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quarta-feira, 8 de abril de 2009

1864, 1 de Janeiro

1864
1 de Janeiro
*
Alfred Stieglitz, nasce em Hoboken (N.J.)

1864, 14 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
14 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 11
Pag. 508, 509, 510
*
OROGRAPHIE. - Note sur l'application de la photographie à la géographie physique et à la géo1ogie; le Saint-Gotltard et le canton des Grisons; par M. A. Civiale.

« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie des sciences les vues et les panoramas qui forment la cinquième partie de la description photographique des Alpes. Je rappellerai succinctement les principales conditions que j'ai dû m'imposer pour fournir des indications suffisantes à la géographie physique et à la géologie (1) ([i]); Les vues ont été orientées et choisies de manière à reproduire, autant que possible, la structure des roches, la disposition des couches du terrain, les formes et les pentes des glaciers. L'axe optique de l'appareil a été rendu horizontal, afin que l'on puisse, à l'aide d'une carte topographique détaillée et des épreuves photographiques prises d'une même station, déterminer les coordonnées d'un point quelconque, par rapport au plan qui passe par cette station.
« Le procédé photographique que j'ai employé est celui du papier sec, ciré au moyen d'un mélange de 4 parties de paraffine et 1 partie de cire vierge. J'ai rendu les clichés plus fins en apportant au procédé deux modifications: l'ioduration du papier dans le vide et l'emploi d'un diaphragme de 9 millimètres, au lieu d'un diaphragme de 15, pour un foyer de 53 centimètres.
« L'ensemble du travail que je mets sous les yeux de l'Académie comprend quatre grands panoramas, un petit, et un album de vues de détails.
« Premier panorama. - Ce panorama, composé de quatorze feuilles, est pris d'un sommet du Prosa, à 271 5 mètres au-dessus de la mer, et embrasse les 360 degrés de la circonférence. Il comprend, à l'est, les montagnes de 1'Unteralp; au nord, le Bristenstock, le Galenstock, etc.; à l'ouest et au sud, les montagnes du canton du Tessin; au sud-est, la chaîne des Grisons, le Scopi, le Cristallina, etc.
« Le plus grand diamètre de ce panorama est d'environ 40 kilomètres.
» Le brouillard couvre quelques-uns des sommets.
» Deuxième panorama. - Ce panorama, composé de quatorze feuilles, est pris d'un sommet secondaire du Muraun, à 2630 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence. Il comprend, au nord, la chaine da Tődi ; au nord-ouest, les montagnes de l'Oberalp ; à l'ouest, le Galenstock et le Saint-Gothard; au sud, le massif du Muraun, qui masque le passage du Lükmanier, le Scopi et les glaciers de Médels; à l'est, la pointe Valesa, la Calanda, etc. Le plus grand diamètre de ce panorama est approximativement de 75 kilomètres.
« Troisième panorama. - Ce panorama est composé de dix feuilles placées dans le sens de leur plus grande longueur; il est pris du sommet du pic Languard, à 3266 mètres au-dessus de la mer, et embrasse toute la circonférence. Au sud se développe toute la chaîne du Bernina; à l'ouest, les montagnes dominant le passage du Julier et Saint-Moritz; au nord, le pic Uertsch, le pic Kesch, le pic Linard et d'autres sommets de la haute Engadine, Le brouillard couvre un assez grand nombre de sommets de la partie orientale, et ne pas de juger de toute l'étendue de la vue. Quand le temps est clair, on peut découvrir à l'ouest le mont Blanc, et à l'est la chaîne de la frontière orientale du Tyrol.
« Quatrième panorama.- Ce panorama, composé de neuf feuilles, est pris d'un point du Corvatsch, à 3110 mètres au-dessus de la mer, et embrasse un angle de 240 degrés. Il comprend, au sud-ouest, le Corvatsch; au sud et à l'est, la chaîne du Bernina, et au nord-est le pic Languard. Les sommets du Roseg, du Bernina, du Tchierva, ainsi que le glacier du Tchierva, se montrent dans toute leur beauté. Le plus grand diamètre de ce panorama ne dépasse pas 15 kilomètres.
« Un petit panorama en quatre feuilles, pris de Mompmédels, à 1325 mètres au dessus de la mer, complète le panorama du Muraun; il embrasse un angle de 106 degrés 40 minutes et comprend : au sud, le Scopi; au sud-ouest, la vallée et le glacier de Médels, et à l'ouest le Muraun. Son plus grand diamètre est de 1 2 kilomètres environ.
» Vues de détails. - La série des vues de détails comprend : les roches des environs de Fluelen, au fond du lac de Lucerne, qui offrent un exemple remarquable de couches plissées et contournées ; les environs d'Amstægg; la route et le lac du saint-Gothard, avec ses roehes moutonnées et polies; le val Trémolo; les environs de Disentis; les abords du Tődi; la vallée du Vorderrhein; les environs de Thusis; les escarpements de la Via-Mala; Silva-plana; Saint-Moritz; la vailée dé Pontrésina; les roches moutonnées et polies du col du Bernina, etc. La direction de l'axe optique de l'instrument est indiquée sur chaque épreuve. »
([i]) (1) Comptes rendus, séances des 30 avril 1860, 22 avril 1861, 17 mars 1862, 23 mars 1863.

terça-feira, 7 de abril de 2009

1864, Março - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Março
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 12
Pag, 92, 93, 94
*
LA PHOTOGRAPHIE
Suite. - Voy. Les Tables du tome XXXI (1863)

Appareil à reproductions. – La reproduction d’objects inanimés, plans ou en relief, est le travail de prédilection des amateurs et de quelques artistes. La condition importante d’une bonne reproduction est qu’elle n’offre pas de déformations


Fig. 26. – Appareil à reproductions

apparentes du modèle, et, en second lieu, qu’elle soit nette dans toute son étendue. Pour arriver à ce résultat sans appareil spécial, il faut beaucoup de tâtonnements et une assez grande somme de temps. Comme il est nécessaire 1º que la surface reproduisante soit exactement parallèle à la surface à reproduire, et 2º que le centre de l’objectif soit parfaitement sur la même horizontale que le centre de figure de la surface à reproduire, il faut, sans appareil, chercer longtemps avant d’arriver approximativement à une position convenable. Un autre avantage de l’instrument représenté dans la figure 26 est que le développement extrême des chambres lors des grossissements ne devient plus un embarras, parce que le chariot supérieur les porte dans toute leur longueur et reste aussi facile à manœuvrer quand elles sont déployées


Fig. 27. – Laboratoire aux positives.

Que quand elles sont fermées. Le bâti, qui a 0m,52 de largeur et 0m,60 de hauteur au-dessus du sol, est calculé pour porter une chambre noire à soufflet donnant des

Fig. 28. – Laboratoire aux postives ; Table de fixage.

épreuves de 34cmx40cm et ayant un tirage de 1m,50, que l’on peut encore augmenter au moyen de rallonges placées en avant de la chambre. On se munit de différentes planchettes porte-objets qui se fixent par des vis de pression aux montants verticaux du devant de l’appareil. Une tablette horizontale à tasseaux s’y fixe également à des hauteurs variables pour porter les objets en relief, statuettes, vases, etc., que l'on veut reproduire.

ÉPREUVES POSITIVES

Généralités. – L’épreuve positive est, en définitive, le but où tendent tous les travaux photographiques, puisque c'est par elle qu'ils se manifestent au public: or, l'obtenir dans des conditions parfaites est loin d'être chose aussi simple que les manipulations semblent l'indiquer, et il arrive journellement qu'un négatif qui semble très-beau ne produit pas les épreiuves qu'on en attendait.
On doit avoir, dans le petit cabinet préparé pour faire les épreuves négatives sur collodion, tout ce qu'il faut pour le tirage des épreuves positives sur papier. Au même endroit où l'on avait mis la cuvette contenant le bain d'argent pour les négatifs, on place celle qui contiendra le bain d'argent pour les épreuves positives. II est simple de comprendre que la sensibilisation du papier doit être faite à l'obscurité ou sous l'influence de la lumière jaune.
Lorsque les feuilles sont sèches et qu'elles ont à recevoir l'impression de la lumière, on peut porter le châssis positif partout où donne le soleil, dans un jardin, une cour, sur une fenêtre, etc.
Lorsque les feuilles sont impressionnées, elles peuvent être virées et fixées dans une chambre quelconque, pourvu que le jour n'y soit pas trop intense. Mais cettei installation peut se faire partout, et n'exige ni arrangement spécial, ni précautions particulières.
Mais, nous ne saurions trop le répéter, l'endroit où se font les fixages des épreuves positives doit être autant que possible séparé de celui où s'obtiennent les épreuves négatives. Presque toutes les substances qui servent dans l'un sont un danger dans l'autre: séparez-les donc attentivement.
Dans les établissements photographiques, les laboratoires où se font ces opérations en grand occupent une étendue considérable tant pour le maniement des cuvettes de grandes dimensions que pour le séchage des feuilles, leur satinage et leur montage sur les bristols qui les portent.
Aussi le laboratoire aux positives comprend-il un certain nombre d'accessoires utiles. C'est dans cette pièce qu'on met le petit établi de menuisier ou d'ébéniste qui sert à réparer, construire, remanier les appareils et leurs accessoires. Il faut que le photographe sache au besoin mettre la main à cette besogne. L'habileté et l’adresse des doigts est pour lui une nécessité.
C'est dans ce laboratoire qu'on exécute le lavage des glaces, le pesage des produits, qu'on dépose les provisions, en un mot toutes les choses encombrantes.
La suite à une autre livraison.

1864, 4 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
4 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 14
Pag. 634, 635, 636, 637
*
CHIMIE APPLIQUÉE. – Recherches théoriques et pratiques sur formation des épreuves photographiques positives. Note de MM. Davane et Girard, présentée par M. Regnault.

« Les images photographiques, celles surtout que l'on désigne sous le nom d'épreuves positives, sont le résultat de transformatious remarquables que souvent, faute de les avoir étudiées, on est tenté de considérer comme des anomalies. A chaque opération nouvelle, pour ainsi dire, on voit varier, dans des limites excessives, la coloration, la netteté, l’intënsité, la solidité des produits obtenus, sans que la cause de ces variations soit apparente. Inexpliquées jusqu’ici, ces transformations doivent cependant rentrer dans la classe des réactions chimiques ordinaires. C’est ce que nous nous sommes attachés à démontrer dans la longue série de recherches que nous poursuivons depuis dix ans, et dont nous avons l'honneur de présenter -- aujourd'hui à l'Académie la première partie.
« Pour produire une épreuve positive, le photographe prend une feuille de papier recouverte d'un encollage d’albumine, de gélatine ou d’amidon, l’imprègne d’un chlorure soluble, et la soumet ensuite à l'actian sensibilisatriçe d'une soluion d’argent. L'image est prête alors pour l'insolation; placée sous un cliché, elle en reproduit en sens inverse les détails les plus délicats. A ce moment, elle est trés-brillante, mais son éclat serait fugitif si l'opérateur ne la fixait au moyen de réactifs capables de dissoudre les sels d'argent non impressionnés, et sa coloration se bornerait aux tons rouges qu'elle prend au contact des fixateurs, si elle ne se trouvait, en dernier lieu, soumise à l'action des liquides colorants auxquels on a donné nom d'agents de virage.
» Ces opérations ucessives appellent toute l'attention du chimiste: nous les avons suivies pas à pas, et chacune d'elles nous a révélé des faits nouveaux dont nous allons exposer le résumé succinct.
« Du papier. - C'est une chose bien connue des photographes, que des épreuves préparées dans les mêmes conditions, mais sur des papiers d'origine différente, se revètent de tons extrêmêment différents. Nous avons trouvé la cause de ces variations dans l'influence exercée par l'encollage que portent les feuilles photographiques. Une épreuve sur papier non encollé est tonjours, au sortir du bain fixateur, grise et plate, tandis que sur papier gélatiné, albuminé ou amidonné, elle prend toujours des tons rouges et brillants dont la vigueur augmente avec l'abondance de l'encollage. Une combinaison s'est formée dans ce cas entre l'encollage et les composés argentiques, et cette combinaison, véritable laque colorante, manifeste son influence jusqu'à la terminaison de l'épreuve. Le fait est facile à démontrer d'une manière directe: un mélange de chlorure et de nitrate d'argent exposé longtemps à la lumière, puis traité par l'hyposulfite de soude, laisse pour résidu une poudre grise métallique, tandis que le même mélange, additionné de gélatine, d'albumine ou d'amidon, fournit, dans les mêmes circonstances, une matière qui peu à peu se dessèche sous la forme d'un vernis rouge brillant, et dans laquelle l'analyse indique la présence du carbone, de l'hydrogène et de l'azote. Cette laque argentico-organique joue, dans l'obtention de l'image photographique, un rôle considérable, et nous aurons de nouveau occasion d'en apprécier l'importance, lorsque nous rechercherons les causes auxquelles il faut attribuer l'altération des épreuves.
» Du salage. - La première opération à laquelle la feuille de papier soit soumise est son imbibition par un chlorure soluble; on emploie en général, dans ce but, le chlorure de sodium, mais certains auteurs ont conseillé, en leur attribuant des qualités spéciales, divers autres chlorures métalliques. Nous avons démontré que les différences que présentent ces chlorures dans leur mode d'agir sont plus apparentes que réelles; elles tiennent uniquement à l'excés variable d'acide dont ces sels se trouvent imprégnés. Avec un chlorure quelconque on peut obtenir des colorations très-variées: mélangé d'un excès d'acide ou d'alcali, ce chlorure donnera toujours un ton plus rouge que s'il était employé à l'état neutre; ce résultat trouve son explication naturelle dans l'action normale des acides et des alcalis sur les matières organiques employées pour l'encollage.
» De la sensibilisation. - Chlorurée et séchée, la feuille est ensuite posée sur un bain d'azotate d'argent; trois faits s'accomplissent alors, et la surface sensible, au sortir de ce bain, est formée de chlorure d'argent, d'une combinaison de gélatine, d'albumine ou d'amidon avec l'azotate d'argent, et enfin d'azotate d'argent libre en excès. La présence de ces trois substances est indispensable à l'obtention d'une belle épreuve; le chlorure d'argent seul ne donne qu'un dessin terne et superficiel, mais dont la production est rapide; l'azotate en excès donne à ce dessin la profondeur nécessaire, et la laque argentico-organique lui impose sa coloration rouge caractéristique. Le bain sensibilisateur peut varier dans sa richesse, et, dans notre Mémoire, nous avons étudié soigneusement l'influence de ces variations; il peut être neutre, acide ou alcalin; dans ces deux derniers cas, l'effet est le même que si l'acide ou l'alcali avaient été ajoutés au bain de chlorure.
« De l’insolation. - Déterminer ce que devient sous l'influence lumineuse la surface sensible dont nous venons de préciser la composition est, à coup sûr, sous le rapport théorique, le point le plus important des recherches qui nous occupent. Tout le monde admet que soumis à l'action des rayons solaires, le chlorure d'argent éprouve une décomposition et laisse dégager une partie du chlore qu’il renferme; mais la question est, en réalité, beaucoup plus complexe qu'elle ne semble au premier abord, et il faut rechercher, non-seulement ce que devient le chlorure, mais aussi ce que deviennent la combinaison argentico-organique et l’azotate libre.
« Occupons-nous d'abord du chlorure. On a cru pendant longtemps que la lumière réduisait ce corps a l'état de sous-chlorure Ag2Cl; nous avons démontré qu'il n'en est pas ainsi, et nous admettons que les portions de chlorure décomposées se séparent complétement en chlore et en argent métallique. Nous avons établi ce point capital en montrant d'abord que le produit de l'action lumineuse sur le chlorure d'argent est soluble dans l'acide azotique chaud, tandis que le caractère essentiel du sous-chlorure Ag2 Cl est d'être insoluble dans ce réactif, et ensuite que ce produit, débarrassé par l'hyposulfite de soude du chlorure d'argent non réduit, ne renferme pas traces de chlore.
« On a, il est vrai, objecté à cette dernière preuve que l’hyposulfite de soude employé comme fixateur avait pu décomposer le sous-chlorure Ag2 Cl en chlorure AgCl qui s'y serait dissous, et en argent métallique. Mais la seule expérience sérieuse invoquée à l'appui de cette hypothése est le changement qui se produit dans la coloration de l'épreuve insolée, lorsqu'elle est mise au contact du fixateur. Or, nous établirons bientôt que ce changement de coloration est dû à une tout autre cause, à une hydratation de la laque argentico-organique, et que ce résultat peut être obtenu par la simple exposition de l’épreuve aux vapeurs de l'eau bouillante. Le chlorure d'argent se transforme donc sous l'action lumineuse en chlore et en argent métallique.
« C'est le dégagement du chlore produit par cette décomposition qui donne à l'azotate d'argent libre le rôle important qu'il joue dans la photographie positive. Ainsi que nous l'avons déjà dit, une épreuve au chlorure d'argent seul est toujours plate et sans effet ; en présence d’un excès d'azotate, elle acquiert au contraire un grand éclat. Ce résultat est facile à expliquer: en effet, l'action lumineuse, lorsqu'elle s'exerce sur une surface uniforme de chlorure d'argent, se trouve bientôt limitée par la couche opaque qu'a produite la réduction suprficielle du composé argentique; mais si ce composé est mélangé d'azotate d'argent libre, à côté des portions qui se réduisent, et sous l'influence du chlore qu'elles dégagent, se forment de nouvelles quantités de chlorure que la lumière peut atteindre ensuite, parce que auparavant, à l'état d'azotate, ces quantités occupaient une place personnelle et que l'argent réduit ne les recouvre pas encore. De telle sorte qu'au lieu d'une image plate, il se forme ainsi des plans successifs qui donnent au dessin la profondeur qu'il doit posséder.
« En même temps que le chlorure d'argent se réduit à l'état métallique, la combinaison argentico-organique se réduit également, et forme une sorte de laque insoluble qui, s'hydratant ensuite au contact des fixateurs alcalins, communique a l'épreuve une coloration rouge très-prononcée.
« C'est l'application de ces fixateurs qui ouvre la deuxième phase des manipulations qu'exige la photographie positive. »

1864, 18 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
18 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 16
Pag. 699, 700, 701, 702,
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CHIMIE APPLIQUÉE. - Recherches théoriques sur la formation des épreuves photographiques positives. Note de MM. Davane et Girard, présentée par M. Regnault.

« Du fixage. - Ainsi que nous l'avons précédemment démontré, l'épreuve, au sortir du châssis d'exposition, est formée de composés argentiques non impressionnés, et d'argent métallique dont le mélange avec la laque argentico-organique donne aux parties colorées une riche teinte d'un rouge violet. Les fixateurs ont pour but d'enlever les composés non réduits, mais ils produisent de plus un autre effet. Quelques instants après son immersion dans le bain fixateur, l'image perd sa coloration violette et revêt une couleur rouge-brique prononcée. Pendant longtemps il a été adrnis qu'en cette circonstance le sous-chlorure d'argent Ag2 Cl se transformait en chlorure Ag CI soluble dans le fixateur, et en argent métallique. Nous avons démontré que ce phénomène doit être interprété d'une autre façon; il consiste en une simple hydratation de la laque argentico-organique qui se gonfle au contact du fixateur toujours alcalin, et dont la couleur primitive se modifie par ce fait. On réalise, en effet, ce changement de coloration, non-seulement sur une épreuve photographique, mais encore sur la laque isolée, en exposant l'une ou l'autre à l'action, soit de l'eau chauffée à 80 degrés, soit des vapeurs de l'eau bouillante. Rien de semblable ne se produit, du reste, pendant le fixage du chlorure d'argent pur réduit à la lumière.
« Le fixateur le plus habituellement employé est l'hyposulfite de soude. L'ammoniaque et le cyanure de potassium ont des inconvénients que nous avons eu soin de signaler; l'hyposulfite, au contraire, n'en présente aucun lorsque l'emploi en est fait avec soin: il dissout aisément les composés argentiques non insolés sans agir sensiblement sur les portions colorées par la lumière; il n'abandonne à l'épreuve aucun produit sulfuré qui puisse plus tard en produire l'altération. Les seules précautions qu'exige son emploi consistent: 1º à débarrasser la feuille,par des lavages à l'eau, de l'excès d'azotate d'argent qu'elle renferme encore; 2º à enlever également à la feuille l'acide azotique dont l'insolation l'a imprégnée: on y arrive aisément en additionnant de bicarbonate de soude les eaux de lavage; 3º à se tenir constamment au-dessous de la limite de saturation de l'hyposulfite par les se1s d'argent. Dans l'opération du fixage, tous les composés non insolés que porte la feuille sont transformés en hyposulfite d'argent AgOS2O2. Ce sel ne peut rester dissous qu'à la faveur de 2 équivalents au moins d'hyposulfite de soude; s'il n'en est pas ainsi, au lieu du sel double soluble (AgO S2O2) (NaOS2O2)2 on voit se former le sel (AgO S2O2)(NaO S2O2) qui, insoluble dans l'eau, laisse l'épreuve imprégnée d'un, élément sulfurant que les lavages ne peuvent pas faire disparaître.
« Un fixateur nouveau, le sulfocyanure d'ammonium, a été il y a peu de temps proposé par M. Meynier, de Marseille. Ce nouvel agent paraît avoir sur l'hyposulfite de soude des avantages marqués; mais son prix, encore assez élevé, l'a jusqu'à ce jour empêché d'entrer dans la pratique.
» Du virage. - L'opération du virage est, de toutes celles qui doivent nous occuper, la plus importante au point dg vue artistique; elle est aussi la plus intéressante au point de vue scientifique. Les tons rouge-brique que prend, l'épreuve dans le bain fixateur ne plaisent point aux yeux; le virage a pour but de leur substituer des colorations plus agréables. Depuis que nous avons, il y a plusieurs années déjà, démontré l'influence si grave, au point de vue de l'altéra'tion des épreuves, des bains d'hyposulfite vieux ou acidulés employés jusqu’alors pour produire le virage, les sels d’or, et notamment le chlorure de ce métal, sont employés d'une manière exclusive pour obtenir ce résultat.
« Le virage par les sels d'or, qu'il ait lieu après ou avant le fixage, est dû à la substitution de l'or à l'argent. Des expériences multipliées, exécutées dans les conditions les plus variées, nous ont montré que l'or remplace l'argent métallique et celui qui fait partie intégrante de la laque. En général, sur une épreuve virée on retrouve 4 parties d'argent dorées par 1 partie d'or; quelque prolongée que soit l'action, la disparition de l'argent n'est jamais complète; après trente heures de contact avec des solutions aurifères fréquemment renouvelées, l'image renferme encore une quantité d'argent qui est le quart environ du poids total des métaux qui la forment.
« Les formules proposées pour la préparation du bain d'or sont innombrables; nous les avons ramenées à trois classes nettement caractérisées:
« 1º Les préparations acides, où figure le chlorhydrate de chlorure d'or
du commerce Au2 Cl3, ClH et où souvent on ajonte encore de l'acide chlorhydrique. Au contact de ces bains, l'image perd 3 équivalents d'argent Ag3 qui passent à l'état de chlorure et prend 2 équivalents d'or Au2. Par suite de cette disproportion entre les quantités d'argent enlevé et d'or déposé, par suite encore de l'état acide de la solution, les parties claires du dessin disparaissent souvent
« 2º Les préparations neutres. Celles-ci donnent des résultats fort remarquables; on les forme en prenant du chlorure double d'or et de potassium Au2C13, KCI, et saturant exactement par la craie les petites quantités d'acide que ce sel peut renfermer. Abandonnés à eux-mêmes, les bains préparés de cette sorte et convenablement dilués se décolorent au bout de vingt-quatre heures; le chlorure d'or Au2 Cl3 paraît s'être réduit à l'état de protochlorure Au2C1, tandis que le chlore dégagé a réagi sur les composés en présence pour les oxyder et sans doute pour transformer le chlorure alcalin en chlorate. Les bains neutres marchent avec une grande régularité; ils opèrent le virage en quelques minutes, et cornme, pour 2 équivalents d'or Au2 qui se déposent, ils n'enlèvent à l'épreuve que 1 équivalent d'argent Ag, le ton de l'image gagne en richesse et en vigueur. En outre, ces bains sont toujours prêts à fonctionner; en les additionnant, à chaque série nouvelle d'opérations, d'une quantité d'or égale à celle qu'ont enlevée les opérations précédentes, on peut eu prolonger indéfinitneni l'action.
« 3º Les préparations alcalines où, par l'addition d'un excès de sel alcalin: carbonate, acétate, phosphate de soude, etc., on dépasse le point de neutralité dont nous venons de parler. Là encore il paraît y avoir réduction du chlorure d'or Au2Cl3 à l'état de protochlorure Au2 Cl; mais en présence de l'excès d'alcali, ce protochlorure acquiert une stabilité singulière; au bout de peu de jours, le bain est impropre à produire le virage alors qu'il renferme encore les deux tiers au moins de l'or qu'on y a introduit, et c'est seulement pendant la période de réduction du chlorure Au2Cl3 qu'il fournit de bons résultats.
« De l'altération des épreuves et de leur révivification. - Dès 1855, nous avons établi que l'altération, c'est-à-dire le passage à la couleur jaune des épreuves photographiques, est le résultat de leur sulfuration. De récentes expériences nous ont permis de vérifier à nouveau cette théorie. Toutes les épreuves passées renferment une quantité de soufre souvent correspondante à la proportion d'argent qui les colore, et toute épreuve soumise à l'action simultanée des composés sulfurants et de l'eau s'altère et jaunit.
« La coloration jaune des épreuves sulfurées avait toujonrs semblé difficile à expliquer, car on sait que le sulfure d'argent très-divisé est noir-violacé. Nous avons été assez heureux pour trouver l'explication de ce fait dans l'influence des matières organiques employées à l'encollage des papiers. Lorsqu'on précipite du sulfure d'argent en présence de l'albumine, de la gélatine ou de l'amidon, ce n'est plus le composé noir ci-dessus que l’on obtient, mais bien une matière jaune qui renferme à la fois du sulfure d’argent et de la matière organique. Ce qui se produit alors est aussi ce qui a lieu sur l'épreuve, et la coloration jaune que celle-ci revêt dans ce cas n'est autre que le résultat de la sulfuration dela laque argentico-organique.
« Trois sources de composés sulfurants peuvent amener l'altération des épreuves; ce sont: 1º les bains d'hyposulfite vieux, saturés ou acides; 2º l'hyposulfite d'argent laissé dans la feuille de papier par un lavage insufisant; 3º l'hydrogène sulfuré atmosphérique. Les deux premières causes de sulfuration peuvent être aisément évitées en suivant les méthodes da fixage et de virage dont nous avons indiqué les conditions pratiques; la troisième n'a qu'une très-faible influence, et lorsque l'épreuve a été fortement dorée par le virage, cette influence devient à peu près nulle. En tout cas elle est inférieure à l'influence des émanations sulfhydriques sur les peintures et les pastels. Il résulte donc de nos expériences que l'altération n'est pas la condition normale des épreuves photographiques positives, et que rien n'est plus facile que de préparer au moyen des composés argentiques des dessins d'une stabilité à peu-près absolue. Du reste, lorsque, par suite de préparatinos défectueuses, une épreuve jaunit, on peut arrêter son altération et lui rendre une partie de son éclat primitif en la virant de nouveau dans une solution concentrée de chlorure d'or neutre.
« Traitement des résidus. - Le développement immense pris par la photographie a donné à cette question une grande importance; la quantité d'argent consommée par l'art photographique est énorme; pour la fabrication de Paris elle atteint annuellement plusieurs millions de francs. Or, nos analyses l'ont démontré, 3 pour 100 seulement de l'argent mis en oeuvre restent sur l'épreuve à l'état coloré, et 97 pour 100 seraient perdus sans remède si l'on ne fournissait au photographe un moyen facile et rapide de traiter ses résidus. Un grand nombre de procédés ont été proposés dans ce but; nous les avons tous expérimentés, et nous en avons cherché de nouveaux; celui que nous conseillons consiste dans l'emploi de lames de cuivre qui, immergées dans les solutions argentifères, même chargées en hyposulfite, en précipitent, en deux ou quatre jours, l'argent à l'état d'éponge métallique. »
Ce Mémoire, ainsi que celui que les auteurs avaient présenté à la séance du 4 avril, est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Regnault et Edmond Becquerel.

1864, 18 de Abril - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
18 de Abril
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 16
Pag. 705
+
M. Flourens met sous les yeux de l'Académie un Album de microscopie photographique du systéme nerveux, de M. Duchenne (de Boulogne), et lit l'extrait suivant de la Lettre d’envoi :

« Je me propose de représenter par la photographie l'étude microscopique du système nerveux à l'état normal et à l'état pathologique ... Aujourd'hui je viens présenter à l'Académie deux séries de ces études forrnant un ensemble de 31 figures photographiques. La premiere série montre, à des grossissements de 200 à 1000 diamètres, l'état des racines dilacérées ou coupées transversalement dans plusieurs cas de l'espèce morbide que j'ai décrite sous le nom d'ataxie locomotrice progressive. La seconde représente à l'état normal, à des grossissement de 10 à 200 diamètres, les différentes parties d'me coupe transversale de la moelle d'un homme. »

1864, Abril - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Abril
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 14
Pag, 107, 108
*
LA PHOTOGRAPHIE
Suite. - Voy. P. 92.

Matériel. – Le matériel se compose de cuvettes de toutes dimensions, verre et bois, gutta, bois, porcelaine ; de châssis positifs (voy. Fig. 29, 30, 31) ; d’écrans porte-auréole (fig. 32, 33, 34) ; de grandes cruches et bouteilles pour amasser les bains abondants d’hyposulfite. Souvent on y met la fontaine ou les réservoirs d’eau, et, dans leur voisinage, la cuve aux résidus.
Châssis positifs. – La partie du matériel la plus importante pour ces laboratoires se compose des châssis positifs. Sur la figure 29, on voit un de ces châssis par derrière, c’est-à-dire du côté des volets et des barres ; par devant (fig. 31), c’est-à-dire du côté de la glace épaisse, et par le côté (fig. 30), de manière à laisser apercevoir les ressorts placés sous les barres, et qui pressent les volets contre la glace. Le dessous de ces volets est garni en drap noir.
Pour se servir de ces châssis, on détourne les verrous qui retiennent les barres ; celles-ci se soulèvent : on ôte alors la planchette à volets, et, sur la glace qui se trouve à découvert, on place l’épreuve négative, l’endroit de limageen dessus. On pose sur l’épreuve une feuille de papier préparé comme nous le verrons plus loin, puis par-dessus cinq ou six doubles de papier buvard, par-dessus encore la planchette à volets ; on rabat les barres, dont les ressorts font leur office, et on renferme les verrous.
Cuvettes ; lavage. – Les cuvettes doivent être de différentes sortes. Celle qui sert à la chloruration du papier peut être indifféremment en gutta, en verre ou en porcelaine. On emploiera pour le bain d’argent des cuvettes en porcelaine ou en bois garni de glaces à l’intérieur. Quant à celles qui servent au bain d’hyosulfite, elles peuvent être comme les précédentes ou en gutta. Celles qui contiennent les eaux de lavage sont très-bonnes en bois blanc simplement recouvert de peinture au vernis. On peut ainsi les faire construire très-grandes, sans qu’elles arrivent à un prix exagéré.
Écran porte-auréole. – La vogue bien méritée des portraits à fonds dégradés a

Fig. 29, 30, 31. –Châssis positifs.

fait imaginer cet instrument, qui permet de les obtenir sans soins, en laissant la lumière agir seule. L’invention en est fondée sur ce que la section par un plan oblique d’un cône vertical est une courbe elliptique d’autant plus allongée que le



Fig. 32. – Écran porte-auréole.


plan sécant est plus oblique sur la base. Ici le cône de la lumière est determiné par l’écran, et la section en est faite par l’épreuve. L’instrument se compose d’un écran en bois, percé à son centre de figure d’une ouverture circulaire, dont le diamètre varie quand


Fig. 33. – Diaphragme en carton noir

on met sur la planchette des diaphragmes en carton noir percés d’ouvertures de différents dia mètres. On peut varier à l’infini la forme de ces ouvertures, et produire ainsi tous les effets nécessaires. Aux quatre angles de l’écran sont placées quatre vis en cuivre à pas long tournant dans des écrous fixes, et formant quatre pieds mobiles sevant deux à deux à donner à l’écran l’obliquité nécessaire. Autour de l’écran est attaché un voile noir interceptant tout accés latéral à la lumière quand l’instrument est en fonction. Sur deux côtés contigus, deux rainures permettent l’introduction d’un volet vertical qui est maintenu par des crochets. Si, par la disposition des lieux, le jour frappait obliquement, ce volet, placé du côté convenable, l’intercepterait, et empêcherait qu’en se glissant entre l’écran et le négatif il se produisit des traînées qui feraient venir l’image là où le papier doit être blanc.
Plus le porte-auréole présente de différence de niveau entre ses deux extrémités, plus la figure générale de l’image offre une ellipse allongée. On peut commencer l’épreuve avec une ouverture plus grande, et la terminer par une plus petite placée de manière à concentrer tout son effet sur la tête ou sur telle partie de l’image qu’on jugera convenable.
Montage. – Les épreuves positives étant terminées et sèches, on trace, en s’aidant de calibres appropriés, la forme et la dimension qu’elles doivent présenter,

Fig. 34. – Diaphragme étoilé.

et on les coupe sur une plaque de verre au moyen d’une pointe tranchante.
Il suffit alors d’enduire l’envers, au moyen d’un pinceau, d’une solution épaisse de gomme arabique ou de dextrine, et de les placer avec goût sur la feuille de bristol qu’on leur destine. La colle de pâte et l’amidon doivent être absolument rejetés ; leur tendence à aigrir, c’est-à-dire à s’acidifier, en ferait un prompt moyen de destruction pour les épreuves qu’ils enduisent. Il faut passer un corps dur et poli sur l’épreuve pour la faire adhérer au bristol et chasser les excés de colle qui pourraient s’y trouver. Il ne reste plus qu’à passer le tout au laminoir, précaution bien supérieure à l’emploi des encaustiques. On trouve avec facilité une imprimerie lithographique, dont les presses suffisent parfaitement.
La suite à une autre livraison.

1864, 9 de Maio - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
9 de Maio
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T..LVIII
Nº. 19
Pag. 879
*
M. de Lafollye, en adressant un Mémoire autographié “Sur un nouveau procédé d’impression à l’encre grasse des images photographiques” prie l’Académie de vouloir bien le soumettre au jugement de la Commission.

Les usages constants de l’Académie, relativement aux ouvrades imprimés soit par la typographie, soit par la lithographie, ne lui permettent pas d’accéder à la demande de M. de Lafollye.

1864, Maio - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Maio
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 19
Pag, 151, 152
*
LA PHOTOGRAPHIE
Suite. - Voy. p. 92, 107.

Par les sels d’argent

Choix du papier. - Un bon papier photographique est encore á faire; les qualités que l’on trouve dans le commerce, de provenances diverses, sont plus ou moins mauvaises. Soit qu'en France les fabricants apportent moins de soins qu'à l'étranger, ou qu'ils aient des matières ou des eaux moins favorables, il est vrai malheureusement pour notre amour-propre que le meilleur papier photographique vient de Saxe; et, parmi les diverses qnalités, nous préférons celle qu'on appelle grand format. Il est utile, avant toute opération, de faire un triage dans les feuilles, de séparer celles qui sont marquées de petites taches noires métalliques, celles qui contiennent des ajours, ou des fils colorés, ou des pailles, etc. On utilise les découpures de ces feuilles pour de plus petites épreuves.
Chloruration.- On marque au crayon l'envers du papier, qui s'apercoit trés-facilement à un jour frisant sa surface et décelant le contact des fils réguliers de la toile sans fin de la machine. On recourbe une corne de chaque feuille (fig. 35), et on a soin que ce soit toujours la même, celle de gauche par exemple, afin que sa position fasse, sans besoin d'autre marque, reconnaître l'envers du papier vers lequel elle est tournée.
Faites un bain de:

Eau bien filtrée …………………………………………………………...................100 gram.
Chlorure d’ammonium ou chlorhydrate d’ammoniaque ………………..4,50

Posez la feuille à la surface du bain, comme l'indique la figure 35, et laissez -l'y séjourner trois minutes; prenez garde aux bulles d'air; suspendez les papiers par l'angle replié qui n'a pas été mouillé; laissez sécher et serrez dans des cartons à l'abri de l'humidité. Le bain de chlorure est bon jusqu'à épuisement; seulement, lorsqu'il à servi, il faut le filtrer avec soin pour une seconde opération.
Bain d'argent. Sensibilisation. - Prenez:

Eau distillée..........................100 gram.
Axotate d'argent cristallisé...15 gram.

La feuille salée, telle que nous venons de la faire, contient dans sa texture et à sa surface une certaine quantité de chlorure alcalin. Si nous la déposons à la surface du bain d'argent, une double décomposition aura lieu: il se formera dans la texture et à la surface du papier un chlorure d'argent qui, en raison de sa nature floconneuse, sera retenu par les fibres entre-croisées pourvu qu'il ne soit pas trop abondant, auquel cas il se détacherait par plaques; il se formera en même temps, et en quantité équivalente, un azotate de la base du chlorure alcalin, lequel azotate restera dans le bain.
D'autre part, en relevant la feuille, elle entrainera mécaniquement une couche de bain qui séchera à sa surface et y déposera non-seulement de l'azotate d'argent, mais, dans le cas présent, de l'azotate d'ammoniaque: Or le chlorure d'argent pur exposé à la lumière y noircit, mais peu rapidement et d'une maniére peu intense; il en est tout autrement alors qu'il est en présence de l’azotate d'argent: il devient sensible et s'altère profondément, d'autant plus que la solution d'azotate était plus concentrée.
Le bain d'azotate doit dtre filtré avec soin et la cuvette parfaitement nettoyée, les réductions flottantcs d'argent étant à craindre, parce qu'elles tachent les feuilles. On y étend le papier, à l'obscurité, cinq minutes au moins; on le suspend, aussi à l'obscurité, et on le laisse sécher naturellement. Cette opération peut être faite dans un appartement dont los vitres de la fenêtre sont recouvertes de papier jaune. On peut sensibiliser, en hiver, le papier positif la veille au soir pour le lendemain matin; en été, les feuilles commencent à devenir violettes au bout de vingt-quatre heures, à moins qu'on ne les ait renfermées dans des boîtes préparées pour les préserver.
Exposition à la lumière. - Il est prudent de faire agir la lumière perpendiculairement au châssis à positifs, surtout pour les négatifs sur collodion. Quant au mode de tirage, il varie non-seulement avec la qualité du négatif, mais aussi avec la méthode de virage qu'on doit employer, la qualité du papier dont on se sert et la qualité de la lumière. Celle de l’hiver et celle d'un temps couvert produisent une teinte de même valeur, beaucoup moins profonde que celle que produit le soleil d'été. Il faut laisser le papier positif s'impressionner ordinairement jusqu'à ce que les grands clairs commencent à devenir violets. L'action rongeante du bain d'hyposulfite les ramène au blanc et harmonise toute l'épreuve en la dépouillant.
Vixage. Virage alcalin. - Faites le bain suivant:

Hyposulfite de soude ………………150 grammes
Chlorydrate d’ammoniaque ……....20
Eau filtrée bien puré ...................1000

Plongez les épreuves rapidement dans ce bain, prenant garde qu'il ne s'y attache des bulles d’air; remuez-les et lavez-les sans relâche, conme on le voit dans la figure 36,

Fig. 36.

Fig. 35.

pour donner accès à l'air, et en dix à quinze minutes 1'épreuve sera fixée, et les parties blanches ne laisseront voir en transparence aucune partie de sels étrangers formant ce qu'on appelle le poivré.
Préparez d'autre part les substances suivantes:

Eau filtrée bien pure ...................1000 grammes.
Hyposulfite de soude .......................20
Chlorhydrate d’ammoniaque...........15
Chlorure d’or .......................................0,25

Il faut commencer par mettre à part 50 grammes d'eau, y verser le chlorhydrate d'ammoniaque, et remuer au moyen d'un agitateur de verre; on ne pourra dissoudre ainsi qu'une portion de sel: son excès est nécessaire. Ajoutez alors le chlorure d'or, qui colorera la liqueur en jaune paille et se dissoudra d’autant plus difficilement que l'excès de sel ammoniaque restera plus grand; versez alors dans ce mélange, et goutte à goutte, de l'ammoniaque liquide, jusqu'à ce que la coloration jaune ait disparu; versez deux ou trois gouttes en excès. Pendant ce temps, l'hyposulfite a été mis à fondre dans le surplus de l'eau, soît 950 gammes; melez la dissolution de sel d'or ammoniacal à celle d'hyposulfite, en agitant celle-ci vivement: il apparaît une fugitive coloration feuille-morte à l'endroit où l'on verse; elle disparaît par l'agitation, et le bain reste composé d'un liquide incolore.
Les épreuves étant dépouillées dans le bain de fixage, on les plongera dans cclui-ci, et l'on verra le dépôt d'or marcher régulièrement des parties noires aux demi-teintes, de plus en plus claires.
Lavages. - Les épreuves, étant virées, sont plongées dans trois ou quatre eaux pures successives, où on les remue sans relâche, comme dans la figure 36. Au bout de trente minutes de lavage, on les laissera baigner vingt- quatre heures dans la dernière eau, on les lavera dans une nouvelle, et l'on pourra sécher la feuille, parfaitement débarrassée des sels solubles qu'elle contenait.
Séchage. - Au moyen d'épingles neuves recourbées en S et ne servant qu'à cela, on suspend à des ficelles tendues en travers de l'atelier les feuilles sorties du dernier lavage. La dessiccation se fait naturellement; en hiver, on peut l'accélérer en élevant la température.
La suite à une autre livraison.

1864, Julho - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Julho
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 28
Pag, 218, 219
*
LA PHOTOGRAPHIE
Suite. - Voy. p. 92, 107, 151

Papier albuminé

Albumine. - Lorsqu'il est utile d’obtenir d'une épreuve négative toute la finesse qu'elle peut donner, et que l'on est sûr de n’être pas obligé d'y faire de retouche, on peut employer le papier albuminé, c'est-à-dire du papier revêtu d'une couche d'albumine ou blanc d'œuf, qui lui donne du brillant et retient les préparations sensibles à sa surface. On met dans une capsule de porcelaine un certain nombre de blancs d'œufs séparés des germes et des jaunes, en se rappelant qu'un blanc d'œuf pèse en moyenne 30 grammes; plus on ajoute d'eau et plus on diminue le brillant de l'albumine.
On mélange donc, pour obtenir une finesse suffisante:

Blancs d'œufs …………………….........100 cent.cubes
Eau distillée ……………………..............85 grammes.
Hydrochlorate d'ammoniaque ……..30 grammes.

On bat le tout en neige, au moyen d'une fourchette de bois, et on laisse reposer une nuit. L'albumine claire se rassemble sous la mousse; on la décante dans une cuvette
de porcelaine, en ayant soin de n'y pas former de bulles d'air.
Albuminage du papier. - On étend doucement et d'un mouvement continu la feuille de de papier à la surface de cette albumine, où on la laisse trente secondes. II est trés-important qu'on ne forme pas de bulles, et qu'en relevant le papier on n'en entraîne pas sur la feuille, où elles produisent des taches qui persistent toujours. La feuille, suspendue dans un endroit chaud, sera desséchée rapidement. pour que l'albumine demeure à la surface; ce retrait de l'enduit, qui n’existe que d'un côté, fait que ces feuilles tendent à se rouler, et doivent être conservées en presse et dans un portefeuille.
Bain d'argent. - Pour sensibiliser ce papier, posez-le cinq minutes sur un bain composé de:

Eau distillée ……………………………...…750 cent. cub.
Alcool à 36 degrés ………………………..250
Azotate d’argent cristallisé ……………200 grammes

L'alcool à pour but de coaguler l'albumine, et, la rendant insoluble, de l'empêcher de se dissoudre dans le bain en le noircissant.
Evitez avec soin les bulles d'air sur le bain; relevez la feuille d'un mouvement égal, suspendez avec des épingles neuves, et laissez sécher. Bien entendu, tout ceci se fait à la lumière jaune ou à l'obscurité.
Exposition. – L’impression lumineuse suffisante pour obtenir une belle épreuve est plus lente sur le papier albuminé que sur le papier simplement salé. Comme la couche sensible est tout à fait superficielle, 1'épreuve semble avoir acquis assez vite l'intensité nécessaire; mais l'image perd plus au passage de l'hyposulfite : il convient donc de la tirer beaucoup plus intense qu'elle ne doit être une fois fixée.
Virage des épreuves. -Les feuilles sortant des châssis seront ébarbées, c'est-à-dire qu'on enlèvera au moyen de ciseaux les marges noires métallisées qui les entourent; il est inutile de précipiter de l'or sur cet endroit, puisque c'est une partie de rebut. Plongez alors ces feuilles, en vous tenant dans l'obscurité, dans une premiére cuvette d'eau distillée, où elles séjourneront de cinq à dix minutes, puis dans une seconde d'eau ordinaire, où elles resteront le même temps. Pendant cela, on a préparé les solutions suivantes :

Solution A
Eau distillée …………………………………..1000 grammes
Chlorure d’or …………………………………1

Solution B
Eau distillée …………………………………..1000 grammes
Chlorure de chaux …………………………….30

Une partie seulement de ce sel se dissoudra, l’eau étant saturée ; mélangez seulement une quantité qui puisse être épuisée immédiatement par le nombre d’épreuves à virer :


Eau distillée …………………………..1000 grammes
Solution A …………………………….......15

Solution B ……………………………....300

Plongez alors les feuilles sortant de l'eau dans ce bain colorant, et suivez attentivement la rnarche du virage en changeant de place les épreuves;
Fixage. -Les images ayant atteint le ton bleu violacé que l'on désire, on les plonge, sans les laver, dans un bain d'hyposulfite neuf à 50 pour 100; en dix à quinze minutes elles sont fixées, et le papier est transparent et exempt de poivré. Elles ne doivent séjourner dans ce bain que le temps strictement nécessaire pour arriver à ce résultat, que l'on accélérera autant que possible en lavant et remuant les épreuves, comme nous l'avons vu faire dans la figure 36.
Lavage et séchage. - Ces deux opérations sont absolument semblables à celles que nécessite le papier salé. Cependant, comme la sulfuration ou coloration jaune est plus à craindre, il faut accélérer le dégorgement des sels solubles par un lavage répété.
On y arrive en remuant constamment les feuilles dans les cuvettes abondamment pourvues d’eau renouvelée. Le séchage n’offre rien de nouveau.

La suite à une prochaine livraison.

1864

1864

CHRISTIANO JUNIOR trabalha no Rio de Janeiro, até ir para Buenos Aires (Argentina) em 1867

1864, 5 de Agosto - BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHOTOGRAPHIE

1864
5 de Agosto
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHOTOGRAPHIE
T. X
Agosto 1864
pag. 225
*
M. Fillon présente à la Société une collection nombreuse d’épreuves positives représentant différentes vues d’Espagne et de Portugal. Parmi ces épreuves figure un vaste panorama de la rade de Lisbonne, obtenu au moyen de plusieurs clichés.

1864, 5 de Agosto - BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHOTOGRAPHIE

1864
5 de Agosto
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHOTOGRAPHIE
T. X
pag. 233
*
M. Blaise présente à la Société un certain nombre d'épreuves au charbon obtenues au moyen du procédé Potevin, modifié par M. Fargier. Il décrit de la manière suivante la méthode d'opérer qu'il a employée.
« Voici comment je m'y suis pris pour exécuter les épreuves que vous avez entre les mains : j'ai préparé une dissolution de

Eau…………………………………...100 cc
Gélatine………………..……………..10 gr
Bichromate……...…………………….1 gr
Encre de Chine à coloration suffisante.

« Après dissolution au bain-marie et filtrage, je verse ce mélange sur des glaces placées bien de niveau en l'étendant avec un blaireau. Le lendemain les glaces sont sèches et exposées sous des clichés. Le temps de pose est dfficile à indiquer : d'une minute au soleil à quinze minutes à l'ombre environ.
« Pour développer l'épreuve on la plonge dans l'eau bouillante qui ne tarde pas à la décoller, après toutefois l’avoir recouverte d'une couche de collodion épais. Lorsque l'image est détachée, on applique dessus une glace; la pellicule ainsi emprisonnée entre deux glaces est facile à retourner; on la replonge dans l'eau, et aprés avoir enlevé la glace qui portait l'image : alors, après un lavage à l'eau froide destiné à enlever les dernières impuretés, on peut appliquer la feuille de papier gélatiné avec laquelle on enlève l'image sans trop de difficulté : il ne reste plus qu'à faire égoutter cette épreuve et la faire sécher entre des buvards. «
La Société remercie M. Blaise de sa communication.

1864, 17 de Agosto - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
17 de Agosto
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T..LIX
Nº. 7
Pag. 329, 330
*
CHIMIE. -Notes pour servir à l'histoire du protochlorure de cuivre. Extrait d'une Note de M. Renault.

(Commissaires, MM. Fremy, Edm. Becquerel.)

« Le cuivre, plongé dans du bichlorure de cuivre, du perchlorure de fer, de l'eau régale étendue, un mélange de bichromate de potasse et d'acide chlorhydrique, de chlorate de potasse et d'acide chlorhydrique étendu, en un mot dans tout liquide pouvant abandonner plus ou moins facilement du chlore, se recouvre d'une couche d'un blanc grisâtre qui blanchit au contact du cyanoferrure de potassium, puis se colore en rouge brun. L'air et l'eau lui donnent une coloration jaune; puis le liquide se colore peu à peu en bleu. L'hydrate de potasse en dissolution la colore aussi en jaune, ainsi que les carbonates alcalins; le carbonate d'ammoniaque se conduit comme l'ammoniaque, qui la dissout et se colore en bleu. Cette couche est soluble dans l'hyposulfite de soude, le cyanure de potassiumn, une dissolutiond'iode, dans l'iodure de potassium, l'acide chlorhydrique plus ou moins étendu, le sulfate d'ammoniaque, etc. Les acides sufurique et azotique étendus ne l'altèrent pas sensiblement, au moins quand leur présence n'est pas trop prolongée.
« La propriété la plus remarquable du chlorure cuivreux ainsi obtenu est la facilité avec laquelle il s'altère à la lumière solaire;sa couleur blanc grisâtre se fonce de plus en plus, passe au noir et prend des reflets métalliques cuivrés semblables à ceux offerts par la cassure du bleu de Berlin ou de l'indigo. Cette propriété me parut pouvoir être mise à profit pour obtenir des épreuves daguerriennes, et le résultat vint confirmer mes prévisions. Un négatif placé sur une lanie de cuivre sensibilisée au moyen du bichlorure de cuivre me donna une épreuve positive d'une finesse remarquable, sans aucun miroitement. Quand la couche de chlorure formé est suffisamment mince, la couleur rosée du cuivre, dans les parties claires, vue par transparence, offre un fond d'un ton plus agréable que dans les plaques daguerriennes anciennes (1) ([i]).
« Les dissolvants du chlorure altéré par la lumière sont, du moins ceux que j’ai signalés plus haut, les mêmes que ceux du protochlorure non altéré.
« Le protochlorure desséché rapidement à l'abri de la luinière et de l'air conserve sa couleur blanche primitive; exposé à l'état sec à la lumiére solaire, il prend à peine une légère pointe jaune. Le protochlorure qui avait servi dans ces expériences avait été précipité de sa dissolution chlorhydrique.
« Si on étend sur du papier du protochlorure cristallin sec et blanc, et qu'on l'expose au soleil; si on fait la même chose pour du protochlorure fondu dans un vase de platine et pulvérisé ensuite, il n'y a pas d'altération tant que l'état de siccité est maintenu; mais, vient-on à faire tomber quelques gouttes d'eau, chaque portion de protochlorure humectée passe successivement par les teintes jaune, grise, noire et violacée précédemment indiquées. Si on maintient l'état d'humidité, on obtient une coloration bleue due au bicllorure qui s'est formé.
« Une lame de cuivre sensibilisée et exposée à la lumière, lavée rapidement ensuite, ne donne aucune coloration sensible avec le cyanoferrure de potassium dans l'eau de lavage. »
([i]) (1) Une plaque de cuivre qui a reçu une image daguerrienne très-finement rendue est jointe à la Note de M. Renault.

1864 - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Agosto
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 35
Pag, 275, 276
*
LA PHOTOGRAPHIE
Suite. - Voy. p. 92, 107, 151, 218

PAR LES SELS D’URANE

Origine du procédé. - La solidité des épreuves positives obtenues par ce procédé doit être au moins égale à celle des épreuves obtenues par 1'azotate d'argent, l'liypossufite de soude, agent destructeur par excellence, étant écarté. La plus grande difficulté est d'éviter le voile plucheux qui recouvre l'image, celle-ci tendant à se former à l'intérieur du papier et non à sa surface. L'albuminage ne peut remédier à cette difficulté, parce que l'albumine est coagulée par les sels d'urane; reste le gélatinage, insufisant jusqu'ici.
Azotate d'urane. - C'est un sel acide de couleur jaune verdâtre ressemblant, sauf la couleur, aux cristaux de l'hyposulfite. Quoique soluble dans l'éther, son acidité l'empêche d'être appliqué directement au collodion.
Choix du papier. - Il faut choisir un papier très-épais, Turner, Wattmann ou Saxe; prendre garde, quel qu'il soit, de le toucher avec les doigts humides, et le renfermer huit à quinze jours dans un tiroir obscur. On doit éviter de placer sur des feuilles insolées par hasard celles passées au premier bain: la feuille frappée par la lumière impressionnerait l’autre et donnerait une trace au bain révélateur.
Imprégnation.
- Composez le bain suivant:

Eau distillée ……………………50 grammes.
Alcool ………………...………….50
Azotate d'urane ………………15

Le papier destiné à ces épreuves sera plongé pendant quelques minutes dans de l'eau distillée en ébullition, afin de diminuer l'enco1lage autant que possible; on le passera
alors dans l'eau froide, et on le pressera entre des feuilles de buvard bien net; puis, pendant qu'il est encore moite, on le plongera une minute dans le bain ci-dessus; on le retirera pour le suspendre à l'obscurité, et, dans cet état, il pourra se conserver très-longtemps.
Séchage. - Si, au lieu de laisser sécher le papier naturellement, à l'obscurité, on veut augmenter sa sensibilité, il faut le sécher rapidement devant le feu, mais faire attention qu'il est devenu très-inflammable, ce qu'il doit à l'azotate d'urane dont il est imprégné. Il brûle à 1 centimétre d'une plaque chauffée à 80 degrés, et rougit avec une facilité proportionnelle.
Exposition. -L'appréciation du temps de pose est une des choses les plus délicates de ce procédé. En général, on doit tirer l'image un peu faible; elle peut se renforcer au bain continuateur. Si elle est trop visible, car il faut qu'elle ne soit que peu apparente, on la virera de suite et directement an bain d'or, qui dépouille beaucoup plus que le bain d'argent.
Virage par l'argent.

Eau distillée …………………..…100 grammes.
Azotate d'argent cristallisé …….2
Acide azotique pur …………….traces.

Plongez-y rapidement l'épreuve insolée; enlevez, avec un pinceau consacré à cet usage et restant plongé dans l'eau distillée, les bulles d'air qui sortent du papier. L'image se développe peu à peu avec un ton brun-roux assez désagréable particulier aux sels d'argent; elle se renforce seule, et, au bout de quelques minutes, elle-a acquis l'intensité qu'elle peut avoir.
On obtient des tons noirs violets avec le bain suivant:

Eau distillée …………………………….100 grammes.
Alcool à 36 degrés ……………………...10
Azotate d'argent ……………………….....3
Azotate de cadmium ………………….....1
Azutate d'urane ………………………...…1
Acide azotique pur ……………………..traces.

Il faut que tous les bains révélateurs soient acides, mais le moins possible; s'ils sont neutres ou alcalins, les épreuves sont voilées et cendrées de gris.
Virage par l'or. - Le bain d'or se compose de:

Eau distillée …………………………..1000 grammes
Chlorure d'or …………………………1
Acide chlorhydrique pur ……1 à 2 gouttes.

Pour révéler avec ce bain, il faut prolonger l'exposition à la lumière un temps double de celui déjà adopté, parce que le bain tend à ronger les demi-teintes, l'acide chlorhydrique qu'il contient dissolvant l'azotate d'urane, même insolé. On obtient de la sorte des tons bleus et noirs assez agréables, quoique un peu froids.
Virage par le mercure. - Les épreuves obtenues parce sel sont les plus belles et les plus puissantes comme ton. Prenez:

Eau ordinaire filtrée ……………...2000 grammes.
Bichlorure de mercure …………...1

L'image doit être estrémêment venue à la lumière. Il faut plonger la feuille au bain de bichlorure, et l'y laisser deux à trois minutes; de ce temps juste dépend la réussite: il est dautant plus dificile à calculer, que l'épreuve ne change presque pas sous l'influence de ce bain. Mais quand, aprés avoir été parfaitement lavée, elle est plongée au bain révélateur d'azotate d'argent, on s'aperçoit de suite si l'action du bichlorure a été bien calculée. Si elle a été trop longue, les demi-teintes sont rongées; si elle ne l'a pas été assez, l'image n'est pas dépouillée et sort beaucoup trop foncée et sans détails accusés. On peut essayer alors de la dégorger au chlorure d'or. Quand le temps du bain de bichlorure a été bien calculé, l'épreuve prend au bain d'argent des tons noirs magnifiques.
Lavages. - Une épreuve étant arrivée au point où elle a le plus d'éclat, retirez-la du bain. Si elle est révélée à l'azotate d'argent, passez-la d'abord dans de l'eau ordinaire, puis dans une eau légèrement ammoniacale. Ce lavage dégorge parfaitement les blancs et enlève toutes les taches d’acide qui peuvent rester dans le papier. Passez ensuite dans deux eaux ordinaires, en tout dix à quinze minutes, et 1'épreuve est fixée. On augmente la vigueur en la séchant devant un feu vif. Les épreuves imparfaitement lavées deviendront, au bout de cinq ou six semaines, d'un rouge-brique uniforme sur toute la feuille.
La fin à une autre livraison.

segunda-feira, 6 de abril de 2009

1864, 12 de Setembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
12 de Setembro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T..LIX
Nº. 11
Pag. 480, 481,
*
ASTRONOMIE.- Sur la rotation du Soleil; par M. Babinet.

« A l'occasion de ce qu'a dit M. Faye sur la nécessité de photographier les objets célestes, et notamment les taches du Soleil, M. Babinet cite l'opinion de M. Carrington, qui, aidé par les fonds mis par le gouvernement anglais à la disposition de la Société Royale, a publié, en 166 planches (et avec 150 pages de texte), ses observations des taches solaires de 1853 à 1861 (sept ans et demi).
« A moins d'employer la photographie, je crois, dit M. Carrington, que » je ne puis pas me tromper en affirmant qu'on ne pourra obtenir d'amélioration ultérieure qu'avec une dépense de 5000 livres (125 000 francs). «
» M.Carrington s'accorde avec M. Laugier pour l'inclinaison et la position du noeud de l'équateur solaire.

Le résultat auquel s'arrête M. Carrington est, pour 1850 :

Inclinaison, 7º 15’ Nœud, 73º 40’

« Le fait capital qui résulte du grand travail de M. Carrington est que les points de la surface du Soleil ont à l'équateur de cet astre un mouvement angulaire de rotation sensiblement plus rapide que près du pôle.
« Un point de l'équateur décrit autour de l'axe un arc de 865' par jour, tandis qu'un point voisin des pôles décrit autour du même axe un arc plus petit de 165' et par conséquent de 700'. « Quant à la formule qui donne la rotation diurne d'un point, savoir :

elle donne bien pour une latitude λ = 0 à l'équateur, la rotation de 865' par jour, et pour sin λ=1 au pôle, une rotation moindre de 165', mais le changement de signe qui rompt la continuité la rend tout à fait inadmissible. Dans toutes les questions de ce genre, les formules ne doivent avoir que des puissances paires du sinus de latitude, autrement le radical devient imaginaire quand on change d'hémisphère. « Au reste, voici ce qui représente les observations elles-mêmes:

1864, 10 de Outubro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
10 de Outubro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T.LIX
Nº. 15
Pag. 635
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M. Swejer présente diverses images photographiques destinées à montrer le parti qu'on peut tirer dans quelques cas, pour la netteté de ces images, de l'emploi d'un écran de papier blanc; reflétant ainsi les parties dans l'ombre et sans nuire an modelé, permettant d'apercevoir certains détails qui sans cela seraient perdus pour l'oeil.
Ce procédé est trop connu des dessinateurs pour qu'on puisse le supposer nouveau pour les photographes.

1864, Novembro - LE MAGASIN PITTORESQUE

1864
Novembro
LE MAGASIN PITTORESQUE
XXXII Année,
Nº. 46
Pag, 365, 366
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LA PHOTOGRAPHIE
Fin. - Voy. p. 92, 107, 151, 218, 275

Par les substances inertes

Positifs au charbon. - La difficulté d'obtenir par les sels d'argent et d'urane des épreures positives absolument fixes et comparables, pour la durée, aux images produites par la gravure et la lithographie, à fait chercher à les obtenir au moyen d'une substance inerte et parfaitement indélébile. Le charbon et ses composés ont été expérimentés avec un certain succès. II serait imprudent de se prononcer dés à présent sur la fixité de ces épreuves, car les corps au moyen desquels on obtient l'adhérence au papier des substances inertes sont certainement très-accessibles à la décomposition. Voici l'un des procédés les plus simples.
Dans 100 grammes d'eau bouillante, dissolvez à saturation du bichromate de potasse, et ajoutez 10 grammes de gélatine blanche; les feuilles de papier bien satinées seront mises à flotter quelques secondes seulement sur la surface de ce bain tiède, enlevées d'un mouvement uniforme et suspendues à sécher. Quoique préservé de la lumière, ce papier ne conserve que peu de jours ses propriétés photographiques. Lorsqu'il est sec, on l'expose comme le papier positif ordinaire, environ un temps quatre fois moindre. A ce moment, les grandes ombres ont produit sur le papier, teint en jaune, une coloration un peu rougeâtre. Rapportant la feuille dans le cabinet obscur où l'imprégnation a eu lieu, on la fixe, avec un peu de gomme aux angles, sur une glace, l'épreuve en dessus. On étend alors sur toute la surface de l'image de la poudre de charbon d'une ténuité extrême, du noir de fumée, par exemple, dont on obtient l'adhérence au papier en estompant sa surface avec un tampon de coton.
On place alors Ia feuille, le côté noirci en dessus, au fond d'une cuvette, et l'on verse dessus une couche d'eau bouillante, qui dissout la plus grande partie du bichromatede potasse; on agite un moment, on jette cette eau; on verse de nouvelle eau chaude, et, au moyen d'un pinceau très-doux, on procède au dépouillement du dessin. C'est en promenant ce pinceau sur toutes les parties de l'épreuve que l'on découvre celles que la lumière n'a pas impressionnées, et où la couche de gélatine, étant restée soluble, se détache et entraîne avec elle la poudre noire qui la couvre.
L'action d'un ciel voilé mais lumineux est préférable, pour obtenir les demi-teintes, à l'éclat d'un soleil vif, qui attaque trop rapidement la couche sensible.

SUR COLLODION DIRECT

Composition du collodion. - Les images positives sur collodion direct ont l'avantage de pouvoir être obtenues par une pose excessivement courte; mais les blancs sont difficilemnt vifs, et les épreuvs d'une teinte généralemnt jaune on grise peu agréable.
Le collodion que l'on emploie doit être beaucouq plus fluide que celui dont on se sert pour les négatifs. Il faut qu'il contienne le plus d'éther possible, et, en même temps, une ioduration faible, parce que l'épreuve doit être formée à la surface.


Collodion pharmaceutique normal à 3% …………100 grammes
Éther sulfurique …………………………………...........150
Liqueur sensibilisatrice …………………………...........10

Cette liqueur se compose de:

Iodure de cadmium .................................................7gr.50
Bromure de cadmium .............................................1gr.25
Chlorure de cadmium .............................................0gr.25
Alcool à 40 degrés ………………………………....... 100gr.00

Bain d'argent. - Puisque la couche doit être fort mince et peu iodurée, il faut que le bain d'argent soit peu riche et assez fortement acide.
Prenez:

Eau distillée ………………………………100 grammes.
Azotate d’argent cristallisé ……………….4
Liqueur sensibilisatrice …………………..quelques goutes

Pose. - L'exposition est environ quatre fois moindre que celle qui sert à l'obtention des négatifs. On ne doit pas craindre de la faire trop courte; c'est le seul moyen d'avoir des noirs et des blancs purs. Si l'on pose trop longtemps, les blancs, offrant des détails inutiles en transparence, ne les laissent plus voir par réflexion; souvent même l'épreuve est voilée en partie ou en totalité.
Si, avec une pose juste, les blancs n'offrent pas les détails qu'ils doivent comporter, c'est que la couche de collodion est trop iodurée. Le remède est facile: il suffit, d'ajouter du collodion pharmaceutique et de l'éther dans les proportions indiquées. Entre deux écueils est la réussite.
Développement. - La liqueur au protosulfate de fer indiquée au chapitre des négatives est parfite pour développer les épreuves dont nous nous occupons. L’image, sous ce développement, doit être à peine visible, et l'impression des parties blanches tout à fait superficielle; elle ne doit apparaître que lors du dépouillement par l’agent fixateur.
Fixage.- On dissout les sels solubles contenus dans la couche de collodion, et on dépouille l'image en même temps, en versant à sa surface une solution de cyanure de potas- sium à 1 pour 100; on lave abondamment, et l'on met à sécher sur du buvard, le long d'un mur, verticalement.
Vernis - L'épreuve positive sur collodion devant se voir à travers le verre qui la porte, il faut, pour donner de l'intensité aux noirs, placer sur le collodion ou un velours noir, ou une couche du vernis suivant:

Essence de térébenthine ………………………100 grammes.
Bitume de Judée pulvérisé ……………………..20
Noir d’ivoire ………………………………….............2
Cire blanche ……………………………............…….5
On peut encore se servir du vernis noir épais du commerce; mais il est long à sécher.
Ces épreuves se montent nécessairement dans un passe-partout, leur fragilité imposant ce mode de conservation.

1864, 12 de Dezembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1864
12 de Dezembro

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T.LIX
Nº. 24
Pag. 998, 999
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TOPOGRAPHIE. - Exposé sommaire des résultats obtenus en appliquant la photographie à l’étude du terrain, à Grenoble et dans les environs, en août 1864. Note de M. Laussedat, présentée par M. Morin.

« Dans sa séance du 25 juin 1860, l'Académie a bien voulu, sur le Rapport de M. Laugier (1) ([i]), accorder son approbation à la methode que j'ai proposée pour appliquer la photographie à l'étude du terrain.
« Quelque temps après, M. le Ministre de la Guerre, à la demande du Comité des fortifications, ordonna que des expériences régulières fussent entreprises à l'effet de constater l'utilité de cette méthode.
« Ces expériences ont été exécutées en 1861 et 1862 par les officiers de la division du Génie de la garde impériale; et elles ont donné les résultats les plus satisfaisants. Toutefois, les nécessités du service militaire ne permettaient pas aux officiers de la garde de poursuivre des travaux topographiques d'une grande étendue, et depuis l'année dernière, M. le capitaine Javary, qui s'était beaucoup occupé antérieurement de photographie, a été mis à ma disposition pour m'aider à tirer du procédé en question tout le parti possible.
« Les vues et le dessin que j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie sont le résultat de la dernière et de la plus complète des expériences du capitaine Javary. Ils représentent la ville et les environs de Grenoble. Les vues ont été prises au moyen de deux objectifs de distances focales différentes, 0m, 50 et 0 m, 27. Le premier objectif était employé pour obtenir des images assez grandes d'objets éloignés ou dont les détails devaient être étudiés avec soin. Le second, qui avait l'avantage d'offrir un champ net de 60 degrés, était réservé pour les vues rapprochées.
» L'étendue totale du terrain représenté sur la carte dépasse 20 kilomètres carrés. Cette carte est dessinée à l'échelle de 1/5000 et les détails nombreux qu'elle renferme ont été entièrement déduits de vingt-neuf vues prises de dix-huit stations différentes, réparties entre deux cheminements dirigés l'un sur la rive droite, et l'autre sur la rive gauche de l'Isère. Les sections horizontales sont tracées à l'équidistance de 10 mètres, et expriment très-nettement le relief si accusé des contre-forts de la rive droite, dont le point culrninant sur la carte n'est pas à moins de 1000 mètres au-dessus du niveau de l'Isère. Les siniuosités de ces courbes ont été déterminées au moyen de plus de 600 cotes calculées en combinant les distances horizontales résultant de la construction du plan avec les hauteurs apparentes évaluées sur les vues photographiées.
« Il est à remarquer, et le registre de nivellement en fait foi, que le point le plus rapproché de la station qui a servi à le construire en est distant de 940 mètres. Il n'y a guère qu'une dizaine de points dont la distance à la station correspondante soit inférieure à 1000 mètres. Le plus grand nombre est à une distance supérieure à 1500 mètres, et il y en a qui vont jusqu’à 4500 mètres. Cependant la maniére dont les courbes se comportent témoigne de l'exactitude de l'ensemble du nivellement, et il nous semble hors de doute qu'il serait difficile d'arriver à un semblable résultat par les autres moyens expéditifs en usage dans les reconnaissances topographiques. Les opérations sur le terrain ont duré soixante heures. Le travail de cabinet a été entièrement exécuté à Paris en moins de deux mois. »
([i]) (1) La Commission chargée d'examiner le Mémoire que j'avais présenté était composée de MM.Laugier et Daussy.