Mostrar mensagens com a etiqueta 1858. Mostrar todas as mensagens
Mostrar mensagens com a etiqueta 1858. Mostrar todas as mensagens

quarta-feira, 27 de maio de 2009

1858, 1 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 5
Pag. 199, 200, 201
*
ASTRONOMIE. - Images photographiques de La Lune.

Profitant du retour a Paris de M. de Verneuil, le P. Secchi envoie à l’Académie les extraits de quelques publications faites dans l’année 1857.

« Pendant les belles soirées du mois passé (décembre 1857), avec l’assistance de deux amateurs de photographie, j’ai pris plusieurs phases lunaires dans le double but de recueillir les matériaux pour une sélénographie, et d’examiner plusieurs questions relatives à l’action chimique propre des différents corps célestes. Par rapport à la sélénographie, ces photographies partielles ne peuvent donner avec netteté qu’une lisière assez étroite près de la limite d’illumination, car le reste étant sans ombre marquée ne présente que le contour des taches principales, comme on le voit à la pleine lune. Ces images isolées ne peuvent servir à tous indistinctement, mais sont précieuses pour l’astronome, car, en superposant successivement les diverses phases, on obtiendra la lune entière. Cette superposition cepéndant est difficile à bien réussir, à cause de la libration, qui déplace sensiblement les taches relativement aux bords. Mais, même avec ce secours, les nombreux détails de notre satellite ne pourront, dans l’état actuel de l’art photographique, être représentés avec les détails que l’oeil decouvre; cependant on obtiendra ainsi un canevas précieux et exact. Les nombreuses épreuves que j’ai recueillies seraient déjà suffisantes pour la sélénographie entière, et il ne reste qu’un ouvrage de patience et de temps, plus approprié a un artiste qu’à un astronome.
« Mais l’étude principale à laquelle ces expériences étaient destinées, était la connaissance du pouvoir chimique de la lumière lunaire dans ses différentes phases, et comparativement aux autres corps célestes. Pour cela, nous avons renoncé à prendre des positives directes sur collodion, ce qui pouvait se faire avec une exposition d’un très-petit nombre de secondes, mais avec une incertitude trop grande pour la mesure de la force, et nous avons préferé les négatives sur collodion ordinaire. La question du temps était, du reste, tout à fait secondaire avec un instrument comme notre équatorial, qu’on peut tenir absolument fixe sur un même point plusieurs minutes sans difficulté, et avec un peu d’adresse on peut très-bien régler son mouvement, même pour suivre la lune en déclinaison aussi longtemps qu’on veut.
» Les résultats obtenus sont les suivants: Quand la lune est pleine, six secondes suffisaient pour avoir une trace de l’impression des parties plus claires en négative. Avec deux minutes d’exposition, on obtenait une épreuve vigoureuse qui paraissait au premier contact du liquide révélateur, et avait. tous les détails nécessaires à faire un fond général de carte lunaire. Dans la phase du premier quartier, cinq ou six minutes sont nécessaires pour obtenir la même force d’impression, même pour la partie la plus éclairée de la phase; les parties qui sont faiblement illuminées près des bords intérieurs de la phase, sont à peine arrivées à une teinte suffisante. Il est bien entendu qu’on employait toujours des préparations identiques et qu’on répétait au moins trois fois l’expérience chaque soir, la lune étant a peu prés à une hauteur, sinon égale, du moins pas trop différente. Pendant la phase du sixième jour, le temps est monté à six minutes et demie et pour celle du cinquième, même avec sept minutes et demie, on eut une impression assez faible. Le quatrième, la lune était trop basse pour servir de règle. On voit donc qu’il y a une grande différence de force dans ces époques, et il est remarquable que les nombres qui exprimeraient la force de radiation pour les phases différentes sont encore ici plus petits que ceux déduits, par Lambert, des considérations théoriques de phototmétrie. Selon cet auteur, le rapport de la lumière entre la lune pleine et le premier quartier serait : : 66 : 42, ou approximativement : : 3 : 2, et noous trouvons l’action chimique : : 3 : 1 environ. Dans une autre communication, j’ai déjà remarqué que la théorie de Lambert est en défaut, même en cela qu’il trouve le centre plus lumineux que le bord, ce qui n’a pas lieu dans la lune pleine.
» Mais la chose la plus singulière et la plus intéressante est la cornparaison de la lumiére de la lune avec celle de Jupiter. La lune étant à son premier quartier, et pas trés-éloignée de Jupiter, nous photographiâmes tous les deux successivement, et nous trouvâmes que Jupiter donnait en un moindre temps (quatre minutes) une impression au moins aussi vigoureuse que la partie la plus claire de la lune: ses bandes étaient très-marquées et il y eut trace encore de quelqu’un des satellites. Cependant de cette seule observation on ne pourrait conclure absolument rien en faveur de la puissance de la lumière de Jupiter, car la position des deux astres était alors assez différente relativement au soleil; il fallait nécessairement attendre une position à peu prés semblable en élongation. Ayant donc répété les expériences le jour avant la pleine lune, ontrouva le temps pour Jupiter environ deux fois plus long que pour la lune. Ainsi quoique la lumière absolue de Jupiter soit moindre que celle de la lune, cependant réfléchissant sur sa distance au soleil (cinq fois environ plus grande que celle de la lune) et la diminution de la lumière en raison du carré des distances, on ne peut échapper à la conséquence que proportionnellement, la force de la lumière de Jupiter est plus grande que celle de la lune. On est donc conduit à admettre, pour le premier astre, une atmosphère plus réfléchissante que le sol sombre et volcanique de notre satellite, ce qui, du reste, s’accorde bien avec la facilité relative avec laquelle on peut appliquer de forts grossissements à Jupiter en le regardant avec la lunette, pendant qu’en proportion la lumière de la lune devient alors très-faible. Dans une matière aussi vague que l’évaluation des forces chimiques, il serait difficile d’avoir des nombres plus exacts, mais même ces aperçus ne seront pas sans intérêt; et on voit d’après ceux-ci qu’il n’est pas absurde de croire qu’un jour peut-être des réactifs chimiques convenablement choisis pourront nous révéler la qualité des matériaux dont sont formés les corps célestes.
« Je finirai par une question: On sait combien le peuple et surtout les agriculteurs attribuent d’influente à la lune: parmi les cultivateurs des environs de Rome, il est admis en principe que certains légumes ne doivent pas se semer à lune obscure (nouvelle ou près de la conjonction), car alors ils se développent trop vite, et au contraire ils se développent moins s’ils sont semées a lune pleine. Je ne connais pas d’expériences soignées a ce sujet; mais en supposant cela exact, on pourrait en trouver la raison dans la force stimulante des rayons lunaires, car les plantes tendres semées à la lune obscure se trouveraient sortir de la terre à peu près à la pleine lune, et il est très-probable que la force des rayons lunaires est alors suffisante dans les pays où I’atmosphère est très-pure pour accélérer la végétation, bien plus qu’il n’arriverait si les plantes étaient déjà dans un âge plus avancé. Au contraire étant semées à lune pleine, elles se trouveront sortir de la terre à lune obscure, et elles passeront la période de leur plus grande sensibilité à l’abri de cette lumiére nocturne. Quoi qu’il en soit, l’influence de la lune ne doit pas être nulle sur la végétation si elle est sensible sur les réactifs ordinaires. »

1858, 1 de Fevereiro

1858, 1 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 5
Pag. 249,250
*
M. Chevreul, au nom de M. Niepce de Saint-Victor, dépose sur le bureau deux photographies exécutées conformément aux faits découverts par M. Niepce de Saint-Victor et communiquée à l’Académie par M. Chevreul.
M. Chevreul fera connaître, dans une des prochaines séances, de nouveaux faits découverts par M. Niepce de Saint-Victor.

1858, 22 de Fevereiro

1858, 22 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 8
Pag. 247
*
M. Koehler (Joseph) adresse de Reichenberg (Bohème) une Note coucernant une méthode qui lui est propre pour la fixation des images photographiques sur papier. Il signale divers inconvénients qu’il a reconnus à la méthode communément employée et dont la sienne serait exempte. Il ne fait pas connaître les substances qu’il emploie, mais il est disposé à envoyer une description complète de son procédé dans le cas où l’Académie voudrait le faire examiner par une Commission. Cette Lettre est la seconde qu’iladresse dans le même but a l’Académie, mais la première n’est pas parvenue.

1858, 1 de Março

1858, 1 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 9
Pag. 448, 449, 450, 451
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Deuxième Mémoire sur une nouvelle action de la lumière; par M. Niepce de Saint -Victor. (Extrait.)

« Il y a deux manières de mettre en évidence l’actiou exercée par la lumière sur les corps qui ont été frappés par elle, dans les circonstances que j’ai signalées récemment aux observateurs. La première, celle que j’ai décrite dans un premier Mémoire, consistait à exposer au soleil, ou même à la lumière diffuse du jour, un dessin quelconque, une gravure par exemple, qu’on appliquait ensuite sur une feuille de papier sensible, préparée au chlorure d’argent. La seconde manière que je vais décrire est plus concluante encore.
« On prend une feuille de papier restée plusieurs jours dans l’obscurité; on la couvre d’un cliché photographique sur verre ou sur papier; on l’expose aux rayons solaires pendant un temps plus ou moins long, suivant l’intensité de la lumière, on la rapporte dans l’obscurité; on enlève le cliché qui la couvre, et on la traite par une solution d’azotate d’argent: on voit alors apparaître, dans l’espace de très-peu de temps, une image qu’il suffit de bien laver dans de l’eau pure pour la fixer. Si l’on veut obtenir une image plus rapide dans son développement et plus vigoureuse, on imprégnera préalablement la feuille de papier d’une substance qui subisse dans un plus haut degré que lui l’action lumineuse dont il est question dans ce Mémoire, action d’emmagasinement, si l’on peut s’exprimer ainsi, avec persistance de l’activité lumineuse. Une substance de ce genre très-efficace est une solution aqueuse d’azotate d’urane, que l’on obtient, soit en traitant l’oxyde d’urane par l’acide azotique dilué, soit en faisant dissoudre dans l’eau des cristaux d’azotate d’urane.
« La feuille de papier doit être imprégnée de sel d’urane en assez grande quantité pour que sa teinte soit d’un jaune paille sensible; on la fait sécher et on la garde dans l’obscurité. Quand on veut expérimenter, on la recouvre d’un cliché; on l’expose au soleil environ un quart d’heure, on la rapporte dans l’obscurité; on la traite par une solution d’azotate d’argent, et l’on voit instantanément apparaître une image positive très-vigoureuse, avec la teinte marron des épreuves ordinaires. Pour la fixer, il suffit de l’immerger dans de l’eau pure, afin de dissoudre toute la portion du sel d’urane, qui, abritée par les noirs du cliché, n’a pas requ l’action de la lumière.
« Si, après avoir bien rincé l’épreuve à l’eau pure, on veut la faire virer au noir, on n’aura qu’a la traiter par une solution de chlorure d’or acide. Ou bien, pour obtenir le même résultat, on n’aura qu’à passer l’épreuve sortant de l’exposition à la lumière dans une solution de bichlorure,de mercure et l’y laisser quelques minutes seulement, selon le temps d’exposition à la lumière qui doit être trois fois plus long que dans le premier cas; la rincer à l’eau pure, et la traiter ensuite par une solution d’azotate d’argent dans laquelle on la laisse jusqu’à ce que l’image soit entièrement développée avec un beau ton noir d’ébène; on la rince après a l’eau pure pour la fixer.
» Si, après l’insolation de la feuille de papier imprégnée de sel d’urane, on substitue à la solution révélatrice d’azotate d’argent une solution de chlorure d’or acide, on verra l’image apparaître instantanément en bleu très-intense; on la fixera également par un lavage a l’eau pure.
« On peut aussi obtenir des épreuves négatives pour servir de clichés: en plaçant dans la chambre obscure une feuille de papier imprégtiée d’azotate d’uirane. Ce procédé étant très-lent, daus l’état actuel des choses, ne pourra servir qu’a prendre des vues de monuments, mais il est des plus simples et des plus faciles.
» Ces images photographiques obtenues, comme on vient de le dire, avec un sel d’urane et le concours d’un sel d’or, ou d’argent, ou de mercure, résistent à l’action énergique d’une solution bouillante de cyanure de potassium, l’eau régale seule les altère; tout fait donc espérer qu’elles seront beaucoup plus stables que les photographies faites par les procédds actuels, et que ce nouveau mode d’impression des positifs, très-simple et très-rapide, est la solution cherchée du problème si important de la fixation absolue des images photographiques.
« La solution d’azotate d’urane peut étre remplacée par une simple solution d’acide tartrique. L’image se développera encore lorsqu’on traitera le papier insolé par l’azotate d’argent, mais plus lentement, à moins qu’on ne fasse intervenir l’action d’une chaleur de 30 à 40 degrés. L’élévation de température, utile seulement quand l’agent révélateur est un sel d’argent, devient nécessaire quand on veut développer au sel d’or. La chaleur, dans ce cas, fait fonction d’agent excitateur, et elle partage cette propriété avec d’autres agents naturels, l’humidité par exemple, comme nous le dirons bientôt
« Un dessin tracé sur une feuille de carton avec une solution d’azotate d’urane, ou d’acide tartrique, exposé à la lumière ou isolé, et appliqué sur une feuille de papier-sensible préparée au chlorure d’argent, imprime son image, et une image beaucoup plus intense que lorsque le dessin était tracé, comme dans une première expérience, avec le sulfate de quinine. Je crois même pouvoir affirmer, après de nouvelles et nombreuses expériences, que si avec le sulfate de quinine j’ai obtenu des images un peu intenses, c’est que j’opérais avec du sulfate dissous dans l’acide tartrique; car si l’on opère avec une solution de sulfate de quinine dissous dans l’acide azotique ou sulfurique, les images obtenues sont faibles et superficielles.
« Si le dessin fait sur le carton avec la solution d’urane ou d’acide tartrique est tracé à gros traits, il se reproduira, à 2 ou 3 centimètres de distance du papier sensible, surtout si la température est un peu élevée.
« Les expériences suivantes montrent combien est grande l’influence de la chaleur. En recouvrant d’une plaque métallique chauffée à 50 degrés l’ensemble du carton qui porte le dessin insolé et la feuille de papier sensible préparée au chlorure d’argent, j’ai vu l’image apparaître en quelques minutes, tandis qu’il aurait fallu attendre deux ou trois heures, si la température avait été à zéro, pour voir naître une impression légère, et vingt-quatre heures au moins pour obtenir le maximum d’action.
» J’ai pris deux morceaux de papier sensible preparé au chlorure d’argent; j’ai placé un morceau sur une plaque métallique chauffée à 60 degrés environ, l’autre sur un marbre à la température de zéro, et j’ai vu dans les mêmes conditions de lumière le morceau placé sur la plaque chauffée noircir beaucoup plus vite que le morceau placé sur le marbre.
« J’ai répété avec des cartons imprégnés d’urane ou d’acide tartrique mes premières expériences sur l’emmagasinement de la lumière dans des tubes, et j’ai obtenu des résultats beaucoup plus frappants, surtout avec l’acide tartrique, qui réduit moins facilement les sels d’or et d’argent que l’urane, mais qui donne un rayonnement plus fort.
« J’expose à la lumière solaire une feuille de carton très-fortement imprégnée de deux on trois couches d’une solution d’acide tartrique ou de sel d’urane; après l’insolation je tapisse avec le carton l’intérieur d’un tube de fer-blanc assez long et d’un diamètre étroit; je ferme le tube hermétiquement, et je constate, après un trés-long laps de temps, comme le premier jour, que le carton impressionne le papier sensible préparé au chlorure d’argent. A la température de l’air ambiant, il faut vingt-quatre heures pour obtenir le maximum d’effet; mais si, après avoir projeté dans le tube quelques gouttes d’eau pour humecter légèrement la feuille de carton, on le referme, on l’expose à une température de 40 à 50 degrés, on l’ouvre et on applique son embouchure sur la feuille de papier sensible, il suffira de quelques minutes pour obtenir une image circulaire de l’embouchure aussi vigoureuse que si le papier sensible avait éte exposé au soleil. L’expérience ne réussit qu’une fois, c’est-à-dire que la lumière semble s’être échappée tout entière du carton, et que, pour obtenir une seconde image, il faudra recourir à une seconde insolation.
« Les sels d’urane sont très-fluorescents, comme on le sait, et l’azotate d’urane cristallisé est de plus très-phosphorescent par percussion; mais j’ai constaté a la lampe électrique que l’acide tartrique pur n’est nullement fluorescent, ou qu’il ne devient nullement lumineux sous l’action des rayons les plus réfrangibles du spectre obtenu avec la lumière électrique, ou sous l’action de la lumière solaire; il m’a été egalement impossible de découvrir quelque phosphorescence dans des cristaux d’acide tartrique (1) ([i]).
([i]) (1) Ce n’est donc pas à la phosphorescence ou à la fluorescence seule qu’on peut attribuer la propriété remarquable que possèdent les solutions d’urane et d’acide tartriquede se saturer en quelque sorte de lumière.

1858, 1 de Março

1858, 1 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 9
Pag. 452, 453
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE.-Procédé de gravure et de damasquinure héliographique; par M. Ch. Nègre (Extrait.)

(Commissaires, MM. Dumas, Milne Edwards, Séguier.)

« J’étends sur une plaque de métal une couche de vernis impressionnable, composé soit de gélatine additionnée de bichromate de potasse, soit de bitume dissous dans l’essence ou dans la benzine. Cette couche de vernis est ensuite impressionnée à la lumière, à travers un cliché négatif retourné, ou à travers une épreuve positive ordinaire, selon que je me propose d’obtenir une planche gravée pour l’impression en taille-douce, ou pour l’impression typographique. J’enlève ensuite, au moyen d’un dissolvant composé d’huile de naphte ou de pétrole, de benzine et d’essence, les parties de la couche de bitume qui ont été préservées de l’action de la lumière. (Pour la gélatine ou les gommes, on se sert de l’eau comme dissolvant.) Considérant alors l’image héliographique formée d’une de ces matières organiques comme simple réserve ou vernis isolant, je fais déposer directement par la galvanoplastie, sur toutes les parties du métal mis à nu par le dissolvant, une couche d’un métal moins oxydable que la plaque de métal sur laquelle on opère. Sur le zinc, le fer et l’acier, je fais des dépôts de cuivre, d’argent, d’or, etc. Sur le cuivre et ses alliages, sur l’argent, l’étain, etc., je fais des dépôts d’or.
» L’image héliographique formée par la matière organique impressionnée étant ensuite enlevée au moyen d’une essence, de la benzine, ou par le frottement, il reste sur la plaque une image formée, d’une part par le métal servant de support remis à nu, et de l’autre par la couche d’un métal différent déposé par la pile. L’action du vernis impressionnable se borne donc, dans cette opération, à la reproduction de l’image héliographique, puisqu’il disparait de la plaque, et que c’est la couche d’or déposée qui la remplace et préserve de l’acide les parties de la plaque qui doivent rester en relief.
» Je me sers, pour creuser les parties du dessin non garanties par le dépôt galvanique, d’un acide étendu d’eau, qui n’ait aucune action sur le métal déposé, ou d’un courant galvanique. Pour le zinc, le fer et l’acier, je me sers de l’acide sulfurique, si le dépôt protecteur est formé de cuivre ou d’argent, et j’etnploie l’acide nitrique, pour l’acier, le cuivre, l’argent, etc., si le dépôt protecteur est formé d’or. Le métal à creuser est plongé, comme anode, dans une dissolution neutre d’un sel soluble de ce métal ou d’un autre métal de même nature.
» Une épreuve tirée à l’encre grasse, d’une planche héliographique déjà gravée, ou d’une impression photographique sur pierre lithographique ou sur zinc, et transportée sur métal, donne également, étant traitée comme la réserve héliographique, des planches gravées en creux ou en relief. »

1858, 8 de Março

1858, 8 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 10
Pag. 479, 480, 481, 482
*
ASTRONOMIE. - Indications soumises aux photographes, relativement à l’éclipse du 15 mars; par M. Faye.

« Lorqu’une éclipse n’est ni totale ni annulaire en un lieu donné, les seuls contacts extérieurs peuvent être observés; ces observations ne fournissent donc que deux équations de condition basées sur ce que la distance angulaire des centres des deux astres est égale, aux instants notés, a la somme de rayons de leurs disques apparents. En outre ces instants ne sont pas susceptibles d’une détermination précise, car on n’apercoit le disque de la lune qu’au moment où il a entamé déjà celui du soleil d’une quantité appréciable; aussi les éclipses partielles n’ont-elles pas présenté jusqu'à présent un bien vif intérêt. A la vérité, si l’on mesure avec un micromètre la corde du petit arc alors visible de la lune, on peut en déduire la distance actuelle des centres; mais si l’on voulait utiliser d’une maniére analogue l’instant de la plus grande phase, il faudrait, pour donner au calcul quelque valeur, y introduire l’effet encore inconnu de l’irradiation (je comprends ici sous ce mot l’amplification qu’une partie quelconque du disque solaire subit, pour quelque cause que ce soit). Or, comme il est établi que cet effet varie avec la lunette et avec l’observateur, on conçoit combien la distance des centres déduite d’une mesure de l’épaisseur du mince croissant solaire est peu digne de confiance et peu propre à servir de base à une équation de condition analogue a celles des contacts intérieurs dans les éclipses totales ou annulaires.
« La photographie nous permet, je crois, de lever cette difficulté et de donner à l’observation des éclipses partielles une importance que ces phénoménes si fréquents n’ont point encore eue.
» Supposons que des empreintes photographiques aient été prises dans l’ordre suivant;
« 1º. Au premier contact extérieur ;
« 2º. Vers l’instant de la plus grande phase;
« 3º. Au deuxième contact extérieur.
« 4º. Supposons, en outre, qu’à midi vrai deux empreintes d’un même bord du soleil sur une plaque immobile aient été prises à deux minutes d’intervalle.
« Sur les épreuves on mesurera, avec un microscope armé de fils et glissant surm un chariot le long d’une règle divisée en millimètres, le rayon du disque du soleil, celui du disque de la lune, les distances des cornes, l’épaisseur de la plus grande phase, etc.; on déduira ensuite de ces mesures, par le calcul, les distances des centres aux instants observés; enfin on réduira ces mesures en secondes d’arc à l’aide de la quatrième épreuve, qui fournit l’échelle de réduction. Il est facile de voir que les résultats ainsi obtenus seront entièrement indépendants des effets multiples de l’irradiation, bien que les éléments du calcul en soient tous affectés. Examinons en effet la distance des centres, à l’instant de la plus grande phase. Désignant par R et r les rayons du soleil et de la lune mesurés précédemment, par e l’épaisseur du croissant solaire photographié, par D la distance des centres, nous aurons
R+D = r + e.

» Si maintenant α représente l’effet inconnu de l’irradiation, les valeurs réelles seront R - α, r + α, e - 2 α, qui, substituées dans l’équation précédente, donneraient à D la même valeur que R, r et e, car l’inconnue α s’y élimine d’elle-méme.
« Quant à la précision du résultat, elle dépend de l’exactitude avec laquelle on aura obtenu les diamètres apparents et factices des deux astres, ainsi que l’épaisseur e, mais il est bon de noter ici que les erreurs constantes, telles que celle de l’échelle de réduction des mesures linéraires en secondes, seront sans influence appréciable dans le cas ou e serait très-petit (à Ouessant, à Brest, par exemple). L'observation de la plus grande phase devient donc susceptible de fournir une équation de condition et de remplacer les contacts intérieurs qui manqueront totalement en France. Quant aux contacts extérieurs, on y supplée par la mesure de la distance des cornes qui est indépendante de l'irradiation (1) ([i]); mais ici encore l'avantage reste àla photographie, car la ligne des cornes change continuellement de grandeur et de direction, ce qui en rend la mesure directe fort difficile, tandis qu'on opère loisir sur une épreuve instantanée.
« Ce qui précède est fondé sur ce que la mesure des disques des deux astres, sur l'épreuve de la plus grande phase, donne au rayon de la lune une valeur trop petite de la quantité même dont l'irradiation a grandi celui du soleil. Il ne peut y avoir de doute à ce sujet qu'en ce qui regarde les extrémités mêmes des cornes, lorsqu'elles sont très aiguës (2) ([ii]); mais il faut remarquer que dans le cas des empreintes relatives à la plus grande phase, ces cornes n'interviennent pas nécessairement dans la mesure du rayon de la lune: rien n'empêche de choisir une corde autre que celle des cornes, lesquelles pourraient d'ailleurs être tronquées par les aspérités du bord de la lune.
« A ces indications, j'ajouterai les remarques suivantes:
« Afin d'annuler autant que possible l'effet des ondulations atmosphériques, il convient de prendre successivement plusieurs empreintes pour chacune des phases énumérées plus haut.
» Pour accroître le nombre des données et la certitude des résultats, il convient de régler au niveau un des bords de la plaque sensible, de manière à lui donner une direction bien horizontale.
« Pour noter le temps, il convient de découvrir la plaque à un battement déterminé de la pendule ou du chronomètre, en comptant d'avance les secondes de manière à en bien sentir le rhythme, et en figurant, à chacune d'elles, le mouvement qui doit introduire instantanément la lumière du soleil dans la chambre obscure. De cette manière l'erreur sur l'heure sera sensiblement nulle, en tant qu'elle dépend du photographe (1) ([iii]) .
» Enfin si l'observateur est muni d'une lunette méridienne bien réglée, il pourra déterminer photographiquement l'état de son chronomètre par le passage du soleil au méridien, en prenant, à des secondes déterminées d'avance, plusieurs empreintes du soleil et des fils du réticule pendant que l'astre traverse le champ de la lunette.
« J'ai pensé que ces indications seraient accueillies favorablement par les photographes que j'invite depuis bien des années à prendre pied sur le domaine de l'astronomie, où une belle part leur est réservée. L'éclipse prochaine donnera la mesure de ce qu'ils peuvent pour cette science. Si même il se rencontrait cette fois, dans l'exécution, quelque difficulté imprévue, on serait averti du moins et l'on se préparerait mieux pour d'autres occasions plus importantes encore, telles que la belle éclipse totale que nous irons observer dans deux ans en Espagne, à Alger, sur les bords de la mer Rouge et sur ceux de l'océan Pacifique. »
([i]) (1) La formule approchée D = (R + r ) , où C représente la petite distance des cornes, prouve que le C mesuré directement n'est pas sensiblement affecté de l'irradiation; quant à R + r, l'irradiation s'y élimine d'elle-même ; on peut donc emprunter cet élément aux Tables et en faire figurer l'erreur comme une indéterminée dans toutes les équations de condition, parce qu'elle est la même pour tous les observateurs; mais il n'en saurait étre ainsi de R - r dans l'équation relative à la plus grande phase, car, là, la mesure de l'épaisseur e est affectée du double de l'irradiation tout comme R - r, c'est-à-dire d'une erreur variable de 0 à 5 secondcs, 6 secondes ou même 7 secondes, selon l'instrument et I'observateur, et il est impossible de séparer ces deux effets qui s'annulent.
([ii]) (2) Cependant, comme l'irradiation dépend de l'intensité de la lumière, et que l'intensité varie du bord au centre sur le disque du soleil, régale irradiation à l'intérieur et à l'extérieur du croissant pourrait n’être admissible, en route rigueur, que dans les éclipses où ce croissant est très-mince.
([iii]) (1) C'est là un des avantages les plus marqués de la méthode photographique. Tandis que le photographe pourra répondre à quelques centièmes de seconde près de l'heure àlaquelle répond chaque épreuve (sur son chronomètre ou sa pendule), l'astronome reste incertain de plusieurs secondes sur l'heure des contacts extérieurs qu'il a observés et d'une durée également très-appréciable sur l'heure des cornes qu'il a mesurées micrométriquement.

1858, 8 de Março

1858, 8 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 10
Pag. 489, 490, 491
*
MÉMOIRES Présentés.

PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Suite du deuxième Mémoire sur une nouvelle action de la lumière; par M. Niepce de Saint Victor

(Réservé, sur la demande de M. Chevreul, pour le futur concours du prix Trémont.)

« L’intensité d’activité persistante est plus ou moins forte selon la nature de la substance, la durée plus ou moins longue de l’exposition, les circonstances atmosphériques dans lesquelles l’exposition a lieu, etc. Elle a ses limites,. c’est-à-dire qu’il est pour chaque substance à un maximum d’activité, et quand elle l’a atteint, l’insolation prolongée n’y ajoute plus rien.
« Un corps devenu actif par insolation conserve pendant plusieurs jours, dans l’obscurité et à l’air libre, la faculté d’agir sur les sels d’or et d’argent; il finira par perdre cette propriété, mais on peut la lui rendre par une insolation nouvelle, pourvu toutefois que la substance n’ait pas été altérée ou modifiée dans sa composition chimique, comme le sont, par exemple, les iodures et les bromures.
« Le papier imprégné d’azotate d’urane présente une propriété remarquable: il se colore sous l’influence de la lumière et devient insoluble; se décolore ensuite dans l’obscurité et redevient soluble au bout de quelques jours pour se colorer de nouveau à la lumière; il réduit les sels d’or et d’argent tant qu’il est coloré et insoluble.
« L’activité persistante communiquée à un corps par la lumière ne s’exerce pas seulement sur les sels d’or et d’argent, mais sur plusieurs des substances organiques ou inorganiques que la lumière affecte ou modifie par son action directe.
« Ainsi un corps rendu actif par l’insolation transmettra cette activité par contact et dans l’obscurité à un autre corps, l’acide tartrique par exemple.
« Le bichromate de potasse devient, sous cette même influence, insoluble dans l’eau comme il le deviendrait par son exposition au soleil; mais le vernis héliographique à base de bitume de Judée et la résine de gaïac résistent à l’activité persistante du papier imprégné de sel d’urane ou d’acide tartrique et insolé.
« Je me propose de rechercher dans des expériences ultérieures si l’activité persistante déterminera la combinaison du chlore et de l’hydrogène; si elle s’acquerra dans le vide lumineux, etc. Une gravure mouillée et insolée se reproduit trés-bien sur le papier sensible; mais si elle est couverte de quelques millimètres d’eau, elle ne se reproduit plus, même dans une solution d’un sel d’urane ou d’acide tartrique.
« La gélatine mêlée à un sel d’urane, et exposée à la lumière, devient insoluble comme si elle avait été mêlée à du bichromate de potasse.
« J’ai constaté ce fait remarquable, que les blancs d’une gravure imprégnée d’un sel d’urane ou d’acide tartrique et insolée s’impriment très-bien sur le papier sensible préparé au chlorure d’argent, sans que les noirs laissent la moindre trace d’action.
« Il en est de même d’un dessin à l’encre aqueuse et d’une feuille de papier noircie au noir de fumée.
« Il sera curieux d”étudier l’action du spectre solaire sur un carton imprégné d’acide tartrique qui n’est pas fluorescent ou ne devient pas lumineux sous l’influence des rayons ultra-violets ou invisibles que M. Stokes le premier a rendus visibles par la fluorescence; quels seront les rayons qui, après l’iasolation, imprimeront plus fortement leur image, les plus remarquables ou les moins réfrangibles? l’expérience répondra.
» Les épreuves photographiques que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie ont été faites par, M. Victor Plumier, photographe trés-habite; il a réussi du premier coup dans l’application de mon nouveau procédé d’impression. des positifs, ce qui me fait espérer que ce procédé entrera sans peine dana la pratique et constituera un progrés grandement désiré.
« On me saura peut-être gré d’indiquer en terminant un mode de reproduction des gravures à l’aide des vapeurs de phosphore, lesquelles, comme je l’ai dit dans un Mémoire publié en 1847, ont la propriété de se porter et de se condenser sur les noirs à l’exclusion des blancs.
« On expose la gravure à copier aux vapeurs du phosphore brûlant lentement dans l’air, les noirs seuls s’imprègnent de vapeurs phosphorées; on l’applique sur une feuille de papier sensible préparée au chlorure d’argent; aprés un quart d’heure de contact, la gravure est représentée sur le papier par un dessin formé de phosphure d’argent, lequel, quand, il est suffisamment, vigoureux, résiste à l’action des agents chimiques étendus d’eau ou dilués.
« La meilleure maniere d’operer consiste à placer la gravure dans une boîte en face d’un carton dont la surface a été suffisamment frottée avec un bâton de phosphore et qui tapisse une des parois de la boîte; il faudra frotter de nouveau à chaque operation, parce que si le phosphore est rouge, il ne produit aucun effet.
« Une couche d’eau de 1 centimètre et plus d’épaisseur n’arrète pas le dépôt ou l’action des vapeurs de phosphore; sur le papier sensible, l’action s’exerce même à travers le papier de Chine, c’est-à-dire que si on applique contre une feuille de papier sensible une gravure sur papier de Chine et qu’on place cet en.semble dans la boîte en face de la paroi phosphorescente, on obtiendra une image négative de la gravure, comme si les noirs avaient fait fonction d’écran et que les blancs eussent livré passage aux vapeurs de phosphore qui impressionnent le papier sensible. Toutefois, si l’exposition était trop prolongée, les noirs imprimeraient a leur tour leur image, et celle-ci même dominerait sur le fond entièrement teinté.
« La vapeur de soufre produit des effets analogues et donne une image ou reproduction de la gravure dessinée par du sulfure d’argent, mais cette image n’est pas tres-stable. »

1858, 15 de Março

1858, 15 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 11
Pag. 507
*
ASTRONOMIE. - Observations photographiques de l’élipse, faites avec la grande lunette de M. Porro. (Communication de M. Faye.)

« J’ai l’honneur de présenter a l’Académie une des épreuves photographiques de l’éclipse qui viennent d’être obtenues, il y a quelques instants, dans les ateliers de M. Porro. La lunette employée est de beaucoup la plus grande qui existe dans le monde entier : c’est le réfracteur de 15 métres de longueur et de 52 centimètres d’ouverture à l’objectif, que M. Porro a soumis, il y a quelques mois, au jugement de l’Académie. M. Quinet, qui a bien voulu se charger de l’opération photographique, a fait usage de son beau procédé sur collodion sec avec un succès dont MM. les Membres de l’Académie vont juger par cette épreuve prise au hasard parmi celles qui reproduisent la plus grande phase de l’éclipse (les autres n’ont point encore passe au bain révélateur). L’heure à laquelle répond chaque empreinte a été notée avec soin par M. Robert, horloger de la marine, sur un de ses chronomètres; elle était enregistrée d’un autre côté par un appareil télégraphique inventé construit par M. Digney, appareil qui notait à la fois les battements d’une pendule sidérale, les opérations photographiques de la grande lunette et les observations astronomiques que M. Butillon a faites avec l’équatorial de M. Porro.
« L’épreuve actuellement mise sous les yeux de l’Académie donne à l’image du soleil un diamètre de 15 centimètres. La netteté des contours et la finesse des cornes sont admirables; on y distingue parfaitement les petites irrégularités du contour de la lune, et la dégradation de teinte qui accuse la faiblesse relative de l’intensité lumineuse, et surtout de l’activité photogénique des bords du soleil. Tout fait espérer qu’il sera possible de mesurer micrométriquement sur ces beaux collodions les détails les plus minutieux de l’éclipse, avec une précision supérieure à ce que I’on obtient des méthodes et des instruments ordinaires de l’astronomie.
» Forcé, par la courte durée de la séance actuelle, d’ajourner les détails a une autre séance, je me bornerai à dire que, dans l’opinion des astronomes les plus compétents (I) ([i]), l’opération dont je parle était loin de se présenter comme une chose simple et facile; il fallut sans doute, pour y réussir du premier coup, la réunion des moyens puissants dont M. Porro dispose dans ses ateliers, et toute l’habileté d’un éminent photographe. »
([i]) (1) It seems doubtful whether any valid photographic record can be made, on account of the extreme rupidity of the change of appearances. (Instructions de M. Airy, astronome, royal d’Angleterre, en date du 8 mars 1858, dans le dernier numéro des Notices Astronomiques de Londres). Toutefois les apparences ne variaient pas aussi rapidement à Paris qu’à Londres ou à Ouessant.
1858, 22 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 12
Pag. 599
*
M. H. Dufresne présente des remarques sur une Note récente de M. Nègre, concernant la damasquinure et la gravure héliographique. « Mes procédés, dit M. Dufresne, sont décrits dans un brevet du 14 mai 1856. Le brevet de M. Nègre étant du 13 août de la même année, le simple rapprochement des dates suffira pour montrer à qui appartient la priorité relativement à ce que les procédés peuvent avoir de commun. »

1858, 12 de Abril

1858, 12 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier - Juin
T. XLVI
Nº. 15
Pag. 705, 706, 707, 708, 709, 710
*
ASTRONOMIE. - Sur les photographies de l'éclipse du 15 mars, présentées par MM. Porro et Quinet; par M. Faye.

« J'ai l'honneur de mettre sous les jeux de 1'Académie l'ensemble des, épreuves photographiques du soleil qui ont été prises par MM. Porro et Quinet pendant l'éclipse du 15 mars, plusieurs autres épreuves prises le 11 et le 21 du même mois, la série correspondante de positifs sur collodion, une seconde série de positifs sur papier, une vue photographique le la grande lunette de M. Porro et une vue de l'appareil micrométrique que cet artiste a construit pour mesurer les clichés de l'éclipse.
« Je regrette de ne pouvoir présenter en même temps les résultats de toutes les mesures faites sur ces épreuves: ces mesures ne sont pas terminées. On comprend que MM. Porro et Quinet ne puissent donner tout leur temps à des questions de science pure. D'autre part, je suis obligé de quitter Paris pour quelques mois, et, par suite, il fallait se résoudre à ajourner longtemps cette communication ou à la faire incomplète aujourd'hui même.
« Je me suis arrêté d'autant plus volontiers à ce dernier parti, que les résultats partiels dont je vais parler ont déjà une valeur propre, digne de fixer votre attention, et que d'ailleurs les auteurs m'ont manifesté l'intention d'offrir à l'Académie tous les négatifs originaux, dès que les mesures et les tirages de positifs auront été achevés. Si l'Académie daignait alors ordonner le dépôt de ces temoins irrécusables dans ses collections, tous ceux qui voudraient vérifier les mesures, ou les recommencer sur un plan particulier, auraient à leur disposition les négatifs originaux qui vont passer sous vos yeux.
« Voici d'abord quelques détails sur l'appareil employé le 15 mars.
« La grande lunette de M. Porro a 15 mètres de longueur focale: l'ouverture de 52 centimetres était considérablement réduite par un diaphragme; près du foyer était tendu un fil horizontal. Au foyer même était fixé un châssis double dont l'une des arètes était paralléle au mouvement diurne. La partie fixe de ce châssis portait la plaque collodionnée; la part e mobile faisait écran. A un signal donné, cet écran, lancé avec rapidité par un ressort, découvrait la plaque pendant une très-minime fraction de seconde.
« Malgré le mauvais temps, plusieurs empreintes ont été prises, mais dans quelques-unes l'intensité des bords du soleil n'est pas suffisante pour les mesures micrométriques; c'est l'effet naturel de l'interposition des nuages qui affaiblissaient assez l'éclat du croissant pour qu'on pût, quelquefois, le regarder aisément à l'oeil nu. Par instants, le vent imprimait une légère oscillation verticale à la longue lunette de M. Porro, et cette oscillation a pu influer quelque peu sur certaines épreuves, malgré la rapidité de l'écran. Enfin, malgré les bons services de l'appareil télégraphique de MM. Baudoin et Digney fréres, l'heure n'a pu être déterminée avec une grande précision, parce que le ciel a été longtemps couvert à cette époque, et qu'on ne doit guère compter sur la marche de pendules installées dans un local soumis à des trépidations de toute sorte, et accessible à un très-grand nombre de personnes. Il n'est pas facile de faire de l'astronomie de précision dans un atelier.
« Malgré ces inconvénients, les épreuves que voici ont presque toutes une grande valeur; elles démontrent en tout cas, de la manière la plus nette, à mon avis, que l'observation photographique avec de grands instruments est appelée à faire faire un pas décisif à l'art d'observer et à la science elle-même.
« Ce n'est pas à dire que les mesures micrométriques prises sur ces belles épreuves n'aient donné lieu à aucune difficulté. En voici une, et des plus graves, qui s'est présentée à l'occasion de la phase la plus importante et la mieux rendue.
« Bien que j'aie eu plusieurs occasions de voir, dans les éclipses, les irrégularités du bord de la lune, dentelures que l'irradiation masque si complétement partout ailleurs que sur le soleil, je croyais, avec tous les astronomes, que la mesure de la ligne des cornes et de l'épaisseur du croissant solaire pourrait donner avec une grande précision la distance des centres des deux astres. A première vue, la netteté, la régularité des contours de la lune sur les épreuves ci-jointes confirmait cette espérance. Mais, sous le microscope de l'appareil micrométrique, les dentelures du bord de la lune ont paru si nombreuses et si sensibles, qu'il a bien fallu renoncer à ce mode de procéder, et M. Porro s'est trouvé conduit, dans ses mesures, à employer le contour entier de la lune et non plus des points confinés dans une région limitée. Au lieu des cordes et des flèches, il a mesuré, de 5 en 5 degrés, les coordonnées polaires des bords de la lune et du soleil. Ce travail est complet pour l'épreuve nº 9. Mais, dans ce système, les trois inconnues relatives à chaque astre, savoir le rayon du disque et les coordonnées polaires du centre de ce disque, doivent être traitées a la fois (1) ([i]). Afin d'éliminer autant que possible l'effet des irrégularités des bords de la lune, il faudra former, pour chaque mesure dûment purgée de l'effet de la réfraction, une équation de condition linéaire entre les corrections applicables aux valeurs approchées de ces trois inconnues, puis traiter toutes ces équations par la méthode des moindres carrés. Le calcul des soixante-douze équations correspondantes aux mesures déjà prises reste à faire. En opérant sur plusieurs épreuves voisines de l'instant de la plus grande phase, on fera intervenir ainsi presque tout le disque lunaire dont la circularité générale n'est pas contestée, et on éliminera de la manière la plus satisfaisante la cause que je viens de signaler à peu prés comme on élimine les erreurs d'un cercle divisé par l'emploi d'un grand nombre de microscopes régulièrement espacés sur son pourtour. Le résultat final de ces calculs donnera ensuite la distance des centres par la simple résolution d'un triangle ou bien, la direction de l'horizontale étant rnarquée sur l’épreuve, on en déduira les coordonnées relatives des deux centres dans le ciel.
« Le calcul des nombreuses équations de condition du problème n'étant pas fait, je ne puis donner içi que les valenrs déjà très-approchées de quelques inconnues. Le rayon du disque solaire sur l'épreuve nº 9, prise vers la plus grande phase, à 1h 6m 58s était de 68mm,872 et celui de la lune de 68mm,8725 (l'échelle, déduite provisoirement d'une autre série de mesures, donne environ 14 secondes au millimètre). Il résulterait de là qu'à Paris les deux disques apparents du soleil et de la lune étaient égaux à peu près, et que l’éclipse a pu étre totale non loin d'Ouessant.
« La difficulté imprévue dont je viens de parler, et dont l'appareil micrométrique de M. Porro a donné une solution si complète, montre plus que tout le reste peut-être, l'excellence du système d'observation photographique. En pareille circonstance, l'astronome serait réduit à rejeter des observations péniblement faites sur le ciel d'après un plan vicieux; sur une épreuve photographique, au contraire, il en est quitte pour changer le plan et l'ordonnance de ses mesures.
« Cependant nous avons été moins heureux pour une autre difficulté que la mesure des épreuves prises avant et après le 15 mars nous a présentée. De belles images du soleil, datées du 11 et du 21 mars, donnent au diamètre de cet astre des valeurs sensiblement plus fortes que celles du 15, et cependant la variation de ces diamétres dans l'intervalle de dix jours s'accorde très-bien avec celle de la distance du soleil à la terre. Cette discordance encore inexpliquée accuse certainement un défaut dans l'appareil employé. Je serais tenté de croire qu'elle provient du reflet de l'image formée sur le fond en bois non poli du châssis, image qui a dû être très-intense le 11 et le 21 mars et très-faible le 15. S'il en était ainsi, on ferait aisément disparaître la difficulté que je viens de rapporter en noircissant le verso de la plaque collodionnée. Quoi qu'il en soit, ces épreuves nous permettent déjà de porter un jugement sur la précision qu'on peut attendre de la photographie, non plus dans les éclipses seulement, mais encore pour l’observation journalière du soleil au méridien et la détermination précise des éléments de sa rotation. D'après les mesures que j'ai faites moi-même, l'erreur moyenne de la mesure du soleil dans le sens horizontal (en transportant une fois seulement le microscope de l'appareil micrométrique d'un bord à l'autre du soleil) est de 0",36, tandis que l'erreur moyenne d'une mesure analogue à la lunette méridienne (un seul fil) est dix fois plus considérable. Sur la plupart des épreuves on voit avec quelle netteté se forme l'image d'un fil placé en avant de la plaque collodionnée. La distance de ce fil à l'un des bords du soleil pouvant se mesurer aisément à 0",26 près, par une seule opération, il en résulte qu'un petit nombre d'épreuves, obtenues à l'aide d'un grand cercle méridien, pendant un passage, permettrait de réduire à 0",1 l'erreur a craindre sur la position du centre du soleil, soit en ascension droite, soit en déclinaison.
« Il importe de noter que cette précision n'est pas apparente comme celle des observations actuelles. Ici le système nerveux de l'astronome n'est plus en jeu; c'est le soleil qui imprime lui-même son passage. On s'est plaint si souvent devant l'Académie de ces erreurs personnelles, inhérentes à ce qu'il y a de plus intime dans l'organisation ou plutôt dans la coordination de nos sens, qu'il serait superflu de rien ajouter à ce que je viens de dire (1) ([ii]) . A 1ui seul, le progrés déjà réalisé pour le soleil (car la difficulté dont je viens de faire mention n'est pas de nature à l'infirmer) mériterait à MM. Porro et Quinet la reconnaissance des astronomes.
« Je compte bien qu'on ira plus loin encore, et j'oserai affirmer qu'on pourrait, dès aujourd'hui, substituer la photographie à presque toutes les observations méridiennes des planètes et des étoiles fondamentales. Déjà M. Bond, aux Etats-Unis, et M. Delarue, à Londres, ont obtenu des images photographiques de la lune, d'étoiles et de planètes, à l'aide d'un équatorial et d'un mouvement d'horlogerie. D'autre part on sait qu'il est assez facile d'adapter a une lunette méridienne placée dans le méridien un petit appareil capable de faire suivre au réticule le mouvement de la sphère céleste pendant quelque temps, et l'on trouvera même, chez M. Porro, un appareil de ce genre destiné à donner à sa grande lunette, dans toutes les directions, les principales propriétés d'un équatorial. Au lieu de faire mouvoir le réticule, faites mouvoir une très-sensible, sur laquelle viendra se peindre l'image de l'étoile et celle du réticule: vous aurez substitué la réalité aux apparences qu'on observe aujourd'hui. L'image de l'étoile se peindra sur le collodion en un point fixe, tandis que le fil de la lunette, emporté dans l'espace par la rotation de la terre, donnera une empreinte continue dont le commencement et la fin auront seuls de la netteté. Un écran, uni à un enrégistreur électrique tel que celui de MM. Baudoin et Digney frères, marquera par ses mouvements le commencement et la fin de l'observation, et il ne restera plus qu'à mesurer la distance de l'image stellaire aux bords de la bande plus au moins large qui représentera l'image du fil mobile (1) ([iii]).
« A la vérité chaque observation sera beaucoup plus longue par ce système que par celui qu'on emploie aujourd'hui; mais n'y aurait-t-il pas avantage à remplacer des myriades d'observations entachées d'erreurs personnelles, par quelques centaines d'observations beaucoup plus précises et d'une irrécusable véracité ?
« II me reste encore a dire quelques mots sur l'étude du soleil lui-même
« Rien de plus difficile que l'observation des taches du soleil; sur ce point je m'en rapporte à l'expérience d'un de nos confrères qui en a fait une étude approfondie. Rien de plus aisé, rien de plus rapide et surtout de plus précis que la mesure de leurs coordonnées par les épreuves que voici (2) ([iv]), et sur ce point je m'en rapporterai au jugement de quiconque voudra bien essayer. Là ne se bornent pas les avantages du procédé photographique. Dans ce système, on pourra choisir à son aise les taches les plus favorables à la détermination des éléments de la rotation, éliminer celles dont les contours changent de forme, reconnaître celles qui reviennent après une ou plusieurs rotations, étudier leurs mouvements propres, signalés par M. Laugier, sans avoir à redouter d'erreurs instrumentales, etc.
« Quant à l'aspect physique du soleil lui-même, un coup d'œil sur une de ces épreuves, ou plutôt sur le positif correspondant, en apprendra bien plus que toutes les descriptions écrites ou verbales. Il n'y a rien de comparahle à la netteté de ces facules qui marbrent le disque solaire dans la région marginale, mais qui s'effacent vers le centre beaucoup plus brillant que les bords. Quant aux taches, on remarquera sans doute le beau groupe du 15 mars, entouré de facules brillantes et présentant, dans l'une des pénombres, une confirmation frappante de la théorie d'Herschel.
» Je voudrais qu'on fît ainsi, à l'aide d'un grand instrument, une histoire photographique du soleil, jour par jour, et qu'on conservât soigneusement les clichés pour fournir à la postérite des élérnents précieux dont nous regrettons aujourd'hui l'absence. Comme il serait facile alors d'étudier les zones ou les taches apparaissent, la périodicité de leur apparition, leurs relations avec les facules et tant d'autres objets de recherche si dignes d'intérêt! Cette histoire solaire que réclamait aussi, il y a deux ans je crois, un astronome illustre, sir John Herschel, en voici les premiers échantillons, et nous les devons à MM. Porro et Quinet.
« Pour moi, je suis heureux que mes instances, vieilles déjàde neuf années, aient attiré l'attention de ces artistes distingués. Grâce a eux, les progrès que j'entrevoyais depuis longtemps, et dont je traçais le plan en 1849, l'Académie (1) ([v]) , sont sortis du domaine de la spéculation pour entrer dans celui de la réalité et des faits accomplis.«
([i]) (1) Elles sont reliées entre elles par la relation
o = r2- ρ2- ρ + 2 ρρ cos(Ө- Ө ),
dans laquelle on désigne par r le rayon du disque, par ρ et Ө , les coordonnées polaires du centre, par ρ et Ө celles d'un point quelconque du bord. En y substituant des valeurs approchées pour r, ρ , Ө , et celles que les mesures directes assignent à ρ et Ө, la relation ci-dessus sera satisfaite à une quantité près ε, et, si l'on désigne par dr, dρ , d Ө, les corrections qu'il faut appliquer aux valeurs provisoires des inconnues pour faire disparaître ce résidu, on aura
o = ε +2rd - [ 2 ρ + 2 ρ cos(Ө- Ө )] dρ + 2 ρρ sin(Ө- Ө ) d Ө
Telle est la forme des équations de condition qu'il s'agira de traiter par la méthode des moindres carrés.
([ii]) (1) On en est réduit aujourd'hui, pour éliminer ces erreurs personnelles dans la détermination des différences de longitudes, à échanger les observateurs entre les stations. Cet échange donnera lieu à bien des difficultés lorsqu'il s'agira de rattacher le nouveau continent à l'ancien, à l'aide du grand câble transatlantique dont on s'occupe sérieusement aujourd'hui. Avec le système d'observation photographique que je viens de décrire, et dont le succès me semble assuré par les beaux échantillons qui sont sous nos yeux, cet échange des observateurs deviendra superflu, et le soleil lui-mème inscrira sur le collodion sec de M. Quinet, aux instants signalés par le télégraphe, la différence des longitudes de Paris et de Boston ou de New-York.
([iii]) (1) Cette méthode s'appliquerait aux observations de jour et de nuit, sauf une modification pour ces derniéres: l'éclairage du champ étant supprimé, pour obtenir l'image d'un fil du réticule, on admettrait instantanément dans la lunette un faisceau de rayons très-intenses, emergeant d'un collimateur (lumière électrique ou celle de Drummond), et ce faisceau viendrait, à un instant donné, imprimer sur la plaque sensible un petit disque lumineux sur lequel le fil se peindrait en noir. Évidemment on pourrait encore trouver d'autres combinaisons où un fil du réticule serait remplacé et représenté par une ligne brillante; dans les ateliers de M. Porro, j'en ai vu d'excellents que l'on pourrait utiliser pour cet objet.
([iv]) (2) M. Porro présente le tableau des coordonnées de toutes les taches du soleil mesurées micrométriquernent sur une des épreuves, et le résumé graphique de ces mesures à l'aide d'un dessin à grande échelle.
([v]) (1) Comptes rendus de l’Académie dês Sciences, 1849, tome XXVIII, pages 241, 242, 243 et 244.

1858, 12 de Abril

1858, 12 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 15
Pag. 754
*
M. Vogel (Fritz) adresse de Venise des remarques sur l’utilité que pourraient avoir pour les photographes les indications du polariscope, soit pour déterminer l’orientation des ateliers dans lesquels se font les portraits photographiques, soit pour déterminer les heures les plus favorables.

segunda-feira, 25 de maio de 2009

1858, 26 de Abril

1858, 26 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XLVI
Nº. 17
Pag. 793, 794, 795, 796
*
ASTRONOMIE. - Dessin d'une tache solaire; images photographiques de la lune et de Saturne; Lettre du P. Secchi à M. Élie de Beaumont.

« Rome, ce 6 avril 1858.

« Les dernières communications de M. Chacornac ayant complétement confirmé ce que j'ai énoncé il y a déjà longtemps sur la structure des taches solaires, en ce qui regarde leur aspect filandreux et à manière de courants, je crois à propos d'envoyer à l'Académie le dessin de la tache visible le 14 mars et plusieurs jours après à l'œil nu, ici à Rome. Ce dessin a été fait le 14 sur très-large échelle pour y pouvoir faire entrer tous les détails qui sont assez nombreux; plusieurs autres dessins plus petits ont été faits les jours suivants pour suivre les variations de la tache et seront publiés ailleurs. Je dois avertir que le dessin n'a pas été fait par moi, car je craignais que quelque opinion préconque pût influer sur le jugement de l'oeil: l'auteur est un de mes élèves, artiste habile; je me suis contenté de vérifier son dessin, et je l'ai trouvé si exact, que je n'hésite pas à le présenter comme parfait.
« Il suffit de jeter les yeux sur ce dessin pour l'aspect filandreux de la partie principale de la tache, dont les parties semblent décrire des courbes spirales. Mais une chose assez remarquable est une,portion du noyau principal qui était couverte d'un voile rougeâtre, beaucoup moins lumineux que la pénombre: le fait n'était pas nouveau pour moi, mais je ne l'avais jamais si bien constaté. Ce nuage léger, qu'on me permette l'expression, était déjà disparu le jour suivant et remplacé par une languette de la matière dela photosphère ordinaire: chose que j'ai déjà remarquée autrefois. Les noyaux plus petits ne présentaient rien d'extraordinaire, excepté l'un d'eux qui paraissait tacheté de brun et de noir, comme on le voit dans le dessin. La conclusion immédiate de ces observations est qu'il ne suffit plus d'admettre dans le soleil une atmosphère dépourvue de lumière et la photosphère, mais qu'il existe encore une qualité de matière sensiblement lumineuse et qui, se projetant sur les noyaux, produit l'effet des nuages, et peut-être est la veritable source des protubérances rouges observées dans les éclipses totales. A cette espèce de voile est dû sans doute l'aspect sombre des bas-fonds des taches, d'où il arrive que les pénombres paraissaient plus obscures que le reste de la photosphère. En effet, si les taches sont des ouvertures dans l'enveloppe lumineuse et que la pénomhre soit formée par les courants de cette matière même qui tend a se niveler, en se traînant probablement sur la surface même de l'astre, leur niveau doit être plus bas que les parties plus élevées de la photosphère ordinaire, et pour cela leur lumière doit être plus absorbée par la couche supérieure d'atmosphère.
« J'ai voulu essayer de déterminer la profondeur de quelqu'une des taches et sonder, pour ainsi dire, l'épaisseur de l'enveloppe de la photosphère lumineuse, et j'ai été surpris de la trouver bien moindre qu'on ne le soupçonnerait. Pour comprendre comment cela peut se faire, supposons une tache formée par une cavité circulaire. Les bords inclinés formeront la pénombre et l'ouverture sera le noyau: quand cette tache se présente au centre du disque, la pénombre est circulaire, mais en s'approchant du bord elle devient ovale, et (comme il est bien connu) la pénombre disparait du côté du centre avant de disparaître du côté du bord. Si on peut observer la tache dans le moment où sa pénombre disparaît du côté du centre, on aura directement l'angle d'inclinaison de son intérieur ou (comme on dit) de son talus: car cet angle est égal a la distance héliocentrique du point de la tache au point le plus voisin du bord du disque qui forme alors la limite de la projection optique du globe solaire par rapport à l'observateur. Or, en connaissant le diamètre du soleil et en mesurant la distance de la tache au bord, il est facile d'en déduire cet angle. La largeur de la pénombre ou du talus s'obtiendra facilement en mesurant la projection de la pénombre même dans la direction de son plus long diamètre, et de cette largeur et de l'inclinaison du talus on conclut aisément la profondeur. Cela est exact lorsque la tache est circulaire; si elle était irrégulière on serait exposé à des illusions. Cependant l'observation montre que les taches de médiocres dimensions se conservent assez longtemps avec une régularité suffisante. Ayant donc au commencement de mars remarqué un groupe de ces taches presque circulaires qui s'approchaient du bord du disque, je me mis à les surveiller, et le 8 du même mois, la première des deux parut sensiblement sans pénombre du côté intérieur pendant que celle-ci était très-visible du côté extérieur, et assez allongée au-dessus et au-dessous du noyau. J'en pris les mesures, et voici les données du calcul déduites de l'observation :


8 mars Ind. Rom …………………..............................12h 53m
Distance du centre de la tache au bord du soleil …….33",01
Largeur de la pénombre en direction transversale …...112",025
Largeur de la pénombre du côté extérieur …………...1",35
Du côté intérieur sensiblement ………………………0


» De ces données on déduit pour l'inclinaison des bords 14 degrés environ, et la profondeur =0,37 en prenant pour unité le rayon équatorial du globe terrestre: c'est-à-dire que l'épaisseur de la couche lumineuse du soleil serait un peu plus qu'un tiers du rayon de la terre. Ce résultat doit être confirmé par de nouvelles mesures, et sans doute on ne trouvera pas partout la même profondeur; mais en observant que le phénomène en question de la disparition de la pénombre ne se vérifie que très-près des bords, on est porté a croire que la valeur trouvée ne s'éloigne pas beaucoup de la vérité, et probablement on n'arrivera pas à trouver une profondeur supérieure au rayon terrestre. Avec une enveloppe en proportion si mince ( du rayon solaire tout au plus) on ne serait pas surpris de le voir si fréquemment déchiré.
« Avec le dessin de la tache solaire, je vous envoie une photographie de la lune de 20 centimètres de diamètre, qui est prise au septième jour d'âge et qui surpasse en précision celles que j'ai obtenues jusqu'ici. J'aurais envoyé plusieurs autres phases dont j'ai les négatives télescopiques, mais le mauvais temps a empêché d'en tirer les positives, l'appareil destiné à cela ne pouvant fonctionner avec précision qu'avec la lumière directe du soleil, et la saison actuellement est si incertaine, qu'il ne vaut pas la peine d'essayer. J'ai réussi a obtenir une excellente photographie de Saturne, qui dans les dimensions de 1 millimètre au plus montre non-seulement les espaces noirs entre la planète et l'anneau, mais encore l'ombre de la planète sur l'anneau. On peut le grossir jusqu'à 1 pouce ou 2 de diamètre avec une précision suffisante. On voit deux choses très-intéressantes en cette photographie: 1º. la planète est plus sombre que l'anneau; 2º. la lumière de la planète est en proportion plus forte que celle de la lune, car la lune pleine s'obtient justement en 20 secondes et Saturne est venu solarisé en 8 minutes: le rapport de ces temps n'est que 1:24, pendant que selon les lois des distances il devrait être plus grand et au moins 1:80. Ce résultat prouve que Saturne (comme je l'ai déjà dit de Jupiter) est environné d'une atmosphère réfléchissante et que la lune est tout à fait noire, à peu près comme nos montagnes vis-à-vis des nuages. Je vous envoie encore deux petites photographies de grandeur de l'image télescopique, mais très-inégales et qui font voir combien on pourra tirer profit de la photographie pour les diamètres de la lune et du soleil. Ce qui est encore très-remarquabJe dans la pleine lune est le fond noir des parties lisses, et le grand éclat des parties raboteuses: doit-on croire celles-ci couvertes de glace ou de neige? Pour les bas-fonds on ne saurait admettre cette atmosphère si épaisse qui a été soupçonnée dernièrement par un illustre astronome: car après ce que je vois en Jupiter et Saturne et sur la terre même, il paraît que les atmosphères sont plus réfléchissantes que les continents solides. Toutes ces photographies, je les dois à l'obligeance de M. Barelli, qui s'en est occupé avec une activité extraordinaire et une attention infatigable, seulement par amour de la science. »

1858, 12 de Julho

1858, 12 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XLVII
Nº. 2
Pag. 61, 62, 63
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE. – Nouvel appareil stéréoscopique; par M. J . - Ch. d'Almeida.
(Commissaires, MM. Pouillet, Babinet.)

« Depuis que les expériences de M. Wheatstone ont indiqué la possibilité d'obtenir, au moyen d'images planes, les sensations que produisent les objets en relief, différents appareils ont été proposés qui permettent de réaliser les conditions requises. Ce sont les stéréoscopes. Au stéréoscope à réflexion de M. Wheatstone a succédé le stéréoscope à lentilles de M. Brewster, construit avec d'heureuses modifications par M. Duboscq. Dans ces derniers temps, M. Faye a fait connaître un appareil très-simple, ou plutôt une disposition qui dispense de tout appareil. Enfin, récemment, M. Claudet a découvert un moyen ingénieux d'agrandir les images et de les rendre visibles à « deux ou trois » observateurs simultanés.
« Tous ces appareils ne peuvent offrir les phénomènes qu'à un nombre très-restreint de spectateurs regardant ensemble. Dans un stéréoscope, il faut que chacun observe à son tour. Je me suis proposé d'obtenir une disposition telle, que les images fussent agrandies jusqu'à devenir visibles à plusieurs mètres de distance, et que les illusions du relief pussent être aperçues des divers points de la salle où s'exécute l'expérience. Deux procédes m'ont réussi.
» I. Au moyen de lentilles on projette sur un écran les images de deux épreuves stéréoscopiques telles que les épreuves ordinaires. Les images projetées sont amenées à se superposer, non pas trait pour trait - ce qui est impossible, car elles ne sont pas identiques - mais à peu près dans la position relative où elles se seraient présentées si les objets qu'elles reproduisent avaient été devant les yeux. Ces deux images forment sur l'écran un enchevêtrement de lignes qui n'offre que confusion. Il faut que chacun des deux yeux n'en voie qu'une seule: celle de la perspective qui lui convient. A cet effet, je place sur le trajet des rayons lumineux deux verres colorés de couleurs qui n'aient de commun aucun élément ou presque aucun élément simple du spectre. L'un est le verre rouge bien connu des physiciens, l'autre un verre vert que j'ai trouvé dans le commerce. Au moyen de ces verres colorés, l'une des images projetées sur l'écran est rendue verte, l'autre rouge. Si dès lors on place devant les yeux des verres pareils aux précédents, l'image verte se montre seule à l'œil qui est recouvert du verre vert, l'autre à celui qui regarde à travers le verre rouge. Aussitôt le relief apparaît.
« On peut se déplacer devant l'écran, le phénomène subsiste en présentant les modifications que les notions les plus simples de la perspective peuvent faire prévoir. Une de ces modifications très-remarquable est celle que l'on observe en se déplaçant latéralement. II semble alors que l'on voit tous les changements qu'on apercevrait si l'on était devant des objets réellement en relief. Les objets du premier plan semblent marcher en sens inverse du mouvement du spectateur: ce qui ajoute à l'illusion.
« II. Dans le second procédé que j'ai mis en œuvre, les deux images sont maintenues incolores. On arrive à faire percevoir à chacun des deux yeux celle qui lui convient en rendant intermittente la production de chacune d'elles et en interdisant la vue de l'écran, tantôt à l'un, tantôt à l'autre œil, au moment où se produit l'image qu'il ne doit pas voir. Dans ce but, la lumière qui va éclairer une épreuve stéréoscopique est préalablement concentrée en un foyer par une lentille convergente. Il en est de même pour l'autre. Devant les deux foyers on place un carton qui peut tourner autour d'un axe horizontal. Ce carton est percé sur me même circonférence de trous qui, passant devant chaque foyer, permettent à la lumière d'éclairer alternativement les deux épreuves. Tandis que cette roue tourne, les yeux regardent à travers les ouvertures, qui s'ouvrent et se ferment tour à tour. L'œil droit ne peut voir qu'au moment où la perspective de droite apparaît; l'œil gauche, fermé alors, devient libre ensuite au moment où se montre la perspective de gauche. De petits appareils électromagnétiques rempliraient parfaitement le but. La construction de celui que je voulais utiliser éprouvant quelque retard, j'ai expérimenté en montant sur l'axe du premier carton un autre carton parallèle et percé de trous convenablement distants. Dès qu'on imprime à l'appareil un mouvement de rotation suffisamment rapide, les yeux placés derrière le second carton aperçoivent, en regardant l'écran, tous les effets du relief.
« En terminant cette Note, je crois devoir faire connaître que je m'occupe en ce moment de réaliser une combinaison simple qui permettra de donner le mouvement aux images et de reproduire en relief les effets du phénakisticope. Ce sera un moyen nouveau de démonstration que la découverte de Wheatstone apportera aux sciences, spécialement la mécanique et à l'astronomie. »

« M. Dumas, à cette occasion, présente une description imprimée d'un appareil inventé par M. Claudet désigné sous le nom de stéréomonoscope. Le principe de ce nouvel instrument est fondé sur la découverte de la propriété inhérente au verre dépoli de présenter en relief l'image de la chambre obscure. »

1858, 2 de Agosto

1858, 2 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XLVII
Nº. 5
Pag. 214
*
M. Avenier Delagrée adresse une Note intitulée: « Méthode pour augmenter l’intensité lumineuse de l’image formée dans la chambre daguerrienne ».

(Renvoi à MM. Pouillet et Babinet déjà chargés de l’examen de plusieurs communications de l’auteur sur un moyen destiné à augmenter le pouvoir grossissant des lunettes astronomiques.)

1858, 2 de Agosto

1858, 2 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. XLVII
Nº. 5
Pag. 239, 240
*
M. Gaudinet ([i]) adresse une Note sur un procédé qu’il a imaginé pour la conservation des épreuves photographiques sur papier. II a été conduit à ce procédé non par le hasard, mais par un examen attentif de ce qui se produisait dans les épreuves effacées, épreuves dans lesquelles le dessin n’était pas détruit, mais seulement masqué par une couche colorée étendue uniformément et, suivant des cas déterminés, soit à la surface du papier, soit dans les couches sous-jacentes (il compare dans ce dernier cas l’annihilation de l’image à ce qui se produit quand on place sous un dessin tracé sur papier à calque une feuille de couleur obscure). Cherchant comment se produit cette couche colorée dans l’un et l’autre cas, et comprenant dès lors pourquoi les épreuves sur papier s’altèrent tandis que les épreuves sur glace se conservent, il a senti que s’il parvenait à rendre le papier imperméable, tout en lui conservant sa blancheur et sa demi-transparence,. il. aurait résolu le probléme. Pour cela il lui a suffi d’employer un procédé dont il s’était servi dés 1855 pour faire des cuvettes en carton destinées à remplacer les cuvettes de porcelaine ou de verre employées en photographie. Sa manière d’opérer est la suivante:
« Je fais dissoudre, dit-il, une certaine quantité de gutta-percha du com-merce dans de la benzine Colas; je décante au bout de quelques jours pour n’avoir que la partie claire. Je plonge dans cette solution mon papier, feuille à feuille, et le retire presque aussitôt; puis, le suspendant par un angle, je le laisse sécher. Je prends ensuite ces feuilles qui contiennent entre leurs fibres comme une poussière de gutta-percha; mais non un vernis, et je les présente une à une devant un bon.feu. Tous les grains de gutta se réunissent alors et recouvrent entiérement les fibres du papier formant un vernis intérieur à peu près imperméable.
» J’albumine ce papier, qui n’a rien perdu de sa transparence (albumine 100, eau de pluie 25, chlorure de sodium 6). Je laisse sécher et je sensibilise avec une solution, à 15 pour 100 de nitrate d’argent cristallisé. Je laisse égoutter et je sèche à un feu doux; je fais venir l’épreuve positive sous le cliché comme pour le papier ordinaire et je fixe à l’hyposulfite de soude à 10 ou 15 pour 100; mais cette opération est abrégée au point que l’épreuve est fixée aprés quelques minutes comme pour les épreuves sur glace, et d’un. très-bel aspect de sépia. Si on veut la faire virer par le chlorure d’or, on le fait comme à l’ordinaire, rien n’empêchant cette opération.
» Les lavages, au lieu de durer de 12 à 24 heures, peuvent se faire dans un quart d’heure, et l’épreuve est d’une transparence admirable, le papier d’ailleurs conservant toute sa blancheur. »
([i])
1858
9 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. XLVII
Nº. 6
Pag. 279
ERRATA

(Séance du 2 août 1858)

Page 239, ligne 24, au lieu de Gaudinet, lisez Gaumé.

1858, 23 de Agosto

1858, 23 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XLVII
Nº.8
Pag. 337
*
OPTIQUE. - Réclamation de priorité pour une certaine disposition d'appareil stéréoscopiques; Lettre de M. Rollmann à M. Pouillet.

« Les Comptes rendus de l'Académie des Sciences (12 juillet 1858), page 61, contiennent une description de deux appareils stéréoscopiques de M. d'Almeida. Le principe du premier appareil, composé de deux images colorées superposées et de deux verres colorés, n'est cependant pas nouveau, puisque c'est à moi qu'en appartient l'invention qui date de 1853, comme il résulte de la description qui s'en trouve dans Poggendorff’s Annalen, tome XC, page 187. Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien faire admettre cette réclamation dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences. »

terça-feira, 19 de maio de 2009

1858, 30 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XLVII
Nº. 9
Pag. 362, 363, 364, 365, 366
*
ASTRONOMIE. - Communications du P. Secchi.

Atlas photographique lunaire.

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie un atlas de phases lunaires. photographiées à l'aide de la grande lunette de Merz du Collége Romain. Le diamètre des lunes est de 20 centimètres, et l'Académie connaît déjà la manière de les obtenir. Cette manière consiste à faire une épreuve négative en collodion du diamètre de 45 millimètres; l'image est grossie après à l'aide d'un grand microscope solaire, et on obtient ainsi une image positive sur cristal albuminé de la grandeur, qu'on veut. De cette image positive, on tire des matrices négatives pour en former les épreuves positives en papier.
« La dimension actuelle représente la lune comme on la verrait dans une lunette grossissant quatre-vingt-dix ou cent fois, et on s'est arrêté à cette limite, où les aspérités du papier venaient égaler les irrégularités inévitables de l'image produites par l'aspérité de la couche collodionnée et albuminée. Ces photographies font un excellent effet en les regardant de loin sous une lumière assez forte avec une lunette qui grossit huit à dix fois.
» Les résultats que la science peut tirer de cette collection me paraissent assez intéressants:
« 1º. J'ai déjà remarqué autrefois l'énorme différence de temps d'exposition nécessaire à l'impression selon les phases différentes: ainsi il faut sept minutes pour la phase de quatre jours et seulement vingt secondes pour celle de la lune pleine.
« 2º. La différence d'intensité lumineuse dans les diverses parties lisses et raboteuses est énorme. Dans la pleine lune, pour moi une distinction assez sensible des différentes régions de la surface, nous avons limité le temps, comme j'ai dit, à vingt secondes: mais pendant que les montagnes sont blanches, les mers sont presque noires. Cet effet, qui est frappant pour la lune vue de nuit, disparaît en réalité pour la lune vue de jour. En effet, regardant cet astre pendant que le soleil est encore sur l'horizon, on voit les montagnes se détacher très-bien sur le fond bleu du ciel, pendant que les mers ont la même intensité que l'atmosphère terrestre et par là mème disparaissent. De là découle un résultat peut-être inattendu en photométrie, c'est-à-dire que la lumière de notre atmosphère éclairée par le soleil est égale à celle de la pleine lune dans ses parties plus sombres pendant la nuit. Ce même effet se reproduit dans un degré presque égal dans la phase du dixième jour où le cratère Copernicus paraît isolé de toutes les parties environnantes qui cependant étaient éclairées, mais dont l'intensité chimique est assez faible parce que ce sont des parties lisses.
» 3º. Les images lunaires ont été faites dans les mois de mars et avril; dans les mois d'été, il a été impossible de rien obtenir de bien fait à cause de la grande vivacité de la lumière du ciel, qui quelquefois a même produit des images renversées. De là une difficulté très-grande pour prendre les phases des premiers jours, la lune étant toujours alors plongée dans la lumière crépusculaire. L'atlas donne les jours 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 10e, 12e, 14e ou pleine lune. Nous avons omis quelques jours de la lune assez avancée, car les détails de la surface lunaire s'obtiendront beaucoup mieux à phase décroissante, à cause de la grande quantité des parties lisses et peu efficaces.
« 4º. Pour la théorie des formations lunaires on n'observera pas sans intérêt les vastes rayonnements qui partent des cratères principaux, surtout Tycho, Copernicus, Képler. Le premier est si marqué, qu'il donne à la lune l'aspect d'un globe divisé par méridiens, le pôle étant dans le centre du cratère lui-même.
« 5º Une circonstance très-remarquable se présente dans les photographies, laquelle, au premier abord, paraît tenir à une imperfection d'exécution: c'est une espèce d'indécision des images et un éparpillement de la lumière dans l'environ des tâches, qu'on serait tenté d'attribuer à un mouvement de l'image, surtout dans la pleine lune; mais ce serait à tort. En effet, cette même diffusion autour des parties claires commence dès la phase du 10e et 12e jour, où des petits cratères très-bien détaillés prouvent la précision de l'image. Il paraît donc que cela tient à une action plus forte d'illumination, qui a sa source dans les aspérités qui nécessairement entourent chaque cratère (1) ([i]).
« L'exécution photographique de ces images lunaires est due à M. François Barelli, pharmacien chimiste romain et amateur distingué de photographie. Pour assurer le succès de tant de phases, il a fallu de la part du photographe une persévérance tout à fait extraordinaire et une adresse trés-intelligente, et je déclare lui être immensement obligé.

Études sur la planète Mars.

« Pendant la dernière apparition de la planète Mars, on a exécuté, a l'observatoire du Collége Romain, une suite de quarante dessins représentant la planète comme on la voyait dans notre lunette, et avec les mêmes couleurs, et les modifications qu'y pouvait même introduire l'état de l'atmosphère terrestre. C'est pourquoi, dans quelques-uns de ces dessins, les taches sont assez faibles, et les couleurs assez pâles, pendant qu’ordinairement elles sont très-vives.
« En général, la configuration de Mars la plus frappante a été celle de présenter une grande tache bleue de forme presque triangalaire, prolongée comme un vaste canal qui s'étend d'un pôle à l'antre. Un autre canal plus étroit se trouve à 120 degrés environ de longitude du premier, mais n'est pas si marqué. Le reste de la surface équatoriale ne présente qu'une vaste extension de couleur rougeâtre et légèrement ombrée de brun, et parsemée de points blancs et rouges plus vifs.
« Les taches polaires sont blanches ou plutôt jaune clair et sont environnées de tous côtés des canaux bleus.
« Pour découvrir la véritable forme de ces taches dont l'aspect paraissait changer d'une manière assez singulière pendant la rotation de la planète, on a dessiné une boule de manière à reproduire par projection, dans une chambre obscure, toutes les phases des taches, et cela nous a conduit à une forme assez singulière, qu'un examen plus attentif fait aprés a complétement confirmée. La suite des observations embrasse au moins deux rotations entières de la planète, commençant le 30 juin et finissant le 14 août; la figure des taches est donnée dans les dessins nos 39 et 40. La tache polaire boréale serait composée de trois lobes ou portions circulaires, et l'australe serait presque spirale. On a mesuré souvent la grandeur de ces taches et leur direction, et les détails seront insérés dans un Mémoire spécial.
» Sur la stabilité de ces taches, il n'est pas facile de se prononcer nettement. De mes propres observations faites dans l'année 1856, il résulte que le grand canal bleu existait certainement même alors, mais pas si dilaté que cette année-ci. Les dessins publiés à Madras par le capitaine Jacob, dans l'année 1852, s'accordent pour la position de deux canaux bleus, mais ils sont assez différents dans les détails, même peut-être plus qu'on ne saurait expliquer par la différence des instruments. II est impossible de reconnaître les taches actuelles dans les figures de Maedler 1830 et 1832. Et il paraît bien difficile qu'on ne les ait pas mieux vues avec la grande lunette de Berlin. Ces taches seraient donc probablement variables, au moins en partie. Les taches polaires le seraient bien plus; mais je ne connais aucune serie d'observations suivies qui démêle les variations dues à l'irrégularité de leur forme, des variations proprement dites, car ces taches sont difficiles à bien observer. Nous y avons fait une attention très-scrupuleuse, principalement alors que, tâchant de reproduire l'ensemble des dessins sur la boule, nous nous aperçûmes qu'il fallait absolurnent admettre des taches polaires de forme irrégulière, ce qui est confirmé par les échancrures observées dans les taches mêmes (voir dessins 20, 35, 37). En général, les taches blanches paraissent plus sujettes à des variations que les autres. Nous avous vu quelquefois des légers filaments blancs traverser les taches bleues, et après nous ne les avons plus aperçus. Ces taches blanches seraient-elles des nuages?
« Si sur une question aussi douteuse j'avais à émettre une opinion, elle serait que Mars est à peu près un corps de constitution physiqiie intermédiaire entre la Lune, la Terre et Jupiter. L'atmosphère de Mars ne serait que bien légère en comparaison de celle de Jupiter. Les figures que j'ai faites de cette dernière planète montrent des taches qui rappellent nos ouragans, et son aspect dans cette année 1858 a été très-différent de celui de 1856. La Lune, au contraire, sans atmosphère sensible, serait l'autre extrème, et Mars avec une faible atmosphère serait intermédiaire.
» La faible élevation de Mars sur l'horizon a beaucoup limité le temps des bonnes observations; mais ces études sont suffisantes pour fixer une époque sûre par l'aspect de la planète.
« Je finirai en disant que les dessins chaque soir ont été faits séparément par moi et par mon élève et confrère le P. Cappelletti, et qu'ils se trouvaient toujours d'accord, et que c'était seulement après qu'on avait constaté cette condition qu'ils étaient définitivement adoptés et dessinés au net par le P. Cappelletti lui-même, qui en cela a acquis une adresse toute spéciale.

Catalogue d'étoiles doubles.

« Ce travail est le résultat de trois ans d'observations faites au Collége Romain avec l'équatorial de Merz. Je me suis appliqué à mesurer de nouveau toutes les étoiles doubles les plus serrées contenues dans les premiers quatre ordres des Mensurœ micrometricœ de M. Struve. Chaque étoile luisante (lucida)a été observée au moins deux fois, bien souvent trois et même davantage, si elle était reconnue binaire. Les autres (reliquœ) ont été mesurées aussi ordinairement deux fois et seulement un petit nombre une seule fois. On a exclu, de cette revue, les étoiles reliquœ dont le compagnon est de 10e ou 11e grandeur.
« J'y ajoute un appendice de plusieurs étoiles assez australes contenues dans le catalogue de Pulkowa publié par O. Struve dans l'année 1843et une autre série des étoiles australes de sir J. Hershel observées au Cap et visibles à Rome.
« Ce catalogue résulte de 3750 observations complètes, et contient environ un millier d'étoiles doubles toutes mesurées par moi, et chaque observation a été répétée au moins trois fois en angle et autant en double distance. La nature de ce travail très-délicat a exigé une attention extraordinaire pour ne perdre aucune des circonstances favorables, qui même à Rome sont assez rares.
« J'ajoute aux observations toutes réduites la position de Struve, d'où on peut juger du changement de place des satellites. Ces changements arrivent dans le premier ordre, parfois à 17 degrés ou 20 degrés en position, ce qui est infiniment supérieur aux erreurs d'observations qui n'arrivent jamais au delà de 5 degrés dans cet ordre, et sont sensiblement moindres pour les autres.
» Notre époque est séparée d'environ 25 ans de celle de Struve, et aprés un intervalle pareil on aura déjà des mouvements assez bien assurés pour pouvoir calculer plusieurs orbites,
« Le principal avantage de cette revue consistera à fixer la qualité des objets qui méritent le plus d'attention de la part des astronomes, et la comparaison de mes résultats avec ceux des autres observateurs contemporains réussira à faire éliminer une grande partie des incertitudes qui dérivent des équations personnelles dans ce genre d'observations (1) ([ii]). «
([i]) (1) Du reste, il aurait été impossible d'obtenir une phase exacte et non l'autre, car après avoir trouvé le foyer chimique dans la lunnette, on fixa un point de repère pour le retrouver immédiatement sans tâtonnement; ce foyer était de 17 millimètres plus éioigné que le foyer optique. Du reste, s'il y a quelque indécision dans l'image, cela tient surtout à l'agitation de l'air et au mouvement de l'image qui s'ensuit; cela produit une difficulté extrême, et nous avons dû rejeter bien des épreuves faites dans des soiréss où l'air atmosphérique était agité.
([ii]) (1) Un extrait de ce catalogue paraîtra dans les Comptes rendus.

1858, 13 de Setembro

1858, 13 de Setembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XLVII
Nº. 11
Pag. 444
*
M. A. Boblin adresse une Note ayant pour titre: « Expérience d’optique sur les épreuves photographiques permettant d’obtenir le relief à l’aide d’une seule épreuve et avec un grossissement variable ».

Cette Note est renvoyée à l’examen d’une Commission composée de MM. Pouillet, Babinet, Regnault.

1858

1858

Nadar faz a primeira fotografia aérea.