| 1833 21 de Janeiro | HERCULES FLORENCE - 1833: a descoberta isolada da fotografia no Brasil Boris Kossoy, ( 2ª Edição. Livraria DUAS CIDADES LTDA, São Paulo, 1980 ). | ANTOINE HERCULE ROMUALD FLORENCE emprega o verbo "photographier" e em 19 de Fevreiro "photographie" e "photographia", antecipando-se em pelo menos cinco anos em relação a J. F. W. HERSCHEL. É muito provável que se possam fotografar desenhos, de maneira que se apresentem prateados em campo colorido, porque há meios de acelerar a redução ou revivificação do nitrato de prata, pela luz. O amoníaco auxilia essa redução. |
- ACONTECIMENTOS - ANTOLOGIA – CRONOLOGIA – MISCELÂNIA - NOTÍCIAS - ... – SEC. XIX (Desde 1971, que tenho recolhido em diversas publicações e jornais de época, textos e informações diversas, de assuntos referentes à Fotografia, num período que limitei até ano de 1900,constituindo uma cronologia e antologia. Dada a enorme quantidade de informação que recolhi, este blog encontra-se em ainda organização.)
segunda-feira, 6 de setembro de 2010
1833, 21 de Janeiro - HERCULES FLORENCE - 1833: a descoberta isolada da fotografia no Brasil
1833 - L’ARTISTE
| 1833 | L’ARTISTE Vol. V 1ª. Serie 15e Livraison Pag. 184 | DIORAMA. LA FORÊT-NOIRE. Pour la troisième fois depuis huit jours, je suis allé ce matin voir le Diorama. Aussi est-ce encore sous le charme du magnifique spectacle qui m'a été offert que je vous écris ces lignes. Mais, au lieu de ma prose, il faudrait la grande poésie de Byron. M. Daguerre nous donne aujourd'hui son plus beau chef-d'œuvre; jamais, jusqu'alors, malgré son immense talent, il n'avait poussé aussi loin l'imitation de la nature; jamais son pinceau n'avait fait des arbres dont les branches murmurent sous le vent de la nuit, des feuilles qui se balancent, et qui se montrent tour à tour luisantes ou sombres. Vous voyez tout cela. Quand vous entrez sous la coupole éclairée, l'immensité de la Forêt-Noire se déroule à vos yeux; la lune jette d'aplomb ses clartés que les arbres de la haute forêt rendent inégales; le chemin seul est éclairé d'une vive lumière. Là vous apercevez le cadavre d'une femme: c'est celui de la comtesse de Hartzfeld, qui vient d'être assassinée; au-dessous, à quelques toises, le chapeau galonné de son domestique et des traces de sang sur le pont d'un torrent, dont la rampe est brisée, attestent quelle résistance cet homme a faite pour défendre sa maîtresse. A gauche, un feu allumé par les bandits se consume lentement. C'est alors que vos yeux, familiarisés avec l'aspect du tableau, commencent à en découvrir toutes les beautés. Dans la plus lointaine perspective, la Forêt-Noire parsemée de quelques arbres rares permet de découvrir la grande chaîne des Alpes qui parcourt tout le littoral du Rhin; trois pics énormes, dont les interstices ont fait surgir des sapins et des mélèzes, la dérobent un instant à la vue, pour la laisser apparaître de nouveau, plus haute, plus vigoureuse, et semée des flancs à la crête de hêtres, de chênes et de sapins séculaires, qui viennent, en ondulations capricieuses, s'abaisser am pieds du spectateur. Puis c'est la lune qui semble s'être dégagée des nuages pour tout éclairer; l'étoile de Cyrus qui scintille, et dans les interstellaires quelques nuages blanchâtres qui glissent sur l'azur des cieux. En contemplant ces grandes choses, vous avez l'ame émue; on oublie la balustrade sur laquelle on est appuyé; on se croit transporté dans cette vieille et froide Allemagne; on craint de voir surgir à ses côtés les assassins! Cette vague lumière bleuâtre, cette légère teinte de brouillard qui se répandent sur tout le paysage, contribuent à rendre l'illusion plus complète encore. Puis c'est le ravin où l'on distingue l'empreinte des pieds, l'herbe touffue du chemin qui vacille, et plus bas le pont de bouleaux, le pont grossier jeté avec tant d'art sur le lit profond et desséché du vieux torrent! M. Daguerre n'est pas seulement peintre, il est poète, il comprend la nature dans ce qu'elle a de plus pittoresque et de plus effrayant; il est initié à tous les secrets de l'art, il possède toutes les inspirations. Il est bien malheureux qu'un tel artiste n'ait pas sa part dans les encouragemens du gouvernement, et que nous soyons toujours à la veille de nous le voir enlever par l'Angleterre, plus généreuse que nous pour les grands talens. |
1833 - L’ARTISTE
| 1833 | L’ARTISTE Vol. V 1ª. Serie 17e Livraison Pag. 207, 208 | LE DIORAMA ET M. DAGUERRE Est-il vrai que le Diorama, cet établissement sans rival est près de nous échapper? Est-il vrai que M. Daguerre est forcé de porter dans un pays plus généreux son talent et ses conceptions d'artiste? Elle est donc bien profonde cette indifférence qui nous ronge, puisque nous souffrons, sans rougir, qu'un peuple voisin se pare et se glorifie de nos dépouilles ? M. Daguerre, par une activité qui tient du prodige, a pourtant fait se succéder au Diorama les vues les plus magiques; il a fait passer sous vos yeux les pays les plus eloignés; il vous aurait fait, je crois, parcourir le globe entier. Dans ce moment encore, il vous offre en même temps la Forêt-Noire et le tombeau de Napoléon, la vallée de Chamouny et Venise, tout cela pris sur les lieux, vrai d'une incroyable vérité. Ces trois premiers tableaux, il faut le dire hautement, sont des chefs- d'œuvre; le dernier exposé surtout, la Forêt-Noire , est capable de ravir l'imagination la plus froide. Hélas ! M. Daguerre recueille, pour fruit de ses travaux, 20,000 francs de perte par an! C'est un suicide. Comment notre gouvernement, qui cherche avec tant de soin à faire revivre les idées de Napoléon, ne songet-il pas à soutenir ce bel établissement? Que Napoléon entendait bien autrement la gloire et l'intérêt du pays! Napoléon avait payé, en différentes fois, pour 800,000 francs de dettes à Talma; un de ses frères lui faisant remarquer l'énormité de cette somme, Napoléon répondit: « Ah !que la France devrait encore à Talma, si elle comptait avec lui! « Qui peut calculer en effet tout l'argent que le génie du tragédien a fait importer en France par ses admirateurs? Eh bien! le Diorama concourt, lui aussi, à attirer les étrangers à Paris, et le gouvernement ne vient pas à son secours! et le gouvernement ne fait rien pour M. Daguerre ! et pourtant il ne faudrait pas 800,000 francs. Je ne sais ce qui doît étonner le plus, ou le dévouement de l'homme qui veut illustrer son pays par une création que nous envient tous nos voisins, ou le gouvernement qui ne sait pas protéger de tels efforts. Le public a bien ici sa part de culpabilité; mais, préoccupé des graves questions qui s'agitent dans le monde social, le public a-t-il le loisir de penser au Diorama ? D'ailleurs , le public n'en entend pas parler; il l'ignore. Entre un protocole de Londres et un échec à Constantinople, quelques lignes ont-elles dit au public qu'il a là, près de lui, des merveilles qu'il dédaigne, dont il ne se doute pas ! C'est une grande calamité.. Puisque M. Daguerre ne doit compter que sur lui seul, je lui proposerais une dernière et peut-être inutile ressource, c'est de baisser les prix du Diorama, de les fixer à vingt sous, quinze sous, que sais-je? en réservant un jour de la semaine, le vendredi par exemple, au monde fashionable, qui paierait, lui, 3 ou 5 francs, si par cas il daignait s’en souvenir. Si nous perdons le Diorama, c’est un malheur pour l’art et une véritable honte pour la capitale. C. |