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segunda-feira, 28 de junho de 2010

1839, 20 de Agosto - JOURNAL DES DÉBATS POLITIQUES ET LITTÉRAIRES

1839

20 de Agosto

JOURNAL DES DÉBATS  politiques et littéraires

1ª. pag. e segts.

Feuilleton du Journal des Débats

_______________

 

ACADÉMIE DES SCIENCES

Exposition du daguerrotype

 

C´était, on le conçoit, jour de solennité à l’Institut ; l’Académie des Sciences et l’Académie des Beaux-Arts s’étaient réunies pour entendre l’exposition, faite para M. Arago  des procédés de M. Daguerre, dont on s’entretient avec tant d’intérêt dans le monde depuis huit ou dix mois ; les résultats que l’on avait vus de cette importante découverte, inpiraient une vive curiosité d’en connaître le secret, et cee secret touchant à la fois aux intérêts des arts et à ceux de la science, un nombreux public, composé d’artistes, de savants et d’amateurs, se pressait aux portes de l’Institut, trois heures avant l’ouverture de a séance ; dans cet empressement auquel l’Académie n‘est point accoutumée, on pouvait craindre qu’il n’y eût quelque désordre ; mais les mesures avaient été si bien prises, que tout le monde, au moins tout ce qui a pu entrer dans la salle, a pu voir et examiner à son aise les produits du Daguerrotype, et entendre les développemens dans lesquels est entré M. Arago.

Trois tabeaux exécutés par les procédés de M. Daguerre étaient exposés comme échantillons ; ces tableaux ont sans doutebété fort admirés ; mais ce n’était pas la l’objet important de la séance ; deux d’entre eux étaient connus, et personne ne doutait de la perfection des résultats obtenus par M. Daguerre lui-même ; on savait qu’entre ses mains son invention était arrivée au plus haut degré de perfection. Mais ce que l’on était avide d’entendre, c’était la révélation du secret si bien gardé jusqu’ici par les hommes auxqels il avait été confié, que pas un soupçon fondé n’avait transpiré a ce sujet dans le public, et de pus on éprouvait une curiosité quelque peu maligne de voir si l’invention répondait dans ses détails aux pompeux récits que l’on en avait faits, aux merveilles que l’on en racontait.

Quelque fût l’admiration générale pour les délicieux petits tableaux imprimés par la lumière elle-même sous la direction de M. Daguerre, et la modicité du prix accordé par la natio à une découvete que l’Europe nous envie et qu’elle a fait tant d’éfforts pour nos ravir, on se demandai déjà si les faits seraient au niveau des promesses et de l’attente générale, et s’il n’y avait pas dans la révélatin du secret quelque déception imprévue par cette foule d’amateurs quise flatient déjà de produire à volonté des chefs-d’œuvre et de rivaliser avec les plus grands peintres, de les surpasser même doans la reproduction des œuvres de la nature, avec un simple appareil acheté chez Giroux ou chez Charles Chevalier. Il serait si commode de se dispenser du travail et des laborieuses ´tudes qui font l’artiste, et de pouvoir acheter un peu de génie à prix d’argent !

Dieu merci ! les prétentions des contribuables qui croient avoir assez bien payé de leurs deniers l’inention de M. Daguerre, pour avoir le droit de faire aussi bien que lui sans se donner aucune peine, ne seont pas satisfaites, et pourtnt nous n’avons rien à rebattre de l’admiration générale pour cette découverte ; nous pouvons même affirmer dés à présent et sans crainte d’être démentis, qu’elle surpasse en merveilleux, par ses combinaisons singuluères et ses conditions  mystérieuses, tout ce que l’esprit le plus pénétrant avait pu imaginer jusqu’ici. Il a certainement fallu une étonnante sagacité, un instinct bien rare, un génie tout parsiculler de recherche et d’invention en même temps qu’une persévérance infatigable, pour arriver á rapprocher et à combiner tant de circonstances si éloignées les unes des autres. Nous sommes convaincus que tous les savants réunis de l’Europe, chimistes et physiciens les plus habilles, auxquels on eût donné un pareil problème à résoudre, n’y seraient pas parvenus en dix ans ; mais c’est qu’aussi il ne s’agit pas de sience en cette occasin, et tous les procédés scientifiques auraient plutôt écarté du but de ceux qui se seraient laissé guider par les seuls principes de la science, qu’ils ne les y auraient conduits.

M. Arago entre en matière par un exposé historique des principaux points de la science relativement à l’action chimique de la lumière sur diverses substances ; il rappelle que dès l’année 1566 l’influence des rayons lumineux sur l’argent corné (chlorure d’argent), est indiquée dans l’ouvrge de Fabricius ; lefameux chimiste suédois Schéele a fait ensuite des expériences avec la spectre solaire sur cette même composition, et il a démontré que le rayon rouge colorait à peine la matière, tandis que le maximum d’effet était produit par le rayon violet. Depuis on a découvert un fait encore plus curieux : on s’est assuré qu’audelà des rayons colorés du spectre solaire il existait des rayons invisibles capables de produire les actions chimiques relativement plus intenses, de telle sorte que l’on  est aujourd’hui conduit à admettre dans la lumière blanche un mélange de rayons lumineux et de rayons chimiques, doués au plus haut degré du pouvoir d’agir chimiquement sur les corps, quoique ces rayons soient par eux-mêmes invisibles.

Ces principes étaient nécessaires à rappeler avant d’arriver á la description particulière des procédés de M. Niepce et de M. Daguerre. Maintenant il faut savoir ce que c’est la chambre noire dont l’invention est due à l’italien Joperta ; cet instrument n’est autre chose que la première moitié d’une lunette ordinaire ; dans une lunette telle que celle dont on se sert au spectacle, l’image extérieure est transmise amplifiée au moyen d’un verre opposé à l’ œil (verre objectif), et vient pour ainsi dire se peindre en un certain poit du corps de la lunette ; l’ œil le voit au travers du verre auquel il s’applique (verre oculaire), comme il ferait avec une loupe qui augmenterait encore ses dimensions ; dans ce cas l’image n’est pas matérielle ; mais si on supprime le verre oculaire et que l’on reçoive l’image sur un écran placé précisément au point où elle se forme, en donne un corps à cette image et on la voit peinte avec tous ses détails et toutes ses couleurs sur l’écran ; telle est la disposition de ce que l’on appele la chambre obscure, et cet au moyen d’une pareille disposition que l’on nous montre le curieux spectacle des objets extérieurs venant se peindre avec toutes leurs nuances sur un écran placé au milieu de la chambre noire où ils sont transmis par une lentille ; l’invention de MM. Niepce et Daguerre consiste à fixer ces images sur le tableau qui les reçoit.

Cette invention, avant d’arriver au point où nous allons la voir, a subi bien des phases et bien des perfectionnements divers.

Dans les premiers essais, on a dû naturellement songer à placer au foyer de la chambre noire, sur l’écran lui même, une couche de chlorure d’argent ; cette préparation, si sensile à l’action de la lumière, était influencée et colorée au brun proportionnellement à la quantité de rayons lumineux tombant sueses différens points. En effet, les parties fortement éclairées, passaient bientôt au brun foncé, tandis que les parties ombrées se conservaient intactes, les demi-teintes subissant une actio intermédiaire ; mais de cette manière on voit que les effets étaient précisement opposés à ce qu’ils sont dans la nature ; en effet, le chlorure d’argent ayant la propriété de brunir sous l’influence des rayons lumineux, les parties étaient d’autant plus sombres qu’elles étaient plus fortement frappées par la lumière, tandis que les points sostraits au soleil par l’ombre des objets, demeuraient plus ou moins blancs ; en un mot, les clairs se peignaient par des noirs, et les ombres par des clairs d’intensité proportionnée au degré de ces ombres.

C’était là, comme on le conçoit, un grand défaut auquel il fallait nécessairement remédier, si l’on voulait produire des effets vraiment utiles et agréables.

De nombreuses tentatives ont été faites pour appliquer ce procédé à la reproduction des gravures; en plaçant une gravure sur une feuille de papier enduite de ta préparation, et l'exposant au soleil, la lumière ne tardait pas à réagir à travers la gravure, et son influence était variable suivant qu'elle frappait sur les parties ombrées, sur les parties claires et sur les demi-teintes; c'était donc toujours le même inconvénient. Wegwood et Davy ont fait différentes applications de cette méthode, et le physicien Charles faisait dans ses cours des silhouettes par ce procédé.

La premier perfectionnement auquel est parvenu M. Niepce, a été de rendre la nature telle qu'elle est sous le rapport des ombres et des clairs, et de remplacer les effets renversés dont nous venons de parler, par des effets en harmonie avec les phénomènes de la lumière ; c'était la un grand point, un fait fondamental dans l'application qu'il tentait de l’action chimique des rayons lumineux ; pour obtenir ce résultat il fallait évidemment employer un fond noir susceptible d’être décoloré par la lumière en raison de l’intensité avec laquelle elle vient frapper les différens points du tableau ; on devait procéder comme font les artistes dans le genre de gravure où ils produisent les clairs et les demi-teintes en enlevant plus ou moins de la couche noire préalablement étendue sur la planche.

C'est à l’aide d'une préparation obtenue avec le bitume de Judée sec et dissout dans l'huile de lavande que M. Niepce a fait ses premiers essais et obtenu ses premiers succès ; il parvint en outre à soustraire sa préparation à l'action ultérieure de la lumière, de manière à pouvoir conserver les empreintes qu'il avait produites; jusque-là ces  empreintes ne pouvaient pas même être vues, puisque du moment où on les exposait à la lumière pour les regarder tout s'effaçait en prenant une teinte uniforme.

Enfin, un troisième point, le plus curieux, le plus inattendu, qui a dû singulièrement exercer la sagacité de M. Niepce et qui joue encore le plus grand rôle dans les effets du Daguerrotype, est le suivant :

Lorsque la de cuivre plaquée d'argent sur laquelle était étendue la préparation du bitume, avait été exposée  à l'action de la lumière, l'empreinte des images était à peine sensible quoiqu'elle existât réellement comme on va la voir, et il a fallu un nouvel effort d'invention pour la faire apparaître aux yeux.

Pour faire bien comprendre le phénomène que nous allons décrire, nous le comparerons à ce qui se passe dans la fabrication du moiré métallique ; ces effets de moire tiennent, comme on sait, à la cristallisation de la couche d'étain que l'on étale à la surface du fer en l'étamant; cette cristallisation n'apparaît pas tant que l'on n'enlève pas, au moyen d'un acide, la première couche d'étain qui a cristallisé confusément en se refroidissant trop rapidement au contact de l'air. Eh bien ! l'image imprimée par les rayons lumineux sur la préparation de M. Niepce a besoin, pour se produire aux yeux, de subir l'action d'un nouvel agent, et cet agent  était l'huille de pétrole dans les essais de  l’auteur; l'huille de pétrole, à ce qu'il paraît, a la propriété d'attaquer et de dissoudre les points de la surface métallique qui ont été préservés par les ombres de l'action de la lumière, tandis qu'elle est sans influence sur les points frappés par las rayons du soleil ; on voit alors l'image sortir do la couche où elle était cachée, et il suffit de laver la plaque pour la soustraire à l'action ultérieure de la lumière.

C'est ainsi que la merveilleuse invention qui va bientôt nous apparaître dans tout son éclat marchait peu à peu vers son but ; mais la préparation de M. Niepce ne donnait encore que des résultats fort imparfaits, et de plus elle était si peu sensible, qu'il fallait quelquefois exposer l'objet pendant trois jours au foyer de la chambre noire pour l'imprimer d'une manière suffisamment distincte.

C'est à ce point que M. Daguerre a pris cette invention qui devait bientôt subir entre ses mains de si importantes modifications, qu'il devait pour ainsi dire se s'approprier et qui allait environner son nom d'une si grande renommée. Occupé lui-même d'essais du même genre, il préludait à sa belle découverte par des expériences de peu d'intérêt pour nos lecteurs et que nous omettrons pour arriver de suie au résultat définitif. Qu’il nous suffise de dire que ses essais sont devenus de plus en plus subtiles, et qu’entre ses mains habiles ils ont consisté à employer des matières non plus à l’état grossier et palpable, mais à l’état de vapeur, jusqu’à ce qu’enfin la matière devenant de plus en plus insaisissable, il est arrivé à un point où elle ne tombe plus pour ainsi dire sous nos sens, où elle échappe à l’appréciation de nos instruments les plus délicats ; c’est, en un mot, par l’action combinée de deux vapeurs dans des proportions d'une incalculable tenulté qu'il a réussi à produire les merveilleux résultats que nous connaissons.

 

Description du procédé actuel de M. Daguerre.

 

Une tablette de cuivre plaquée d'argent est d'abord soigneusement décapée à l'aide d'une solution d'acide nitrique qui enlève toutes les matières étrangères répandus à sa surface, et en particulier les dernières traces de cuivre que la feuille d'argent peut contenir, ainsi que l'a constaté M. Pelouze ; ce décapage demande des soins particuliers et minutieux, et le frottement que l'on exerce pour aider l’action de l'acide doit être pratiqué non pas toujours dans le même sens, mais dans une certaine direction M. Daguerre a observé que le cuivre plaqué d'argent produit de meilleurs résultats que l'argent pur, ce qui fait supposer, dit M. Arago, que l'action voltaïque n'est pas étrangère dans ce phénomène.

Après cette première préparation, la lame métallique est exposée dans une boîte fermée à la vapeur de l'iode, avec des précautions toutes spéciales; ainsi une petite quantité d'iode est déposée au fond de la boîte et séparée de la feuille de métal par une gaze légère, afin de tamiser pour ainsi dire la vapeur et de la répandre uniformément ; cela ne suffit pas encore; des essais multipliés ont appris à M. Daguerre ce que toute la science du monde n'eût pas fait deviner ; il est nécessaire d'encadrer la tablette de plaqué dans une petite bordure métallique, sans quoi la vapeur d'iode se condence en plus grande quantité sur les ords que dans son centre, et tout le succès de l’opération dépend de la parfaite uniformité de la couche d’iodure d'argent qui se produit ; la feuille de cuivre plaquée doit rester exposée à la vapeur d'iode un temps suffisant, ni trop ni trop peu, et ce moment est indiqué par la couleur jaune que prend la plaque. M. Dumas ayant cherché à apprécier l'épaisseur de cette couche d’iode, et assuré qu'on ne pouvait pas l'estimer à plus d’un millionième de millimètre ! C'est la un infiniment petit que notre esprit n'est pas plus apte à se figurer qu'il ne conçoit l'immensité des cieux, l’éternité du temps ou l'infini de l'espace. La feuille de plaqué, ainsi disposée, est portée dans la chambre noire en la préservant soigneusement du moindre contact de la lumière; elle est en effet tellement sensible à cette action, qu'un dixième de seconde est plus que sufisant pour l'impressionner.

Un mécanisme très simple permet de placer immédiatement la plaque au foyer de la chambre noire. Au fond de cette chambre, que M. Daguerre a réduite à de petites dimensions, est un verre dépoli qui peut avancer ou reculer jusqu’à ce que l'image extérieure vienne s'y peindre d'une manière parfaitement nette et distincte. La plaque métallique est alors substituée au verre dépoli et reçoit l’impression de l’image. En très peu de temps l'effet est pro- duit et la feuille de plaqué peut être retirée. Dans cet état, c’est à peine si l'image s'aperçoit à la surface; elle doit subir l'action d’une seconde vapeur pour apparaître et prendre véritablement naissance. C'est, chose singulière et inattendue, la vapeur da mercure qui va lui donner la vie. Et comme tout doit être mystérieux dans ce phénomène, la tablette métallique ne se prête convenablement à l’influense de l'atmosphère mercurielle que sous un certain angle. Elle est donc enfermée dans une troisième boite au fond de laquelle est placé une petite cuvette remplie de mercure. Si le tableau doit être vu dans la position verticale où se placent ordinairement les gravures, c'est sous un angle d’environ quarante-cinq degrés qu'il doit recevoir la vapeur du mercure ; si au contraire on voulait, par caprice, le considérer inclinée sous ce même angle, il devrait être disposée horizontalement. N'oublions pas de dire que l'émanation de mercure a besoin d'être excitée par une température de soixante degrés Reaumur.

Après ces trois opérations après ces trois sortes d'incubation presque aussi miraculeuses que l'incubation de l'œuf d'où le poulet doit sortir vivant, le mystère est accompli ; il ce reste plus qu'à faire subir une espèce de baptême à ce nouvel être de création humaine, en le plongeant dans une eau d'hypo-sulfite de soude; cette dissolution attaque, dit-on, plus fortement les parties sur lesquelles la lumière n'a pu agir, et respecte au contraire les parties claires ; c'est l'inverse pour la vapeur mercurielle qui s'est exclusivement fixée sur les points frappés par les rayons lumineux en sorte que l'on pourrait peut-être penser que les clairs sont formés par un amalgame de mercure et d'argent, et les ombres par une sulfure da ce dernier métal aux dépens de la solution d'hypo-sulfite. Nous risquons beaucoup de nous tromper en donnant cette explication ; mais nous sommes fort à l'aise sous ce rapport ; car le champ est ouvert à toutes les suppositions après la déclaration formelle de M. Arago, faite en son nom et au nom des plus savants chimistes qui ont examiné la question ; cette déclaration n'est rien moins qu'un aveu complet d'impuissance de la part de la science combinée de la physique; de la chimie et de l'optique, de donner une théorie tant soit peu rationnelle et satisfaisante de ces phénomènes si délicats et si compliqués.

L’image résultant de cette série d'opérations passablement diaboliques subit un dernier lavage à l'eau distillée pour acquérir cette stabilité qui permet de l'exposer à la lumière sans lui faire éprouver aucune altération.

Après cette lumineuse et intéressante exposition, que nous cherchons à reproduire de notre mieux, M. Arago se  demande quels perfectionnemens pourrait encore recevoir cette belle application de l'optique.

On a parlé de fixer non seulement les images, mais de  reproduire leurs couleurs naturelles. Ce résultat parait, sinon impossible, du moins bien difficile à réaliser, et M. Daguerre n’espère pas que l’on y parvienne à l’aide de ses préparations ; toutefois il est juste de dire, quelque merveilleux et incroyable que paraisse cet effet, que dans des essais faits au moyen du spectre solaire, on a vu la coloration bleue sortir du rayon bleu, la couleur orangée sortir du rayon orangé, et ainsi de suite. Sir John Herschel s'est assuré que le rayon rouge est seul sans action.

Maintenant serait-il possible de faire des portraits avec cette méthode ?

M. Arago ne craint pas d'avancer que cette question ne doive être résolue par l'affirmative, en dépit des deux difficultés en apparence insurmontables qui l'environnent. D'une part en effet l'immobilité est une condition indispensable du succès de cette opération, et de l'autre cette immobilité est impossible à obtenir sous l'influence de la vive  lumière à laquelle on est obligé d'exposer la figure et qui détermine nécessairement le clignotement des yeux ; mais M. Daguerre s'est assuré que l'interposition d'un verre bleu n'arrête en rien l'action de la lumière sur sa préparation, et ce verre préserve suffisamment la vue de l'influence des rayons lumineux ; quant à la tête, il est facile de la fixer pendant une seconde au moyen d'un appareil qui l'embrasse et la soutient.

Nous regrettons que la solution de cette question n'ait pas été donnée par le fait, toujours plus certain en pareil cas que le raisonnement.

Un autre perfectionnement plus important, à notre avis, qu'il serait bien désirable d'obtenir, consisterait à rendre l'image inaltérable au frottement ; la matière des tableaux exécutés par le Daguerrotype est en effet si peu solide, elle est si légèrement déposée à la surface de la lame métallique, que le moindre frottement l'enlève comme celle d'un dessin à l'estompe ou d'un pastel; ces tableaux ne peuvent donc être conservés que soigneusement recouverts d'une glace ; de là, comme on le conçoit, résultent des inconvéniens notables pour l'usage da Daguerrotype en voyage ; mais nous pensons que ce perfectionnement est un de ceux auxquels de nouveaux essais permettront d’arriver, soit à l'aide d'un vernis, soit par quelque autre moyen.

En faisant ses nombreuses expériences relatives à l'action exercée par la lumière sur les diverses substances. M. Daguerre s'est assuré que le soleil n'agit pas également bien à toutes les heures du jour, même en prenant les instans où sa hauteur est la même au-dessus de l'horizon ; ainsi son effet est plus satisfaisant à dix heures du matin qu'a deux heures de l'après-midi; on voit par là que le Daguerrotype devient an instrument d'une sensibilité exquise pour mesurer les intensités diverses de la lumière ; or, c'était là un point qui offrait jusqu'ici les plus grandes difficultés en physique. Il est assez facile de mesurer la différence d'intensité de deux lumières considérées simultanément; mais quand il s'agit de comparer une lumière du jour avec une lumière qui se produit pendant la nuit, celle du soleil et de la lune, par exemple, les résultats n'offrent aucune précision. La préparation de M. Daguerre est influencée même par la lumière de la lune, à laquelle tous les procédés tentés jusqu'ici restaient insensibles, même en la concentrant au moyen d'une forte lentille.

Ne pourrait-on pas trouver dans la singulière modification que la lumière solaire semble éprouver à certaines heures du jour de la part des émanations qui se répandent dans l’atmosphère, l'explication d'un phénomène particulier aux tableaux et que les peintres ont de tout temps remarqué; on sait que l'aspect de certaines peintures n'est pas le même le matin ou dans l'après-midi, et c'est 1a une des tribulations des artistes ; M. Daguerre attribue cet effet aux modifications apportés dans le vernis par la lumière, qui varient avec la marche du soleil, et que l'ombre de la nuit annule et fait disparaître.

Il serait impossible de prévoir toutes les applications qu'un nouvel instrument aussi sensible que le Daguerrotype peut recevoir dans les expériences de physique ; néanmoins on peut dès à présent indiquer quelques unes de ses applications les plus immédiates ; indépendamment de celles dont nous venons de parler pour la photométrie M Arago signale quelques uns des phénomènes les plus abstraits offerts par le spectre solaire ; on sait par exemple que les divers rayons colorés sont séparés par des lignes noires transversales indiquant une absence de ces rayons en certains points; eh bien ! y a-t-il de même des solutions de continuité dans, les rayons chimiques ? Il s’agira tout simplement pour résoudre cette question d’exposer une plaque de M. Daguerre à l’action d’un spectre ; on verra par cette expérience si l’acion de ces rayons est continue ou si elle est interrompue par des espaces libres.

Enfin, pour terminer cette longue exposition à laquelle le nombreux auditoire de   l'Académie a prêté une attention soutenue, nous dirons que M. Dumas, ayant  soumis les tableaux de M. Daguerre à l'inspection microscopique, a observé dans toutes les parties claires des sphérules blancs d’un huit-centème environ de millimètre.

La correspondance de l'Académie a présenté quelques  faits curieux dont nous devons rendra compte : M. Pambour a substitué dernièrement sur un chemin de fer en Angleterre, des roues d’un grand diamètre aux roues ordinaires d’un petit rayon ; la vitesse que la locomotive a acquise par cette modification a été de vingt-deux lieues un tiers par heure !

 

M. ARAGO présente, de la part de M. Levasseur, une étoffe remarquable, fabriquée par une espèce de chenille, en Moravie ; cette étoffe, d’une finesse extrême, sert à ces insectes à envelopper des arbres entiers qui n’ont pas quelquefois moins de quarante-cinq pieds de haut.

Il paraît résulter des observations de M. Quetelet, sur les étoiles filantes, que la nuit du 10 au 11 août offre, comme celle du 12 au 13 novembre, le retour périodique d’un grand nombre de ces météores lumineux.

Dr Al. Donné

segunda-feira, 21 de junho de 2010

1839, 16 de Setembro - COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1839

16  de Setembro

COMPTES RENDUS  HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Juillet-Décembre

T. IX

Nº. 12

Pags. 376, 377, 378, 379

DAGUERRÉOTYPE. - Sur ce qui se passe pendant les diverses parties de l’opération. - Lettre de M. Donné à M. Arago.

 

« Si vous voulez bien faire connaître les résultats suivants des observations microscopiques auxquelles je me suis livré sur les opérations du Daguerréotype, je pense qu’ils pourront contribuer à établir la théorie de cette belle et ingénieuse découverte.

«  Dans le premier temps de l’opération, qui consiste à exposer la plaque, d’argent à la vapeur de l’iode, la surface du métal se recouvre, comme on sait, d’une couche jaune d’or.

» L’iode est-il simplement déposé en couche très mince mais en nature sur le métal, ou bien y a-t-il combinaison entre lui et l’argent; est-il, à l’état d’iodure?

» Observée au microscope, et bien éclairée par une lampe dont les rayons sont concentrés au moyen d’une loupe, avec un grossissement de 150 à 200 fois le diamétre, cette couche ne présente aucune apparence de cristaux d’iode ; elle est uniforme, homogène. De plus cette couche est fixe et ne s’évapore pas lorsqu’on soumet la plaque de métal à une température élevée; ces deux faits portent à croire que l’iode est réellement combiné à l’argent, et que la couche jaune d’or est un véritable iodure.

» La couche est très adhérente à l’argent au moment où i’on retire la plaque de la vapeur de l’iode, et avant de l’avoir exposée à la lumière; ainsi elle résiste fortement au frottement du doigt; mais il se produït une modification importante dans cette couche sous l’influence de la luinière: l’effet de la lumière est de détruire sou adhérence avec la surface du métal sur laquelle cette couche repose; de telle sorte qu’après son exposition à la lumière, la plus légère, friction suffit pour la détacher.

» Ce fait est surtout rendu très sensible par l’expérience suivante: Que l’on expose une lame de plaqué à la vapeur de l’iode pendant le temps suffisant pour obtenir la couleur jaune d’or, puis qu’on la présente ensuite à l’action de la lumière, en préservant quelques-uns de ses points au moyen de corps faisant ombre; on verra bientôt l’iodure sous forme pour ainsi dire pulvérulente, s’enlever par le moindre frottement, dans les parties où la lumière aura frappé, tandis que sur les points conservés dans l’ombre, la couche jaune résistera fortement.

« L’effet est beaucoup moins prononcé sur une plaque exposée dans la chambre obscure, mais il est de même nature.

« Or, voici maintenant ce qui se passe lorsqu’on soumet la plaque métallique, préalablement exposée à l’action de la lumière , à la vapeur mercurielle: sur les parties éclairées de l’image, la couche d’iodure n’ayant pas d’adhérence avec la plaque, ne préserve pas l’argent de l’action du mercure; aussi voit-on manifestement après l’opération, ce métal condensé en petites gouttelettes très sensibles au microscope, ainsi que l’avait déjà observé M. Dumas, sur tous les points frappés par la lumière; tandis que dans les parties ombrées, la couche d’iodure toujours adhérente, n’a pas permis à la vapeur mercurielle de s’y fixer. C’est encore ce que démontre l’inspection microscopique; on ne trouve pas de globules de mercure dans les points tout-à-fait sombres, et l’on en aperçoit quelques-uns seulement dans les demi-teintes.

» Voici une autre expérience propre également à constater ce fait : Si en sortant de la vapeur d’iode, on expose immédiatement la plaque metallique au mercure, puis qu’on la soumette ensuite au microscope, on n’aperçoit pas de globules mercuriels à sa surface; la couche d’iodure n’ayant pas subi l’action de la lumière, est restée adhérente sur tous les points, et n’a pas laissé de prise au mercure; mais si dans cet état on soumet la plaque à la lumière dans la chambre noire, et qu’on la replace de nouveau dans l’appareil à mercure, on obtient une image très imparfaite sans doute, mais visible, et de plus on découvre dans les parties claires les globules mercuriels.

«  Ceci explique l’inconvénient très réel, signalé par M. Daguerre, de laisser la plaque d’argent trop long-temps exposée à la vapeur diode, jusqu’à ce qu’il se produise, par exemple, une teinte violacée; en effet, dans ce cas, il se forme pour ainsi dire deux couches d’iodure, l’une superficielle violacée, l’autre profonde jaune d’or; de telle sorte que lorsque la lumière a agi sur la première, elle ne peut atteindre la plus profonde, et celle-ci ne permet pas au mercure de se fixer : on peut s’assurrer de ce fait en enlevant avec le doigt cette première couche d’iodure impressionnée par la lumière ; on voit alors au-dessus d’elle une couche jaune d’or intacte.

« En résumé, d’après ces expériences, l’image produite par le procédé du Daguerréotype serait formée : les deux parties claires, par le mercure condensé en globules, et probablement amalgamé avec l’argent ; et les ombres, par le bruni seul de l’argent, par la surface métallique nue, sans aucun dépôt d’autre substance, sans production d’aucune combinaison.

» C’est en effet ce qui existe quand, après l’opération terminée, on a enlevé toutes les traces d’iodure restant par le lavage avec la solution d’hyposulfite de soude; les parties noires ou ombrées sont nues et réfléchissent la lumière à la manière des corps polis ou brunis et des glaces, tandis que les points éclairés sont recouverts d’une couche, d’un blanc grisâtre, facile à enlever, salissant les doigts, et dans laquelle le microscope fait apercevoir une foule de globules mercuriels; de là, comme on le conçoit, la nécessité de parfaitement brunir et décaper d’argent, ainsi que le recommande M. Daguerre. »

 

MÊME SUJET. - Quelques extraits d’une Note de M. Golfier-Besseyre

« ……….Lorsque la feuille d’argent est très convenablement préparée, sa surface vue au microscope est toute mamelonnée, mais très brillante; si on l’observe après qu’elle a été recouverte d’une quantité suffisante de vapeur d’iode, son éclat est terni, son aspect est soyeux, et il s’y fait un mouvement très réel et d’autant plus rapide que la lumière est plus intense.

« ……….Je pense que dans le procédé de M. Daguerre, la lumière n’agit sur l’iodure d’argent qu’en modifiant son état moléculaire; qu’elle en fait un corps isomère.

«  Le mercure en vapeur qui arrive sur l’iodure d’argent ainsi modifié par l’action de la lumière, s’y condense et y reste en globules très brillants, tandis que l’iodure d’argent sur lequel la lumière n’a point agi, cède de l’iode a la vapeur mercurielle qui passe outre à l’état d’iodure jaune de mercure, lequel se dépose sur les parois supérieures de l’instrument qui porte la plaque d’argent.

« L’iodure d’argent, modifié ou non par la lumière, fait donc fonction de réserve, soit pour recevoir et retenir le mercure, soit pour détourner la vapeur en lui fournissant de l’iode; en définitive le mercure, ne doit y rester que pour figurer les clairs de l’image.

« Il est probable que chacun des sphérules de mercure repose sur un petit disque d’iodure de ce métal, car s’il était en contact avec l’argent, il ne pourrait s’y maintenir à.cause de la forte action chimique qui existe entre ces, deux métaux .

« ……….Voulant mesurer l’influence du recuit et de l’écrouï, j’ai prépare deux plaques en argenf pur, fixées toutes deux sur la même planchette et conséquemment sur la même boite d’iode et pendant le même temps: la plaque recuite s’est chargée de la quantité nécessaire d’iode en 23 minutes; la plaque écrouïe était moins saturée après 1 heure 10 minutes.

«  Parmi les nombreux agents susceptibles de modifier lesrésultats qu’on désire dans ce procédé, je citerai au premier rang le soufre: sa présence dans la ponce que j’ai employée m’a été souvent fâcheuse; elle l’est encore dans l’emploi d’un hyposulfite en décomposition, et cependant j’ai reconnu qu’en faisant en sorte d’en maintenir des traces ( ce qui est facile au moyen de tâtonnements), on peut l’uitiliser pour donner aux dessins de jolis tons de ces peintures bises qu’on appelle aqua-tinta et sepia. »

 

MÊME SUJET. – M. Auguste Wallet adresse aussi une indication très abrégée de ses observations. Il se réserve de les développer devant les Commiasaires que l’Académie désigne sur sa demande.

(Commissaires, MM. Gay-Lussac , Robiquet , Pelouze.)

domingo, 20 de junho de 2010

1839, 23 de Setembro - COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1839

23  de Setembro

COMPTES RENDUS  DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

 Juillet-Décembre

T. IX

Nº. 13

Pags. 411

 

 

 

 

 

 

 

CORRESPONDANCE

M. Donné annonce qu’en suivant les principes qu’il a, exposés dans la précédente séance, relativement à la théorie du Daguerréotype, il est parvenu à graver les images photogéniques et à les reproduire par l’impression.

Des essais d’épreuves et de plaques gravées sont mis sous les yeux de 1’Académie.

 

« M. Arago fait remarquer que M. Niépce père avait, lui aussi, transformé, à l’aide d’un mordant, ses images photogénées en planches propres à dormer des épreuves. Tout le monde trouvera une indication succincte de cette application, dans la brochure que le Gouvernement a fait imprimer. Quant à M. Daguerre, quoiqu’il eût essayé, depuis longtemps, l’action de certains acides à l’état liquide et à l’état de vapeur sur ses images au mercure, il n’en avait rien publié, parce que les résultats lui semblaient être et devoir rester toujours défectueux. Les essais de M. Daguerre tendaient, au surplus, à la conservation de ses images et non à un tirage d’épreuves comme ceux de M. Donné. M. Arago n’a recueilli ces divers renseignements, de la bouche de M. Daguerre, que ce matin. »

sábado, 19 de junho de 2010

COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1839

14 de Outubro

COMPTES RENDUS  DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Juillet-Décembre

T. IX

Nº. 16

Pag. 485, 486, 487

PHOTOGRAPHIE. - Transformation en planches gravées des images formées par le proccédé Daguerre. - Lettre de M. Donné.

 

« J’ai l’honneur de vous adresser de nouvelles images Daguerriennes gravées par le procédé dont j’ai soumis les premiers essais à l’Académie. Les progrés qu’a faits, cette méthode en peu de temps, me paraissent justifier l’opinion qu’en ont conçue tout dabord des artistes très distingués ; les sujets que je présente aujourd’hui se composent :

« 1º. De vingt exemplaires d’une tête d’Antinoüs ;

« 2º.  D’un buste de 1’Apollon du Belvédère et d’un petit écorché sur la même planche ;

« 3º. D’un buste de Mlle Rachel fait d’après celui de Dantan ;

« 4º. D’un essai de dessin microscopique pris sur l’œil d’une mouche ;

« 5º. Enfin dun portrait d’après nature que je n’ai pas eu encore le temps de graver, mais dont je présenterai prochainement la planche et les épreuves à l’Académie en même temps que des vues be monuments et de  nouveaux objets anatomiques ; j’ai obtenu déjà un très beau résultat en prenant l’image d’une personne morte.

« D’après ces faits, dont je laisse l’appréciation aux homms compétents, je ne crois pas avoir à m’occuper de la réclamation de M. Daguerre au sujet de ma première communication ; il me paraît bien établi que M. Niépce a en effet tenté des essais de gravure sur des images produites par son procédé, mais sans avoir obtenu de resultats satisfaisants. Quant au procédé actuel de M. Daguerre, tout ce que cet ingénieux artiste a pu faire à cet égard dans son cabinet est comme non avenu aux yeux de la science, puisqu’il n’en avait rien dit ni rien publié, quoique le vœu public maintes fois exprimé fût précisément de voir fixer et reproduire ses tableaux si parfaits, mais si fragiles. Au reste, M. Daguerre va lui-même au-delà de toutes mes prétentions en fait de priorité et d’invention, en déclarant dans sa lettre qu’il est, suivant lui, impossible d’arriver par la gravure sur la plaque elle-même, à tirer des épreuves approchant le moins du monde de la perfection de ses images et en afirmant que l’argent est trop tendre pour espérer untirage même d’un très petit nombre d’épreuves.

« Je laisse encore une fois au public et aux connaisseurs à juger maintenant la valeur de cet arrêt d’impossibilité. »

quinta-feira, 17 de junho de 2010

COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1839

16  de Dezembro

COMPTES RENDUS  DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Juillet-Décembre

T. IX

Nº.

Pags. 801, 802

CORRESPONDANCE.

M. le Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts, en vertu d’une délibération de cette Académie, et sur la demande d’une Commission qu’elle avait chargée d’examiner les essais de gravures d’images photogéniques présentés par M. Donné, invite l’Académie des ciences à désigner parmi ses membres un chimiste qui prenne part au travail de cette Commission.

M. Dumas est invité à s’adjoindre à la Commission nommée par l’Académie des Beaux-arts.

quarta-feira, 9 de junho de 2010

COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1840

17 de Fevereiro

COMPTES RENDUS  DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Janvier-Juin

T. X

Nº. 7

Pags. 288, 289

PhYSIQuE APPLIQUéE. - Emploi de la lumière artificielle pour la formation d’images photographiques

 

« M. Biot présente, de la part de M. le docteur Donné plusieurs images photogéniques d’objets naturels transparents, opérées sur la couche d’iode par la lumière du gaz oxy-hydrogène enflammé sur la chaux, et agissant a travers un système de lentilles disposées pour produire divers degrés de grossissement. L’appareil optique employé est exactement un microscope solaire dont le corps éclairant est la petite masse de chaux sur laquelle s’opère la combustion; et l’objet transparent dont on veut obtenir l’image  agrandie, y est aussi inséré de la. même manière. Mais, au lieu de jeter l’image sur une toile blanche insensible, comme on le fait d’ordinaire dans ce genre d’experience, M. le docteur Donné la reçoit sur la couche d’iode de M. Daguerre; et elle y imprime très nettement l’image de l’objet, qui se trouve ainsi rendue durable. Il y a une évidente utilité à remplacer dans de pareilles expériences la lumière solaire par une lumière artificielle que l’on péut toujours préparer; mais il y a en outre plusieurs conséquences physiques à déduire des résultats ici obtenus. D’abord, on se trouve ainsi assuré que la lumière qui se développe dans la combutio des deux gaz sur la chaux, contient les élémënts de radiation convenabtes et suffisants pour modifier la couche d’iode; ce qui était une déduction analogique, mais non cependant certaine deseffets déjà observés par M. Daguerre, sur l’impressionnabilité de la couche d’iode par la radiation d’une lampe d’Argant, qui avait nécessairement traversé la cheminée de verre dont la flamme était entourée. Dans les expériences de M. Donné, la lumière émanée du gaz traversait jusqu’à sept verres disposés en succession. Mais ce fait, qui peut paraître extraordinaire, est conforme aux résultats des expériences déja faites sur les radiations en genéral. Car elles ont prouvé que les radiations capables d’exciter les effets chimiques, s’épurent, comme les radiations calorifiques, dans une trè petite épaisseur du premier verre qu’elles traversent; de sorte que quelques couches ultérieures de ce verre, si eIles sont de même nature, n’y opèrent plus,qu’une absorption presque insensible. Ainsi, dans les expériences de M.. Donné, la radiation qui avait traversé la premiére lentille, ne devait presque éprouver dans les suivantes que des pertes résultantes des diverses réflexions sur les surfaces d’incidence et d’émergence. II serait utile d’étudier sa composition, comparativement à la radiation solaire en l’analysant par des écrans de diverse nature sans l’intermédiaire des verres; comme aussi d’examiner les proportions suivant lesquelles elle est interceptée par l’interposition des divers écrans organiques dont elle donne les images aprésavoir traversé l’appareil amplifiant. »

COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

1840

24 de Fevereiro

COMPTES RENDUS  DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

Janvier-Juin

T. X

Nº. 8

pags.  339

PHYSIQUE APPLIQUÉE. - Images photogéniques d'objets microscopiques.

 

M. Donné présente plusieurs de ces dessins, obtenus avec le microscope composé ordinaire, et met sous les yeux de l’Académie le petit appareil dont il se sert pour les produire.

« Après avoir enlevé l’oculaire du microscope, je reçois, dit M. Donné, l’image de l’objet sur un petit écran transparent qui me sert à trouver le foyer: je substitue alors à l’écran une plaque iodurée, et quand la lumière a produit son impression sur cette plaque, je l’expose comme de coutume à la vapeur du mercure.

» Je n’ai bien réussi dans ces expériences qu’en recevant la lumière directe du soleil sur le miroir réflecteur; la flamme d’une bonne lampe d’Argant n’a rien produit dans l’espace de deux heures et demie.

«  Le microscope-daguerréotype que je présente, dont je dois la première idée à M. Doyère, est exécuté en ce moment d’une manière régulière par M. Soleil, sur le modèle que j’ai donné à cet habile opticien. »

El nacional

1840

6 de Março

el nacional

6 de Marzço de 1840

 Montevideo

 

TEXTOS CLÁSICOS SOBRE EL DAGUERROTIPO EN EL RIO DE LA PLATA

 

1840 - FOTOHISTORIA - 1940

UN SITIO PARA LA HISTORIA DE LA FOTOGRAFÍA ARGENTINA Y LATINOAMERICANA

inserido em 15 de Julho de 2003

El daguerrotipo, este bello y portentoso descubrimiento por medio del cual el celebre Mr. Daguerre ha conseguido fijar sobre una lámina metálica las imagenes de los objetos que con tanta exactitud y precisión presenta el sencillo aparato, tan generalmente conocido con el nombre de cámara oscura, ha causado en todas partes una admiración universal, justamente adquirida. París, Londres, Viena, San Petesburgo, Berlín, Bruselas, Madrid, Lisboa, en una palabra, todas las ciudades de alguna importancia de Europa han visto con entusiasmo los sorprendentes resultados de un instrumento que tanto honra al entendimiento humano; por todas partes el nombre de Daguerre ha sido cubierto de aplausos.

La prensa periódica, ese poderoso vehículo de la civilización, había hecho llegar hasta el Nuevo Mundo la noticia de tan preciosa invención, y las personas ilustradas deseaban ansiosamente el momento de poder admirar por sí mismas una de las más bellas creaciones del genio. Algunos individuos curiosos y otros por espíritu de especulación tenemos entendido que habían hecho demanda a Europa del nuevo instrumento óptico, por manera, que pronto iba a quedar satisfecha la ansiedad pública. En esta coyuntura, hizo escala en nuestro puerto, en su viaje alrededor del mundo la fragata francesa "Oriental'' que felizmente conducía un daguerrotipo; buque que está destinado el primero, a hacer girar por el orbe el nombre de Daguerre y de su instrumento. Montevideo, después de Bahía y Río de Janeiro ha sido uno de los tres puntos de América del Sur que han suministrado al daguerrotipo bellos e interesantes puntos de vista que copiar y la ocasión a sus habitantes de admirar las delicias y exactitud matemática con que se ha imitado la naturaleza y las obras de la mano del hombre.

Tenemos noticias de que varios experimentos del Daguerrotipo han tenido lugar en esta ciudad siendo manejado el instrumento con toda la destreza y habilidad imaginables por el Abate Compte, agregado a la expedición de la fragata Oriental, cuyo recomendable sujeto recibió del mismo Daguerre las instrucciones necesarias para operar con el acierto que hemos visto.

A la más solemne de estas exhibiciones que tuvo lugar en la mañana del 29 del mes pasado en la Sala de Sesiones de Cuerpo Legislativo, hemos tenido la satisfacción de asistir. Un concurso numeroso atraído por la novedad y el interés del acto se hallaba reunido en aquel local. Figuraban en él los Sres. Presidentes del Senado y Sala de Representantes y algunos miembros de ambas Cámaras, el Sr. Presidente del Supremo Tribunal de Justicia, el Sr. Fiscal General, varias notabilidades civiles y Militares y muchas otras personas de distinción de ambos sexos.

Vamos a hacer una reseña de la serie de operaciones indispensables para hacer uso con suceso del Daguerrotipo según las vimos practicar por el abade Compte, quien tan ilustrado, como amable y complaciente, se prestó a darnos cuantas explicaciones podíamos desear.

La primera consiste en pulimentar la lámina destinada a recibir la imagen del objeto que se quiere copiar, la cual es una chapa de cobre plateada por una de sus caras; al efecto colocada la lámina horizontalmente sobre un papel blanco se esparce sobre la superficie plateada polvos finísimos de piedra pómez y se frota ligeramente dando a la mano un movimiento circular con algodón limpio, humedecido en aceite común hasta que quede la plancha bien lisa y pulida. Se vuelven a esparcir polvos de piedra pómez, y se continúa la operación con nuevo algodón nuevamente seco.

Enseguida se lava cuidadosamente con un algodón empapado en una disolución de ácido nítrico y agua destilada en determinada proporción, es con el objeto de quitarle, según opina el célebre químico Mr. Pelouze, las tenuísimas moléculas de cobre que la plata puede contener. Se cambia el algodón varias veces; se polvorea la plancha con piédra pómez y se frota nuevamente con un nuevo algodón.

Se expone después la lámina por su superflcie no plateada a la acción del fuego hasta que la otra cara presente una ligera capa blanquísima -entonces se hace enfriar súbitamente colocándola sobre un cuerpo frío, como el mármol. Enfriada se polvorea de nuevo con piedra pómez y se frota con algodón seco, repitiendo esto varias veces hasta que desaparece aquella como nube que el fuego produjo.

Cuando la cara plateada está perfectamente bruñida, se frota como antes con el algodón empapado en disolución de. ácido nítrico repitiéndolo por tres veces, cuidando cada ocasión de esparcir polvos de piedra pómez y frotarla suavemente con algodón seco.

La segunda operación consiste en someter la lámina metálica a la acción del vapor del iodo; para esto se coloca sobre una tablilla rodeada de un marco metálico con el doble objeto de tener sujeta la lámina e impedir que el vapor de iodo se condense en mayor cantidad en los bordes que en el centro, lo que perjudicaría a la operación, cuyo buen éxito pende de la partición uniforme del iodo por toda la superficie.

Se adapta la lamina al orificio de la caja, con la cara plateada para abajo y se tapa, se deja la lámina expuesta a la acción del iodo hasta tanto que se cubra de un hermoso color de oro.

Esta operación debe hacerse en la oscuridad dejando penetrar solamente en.la pieza en que tenga lugar, la claridad suficiente para asegurarse de la coloración de la lámina.

La tercera operación consiste en poner la lámina.en foco de la cámara oscura colocada frente del objeto cuya magen se quiere reproducir, cuidando al hacerlo, de preservarla de la acción de la luz difusa pues es tal su impresionabilidad, que un solo instante bastaría para desgraciar el experimento.

No es posible determinar el tiempo que debe permanecer la lámina dentro de la cámara oscura por que dependen de la intensidad de luz reflejada por los objetos que se quieren reproducir de la estación y hasta de la fuerza de la luz polar según la hora del día en que se opere.

En tal estado la imagen no es todavía perceptible; la lámina debe sufrir aún la acción de un segundo vapor que es el del mercúrio, el cual es el agente que, puede decirse, le da la vida y esto constituye la cuarta operacion.

Para esto se coloca la lámina en otra caja en cuyo fondo se halla una cápsula con mercurio dándole una inclinación de 45 grados y se calienta el mercurio por medio de una lámpara de espíritu de vino colocada debajo de la cápsula hasta la temperatura de 60 a 75 grados del termómetro centígrado. Se apaga entonces la lámpara y cuando el mercurio ha bajado a 45 grados se saca la lámina porque esta concluida esta operación, y la lámina ofrece la imagen del objeto que se ha querido reproducir, que con el descenso de la temperatura del mercurio ha ido haciéndose progresivamente más visible.

La inclinación de 45 grados que se da a la lámina es indispensable como hemos dicho para que los objetos se presenten en posición vertical que es la natural; porque si se pusieran horizontalmente, los objetos no serían vistos sino dándole una inclinación de 45 grados.

La quinta y última operación la constituye el dar un baño entibiado a la lámina primeramente de agua pura y luego con una solución de hiposulfito de sosa a la temperatura ordinaria o bien con una de sal común que se haya calentado previamente, concluyendo la operación con una nueva inmersión en agua destilada caliente, todo con el objeto de hacer desaparecer de la superficie de la lámina todo vestigio de iodo que con el tiempo pueda alterar el diseño.

Finalizadas estas operaciones que recuerdan la de los antiguos alquimistas, sin que debamos arredrarnos con la complicación que a primera vista presentan, porque con alguna práctica cualquier persona madianamente prolija puede ejecutarlas sin mayor dificultad, está concluido el experimento.

Cuando el Sr. Abate Compte hubo llenado todos estos preceptos de Daguerre, ofreció a la admiración de los circunstantes una hermosísima lámina que representaba el frontispicio de nuestra iglesia principal, en la cual desgraciadamente por la demasiada proximidad en que estaba colocado el aparato, las reducidas dimensiones de la lámina, y sobre todo por la elevación de las torres, aparecieron éstas como truncas en su cúspide; proyectándose en el fondo del cuadro y allá a lo lejos el ancho y caudaloso Río de la Plata formando horizonte y muy distinta la fragata francesa ''Atalante", contrastando singularmente por sus diminutas proporciones con la magestuosa mole del templo. No es posible que ningún artista por hábil que fuese, sacase una copia más exacta de aquel monumento, aunque consagrase a esta tarea mucho tiempo y trabajo. Pero a primera vista no hubiera sido fácil penetrarse de lo portentoso del cuadro; la admiración subió de pronto cuando se examinó con una lente de aumento y se vieron detalles y particularidades que habían escapado a la simple vista y que parecía imposible pudiesen hallarse en una estampa tan pequeña, porque cuanto mejor es el vidrio de aumento que se emplea para observar esta clase de cuadros, más pormenores, más circunstancias accidentales se descubren.

Otra exhibición del daguerrotipo tuvo lugar en el. mismo día en casa del Sr. O. Santiago Vázquez, tambien a presencia de una grande reunión en la que figuraba el Sr. Ministro de Gobierno, la cual dio por resultado una lámina de la casa de representantes, en que había tenido lugar la experiencia anterior, cuyo correcto dibujo, merced al abate Compte se ha podido conseguir que quede en Montevideo. Nada deja de desear esta lámina sino que sus dimensiones fuesen mayores.

Mediante pues el invento de Daguerre, bastará detenerse algunos instantes delante del monumento más grandioso y complicado, del paisaje más variado, del modelo más perfecto de escultura, para obtener una representación exactísima de estos objetos con sus más diminutos detalles y proporciones; y lo que es más con todas las gradaciones de las sombras y esto con una identidad y un primor desconocidos hasta aquí.

Por manera que este instrumento parece destinado a causar la desesperación de los que consagraron muchos años al estudio del paisaje, la pintura y todo lo relativo a la perspectiva lineal. Cuánto trabajo, cuánta contracción nos ahorrará este invento sublime al viajero que antes veía absorbida la mayor parte de su tiempo por el dibujo y delineación de los objetos que se presentan a su vista. ¿Y quién podrá calcular las aplicaciones quede él podrá hacerse a las ciencias naturales y exactas? Ya empiezan a verificarse algunas de ellas; pues si es cierto como lo asegura Mr. Bayard, que pueden obtenerse por el daguerrotipo en tres minútos con una gran perfección de diseño las copias más acabadas de abultadas imágenes de los objetos diminutos, formadas por el microscopio solar, podrá el naturalista estudiar a su gusto la organización y las formas tan variadas como caprichosas de los seres más pequeños de la creación y ya los geometras se proponen sacar partido de la proporción matemática de las dimensiones con que reproduce el daguerrotipo los objetos para encontrar, aunque sean inaccesibles, su verdadera altura.

Una vez producidas las imágenes que se obtienen por este procedimiento, la acción de los rayos solares prolongada por muchos años no daña ni a su pureza, ni a su brillo, ni menos a su armonía; pero la luz de la luna por una singular anomalía las altera. Desgraciadamente tampoco resisten el menor roce de otros cuerpos y no es este el menor de los inconvenientes de este instrumento ingenioso. Para obviar a éste el ilustre químico Mr. Dumas depués de algunos ensayos ha propuesto el empleo de una especie de barniz hecho con dextrina*([i]) mezclada con agua en la proporción de uno a cinco, pero falta saber si con el tiempo alterará las imágenes. Si se observase algún deterioro, sería fácil remediado al momento porque en virtud de la solubilidad del barniz, bastará sumergir la lámina en agua caliente para que.aquél desapareciese.

Es sensible que el daguerrotipo no se puede aplicar a sacar retratos, que a ser posible serían sumamente parecidos, pera a ello se opone la dificultad casi insuperable de la completa inmovilidad del rostro y principalmente de los ojos, estando aquel expuesto a los rayos del sol, pero Mr. Daguerre ha observado que puede preservarse la vista interponiendo entre ella y el sol un vidrio azul que en nada perjudica a la acción de la luz sobre la lámina del Daguerrotipo.

Son considerables las modificaciones con que cada día se perfecciona este admirable instrumento. El mismo Daguerre acaba de simplificar la primera operación de que hemos hablado anteriormente. Sustituyendo a la piedra pómez la sustancia conocida con el nombre de Trípoli de Venecia, con lo que los tres pulimentos de la lámina con que se termina dicha operación se reducen a dos, lo mismo que las aplicaciones del ácido nítrico diluido.

El fabricante de instrumentos ópticos Mr. Cauche ha logrado dar a las imágenes de los objetos representados en las láminas del daguerrotipo el mismo lugar que estos ocupan en la naturaleza, con la construcción de una lente objetiva para la cámara oscura prismática y acromática que tiene a más de esto la ventaja de exigir menos tiempo que el que sería preciso, si se emplease para remediar este defecto tan notable de los actuales aparatos un espejo paralelo, que casi siempre altera las formas de las imágenes y las vuelve nebulosas. Mr. Donné ha hallado ya el medio de reproducir por la acción de un ácido entre las imágenes fotogénicas en grabados exactísimos de las mismas.

Por último Mr. Seguier ha reducido el aparato a las menores dimensiones posibles poniendo las ca¡as destinadas a exhalar los vapores de iodo y del mercurio y la lámpara de espíritu de vino dentro de la caja de la cámara oscura, cuando antes estaban separados, lo que hace mucho nás portátil el aparato. La cámara oscura asemeja según esta nueva disposición a una plancheta de agrimensor que permite colocarla en tres posiciones diversas según la forma que se quiera dar a la imagen, y finalmente el pie de la plancheta forma la armazón de una pequeña tienda de encerado negro, que se puede meter en la faltriquera, y dentro de la cual se logra exponer la lámina a la acción del iodo en campo raso, sin que se permita el contacto de la luz sobre la lámina.

Los dibujos obtenidos por medio del daguerrotipo, sin embargo de la perfección a que por otro lado alcanzan no se presentan con los colores variados de la naturaleza. Ellos tienen la apariencia de una hermosa estampa delicadamente impresa sobre una tersa lámina y pudiera decirse con más propiedad que los objetos aparecen como vistos en medio de la noche a la luz plateada de la luna. Sin embargo, de las tentativas que se han hecho y probablemente se harán para la reproducción de los colores es opinión general que no llegará el arte a tan alto grado de imitación. ¿Pero quién es capaz de poner límites al entendimiento del hombre?

Más afortunado que los que, antes que él, se habían dedicado a la tarea de buscar los medios de fijar las imágenes fugaces de la cámara oscura, Mr. Daguerre, aprovechándose de los perseverantes y dispensiosos esfuerzos de Mr. Niepce, que se ocupaba en ensayos tendientes al mismo objeto desde el año 1814, ha visto por fin premiada su constancia.

Desde 1827, Mr. Niepce había conseguido dar un gran paso que era, por medio de un aparato que denominó Heliógrafo sacar copias de los objetos, pero con suma lentitud y trabajo, pues para formar uno de sus dibujos eran necesarias nada menos que diez o doce horas.

En 1829, sabiendo ambos que sus investigaciones se dirigían a un mismo fin, Niepce y Daguerre formaron una sociedad para la común explotación de sus trabajos fotogénicos. Entonces, Daguerre sabiendo sacar partido del sistema de sus socios e inspirado por el genio consiguió, siguiendo un rumbo peculiarmente suyo, después del fallecimiento de aquél, ver coronadas sus esperanzas del modo más brillante, como hemos visto.

El gobierno de la Francia anticipándose a las brillantes ofertas de soberanos extranjeros se apresuró a obtener la publicación del secreto del Daguerrotipo, mediante una pensión de 10,000 francos anuales partibles del modo siguiente: 6,000 Fr. a Mr. Daguerre y 4,000 al hijo de Mr. Niepce, con quien aquél había estipulado repartirse las ventajas que pudiese sacar de sus descubrimientos.

Para completar esta noticia del daguerrotipo y satisfacer a los inteligentes en materias químicas, mencionaremos una de las teorías con que se ha querido aplicar la acción del iodo y del mercurio sobre la superficie plateada de la lámina. Ella ha sido presentada a la Academia de Ciencias de París por Mr. Donné, el mismo que ha logrado reproducir en el grabado las imágenes del aparato de Daguerre; y al efecto vamos a transcribir sus propias palabras.

"Cuando se observa una lámina que se haya sujetado a la acción del iodo con un microscopio que aumente de 150 a 200 veces las dimensiones de los objetos se advierte que la delgada capa que se ha depositado sobre la plata es uniforme, homogénea y sin la menor apariencia que indique que el iodo afecta el estado cristalino. Además esta capa no se evapora si se somete la plancha metálica a una elevada temperatura. Todo lo que induce a creer que el iodo está en realidad combinado con la plata y que la capa de color de oro es un verdadero iodureto argentífero.

"Ahora bien la capa en cuestión está muy adherida a la lámina de plata en el momento en que se suspende la acción de los vapores del iodo y antes de someterlo a la del fluído luminoso por cuyo motivo resiste tenazmente a la frotación, pero bajo la influencia de la luz se opera en esta capa una importante modificacion, cual es la de destruir sus adherencias con la superficie metálica subyacente, en términos de bastar el menor roce para desprenderla de ésta.

"Esto supuesto, veamos lo que sucede cuando se expone a los vapores mercuriales la plancha metálica, sujeta previamente en la camara oscura a la energía química de la luz, en las partes iluminadas de la imagen la capa del iodureto de plata no puede preservar a este metal de las acciones del mercurio, pues que no tiene adherencia ninguna con la plancha, razón por que después de la operación se ve este metal condensado en gotitas muy sensibles al microscopio como ya lo había observado Mr. Dumas sobre todos los puntos heridos por la luz en tanto que en las partes sombreadas, la capa de iodureto no ha permitido que se fijase el vapor del mercurio y esto es precisamente lo que demuestra la inspección microscópica: no se observan glóbulos de mercurio en los puntos enteramente sombreados y se perciben solamente algunos en los medios tintes''.

"Cuando se expone a la acción de los vapores mercuriales la plancha cubierta ya de su tenue capa de iodo y sin haber pcrmitido que la luz ejerciera su influencia sobre ésta, no se fijan en su superficie glóbulos de mercurio. Esta capa de iodo no modificada se pone a toda amalgama, y eso es lo que explica la dificultad que se experimenta para obtener dibujos fotogénicos cuando se ha dejado la lámina demasiado tiempo expuesta al vapor del iodo, es decir, cuando ya tiene una capa bastante gruesa para que la acción de la luz no penetre en todo su espesor limitándose únicamente a modificar su superficie".

Las precedentes líneas nos parado que contienen lo bastante para que el público pueda formarse una idea de lo que ese daguerrotipo y del mérito e importancia de esta invención, que sin disputa es una de las más brillantes y maravillosas adquisiciones de genio; destinada a formar época en los anales de las ciencias; quizás hayamos sido demasiados difusos más impulsados del interés que inspira el asunto, la pluma ha corrido mal de nuestro grado.

Si lográsemos inspirar a los lectores el entusiasmo que nos anima por el precioso invento de Daguerre, quedarán satisfechas nuestras más avanzadas aspiraciones pero no nos lisonjaremos de haberlo conseguido con nuestro imperfecto trabajo.



([i]) NOTA: * Esta substancia es un cuerpo gomoso que se extrae del almidón, y que ha recibido esta denominación de los SS Biot y Person al estudiar su facultad de rotarizar el fluído luminoso. <nota de autor>.