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domingo, 26 de abril de 2009

1861, 1 de Janeiro

1861, 1 de Janeiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. III
97º Livraison
Pags. 13, 14, 15
*
REVUE DE PHOTOGRAPHIE
Sommaire. - Services rendus par la photographie. - Reproduction des manuscrits du monastère do Mont-Athos, par M. le comte de Sewastianoff. - Reproduction du manuscrit Sforza, par M. C. Silvy. - Virages alcalins au chlorure d’or. - Formules de MM. Bayard, Maxwell Lyte et l'abbé Laborde. - Mode d'opérer.

Ce serait, à coup sûr, l'une des statistiques les plus intéressantes de notre temps que celle qui se proposerait pour but d'établir dés aujourd'hui le bilan de la photographie. Dans cette intéressante étude, on verrait défiler un nombre déjà considérable d'industries inconnues il y a vingt ans : les opticiens, les constructeurs d'appareils, les ébénistes, les fabricants de cadres, de papiers, de produits chimiques, les marchands d'estampes, et enfin les photographes eux-mêmes assistés de leurs aides, de leurs préparateurs, de leurs employés, viendraient former une phalange nombreuse et serrée, dont tous les membres devraient à la photographie les uns le pain de chaque jour, les autres l'aisance, quelques-uns enfin la fortune. Mais ce qui sera-it plus curieux encore, ce serait de dénombrer, à côté de ces services économiques, ceux que la photographie rend chaque jour aux sciences les plus diverses et même aux beaux-arts.
Ces réflexions, dont chacun comprendra l'opportunité au moment où notre art vient d'entrer dans sa vingt-unième année, nous étaient suggérées, il y a quelques jours, par la vue des admirables reproductions de manuscrits exécutées par M. le comte de Sewastianoff et M. C. Silvy. Parmi les sciences que l'on pourrait appeler de haute distinction, l'archéologie est une de celles qui marchent au premier rang. Il est rare qu'un esprit vulgaire s'intéresse à l'histoire vraie ou légendaire de l'humanité, et c'est à un petit nombre seulement d'esprits supérieurs et distingués que sont réservées les jouissances exquises que cette science procure. D'ailleurs les éléments de travail sont rares et coûteux; le plus souvent même, enfouis dans des bibliothèques privées, ils ne peuvent être mis à la disposition que d'un petit nombre d'adeptes privilégiés. Il appartenait à la photographie de changer cet état de choses, de populariser par ses méthodes si remarquables ces manuscrits rares, précieux, la plupart du temps inconnus même aux archéologues, de mettre enfin à la portée d'un plus grand nombre les moyens de poursuivre des études dont peu de personnes soupçonnent aujourd’hui le puissant intérêt.
Il y a plusieurs années déjà, quelques photographes s'étaient préoccupés de cette question, et plus d'un parmi nous a reproduit non-seulement des tableaux ou des gravures, mais encore des manuscrits, des lettres, etc. Mais ces tentatives n'ont jamais été dues qu'à des efforts isolés, et exécutées le plus souvent dans un simple but de curiosité et pour montrer la puissance des moyens dont notre art dispose. II n'en est pas de même des travaux dont nous parlons en ce moment: exécutés avec persévérance, ils ont une haute portée scientifique et utilitaire.
M. le comte de Sewastianoff s'est voué particulièrement à ce travail avec une ardeur et un courage qu'on ne saurait trop louer, et dont la photographie d'une part, l'archéologie d’une autre, tireront un parti d'autant plus précieux que le succès ne lui a jamais fait défaut jusqu'ici. Le mérite de son œuvre grandit d'ailleurs lorsqu'on envisage dans quelles circonstances et dans quelle localité il lui a été donné de l'exécuter.Au sud de la presqu'ile de Salonique, en face de l'archipel, s'élève, chacun le sait, une haute montagne que désigne le nom célèbre de Mont-Athos. Là, au milieu de forêts de vignobles, s'étendent vingt monastères dans lesquels 3,000 moines grecs se vouent à l'étude et à la culture. Les bibliothèques de ces monastéres sont les plus riches de l'Europe en manuscrits de la plus haute antiquité: les grecs, les romains, et mille autres y figurent en foule; les premiers temps du christianisme surtout y sont représentés par des monuments admirables et introuvables partout ailleurs. M. le comte de Sewastianoff a courageusement entrepris la reproduction de ces monuments: pendant deux années et plus, il s'est enfermé dans ces monastères, et là, voué à l'étude, en tête à tête avec ces manuscrits, il a exécuté une œuvre qui témoigne non-seulement d'une grande habileté photographique, mais encore d'une sûreté de goût et d'une science archéologique que l'on ne saurait trop apprécier.
Le nombre des clichés qu'il vient de rapporter cette année s'élève à trois mille environ, représentant plus de quatre milles pages de texte. Les épreuves positives tirées au, moyen de ces clichés permettent d'apprécier dès à présent ce que sera l'œuvre entière. Les plus intéressantes sont celles où le texte se trouve accompagné de dessins, d'enluminures et même de peintures dont quelques-unes sont fort remarquables. Parmi ces peintures, il en est qui remontent jusqu'au VIe siècle; presque toutes représentent des sujets religieux, et l'on ne peut sans étonnement et sans une vive satisfaction regarder ces curieux spécimens de l'art naïf et pur des premiers siècles de notre ère. A côté des manuscrits, M. le comte de Sewastianoff a reproduit un grand nombre de peintures murales dont l'exécution a présenté de grandes difficultés; il s'est préoccupé également, et avec succès, de la représentation des objets d'art, des instruments du culte, des vases précieux, etc., que les monastères du Mont-Athos possèdent à profusion. Toutes ses épreuves sont d'une exécution parfaite; elles rendent admirablement, les unes le vieux parchemin sur lequel les caractères sont tracés, les autres les couleurs mates et peu épaisses des peintures murales, les autres la richesse et la variété des substances métalliques dont sont formés les vases et instruments précieux des églises. En un mot, un succès complet a couronné les courageux efforts de M. le comte de Sewastianoff.
M. C. Silvy, qui, depuis deux-ans environ, a abandonné Paris pour se fixer à Londres où nos plus riches ladies se disputent l'honneur d'être photographiées par lui, M. C. Silvy, disons-nous, vient d'accomplir avec un égal succès une œuvre moins considérable sans doute, mais cependant fort remarquable aussi. M. le marquis d'Azeglio possède, dans sa riche bibliothèque, un manuscrit des plus curieux: c'est un petit volume de seize pages, connu dans le monde bibliophile sous le nom de manuscrit Sforza. Ce manuscrit ne présente, par son teste, rien de bien intéressant; celui-ci, en effet, se compose uniquement d'une sorte de thème latin, d'amplification de rhétorique donnée comme étude à un jeune enfant de la famille Sforza; mais chaque page de teste est encadrée d'une marge de deux centimètres de largeur environ, et sur laquelle se trouvent reproduites, avec une charmante naïveté, des scènes de bataille au milieu desquelles se détachent, en médaillons, les portraits des principaux membres de l'illustre famille Sforza. Ces dessins, dont la remarquable exécution a toujours fixé l'attention des amateurs, possèdent un haut intérêt historique. Aussi est-ce à ce manuscrit que s'est adressé tout d'abord M. C. Silvy pour commencer l'intéressante série de reproductions qu'il projette et qu'il était impossible de mieux inaugurer. Dire que dans l'exécution de ce travail on reconnaît l'habileté du photographe, dont les portrails cartes de visite ont, à Londres, un si grand succès, dont le goût et le talent ont pu être récemment encore appréciés par son: Premier Bulletin de l'armée d'Italie, que M. Joubert vient de reproduire par le charbon et de publier à Londres, c'est dire que la reproduction a été accomplie avec un succès parfait. Dans le fait même de cette reproduction, il s'est produit un fait extrêmêment curieux sur lequel le Bulletin de la Société photographique de Paris vient d'appeler l'attention. Au bas de la dernière page de ce manuscrit, un commentateur avait ajouté une note écrite en allemand; mais cette note avait jusqu'ici fait le désespoir des bibliophiles. L'encre, en effet, avait jauni avec le temps, et était devenue complétement illisible. Cependant la photographie est parvenue à la lire. Ce résultat est facile à comprendre; en effet tous les photographes savent parfaitementqu'un objet jaune agit sur la couche sensible exactement comme un objet noir; que le premier est aussi antiphotogénique que le second, et que par suite l'objet jaune doit ensuite être reproduit sur le positif exactement comme s'il avait été noir. C'est ce qui a eu lieu en réalité, et, grâce à la reproduction photographique, on peut aujourd'hui lire aisément, au bas du manuscrit Sforza, la note qui pendant si longtemps est restée illisible.
- Plusieurs de nos abonnés nous ont fait l'honneur de nous écrire pour nous demander quelques détails sur un nouveau procédé de virage au chlorure d'or, dont M. l'abbé Laborde est l'auteur et dont nous avons dit quelques mots dans notre dernière Revue. Comme la question du virage des épreuves positives est l'une des plus intéressantes en photographie, nous nous empressons de répondre au désir qui nous a été exprimé. Nous profiterons même de cette occasion pour envisager la question à un point de vue un peu plus général.
Lorsqu'on examine attentivement la plupart des épreuves positives qui se trouvent dans le commerce, on reconnaît que celles-ci sont revêtues de colorations particulières et différentes, mais se rapprochant toutes de deux tons bien distincts, le rouge et le noir. De ces deux tons, le dernier est celui que l'on préfère en général; on l'obtenait aisément autrefois au moyen des hyposulfites vieux, mêlés au nitrate d'argent, ou acidulés par l'acide acétique; mais depuis que les recherches chimiques de M. Hardwich en Angleterre, de MM. Davanne et Girard en France, ont fait proscrire d'une manière absolue ces procédés de virage qui amènent la sulfuration et l'altération des épreuves, les photographes se sont exclusivement attachés à l'emploi des sels d'or. Le sel de MM. Fordos et Gelis est fréquemment employé, mais beaucoup, par économie, préfèrent se servir du chlorure d'or du commerce. Or, celui-ci présente, à notre avis du moins, quelques inconvénients: mélangé suivant les formules de M. Legray, etc., avec une solution acide, il produit, du moins entre les mains de la plupart des photographes, des tons rouges et violacés qui sont loin de plaire à tout le monde. Beaucoup, et nous sommes du nombre, préfèrent les beaux tons noirs et veloutés que fournissaient autrefois les hyposulfites acides, et que peuvent encore fournir aujourd'hui les procédés de virage désignés sous le nom d'alcalins. Ces procédés sont d'ailleurs d'une exécution aussi facile que ceux basés sur l'emploi du chlorure d'or acide; ils sont de beaucoup supérieurs à ces derniers, et nous croyons devoir les recommander spécialement à l'attention des photographes.
Trois formules à notre connaissance donnent d'excellents résultats; nous les consignons ici, elles sort dues à MM. Bayard, Mawell Lyte et enfin à l'abbé Laborde. D'autres encore ont été proposées, mais elles offrent avec celles-ci une grande analogie, et paraissent a priori devoir fournir des résultats semblables. D'ailleurs, nous ne croyons pas qu'il soit avantageux de multiplier les formules à l'infini; une bonne suffit, et le lecteur pourra choisir en toute confiance parmi les trois formules suivantes:

Formule de M. Bayard.

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Chlorhydrate d'ammoniaque ……..25 grammes.

Formute de M. Maxwuell Lyte:

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Phosphate de soude ………………20 grammes.

Formule de M. l'abbé Laborde.

Eau ……………………………….1 litre.
Chlorure d'or ……………………..1 gramme.
Acétate de soude …………………30 grammes.

Quel que soit celui de ces trois bains auquel on s'arrête, l'épreuve, retirée du châssis et tirée un peu noir, est passée dans deux ou trois eaux destinées à enlever le nitrate en excès; au besoin même, on termine le lavage par un bain de sel à 5 ou 10 pour 100. Cela fait, l'épreuve est immergée dans le bain d'or, sa face en dessus et bien couverte de liquide; inimédiatement l'action se produit, l'épreuve vire en parcourant tous les tons du rouge au bleu foncé. Si le bain est neuf, 20 à 30 secondes suffisent pour atteindre le but désiré; s'il est affaibli, ce qui a lieu après qu'on y a passé une dixaine d'épreuves, 2 ou 3 minutes sont nécessaires. Il est préférable alors d'ajouter au bain un gramme de chlorure d'or, pour lui rendre son énergie. Dans tous les cas, on arrête l'action aussitôt que l'épreuve paraît avoir revêtu, entre le rouge et le bleu, le ton que l'on désire. On lave ensuite à l'eau, puis on fixe dans un bain d'hyposulfite. Neuf à 20 pour 100, comme d'habitude. Les épreuves obtenues de cette façon et dont l'habitude apprend bien vite la préparation, sont toujours belles et inaltérables.
Th. Bemfield.

1861, 21 de Janeiro

1861, 21 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 3
Pag. 94, 95, 96, 97
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CHIMIE APPLIQUÉE - Action de la lumière sur un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartrique : applications à l’impression photographique; Note de M. Poitevin.

(Commissaires, MM. Dumas, Regnault.)

« Depuis longtemps on a observé que les sels de sesquioxyde de fer sont ramenés à l’état de sels de protoxyde par la lumière et en présence de certains composés organiques, tels que l’alcool, l’éther, etc. Ayant eu pour but d’appliquer cetté propriété à l’impiession photographique, j’ai recherché des substances réductrices non volatiles. Les sels de sesquioxyde d’urane, réduits eux-mêmes par la lumière en présence des corps organiques (le papier par exemple), réagissent sur les sels de fer au maximum, par le sel
de protoxyde d’üranequi se forme d’abord; l’acétate d’ammoniaque, l’alloxanthine, la glycérine, et surtout l’acide tartrique, m’ont également fourni des réactions tres-nettes et utilisables en photographie. Bien que cette réduction soit commune à tous les sels de fer au maximum, et même au peroxyde de fer, que j’ai également expérimenté, je me suis arrêté à l’emploi d’un mélange de perchlorure de fer et d’acide tartriqne, Je ne parlerai donc ici que de ces deux corps.
« La formation partielle du gallate de sesquioxyde de fer sur le papier ou sur d’autres surfaces, pour y produire des images photographiques, est basée sur la réduction du perchlorure de fer en protochlorure, qui se forme seulement aux endroits soumis à l’action de la lumiére.
« L’application des poudres de charbon ou d’autres couleurs et corps vitrifiables repose sur une autre propriété, que je crois avoir observée le premier: c’est que le perchlorure de fer et l’acide tartrique, dissous dans de certaines proportions et appliqués sur une surface quelconque, desséchés, soit artificiellement, soit spontanément dans l’obscurité, donnent une couche unie d’un composé non cristallin et non hygroscopique, et qui reste tel tant qu’il est conservé à l’abri de la lumiére, mais qui devient déliquescent au soleil ou à la lumiére diffuse. J’ai constaté dans les parties influencées par la lumière la présence du protochlorure de fer, qui est déliquescent, et celle d’un corps à réaction acide et très-avide d’eau, qui a dû se former par la réaction du chlore sur l’acide tartrique; c’est surtout ce dernier produit qui joue le plus grand rôle dans l’application des poudres séches sur les surfaces photogéniques que j’emploie, car il ne s’en forme pas assez pour happer les poudres, lorsque je diminue la dose d’acide tartrique. Voici mesmoyens d’opérer :
»1º Pour l’impression au gallate de fer (encre ordinaire), je fais une dissolution contenant 10 grammes de perchlorure de fer pour 100grammes d’eau; j’y ajoute 3 grammes d’acide tartrique, je la filtre et la conserve á l’abri de la lumiére. Pour préparer le papier, je verse ce mélange dans une cuvette, et j’applique successivement à sa surface chaque feuille, en observant qu’il ne reste pas de bulles d’air interposées; je la retire aussitôt et la suspends pour la laisser sécher dans l’obscurité, ou bien, après égouttage, je la sèche au feu. Le papier ainsi préparé peut se conserver longtemps; il est d’une couleur jaune foncé. Pour l’impressionner, on le met dans la presse sous un cliché photographique direct ou sous le dessin à reproduire, on le laisse exposé à la lumiére traversant les blancs de l’écran, jusqu’à ce que la couleur jaune ait disparu, et qu’une image en jaune foncé se détache sur le fond blanc du papier. Pour transformer ce dessin en noir d’encre, je plonge rapidement la feuille impressionnée dans de l’eau distillée, puis dans une dissolution saturée d’acide gallique, ou dans uue infusion de noix de galle, ou bien d’un mélange d’acides gallique et pyrogallique, selon le ton noir que je désire obtenir. Dans l’un ou l’autre cas, l’acide organique forme de l’encre, seulement sur les parties où le perchlorure de fer n’a pas été décomposé, et il est sans action sur le protochlorure qui recouvre les autres où la lumière a agi. On a donc ainsi une impression directe. Pour fixer cette image, il suffit de la laver à l’eau distillée ou à l’eau de pluie.
» 2º Impression au charbon et aux couleurs en poudre, vitraux photographiques, peinture sur porcelaine et sur émail, etc.
« En pratiquant le mode d’impression précédent, j’ai remarqué que le papier impressionné était devenu trés-perméable à l’eau. dans les parties insolées. J’ai utilisé cette propriété pour y former des images avec des poudres quelconques; il m’a suffi pour cela de mouiller avec de l’eau gommée le revers de la feuille: cette eau traverse le papier et retient les couleurs en poudre que l’on applique avec un pinceau. Plus tard, en remplacant le papier par des surfaces de verre dépoli, en les recouvrant du mélange précité et les séchant, je remarquai qu’après leur exposition. à la lumière à travers un négatif, les parties influencées se recouvraient spontanément d’humidité, et que la préparation, de sèche était devenue déliquescente dans ces parties seulement; ce fait m’a conduit au nouveau mode d’impression que je vais décrire.
» Je fais deux dissolutions, l’une contenant 16 grammes de perchlorure de fer pour 100 grammes d’eau, l’autre 8 grammes d’acide tartrique pour 100 grammes d’eau; des volumes égaux de ces deux liquides sont melangés au fur et à mesure de l’emploi. Sur des surfaces de verre dépoli et douci, et parfaitement nettoyées, ou bien sur des surfaces de glace polie, mais préablement recouvertes de collodion ou autre subjectile, je verse le mélange précité, je l’étends et fais égoutter l’excès: je laisse ensuite sécher spontanément dans l’obscurité ces plaques de verre posées, soit sur champ, soit horizontalement, ou les fais sécher au feu, selon l’épaisseur de la couche de préparation que je désire obtenir. La plaque, séchée, peut être consérvée trés-longtemps avant de l’employer. L’impression se fait à travers 'un négatif du dessin; elle peut être de cinq à dix minutes au soleil: ce temps varie d’ailleurs selon la saisgn et l’intensité du négatif. Au sortir de la presse, le dessin est peu visible sur la plaque, mais il le devient bientôt par la buée d’humidité qui se forme seulement sur les partieé impressionnées. Cette couche humide me permet de faire adhérer des poudres quelconques partout où elle existe, et le dessin apparaît graduellement sous un pinceau chargé des couleurs sèches. L’épreuve peut être conservée ainsi: elle est inaltérable, mais il vaut mieux enlever à l’alcool acidulé, puis à l’eau, les parties de la préparation non modifiées par la lumière (elles sont peu solubles dans l’eau pure); sécher ensuite la plaque et vernir le dessin. On obtient ainsi un transparent. Si l’on vent obtenir une peinture sur verre, on emploie pour le poudrage des oxydes minéraux ou des émaux en poudre, et l’on soumet les plaques de verre dans un moufle à une température suffisante pour liquéfier le fondant ou l’émail; on opère de même sur des surfaces de porcelaine ou émaillées.
« Lorsqu’il ne s’agit que d’obtenir une épreuve sur papier, j’emploie des poudres de charbon ou autres couleurs insolubles dans l’eau, je verse sur la surface portant le dessin une couche de collodion normal, je lave à l’eau acidulée pour enlever l’excès de préparation et détruire l’adhérence du collodion à la plaque, et j’enlève cette couche au moyen de papier gélatiné; il ne reste aucune trace du dessin sur la surface du verre. Je gomme ou vernis l’image pour la solidifier, et je colle l’éprenve sur carton.
« J’ai également observé que cette préparation au perchlorure de fer et à l’acide tartrique avait la propriété de retenir les corps gras seulement sur les parties qui ne recoivent pas l’action de la lumière, et j’en ai fait un nouveau moyen d’impression photographique à l’encre grasse et de gravure chimique. »
1861, 11 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 6
Pag. 256
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PHOTOGRAPHIE. - Conservation parfait pendant dix mois de glaces sensiblisées et prêtes à servir; extrait d’une Lettre de M. Martens à M. Seguier.

« … J’avais gardé des glaces sensibilisées trois semaines,et plus, et je me trouvais fort content de leurs résultats; mais l’année 1859, ayant à Lauzanne préparé des glaces au mois d’octobre pour une excursion, et le temps étant devenu fort mauvais, je me suis décide à y renoncer. J’ai enfermé toutefois ces glaces sensibilisée, ainsi prêtes à servir, dans une boîte en plaçant entré chaque glace une feuille de papier buvard, puis j’ai enveloppé le tout avec une toile cirée, et l’ai placé dans un endroit sec.
» Étant retourné à Lausanne, l’été dernier, j’ai pris une vue avec une de ces glaces, et quoiqu’il y eût dix mois qu’elle avait été sensibilisée, l’image est sortie sans avoir eu besoin de forcer avec l’agent révélateur. C’est un résultat digne de remarque, car par tout autre procédé l’on ne peut retarder l’exposition que de quelques jours seulement.
« Je dois dire cependant que ce clihé, qui m’a donné de bons positifs est devenu en se formant d’une couleur rouge, et qui n’a pas même cédé au fixage d’un bain neuf et fort d’hyposulfite de soude; mais je crois devoir attribuer cela à la présence de la chaux dans l’eau ordinaire du lavage que j’ai employée. Dans tous les cas, cette expérience prouve que la formation de l’iodure d’argent dans l’albumine peut se conserver sensible dix mois et au delà: Je me propose de préparer d’autres glaces avec plus de soins, et je vous, ferai part de mes résultats ultérieurs, qui seront, j’en ai l’espoir, tout à fait concluants. »

1861, 11 de Fevereiro

1861, 11 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 6
Pag. 256

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M. Martens adresse aussi une Note ayant pour titre : Remarques entomologiques durant une excursion dans les Alpes. Dans une ascension sur le Monte-Moro. L’habile photographe se trouvant empêché par l’état du ciel de faire les opérations qui l’amenaient sur ce sommet, a profité de ses loisirs forcés pour observer les allures de certains Lépidoptères, et il a noté specialement une émigration de papillons d’une même espéce (Vanessa cardui) qui semblait à l’approche de la froide saison traverser les Alpes pour gagner l’Italie.

(Cette Note est renvoyée à l’examen de MM. Milne Edwards et Valenciennes.)

1861, 15 de Fevereiro - LE MONITEUR SCIENTIFIQUE / REVUE DE PHOTOGRAPHIE

1861, 15 de Fevereiro
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
Paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la verrerie
T. III
100º Livraison
Pags. 89, 90, 91, 92
*
REVUE DE PHOTOGRAPHIE

Sommaire. - Machine de M. Charles Fontayne, pour tirer 4,000 positifs à l'heure, avec un seul cliché. - Exposition photographique à Paris. - Exposition à Londres. - Développement de la photographie en Angleterre. - Photographie à la lumière électrique, par M. Nadar. - Discussion sur les appareils de grandissement.

Les principaux organes de la photographie française ont entretenu leurs lecteurs, il y a deux mois environ, d'un nouvel engin, imaginé par M. Charles Fontayne, de New-York, et permettant d'imprimer avec un seul cliché 4,000 épreuves positives en une heure. Frappé comme tous les autres de l'intérêt présenté par cette découverte et gagné par l'enthousiasme général, nous nous apprêtions à reproduire ici les descriptions de nos confrères, lorsque, nous méfiant un peu des exagérations de frère Jonathan, il nous a semblé plus sage d'écrire à quelques amis que nous possédons dans le Nouveau-Monde et d'attendre les renseignements qu'ils voudraient bien nous fournir à ce sujet. Ces renseignements sont maintenant arrivés, et, nous devons le dire, ils concordent pleinement avec ce qui avait été déjà dit en France à ce sujet; seulement, ils nous mettent a même de donner une description exacte de l'appareil. Voici une lettre intéressante qui nous a été envoyée par un jeune et habile opérateur, M. Charles Gordon.
« Mon cher Bemfield,
« Je suis heureusement en très-bonne position pour vous renseigner sur la machine de M. Fontayne, dont il est véritablement incroyable que vous ignoriez encore les avantages en Angleterre et en France. C'est une machine admirable, d'un mécanisme simple, d'une précision égale à celle d'un appareil astronomique et dont les résultats étonnants se résument en ceci: en une heure elle peut tirer avec un seul cliché 4,000 épreuves positives sur papier, chacune de celles-ci mesurant un pouce carré environ. Le papier sur lequel se forment les épreuves n'est pas, vous devez le deviner, préparé au chlorure d'argent; le temps d'impression est si court que cette surface serait loin de présenter une sensibilité suffisante: c'est un papier ordinaire, encollé à la gélatine, et imprégné d'iodure d'argent mélangé de quelques sels que je ne connais pas et qui sont destinés à exalter la sensibilité de la surface. Ce papier est enroulé sur un cylindre semblable à ceux dont on fait usage dans le télégraphe de Morse; de même que dans cet appareil, le papier se déroule lentement, régulièrement au moyen d'un mouvement d'horlogerie; le tout est d'ailleurs enfermé dans une boite noire, munie d'un orifice unique. Dans cet orifice est enchâssé le cliché, et le papier est disposé de telle sorte qu'il se présente, pendant un temps déterminé et très-court, au contact de ce cliché. L'appareil mécanique est d'ailleurs construit pour que le papier reste environ une seconde sous le cliché; il fait en même temps ouvrir et fermer, par un mouvernent d'une égale rapidité, un obturateur placé au-dessus du cliché. Enfin, au-dessus de cet obturateur lui-même, est disposée une lentille puissante qui projette sur le cliché, et par suite sur le papier sensible placé au-dessous, la lumière concentrée du soleil.
« Il vous est facile maintenant de comprendre la marche de cet appareil, dans lequel une opération toute entière est faite en une seconde: le papier se présente sous le cliché, l'obturateur s'ouvre, le papier reste une seconde exposé à l'action solaire, puis l'obturateur se referme; le papier s'avance de nouveau, la partie impressionnée s'éloigne, une nouvelle se présente et ainsi de suite.
« Chaque feuille de papier peut porter de 200 à 250 épreuves positives; pour les faire paraître, on les rentre dans l'atelier obscur, et on procède au développement à la manière ordinaire, c'est-à-dire au moyen de l'acide gallique additionné d'acide acétique et de nitrate d'argent; on fixe ensuite à l'hyposulfite de soude.
« La machine de M. Fontayne a fait ses premières armes, il y a quelques mois, au moment de l'élection du président. M. Lincoln, entre autres, a été ainsi reproduit à 20,000 exemplaires, de telle sorte, que dans chaque centre électoral, les citoyens ont pu, à côté des paroles écrites par le candidat, placer la représentation exacte de sa physionomie, et tirer quelquefois de cette comparaison des inductions utiles.
« Je n'ai rien autre à vous mander d'intéressant, au point de vue de la photographie en Amérique; si j'avais quelques nouvelles à vous donner, elles seraient plutôt mauvaises que bonnes. Notre art, en effet, semble prendre sa part du trouble que subissent en ce moment les affaires en général. A Charleston, à New-Orléans, les pholographes sont absolument sans occupations et il est bien peu d'ateliers qui parviennent à faire leurs frais. A New-York, la situation n'est pas aussi mauvaise, mais elle n'est pas bonne cependant, et je crois qu'après avoir cité trois ou quatre maisons qui sont encore en voie de prospérité, il ne me resterait plus qu'à parler d'un nombre considérable d'infortunés opérateurs qui restent toute la journée dans leurs ateliers, en attendant un sort meilleur. »
- Rentrons maintenant en Europe, et cherchons d'abord, puisque nous écrivons pour les photographes français, si la France ne présente pas quelque nouveauté photographique.
La grande nouvelle du jour est l'exposition qui doit s'ouvrir le 1er mai, au Palais de l’Industrie, sous le patronage de la Société photographique. Nos lecteurs se souviennent sans doute du temps bien peu éloigné encore, où, dans les expositions quinquennales de l'industrie, les œuvres photographiques se trouvaient reléguées dans les endroits les plus obscurs, à côté de la ferblanterie ou des bretelles en caoutchouc. Les choses ont bien changé depuis cette époque; l'art nouveau qui compte tant d'adeptes n'a pas encore, il est vrai, obtenu son introduction définitive au milieu des œuvres d'art proprement dites, mais il n'en est plus bien loin maintenant. Grâce a l'initiative de la Société photographique de Paris, que l'on ne saurait trop louer et remercier pour ce résultat obtenu, la photographie a pu, il y a deux ans, exposer ses œuvres au Palais de l'Industrie, dans un local séparé, mais porte à porte avec l'Exposition de peinture et de sculpture. L'effet qu'elles ont produit sur le public a été des plus heureux, et l'on a pu compter certains jours où l'Exposition de photographie était aussi suivie que celle de peinture. Cette année, la photographie est replacée dans la rnême condition. Le même jour, c'est-à-dire le 1er mai, s'ouvriront à la fois, a coté l'une de l'autre, dans le Palais de l'Industrie, les Expositions de peinture et de photographie. Nous ne pouvons que nous féliciter de ce résultat et adresser au nom de nos collègues, nos remerciments à la Société photographique de Paris pour l'avoir obtenu. Que le jury nommé par elle soit à la fois juste et sévère pour l'admission des œuvres présentées, et nous sommes sûr d'une magnifique Exposition. Afin de faciliter à ceux de nos lecteurs qui voudraient prendre part cette solennité, les moyens de présenter leurs ouvrages, nous résumons ici les principaux points du règlement que vient de publier la Société photographique.
« L'Exposition ouvrira le 1er mai; les envois doivent être faits du 5 au 15 avril au plus tard, a M. Laulerie, au Palais de l'Industrie (Champs-Elysées), porte nº 1. Les épreuves doivent être encadrées ou au moins sous verre. Toutes les épreuves coloriées ou présentant des retouches essentielles seront exclues. Enfin, tous les photographes, artistes et amateurs, français ou étrangers, qu'ils soient ou non membres de la Société photographique, sont indistinctement appelés à prendre part à cette Exposition. »
- A Londres, où la Société photographique fait, chaque année, une remarquable Exposition, les Salons de la galerie des aquarellistes (Pall mall), où elle a lieu, sont ouverts depuis le 12 janvier. D'après nos renseignements, cette Exposition est très-remarquable an point de vue de la valeur et du mérite des ouvrages exposés. La presque totalité de ceux-ci a été obtenue sur collodion humide; on y compte à peine une trentaine d'épreuves obtenues sur collodion sec; quant au procédé sur papier ciré sec, au procédé sur albumine, etc., ils ne sont pas représentés par un seul échantillon. On peut aussi reprocher à cette Exposition de ne renfermer aucunes des nouveautés dont s'occupe actuellement la photographie. En effet, sauf quelques spécimens du procédé de M. Pretsch, pour la gravure héliographique en relief, sauf quelques photographies émaillées de M. Lafon de Camarsac, on n'y compte aucun spécimen des procédés nouveaux.
- Cependant, les opérateurs ne manquent pas en Angleterre; si nous en croyons un intéressant article publié par The London Rewiew, leur nombre, dans le Royaume-Uni, ne serait pas moindre de 10,000. Ce développement remarquable de la photographie a exercé sur diverses branches d'industrie une influence considérable; ainsi, d'après le même article, la fabrication des produits employés pour le collodion (éther, iodure de potassium, bromure, etc.), paraît avoir quadruplé par ce fait. Le verre plan dont on fait usage pour l'extension du collodion est devenu pour quelques verreries un produit excessivement important; enfin, la quantité d'argent métallique dévoré par les opérations photographiques n'est pas estimée à moins de vingt tonnes par année. Nous ne pouvons croire, nous l'avouons, a l'énormité de ce dernier chiffre; et notre confrère a dû, dans son estimation, commettre quelque erreur, mais se serait-il trompé de moitié que la photographie n'en devrait pas moins être considérée comme exerçant une grande influence sur la consommation de l'argent.
- Les promeneurs qui, dans ces derniers temps, ont eu occasion de passer le soir devant l'atelier de M. Nadar, n'ont pu s'empêcher d'être frappés de l'éclairage électrique qui souvent en illuminait les dispositions intérieures. Cet éclairage brillant était dû à d'intéressantes expériences entreprises par M. Nadar, et que poursuivait également d'un autre côté M. Binghaim; le but de ces expériences est de produire des clichés au moyen de la lumière électrique, et de remplacer par l'arc voltaïque les rayons solaires que le brouillard pris depuis une année l'habitude de nous cacher trop-souvent. Le résultat atteint par M. Nadar a été fort bon, quoique cependant on puisse reprocher à ses épreuves un peu trop d'exagération dans les oppositions de ton, effet dû à la proximité du foyer lumineux. Il sera du reste faile, nous le pensons du moins, de parer à cet inconvénient au moyen d'écrans très-faibles, ou par tout autre procédé. Voici comment opère M. Nadar: L'objet à reproduire, lc sujet si l'on veut, pose en face de la chambre noire, à la manière ordinaire, et en portant ses regards au niveau de celle-ci. Derrière la chambre, à deu x mètres de hauteur environ, sont disposés les deux charbons d'une pile de 50 éléments Bunsen ; derrière ces charbons, mus par un régulateur de Serrin, est placé un réflecteur métallique dont l'éclat est adouci an moyen d'une couche de craie. Ce réflecteur projette la lumière sur le sujet, et l'élaire fortement sans qu'il en soit incommodé en aucune façon, puisqu'il fixe ses regards en dehors du centre lumineux, et qu'il lui est soigneusement recommandé de ne les porter jamais sur la source de lumière elle-même. Le temps de pose sous l'influence de cet éclairage est, avec un collodion ordinaire, de 60 à 80 secondes; il est un peu considérable, il est vrai, mais dans les circonstances nouvelles où la photographie se trouve placée depuis une ou deux années, par suite de l'inclémence de la température, cette méthode constitue encore une ressource précieuse.
- Une discussion savante, trop savante même, s'est élevée depuis deux mois au sein de la Société photographique de Paris, au sujet des appareils de grandissement. Nous n'avons pas l'intention de la reproduire; elle serait trop abstraite, et nous-mêmes, nous l'avouons, serions un peu embarrassé pour traiter légèrement un des sujets les plus ardus de l'optique. Les résultats seuls de cette discussion peuvent intéresser nos lecteurs; aussi nous contenterons-nous de la résumer. M. Claudet, de Londres, MM. Anthony Thouret, Bersch et Léon Foucault, ont pris à cette discussion une part active ; ils se sont éclairés les uns les autres, et, après avoir vivement discuté, ils se sont trouvés d'accord ou à peu près sur les conclusions suivantes: Les appareils de grandissement comme ceux de M. Woodward, où tout le faisceau lumineux vient se croiser au centre de l'objectif sont d'un très-bon emploi, cependant ils ne sont pas parfaits; ceux à lumière parallèle, comme celui qu'a construit M. Bertsch, sont également d'un usage excellent, mais la question principale, essentielle, des agrandissements, est d'avoir des clichés qui soient admirablement au point. - Terminons par une nouvelle importante; M. Quinet qui voulait s'opposer à la production des épreuves amplifiées, et qui réclamait la priorité de la découverte, a perdu son procès; l'opération du grandissement en lui même est donc, dès aujourd'hui, dans le domaine public.
TH. BEMFIELD.

sexta-feira, 24 de abril de 2009

1861, 22 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 16
Pag. 819, 820
*
PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Note sur l’application de la photographie à la géologie et à la géographie physique. Orographie : Le mont Blanc et ta vallée de Chamounix; par M. A. Civiale

« J’ai entrepris en 1859 la reproduction photographique de la chaîne des Alpes; ce travail exigera plusieurs années, car il doit comprendre l’Oberland bernois, le mont Blanc et les Alpes de Savoie, le grand massif du mont Rose, les chaînes secondaires du Valais, des Grisons et du Tyrol, ainsi que les montagnes volcaniques des environs de Schaffouse. J’ai l’honneur de présenter aujourd’hui à l’Académie les vues photographiques des versants occidentaux du mont Blanc, des vallées de Chamounix, de Valorsine, de la Tète-Noire et de Trient.
« Ce travail comprend trois panoramas et un album de vues de détails.
« Le premier panorama, composé de dix épreuves, est pris du Brévent, au-dessus des chalets de Plampra (2130 m); il est compris dans un angle de 200º 15’, et représente l’ensemble de la chaîne du mont Blanc, depuis le col de Vora jusqu’au col de Balme du sud-ouest au nord-est. Les masses granitiques de la chaîne forment deux groupes principaux séparés par la mer de glace, les Aiguilles de Chamounix au nord-est et l’higuille Verte, les Aiguilles d’Argentières et du Tour au sud-ouest.
« Le deuxième panorama, composé de huit épreuves, est pris de la cabane de la Flégère (1908 m), est compris dans un angle de 160º 35’, et sa direction générale va également du sud-ouest au nord-est. C’est une vue du mont Blanc plus oblique par rapport aux Aiguilles de Chamounix; le sommet de l’Aiguille Verte, trop rapproché du point de station n’a pu être reproduit ; mais l’ensemble de la mer de glace et des montagnes qui forment ses rives, est plus facile à saisir que dans le panorama précédent.
« Le troisiéme panorama, composé de six épreuves, est pris du Montanvers (1950 m), l’angle dans lequel il est compris est de 118º 32’, sa direction générale va du nord au sud. Ce panorama donne la vue détaillée d’une grande partie de la mer de glace et de la base des Aiguilles faisant face aux Aiguilles de Chamounix, ainsi que du massif des Aiguilles de Léchaud ou Jorasses, au pied desquelles viennent se réunir les glaciers de Léchaud et du Géant pour former l’immense glacier des Bois ou mer,de glace proprement dite.
» La série des vues de détail commence à Servoz au pied des rochers des Fiz, reproduit la vallée de Chamounix du col de Voza au col de Balme, la vallée de Valorsine, la route de la Tête-Noire et se termine dans la vallée du Trient.
» Les pentes générales des glaciers et celles des gradins qui les forment sont données rigoureusement par les épreuves prises sur le flanc des montagnes qui encaissent ces glaciers. Je n’ai pas remarqué de différence sensible entre les pentes mesurées sur l’épreuve et celles prises directement sui le glacier. J’ai employé le procédé photographique sur papier ciré sec indiqué l’année dernière; l’orientation de l’axe optique, de l’instrument est déterminée pour chaque épreuve; quant à la prise des vues, je me süis attaché, ainsi que je l’ai dit, à fixer l’appareil optique de manière à ne pas laisser d’incertitude sur les éléments géodésiques des divers points. Ainsi l’axe optique est toujours horizontal, et comme la station reste la même pour les vues qui composent un même panorama, il est facile, avec l’épreuve photographique et une carte topographique détaillée, de connaître les coordonnées de chaque sommet, ou d’un point quelconque intéressant, par rapport au plan horizontal qui passe par la station.
» Une légende explicative et les réductions des panoramas complètent l’album.
« Je prie l’Académie de vouloir bien accepter l’hommage de cette seconde partie de la reproduction photographique des Alpes. »

1861, 12 de Maio

1861, 12 de Maio

JOSEPH JAMES FORRESTER (Barão de Forrester), morre afogado no Rio Douro.

1861, 24 de Junho

1861, 24 de Junho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LII
Nº. 25
Pag. 1318
*
M. Couturier adresse une Note faisant suite à celle qu’il avait précédemment adressée sous un pli cacheté, dont l’ouverture avait été faite, sur as demande, dans la séance du 4 mars dernier.Sa nouvelle Note a pour titre: « Reproduction des épreuves photographiques sur les pâtes céramiques:par l’emploi des silicates et des aluminates métalliques, obtenues par la voie humide, etc. »
A cette Note est jointe une épreuve photographique obtenue par le procédé décrit.

Les deux pièces sont renvoyées à l’examen des Commissaires précédemment désignés: MM. Regnaut, Payen.

1861, 1 de Julho

1861, 1 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIII
Nº. 1
Pag. 29, 30, 31, 32
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Géographie - Détermination de la longitude de Paranagua au moyen d’épreuves photographiques de l’éclipse du 7 septembre 1858; par M. Emm. Liais

« Après l’éclipse de Soleil du 7 septembre 1858, je communiquai à l’Académie les résultats des observations faites dans la baie de Paranagua, par ordre de S. M. l’Empereur du Brésil, en même temps que je transmettais. une copie du Rapport de la Commission chargée de l’observation de ce phénomène, Commission dont je faisais partie.
» Dans ce travail, qui a été plus tard l’objet d’un Rapport de M. Faye, j’avais indiqué les résultats qui se pouvaient déduire à premiere vue des épreuves photographiques que j’avais prises du Soleil partiellement éclipsé avant et aprés la totalité. Depuis cette époque, j’ai soumis ces, épreuves a des recherches approfondies, et dans la présente Note j’ai pour but d’indiquer les résultatsque j’en ai déduits pour la longitude de Paranagua.
« En mesurant sur ces épreuves les anglës de position de la ligne des cornes, je trouvai que ces angles, tout en manifestant une loi régulière de variation, présentaient cependant de légères anomalies que j’attribuais d’abord a des torsions de l’instrument, comme je le mentionnai dans le Rapport. Mais en prenant les coordonnées des centres des deux astres, d’après celles d’un grand nombre de points de leur contour, j’ai réconnu que les anomalies de l’angle de la ligne des cornes n’existaient pas pour l’angle de la ligne des centres, et, par des éxpériences directes sur l’instrument, j’ai vu qu’il ne pouvait pas d’ailleurs fléchir ,de manière à donner lieu aux anomalies observées. L’explication de ces dernières doit donc être cherchée
uniquement dans le défaut de netteté des cornes, qui sont généralement arrondies sur les épreuves, comme le mentionne le Rapport de la Commission brésilienne, et il faut admettre que quelquefois l’une d’elles s’est plus étendue que l’autre.
« Après avoir pris sur chaque épreuve les coordonnées d’un grand nombre de points du contour lunaire, contour qui parfois présentait sous le microscope de légères dentelures, ce qui obligeait à multipher le nombre des points, j’ai essayé de reconnaître par le calcul si ce contour ne serait pas mieux représenté par un arc légèrement ellptique que par un arc de cercle. Mais je n’ai pu reconnaître aucune ellipticité sûrement accusée, et j’ai alors déterminé les coordonnées du centre de la Lune en regardant le contour comme circulaire.
« La détermination des coordonnées des centres des deux astres a formé la première partie demon travail. Les distances des centres ont été déduites de ces coordonnées, et leur transformation en arc a eu lieu au moyen d’épreuves spéciales sur lesquelles l’image du Soleil ti été prise deux fois à un intervalle de temps connu.
« La deuxième partie du travail consiste dans la correction des positions des deux astres a l’aide d’observations de la même époque. J’ai employé pour la Lune une série d’observations faites à l’observatoire de Greenwich, de juillet à novembre 1858 inclusivement, observations que M. Airy a eu l’obligeance de me communiquer. Ces observations ont été faites, les unes au méridien a l’aide du transit-circle, les autres hors du méridien l’altazimut.
» Considérant que si la parallaxe des Tables était exacte, les deux instruments devaient avoir les mêmes corrections à appliquer aux Tables pour l’ascension droite de la Lune, en ayant égard a la petite variation de ces corrections dans l’intervalle des observations, variation qui pouvait se déduire des obsérvations consécutives au transit, et que, dans le cas contraire, la différence des corrections indiquées par les deux instruments faisait connaître la correction à appliquer à la parallaxe tabulaire, j’ai pu déduire des observations de Greenwich, pendant toute la période de juillet a novembre 1858, les corrections à appliquer à l’ascension droite, la déclinaison et la parallaxe de la Lune, données par le Nautical Almanac.
« Remontant alors aux expressions analytiques de ces trois coordonnées lunaires, j’ai formé des équations de condition entre ces corrections des portions, données par l’observation, et celles qu’il convenait d’appliquer aux coefficients et aux arguments des termes principaux du mouvement et des perturbations lunaires pour représenter les observations pendant la période en question, et j’ai eu ainsi les corrections à appliquer aux Tables pour tous les instants de cette période. J’en ai déduit celles qui convenaient à l’époque de l’observation de l’éclipse du 7 septembre 1858.
« Pour le Soleil, j’ai employé des photographies de cet astre faites par moi à Paranagua pendant son passage à la lunette dans le méridien, les ouvertures ayant coïncidé avec des battements du chronomètre, et les épreuves portant à la fois l’image de l’astre et celle des fils. Les distances des deux bords aux fils ont été mesurées plus tard avec précision. C’est, on le voit, la méthode d’observation de M. Faye qui a été appliquée sur ce point pour la premiére fois. Ces observations m’ont donné l’erreur de l’ascension droite et, par suite, de la longitude du Soleil, en supposant connu le méridien de la station de Paranagua, ou mieux, une équation de condition entre la correction de la longitude tabulaire du Soleil et celle de Paranagua, équation àl’aide de laquelle je pouvais éliminer la premiére correction dans les équations fournies par les épreuves photographiques de l’éclipse, de maniére à n’avoir plus pour seule inconnue que la longitude de Paranagua.
» Les positions des astres étant ainsi corrigées, j’ai pu passer au calcul de cette derniére longitude. Deux méthodes ont été employées dans ce but. Les 12 épreuves obtenues donnaient 12 distances des centres et 12 angles de position de la ligne des centres.
« J’ai appliqué aux 12 distances des centres la méthode ordinaire du calcul des longitudes par les éclipses, en laissant inconnue la correction dela parallaxe lunaire du Nautical Almanac. J’ai eu ainsi 12 equations de condition desquelles j’ai déduit à la fois la longitude de Paranagua et la correcrection de la parallaxe de la Lune. Cette dernière correction ainsi obtenue ne différait que de 0”, 17 de celle que m’avait donnée la comparaison entre les observations de Greenwich au transit-circle et à l’alt-azimut. Cet accord prouve la grande exactïtude que donne aux observations de cedernier établissement l’empoi du chronographe électrique pour l’enregistrement de l’instant des observations. Reportant ensuite la valeur de la longitude de Paranagua dans l’équation de condition. que les photographies méridiennes m’avaient donnée entre cette longitude et la correction de la longitnde du Soleil du Nautical-Almanac, j’ai trouvé que cette dernière devait être augmentée de 5’’,3.
« La seconde méthode que j’ai appliquée repose entièrement sur l’emploi des angles de position. Je l’ai exposée dans une Note antérieure. Dans cette méthode, la variation des angles de position de la ligne des centres dans le voisinage de la totalité sert à déterminer la plus courte distance des centres avec une très grande exactitude, en même temps que la valeur de ces angles de position, au commencement, au milieu et à la. fin du phénomène, sert à connaître les corrections de l’instrument, desquelles il est tenu compte. La plus courte distance des centres étant connue, l’interséction avec le parallèle de latitude, de la ligne sur laquelle (dans le sens observé) a lieu cette plus courte distance, d’après les éphémérides corrigées par les observations correspondantes, fait connaitre le lieu de la station, toutes les fois que la bande éclipsée diffère notablement d’un parallèle. Cette méthode a l’avantage d’être indépendante de la détermination de l’heure locale et, par conséquent, de l’équationt personnelle de la détermination de l’heure. Le résultat qu’elle m'a donné ne diffère de celui de la première méthode que de 1”,8; ce qui prouver que l’heure locale avait été déterminée à un dixième de seconde près, et montre en même temps la grande exactitude de l’emploi, de la photographie pour la déterminatiou des longitudes terrestres par les éclipses.
« La longitude de Paranagua (maison du docteur Reichsteiner) ainsi obtenue est par la moyenne des deux méthodes:
En temps, 3h 13m 32s,40 ou en arc 48º 23’ 6’’ouest de Greenwich.
La latitude de la même station est 25º 30’ 33”,24 sud.
» J’ai l’espoir que l’Académie accueillera avec bienveillance ce premier résultat de l’application de la photographie à la déterminatiop des longitudes terrestres, J’avais eu le désir d’appliquer égalent la méthode de M. Faye par les longueurs de cordes mesurées sur les photograohies ; mais, sur mes épreuves, la forme un peu arrondie des cornes s’est opposée à cette application »

1861, 1 de Julho

1861, 1 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIII
Nº. 1
Pag. 33, 34, 35
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PHIYSIQUE. - Cinquième Mémoire sur une action de la lumière inconnue jusqu’ici; par M. Niepce de Saint-Victor.

« En continuant mes expériences sur l’action que la lumiére exerce sur tous les corps poreux ou rugueux, en leur donnant une activité persistante pendant longtemps pour réduire les sels d’argent et décolorer les étoffes, j’ai constaté quelques faits nouveaux que je vais rapporter.
» Ainsi, en exposant à un fort soleil pendant deux ou trois heures une partie fraîchement cassée de la tranche d’une assiette de porcelaine opaque et l’appliquant ensuite sur un papier préparé au chlorure d’argent, on obtient après vingt-quatre henres de contact une réduction du sel d’argent dans la partie correspondante à celle qui a été frappée par la lumière, et rien dans celle qui en a été préservée. Certaines porcelaines tendres acquièrent plus facilement cette activité.
« Une plaque d’acier, polie dans une partie et dépolie dans l’autre au moyen d’une assez forte action d’eau forte et parfaitement nettoyée à l’alcool, a été ensuite insolée trois ou quatre heures dans les conditions suivantes: moitié de la plaque polie et dépolie sous un écran opaque et l’autre moitié sous un verre blanc. La plaque a été ensuite recouverte par un papier préparé au chlorure d’argent albuminé. Après vingt-quatre heures de contact, j’ai obtenu une impression de la partie dépolie qui avait été frappée par la lumière, mais rien dans la partie polie, ni dans celle dépolie placée sous l’écran.
« Une lame de verre fortement dépolie et parfaitement nettoyée à l’eau destillée a donné les mêmes résultats que la plaque d’acier.
« Je dirai que la lumière a moins d’action sous un verre violet que sous un verre blanc.
« Ces expériences démontrent donc qu’il n’est pas nécessaire, pour que la réduction des sels d’argent ait lieu, qu’il y ait une action chimique comme lorsque l’on insole un sel métallique avec une matière organique, ou simplement une des deux matières.
» M. Arnaudon, chimiste de Turin, a répété quelques-unes de mes expériences
dans les différents gaz, et les résultats out été les mêmes qu’à l’air libre. Moi, je me propose de les répéter dans le vide lumineux.
» Avant de passer à d’autres expériences, je rappellerai que j’ai constatéque la terre insolée donnait des traces de cette activité jusqu’à la prondeur de 1 mètre, épaisseur qui doit varier selon la nature des terrains et selon le degré d’insolation. Mais cette activité démontre bien l’action continue de la lumière dans la végétation, et l’expérience suivante viendrait à l’appui: Dans un tube de fer-blanc tapissé d’un carton imprégné d’acidetartriqne et insolé au point de réduire fortement l’azotate d’argent, j’ai placé au milieu du tube, sans contact, une petite vessie renfermant une
faible solution d’amidon; après quarante-huit heures, j’ai constaté que cet amidon réduisait faiblement la liqueur de Barreswil; un autre amidon, placé dans les mêmes conditions excepté l’insolation, n’a rien produit dans la liqueur.
« Cette activité acquise par un corps insolé a donc, dans beaucoup de cas, la même propriété que la lumière; mais je vais citer une expérience où elle n’agit pas de même: Ainsi, on sait que les bitumes comme les résines s’oxy-. dent à l’air et à la lumière; eh bien, je n’ai pas pu, avec cette activité acquise par un corps insolé, solidifier un vernis au bitume de Judée, de même, qu’un bitume insolé ne réduit pas les sels d’argent. Cela tient peut-être à ce que cette activité, comme la lumière, ne peut pas pénétrer et se fixer dans la couche lisse du birume de Judée?
« Une plaque de fer oxydée dans l’ombre ne réduit pas les sels d’argent, mais elle les réduit si elle est insolée.
« Voici maintenant des expériences que j’ai faites’dans le but de savoir, comme cela a été annoncé plusieurs fois, si la lumière aimantait un barreau d’acier. Eh bien, après avoir écarté toutes causes d’erreurs, il m’a été impossible d’attirer une aiguille à coudre suspendue à un cheveu, par une autre aiguille insolée très-longtemps sous un faisceau de lumière concentrée
par une forte lentille, soit avec la lumiére blanche, soit en faisant à celle-ci traverser un verre violet.
» J’ai ensuite enveloppé une aiguille dans un papier imprégné d’azotate d’urane ou d’acide tartrique et insolé, de même j’ai suspendu une aiguille horizontalement dans des tubes contenant des cartons insolés, et les résultats ont toujours été négatifs: ce qui prouve que cette activité, dont j’ai parlé plus haut, n’est point due à l’électricité, comme on l’a prétendu.
« J’ai ensuite répété les premières expériences sur des aiguilles très-faiblement, aimantées, pour voir si je parviendrais à les désaimanter ; résultats toujours négatifs.
» Conclusions. Il résulte de l’ensemble de mes expériences que cette activité persistante donnée par la lumière à tous les corps poreux, même les plus inertes, ne peut même pas être de la phosphorescence, car elle ne durerait pas si longtemps, d’après les expériences de M. Edmond Becquerel; il est donc plus probable que c’est un rayonnement invisible à nos yeux, comme le croit M. Léon Foucault, rayonnement qui ne traverse pas le verre.
« Quant à l’aimantation et à la désaimantation, il m’a été impossible de rien obtenir avec la lumière seule. «

1861, 15 de Julho

1861, 15 de Julho
Le moniteur scientifique
Journal des Sciences pures et appliquées spécialement consacre aux chimistes et aux manufacturiers
par le dr . Quesneville
Paris
chez
M. Quesneville, rédacteur-propriétaire
55, rue de la Verrerie
T. III
110º Livraison
Pags. 385, 386, 387, 388
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REVUE PHOTOGRAPHIQUE
La photographie anglaise est en émoi, presque en révolution, et cet émoi est justifié par les raisons les plus plausibles. Il s'agit de l'Exposition universelle qui doit s'ouvrir au mois de mai 1862. Tout se prépare en Angleterre pour cette grande solennité; le palais s'élève rapidement dans Hyde-Park, promettant de surpasser en grandeur, en majesté, le palais de cristal de 1851. Mais, en même temps que surgissaient du sol ses premières assises, paraissait un prognrnme général dont la classification attribuait à la photographie un rang indigne et absurde. Nos lecteurs ne sauraient jamais imaginer, en effet, dans quelle section les commissaires royaux ont cru devoir placer notre art si élégant et si délicat. Ce n'est pas dans la section des beaux-arts, ils s'en seraient bien gardés; ce n'est pas dans la section chimique ou nous aurions encore été déplacés, mais où cependant notre apparition eût été moins étrange, puisque nous usons de procédés chimiques; non, c'est au niilieu des machines, à côté des locomotives, des carrosses, des canons, des horloges, etc., que l'on avait imaginé de placer nos pauvres cadres! Et cependant, la Commission royale est composée des illustrations de notre pays, et l'organisation générale a été confiée par elle à l'un de nos plus grands savants, au Dr Lyon Playfair, qui devrait savoir nous comprendre, puisqu'il est chimiste, et que nos progrès sont nés, en somme, de la chimie.
Au premier moment de la publication de ce programme, une surprise, disons mieux, une véritable stupeur s'est emparée des photographes anglais.
La société de Londres, la plus ancienne de nos associations photographiques, s'est emparée de la question, et l'on ne saurait trop louer son président, Sr Frederick Pollock, de l'énergie qu'il a manifestée en cette circonstance. Les commissaires royaux avaient prié la Société de Londres de dresser une liste de jurés pour l'Exposition et de stimuler en même temps le zèle de tous les photographes. Avant d'accepter cette mission, M. Pollock s'est adressé à la Commission pour lui faire sentir l'inconvenance du classement, et, dans des termes très-énergiques, a demandé à lui présenter une députation de la Société de Londres chargée de conférer avec elle à ce sujet; mais cette démarche étant restée sans succès, la Commission royale s'étant rejetée sur le nombre de ses occupations pour ne pas recevoir la députation de la Société et ne point écouter ses motifs, la Société a cru devoir protester avec énergie, et elle a même été jusqu'à se demander si, au lieu de nommer un jury, au lieu de stimuler le zèle des photographes, elle ne devait pas, au contraire, les engager à s'abstenir de toute coopération à l'Exposition internationale. Et pour que la protestation eût plus de valeur, elle l'a adressée à la Société photographique de Paris, qui, ainsi qu'on devait le présumer, l'a accueillie avec la plus grande faveur, en déclarant qu'elle partageait à ce sujet la manière de voir de la Société de Londres, et qu'elle s'elevait avec force contre une classifîcation qui semblait vouloir transformer l'art photographique en une simple opération mécanique.
La question en est là: aucune décision nouvelle n'a été prise, la Commission n'a pas modifié son classement; cependant deux faits récents semblent faire espérer que la Société de Londres ne s'abstiendra pas, et que justice sera faite de ses réclamations. En effet, d'une part, M.Lyon Playfair a écrit à ce sujet à M. Pollock une lettre qui nons paraît assez rassurante; d'une antre, la Commission impériale françaisea fait dans son classement une section spéciale de la photographie, au lieu de la laisser mélangée avec les machines, etc.
Voici les phrases qui, dans la lettre du Dr Playfair, nous semblent devoir rassurer les photographes :
……. » La confusion des épreuves photographiques avec les instruments destinés à les produire est une grosse erreur scientifique. II y aurait autant d'ignorance à confondre les œuvres du sculpteur ou du graveur avec la coutellerie et les ciseaux, ou à placer les œuvres des peintres dans les classes renfermant les brosses et les produits chimiques. . . . .
En résumé, j'espère que vos efforts pour obtenir un changement dans la classification seront couronntés de succès, et que, d'une part, les instruments photographiques seront maintenus à leur place parmi les instruments scientifiques, dont ils formeront une sous-section, tandis que, d'une autre, les épreuves photographiques seront mises dans la position que leur assignent les récents progrès de votre art, et seront placées dans le groupe des beaux-arts, seul endroit où elles puissent être raisonnablement classifiées. «
Nos lecteurs le voient donc, l'organisateur de l'Exposition reconnaît qu'il s'est trompé : c'est aux commissaires royaux de réparer son erreur.
Si nous en jugeons par les actes de la Commission française, il en sera ainsi, tout permet de l'espérer; en effet, celle-ci vient de nommer pour le département de la Seine un jury d'admission, ce jury est divisé en neuf sections, dont une, entièrement spéciale, est chargée de l'examen des œuvres et appareils photographiques destinés à l'Exposition internationale. La Commission impériale l'a donc reconnu, nous ne sommes pas de simples machinistes; les commissaires royaux de S. M. la Reine le reconnaitront aussi.
Puisque nons nous occupé de cette importante question de l'Exposition, occupons-nous-en quelques instants encore; aussi bien, devons-nous indiquer à ceux de nos lecteurs qui s'occupent de l'art charmant de la photographie, les moyens qui doivent les mettre à même de concourir. Un jury d'admission, d'une composition très-irnportante a été nommé par la Commission impériale pour juger les produits du département de la Seine, et même, d'après certains bruits qui arrivent jusqu'à nous, la section photographique de ce jury pourrait bien être chargée de juger, à Paris, les œuvres de toute la France. Si cette dernière disposition n’était pas adoptée, l'examen aurait lieu dans chaque département par un, jury nommé simplement par le préfet. La section photographique est composée de gens qui, pour la plupart, sont bien connus des photographes français; ce sont : MM. Bayle-Mouillard, Benjamin Delessert, le comte Olympe Aguado, Bayard, Bertsch, Courmont, Davanne, Edouard Delessert, Duboscq, Girard, Hulot, Mailand, Niepce de Saint-Victor et Robert.
Ce jury siége au Palais de l’Industrie ; il distribue des bullelins d'inscription que l'on trouve en outre dans un grand nombre d'établissements publics, et par lesquels le photographe déclare s'il veut exposer, ce qu'il veut exposer, etc. Ces bulletins doivent être adressés au jury du 1er juillet au 15 août au plus tard ; les épreuves devront être remises seulement plus tard. Il faut donc se hâter, on le voit, pour se faire inscrire comme exposant; les autres détails pour l'organisation de l'Exposition nous sont encore inconnus; nous nous empresserons de les porter à la connaissance de nos lecteurs aussitôt qu'ils nous seront parvenus.
- Les dernières semaines n'ont pas vu naître, tant en Angleterre qu'en France, de grandes découvertes photographiques : c'est là chose toute naturelle, car nous voici dans la belle saison, et c'est alors que le photographe applique les procédés qu'il connaît, sans se laisser entraîner à la recherche de procédés nouveaux.
Cependant nous ne pouvons nous empêcher de revenir sur la dernière découverte de M. Poitevin, dont nous avons parlé déjà plusieurs fois, et notamment le 1er mai dernier; l'auteur, en effet, a fait faire à ce procédè des progrès extraordinaires, progrès qui lui ouvrent presque toutes grandes les portes de tous nos ateliers. Nos lecteurs se rappellent sans doute que ce procédé, destiné à fournir des épreuves positives au charbon, consiste à étendre sur une glace un mélange d'acide tartrique et de perchlorure de fer en dissolution ; exposé à la lumière, ce mélange subit une modification telle que les parties impressionnées deviennent humides, tandis que celles non frappées par la lurnière restent à l'état sec. Si l'on vient alors à frotter légèrement la surface avec un tampon de coton imprégné de charbon ou d'une poudre colorée quelconque, celle-ci, adhérant aux parties humides et glissant sur les parties sèches, produit, en charbon, une épreuve positive inaltérable ; il suffit ensuite, après avoir lavé, d'enlever l'image au moyen du collodion et de la reporter sur papier. Les premières épreuves de M. Poitevin n'étaient pas bien belles, elles manquaient de blancs et les noirs étaient gris; mais bientôt Ic petit tour de main que nous avons décrit dans notre Revue du 1er mai lui ayant permis, de, dépouiller aisément les blancs, il a pu, sans crainte, forcer les noirs et obtenir des épreuves de très bonne qualité. Depuis, sans nouvelle découverte et par de simples progrés d'adresse, il est parvenu à un succès complet ; à la dernière séance de la Société photographique, nous avons pu admirer (c'est le mot) de magnifiques épreuves de très-grandes dimensions (demi-feuille) préparées par ce procédé et ne présentant plus aucun défaut. D'ailleurs, le procédé de M. Poitevin est excessivement facile, excessiveiment pratique, et surtout, chose très-importante, il permet à l'opérateur de renforcer ou d'affaiblir à son gré telle ou telle partie du dessin qui lui paraît devoir être montée ou baissée de ton ; en un mot, il permet d'agir comme si l’on opérait avec une estompe ou un pinceau. C'est donc un procédé digne, de tous points, de notre attention, et nous en recommandons chaudement l'essai à ceux que préoccupe l'obtention d'épruuves positives inaltérables.
- M. Vernon Heath, l'un de nos meilleurs photographes et l'un des membres les plus actifs de la socidété de Blackeath, vient de publier une notice intéressante sur l'emploi de la tente de Smartt, destinée aux opérations en pleine lumière. Cette tente, dont l’usage s'est en quelques mois répandu rapidement en Angleterre, est certainement le plus charmant appareil de ce genre qui ait été construit jusqu'ici. Elle se composese de douze baguettes de 1 m. chacune environ; au moyen de vis, ces baguettes s'assemblent deux à deux. de maniére à constituer six pieds de 2 m. de hauteur. Ces pieds, réunis en croix par leur milieu, forment un systhème de triangle dont il serait difficile de faire comprendre la disposition sans une figure, mais qui présente une fixité et une régularité très-grandes. Sur ce chàssis, d'une sorte nouvelle, on jette simplement la tente noire. Le grand mérite de ce systhème réside surtout dans son extrême légèreté; à l'intérieur, il comporte des dispositions extrêmêment commodes et ingénieuses. Une tablette se pose à hauteur d'appui; son milieu est en gutta, percé d'un trou, et sert d'évier; les bains verticaux s'accrochent sur les côtés, des tasseaux supportent les glaces, etc.; enfin l'intérieur de cette tente constitue un petit atelier complet.
Après avoir ainsi décrit la tente de Sniartt, dont il se sert avec le plus grand avantage pour les excursions photographiques auxquelles il doit sa réputation, M. Vernon Heath à voulu faire part aux photographes de quelques intéressantes modifications apportées par lui aux manipulations du collodion en pleine campagne. La principale de ces modifications est relative au mode de développement. L'agent révélaleur dont fait usagc M. Vernon présente, à peu de chose près, la composition ordinaire, mais son mode d'emploi est différent. Au lieu de verser sur la glace le liquide à la concentration qu'il possède, cet habile opérateur commence par la mouiller avec la quantité d'eau nécessaire pour la recouvrir, 60 grammes environ; lorsque cette eau a séjourné quelqnes instants, il la rejette dans le vase où elle était primitivement; puis, a cette solution, il ajoute une petite quantité du révélateur, de telle sorte qu'il réalise ainsi le triple avantage: 1º d'opérer sur une glace parfaitement et uniformément mouillée; 2º de ne point agir en présence d'une grande quantité de nitrate d'argent; 3º enfin, de n'employer qu'un révélateur très-doux qui développe l'épreuve doucement, sans brusquerie et en faisant sortir peu à peu tous les détails. II achève, bien entendu; avec le révélateur concentré, de manière à donner aux noirs de la vigueur et de l'intensité. Une autre modification non moins importante consiste en ceci que M. Vermon Heath remet le fixage de l'épreuve au soir ou même au lendemain du jour où l'épreuve a été prise. Un petit tour de main lui permet de réaliser cet important perfectionnement; le développement fini, l'épreuve, bien lavée, est placée dans la boîte à rainures dont les fonds opposés sont garnis de papier buvard humecté; grâce à la présence de l'humidité que ceux-ci répandent dans la boîte, les glaces restent assez moites, même durant une journée entière, pour qu'on puisse, au lendemain d'une excursion, les traiter sans aucune espèce de crainte, par l’hiyposulfite de soude.
- Terminons cette Revue par un petit fait qui montre quels services journaliers rend la photographie et à quel point elle pénètre dans les mœurs. II y a quelque temps, une personne d'un haut rang quitte Lisbonne pour venir à Paris, emportant avec elle une traite sur un banquier de Paris, et dont le montant atteignait des sommes considérables; en route, la traite se perd; le porteur prévient. par le télègraphe, le banquier de Lisbonne, qui, de même et par le télégraphe électrique, prévient le banquier de Paris, et met opposition au paiement de la traite. Mais, en même temps, il adresse à celui-ci le portrait photographique du personnage porteur de la traite, en ordonnant de lever l'opposition aussitôt que le paiement serait réclamé par l'original de cc portrait. Inutile d'ajouter que ce système de correspondance et de preuves a parfaitement réussi, et a permis d'éviter mille contrariétés aux différentes personnes dont les intérêts se trouvaient en jeu.
Th. Bemfield.

1861, 26 de Agosto

1861, 26 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juiellet-Décembre
T. LIII
Nº. 9
Pag. 376, 377
*
M. J. Gerlach, professeur d'anatomie et de physiologie à Erlangen, adresse une Note sur l'emploi de la photographie comme moyen de faciliter les recherches microscopiques.

« Ayant eu connaissance, dit l'auteur, de ces sortes de jouets optiques dans lesquels une image photographique, dont le diamètre excède à peine 1 millimètre, présente à l'oeil, armé d'une lunette convenable, un tableau d'une parfaite correction, j'ai pensé qu'il y avait là le principe d'une méthode d'investigation utile pour la science. J'ai commencé en conséquence à m'exercer à la pratique de la photographie microscopique, puis je suis parvenu à transformer le microscope d'0berhäuser en un appareil au moyen duquel on peut obtenir des images photographiques très-nettes des plus petits objets; enfin au moyen d'un autre appareil dont la description se trouve dans la présente Note, je transforme, en le grossissant, le négatif ainsi obtenu en une épreuve positive, et si le grossissement ne semble pas suffisant, j'y pourvois en répétant l'opération et passant ainsi alternativement du négatif au positif.
« Les épreuves que je joins à cette Note suffiront pour faire juger des résultats qu'on peut attendre du procédé.
» La planche I est la photographie primitive du millimètre divisé en 100 parties, obtenue au moyen du microscope d'après un micrométre de M.Oberhaüser au grossissement de 220.
» L'épreuve II est la photographie amplifiée (négatif), au grossissement de 458.
» L'épreuve III (positif) est l'amplification de II; au grossissement de 1000.
« La planche VIII est la photographie primitive d'une écaille du Lepisma saccharinurn, faite au microscope; au grossissement de 220.
« Les planches IX et X sont des photographies de la partie postérieure et de la partie antérieure de la même écaille à la seconde amplification et au grossissement de 1000.
« La planche XI représente les fibres striées d'un muscle de grenouille préparées par la méthode de M.Brucker pour la polarisation, au grossissement de 1000
« La planche XII, enfin, offre la section du globe oculaire d'un enfant de six mois photographiée avec l'appareil amplifiant; grossissement 11/5 «
La Note avec les planches qui l'accompagnent (1) ([i]) est renvoyée a l'examen d'une Commission composée de MM. Decaisne, de Quatrefages, Fizeau.
([i]) (1) Nous ne donnons pas l'explication des p!anches intermédiaires qui représentent sous divers grossissements une écaille d'un lépidoptère appartenant au groupe des satyres, le nom spécifique étant illisible.

1861, 25 de Novembro

1861, 25 de Novembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LIII,
Nº. 22
Pag. 966, 967, 968
THÉRAPEUTIQUE. - De l’application de la photographie à la laryngoscopie et à la rhinoscopie; par M. J. Czermak.

(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)

« Il y a deux ans que je conçus l'idée d'appliquer la photographie à la laryngoscopie. Dans ma brochure « du Laryngoscope, etc. « édition française, Paris, J.-B. Baillère, 1860, page 30, on trouve le passage suivant : « Un photographe (M. Simonyi, de Pesth) que j'ai consulté, m'a répondu qu’il croyait possible de fixer les images que j'obtenais sur moi-même avec le laryngoscope. » Mais ce n'est qu'a la findu mois d'août et au commencement du mois de septembre 1860, pendant un second séjour que je fis cette année, que j’ai eu pour la première fois l'occasion d'essayer réellement l'application de la photographie à la laryngoscopie (1) ([i]). M. Lackerbauer, de Paris, dont tout le monde admire les gravures et photographies, a bien voulu m'aider par son habileté connue.
» L'appareil photographique se place près du miroir d'éclairage, au même endroit où à l'ordinaire se trouvent les yeux des observateurs qui veulent voir les images que j'obtiens par mon instrument d'auto-laryngoscopie (voy. loc. cit. chap. 1er, § 3), de manière que ces images se projettent sur la planche collodiée.
» Quoique nous n'ayons pas alors réussi à avoir une photographie complète du larynx, nous avons pourtant obtenu des traces distinctes de la glotte, des cordes vocales supérieures et inférieures et des ventricules de Morgagni, de sorte qu'il ne restait donc plus de doute sur la possibilité de fixer par la photographie les images laryngoscopiques.
« Encouragé par les résultatsde ces expériences, forcément interrompues par mon brusque départ de Paris, je les ai reprises pendant le mois d'octobre de l'année courante à Prague, dans l'atelier du peintre et photogaphe M. Brandeis, qui se chargeait de la partie photographique du travail. Cette fois j'ai réussi complétement, et je m'empresse de signaler ce fait et de soumettre au jugement de l'Académie les premiéres éprcuves (nº 1, nº 2 et nº 3) de cette nouvelle application de la photographie et du stéréoscope à la science.
» Nº 1. Double photographie laryngoscopique. Les deux images du larynx, regardées au stéréoscope, donnent une vue-relief du larynx pendant l'émission d'un son.
» On voit au fond la glotte vocale, les cordes vocales inférieures, un peu plus en dehors deux sillons, qui indiquent les ventricules de Morgagni, plus en dehors encore les cordes vocales supérieures ou fausses.
» Ces parties sont surmontées par un court tuyau saillant dans le pharynx, formé par l'épiglotte (qui se colle contre la base de la langue), les cartilages aryténoïdes et les ligaments ary-épiglottiques.
« Les cartilages aryténoïdes se touchent intimêment dans la ligne médiane et se croisent avec les cartilages de Santorini, ce qui explique l'aspect asymétrique de ces parties. (Voy. loc. cit., p. 57.)
» En dehors des ligaments ary-épiglottiques, l'oeil plonge dans la petite cavité, tapissée par la muqueuse du pharynx, qui se trouve de chaque côté entre la surface intérieure du cartilage thyroïde et la surface extérieure du ligament ary-épiglottique et du cartilage cricoïde et aryténoïde.
« La ligne blanche qu'on remarque tracée horizontalement au-dessus de l'image laryngoscopique est le reflet brillant de la monture métallique du miroir laryngien, tandis que la partie vivement éclairée au-dessous de cette image n'est que le dos de la langue au fond de la bouche largeiment ouverte.
« Nº 2. Photographie stéréoscopique du larynx. Même objet : le larynx pendant la phonation. Vue prise plus en arrière: on voit, par conséquent, une plus grande partie de la surface postérieure des cartilages aryténoïdes, une plus petite de la base de la langue.
« Nº 3. Photographie rhinoscopique. On sait qu'en introduisant le miroir laryngien dans la pratique usuelle, je ne me suis pas borné à m'en servir seulement pour l'exploration du larynx, mais que j'ai enseigné un nouveau procédé pour appliquer également ce miroir à l'exploration de la cavité et des fosses nasales, des trompes d'Eustache, etc. J'ai nommé cette nouvelle application du petit miroir laryngien la « Rhinoscopie « .(Voy. loc. cit., chap. Ier, § 5, p. 37.) Voici donc une image de la cloison, de la fosse nasale droite, du cornet supérieur et médian, des méats et d'une partie de la surface postérieure du voile du palais (qui dérobe à la vue la conque et le méat inférieur), obtenue par la rhinoscopie et photographiée d'après nature.
« La fosse nasale gauche, qui se trouve naturellement au côté droit de l'image produite dans le miroir par réflexion, n'est pas éclairée.
« Je communiquerai plus tard une description détaillée de la manière de produire les photographies laryngoscopiques et rhinoscopiques et surtout les photographies stéréoscopiques du larynx, quand j'aurai eu l'occasion de faire faire une série d'images qui pourront servir à l'explication iconographique de la physiologie et de la pathologie des organes de la voix. »
([i]) (1) Cette idée n'avait pas du tout excité l'attention publique; le seul M. Mandl, qui m'avait prêté son concours pour la traduction française de ma brochure, l'a appliquée plus tard, et a fait construire, pendant son dernier séjour à Vienne, un appareil destiné à photographier les images dn larynx, obtenues par l’auto-laryngoscopie aussi bien que par l'exploration laryngoscopique de malades. (Voy. Zeitschrift der Ges. der Aerzte zu Wien, nº 43, 1800, p. 685; séance du 12 oct. 1860.)

terça-feira, 21 de abril de 2009

1861 - A EXPOSIÇÃO INDUSTRIAL DO PORTO em 1861, Impressões d'esta grande festa nacional

1861
A EXPOSIÇÃO INDUSTRIAL DO PORTO em 1861, Impressões d'esta grande festa nacional
por
A. LUCIANO,
Socio Correspondente da Associação Industrial Portuense.
Porto
NA TYPOGRAPHIA DO DIARIO MERCANTIL
rua dos Lavadouros Nº. 19 e 21.
1861.
EXPOSIÇÃO INDUSTRIAL DO PORTO
em
1861

XVIII

As bellas artes e o genio - A photographia - Motivos de collocação - Talbotypia e daguerreotypia - O retrato, o panorama, o monumento e o grupo historico - Photographos portuenses - ...

A photographia, a esculptura e a pintura terão as honras deste capitulo. Entraremos pois agora na elevada esphera das bellas artes.

No intervallo destas duas salas do angulo nordeste do edificio, em que productos de pura industria se interrompem para dar logar aos que são illuminados pela radiante flamma do genio; não se estuda, nem se analysa só. Contempla-se. Ha mais do que o espirito a enlevar-se. Ha a imaginação.
.../...
Collocamos na primeira linha a photographia ao pé da esculptura e da pintura. Não empallideçam d'indignação os censores puritanos. A collocação, se é heretica, não lhes é feita com intenção offensiva, mas só porque já assim está concebida nas salas da Bolsa. Da culpa, se o é, lavamos as mãos.
Prescindimos de sustentar, que á photographia pertença um logar no gremio das bellas artes. Não iremos pôr o sol a par de Rubens ou Rembrandt. O brilho, que o torna deslumbrante, é muito outro.
Appelidemos portanto com outro qualquer adjectivo a arte photographica, e indique elle a transição entre a industria e a bella arte. Assim, teremos dado razão de ser á propria disposição feita pela commissão da exposição, mesmo sem attender ao auxilio, que á arte presta este feliz invento do nosso seculo, permittindo ao viajante trazer no seu album o fiel traslado dos melhores panoramas, vulgarisando as estampas dos mais notaveis monumentos do mundo, favorecendo o archivar das feições das personagens mais distinctas na scena da vida publica.
A photographia está adiantadissima entre nós. Basta quasi o Porto para preencher esta secção. Fritz, Miguel Novaes, Horacio Aranha, Anthero Seabra, dominam a acção da luz com mestria, e não são desmerecidos pelos specimens photographicos de Hespanha, aqui expostos.
A photographia propriamente em papel (talbotypia, do nome do inventor Talbot) é a mais geralmente seguida. O daguerreotypo foi supplantado pelas vantagens do novo processo, em que a imagem é mais fixa, mais visivel, e mais caracteristica nos tons, e a innovação progride até ao bilhete de visita. Só o segredo do colorido natural continuou a ser a desesperação dos nossos expositores, como de todos os physicos.
A exposição das photographias exhibidas na Bolsa pode-se dividir em quatro classes, que denominaremos - retrato, panorama, monumento, e grupo historico. O retrato, que subdividiremos em retrato de pequeno e grande formato, tem por expositor principal do primeiro o snr. Miguel Novaes, do Porto, do segundo os snrs. Moliné & Albareda, de Barcelona.
O snr. Miguel Novaes, cujo atelier é um dos nossos mais famosos, expõe uma bella collecção de retratos, em que as roupas, as posições, os fundos, os tons, e os effeitos de luz revelam summo talento e consumada pericia no operador. Os visitadores, principalmente femininos, agrupam-se defronte destas photographias, tanto para procurar nas suas reminiscencias os originaes, como para admirar, depois de achados, a sua similhança com elles. Quando se offerece á vista a effigie do principe dos actores comicos, é logo um murmurio de approvação, deixando proromper de quando em quando o grito: " o Taborda! o Taborda!"
O snr. D. Pedro V com a sua visita á officina photographica do snr. Miguel Novaes habilita-o a acrescentar á sua exposição o retrato, em corpo inteiro, do inaugurador de festa tão nacional. É uma das melhores provas, que apresenta.
Uma miniatura com o retrato do photographo completa esta collecção, porem o logar, onde foi posta, não deixava apreciar bem este specimen, unico no seu genero aqui. Pendant estava-lhe destinado do Rio de Janeiro na miniatura do irmão do photographo, o popular poeta Faustino Novaes, porem o desejado producto extraviou-se antes de ser recebido pela Associação Industrial.
O snr. Horacio Aranha, egualmente jovem de habilidade, tem fronteiros os seus retratos, que brilham muito. Os bilhetes de visita, que expoz unico, variando a posição em cada um, satisfazem bellamente ao fim, a que são consagrados.
O terceiro expositor portuense, o snr. Domingos Pascoal Junior, está pouco numeroso em exemplares; nos poucos, que exhibe, acham-se conhecidos o folhetinista Julio Machado, e a actriz Anna Cardoso, notaveis pela similhança.
É forçoso porem confessar, qae a verdadeira exposição do snr. Pascoal está na sua vidraça da rua de Santo Antonio, diante da qual terá do observador mais lisongeiro juizo. Com imparcialidade dizemos, que se não gostamos da sua exposição na Bolsa, achamos excellente a que tem na sua residencia. Foi pena ser menos selecto nos retratos expostos agora.
Moliné & Albareda só teem um rival formidavel, nos retratos de grande formato, em Fritz, photographo allemão tão acreditado n'esta cidade, e que nos patenteou um excelente retrato em grandeza seminatural.
Os photographos da caza real de Hespanha enviaram trez bellas photographias com os retratos dos snrs. presidente honorario, presidente effectivo, e vice-presidente da Filial da Associação Industrial Portuense em Barcelona. São uma interessante adquisição para a nossa associação, a quem foram offerecidas generosamente pelos originaes. Um distico em grandes caracteres de lettra manuscripta consignava esta dadiva barcelonense, precioso documento dos progressos da photographia na peninsula.
Que dois soberbos panoramas apresenta agora Fritz n'este extenso amphiteatro do Porto, e na fragorosa corrente do Douro tumido pela ultima cheia! Para-se aqui para louvar o sucesso do photographo, e a sua firmeza em aproveitar os raios luminosos no momento proprio.
Estes dois quadros são os bastantes para nos fazerem comprehender a valia da machina de Fritz. O Porto em toda a sua extensão desde Massarellos até além da ponte pensil, com a sinuosidade do rio bordando-lhe o contorno, ergue-se d'este leito de agoa, tal qual o modelo, até os ultimos corucheos dos seus edificios.
Mas tambem esta scena da ultima cheia é magnifica pelo terrivel assumpto, que photographa. A memoria da calamidade está tão fresca, que o quadro nos faz transportar ao local; o céo ennevoado desespera-nos da bonança, os candieiros do gaz apenas emergem a extremidade, ramos arrancados pela torrente se accumulam nos obstaculos encontrados, a ponte pensil é ameaçada pelo elemento formidavel que lhe ruge bem perto, o rio caudal e arrebatado se empola, brame, soverte, engole, e parece dizer de si como o poeta:

Eu sou o Douro famoso,
Sou mais que o Tejo orgulhoso,
Mais que o Minho poderoso....
- Sou das torrentes o rei.

Se querem ver desenrolar-se-lhe expectaculo mais tranquillo e amêno, aqui estão as paizagens stereoscopicas do Minho, photographadas pelo snr. João Allen, e as da Madeira, pelo snr. Gordon.
Não é tão magestoso, mas é mais jucundo o prospecto pelas formosas varzeas do Minho e da Madeira, os dois jardins de Portugal continental e insular.
N'aquelle o correr placido do Ave, os campos frondentes da Palmeira, as torres que alvejam no mosteiro, os olmedos, que sussurram no arroio. N'este, as praias açoutadas pelo perpetuo embate das ondas, a vegetação tropical não se dedignando pullular em tal clima, as penedias abruptas ostentando os mais imponentes caprichos da natureza, a atmosphera balsamica aromatisando vergeis e campinas, encantos estes que, na expressão do nosso Camões, não fariam Venus desprezar ilha tão afortunada, mas

Antes sendo esta sua se esquecera
De Cypro, Gnido, Paphos e Cythera.

Mas deixando estas vistas pittorescas, de cuja nitidez deriva o esquecermo-nos quasi da falta de colorido; analysemos um outro genero. A reprodução de monumentos tem um abundante expositor no snr. Joaquim Possidonio Narciso da Silva, architecto da Caza Real.
A sua collecção apresenta-nos tiradas de negativa as seguintes vistas: - Fachada da egreja de Santa Cruz, em Coimbra - Claustro e torre da mesma egreja - Palacio episcopal, em Coimbra - Ruinas de Santa Clara, na mesma cidade - Palacio das Necessidades - Theatro de D. Maria II - Pateo da universidade - Claustro dos Jeronimos, em Belem - Estufas da quinta das Larangeiras - Jardins de Queluz - Claustro do convento de S. Francisco, em Santarem - Largo da Sé, em Lisboa - Ruinas de Santo Antonio, em Lisboa - Palacio de Queluz - Viveiros da quinta de Belem.
Posto que esta collecção nos dê assim uma ideia d'alguns dos nossos principaes monumentos, e faça effeito pelo numero; todavia havemos de fazer notar, quanto mais sobresahem os poucos specimens, que exibe o snr. Anthero Seabra. Este habil photographo, que nos tem dado tão perfeitas reproducções dos monumentos do Minho, que jornaes de viagens estrangeiros as teem aproveitado; ainda aqui mostra o que vale.
O projectado fecho do arco da rua Augusta, em Lisboa, enviado pelo snr. Calmels, não é tanto para apreciar como simples amostra photographica, como para se admirar a divina inspiração da arte animando a concepção do esculptor lisbonense, a quem foi entregue o projecto d'esta decoração na Praça do Commercio de Lisboa.
O grupo historico não está tão copioso em provas. O snr. Fritz apresenta-nos Camões e o Jao. O snr. Horacio Aranha tem no caixilho da sua exposição copias de gravuras, e entre ellas as da rarissima edição do Camões do morgado de Matheus. É o que vemos n'esta divisão.
A facilidade, com que a maravilhosa descoberta de Niepce favorece a adquisição da fidelisima copia das obras primas dos nossos melhores artistas, evidenceia o desejo, que tinhamos, de que a exposição estivesse mais rica em photographias historicas. A gravura neste sentido tem prestado grandes serviços, não ha duvida, todavia nunca em fidelidade poderá a gravura exceder, senão egualar, a photographia.
Ainda não queriamos terminar o que tinhamos a dizer sobre a photographia, sem fazer menção da vista do primeiro caminho de ferro inaugurado em Hespanha, em 1848. É devida á machina dos snrs. Moliné & Albareda, de que já fallamos com louvor, que agora continuamos.
Acabando de compulsar a pagina, que ao livro da exposição deu o capitulo mais precioso da optica applicada; vemo-nos n'um espaço illimitado, a cujos pontos culminantes nos cingiremos, saltando por sobre as charnecas obscuras. A esculptura e a pintura nos enchem mais este estadio.

1861

1861

CHRISTIANO JUNIOR, trabalha em estúdio próprio, na cidade de Maceió (Brasil).

1861 - Archéologie et Photographie

1861
Archéologie et Photographie
*
NOTE à propos de J. Nicéphore Nièpce, et du Dépôt de ses instruments et de ses premières épreuves, Dans le Musée de Chalon-sur-Saone
Par Jules Chevrier

CHALON S. S.,
Imprimerie de MONTALAN
1861



ARCHÉOLOGIE et PHOTOGRAPHIE

NOTE
A Propos de J. Nicéphore NIÉPCE,
Par Jules CHEVRIER

Les Sociétés d’Archéologie sont des écoles de conservation par excellence ; on y professe pour l'héritage du passé un respect légitime, que viennent sans cesse justifier les enseignements que nous y trouvons. Cet esprit de conservation, pieusement mis en pratique dans les siècles écoulés, nous a valu toutes les richesses qui constituent l'inappréciable fond de nos bibliothèques et de nos musées.
Outre les enseignements qu'elle comporte, l'étude du passe présente souvent des paticularités pleines d'intérêt ou des rapprochements des plus utiles ; par exemple on pourrait constater que plus d'une grande invention a trouvé bénéfice en venant se retremper et se vivifier à sa propre source. Sans entrer dans d'autres citations, nous dirons de suite que cette remarque générale s'applique merveilleusement à l'histoire de la photographie.
En effet, dès 1813 ou 1814, Joseph-Nicéphore Niepce reherchait les moyens de retenir, par la morsurc de l'eau forte, les images de la chambre noire, reçues sur des plaques de cuivre ou d'étain qu'il avait préalablement recouvertes d'un vernis. II chercha et tâlonna longtemps; cependant, bien avant 1827, époque à laquelle il prit date, il avait obtenu des résultats très-satisfaisants, car ses premiers produits remontent à 1823 ; en un mot, il avait trouvé la gravure héliographique.
Plus tard il changea de voie en cherchant à produire photographiquement une image directe sur plaque d'étain ou d'argent, au moyen de l'iode. C'est pour cela qu'il abandonna la plaque de cuivre-pour celle d'étain, et enfin la plaque d'étain pour celle d'argent, sur laquelle il travaillait au moment de sa mort. Il obtint par ces moyens des épreuves assez bien marquées (*)([i]).
L'association Niépce-Daguerre qui survint en 1830 développa celle idée à laquelle ces deux associés s'appliquèrent exclusivement; c'est ainsi que furent obtenues ce que nous appelons plaques Daguerriennes, c'est-à-dire les images retenues, au moyen de l'iode et du mercure, sur une plaque de cuivre argenté.
Ensuite apparurent les photographies sur verre albuminé, par les procédés de M. Niepce de Saint-Victor, puis sur papier, par M. Fox Talbot, etc., etc. Enfin tous ces procédés qui ont été poussés jusqu'à la perfection la plus grande, quant à la beauté et à la magie des épreuves, n'ont pu fournir que des produits qui manquent de solidité et de durée, c'est pourquoi nous voyons des chercheurs employer à nouveau, tout en les modifiant, les procédés héliographiques de Nicéphore Niepce.
Chacun a pu voir de vrais chefs-d'œuvre en ce genre, sortis des mains de MM. Niepce de SaintVictor et Ch. Nègre. La perfection dans cette voie sera le dernier mot de la photographie,le terme de cette merveilleuse invention de Nicéphore Niepce. C'est, par ce procédé que nous aurons réuni les trois qualités nécessaires et inséparables : solidité absolue, rapidité dans le tirage, et bon marché. Cette invention
aura donc ainsi trouvé sa perfection dans le développement même de la première idée de son inventeur.
La Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, fidèle à sa devise, Servare namare, n’a jamais failli à son programme. Qu'il s'agisse d'un monument antique, d'une tombe,d'une inscription ou d'une œuvre d'art, elle les recueille pour les étudier et les classer dans nos musées; si c'est un parchemin échappé à nos archives dans les temps de désordre, elle l'achète et le remet à la place qu'il n'aurait jamais dû quitter; elle veille encore s'il s'agit de glorifier le nom justement célèbre d'un concitoyen.
Aujourd'hui l'auteur de ces lignes s'estime heureux d'annoncer qu'il vient d'enrichir nos collections publiques de quelques pièces destinées à perpétuer le souvenir et la date d'une des plus grandes inventions modernes, et à transmettre le nom de son auteur aux générations à venir. Nous voulons parler des premières épreuves héliographiques et photographiques de Nicéphore Niépce, et des instruments qu'il employa dans ses premiers essais.
Le hasard et les circonstances nous ayant conduit à visiter dans Lux, petit village à proximitè égale de Chalon-sur-Saône et du Gras, la maison Niepce, actuellement devenue la propriété de M. le marquis d'Ivry, nous étions à fureter dans le bric à brac du grenier de cette maison, quand nous avons été vivement frappè la vue de quelques vieux instruments de chimie et de photographie. Antiquaire et artiste,nous ne pouvions méconnaitre ces restes précieux, menacés d'une dispersion et d'une destruction prochaines. Les temoignages bien precis de M. Isidore Nièpce, fils de l'inventeur, confirmèrent bientôt et complétement toutes nos appréciations. Tous ces instrumenls étaient ceux dont Nicéphore Nièpce s'était servi pour ses premiers travaux. Nous obtînmes facilement de la courtoisie du propriétaire, M.le marquis d’Ivry, l'abandon de ces objets au profit du musèe de la ville de Chalon-sur-Saône. Ces instruments, placés dans notre collection, avaient besoin d'un complément nécessaire, à savoir quelques-unes des premières épreuves obtenues par leur emploi. M. Isidore Niépce en possédait encore un très-petit nombre, il les mit à notre disposition avec un empressement d'autant plus digne d’éloges, que parmi les rares pièces qu'il conservait et qu'il nous donna, il en est une que le fils gardait relieusement comme la plus remarquable de celles que son père lui ait laissées.
Nous sommes heureux de l'occasion que nous avons ici, d'adresser publiquement
ces deux donateurs, les justes remerciments que nous leur devons pour leur patriotique générosité.
Avant de donner la nomenclature et la description de ces différents objets, nous croyons utile de rappeler en quelques mots les opérations de Nicéphore Niépce. La connaissance de ces procédés fera mieux comprendre la nature el l'emploi de ces pièces. Pour cela, nous ne pouvons faire mieux que d'emprunter le récit contenu dans le mémoire présenté par M. Niepce de Saint-Victor à 1'Académie des sciences, le 19 août 1839, Mémoire présenté en même temps que deux épreuves que M. Lemaitre avait fait imprimer avec les planches gravées sur étain, par Nicephore Niépce, et que ce dernier avait envoyées de Chalon-sur-Saône, le 2 février 1827.
« Nicéphore Niépce, dit l'auteur que nous citons, se servait de bitume de Judée, dissous dans de l'essence de lavande, de manière à en former un vernis semblable, quant à l'aspect, au vernis des graveurs. II l'étendait au moyen d'un tampon, sur une plaque de cuivre ou d'étain, et appliquait ensuite le recto d'une gravure vernie sur la plaqiic préparée, la recouvrait d'un verre et l'exposait à la lumière. Aprés une heure ou deux d'exposition, il enlevait la gravure et recouvrait la plaque d'un dissolvant composé d'huile de pétrole et d'essence de lavande.
Cette opération avait pour but de faire apparaitre l'image qui était invisible; en enlevant le vernis dans totles les parties qui avaient été préservées de l'action de la lumière, tandis que celles qui avaient été impressionnées par son action étaient devenues insolubles ; il s'ensuivait que le métal était mis à nu dans toute la partie correspondant au noir de la gravure, et en conservait, bien entendu, toutes les demi-teintes.
« Il chassait ensuite mécaniquement le dissolvant, en versant de l'eau sur la plaque, la séchait, et l'opération était terminée.....
» Niépce, dans le principe de sa découverte, n'avait d'autre but que de préparer, par la lumière, une planche susceptible ensuite d'être gravée à l'eau forte, sans le secours du burin. »
Nous avons parlé de ses recherches infructueuses sur le verre, et nous avons cité les résultats qu'il obtint sur plaque d'argent, en images analogues aux plaques Daguerriennes, mais nous ignorons par quels procédés il obtenait ces images directes.
Les instruments et les épreuves laissés par Niepce et que nous avons recueillis, sont les suivants, savoir :
1º Plusieurs chambres noires, au nombre de cinq ou six, de différentes dimensions, toutes assez simplement construites. L'une d'elles offre cette particularité qu'elle est munie sur chacune de ses deux faces latérales, d'un assez large trou fermé par un bouchon de liège. C'est par ce trou que Nicéphore cherchait suivre la marche de ses opérations.
En considérant cette disposition toute naïve, propre seulement à entraver l'action de la lumière, nous songeons avec un serrement de cœur invincible aux mille difflcultés, sans cesse renaissantes que les tâtonnements de l'auteur ont dû soulever pendant tout le cours de ses longues années de recherches.
2º Des cornues et des éprouvettes de chimiste, en verre, propres à la préparation des divers ingrédiens tour à tour essayés.
3º Un rouleau d'imprimeur lithographe.
4º Une presse d'imprimeur en taille douce, destinée au tirage des épreuves héliographiques.
5º Trois gravures ou estampes en papier, passées au vernis de manière à leur donner la transparence nécessaire aux clichés.
6º Des plaques de verre qui étaient superposées à ces clichés pour les fixer sur les plaques d'étain.
7º Deux plaques d'étain gravées héliographiquement par Niépce, l'une est un paysage, l'autre, et c'est la plus belle, représente un Christ portant sa croix.
Toutes deux sont des reproductions de gravures très fidéles et très-habilement exécutées; quoique la morsure de l'acide soit assez légère, le burin de l'original est obtenu d'une façon nette et franche, qui fait de ces deux planches deux véritables fac simile.
La plus importante porte au verso cette inscription gravée :
Dessin Héliographique inventé
par J.-N. Niépce ,
1825.
8º Enfin une plaque de cuivre argenté recouverte d'une image photographique directe, dans le genre des plaques Daguerriennes. C’est la reproduction d’une estampe, assez faible de ton. Ce résultat a été obtenu avant l'association de 1830, et il constitue un titre précieux pour constater les recherches de l’auteur dans un ordre de procédés qui ont été plus lard développés par Daguerre.
Nous croyons qu'on nous saura gré d'avoir réuni ces pièces intéressantes pour les conserver comme un témoignage précieux de la date d'une des plus grandes inventions modernes, pour en conserver les premiers spécimens, et pour montrer aux yeux de tous le nom du premier inventeur de la photographie.
Nous avons pour tous ces témoins des premières recherches de notre compatriote, autant d'estime que nous pourrions en avoir pour les premiers engins ou les premières pages de Gutenberg, autant que pour les premières planches et les premières épreuves de Maso Finiguerra. L'invention de Niepce est la digne sœur de ces deux jumelles l'imprimerie et la gravure; car nous retrouvons dans l'œuvre de Nicéphore un peu du génie de ces deux inventeurs.
Pouvons-nous terminer cette notice sans déplorer le sort malheureux de Niepce? Enlevé prématurément par la mort, il ne lui fut pas donné de jouir du succès de son invention; il eut cela de commun avec presque tous les auteurs des grandes inventions; mais chose plus triste encore à dire, son nom est resté longtemps dans la pénombre du second plan par la substitution fatale du nom de son associé; associé auquel il revient sans doute une juste part de célébrité pour les perfectionnements qu'il apporta dans cette œuvre, mais ce nom n'est pas celui de l'inventeur, il suffit, pour en avoir la preuve, de rappeler l'acte de société signé par Niepce et Daguerre, à la date du 14 décembre 1829, et enregistré (*) ([ii]).
Daguerre ne fût inventeur qu'à la manière d'Améric Vespuce, espérons qu'un jour il nous sera possible de réparer cette injustice par une éclatante manifestation. Nous obtiendrons ce que nous avons jusqu'à ce jour vainement poursuivi, l'érection d'une statue en pied sur une de nos places publiques.
([i])(*) Mentionnons en passant, qu'il essaya de reproduire des images sur le verre et sur la pierre lithographique, mais qu'il n'obtint aucun résultat sérieux.
([ii]) (*) Art. 1er. Il y aura entre MM. Niépce et Daguerre société sous la raison Niépce-Daguerre, pour coopérer au perfectionnement de ladite découverteJ inventée par M. Niépce et perfectionnée par M. Daguerre.
Art. 5. M. Niepce met et abandonne à la société, à titre de mise, son invention … M. Daguerre apporte une nouvelle combinaison de la chambre noire …
Art. 14. Les bénéfices des associés seront repartis par moitié, entre M. Niépce en sa qualité d'inventeur, et M. Daguerre pour ses perfectionnements.