dossiers de la police, rien ne put faire reconnaître son identité ; et pourtant il mettait à la cacher un soin qui annonçait de coupables antécédents. Enfin, en désespoir de cause, on eut recours à la photographie. Le portrait du prisonnier fut tiré à plusieurs exemplaires, et envoyé aux commisaires de polices des villes où l’on présumait qu’il avait résidé ; ce moyen eut un plein succès. Les agents de police de Nantes reconnurent dans cette épreuve les traits d’un malfaiteur dangereux, à la recherche duquel ils étaient depuis longtemps. Nous espérons que ce succés fera adopter définitivement le système de photographie signalétique proposé par M. Moreau-Christophe et si habilement exposé dans le journal La Lumière, par M. Ernest Lacan.
1855, 22 de Abril
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 16
Pag. 125
*
GRAVURE SUR SAVON. - M. Fergusson-Branson (de Sheffield) s'est occupé pendant plusieurs années de chercher une substance qui puisse être avantageusement substituée au bois dans la gravure; et d'après le Journal of the Franklin Institute, le savon lui a enfin fourni ce qu'il cherchait. Voici la manière de s'en servir :On exécute une gravure sur une plaque de savon bien poli, ce qui se fait aussi vite et aussi facilement qu'un dessin au crayon sur une feuille de papier. Chacun des traits produits ainsi est clair, net et parfaitement défini d'après le Journal. Lorsque le dessin est terminé, on prend une empreinte à sa surface, en moulant au moyen du plâtre, ou mieux encore, en pressant la feuille de savon avec de la gutta-percha fondue. On peut employer aussi, dans ce but, de la cireàb cachcter fondue. L'auteur n'a pas essayé l'emploi des moules en soufre, mais il est probable qu'ils donneraient de bons résultats. Cette épreuve, en plâtre, gutta-percha, etc.; étant ainsi obtenue, on en rend la surface conductrice, et l'on y fait déposer du cuivre galvanoplastique par les procédés ordinaires. Le burin que l'on emploie est une aiguille en ivoire. Ce procédé peut avoir une certaine importance; simplifiant la gravure, la ramenant presque à un dessin, il en diminuerait beaucoup le prix de revient, et, par suite, permettrait aux industriels d'employer les artistes les plus habiles pour obtenir des modèles, qui ne sont aujourd'hui que des reproductions souvent défectueuses. L'impression sur tissus, la fabrication des papiers peints, la reliure, la fabrications des porcelaines pourront utilement expérimenter ce procédé.L'auteur termine ainsi la description qu'il donne de sa découverte : « Pour prouver que l'on peut obtenir sur une plaque de savon les détails les plus déliés, aussi bien que les touches les plus fortes et les plus vigoureuses, je dirai-que j'ai fait copier par ce moyen une eau-forte de Rembrandt ; on a pris l'empreinte du savon au moyen de la gutta-percha, et, après avoir reproduit la gravure positive, en prenant une épreuve galvanoplastique sur la gutta-percha, on a obtenu une gravure qui, en dé1icatesse, différait très-peu de l'eau-forte originale. «

1855, 6 de Maio - L’AMI DES SCIENCES

1855, 6 de Maio
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 18
Pag. 144
*
EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE.- La Société française de photographie, présidée par M. Regnault, de l'Institut, ouvrira, le 1er juin, dans ses salons de la rue Drouot, 11, une exposition publique d'œuvres, d’appareils et de produits appartenant à toutes les branches de l'art photographique. MM. les artistes, amateurs et fabricants français et étrangers, sont priés de faire leurs envois avant le 20 mai, selon les réglements insérés dans le bulletin mensuel de la Société. Toutes les demandes concernant la Société, son bulletin et l'exposition, doivent être adressées franco, rue Drouot, 11, au secrétariat qui est ouvert tous les jours de 10 h. à 5 h.
1855, 21 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XL
Nº. 21
Pag. 1153, 1154
*
M. TAUPENOT, professeur de physique au Prytanée militaire de la Fléche, fait connaître une modification qu’il a apportée au procédé de photographie sur collodion, modification qui a, dit-il, pour résultat de donner une grande solidité au cliché sans en diminuer aucunement la transparence et sans nuire à la pureté des lignes.
(Renvoi à l’examen de M. Chevreul.)
1855, 27 de Maio
L’AMI DES SCIENCES
T. I
1er ANNÉE
Nº 21
Pag. 168
*
Bombay a aujourd'hui une Société photographique, laquelle publie un journal dont deux numéros ont paru. « On ne peut douter, dit une publication anglaise (Notes and queries), que cette association ne fournisse les moyens de recueillir de précieux documents sur les antiquités et les curiosités de notre empire du Levant, et de familiariser ceux mêmes de nos compatriotes qui n'ont jamais quitté leurs foyers, avec les scénes majestueuses de l'Inde et les caractères des races diverses qui l'habitent. » II sera curieux, ajoute la Lumière, de constater les différences qui devront nécessairement exister entre les procédés employés sous le ciel brûlant de l'Inde, et ceux que pratiquent les photographes en Europe. C'est la un sujet d'études dont les résultats peuvent avoir une grande importance pour les progrès de la science.
1855, 28 de Maio
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES
Janvier-Juin
T. XL
Nº. 22
Pag. 1157, 1158, 1159, 1160, 1161, 1162, 1163, 1164
*
PHYSIQUE. - Note sur un moyen photographique de déterminer la hauteur des nuages; par M. POUILLET

« Dans une communication que j’ai faite à l’Académie, il y a quinze ans ( Comptes rendus, t. XI, p.717, année 1840), on trouve un historique des diverses méthodes qui ont été imaginées pour déterminer la hauteur des nuages. Toutes ces méthodes, comme celles de Bernoulli, de Lambert et de M. Arago, reposent sur le principe des observations isolées, c’est-a-dire des observations faites en un seul point, par un seul observateur. Aprés avoir examiné ce principe en lui-même et dans les résultats qu’il avait produits jusque-lá, j’étais amené a cette conclusion: qu’il pouvait bien servir à résoudre la question dans quelques cas particuliers et en quelque sorte exceptionnels, mais qu’il resterait toujours impuissant à résoudre la question générale de la distribution des nuages dans les diverses régions de l’atmosphere.
« En conséquence, je proposais une nouvelle méthode reposant sur le principe des observations simultanées, c’est-à-dire des observations faites simultanément par deux observateurs aux extrémités d’une base de longueur connue. Quelques expériences, que j’avais pu faire d’après ce principe, ne laissaient aucun doute dans mon esprit sur les avantages que l’on en pourrait tirer, pourvu toutefois que l’on consentît à faire les dépenses nécessaires pour l’appliquer dans les conditions les plus convenables.
« Depuis cette époque on a fait de nouvelles tentatives pour revenir au principe des observations isolées : M.Wartmann a proposé une méthode qui me paraît très-peu applicable (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXIV, p. 208, année 1848); notre confrère, M. Bravais, à la même époque, en a proposé une autre, qu’il a du moins soumise à quelques épreuves (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXIV, p. 497, année 1848), mais celle-ci même me semble restreinte dans des limites trop étroites.
« Ces nouveaux essais n’ont donc rien changé à mon ancienne conviction sur la nécessité d’avoir recours au principe des observations simultanées. Diverses circonstances ayant ramené mon attention sur ce sujet, je m’en suis occupé à plusieurs reprises, cherchant tantôt à mieux assurer l’action simultanée des deux observateurs, tantôt à simplifier l’établissement des moyens rapides de transport pour les rendre moins embarrassants et surtout moins dispendieux. Enfin, pour affranchir le probléme des difficultés de cette espéce, qui me semblaient toujours considérables, j’en ai cherché la solution dans les découvertes de la photographie, et je vais expliquer, en peu de mots, comment les expériences pourraient se faire par ce nouveau moyen, et comment deux appareils photographiques peuvent remplacer, avec d’incontestables avantages, les deux observateurs très-habiles qu’exigeait nécessairement le système dont il s’agit.
» Les objectifs photographiques peuvent embrasser un champ d’environ 28 degrés, et en même temps donner des images sensiblement planes de l’ensemble des objets disposés sur un plan perpendiculaire à l’axe. Ainsi, en imaginant que le centre optique d’un tel objectif soit le sommet d’un double cône dont la génératrice fasse avec l’axe un angle de 14 degrés, il arrive que chaque section perpendiculaire que l’on peut concevoir dans ce cône, à une distance convenable en avant, vient donner son image dans une section correspondante, placée en arriére; de plus, les distances du centre optique à chacune de ces deux sections se trouvent liées entre elles par la formule générale des lentilles,
1/b=1/f-1/m
« f , distance focale principale des lentilles;
« b , distance de la section où se trouve l’objet;
« m , distance de la section où se trouve l’image.
» En photographie, les valeurs qu’il est permis de donner à f dépendent de plusieurs éléments, et surtout de l’intensité de la lumière qui est nécessaire pour produire l’effet voulu sur la couche sensible. Dans la question qui nous occupe, la valeur de f pourra varier de 50 à 70 centimétres: nous adopterons comme moyenne 60 centimétres.
« Avec cette donnée il est facile de voir qne l’objet étant placé à 600 métres ou 1000 fois la distance focale principale, l’image doit se faire à une distance m = 0m,6006; c’est-à-dire seulement à de 6/10 millimétre plus loin que la distance focale
principale elle-même: ainsi tous les objets placés au delà de 600 métres feront leurs images très-sensiblement sur le même plan, à la distance de 60 centimètres derriére la lentille.
« Le tableau destiné à recevoir l’image du champ tout entier devra donc être un cercle de 30 centimètres de diamètre; car dans un cône de 28 degrés d’ouverture le diamètre d’une section perpendiculaire à l’axe est la moitié de sa distance au sommet.
» Pareillement, le diamètre absolu du champ est la moitié de la distance b à laquelle se trouve l’objet; ainsi, pour un objet placé, par exemple, à 2000 mètres, le diamètre réel du cercle qui forme le champ serait de 1000 mètres.
» Cela posé, concevons deux appareils photographiques égaux, ayant les axes de leurs lentilles ajustés dans la verticale et placés à 100 mètres l’un de l’autre. Les cônes qui limitent les champs respectifs, d’abord séparés a leur origine, commencent a se pénétrer a une certaine hauteur; cela arrive quand le rayon du champ est égal à la moitié de la distance qui sépare les appareils, par conséquent lorsqu’on est parvenu à une hauteur verticale double de cette distance ou 200 métres, pour l’intervalle de 100 métres que nous avons pris comme exemple. A partir de là, les deux cônes se pénétrant de plus en plus, l’espace qu’ils comprennent en commun dans un même plan horizontal devient ce que l’on peut appeler le champ commun, puisqu’il appartient a la fois aux deux appareils.
» Les cercles qui en se coupant déterminent le champ commun ont pour rayon le quart de la hauteur h à laquelle on s’élève; la ligne qui joint leurs centres reste toujours égale à la ligne sensiblement horizontale qui joint les centres optiques et qui mesure la distance d des deux stations, ainsi qu’a la ligne égale et parallèle qui joint les centres des deux tableaux; cette dernière peut être appelée la ligne de foi, parce qu’elle sert à repérer les images. D’après cela il est facile de voir que dans le sens de la ligne de foi la grandeur absolue du champ est exprimée par h/2=d tandis que dans le sens perpendiculaire elle est exprimée par
Comme il faudra d’ailleurs que le rapport de h à d soit compris entre certaines limites, on peut faire h= cd, alors les dimensions du champ commun deviennent


dans le sens de la ligne de foi,


dans le sens perpendiculaire à, cette ligne; et l’on verra, pour le but qu’on se propose, qu’il est bon de faire en sorte que c ne soit ni plus petit que 10 ni plus grand que 30.
« Supposons maintenant que dans toute l’étendue du champ commun le ciel soit serein, à l’exception d’un seul petit nuage de forme quelconque, dont le contour soit bien tranché, et qui se meuve dans une direction quelconque par rapport à la ligne de foi. Il est évident que l’image exacte d’un tel nuage se produira simultanément sur les tableaux des deux appareils, qu’elle y sera parfaitement reconnaissable, qu’elle occupera sur chaque tableau une place déterminée par la hauteur et la position du nuage dans le ciel, qu’elle y aura un mouvement parallèle, et que, si l’on pouvait en frapper l’empreinte au même instant sur les deux tableaux, il serait possible, à l’aspect de ces empreintes et de la place qu’elles occupent, de reconstituer la forme du nuage au sein de l’atmosphére et de déterminer la hauteur à laquelle il se trouve au-dessus du centre optique des deux appareils.
« La photographie, et la photographie seule, peut réaliser la supposition que nous venons de faire: elle peut frapper les empreintes qui sont propres à donner la hauteur du nuage, et surtout elle peut agir exactement au même instant dans les deux appareils, accomplissant cette action dans un temps assez court pour que le nuage ne lui échappe pas par la vitesse de son mouvement.
» Admettons que les glaces carrées destinées à recevoir les images portent deux lignes perpendiculaires entre elles, dont l’intersection soit prise pour le centre de la glace ou du tableau; admettons que la position de chaque glace par rapport à son objectif soit repérée, une fois pour toutes, de telle sorte que l’axe optique passe bien par son centre, et qu’en même temps l’une des perpendiculaires se trouve dans la direction de la ligne de foi. Alors les images étant reçues et fixées sur la glace, voici comment on en pourra déduire la hauteurdes nuages qu’elles représentent.
« Il est facile de voir que pour tout ce qui appartient au champ communles images sont égales, et que pour les superposer il faudrait:
« 1º. Mettre en coïncidence la ligne de foi;
« 2º. Faire glisser, dans le sens de cette ligne, l’un des centres par rapport à l’autre d’une certaine quantité p que nous appellerons le déplacement.
« En effet, désignons par z1 et z2 , les points où les axes optiques du premier et du deuxième appareil vont percer le plan du champ commun où se trouve le nuage, par z3 un troisième point pris arbitrairement dans le même plan et aussi dans le champ commun; imaginons que par le centre optique du premier appareil on mène des lignes à ces trois points et qu’on les prolonge au-dessous jusqu’au plan du tableau; on formera ainsi deux pyramides semblables opposées par le sommet.
» La même construction dans le deuxiéme appareil conduira au même résultat.
« De plus, les deux grandes pyramides ayant la même base, les deux petites pyramides auront des bases égales, sous la seule condition que le premier et le deuxiéme objectif aient la même distance focale principale, comme nous l’avons supposé. Ainsi, dans ce cas, les deux images sont non seulement égales dans l’ensemble du champ, mais elles sont égales de chaque côté de la ligne de foi.
« Les deux pyramides relatives au même appareil donnent la proportion« Les deux pyramides relatives au même appareil donnent la proportionla ligne z1 z2 est égale à la distance d des centres optiques des deux objectifs; p est l’image de z1 z2: par conséquent sa valeur marque précisément de combien il faudrait faire glisser, dans le sens de la ligne de foi, le centre de la première image par rapport au centre de la deuxième, pour arriver à la coincidence des images des trois point z1, z2, z3, ou en général à la coincidence des images marquées sur les tableaux, du moins pour toute la portion du champ qui appartient à ce plan. Il en résulteToute la question est donc réduite à trouver la valeur de p, puisque f e d sont connus.
» Prenons le centre de chaque glace comme origine des coordonnées et la ligne de foi comme ligne des abscisses; la partie positive étant, par exemple, à droite quand les glaces sont en place et prètes à recevoir l’action de la lumière; alors, d’aprés ce que nous venons de dire, si l’on marque sur la premiére image un point a’ et sur la deuxiéme son, point homologue a’’, de telle sorte que a’ et a” soient les deux images d’un point quelconque a du nuage, les ordonnées de a’ et a” seront égales et les abscisses différentes; de plus, cette différence des abscisses sera précisément la valeur du déplacement p.
« On pourra donc procéder de la maniére suivante: les deux glaces revètues de leurs images seront disposées sur un châssis horizontal, à la suite l’une de l’autre dans l’exacte continuation de la ligne de foi, tournées comme elles étaient quand les images se sont produites. Là elles seront éclairées en dessous par de la lumière réfléchie; alors, en regardant leur surface supérieure par transparence, on y verra, dans toute leur pureté, les images qu’elles portent; on pourra en faire la comparaison minutieuse et reconnaître tous les points homologues appartenant au champ commun. Une régle divisée reposant sur les bords du châssis pourra glisser d’une extrémité à l’autre des deux glaces en restant parallèle à elle-même et perpendiculaire à la ligne de foi; une loupe à oculaire et à fils croisés, mobile sur la longueur de cette régle, restera elle-même perpendiculaire au plan des images et pourra en parcourir toute l’étendue. On parviendra ainsi à reconnaitre successivement tous les points homologues et à mesurer avec une grande précision les différences de leurs abscisses, c’est-à-dire la valeur de p ou le déplacement qui leur appartient. Ces valeurs, substituées dans la formule, donneront les hauteurs correspondantes.
» S’il arrivait que les distances focales des objectifs fussent un peu différrentes, les deux images, au lieu d’ètre égales, seraient seulement semblables de part et d’autre de la ligne de foi; mais on pourrait encore reconnaître les points homologues a’ et a”, images du mème point a, et en déduire, par une autre proportion, la hauteur du nuage correspondant. Néanmoins il sera tonjours plus exact d’opérer avec des objectifs pareils.
« Examinons maintenant les conditions qu’il faut remplir pour que les valeurs de h sortent de la formule avec une approximation suffisante.
»1º. On peut admettre que les valeurs de h doivent être à peu près comprises entre 1000 et 15000 métres.
« 2º. On peut admettre que les appareils photographiques seront ajustés avec assez de précision pour qu’il n’y ait à craindre que de trés-petites erreurs sur la direction verticale des axes optiques, sur le repérage du centre des glaces et sur l’orientation exacte de leur ligne de foi. Ainsi, les principales erreurs porteront sur l’incertitude avec laquelle on pourra reconnaître les points homologues et déterminer la différence de leurs abscisses. Il faut donc que la valeur absolue de p ne soit pas inférieure à 20 millimétres, afin que l’erreur de 1/5 de millimètre environ que l’on pourra commettre dans sa détermination n’en soit que la centiéme partie.»
3º. Les valeurs que nous avons trouvées précédemment pour la grandeur du champ commun font voir que sa plus petite dimension est dans le sens de la ligne de foi. Or il est de la plus haute importance que cette plus petite dimension soit assez considérable pour être vue sous un angle de 20 à 25 degrés, afin que l’observateur qui la regarde et qui dirige les espé riences puisse mieux se rendre compte des limites du champ commun et de l’intervalle de temps qu’il faut aux nuages soit pour y arriver, soit pour le traverser.
« Il résulte de ces considérations que la valeur de d qui conviendra aux régions inférieures de l’atmosphère ne peut aucunement convenir aux régions supérieures; on est donc conduit a séparer les nuages en plusieurs couches et à disposer les deux appareils à des distances différentes suivant les hauteurs plus ou moins grandes vers lesquelles on voudra diriger les opérations. On pourrait, par exemple, séparer les nuages en trois couches de la manière suivante :

La première ou couche inférieure s’étendant de 1000 à 3000 mètres.
La deuxiéme ou couche moyenne s’étendant de 3000 à 9000 ´´
La troisiéme ou couche supérieure s’étendant de 9000 à 15000 ´´
Alors les distances correspondantes des deux appareils seraient:
De 100 mètres pour opérer dans la couche inférieure,
De 300 - moyenne,
De 600 - supérieure.»
Au moyen de ces dispositions, la distance focale principale étant de 60 centimètres, les valeurs de p seraient comprises entre 60 et 20 millimétres pour les deux premiers cas et entre 40 et 24 millimétres pour le troisiéme. Ainsi, dans les circonstances les plus défavorables, la hauteur des nuages serait encore donnée à moins de de sa valeur, en admettant toutefois que les erreurs d’observation ne sortent pas des limites trés-probables que j’ai indiquées plus haut.« Pour me rendre compte de la netteté des images et de la rapidité avec laquelle on peut les obtenir, j’ai eu recours à l’obligeance de l’un de nos photographes les plus habiles, M. Bertsch, qui a été des premiers à imaginer ces procédés si merveilleux au moyen desquels on obtien, en moins d’une seconde, des portraits qui ne laissent rien à désirer. M. Bertsch a bien voulu me faire quelques images d’un ciel nuageux en y employant sa méthode et ses appareils; dans un temps trés-court, qui s’éléve a peine à un quart de seconde, il a obtenu des négatifs où tous les accidents des nuages se trouvent représentés avec une fidélité parfaite. Ces essais m’ont paru décisifs; ils démontrent que, dés a présent, on peut demander a la photographie de résoudre enfin toutes les principales questions qui se rapportent à la forme, à la distribution et à la hauteur des nuages.« Les expériences peuvent être disposées de la maniére suivante: Les deux appareils sout établis à la distance jugée convenable d’aprés l’aspect des nuages; chacun a son photographe et prés de lui une cabane fixe ou portative destinée aux manipulations, car elles doivent se faire assez rapidement quand il s’agit des procédés que l’on appelle instantanés. Vers le milieu de la ligne qui sépare les appareils, s’éléve une tige verticale munie d’alidades; là, un observateur se rend compte des limites du champ commun et du moment où les nuages qu’il veut observer viendront y prendre une bonne position; quelques minutes d’avance, il fait signe aux photographes de préparer les glaces. Cela fait, il choisit l’instant favorable, d’un seul coup de manivelle il ouvre à la fois et ferme à la fois les deux appareils: la lumiére a produit son effet, les glaces ont reçu leur impression, les images sont faites; il reste seulement à les fixer par les méthodes ordinaires. Enfin, elles peuvent à loisir être portées et étudiées dans le châssis de comparaison.» Tout ce qui précède se rapporte à des observations qui seraient faites seulement dans le voisinage du zénith ; si l’on voulait les étendre à toutes les portions du ciel, les appareils deviendraient plus compliqués à cause des expériences qu’il y aurait à faire pour assurer et vérifier le parallélisme des axes optiques. »

quinta-feira, 30 de julho de 2009

1855, 3 de Junho
L’AMI DES SCIENCES
T.
I
1er ANNÉE
Nº 22
Pag. 176

Deux épreuves photographiques fort intéresssantes en raison des conditions toutes nouvelles dans lesquelles elles ont été obienues et représentant des vers intestinaux (ascaride lombricoïde, l'un entier, l'autre ouvert) ont été présentées à l'assemblée générale de la Société française de photographie par M. Louis Rousseau , aide-naturaliste au Muséum. Voici comment l'auteur procède. L'objectif a reçu une position verticale, les vers ont été placés horizontalement sur une plaque de velours, dans une cuvette en cristal. II a pu les reproduire ainsi de grandeur naturelle et sans aucune déformation à travers une couche d'eau peu profonde.
1855, 11 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

Janvier-Juin
T.XL
Nº.24
Pag. 1266, 1267, 1268
PHYSIQUE APPLIQUEE. - Mémoire sur la transformation des dessins héliographiques en peintures indélébiles, colorées et fixées par les procédés de la décoration céramique ; par M. A. LAFON DE CAMARSAC. (Extrait par l’auteur.)

(Commissaires, MM. Regnault, Peligot, Séguier.)

» Je choisis pour subjectiles les métaux, les matières céramiques ; j’emploie les composés vitrifiables pour y tracer l’image; j’opère sur les dessins obtenus par les sels métalliques et sur ceux que fournissent les résines.
« Pour les dessins produits à l’aide du collodion, de l’albumine, de la gélatine et par les procédés ordinaires des sels d’argent, je développe l’image à l’azotate d’argent jusqu’à ce que les demi-teintes soient empâtées et disparues et que les grands noirs soient recouverts d’un épais dépôt quioffre l’aspect d’un bas-relief. L’épreuve est mise en suite à la moufle d’émailleur; les matières organiques disparaissent par l’action d’une chaleurconvenable. Le feu a dépouillé l’image et lui a rendu toute sa finesie.
J’opére sur des fonds blancs ou sur des fonds noirs ou colorés. Sur la porcelaine teintée, sur le verre coloré, sur l’émail brun ou noir, les blancs de l’image sont formés par le dépôt de métal réduit qui a pris au feu un très-grand éclat ; sur la porcelaine et l´émail blancs, sur le verre transparent, les noirs de l’image seront formés par le dépôt métallique que je traite alors par les dissolutions de sels d’étain, de sels d’or, de sels de chrome. Dans ce dernier cas, j’ai obtenu des colorations diverses trés-vigoureuses au sortir de la moufle, et présentant un brillant particulier semi-métallique. Une très-mince couche d’un fondant approprié et trés-fusible fixe l’image au subjectile, à la manière de la dorure et de l’argenture sur porcelaine. Sur l’émail, la fusion du dessous remplit le même office.
« Pour les dessins obtenus par la réaction de la lumiére sur les sels de chrome, dès que l’épreuve est dépouillée à l’eau distillée, je la soumets dans la moufle à une chaleur qui détruit la gélatine; le dépôt métallique demeure seul à la surface du subjectile. Les sels d’argent et de plomb superposés donnent à la cuisson des tons jaunes; les sels d’étain et d’or produisent des violets et des pourpres. Ces colorations se développent sous une couche de fondant qui recouvre ici le dépôt métallique. L’image présente l’aspect d’une peinture sur porcelaine.«
Les dessins fournis par les résines sont traités autrement. Je compose un enduit susceptible de recevoir l’application d’un cliché et d’être rendu facilement agglutinatif aprés l’exposition à la lumiére. Les dissolutions de bitume de Judée dans l’essence de térébenthine avec addition de colophane remplissent ce but. L’exposition à la lumiére étant terminée et le dissolvant ayant agi, je procéde à la substitution des couleurs céramiques à ce vernis qui doit être détruit par le feu. Les oxydes métalliques et leurs fondants, parfaitement broyés et séchés, sont déposés à la surface de l’image pendant qu’une chaleur douce et graduée restitue à l’enduit la propriété agglutinative qu’il avait perdue en séchant. Ces poussiéres d’émail, promenées sur tonte l’étendue du dessin, viennent suivre avec une grande délicatesse tous les accidents du dessous qu’elles pénètrent en partie et dont elles traduisent fidèlement les vigueurs et les finesses. La pièce est prête alors pour le feu;les matières organiques sont détruites, et l’image, formée de substances indestructibles, demeure fixée par la vitrification.
» Un des caractères remarquables de ces images, c’est l’aspect de sous-émail qu’elles présentent et qu’aucune autre peinture ne saurait fournir avec le même degré de perfection.»
Il n’est point de coloration que ne puisse prendre l’image héliographique ainsi traitée: elle peut être transformée en or et en argent aussi bien qu’en bleu et en pourpre; elle peut être incrustée dans la porcelaine avec les couleurs de grand feu elles-mêmes.
» En observant que, dans une même image, la lumiére en tracant les clairs a laissé une fidèle représentation des ombres, et que tout cliché négatif peut être transformé en cliché positif, j’ai été conduit à combiner, au moyen de repères, les deux impressions inverses et successives de la même image. En confiant à l’une de ces impressions les tons clairs et à l’autre les tons obscurs, j’obtiens le modéle des lumières par les ombres et celui des ombres par les lumières, avec l’infinie variété de nuances qui résulte de la combinaison. «
1855, 16 de Junho
JOURNAL DES ARTS DES SCIENCES ET DES LETTRES

Nº 5
Pags. 57-58

M. CARPENTIER. Notice sur Daguerre, brochure in-8°. Cette notice, récemment imprimée, est une des communications intéressantes de son auteur à la Société libre des Beaux-Arts. Il y retrace les beaux travaux de Daguerre comme peintre de décorations scéniques, comme fondateur, ateé Bouton, du Diorama où il a peint des tableaux remarquables; enfin comme inventeur de l'admirable découverte par laquelle parvint à fixer l'image de la chambre noire. M. Carpentier donne, à l'égard de cette découverte, des détails;sur les rapports de Daguerre avec Nièpce, qui, de son côté, cherchait aussi à résoudre le problème. Daguerre s'occupa même de chercher à conduire son procédé jusqu'à la coloration des objets, résultat qu'il croyait possible. Il fit part à M. Carpentier d'une expérience très-curieuse à ce sujet. « Il était parvenu, dit cet artiste, à trouver des substances qui avaient la propriété, lorsqu'elles étaient étendues sur le papier, fixé sur une bande de carton, d'absorber séparément les trois couleurs primitives, le rouge; le jaune et le bleu... Pour obtenir cet effet merveilleux, il avait préparé trois cartons; l'un pour absorber le rayon rouge de la lumière solaire, un second pour le rayon jaune, un troisième pour le rayon bleu. Muni de ces trois bandes de carton et placé dans une pièce entièrement privée de jour, mais dans laquelle il pouvait voir par une ouverture pratiquée au mur et qu'il fermait à volonté, il présenta ensemble ses trois cartons à la lumière du-soleil, et au bout de quelques minutes il les retira dans l'intérieur de la pièce et referma l'ouverture; mais quelle fut sa surprise! les trois substances qui avaient absorbé de la lumière, les rayons rouge, jaune et bleu, étaient lumineuses; et dit-il, il se manifesta dans cette pièce obscure une clarté égale à celle d'un rayon de soleil qui y aurait pénétré. Il nous expliqua ensuite là difficulté et, pour ainsi dire, l'impossibilité de préparer un subjectile, soit en papier, soit en métal, propre à recevoir une image colorée par le moyen de ces mêmes substances, et de les combiner entre elles aux places où elles devraient-être pour absorber tant de parties de rayon rouge, tant de jaune et tant de bleu afin d'obtenir ces millions de teintes et de tons différents qu'offre la nature des objets, selon la formation de leurs molécules; formation et disposition qui déterminent chez elles cette variété infinie de couleurs et de nuances dont le nombre est vraiment incalculable, etc.
»Retiré à Bry-sur-Marne, Daguerre se plut à orner la petite église de la commune. Il fit construire, derrière le choeur, une pièce de trois à quatre mètres de profondeur et de toute la largueur du bâtiment, dont il fit venir la lumière par le haut. Ce petit espace contient un tableau où il peignit une vaste église gothique; la vue en est prise du jubé qui y est représenté et qui fait suite à l'église réelle. Ce diorama produit un effet magique.
Au milieu de sa retraite, il cherchait les moyens d'obtenir de nouveaux perfectionnements photographiques. La peinture au pastel attira aussi son attention ; il chercha à fixer cette peinture de manière à l'empêcher de se détériorer. Malheureusement l'impitoyable mort vint l'enlever à ses travaux. Il mourut le 10 juillet 1851.
1855, 17 de Junho
L’AMI DES SCIENCES

T. I er ANNÉE
Nº 24
Pag. 191

REVIVIFICATION DES PHOTOGRAPHIES SUR PAPIER. – Soit qu'on les tienne exposées à l'air, soit qu'on les conserve au fond de cartons, nombre de photographies sur papier s'altérent, pâlissent et passent complétement au bout de quelques années. A quoi tient ce fâcheux résultat? C'est ce qu'on ne saurait dire exactement. On s'accorde cependant à l'attribuer à l'hyposulfite de soude dont on se sert une fois l'image formée, pour dissoudre l'excès des matières sensibles ; on sait qu'il est très-difficile de purger entièrement le papier de ce sel, et la difficulté est telle que M. Humbert de Molard propose de renoncer à l'hyposulfite et de lui substituer l'ammoniaque. Mais enattendant, doit-on regarder comme perdues les épreuves qui ont pâli? Non; il y a, paraît-il, un remède. MM. Davanne et Girard annoncent à la Société française de photographie que les sels d'or ont la propriété de revivifier les tons qui ont pâli et de ressusciter, les épreuves passées; si l'on prend une épreuve positive, quelque passée qu'elle soit , et qu'on la trempe dans un bain de chlorure d'or assez concentré, l'épreuve se trouve dans tous les cas revivifiée, mais avec des aspects diffërents et avec des teintes qui varient depuis le rouge jusqu'au bleu et au noir, suivant la manière d'opérer. En effet, la réaction est complexe : il y a précipitation d'or métallique et formation d'un chlorure d'argent qui noircit à la lumière ou qui se dissout suivant qu'on opère en plein jour ou qu'on s'en garantit pour faire agir ensuite l'hyposulfite de soude.
1855, 17 de Junho
L’AMI DES SCIENCES

T. I er ANNÉE
Nº 24
Pag. 191

PHOTOGRAPHIE APPLIQUEE A L’ANATOMIE. – Nous parlions derniérement d'une épreuve photogaphique obtenue par M. Louis Rousseau dans des conditions toutes nouvelles et des plus intéressantes. Nous avons sous les yeux deux autres planches du même savant et du même artiste qui méritent une mention spéciale. L'une représente de face et l'autre de profil le crâne d'un enfant de sept ans dont les mâchoires mises à découvert laissent voir comment s'opére la dentition chez l'homme. Une première rangée est complèle, c'est celle des dents de lait; celles de la seconde dentition ou de sagesse, encore enfoncées tout entières dans les alvéoles, sont prêtes à remplacer les premières à mesure que celles-ci tomberont. II est aisé de se rendre compte de la marche que suivra cette opération ; les incisives sortiront évidemment les premiéres, puis viendront les canines plus éloignées, et enfin les molaires, dont quelques-unes seulement existent déjà. - De tels dessins valent les pièces anatomiques elles-mêmes.
1855, 18 de Junho
COMPTE RENDU DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

Janvier-Juin
T.XL Nº.25
Pag. 1311

M. REGNAULT présente, au nom de M. Taupenot, une série d’épreuves photographiques faites par le procédé d’albumine sur collodion, et dans des circonstances qui, dit l’auteur, prouvent la possibilité d’obtenir un plein succès en opérant à sec sur des plaques préparées a l’avance.