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domingo, 5 de abril de 2009

1869

1869

louis ducos du hauron e CHARLES CROS, inventam a fotografia a cores.

sexta-feira, 27 de março de 2009

1876, 26 de Junho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1876
26 de Junho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXXXII
Nº. 26
Pag. 1514, 1515
*
M. Ch. Cros adresse à l'Académie, par l'entremise de M. Desains, deux épreuves de photographie colorée accompagnées d'une lettre dans laquelle il demande l'ouverture d'un pli cacheté déposé par lui le 2 décembre 1867.
Ce pli, ouvert enséance par M. le Secrétaire perpétuel, contient une Note intitulée : « Procédés d'enregistrement et de reproductions des couleurs, des formes et des mouvements ». (Extrait.)
« En premier lieu, trois épreuves photographiques sont prises successivement d'après un même tableau. Pour la première de ces épreuves on interpose entre le tableau et l'objectif de l'appareil photographique ordinaire un verre rouge, pour la seconde un verre jaune, pour la troisième un verre bleu. Les rayons de lumière rouge contenus dans le tableau passeront en maximum à travers le verre rouge, et il en sera de même pour les deux autres sortes de rayons et les deux autres verres.
» Si maintenant, après avoir obtenu le positif des trois épreuves, on superpose les projections de ces positifs traversés respectivement par un rayon rouge, jaune et bleu sur un écran, la projection composée représentera le tableau donné avec ses teintes réelles.
« La superposition des projections des trois positifs, respectivement traversés par des rayons rouges, jaunes et bleus, paraîtrait présenter quelques difficultés. Mais ces difficultés disparaissent, si l'on substitue à une superposition réelle une succession rapide des trois projections diversement colorées à la même place.
« La superposition des trois épreuves positives sur une surface blanche, en ayant soin de constituer chacune des épreuves dans la couleur complémentaire de celle qui a servi à l'obtenir, donnera la reproduction définitivement fixée de toutes les teintes du tableau à reproduire, avec une exactitude que limitent seules la pureté et la transparence des couleurs employées. »

1876, 3 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1876
3 de Julho

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 1
Pag. 11
*
PHYSIQUE – Note relative à une Commission de M. Cros sur la reproduction photographique des couleurs ; par M. Edm. Becquerel.

« Dans les Comptes rendus de la dernière séance de l’Académie, se trouve une Note de M. Cros sur la reproduction photographique des couleurs des objets. Or, la méthode indiquée et déjà connue, et qui consiste à faire plusieurs clichés photographiques négatifs d’un même objet par les procédés ordinaires au moyen du collodion sensible, puis à superposer des positifs donnés par ces clichés, sur une même feuille de papier, en opérant ce tirage à l’aide de la gélatine bichromatée à laquelle on incorpore différentes matières colorantes, ne donne qu’une épreuve polychrome dont les teintes dépendent du choix des matières colorantes employées.
« Les clichés négatifs qui sont obtenus par l’interposition de verres diversement colorés entre l’objet dont on veut reproduire l’image et l’appareil photographique ne conservent aucune trace des couleurs des rayons actifs; ils ne donnent qu’une transparence plus ou moins grande d’une même couche de collodion refermant plus ou moins d’argent réduit; les images positives, teintées au gré des opérateurs, ne sauraient donc reproduire, par ce moyen, les couleurs naturelles de l’objet, mais donnent des nuances de fantaisie. Les conclusions de l’auteur, en ce qui concerne la reproduction des couleurs naturelles par cette méthode photographique, sont donc inexactes (1) ([i]). »
([i]) Voir, pour l’étude de cette question, Edm. Becquerel, La lumière, ses causes et ses effets, t. II, p. 209 (Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. XXII, p. 451 ; t. XXV, p. 447, et t. XLII, p. 81).

1876, 10 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1876
10 de Julho

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 2
Pag. 135
*
M. Ch. Cros adresse une nouvelle Note concernant son procédé pour la reproduction des couleurs naturelles par la photographie.

(Renvoi à l’examen de M. Edm. Becquerel.)

1876, 24 de Julho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1876
24 de Julho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXIII
Nº. 4
Pag. 291, 292
*
PHYSIQUE. - Note sur la photographie des couleurs; par M. Ch. Cros.
(Extrait.)

« M. Edm. Becquerel me fait l'honneur de critiquer ma méthode de
photographie des couleurs; qu'il me soit donc permis de fournir les explications qui suivent …
(Après avoir décrit de nouveau sa méthode, M. Cros ajoute :)
« Il est clair que les trois clichés, obtenus à travers ces trois verres, ne conservent aucune teinte des rayons qui les ont frappés, mais bien une image plus ou moins transparente, formée d'argent réduit. Les transpa- rences variant à chaque cliché déterminent les quantités respectives de couleurs types que contient chaque point du tableau.
» Pour les rayons peu actiniques, on sensibilise le collodion par des
teintures complémentaires des rayons qui le frappent. Pour les rayons
orangés, la chlorophylle, indiquée par M. Edm. Becquerel, convient parfaitement à cause de la substance bleue qu'elle renferme.
« Les tirages positifs, réalisés dans les trois couleurs types déterminées comme il est dit plus haut, ne sont donc pas faits au gré des opérateurs et ne peuvent donner des teintes de fantaisie. On ne saurait concevoir rien de plus naturel que ces teintes analytiquement fixées par le regard humain et recombinées par lui. L'œil est le seul instrument connu des physiciens pour apprécier les couleurs. »
M. Edm. Becquerel fait observer que la Communication précédente de M. Cros laisse entière la principale remarque qu'il avait faite antérieurement, lors de la présentation de sa première Note (1) ([i]). Cette remarque consiste en ce que ce procédé ne reproduit pas les couleurs naturelles desimages photographiques; que les teintes arbitraires qu'il donne aux épreuves positives, à l'aide de matières colorantes diverses, et au moyen des mêmes clichés, peuvent être variées à volonté; en un mot, que ce procédé de tirage photographique polychrome ne permet pas de peindre avec la lumière. »
([i]) (1) Voir Comptes rendus, séance du 3 juillet 1876,t. LXXIII, p. 11.

1878, 23 de Dezembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1878
23 de Dezembro

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Juillet-Décembre
T. LXXXVII
Nº. 26
Pag. 1026
*
M. Ch. Cros adresse une Note sur la classification des couleurs et sur les moyens de les reproduire par la photographie

(Commissaires : MM. Desains, Cornu)

quarta-feira, 25 de março de 2009

1879, 20 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1879
20 de Janeiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. LXXXVIII
Nº. 3
Pag. 119, 120, 121, 122
*
OPTIQUE. - Sur la classification des couleurs et sur les moyens de reproduire les apparences colorées par trois clichés photographiques. Note de M . Ch. Cros (1) ([i]).

« Je distingue deux catégories comprises sous le mot de couleurs: les lumières et les pigments.
« Les lumières élémentaires qui, par leurs mélanges, produisent toutes espèces de teintes proposées, sont la lumière verte, la violette et l'orangée.
» Les pigments élémentaires qui, par leurs mélanges, produisent toutes les teintes proposées, sont le rouge, le jaune, le bleu.
« Pour obtenir immédiatenient les teintes elémentaires des lumières et des pigments, il suffit de regarder à travers un prisme une barre blanche sur fond noir et une barre noire sur fond blanc. Dans le premier cas, on voit un spectre orangé, vert, violet; dans le second cas, un spectre bleu, rouge et jaune.
» Je dis que, dans le premier cas, l'orangé, le vert, le violet sont des lumières élémentaires, et que, dans le second cas, le bleu, le rouge, le jaune sont des lumières combinées deux à deux.
» La discussion de la marche des rayons des deux images d'une barre blanche sur fond noir, et d'une barre noire sur fond blanc, démontrerait cette proposition; mais je préfère, dans cette courte Note, la démontrer par l'appareil que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie sous le nom de chromométre.
« Dans une caisse noircie à l'intérieur, je dispose, parallèlement entre elles, trois glaces sans tain, formant des angles de 45 degrés avec la paroi. Trois ouvertures, dont les images virtuelles dans les trois glaces viennent se placer en un même lieu apparent, sont munies d'écrans colorés liquides. Ces écrans sont des cuves plates en glaces, remplies des solutions suivantes: solution rouge de chlorure de cobalt, additionné d'un peu de sulfocyanure de potassium; solution jaune de chromate neutre de potasse; solution bleue de nitrate de cuivre. Je fais deux cuves de chaque couleur.
« Ces solutions, qui ne sont pas peut-être les meilleures, devront être exactement dosées, et les épaisseurs des cuves être mesurées. Soient les trois ouvertures A,B,C. Je place devant A deux cuves rouges, devant B deux cuves jaunes, devant C deux cuves bleues. Je regarde devant les glaces sans tain et je vois les trois reflets qui, en se combinant, donnent du blanc (si l'éclairage est égal pour chaque ouverture).
» Si je masque A au moyeu d'un écran opaque, je n'ai plus que deux reflets qui se combinent, celui du bleu et celui du jaune. L'apparence obtenue est celle d'un blanc moins éclairé; donc la lumière jaune et la lumière bleue additionnées ne font pas de vert. Le fait a été déjà annoncé par M. Helmholtz, dans des conditions analogues.
« Si je masque B, les deux reflets rouge et bleu se combinent seuls, et la teinte est encore du blanc faiblement violacé. Enfin, en masquant C, on obtient toujours du blanc teinté d'orangé.
« Alors je combine les cuves deux à deux, jaune et bleu, bleu et rouge, rouge et jaune, de manière que les écrans doubles ne laissent passer respectivement que du vert, du violet, de l'orangé. Les trois reflets combinés donnent du blanc, comme précédemment.
« Mais, si l'on masque successivement A, B et C, les apparences changent complétement. Quand on supprime le vert, le fond se colore en rouge carmin pur, tel qu'on le voit dans le spectre trichrome de la barre noire sur fond blanc; quand on supprime le violet, le fond devient jaune pur, tel qu'on le voit dans le même spectre; quand on supprime l'orangé, le fond devient bleu pur (1) ([ii]).
» J'ai nommé cet appareil chromomètre, parce qu'il peut servir à distinguer les couleurs les unes des autres par des données numériques. En effet, pour faire varier à l'infini la teinte résultante du champ visible, il suffit de faire varier l'éclairage de chaque ouverture. Tous les procédés photométriques sont bons pour cela; je me propose d'employer la méthode d'Arago, par la lumière polarisée. Mais je n'ai pu me permettre la construction coûteuse d'un tel appareil, et je me borne, dans l'instrument réalisé, a faire varier les éclairages en interposant des doubles plus ou moins nombreux de papier translucide.
« Deux verres recoivent des épaisseurs de papier variant régulièrement d'un bout à l'autre, et on les place devant le violet et l'orangé, les épaisseurs en sens inverse; enfin, un troisième verre reçoit les épaisseurs maximum au milieu et les épaisseurs minimum à ses deux bouts; il est placé devant le verre vert. Le champ visible présente alors l'aspect du spectre de la barre noir sur le fond blanc; si l'on veut obtenir l'apparence du spectre de la barre blanche sur fond noir, il faut substituer un troisiéme verre, un verre qui soit à ce premier ce qu'un positif photographique est a son négatif, c'est-à-dire avec les épaisseurs maximum aux deux bouts et l'épaisseur minimum au milieu.
» Une des applications les plus curieuses du chromomètre est la suivante:
» J'obtiens trois clichés d'après un tableau coloré quelconque, le premier cliché à travers un écran vert, le second à travers un écran violet, le troisième à travers un écran orangé. Ces écrans sont encore des cuves plates en glaces, contenant des solutions colorées titrées. Je remarque, en passant, que l'inégalité d'actinisme de ces différentes lumières est complètement compensée par diverses substances colorantes organiques, dont j'imprègne les plaques sensibles,
« Les clichés obtenus sont formés a'argent réduit, comme les clichés ordinaires. J'obtiens les positifs noirs sur verre de ces clichés, et je place chacun de ces positifs, dans le chromomètre, devant l'écran de même couleur que celui qui a servi à tamiser les rayons dans l'obtention du cliché correspondant.
» Je fais coïncider les trois reflets, et l'apparence résultante est celle du tableau modèle, si l'on règle convenablement les trois éclairages.
« J'ajoute quelques mots sur les pigments. Ce qu'on appelle la couleur rouge matérielle est une substance qui supprime le vert de la lumière blanche; il ne reste donc, des trois lumières é1émentaires, que le violet et l'orangé, dont la somme est du rouge. De même, le pigment jaune est celui qui supprime la lumière violette, le pigment bleu supprime la lumière orangée.
» J'en ai conclu que, en réalisant sur une même surface blanche les trois positifs en rouge, en jaune et en bleu, on obtiendrait sur cette surface l'image du modèle coloré, L'expérience, réalisée soit par la taille-douce, soit par le procédé sur gélatine de M. Poitevin, a confirmé mes prévisions. J'ai eu l'honneur de montrer quelques spécimens de ces tirages à l'Académie (l) ([iii]) . »
([i]) (1) Cette Note avait été presentée à l’Académie dans la séance du 23 décembre 1878.
([ii]) (1) Pour la commodité de la présentation à l'Académie, j'ai remplacé ces systèmes de cuves par des verres respectivement colorés en violet, vert et orangé, au moyen de collodions aux couleurs d'aniline.
([iii]) (1) J’ai pu faire cet ensemble de recherches pratiques, grâce à l’aide éclairée de M. le duc de Chaulnes, à qui je témoigne ici ma reconnaissance.

1879, 24 de Fevereiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1879
24 de Fevereiro
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXXXVIII
Nº. 8
Pag. 379, 380, 381, 382
*
PHYSIQUE. De l'action des différentes lumières colorées sur une couche de bromure d'argent imprégnéedle diverses matières colorantes organiques. Note de M. Ch. Cros, présentée, par M. Desains.

« Je m'occupe depuis longtemps de chercher des couches photographiques sensibles aux rayons de toutes couleurs, surtout aux rayons orangés, verts et violets. Pour obtenir ces différents rayons, j’ai employé des cuves transparentes pleines de solutions salines colorées, qui tamisent la lumière composée. Quant à la méthode de préparation des couches, je la communique pour la première fois à l'Académie.
« La couche est constituée par un collodion contenant 3 pour 100 de bromure de cadmium, et on la plonge dans un bain de 100 parties d'eau et de 20 de nitrate d'argent. On lave soigneusement la couche, et, pour détruire les dernières traces de nitrate d'argent, on la fait tremper dans une solution de bromure de potassium (eau, 100; bromure, 3). On lave encore, de manière à enlever tout ce dernier sel. A cet état, la couche, qui ne contient plus aucun sel soluble, peut être imprégnée des substances organiques les plus délicates, sans que, à l'abri de la lumière, il se passe de réaction perturbatrice.
» Les substances colorantes que j'ai essayées sont des teintures alcooliques ou aqueuses. Elles ont été choisies parmi les plus instables, les plus mauvais teint.
« Les teintures alcooliques sont versées sur la couche préparée comme je viens de dire. On attend quelques instants en faisant courir le liquide sur la plaque, afin de donner le temps à la matière colorante de s'attacher à la couche; puis on lave à l'eau pour enlever l'alcool. Ce résultat est atteint quand la plaque ne graisse plus.
» Les teintures aqueuses, versées de même, n'exigent pas de lavage subséquent; on met à poser sans autre opération.
« Dans les deux cas, les résultats les plus remarquables ont été obtenus avec des substances qui teignent l'espèce de feutre produit par le collodion.
» Enfin, on développe l'image par toute espèce de procédé applicable au collodion sec, ou bien on immerge la plaque impressionnée dans un bain de nitrate d'argent à 7 pour 100 et l'on développe au fer.
» Voici les substances qui ont été essayées:

« 1º La teinture alcoolique de chlorophylle (obtenue des feuilles de lierre, de fusain, de fougère, de chou, etc.);
« 2º La teinture de fruits de cassis dans l'eau-de-vie;
« 3º La teinture de mauve (fleurs) dans l'eau froide, l’eau chaude détruisant la matière colorante;
« 4º La teinture alcoolique de carthamine;
« 5º La teinture alcoolique de curcuma;
« 6º L'hémoglobine, ou teinture aqueuse de caillots de sang de boeuf.

» A travers une cuve contenant une solution orangée de chlorure de cobalt additionné de bichromate de potasse, solution qui arrête les rayons bleus et ne laisse passer que la lumière orangée, on obtient une image avec des plaques soit chlorophyllées, soit teintes au cassis, soit teintes à la mauve, soit enfin teintes au curcuma.
« Si le modèle consiste en trois bouteilles contenant des liquides jaune, rouge et bleu, l'épreuve positive ainsi obtenue donnera, pour les liquides jaune et rouge, l'apparence de l'eau pure; pour le liquide bleu, l'apparence d'un liquide noir.
» A travers une cuve contenant une dissolution verte (nitrate de nickel à saturation), la carthamine, l'hémoglobine et le curcuma ont donné des images où le liquide rouge (dans le positif) paraissait noir et les liquides jaune et bleu restaient incolores. Cet effet résulte de ce que la dissolution de nickel arrête les rayons rouges.
« A travers une cuve pleine d'une solution bleu violet de sulfate de cuivre ammoniacal, dissolution qui arrête les rayons jaunes, le curcuma a été seul essayé, et il a donné de très-belles images positives où le liquide jaune seul paraissait noir, tandis que les liquides rouge et bleu avaient l'apparence incolore.
« Toutes ces expériences ont élé faites avec des couches photographiques au bromure d'argent pur. Je dois ajouter que j'ai fait, il y a quelques années, des expériences analogues avec l'iodure d'argent, également lavé, et que ce dernier composé s'est comporté d'une manière tout à fait comparable au bromure.
» Après avoir pris connaissance des résultats précédents, M. Desains m'a engagé à étudier au point de vue spectroscopique les substances cidessus mentionnées.
« En opérant alors ensemble, nous avons reconnu que, sur des plaques sensibilisées avec la teinture de mauve ou celle de cassis, le spectre direct de la lampe Drummond est inactif dans tout le vert moyen, tandis que les extrémités rouge et violette sont très-actives. Avec la carthamine, c'est, au contraire, cette partie moyenne qui est le plus active. Avec la chlorophylle, l'action se continue dans toute l'étendue du spectre visible et même un peu au delà; mais elle présente plusieurs maxima et minima nettement appréciables
(1) ([i]). «

« M. Edm. Becquerel fait retnarquer, à l'occasion de la Note de M. Cros, que l'on a déjà reconnu que, en incorporant au collodion bromuré ou ioduré différentes matières colorantes, l'étendue de la zone impressionnée dans le spectre lumineux est changée, et que la surface sensible peut devenir immédiatement impressionnable à l'action des rayons rouges, jauncs ou verts, suivant la nature de la matière colorante. Je citerai, dit-il, à cet égard, les expériences entreprises par M. Vogel (2) ([ii]) avec la coralline, le vert d'aniline, etc., et mes propres recherches faites avec la chlorophylle (3) ([iii]).
« Cette dernière substance, incorporée au collodion bromuré et même ioduré, m'a donné une impression photographique de la partie la moins réfrangible du spectre solaire depuis l'extrémité A du rouge, avec cette particularité remarquable, indiquée dans le Mémoire présenté il y a quatre ans à l'Académie, d'avoir quatre maxima d'action dans le rouge, l'orangé et le vert, correspondant aux quatre bandes d'absorption qu'une dissolution de chlorophylle fait apparaître quand on l'interpose sur la route d'un faisceau de rayons solaires analysé a l'aide d'un spectroscope.
» Je me suis attaché particulièrement, il y a plusieurs années, à l'étude des effets donnés par la chlorophylle en présence du bromure d'argent, car cette coïncidence exacte des bandes actives du spectre sur la substance impressionnable colorée par la chlorophylle et des bandes d'absorption que produit celle-ci semble montrer que la matière colorante adhérant au composé sensible, bien qu'en couche très-mince, l'enveloppe fait pour ainsi dire corps avec lui et lui transmet l'action spéciale qu'elle exerce sur la lumière; le composé sensible semble donc acquérir les propriétés absorbantes de la matière colorante fixée sur lui, fait importaat dont j'ai montré les conséquences dans différentes circonstances.
« D'un autre côté, ces effets permettent d'obtenir des images du spectre solaire avec ses raies les plus fines, depuis le rouge jusqu'au delà du violet, mais on ne dépasse guère l'extrémité du rouge visible. J'ai fait voir (1) ([iv]) comment, en se servant de diverses surfaces impressionnables, on pouvait dépasser un peu cette limite; mais les effets de phosphorescence (2) ([v]) donnent les moyens de s'étendre plus loin dans la partie infra-rouge et de fixer la position de plusieurs raies et bandes dans cette région. »
([i]) (l) Touchant l'action de la chlorophylle, voir le Mémoire de M. Edm. Becquerel (Comptes rendus, t. LXXIX, p. 185).
([ii]) (2) Bulletin de la Société française de Photographie, t . XX, p. 42. – Bulletin de la Société chimique de Berlin, 7e année, p. 344.
([iii]) (3) Comptes rendus des séances de 1'Académie des Sciences, t .LXXIX, p.185; 1874. - Bulletin de la Société française de Photographie, t. XX, p. 233.
([iv]) (1) Comptes rendus, t. LXXVII, p. 304; 1873. – E. Becquerel, La Lumière, t. II, p. 88.
([v]) (2) Comptes rendus, t. LXXXIII, p. 249; 1876

1879, 3 de Março - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1879
3 de Março
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. LXXXVIII
Nº. 9
Pag. 442
*
M. Ch. Cros adresse une Note pour rappeler que ses premiers travaux relatifs à l’action des matières colorantes appliqées sur les couches photographiques ont été publiées en 1869.

1880, 22 de Março - COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÈMIE DES SCIENCES

1880
22 de Março

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. XC
Nº. 12
Pag. 689, 690
*
PHYSIQUE. - Sur la photoyraphie du spectre solaire. Note de M. E. Conche, présentée par M. Desains.

« Dans le mois de février 1879, M. Ch. Cros présenta à l'Académie un résumé des recherches relatives à l'action que différentes lumières colorées peuvent exercer sur une couche de bromure d'argent imprégnée de matières colorantes organiques. A l'occasion de cette Communication, on déposa sur le bureau des épreuves destinées à manifester les différences des actions photographiques que des rayons prismatiques exercent sur des plaques sensibilisées avec des teintures différentes. La source de lumière employée pour faire ces épreuves était une lampe Drummond. L'appareil réfringent était en flint; le prisme avait 60° d'angle. Lorsqu'on interposait sur le trajet des rayons un verre au didyme, on obtenait sur la plaque les bandes d'absorption si caractéristiques de ce curieux métal.
« Ces photographies avaient été faites au laboratoire d'enseignement de Physique, à la Sorbonne, en janvier et février 1879. Dans les mois suivants, M. E. Conche, en profitant des indications de M. Cros, fit un grand nombre d'expériences sur la photographie du spectre solaire. Les épreuves qu'il publia en juillet dernier donnent, sur une étendue de 0m, 16 environ, un spectre commençant à la raie A, se prolongeant jusqu'au violet, et dans lequel on peut compter à l'œil plus de cent cinquante raies. Ces épreuves sont actuellement utilisées, au laboratoire, dans tous les exercices relatifs à la Spectroscopie. Depuis l'époque où elles sont ainsi entrées dans le domaine de l'enseignement, M. Conche a continué ses recherches, et les clichés qu'il présente aujourd'hui à l'Académie donnent la prolongation du spectre jusque dans la région obscure symétrique du vert bleu par rapport au rouge extrême. Les plaques employées sont simplement des plaques à la gélatine bromurée du commerce. Seulement, il faut une pose suffisante, et d'autant plus longue que l'on veut s'avancer plus loin dans la région obscure. Les raies ainsi obtenues sont nombreuses et se groupent à l'œil en plusieurs paquets principaux, formant des sortes de bandes caractéristiques. Il est facile de mesurer leurs distances à la raie D; on connaît, d'autre part, celles qui, dans l'expérience photographique, séparaient le prisme de la plaque et la lentille objective. Avec ces données, on peut calculer les distances angulaires de la raie D à chacune des bandes dont il s'agit et, par suite, comparer les résultats obtenus photographiquement à ceux que l'emploi des tbermoscopes a fournis depuis plusieurs années, touchant laposition des principales bandes froides des spectres obscurs. »

terça-feira, 24 de março de 2009

1881, 27 de Junho - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1881
27 de Junho
Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. .XCII
Nº. 26
Pag. 1504, 1505
*
OPTIQUE. - Photographie des couleurs, par teinture de couches d’albumine coagulée. Note de MM. Ch. Cros et J. Carpentier, présentée par M. Desains.

« Nous avons l’honneur de présenter a l'Académie deux épreuves photographiques d'une aquarelle, en y joignant l'original, afin qu'il soit facile de constater la reproduction exacte des détails et des couleurs, malgré l'excès du sel de chrome, qui verdit un peu le fond des épreuves.
» Ces images sont obtenues au moyen de trois clichés d'après le même objet: clichés faits respectivement à travers un écran liquide orangé, un écran vert, un écran violet. Les opacités et les transparences, variant d'un cliché à l'autre, dans les parties homologues de l'image, servent à distribuer les quantités relatives de pigment rouge, jaune, bleu, composant les teintes variées du modèle.
« Les épreuves sont constituées, sur la glace support, par trois couches de collodion albuminé. On prépare ces couches en versant d'abord sur la glace du collodion contenant 2 ou 3 parties pour 100 de bromure de cadmium. On immerge ensuite la glace dans un bain d'albumine, fait de dix ou douze blancs d'œufs pour 1lit d'eau.
« L'albumine se coagule dans la trame du collodion par l'action de l'alcool et du bromure de cadmium. On a ainsi constitué une couche très régulière d'une trame assimilable à celle du coton animalisé des teinturiers. Cette couche est imbibée de bichromate d'ammoniaque, puis séchée à l'étuve. Alors on applique sur la plaque ainsi sensibilisée un positif par transparence, et l'on expose pendant quelques minutes à la lumiére diffuse. La plaque est lavée ensuite et plongée dans un bain colorant.
« Sous l'action de la lumière, le bichromate a fait subir à l'albumine, déjà coagulée, une seconde contraction, telle qu'elle ne se laisse plus imbiber ni teindre par les pigments appropriés. Mais, dans les parties protégées par les opacités du positif, la matière colorante pénètre et se fixe.
« Il est donc facile d'obtenir par ce moyen des images photographiques en toute espèce de couleurs. Ces images, produites sur glace, sont invariables dans leurs dimensions. Il suffit donc, pour nos tirages colorés, de répéter trois fois les opérations sur une même glace, en employant: 1º pour l'image obtenue à travers l'écran vert, un bain colorant rouge; 2º pour l'image de l'écran orangé, un bain de bleu; 3º enfin pour l'image de l'écran violet, un bain de jaune.
« Les mêmes écrans, les mêmes pigments servent à reproduire tous les sujets polychromes proposés. Nous sommes arrivés à établir, une fois pour toutes, les compositions des liquides tamiseurs et celles des bains colorants. Nous éclairons, pour cela, par une lumière électrique constante, un modèle trichrome invariable composé avec trois flacons remplis, l'un d'une solution saturée de chlorure de cobalt, le deuxième d'une solution saturée de chromate de potassium, le troisième d'une solution saturée de sulfate de cuivre.
« La lumière électrique nous donne encore deux éléments de précision. D’abord, dans 1'obtention des clichés, les écrans sont placés devant les lampes, en sorte que l'objet, éclairé d'une lumière monochrome, est photographié avec un appareil ordinaire, sans l'interposition d'un milieu coloré qui arrête et diffuse un peu de lumière. Ensuite, lors des tirages, les temps de pose sont établis avec rigueur et inscrits sur chaque positif. Les tirages se font ainsi égaux par tous les temps et dans un local quelconque. »

M. Ed. Becquerel fait observer, à l'occasion de la Communication de MM. Cros et Carpentier, qu'il ne s'agit pas, comme son titre semblerait l'indiquer, de la reproduction photographique immédiate des images avec les couleurs naturelles des corps, mais bien d'un tirage polychrome par voie d'impression photographique, dans lequel les teintes des images peuvent varier à volonté avec les nuances des matières colorantes employées et ne sont pas liées d'une manière nécessaire avec les couleurs des rayons actifs.

domingo, 22 de março de 2009

1883, 22 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

1883
22 de Janeiro

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. XCVI Nº. 4
Pag. 254, 255
*
Photographie. - Epreuves photographiques positives, sur papier, obtenues directement. Note de MM. MM Ch. Cros et Aug. Vergeraud. (Extrait.)

« Il nous a paru intéressant de reproduire immédiatement les images positives par l'action de la lumière. Nous avons mis à profit : 1º la facile réduction des bichromates solubles, mêlés à certaines matières organiques, 2º l'insolubilité relative du bichromate d'argent.
« Nous recouvrons un papier convenable d'une solution de 2gr de bichromate d'ammoniaque, 15gr de glucose et 100gr d'eau. On sèche; on expose à la lumière sous un positif (calque, objet plat, image sur verre). Lorsque les parties découvertes du papier, franchement jaunes d'abord, sont devenues grises, on cesse la pose et l'on immerge dans un bain de lgr d'azotate d'argent pour 100gr d'eau, additionné de 10gr d'acide acétique.
» L'image apparaît immédiatement, en teinte sanguine, constituée par du bichromate d'argent. En effet, partout où la lumière a agi, le bichromate est réduit par la glucose; partout où les opacités variables du modèle appliqué ont protégé, à divers degrés, la couche sensible, le bichromate d'argent se forme, insoluble dans l'eau du lavage subséquent. Si l'on sèche au feu, l'image reste rouge; si l'on sèche en plein air, à la lumière, surtout au soleil, elle devient brun foncé.
« Les émanations d'acide sulfhydrique noircissent ces images sur papier sec; un bain de sulfite de cuivre et de potasse donne un noir neutre intense.
» Nous avons l'honneur de présenter des spécimens à l'Académie. »

sexta-feira, 13 de março de 2009

1895, 22 de Abril - Compte Rendu des Séances de L’Académie des Sciences

Comptes Rendus des Séances de L'Académie des Sciences
Janvier-Juin
T. CXX
Nº. 16
Pag. 875, 876
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PHOTOGRAPHIE. - Sur la photographie en couleurs naturelles, par la méthode indirecte. Note de MM. Auguste et Louis Lumière, présentée par M. Lippmann.

« La méthode indirecte de photographie en couleurs naturelles, indiquée par MM. Cros et Ducos du Hauron, n'a pas reçu jusqu'ici d'application vraiment pratique, à cause des difficultés que présentent deux points importants de cette méthode: le triage des couleurs, puis l'obtention et la superposition des monochromes.
« Nous nous sommes attachés à l'étude de ces deux points. Pour le triage des couleurs nous avons fait usage des écrans recommandés jusqu'ici, écrans orange, vert et violet, puis nous avons préparé trois séries de plaques photographiques présentant respectivement un maximum de sensibilité pour les rayons que les écrans laissaient passer.
« Le tirage et la superposition des monochromes ont été réalisés grâce à l'emploi d'un procédé photographique aux mucilages bichromatés, sans transfert, basé sur la remarque suivante: la colle forte, soluble à froid, bichromatée, qui ne donne pas d'images photographiques avec leurs demiteintes lorsqu'elle est employée seule, acquiert cette propriété lorsqu'on l'additionne de substances insolubles dans de certaines conditions.

« Si l'on ajoute, par exemple, à une solution de colle forte a 10 pour 100, 5 pour 100 de bichromate d'ammoniaque, et de 5 à 10 pour 100 de bromure d'argent émulsionné, et que I'on étende cette préparation, en couche mince, sur une lame de verre, on obtient une surface sensible que l'on expose à la lumière sous le négatif à reproduire. Lorsque l'exposition est suffisante, on lave la plaque à l'eau froide et l'on a ainsi une image a peine visible, formée par le mucilage insolubilisé, image que 1'on peut colorer avec des teintures convenables.
« On se débarrasse ensuite du bromure d'argent par un dissolvant approprié, l'hyposulfite de soude par exemple.
« Ce procédé donne, avec la plus grande facilité, des épreuves de toutes couleurs avec toutes les gradations de teintes du négatif.
« Le bromure d'argent peut être remplacé par d'autres précipités insolubles.

« Avec un tel procédé, il est facile d'obtenir des épreuves polychromes, en utilisant le principe de la méthode de MM. Cros et Ducos du Hauron. On procède à l'obtention successive, sur une même plaque, de trois images
monochromes rouge, jaune et bleue, provenant des trois négatifs correspondants, en ayant soin d'isoler chaque image de la précédente par une couche imperméable, de collodion par exemple.
» Cette méthotle permet, par l'emploi de teintures plus ou moins concentrées ou par simple décoloration à l'eau, de varier l'intensité relative des monochromes; de modifier, au besoin, l'effet des trois premières couches par l'addition d'une quatrième, d'une cinquième et même davantage; elle rend, en outre, le repérage trés facile, et assure la possibilité de reporter sur papier l'ensemble de ces impressions.
« Les premiers spécimens de photographies en couleurs ainsi obtenus, spécimens qui accompagnent cette Note, montrent tout le parti pratique que l'on pourra maintenant tirer d'une méthode depuis si longtemps negligée. »

quinta-feira, 12 de março de 2009

1899, 18 de Dezembro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. CXXIX
Nº. 125
Pag. 1150
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PRIX TRÉMONT
(Commissaires : MM. J. Bertrand, Berthelot, Maurice Lévy, Sarrau ; Cornu, rapporteur.)
La Commision décerne le prix à M. Louis Ducos du Hauron, l’un des inventeurs de la Photographie des couleurs par la méthode des images colorées superposées (procédé trichrome), qui a publié son invention dès 1868 en même temps que Charles Cros et indépendamment de ce dernier. Ce procédé est devenu la source d’une industrie très répandue par la suite de perfectionnements techniques et artistiques sans que l’inventeur ait tiré aucun profit de son ingénieuse conception.

1900, 29 de Janeiro - Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences

Compte Rendu des Séances de L'Académie des Sciences
T. CXXX
Nº. 5
Pag. 278
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M. Lippmann présente à l'Académie, au nom de M. Antoine Cros, trois épreuves photographiques en couleurs, exécutées d'après des tableaux. Le procédé employé est celui de Charles Cros. M. Antoine Cros affirme que la finesse et la justesse de ces épreuves sont dues à ce qu'elles ont été faites sans aucune retouche, et par l'application pure et simple de la méthode inventée par son frère.